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 Fuck Up World

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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Fuck Up World   Lun 6 Juin 2016 - 9:28

Il était concentré sur sa marche arrière mais un sourire en coin flottait toujours sur ses lèvres en raison de la boutade de Tamara. Cette femme s’amusait vraiment de tout. L’écho de son baiser résonnait encore sur sa joue mais de sa part, il pouvait s’agir de n’importe quoi. Suivant ses instructions, Abel revint à la précédente intersection pour tourner à droite. Effectivement, la route était dégagée de ce côté, mais en dépit de la dédramatisation de sa comparse, il ne pouvait s’empêcher de repenser à la meute. Que faisaient ces rôdeurs si proche ? Ils se croyaient coupés du monde dans la montagne mais finalement, le danger n’était jamais bien loin…

Le reste du trajet, le cinquantenaire resta silencieux, guettait que rien ne jaillisse de la forêt qui les entourait. Être à l’abri lui avait fait oublier la menace permanente que représentaient ces choses. C’était une chose de ne pas avoir peur, mais il ne pouvait se permettre de ne pas les craindre. Bientôt, le paysage s’éclaircit, laissant se dessiner les contours d’une ville. Des cadavres de voitures jonchaient le bord de la route, des charognes humaines aussi. Le panneau de bienvenue était tellement couvert de sang qu’il était impossible de lire où ils se trouvaient. Tam devait savoir mais Abel n’en avait aucune idée.

Il arrêta le véhicule quand sa complice lui demanda de le faire. Depuis Seattle, c’était véritablement la première fois qu’il prenait le temps de constater l’état du monde : les déchets voguant dans les rues, les bâtiments murés dans le silence, les vitres explosés, les impacts de balles, les murs calcinés, et ces corps… inertes, en pleine décomposition à l’air libre. L’odeur fit l’ancien agent retrousser les narines : il n’était pas habitué, il dut même faire de gros efforts pour ne pas vomir.

- Oh, attention, y’en a 3 qui viennent nous dire bonjour.

Cette fois, il n’était pas protégé par l’habitacle de la voiture, mais il fallait qu’il se débrouille ; hors de question qu’il laisse la jeune femme s’en charger seule. Son cœur battait de plus en plus fort, la sueur perlait sur son front,… dieu que c’était bon de se sentir vivant. Il sortit son couteau, le déplia habilement, mais le premier des morts était déjà trop proche. Avec ironie, il l’écarta d’un crochet du gauche, non sans décrocher à moitié sa mâchoire putréfiée. Le suivant, il put l’attraper au col, le tenant ainsi hors de portée de morsure, et lui planta fermement sa lame dans le sommet du crâne. Abel fixa profondément les pupilles désincarnées du pantin qu’il tenait à bout de bras, grisé par une sensation inexplicable.

Celui qu’il avait déjà écarté se relevait, affamé, grognant férocement. Le cinquantenaire dressa sa lame, prêt à lui faire subir le même sort que son compatriote, mais une flèche fusa devant ses yeux pour se ficher dans l’œil du mordeur. Il s’effondra mollement aux pieds de l’agent qui se tourna vers Tamara. Ce dernier leva parodiquement les mains en signe de reddition et s’éloigna des carcasses désormais inertes pour l’éternité.

- Ok, ok, tu voulais me montrer que ton arc ne sert pas qu’à décorer, c’est ça ? plaisanta-t-il.

Il replia d’un geste son couteau papillon et observa les alentours, s’imprégnant de cette image. La véritable face de l’Etat, celui qu’il avait refusé de voir pendant des mois. Dire que d’autres personnes au chalet risquaient quotidienne leur vie dans ce genre d’endroit pendant qu’il était occupé à jouer à la petite maison dans la prairie… il était grand temps qu’il se reprenne.

- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Demanda Abel, je suis un novice ici, tu te souviens ? C’est à toi de me montrer comment on s’y prend.


