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 La chasse est ouvert... feature Selene

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Bobby Smith
Lost Angels
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Jeu 9 Juin 2016 - 14:16

L’univers du géant était devenu duveteux et surtout des plus agréables depuis les quelques mois qui venaient de s’écouler. Comme si la démence et la morosité de ce monde étaient délimitées par le paradis terrestre du refuge. Lieu qui était saint à ses yeux, car maintenant il avait une famille qui semblait apprécier l’erreur de la nature qu’il était. Un ange qui avait osé défier les tabous des standards de beauté pour donner une once d’affection à l’homme difforme. Un amour que Robert n’avait jamais cru possible vu ses défauts fragrants. Les dames pouvaient avoir, selon lui bien sûr, n’importe quel homme. Breann semblait heureuse d’être avec le colosse à l’armure de chaire rapiécée de toute part. Et maintenant un être fabuleux, une personne ayant une âme pure et bonne venait de faire son apparition dans la vie du monstre de foire. Abigail qui espérait vivante et bien portante, la jeune femme dont le mineur demandait à un Dieu absent de protéger lors de ses prières silencieuses du soir. Il ne manquait que Juliane revienne à la maison et le géant au cœur d’or sera comblé. Il avait découvert la vérité sur les agissements de la photographe et du magicien, mais il espérait que sa famille allait leur pardonner. Les gens bien vivants perdaient de plus en plus pied dans le combat quotidien contre les horreurs ambulantes qu’il ne fallait pas qu’ils se combattent les uns contre les autres.

Les yeux dans la vague, la tête du golem de chair fit un mouvement affirmatif pour donner son accord silencieux aux affirmations de la pianiste. L’ange de porcelaine avait très bien résumé la situation et le nombre de rencontres avec les goules s’était accru depuis les derniers temps. Même si les rondes incessantes du protecteur balafré avaient augmenté pour les débusquer, les aberrations cannibales se retrouvaient des fois aux portes de leur abri. L’être de lumière qui venait d’Irlande se dégagea de l’étreinte surement étouffante du colosse et parla un peu. À la fin, une tristesse insoutenable venait de jeter un voile sur la beauté extraordinaire des traits céleste de l’ange. L’empathique créature venait de ressentir de plein fouet la signification des envolées lyriques et tendres d’Abigail. Elle croyait qu’elle ne pouvait pas emporter des choses à leur petite communauté, qu’elle serait un poids mort. L’homme se releva doucement, presque à contrecœur, et déplia toute sa haute silhouette peu gracieuse. Son visage marqué à vie, la cicatrice qui courait maintenant sur son profil droit ressemblait lui donnait air morbide de crâne ricaneur, était une terre fertile ou poussait un apaisement et une bonté étonnante. Le regard océanique, étendue de tendresse et d’amour fraternel, inonda les deux femmes chacune leur tour. Le ton rauque et rocailleux s’éleva dans les airs. Mais chacun des mots était rempli d’une sincérité et d’une honnêteté touchantes.

Robert- Tu es arrivé avec le même sac à dos des autres personnes ici tu sais Abi… Euh… Moi les choses matérielles je m’en fout car on peut toujours aller les chercher… Euh… Moi je sais ce que tu as en dedans de toi… Euh… De la lumière et des bons sentiments. Tu m’as tendu la main quand beaucoup ont juste profité… Euh… On va travailler ensemble comme une famille et tu peux rester le temps que tu veux… Euh… Pour moi j’aimerais que tu restes aussi longtemps que tu peux endurer ma stupidité… Disons deux semaines.

Un rire franc et dépourvu de méchanceté jaillit des lèvres exsangues de la bête pour détendre un peu l’atmosphère. Les épaules tressautèrent sous l’effet de la petite blague d’autodérision que Bobby venait de s’infliger volontairement. Il connaissait parfaitement ses carences intellectuelles et depuis qu’il était avec sa famille d’adoption, le gaillard saturé de cicatrices avait appris à rire et sourire de ses défauts. Un moyen comme un autre de lutter contre sa gêne et son malaise en société. Reprenant un peu de contenance et de sérieux, l’enfant emprisonner dans le corps d’un monstre continu sur sa lancée.

