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 La chasse est ouvert... feature Selene

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Bobby Smith
Lost Angels
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MessageSujet: La chasse est ouvert... feature Selene   Lun 23 Mai - 14:28

Le printemps commençait à faire place à l’été. Les bourgeons se transformaient soit en fleurs parfumées ou bien en feuilles gorgées de chlorophylle. On ne parlait de réveil de la nature, mais bien du cycle de la vie qui reprenait son cours normal. Les carnivores chassaient les herbivores, les oiseaux les insectes et les goules ce qui respirait encore. Car oui avec la fonte de la neige les aberrations cannibales avaient retrouvé une nouvelle vigueur et au lieu des mouvements transis par le froid de leurs membres ankylosés par la mort, les zombies avaient retrouvé un « deuxième souffle ». Les êtres dépossédés de leur âme immortelle piétinaient avec une nouvelle cadence la flore et le bitume. Leurs chasses sans répit reprenaient aussi pour cible les survivants affaiblis par le rigoureux hiver. Pour la famille du colosse, il avait eu de la chance et de la malchance combinées. Des attaques isolées contre leur refuge qui avait prouvé la précarité de leur système de défense, des avaries dans l’électricité que Robert avait réussi à réparer de peine te de misère et aussi le stock de nourriture qui descendait doucement, mais surement. Ne pouvant plus fournir à la tâche et apercevant la fébrilité de la musicienne à l’accompagner, le mineur avait accepté avec sa bonhomie habituelle. Laissant le loisir à l’ange à la peau d’ivoire de choisir son arme de prédilection, le colosse avait pris comme à son habitude la hache de pompier qu’il portait à la ceinture. Dans son sac à dos, il avait emmené du fil de cuivre et des pinces coupantes ainsi que des gants. Mais à la surprise de celle qui pouvait concurrencer les glaciers de par l’éclat et par la pureté de son regard, la main du géant tenait fermement par l’anse une chaudière de 5 gallons dotés d’un couvercle. Sur son épaule massive et tenant le manche de bois poli d’une main sure se trouvait une pelle. Devant le regard inquisiteur de sa sœur d’âme, Bobby essaya de faire son mystérieux. Mais le résultat fut plus comme une tentative d’essayer d’imiter un espion russe dans un navet d’Hollywood.

Robert- Tu vas voir Selene… Euh… J’ai une idée et si tu l’aime pas ben on va ramener le seau OK?


Une lueur de malice scintillait dans le regard océanique si pur de l’homme difforme. Une étincelle de joie transforma le visage aux traits atypiques en un masque de pur bonheur. À la fenêtre un être lumineux souhaitait une belle journée au chasseur format géant et à son apprenti modèle réduit. Un sourire naît et amoureux sur les lèvres exsangues de la chose indiquait que le Cupidon ne chômait aucunement même durant cette période de grande noirceur. Quand la Juliette du haut de son balcon fit mine d’envoyer un baiser soufflé en direction du Roméo monstrueux, celui-ci ne put s’empêcher de faire quelques pas hésitants et des plus comiques. Maintenant que l’abcès de la gêne et de la timidité était percé, le géant était devenu l’homme souriant, attentif et plein d’affection que ses anges trépassés connaissaient intimement. Attrapant enfin le baiser imaginaire dans sa main rugueuse et immense, Robert fit mine de le porter à sa joue et ensuite de le placer dans la poche de sa chemise. Il ressemblait comme à son habitude à un cheminot des années quarante avec ses bretelles et ses manches roulés aux niveaux de ses coudes. Saluant alors avec des grands signes de la main l’élue qui faisait vibrer son cœur d’amour, nouveau sentiment merveilleux qui n’aurait jamais vu le jour sans l’arrivée du chaos sur la terre, il tapa du coude son amie près de lui. Voyant la lueur d’amusement dans le regard de la pianiste, le colosse décida de jouer le jeu de l’innocence pour la faire pouffer de rire. Sa voix qui ressemblait à deux pierres qui s’entrechoquent s’éleva dans les airs, transportés par un vent timide.