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Fuck Up World   Lun 6 Juin 2016 - 11:33

Le véhicule avait fini par s’arrêter. Je restais encore quelques secondes à l’intérieur avant de sortir. Je profitais des derniers instants de sécurité de notre voyage des plus dangereux. Ce n’est jamais facile de partir en mission et aujourd’hui je devais faire plus attention que jamais parce que j’avais Abel avec moi. Il n’était pas vraiment sûr de lui puisqu’il mettait les pieds dehors pour la première fois. J’aurais aimé qu’on ne croise pas une horde en venant, mais ils bougent tout le temps et ils sont parfois si imprévisibles. Je mettais mon carquois puis mon sac en bandoulière avant de saisir mon arc et fermer la portière.

J’inspirais profondément l’air du dehors avant de prendre une flèche. Je voulais être prête à tirer quoiqu’il arrive, et visiblement j’avais raison, Abel m’interpella sur trois rôdeurs qui venaient dans notre direction. Après un instant de concentration, je décochai une première flèche sure le plus loin des trois. J’avais visé un peu trop haut, mais elle avait tout de même atteint sa cible. Le premier mob venait de s’écrouler. J’attrapais une seconde flèche pour venir en aide à Abel. J’avais assez de confiance en moi pour viser alors qu’il n’était pas loin. Je savais que j’étais capable de le faire.

- Déjà, tien toi prêt, parce qu’il y en aura toujours. Il faut éviter de parler trop fort tant qu’on est dehors, nos voix pourraient les attirer.

J’attrapais le corps de ma flèche tout en appuyant avec mon pied sur la tête du monstre. Avec une pression suffisante, je libérais ma flèche laissant le contenu du crâne du machin s’échapper. Je ne fis même pas cas et essuya la pointe de ma flèche sur le corps à présent inerte de la chose devant moi. C’est avec le même air fermé que je répétais l’opération sur le second corps plus loin. J’étais contente, j’avais pu récupérer mes deux flèches et elle n’était pas abîmée du tout. Ce geste me rappelait toujours les jeux vidéo quand on débouillait les cadavres de nos victimes dans l’espoir de trouver des objets intéressants.

- Désolé, si je t’ai fait peur avec la flèche. Ce n’était pas le but. Mais oui, il n’est pas là pour faire semblant. J’ai fait un peu de compétition avant l’épidémie, seul problème avec ça, je n’aime pas la compétition et cette volonté de montrer qui a la plus grosse, alors j’ai arrêté.

Elle lui souriait alors qu’Abel lui posait des questions sur la suite des événements, ce n’était pourtant pas compliqué, il faudrait rejoindre le bâtiment qui se trouvait en contre bas. Il s’agissait d’une vieille épicerie. Maintenant comme ils y arriveraient, ce serait une autre paire de manches. Je tendais mon doigt pour montrer le préfabriqué.

- Notre destination c’est là-bas, alors on va faire le moins de bruit possible pour l’atteindre, on regarde dans toutes les directions à chaque fois qu’on croise une intersection et le plus important, si on croise des mobs, on les élimine en silence. Tu as des questions ? Sinon on peut reprendre la route.

C’est assez naturellement que j’ouvrais la marche. Puisque je connaissais le chemin comme ma poche. Je regardais l’intérieur de chaque voiture, comme pour être sûr qu’aucun monstre n’était en train de s’y cacher. Elles étaient nombreuses sur la route que nous empruntions. C’était un avantage puisque nous pourrions nous dissimuler entre elles si la situation dégénérait, mais ce n’était pas le cas pour le moment. Je fis un geste de la main à Abel pour qu’il s’arrête. Il y a avec cinq mobs devant nous. Je devais en aviser avec mon compagnon avant de prendre une décision.