Robert- Tu peux rester pour la vie ici Abi… Euh… Selene s’occupe de tout ce qui est cerveau ici… Euh… Moi j’essaie de ne plus trop l’embêter et je m’occupe de faire les trucs à mon niveau… Euh…

Rougissant un peu, le regard de l’homme esquiva les orbes glacés de l’ange d’ivoire. Il avait encore de la douleur quand il repensait au chapitre des fanatiques. De ses doutes et de ses peurs envers sa sœur d’âme.

Robert- Tu sais Selene tu as gagné le pari… Euh… Ta surprise est dans ta chambre. Breann et Baby l’ont installé, je le sais… Euh… Tu peux y aller avec Abi si tu veux vous aller loger ensemble si je me trompe pas… Euh… Moi je dors là-bas si tu as besoin de moi Abi.

Comme à son habitude, l’erreur de la nature dormait dans le fauteuil du salon, pivoter vers la porte. Comme cela la gargouille hideuse qui semblait être taillée dans le granit sommairement sera la première défense du chalet en cas de problème. Le premier à tomber pour défendre les siens si le besoin est. C’était sa nature et son sens du sacrifice qui hérissait bon nombre de gens. Mais il n’en pouvait rien, il sera toujours celui qui préférait souffrir à la place des autres.

Robert- Euh… Je vais aller démarrer l’eau chaude pour la douche à Abi OK? Comme ça vous pourrez discuter sans que je dise trop de conneries. Je vais aller vous rejoindre à la porte de votre chambre.

Souriant de toute sa dentition inégale, la joie enfantine du gaillard semblait éclairer la pièce de mille feux. Il avait récupéré un clavier dans un chalet avoisinant et l’ingénieuse créature avait réussi à modifier le tout pour le rendre compatible avec une batterie de moto. Selon ce qu’il avait lu dans les papiers, aider par sa raison de vivre des derniers mois, c’était un clavier haut de gamme qui valait aussi cher qu’un véritable piano. Tout fonctionnait parfaitement et il avait même un livret de musique vierge pour inscrire des partitions. Robert avait écrit de sa main malhabile quelques mots. « Les Symphonies de Selene ». Aussi la créature de cauchemar avait inséré quelques partitions écrites de la main de sa nièce. Sandra avait l’oreille musicale et presque la totalité des chansons que fredonnait ou interprétait le mineur était de la création de l’ange trépassé. Surement que la musicienne allait reconnaitre quelques titres des chants du géant et voir la signature de Sandra Smith au bas de la page. Ceci était le plus cadeau qu’il pouvait donner à son ange de la compassion, celle qui lui avait donné une famille. L’homme alla rétablir l’eau chaude avec l’énergie alternative des batteries et un souvenir vint percuter l’esprit lent de Robert. Un motel ou il avait découvert, en compagnie de l’Irlandaise, des serviettes de bain et des assortiments de savons de chambre. Abigail avait adoré ces petites bouteilles de shampoing et de savons. Le colosse en avait retrouvé quelques échantillons dans la tour où l’ange à la chevelure doré avait séjourné. Il alla piocher ses souvenirs qu’il gardait précieusement et aussi quelques barres de céréales pour satisfaire des appétits féroces. Emmenant le tout dans ses bras démesurés, le golem de chaire s’arrêta près de la porte de chambre ouverte. Il ressemblait un peu à un majordome affreux et immonde. Rougissant de nouveau, mélange de joie et de gêne, il chuchota d’une petite voix tendre et remplie d’affection.

Robert- Euh… Excuse-moi Selene c’est pas un vrai piano… Euh… Pas encore trouvé. Mais il fonctionne, tu sais… Euh… Te redonner un peu de la magie que tu fais jaillir des doigts… Euh… D'être avec toi-même un peu et un moment pour toi... Euh... Je me souviens des beaux sourires quand tu jouais à l'appartement. Comme un ange au paradis. Il y a des notes aussi écrit par ma nièce. Si des fois tu veux les jouer, j’aimerais bien être là… Euh… Me souvenir un peu.


La mélancolie passa brièvement sur les traits atypiques de la lie de l’humanité. Tendant la serviette, les bouteilles de savons et de shampoing et la nourriture à l’Irlandaise, le visage tortueux et laid se fit doux et rempli d’un amour fraternel. Les yeux bleutés si purs débordèrent de malice.