Robert- Euh… C’est mon amie… Euh… Il n’y a rien entre nous.


Le visage à peine sculpté du colosse n’était aucunement doué pour la supercherie ni pour bluffer comme les maitres du poker ou bien des arnaqueurs professionnels. L’ange au regard de saphir disparu en souriant de toutes ses dents, merveilleux souvenir qui allait certainement hanter le subconscient lent à souhait de Robert pour le reste de la journée juste au souper où il pourrait dire à la journaliste qu’il s’était ennuyé d’elle. Les contacts tactiles, un effleurement de la main sur un avant-bras lézardé de cicatrices par exemple, qui provoquaient des courants électriques dans l’échine de la bête et qui faisaient tant rire la belle. Une complicité extraordinaire liait maintenant les deux êtres si différents et semblables à la fois. Toussant pour reprendre une petite contenance, les vieilles habitudes ne se perdent pas aussi facilement et celles du golem de chair avaient des racines très profondes, le géant au cœur sourit simplement. Le genre d’expression sans artifice, juste une honnêteté sans faille et une confiance absolue à l’être merveilleux qui lui avait donné une nouvelle famille ainsi qu’un amour qu’il avait cru impossible de recevoir un jour.

Robert- Tu es prête mon amie? On va essayer de ramener un bon souper ce soir… Euh… Et faire le tour de collets, car on ne sait jamais… Euh… Aussi si tu ramènes un gros truc, à part moi ça compte pas, Breann et moi on a une surprise pour toi.


Cessant dans l’œuf toutes interrogations plus poussées de la musicienne avec un clin d’œil semi-espiègle, semi-loufoque, le géant ouvrit la marche juste à une petite colline de terre meuble. Dans une direction précise qu’il prenait chaque jour pour vérifier ses collets. Un peu comme une routine que l’homme espérait voir surgir des fantômes de son passé. Une souche était installée devant. Se penchant près du billot immense, le colosse ramassa quelques canettes de boissons gazeuses vides. Les plaça en équilibre sur le présentoir naturel, Robert revint alors vers Selene fier de son champ de tir improvisé. Il dit alors dans un chuchotement des plus audibles dans l’air vivifiant du matin et les chants des oiseaux.

Robert- Euh… Maintenant, tire un peu pour retrouver ta touche magique… Euh… Heureusement que tu ne conduis, comme tu tires sinon on serait mal tu sais…

Se décalant pour éviter le premier coup de représailles de l’ange aux cheveux noir de jais, il encaissa le second coup en simulant une douleur atroce pour leurs plus grands plaisirs communs. Un lien fraternel, au-delà d’une affection normale, était né entre les deux âmes errantes. Les deux se protégeaient mutuellement, les mots étant maintenant superflus la plupart du temps. Un peu comme un duo de représentant de l’ordre habitué de travailler ensemble et qui sait que leur derrière sera toujours protégé par l’autre. Une confiance aveugle dans un sens. Selene se positionna, sublime amazone qui venais d’encocher une flèche pour terrasser un ennemi en armure rouge et blanche. La pauvre canette de coke eut la vie sauve, le trait venait de passer à quelque trente centimètres au-dessus de sa forme cylindrique. Sans un mot, le géant le colla à la silhouette gracile de sa sœur d’âme. Il y a peu de temps, il n’aurait jamais osé faire un tel geste, corrompant la pureté de l’ange au regard bleuté si merveilleux. Mais maintenant la barrière de la gêne était tombée depuis la danse de Sequim. Comme si la jeune femme avait invité le géant à se rapprocher d’elle sans éprouver de dégout. Murmurant à l’oreille de la jeune prodige du piano quelques paroles, il plaça son œil près du sien.