- Il y en a cinq devant nous, ils ne nous ont pas encore repérés, tu te sens prêt à les affronter. Je peux en tuer un par surprise, je pense. Sinon, on peut faire un détour.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Fuck Up World   Mar 7 Juin 2016 - 8:19

Il avait parfaitement compris, alors quand elle lui demanda s’il avait des questions, il fit simplement une petite moue signifiant que tout était clair. Dévaliser l’épicerie, rien de difficile. Suivant Tamara, Abel s’assurait surtout de surveiller leurs arrières. Des rôdeurs pouvaient arriver par les ruelles qu’ils avaient déjà croisées, ou bien s’extirper d’un recoin qui avait échappé à leur vigilance. Son couteau couvert de sang coagulé était toujours dans sa main.

Il s’arrêta immédiatement quand la jeune femme désigna les cinq cadavres qui allaient bientôt se dresser sur leur passage. Les attaquer ? Ne pas les attaquer ? Les yeux perçants du cinquantenaire évaluaient la situation. Avec la distance, la vendeuse pouvait effectivement en abattre un – voire deux – avant d’être au corps à corps. Mais si elle manquait, ou si d’autres morts se tenaient prêts, cachés quelques part, ils risquaient d’être dépassés. Abel laissa filer quelques secondes de réflexion avant d’ouvrir la bouche :

- Je crois que…

Il s’interrompit. Un son lui parvenait, faiblement d’abord, mais il s’intensifiait. Ça n’avait rien à voir avec la marche des putrides ou leurs grognements d’outre-tombe. C’était quelque chose de connu, d’identifiable, d’impossible à oublier même après plusieurs mois coupé du monde.

- Une voiture… il y a une voiture qui approche.

Instinctivement, il se tourna vers l’endroit d’où ils venaient. Qui que ce soit, ils arriveraient sans doute par là aussi. L’ancien agent désigna les véhicules échoués sur le trottoir et entraîna Tamara pour se cacher avec lui. Prudence élémentaire. Nul besoin d’avoir été confronté au pire pour se douter que croiser d’autres vivants n’était pas forcément bon signe. Lui-même avec songé au pillage, bien au chaud dans son chalet, alors…

Le son du moteur devint palpable avant qu’un 4x4 débarque sans réelle précaution. Il ralentit, dépassa l’endroit où se dissimulaient les deux acolytes et fit halte devant les cinq rôdeurs repérés plus tôt par l’archère. A travers une vitre crasseuse, Abel ne voyait pas très bien. Il distinguait vaguement trois hommes et une femme avant qu'ils ne sortent du cadre. Leurs allures laissaient entendre qu’ils vivaient à l’extérieur, leur comportement aussi : ils étaient à l’aise, organisés, pas une once d’hésitation. En quelques grincements de lames, les râles se turent, les cadavres s’effondrèrent lourdement. Une vois s’éleva alors, pas nécessairement très forte, mais le silence ambiant l’amplifiait naturellement :

- Ouvrez l’œil, ils ne doivent pas être loin. Leur voiture est là.

Celui qui avait parlé entra enfin dans le champ de vision du cinquantenaire. Il devait avoir dépassé la soixantaine : ses cheveux et sa barbe couleur cendre étaient couverts de sang séché. Ses vêtements étaient sales, rafistolés en plusieurs endroits. En bandoulière, il portait un AK-47, et ce n’était certainement pas un jouet. La femme s’approcha de lui, bien plus jeune, bien plus mince, mais à peine moins armée. Ses cheveux blonds formaient une masse informe.

- Tu penses qu’ils ont un camp ?
- Je pense… qu’ils ont quelque chose. Si c’est sur eux, alors on le prend. S’ils viennent de quelque part, alors pourquoi ils n’auraient pas de la place pour 4 autres personnes ?

Le regard d’Abel dévia vers Tamara. Visiblement, ces inconnus en avaient après eux. Qu’importe comment ils les avaient repérés, le principal était qu’ils n’avaient pas l’air amicaux. Généralement, le cinquantenaire était un beau parleur mais là, son instinct lui dictait qu’il n’y avait rien à en tirer. Ils devraient réussir à atteindre leur voiture, avant de faire face à un plus gros problème que les zombies.