Robert- Euh… Tiens je t’avais gardé ça, car je me souviens que tu aimais la senteur Abi… Dans cinq minutes il va avoir de l’eau chaude OK. Bienvenue à notre maison, ta maison… Euh… Pour ton cadeau je vais te le donner plus tard OK? On a maintenant le temps…Euh... Moi non plus je ne veux plus que tu nous quittes Abi.






Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Jeu 9 Juin 2016 - 20:32

Presque le paradis oui, il n’y avait pas de meilleurs termes. C’était peut-être fragile, ce serait peut-être effondré dans les mois à venir, mais à l’heure actuelle, c’était leur maison. Selene balaya d’une main les excuses d’Abigail, dérisoires. Elle ne lui ouvrait pas sa porte parce qu’elle leur apportait quelque chose. Rien de matériel en tout cas, parce que le fondement de cette coalition restait valable : l’union faisait la force. L’Homme était fait pour vivre en troupeau, c’était comme ça qu’il fonctionnait depuis Lucie. Le simple fait d’être entre semblables était un atout. Ça, la musicienne ne le dit pas, car la vérité c’était que quelques entorses à cette loi étaient inévitables. Certaines personnes, par exemple, ne seraient jamais les bienvenues entre ses murs. Malou, Juliane, Ziggy, … l’idée de les savoir agonisant quelque part ne lui faisait ni chaud ni froid. Au contraire de Bobby, elle n’était ni altruiste, ni naturellement bienveillante. Les gens qu’elle protégeait avaient mérité son affection.

Pour inverser la tendance du sourire triste de l’irlandaise, la pianiste prit sa main et la serra chaleureusement. Dans ses yeux bleus rayonnaient l’encouragement et une flamme timide, discrète : de l’espoir. Le rire le Bobby ajoutait à la légèreté de l’instant. Quand il assura qu’Abigail pouvait rester « pour la vie », Selene acquiesça paisiblement mais se pencha vers son aînée pour ajouter :

- Il exagère, je ne fais pas tout toute seule.

Non. Flann s’était naturellement approprié l’intendance du chalet, c’était merveilleux de voir comme grâce à elle, tout était en ordre. Ils étaient alertés d’un manque avant même qu’il se manifeste et avaient sûrement optimisé leurs ressources grâce à son rationnement. Quant à Breann… elle était un soutien indéfectible. Que ce soit pour préparer les défenses ou les soucis du quotidien, la journaliste était la personne à qui l’étudiante se fiait le plus pour prendre une décision. Oh bien sûr, les hommes n’étaient pas en reste mais parfois… on a juste envie de discuter avec une consœur. On était toute un peu féministe.

La musicienne n’eut pas le temps de vanter les mérites de ses colocataires puisque Bobby revenait sur sa « surprise ». Il désigna également l’endroit où il dormait, ce qui déclencha un signe de tête désapprobateur de sa part. Alors que le trio montait les escaliers vers les pièces du premier étage, l’étudiante glissa à voix basse à Abigail :

- Si tu te joignais à moi pour le convaincre de dormir dans un lit et d’arrêter de se dénigrer, ce ne serait pas de refus. Je crois qu’il est complètement hermétique à l’idée d’un peu d’estime de soi…

Ce constat l’attristait sincèrement. Voilà un certain temps maintenant qu’ils se côtoyaient tous les jours, mais les progrès du géant étaient si lents qu’on penserait qu’il le faisait exprès. A croire qu’il se plaisait finalement dans son rôle du pauvre simplet rejeté. C’était presque vexant car Selene n’était pas psychologue et elle n’était pas particulièrement patiente. Elle avait la sensation que ses paroles et gestes passés s’étaient heurtées à un mur. Enfin, au moins elle l’avait suffisamment débridé pour qu’il ose avouer ses sentiments à Breann, tout n’était pas perdu.

Elle se figea soudain. Ses yeux papillonnèrent, comme ceux d’un enfant qui découvre ses cadeaux à Noël mais n’ose pas y croire. Les derniers mois, elle avait vu de nombreuses choses, manier de nombreux outils, même des armes, mais son instrument – son âme – elle l’avait perdu de vue depuis les prémices de l’hiver. Les larmes montèrent, ses lèvres tremblaient, incapables de laisser s’échapper un mot. Comment… ? Ils étaient tous complices et ne lui avaient rien dit ? Le géant s’était déjà défilé, alors elle s’approcha avec lenteur. L’étudiante avait peur que ce soit un mirage, que l’objet vole en éclat entre ses doigts fins, mais non. Il était solide et quand elle l’alluma, il fonctionnait.