Robert- Euh… Avec un arc tu dois être sûr que tu tues d’un coup… Euh… Sinon le Bambi est juste blessé, tu sais. Il va avoir mal longtemps. Fais comme la musique OK. Laisse l’arc te rejoindre pour danser… Euh… Bonne mire, bon œil et bon tir c’est tout ensemble… Et lâche tous tes doigts en même temps OK… Euh… Sinon ta flèche va partir pas comme il faut… Euh… Comme ton premier tir. Vas-y j’ai confiance en toi sœurette…

Se décollant comme un fantôme grotesque de l’être divin, Robert se plaça à ses côtés pour juger de la qualité du tir et aussi de la précision du trait.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Lun 23 Mai - 19:12

Bobby allait partir. Ça ne lui plaisait absolument pas mais n’avait pas osé insister. Le géant semblait décidé à refaire route vers Seattle, temporairement, et si elle aurait voulu l’accompagner, Selene savait qu’elle ne pouvait pas. En l’absence du géant, et malgré la présence d’Harold, la musicienne se sentait comme la gardienne de leur petit groupe. Flann était enceinte de trois mois environ, il était hors de question qu’elle l’abandonne pour un périple aveugle. De manière générale, ils étaient trop bien lotis au chalet pour qu’elle accepte de se replonger en Enfer. Le printemps s’était bien installé, il n’y avait pas une journée à perdre pour se préparer et être capable de survivre au prochain hiver.

Dans un futur plus proche, la pianiste voulait apprendre à chasser. Depuis son arrivée, elle s’entraînait avec l’arc et l’arbalète, car elle trouvait ces armes plus silencieuses et, au fond, moins complexe que les véritables fusils. Elles avaient certes, leurs désavantages, mais pour des expéditions qui ne demandaient généralement pas de descendre du cadavre en masse, c’était parfait. Aujourd’hui, elle voulait également savoir se servir de ses nouveaux talents pour ramener du gibier. En l’absence du colosse, ils risquaient fort d’être réduits aux légumes et aux denrées non périssables piquées dans les environs si personne ne prenait la relève. Après tout, ça ne devait pas être si dur… si ?

Le temps était encore frais mais Selene l’autorisa une tenue qui lui garantissait de ne pas être gênée dans ses mouvements. Par précaution, elle avait pris sa ceinture multifonction, avec glock et chargeur, et la dague de chasse. Toutefois, c’était avec l’arc qu’elle voulait travailler. Sans se vanter, elle commençait à plutôt bien maîtriser l’arbalète, mais elle avait l’avantage d’avoir un viseur et une gâchette. En rejoignant Bobby, elle s’assura que ses cheveux sombres – tressés à la française par Breann – tenaient bien en place.

- Ok-ok…, dit-elle non sans froncer les sourcils quand le géant lui confia avoir une surprise.

En sortant, elle passa le carquois en bandoulière et assista à la démonstration un poil exagérée du géant. Avec un sourire en coin, elle fit la moue de celle qui n’a rien à dire quand son complice prétendit que sa relation avec la journaliste était « amicale ». La musicienne n’était pas née de la dernière pluie, surtout sur ce plan là et d’autant parce que c’était elle qui avait encouragé le colosse dans ce sens. D’ailleurs à ce sujet, il avait, à ses yeux, encore un peu besoin de ses conseils. S’il avait l’avantage du romantisme, il ne fallait pas que son comportement, en voulant trop en faire, tombe dans la niaiserie. Elle lui en parlerait un jour où la situation s’y prêtera. Pour l’instant, elle était juste heureuse pour lui.

- Si tu me lances un défi, je le relève ! Commenta-t-elle quand son ami lui dit qu’elle aurait droit à une surprise si elle ramenait un gros gibier.

Bien. Sa mission du jour serait de ramener un cerf ou une biche. Sans rien ajouter puisque son acolyte ne semblait pas vouloir vendre la mèche, Selene suivit jusqu’au champ de tir improvisé. Elle allait protester qu’elle en avait assez de l’entraînement et qu’elle voulait passer à la pratique sur le terrain, mais c’était vrai qu’un échauffement ne lui ferait pas de mal. A dire vrai, elle avait usé l’arbalète ces derniers jours et délaissé l’arc. A la taquinerie de Robert, elle le repoussa amicalement, non sans y ajouter un coup ou deux, et marmonna quelque chose à propos d’une flèche qui pourrait lui arriver dans le fondement.