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Fuck Up World   Mar 7 Juin 2016 - 10:37

Tout se passait si bien avec Abel. On arrivait tant bien que mal à se faire discret. J’étais ici pour l’entrainer à survivre et les cinq mobs devant nous me semblaient un bon entrainement. Enfin c’était sans compter une intervention que je n’avais pas prévue. En même temps qui pouvait prévoir qu’une troupe de quatre personnes nous avait suivis. Je réfléchis un instant. Si ça se trouve la horde sur la route, c’est de leur faute si elle est là. Ils ont rassemblé toutes les mobs du coin en faisant un maximum de bruit.

Je n’eus pas besoin d’entendre l’avertissement d’Abel pour savoir qu’il s’agissait bel et bien d’une voiture. J’avais l’espoir qu’ils soient simplement des renforts d’Evergreen qui nous avait suivies pour faire une petite farce, mais c’était loin d’être le cas. Déjà parce que je n’avais jamais vu le véhicule aux abords du camp et quand enfin, nous avons pu entendre les voix nous avons bien compris qu’il n’était pas très gentil.

- Merde, ils ne sont pas très sympathiques en plus. On essaye d’avorter la mission, on remonte dans notre voiture, on rentre et on prévient d’urgence Gary !

C’était un homme d’action le chef du groupe, il saurait quoi faire, en tout cas mieux que moi. Abel m’avait entrainé à couvert pour qu’on ne se fasse pas remarquer. J’avais peur. Je ne savais pas ce que je devais faire contre des humains, mieux armé et plus nombreux que nous. J’avais remarqué le AK-47 dans les bras d’un homme, je n’en avais jamais vu ailleurs qu’à la télé. Je me rappelais avec un pincement au cœur du dernier film que j’avais vu sur la question, Lord Of War. Enfin, je devais me concentrer sur le moment présent.

Sans aucune hésitation un de mecs ouvrit sa fenêtre pour tuer les cinq mobs que nous avions repérées un peu plus tôt. Nous devions sortir de notre cachette et essayer d’attendre la voiture. J’ouvris donc la marche. J’étais pratiquement à quatre pattes entre les voitures pour pas qu’ils s’aperçoivent de ma présence. C’était loin d’être une position très rapide, mais au moins elle avait la volonté d’être discrète. J’avais bougé de quelques voitures et déjà j’entendais une voix dans la voiture.

- Arrête-toi, j’ai vu un truc bouger par là.
- Je suis sûr que tu as rêvé sans tes lunettes tu n’y vois rien.
- Coupe le moteur bordel ! Je vais voir.

Je venais d’entendre une troisième voix. Un homme plus jeune que le premier et visiblement il venait dans ma direction. Sans vraiment y réfléchir, je sortais une flèche et je l’encochais prête à tirer s’il s’approchait trop de moi. Oui je sonnerais ainsi l’alarme, mais au moins ils ne seraient plus que trois et nous aurions sans doute une chance de nous en sortir. Je respirais profondément, je ne voulais pas arriver à une telle extrémité, je ne suis pas une tueuse. Je ne l’ai jamais été. J’ai fait des trucs illégaux et même des tas. Mais tuer quelqu’un c’était autre chose.

Doucement, il avançait entre les voitures, chaque pas le rapprochait un peu plus de moi. Il n’était plus qu’à une voiture de l’endroit où je me tenais. Mon bras commencé à me faire mal à force de tenir la position. J’avalais difficilement ma salive alors que mon regard était toujours fixé à l’endroit où il devrait faire son apparition.

-Reviens ! Tu as rêvé je te dis.