S’envolant dans un Eden de souvenirs, Selene joua quelques notes de Sorgens Kammer, les premières qui lui revenaient. Seulement la main droite. Elle était rouillée, elle se sentait, mais ça pourrait revenir… Bobby les retrouva. Elle n’écoutait pas vraiment ce qu’il lui disait, parce que la beauté de son geste n’avait plus besoins de mots, elle comprenait. A peine avait-il demandé à Abigail de ne pas partir que la musicienne se rua pour l'étreindre. Ses bras graciles le serraient, sa tête reposait contre son torse, une larme coula et mourut dans le tissu de ses vêtements.

- Merci…

Ce fut la seule chose que l’étudiante parvint à articuler. Tous les membres du chalet avaient mérité un câlin, d’ailleurs même si elle n’y était pour rien, l’irlandaise passerait immédiatement après le géant. Pour l’instant, elle ne lâchait pas cet homme à l’Amour inconditionnel. Lui qui lui donnait sa confiance et son affection alors que leurs principes et leurs esprits étaient si différents. Son frère, pour le meilleur et pour le pire.


Je deviendrai un démon, je le sais. C’est inscrit en moi depuis ma naissance, comme une plaie latente qui se gangrène depuis l’épidémie. Je perds la tête, chaque fois un peu plus. Il y a le sang sur mes mains et les morts qui me hantent dans mon sommeil. Chaque nuit, leur cortège vient me trépaner, laissant s’enfuir la raison. Je deviens folle, je ne pourrais pas guérir. Je ne suis pas un ange, Bobby, je suis damnée ; je suis le serpent introduit dans ta demeure. Mais je veux croire que tu peux me sauver, parce que ta gentillesse me permet d'admirer une illusion. Aime-moi jusqu’à la fin, parce qu’un jour tu devras m’arrêter. Un jour, tu devras me tuer.



Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Lun 13 Juin 2016 - 15:54

Devant elles se dressait un clavier. Il avait été bricolé, mais il avait été nettoyé et remis en état. Abi trouvait qu'il était beau. Elle n'était pas musicienne, elle n'y connaissait rien, n'avait jamais eu la patience mais elle trouvait que ce clavier, ce regard émerveillé qu'avait Selene, était une image merveilleuse. Elle sentait au fond de son âme s'élever un élan de bonheur, voire d'euphorie. Elle souriait, naïvement, sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, et elle partageait la joie de son amie. « Euh… Excuse-moi Selene c’est pas un vrai piano… Euh… Pas encore trouvé. Mais il fonctionne, tu sais… Euh… Te redonner un peu de la magie que tu fais jaillir des doigts… Euh… D'être avec toi-même un peu et un moment pour toi... Euh... Je me souviens des beaux sourires quand tu jouais à l'appartement. Comme un ange au paradis. Il y a des notes aussi écrit par ma nièce. Si des fois tu veux les jouer, j’aimerais bien être là… Euh… Me souvenir un peu. » Bobby venait d'apparaître à la porte et Abi lui lança un regard tendre. Il avait beau répéter qu'elles étaient des anges, la seule véritable personne qui possède une âme si pure ici c'était bien lui. Il y avait quelque chose chez cet homme qui le rendait exceptionnel. Il était inhumain, non pas par son physique, mais par cette innocence, cette candeur, cette douceur. Dans leur enfer, il était Orphée. Il était la main tendue, le retour sur Terre. Et Abi avait horriblement peur de se retourner. Elle ne voulait pas faire la même erreur qu'Eurydice, elle ne voulait pas sombrer et elle s'accrocher à ce cœur fort et tendre autant qu'elle le pouvait. Bobby était celui qui faisait qu'elle était encore en vie aujourd'hui. Elle lui devait tout.