Premier essai… raté, forcément. Sifflant un « merde », elle encocha son trait suivant et écouta les conseils de Bobby. Sa référence la fit sourire, « comme en musique ». Elle aurait aimé que tout soit comme lorsqu’elle s’asseyait devant son piano. Avant, elle avait beau se plaindre, la plupart du temps, les notes se déliaient sans résistance sous ses doigts. Si elle tirait comme elle jouait, elle deviendrait sans doute meilleure que son professeur. Silencieuse, elle banda l’arc, les épaules relâchées, bien de profil. L’effort ne lui faisait presque plus mal maintenant, sans doute que son corps s’habituait. Celui d’une guerrière et moins d’une étudiante.

- Merde. Je vais y arriver, t’en fais pas…

Son deuxième coup avait frôlé la canette. Celle-ci tremblottait encore suite à la caresse de la flèche mais restait bien en place. Sans attendre, elle tira un autre trait de son carquois et banda la corde. Cet exercice allait parfaitement avec ce que lui avait appris Breann : faire le vide, ressentir ce qui se passe autour d’elle, tout ça. Selene n’avait pas vraiment progressé en méditation – ça ne la passionnait sans doute pas autant que les armes – mais l’état d’harmonie recherché était le même à ses yeux. C’était comme avec un flingue, quelque chose qu’elle avait fini par comprendre : elle ne doit pas tenir son pistolet, il doit être le prolongement de son bras. Ça devait être la même chose ici. Comme avait dit Bobby : bonne mire, bon œil, …

- Et voilà !

La canette gisait dans l’herbe, perforée par une flèche. C’était loin d’être le plus dur, mais c’était une petite fierté personnelle.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Mer 25 Mai - 2:10

Le sourire du géant reflétait de la fierté et une assurance qu’il gagnait à chaque fois qu’il s’enfonçait dans les bois. Avec son passé de bucheron, de producteur d’alcool illégal et de passionné de la nature sous toutes les formes, Robert était plus à l’aise dans les contrées sauvages que dans les milieux urbains. Et autre point majeur à cet état de grâce qu’il affichait en ce jour était la présence de l’être qui l’avait accepté comme il était. L’ange d’ivoire semblait féérique avec sa natte et elle ferait tourner bien des têtes avec son ensemble d’aventurières qui semblait tout droit sorti d’un jeu vidéo. La voir réussir à atteindre la canette avec la flèche fit hocher la tête du Goliath. Le regard océanique de l’homme scintillait de mille feux. De la joie de voir les progrès de sa sœur d’âme, d’être pris en considération pour ses compétences et aussi d’être tout simplement là avec son ange. Il applaudit de manières sincères et il ajouta avec une douceur qui transcendait le ton rocailleux de sa voix.

Robert- Super Selene… Un vrai héros de cinéma tu sait… Euh… Juste à garder ton bras qui tient, ta flèche soit perculaire… Euh… perpetu… Euh… Le mot bizarre qui dit que c’est comme deux rails de chemin de fer.

La pianiste chuchota la réponse à l’être à l’esprit si lent. La remerciant d’un superbe sourire d’où la gentillesse et la bonté reluisaient tel un soleil ardent, il alla chercher les flèches enfouies à moitié dans la terre de la butte de terre. Ramenant les projectiles tel un fidèle toutou, le colosse essaya de cacher sa nouvelle cicatrice au regard glacé et si pur de la musicienne. La balafre qui serpentait de la commissure de ses lèvres courait la joue droite et montait juste au cuir chevelu. Un souvenir cuisant que le monstre de foire avait reçu après avoir donné sa confiance à une illuminée qui l’avait attaqué de dos. Un rien avait empêché la lame de rasoir de perforer l’œil droit de Robert. Essayant de cacher sa gêne, il tendit sa main vers un petit sentier.

Robert- On va aller par là si tu veux… Euh… J’ai trois collets et j’ai l’équipement pour en faire, tu sais… Euh… Si on trouve une piste, tu veux le faire le piège?