Il s’était retourné en direction de la voiture pour leur répondre tout en faisant un pas en arrière. Je voyais sa nuque devant mes yeux. J’avais le cœur lourd et je ne savais pas vraiment quoi faire.

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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Fuck Up World   Mer 8 Juin 2016 - 0:51

Avorter la mission et avertir Gary. C’était une sage décision. La plus raisonnable, même s’il fallait encore qu’ils réussissent à atteindre leur véhicule. Tamara avait déjà commencé à se déplacer, avançant comme un félin derrière les voitures abandonnées, mais Abel ne bougeait pas. Le temps semblait s’être arrêté, ses sens aiguisés. Il sentait son cœur qui battait rageusement, la chair de poule qui hérissait son épiderme, le vent timide qui le débusquait, l’odeur des morts, le manche froid du couteau dans sa main chaude… Il réalisait réellement que le monde avait changé, que protéger sa fille ne se résumerait plus à l’éloigner des rôdeurs. L’équation était là, un voyage sans retour, et la réponse lui apparaissait avec une clarté surprenante.

Le présent rattrapa le cinquantenaire. La voix d’un autre type s’était élevée. La pression monta d’un nouveau cran. L’agent le vit passer devant le capot qui le protégeait alors qu’il se dirigeait droit vers l’endroit où se planquait désormais sa complice. Il croisa brièvement le regard de la jeune femme : elle avait peur. Endurcie contre les charognes mais encore démunie face aux humains. Quelque part, c’était bon à savoir. Abel tira son revolver de sa ceinture : si quelqu’un devait se salir les mains, ce serait lui, pas la vendeuse.

L’inconnu se stoppa. Tamara pourrait certainement l’atteindre de là où elle était, mais son aîné lui fit signe de ne pas bouger. Ce dernier imaginait les quatre vagabonds scruter les alentours, leur chef essayant de deviner l’itinéraire de leurs proies. Le silence les suspendit ainsi de longues secondes avant que les directives ne soient données :

- Sara, K., vous restez près de leur voiture au cas où ils reviennent. Stef et moi, on va faire un tour…
- Ok.
- Ok.

Une portière claqua, il y eu le bruit d’une arme qu’on recharge, et les pas se dispersèrent. Abel ne pouvait plus voir ce qui se passait mais il devinait l’homme et la femme, jeunes, campant aux côtés de leur unique moyen de transport. Il réfléchissait, cherchant le moyen de se sortir de là qui impliquait un retour au chalet sain et sauf, mais ne le trouvait pas. Impossible de fuir à pieds sans se faire remarquer, impossible de quitter leurs cachettes précaires sans être vus, impossible de se contenter d’attendre. Ils seraient découverts tôt ou tard, mieux valait que ce soit à leur avantage.

Le cinquantenaire fit signe à sa comparse de rester tranquille puis prit une grande inspiration avant de se redresser. Il pointait son arme vers la blonde aux cheveux hirsutes, sans flancher, même devant les deux gros calibres qui se dressèrent dans sa direction. Sa langue fit plusieurs allers-retours sur sa lèvre inférieure alors qu’il s’approchait, réduisant la distance qui le séparait des inconnus à moins de cinq mètres et avant qu’ils n’alertent leurs amis, Abel fit un signe négatif de la tête. Son regard était fermé, pénétrant, insondable.

- Si l’un de vous crie, glissa-t-il entre ses dents, je tire. Peut-être que l’autre me descendra, mais il mourra aussi. Ça fera pas mal de pertes pour le peu de choses que j’ai sur moi.

K. le défiait du regard. Ses cheveux bruns étaient longs et sales, sa barbe drue. Il n’était pas impressionné, ni intimidé, mais il devait savoir que l’agent disait vrai. Seul le retour de ses aînés garantissait que leur proie perde l’avantage de son petit effet de surprendre, mais combien de temps allait prendre leur ronde ? Dix minutes ? Quinze ? Le cinquantenaire aussi savait que son temps était compté. D’un instant à l’autre, on pouvait lui mettre une balle dans le dos. Il était exposé mais ne se retournait pas : la moindre seconde inattention pourrait lui être fatale.