Selene prit également l'Irlandaise dans ses bras. Cette dernière voulait lui signifier qu'elle n'y était pour rien, qu'elle ne méritait pas ce geste. Mais à vrai dire, cette sensation lui était si agréable qu'elle préféra ne rien dire. L'affection qu'elle recevait la rendait si heureuse, qu'égoïstement, elle ne pouvait y mettre fin. Selene s'éloigna de la jeune femme et Abigail lui sourit doucement, presque timidement, comme pour lui signifier tout de même que toute la gloire revenait à Bobby. « Euh… Tiens je t’avais gardé ça, car je me souviens que tu aimais la senteur Abi… Dans cinq minutes il va avoir de l’eau chaude OK. Bienvenue à notre maison, ta maison… Euh… Pour ton cadeau je vais te le donner plus tard OK? On a maintenant le temps…Euh... Moi non plus je ne veux plus que tu nous quittes Abi. » L'homme brisa de nouveau le court silence qui s'était installé et la blonde ne put s'empêcher de sourire à nouveau. Elle n'avait pas sourit depuis des semaines et elle sentait ses joues s'engourdir. Bobby avait également pensé à elle. Il lui parla de nouveau d'un mystérieux cadeau, mais elle n'était pas pressée de l'avoir. Comme il venait de le dire, ils avaient le temps, à présent, de se retrouver. Ils n'avaient plus besoin de fuir, de se dépêcher. « Merci. » répondit-elle dans un tendre sourire. Elle lui prit doucement des mains les affaires de toilettes et d'un geste elle lui demanda de se courber et elle déposa alors un baiser sur la joue de son ami en guise de remerciement. Une fois les affaires récupérées, Selene lui montra la salle de bain où Abi pourrait enfin se laver. La pianiste lui apporta également des vêtements propres et il sembla à Abigail qu'elle redevait enfin un être humain à part entière. Lorsque Selene sortit de la pièce, elle se planta devant le miroir. Le reflet la fit grimacer. Elle n'était plus celle qu'elle avait connu depuis le début de sa vie. Elle avait changé. Physiquement, oui, mais il y avait cette lueur au fond de ses yeux qui était apparu. Cette flamme qui grandissait à chaque seconde, qui la consumait. La colère et la haine. Elle savait que c'était dangereux, destructeur. Mais imaginer la mort de Juliane et Ziggy, de ses propres mains, la satisfaisait. Elle se voyait serrer ses mains autour du cou de la jeune femme, le regard suppliant, la bouche gonflée, les joues qui se rosaient petit à petit. Elle se voyait appuyer sur la gâchette dans la tempe de Ziggy. A genoux, il pleurait pour qu'elle épargne sa vie, mais elle colla plus encore le canon contre sa peau. Il s'écroula au sol et elle sentait en elle une profonde satisfaction. Quelque chose d'accompli, une liberté, une force. Elle posa ses mains sur le lavabo. Elle sentait son cœur battre plus fort, plus vite. L'excitation... Mais elle fut parcouru par un frisson. Depuis quand l'éventualité qu'elle tue quelqu'un la rendait si heureuse ? A partir de quand était-elle devenue un monstre ? Depuis quand brûlait la flamme ? Et est-ce qu'elle arriverait à l'étouffer un jour ? Elle se faisait peur, c'est vrai. Elle ne voulait pas renoncer à sa vengeance, mais elle sentait le plaisir de cette vengeance l'envahir et c'est ce qui la faisait frissonner.

L'eau chaude coula sur son corps courbaturé. Avoir dormi tant de temps dehors avait endolori ses muscles, tant par le manque de confort que par la peur permanente qui tenait ses membres tendus. Elle ferma les yeux, profitant pleinement de ce moment de détente. Elle n'osa pas rester trop longtemps. Elle ignorait d'où l'eau venait et elle ne voulait pas mettre à mal le chalet et ses habitants pour une douche. L'odeur du savon lui rappelait ces moments auprès de Bobby. Elle arrêta l'eau, se sécha et enfila les vêtements apportés par Selene (un pantalon noir style jogging « souple » et un t-shirt gris un peu trop grand pour elle). Elle sentait si bien, ça sentait si bon. Ses longs cheveux blonds coulaient encore dans son dos, mais elle n'osait pas les sécher plus, craignant de perdre ce sentiment de propreté extrême. En sortant de la salle de bain, elle entendit quelques notes s'élever et elle ne put s'empêcher de rediriger vers la chambre de Selene. Elle resta sur le pas de la porte, l'épaule appuyée contre le mur et observa la jeune femme. Il y avait quelque chose de magique. Son visage avait changé. Elle ne pouvait capté son regard, mais la scène était gracieuse, envoûtante et Abi ne pouvait détacher du regard les doigts fins de la jeune femme qui volait au dessus des notes.
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Aujourd'hui à 4:09

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