Voyant le petit sourire de son apprentie, le géant au cœur d’or fit un petit coup de coude fraternel en souriant de manière affectueuse et surtout. S’avançant de son pas trainant qui lui conférait la démarche chaloupant d’un ours savant, le colosse embrassa de son regard bleuté si pur la nature en plein éveil. Chuchotant avec une tendresse sans borne, Robert prodigua ses connaissances avec entrain et surtout une générosité qui le qualifiait si bien.

Robert- Tu dois toujours regarder ce qui n’est pas normale sœurette… Euh… Ça te dérange pas que je t’appelle comme ça? J’ai commencé sans m’en rendre compte, tu sais… Euh… Naturellement comme une famille.

Récompensant la jeune femme de sa réponse par un sourire lumineux et si pur dont il avait le secret, le géant continua alors ses explications erratiques sur le pistage.

Robert- Tu dois toujours regarder s’il y a un passage… Euh… Des feuilles qui viennent du bois et qui se retrouvent dans le sentier… Euh… Des branches cassées où il y a de la sève. Aussi des traces dans la boue et de l’herbe écrasée. Attend j’ai une idée… Tourne-toi vers le chalet OK?


Déposant ses mains immenses sur les épaules frêles de la pianiste, il la fit pivoter avec tendresse et douceur. Comme un danseur ferait tournoyer une ballerine an corps gracile et sublime. Il prit la main douce de Selene pour la placer sur ses yeux. Il chuchota alors dans le creux de l’oreille de celle-ci.

Robert- Pas de triche OK? Je vais cacher des traces de passages et tu vas les trouver… Euh… Tu as des meilleurs yeux que moi tu vas y arriver tu sais… Euh… J’ai confiance en toi.

Avançant un peu sur le sentier, il entreprit de casser une branche d’un petit arbre tout près, de coucher des herbes hautes près de la voie avec son genou énorme, de mettre quelques feuilles mortes sur le sentier. Près d’un arbre, il laissa une empreinte de sa botte et arrache un bout d’écorce sur un autre. C’était pour simuler le frottement d’un herbivore qui voulait se gratter. Voyant aussi une trace de cerf, il fit que l’empreinte était assez vieille. Il y avait de l’herbe qui avait poussé dans la trace de sabot. La circonférence des deux demi-cercles et la profondeur de ceux-ci indiquaient un chevreuil de bonne taille. Se relevant, il s’approcha alors de l’ange d’ivoire. Par inadvertance il déposa de la boue de sa semelle sur un rocher au milieu du sentier. La voix rauque, mais à la sonorité douce vint alors caresser l’ouïe de la musicienne.

Robert- Tu peux regarder maintenant… Euh… Il y a aussi une trace de sabot au sol… Euh… Essaie de deviner quel animal et aussi si la trace est vieille ou non… Euh… Je te suis. Aussi si tu as des trucs à demander je suis là OK?

L’aura de la créature semblait être saturée par un apaisement et un bien-être que la jeune femme n’avait réellement vu depuis sa rencontre avec le colosse. Il était aussi sur de lui et calme seulement dans les contrées sauvage, lieu de perdition pour plusieurs, mais havre de paix pour l’être trop souvent rejeté. Suivant la jeune femme, le pas du géant se fit plus léger, presque un fantôme qui évoluait dans la nature…



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Mer 25 Mai - 8:40

- Je crois que tu veux plutôt dire « parallèle », souffla Selene à son ami.

En tout cas, les rails de chemin de fer l’étaient. La musicienne hocha la tête avec un air intéressé quand le géant lui proposa d’apprendre à faire les pièges. Le temps qu’il revienne avec les trois flèches tirées, elle surveilla vaguement les alentours. Ils ne rencontraient que peu de rôdeurs depuis qu’ils étaient installés au chalet, mais elle savait que ce n’était qu’un leurre. L’épisode du camion de Cheetos bloqué sur la 101 lui avait bien appris que les morts étaient déjà à leurs portes et la fin de l’hiver allait leur perdre de s’aventurer plus loin en forêt et plus haut dans la montagne.