- J’ai cru comprendre que vous auriez besoin d’un endroit où crécher, reprit Abel à mi-voix, ça peut se comprendre. Mais je suis tout seul sur la route, je viens de nulle part, et j’ai rien. Enfin… j’avoue, je campais avec des amis, mais les morts sont arrivés, on a dû filer en vitesse, je les ai perdus. J’ai rien qu’un peu d’eau sur moi. Si vous en avez besoin je vous la laisse, vous me laisser partir, et tout va bien. Personne ne meurt.

Son palpitant battait comme jamais. C’était la première fois que son torse était braqué par deux armes à feu et bien que les charognes aient déjà essayé de le tuer, l’ancien agent ne s’était jamais senti aussi nu face à la mort. Il se découvrait des ressources de sang froid pourtant, motivé par des objectifs simples : protéger Tamara, rentrer au chalet, protéger Victoria. Il pensait presque que son baratin fonctionnait, mais la dénommée Sara rétorqua avec un sourire :

- Vous êtes un peu trop propre sur vous pour quelqu’un qui vit dehors. Et j’ai bien vu que vous étiez deux dans la voiture. Vous pouvez coopérer docilement, ou bien l'un de vous va mourir. Pas besoin de deux personnes pour montrer le chemin, pas vrai ?


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Fuck Up World   Mer 8 Juin 2016 - 17:15

Je remarquais du coin de l’œil Abel. Il voulait que je reste calme et que je garde mon sang-froid. C’est sans doute plus facile à dire qu’à faire. Je fixais la nuque de l’homme devant moi qui s’offrait. Avant de baisser mon arme. Je ne rengainais pas ma flèche pour autant, mais j’écoutais les instructions silencieuses d’Abel. Je ne savais pas quoi faire de plus, j’attendais patiemment que la situation se dénoue. Mes jambes commençaient à me faire souffrir à force de rester immobile. La voix de l’homme qui était visiblement le chef du groupe retentit une nouvelle fois. Donnant l’ordre à l’homme de rester et à la fille de l’accompagner.

Nous ne pourrions pas rentrer aussi simplement, je m’en doutais que ça finirait comme ça. Je pouvais voir la fille passer devant la voiture ou j’étais caché pour aller m’adosser à la nôtre. L’homme la suivait sans rien dire. J’étais soulagé de les voir s’éloigner de moi. J’avais pour idée de me rapprocher d’Abel pour essayer de monter un plan. Je n’aurais jamais qu’il fasse le con et qu'il se montrerait hostile envers les deux autres. « Caralho ! » J’étais en train de rager à voix basse. J’attendais de voir comment il se débrouillait avec les deux autres, avant d’intervenir. Je ne voulais pas faire foirer son effet de surprise.

Sa première phrase voulait dire quoi ? Que je devais me tenir prête à tuer le second ? Je n’avais pas envie de perdre Abel. Il était un des rares ici avec qui je m’entendais vraiment bien. Je ne me cachais de rien et Victoria. Je ne voulais pas rentrer pour lui annoncer que son père était mort. Elle m’en voudrait pour le reste de sa vie et je ne me pardonnerais jamais une chose pareille. Je ne pouvais rester dans la pénombre. Je me déplaçais toujours dans l’ombre des différents véhicules. Si je trouvais un truc pour faire complètement balancer l’avantage de notre côté. Je devais réussir à en prendre un par surprise.

Abel continuait de parler, il gardait parfaitement leurs attentions braquées sur lui ce qui me permettait de me balader un peu plus tranquillement. Je rangeais finalement la flèche dans mon carquois puis mon arc sur mon dos pour sortir ma dague. J’avais trouvé ce que j’allais faire. Coincer ma dague sous la gorge d’un des deux et demander aux secondes de bien gentiment posait son flingue. Sa marche plutôt bien dans les films. Je ne savais pas vraiment de quoi il était en vrai. La fille parlait, elle s’approchait de lui comme pour le défier, comme pour signifier qu’il n’avait pas le grand de lui tirer dessus. C’était parfait pour moi. Je pouvais à présent me glisser doucement dans son dos et la maitriser d’un bras avant de poser la lame de ma dague sur son cou.

- En effet, on est bien deux. Mais actuellement vous aussi, alors je vais simplement te répéter ce que tu viens de dire, soit tu es coopérative avec moi, soit je te tranche la gorge. Bizarrement, à la façon dont tu parles de notre camp, j’ai l’impression que tu veux plutôt nous dépouiller que vraiment le rejoindre, je me trompe ?

Je reculais un peu entrainant un peu la fille avec moi. Je voulais pouvoir voir d’un coup d’œil Abel et le fameux K. On formait un triangle presque parfait. Pour le moment on avait l’avantage, mais pour combien de temps. J’étais bien décidé à ne pas lâcher la femme que j’avais dans les bras. J’avais choisi de la prendre elle en otage, car j’avais peur de ne pas avoir la force de maitriser l’homme.

- Bon l’un de vous deux me répond ou vous attendez que je m’impatiente et que j’appuie un peu plus avec ma dague ? Je veux une réponse !

J’avais levé un peu la voix pour faire comprendre que je ne plaisantais pas et qu’il ferait mieux de me donner une réponse au plus vite. Je lançais un regard méchant vers l’homme devant moi. Oui, c’est à toi que je m’adresse du con et te ferais mieux de me répondre vite.

- Je me contente d’obéir à Flint… Je ne connais pas son vrai but. Ne faites pas de mal à Sara, s’il vous plait.

C’était vraiment très étrange. Est-ce qu’il était en train de m’amadouer ? J’avais un peu de mal à penser qu’un mec dans son genre soit retenu contre son gré par ce Flint. Il devait sans doute parler du vieux. Je lançais un regard à Abel, qui sous-entendait que c’était à lui de jouer. J’étais bien incapable de faire quoi que ce soit. Maintenant qu’on avait l’avantage. On pourrait certainement se contenter de pousser le K et montait rapidement dans la voiture. Je sentais que la situation ne serait pas aussi simple. Je n’ai jamais eu de chance dans la vie et ce n’était pas aujourd’hui que cela aller changer.

- Bon maintenant, c’est nous qui menons la dance, si vous nous laissez partir, on peut rentrer chez nous. Mais qu’est-ce qui nous fait croire que vous ne nous suivrez pas ?



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Fuck Up World   Mer 8 Juin 2016 - 21:19

Abel restait impassible, parce qu’il choisissait ses mots avec soin, et parce qu’il ne voulait pas trahir Tamara qui se glissait discrètement derrière les deux inconnus. Sa réactivité lui redonna l’espoir qu’il avait perdu : ils pouvaient encore s’en sortir sans se faire trouer la peau, ce qui était l’option qu’il préférait. Quand la dénommée Sara fut prise en otage, le cinquantenaire eut une ouverture. Il aurait pu presser la détente, descendre le mec et plonger derrière une voiture pour éviter la riposte – si elle avait le cran de tirer. L’hésitation avait retenu son index, un blocage humain. Il n’était pas un tueur, il ne s’était même jamais battu.

L’agent jeta nerveusement un regard en arrière quand sa complice leva la voix. Les autres pouvaient l’entendre et rappliquer. Ça, ça ferait foirer son plan – enfin, son improvisation. K., affichant jusque là une mine de dur à cuir, sembla montrer une faiblesse. Est-ce qu’il tenait réellement à cette fille ? En réponse à sa supplique étonnante, la blondinette échevelée cracha son regard sur Abel. Elle ne bougeait pas parce qu’elle n’était pas idiote, parce que la lame froide sur sa gorge l’incitait à baisser son arme, mais elle ne flancherait pas. Le coin des lèvres du trentenaire frémissait alors qu’il approchait, à pas lent, plongeant ses yeux durcis dans ceux du jeune homme.

- Doucement, intima-t-il, doucement… vous allez vous écartez de la voiture, on va monter, et vous irez pleurer dans les jupes de Flint. C’est le meilleur scénario pour vous, je vous assure. Ma fille elle est… un peu instable avec tout ça… elle a tranché pas mal de gorge de gens qui l’ont fait attendre trop longtemps.

Broder, transformer la réalité, argumenter, c’était tout lui ça. Il espérait que Tamara ne trahirait pas son mensonge, parce qu’il supposait bien qu’elle n’avait pas dû égorger autant de gens qu’il l’annonçait. Pendant qu’il parlait, l’agent s’était avancé suffisamment près pour récupérer du bout des doigts les armes de K. et Sara. Des Desert Eagle, clairement pas des jouets, mais il se fichait de savoir comment ils les avaient obtenus. Les tics qui agitaient nerveusement son visage fermé jouaient en sa faveur, si bien que les deux pillards étaient réduits au silence.

Reculant de quelques pas, gardant son arme pointée sur le torse du garçon, Abel coinça dans sa ceinture l’une de ses nouvelles acquisitions et dirigea l’autre vers la poitrine de la blonde. Il ne savait pas viser de la main gauche, c’était de la pure mise en scène, mais ça suffisait pour que le message passe. Son cœur battait de plus en plus lourdement alors que le dénouement approchait, la sueur coulait de chaque côté de son visage. D’un geste, il ordonna à K. de s’écarter, et il fut bien forcé d’obéir. Lentement, trop lentement, …

- Tu tiens pas tant que à ça à elle finalement, commenta-t-il pour le motiver à accélérer le mouvement.

Tournant au fur et à mesure pour que la distance qui le sépare du jeune pillard ne change pas, le cinquantenaire atteint enfin la porte passager de leur voiture. C’était le signal de départ : Tamara lâcha Sara pour le rejoindre, ils allaient pouvoir partir sans encombre, enfin. L’aîné du duo allait sortir les clefs de sa poche pour les glisser à la vendeuse quand une voix retentit furieusement depuis l’autre bout de la rue :

- Hey ?! C’est quoi ce cirque ?!

Abel réagit au quart de tour, sans réfléchir, il détourna le canon du Smith & Wesson et tira plusieurs fois en direction de Flint. Ce dernier se jeta à l’abri de son 4x4, l’une des vitres explosa violemment. K. Voulut reprendre le dessus en se précipitant sur l’agent, mais ce dernier eut le réflexe de faire feu avec son autre main. L’une de ses balles de gros calibre creusa un large trou dans le bras gauche du jeune homme qui s’effondra sous le choc. Le cinquantenaire contourna alors leur voiture, à demi-courbé, prit Tamara par la main et l’entraîna vivement dans la ruelle la plus proche. Le chant de la kalachnikov s’éleva, poursuivant les fuyards. Les balles brisèrent les vitres des épaves abandonnées, ricochèrent sur les carlingues, moururent dans les murs, et perdirent la trace des proies.

L’agent avisa la première porte ouverte qu’il trouva, le hall d’un petit bâtiment à deux étages, plongé dans les ténèbres. Bonne nouvelle : pas de cadavres à première vue. Essoufflé, il rangea son 9mm et se tourna alors vers la vendeuse. Impossible de distinguer nettement ses traits mais sa main libre pressa fébrilement un bras de la vendeuse.

- Tu vas bien ? Ils ne t’ont pas touchée ?


♪ Depuis la nuit des temps ne voyez-vous pas que les troupeaux meurent. ♪
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Fuck Up World

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