Reprenant la route, elle écouta attentivement les explications de Bobby. Il pouvait l’appeler « sœurette » si ça lui faisait plaisir. Ça l’aurait peut-être embarrassée fut un temps mais maintenant… tout était différent. A sa demande, la pianiste se tourna dans la direction de leur refuge, à cet instant dissimulé par les arbres qui s’était rhabillés avec le printemps. A dire vrai, elle n’aimait pas vraiment fermer les yeux. Si une charogne qu’aucun des membres du duo n’avait vu débarquait, elle se ferait mordre bêtement. Ça aurait été plus simple de simplement lui demander de rester dos tourné, mais soit…

A défaut de voir, elle écoutait. Les pas lourds du colosse étaient facilement reconnaissance, elle avait l’habitude de partir à l’aventure avec lui. Quand elle eut enfin le droit, Selene ouvrit ses yeux bleus avec soulagement. C’était l’heure du jeu de piste ! Sur le papier, c’était facile : identifier ce qui était inhabituel. Dans les faits, au premier coup d’œil, elle ne voyait que de l’herbe, de la terre et des arbres. La forêt quoi. S’appliquant un peu plus, elle s’avançant à pas lent, l’arc dans une main, essayant d’identifier ce dont lui avait parlé Robert.

- Oh, là !

Elle venait de voir la branche cassée et l’herbe pliée par le genou du colosse. L’excitation faisait accélérer son rythme cardiaque : elle était heureuse d’apprendre, heureuse de voir qu’elle pouvait retenir et appliquer quelque chose d’utile. La musicienne chercha encore, de façon un peu chaotique sans doute, et mit de longues minutes avant de voir l’empreinte de botte et l’écorce arrachée sur un tronc. En faisant volte face, elle aperçut la grosse trace de boue sur un rocher au milieu du sentier et la désigna avec un sourire :

- Celle-là, elle était facile, je ne pouvais pas la rater.

En vérité, la musicienne se savait bien trop lente. Si elle vraiment été en train de traquer un animal – ou une personne –, il serait déjà trop loin. Elle n’eut toutefois pas l’œil pour les feuilles mortes, mais finit par dénicher l’empreinte de quadrupède dont lui avait parlé Bobby. En toute logique, Selene supposa que celle-ci était vieille, parce que l’herbe avait repoussé par-dessus. Par contre, elle était sincèrement mauvaise en connaissance de la faune animale du nord des Etats-Unis et serait donc incapable d’identifier la bête avec ce seul indice.

- L’empreinte date un peu…, commença-t-elle, ça a des sabots et hum… c’est pas un lapin, ni un ours, plaisanta-t-elle à moitié.

Tourner autour du pot quand on ne connait pas la réponse en espérant taper à moitié juste, elle avait la sensation d’être en examen. En bonne élève motivée, la pianiste allait s’accroupir pour essayer de tirer plus d’information mais autre chose attira son attention : hors du sentier, auprès d’un buisson, une trace dans la terre meuble devant un buisson qui ne ressemblait à aucun animal. En s’approchant, elle réalisa que c’était une empreinte humaine. Assez menue, impossible à confondre avec celles de Bobby, et d’une taille différente de celles de l’étudiante.

- Tu as vu ça ? demanda-t-elle en montrant sa trouvaille du doigt, c’est pas moi… et ça n’a pas l’air si vieux. Tu sais si Flann, Aori ou Breann sont venues jusqu’ici dernièrement ?

Elle fronça les sourcils. Le couple sortait peu, surtout en raison de la condition de la libraire. Quand à la journaliste, même si elle s’aventurait seule à l’extérieure de temps à autre, Selene n’était pas certaine qu’elle pousse aussi loin dans les bois. Les buissons autour étaient intacts, ça signifiait qu’il y avait peu de chances que ce soit un rôdeur : ils étaient tellement maladroits qu’ils avaient tendance à clairement marquer leur passage. Un instant, elle se demanda si ça faisait partie de l’exercice, mais la mine interrogative du géant lui confirma que non.

- Il faut trouver d’où ça vient, décida la musicienne en préparant une flèche, ça ne me plait pas que des vivants viennent se balader sur notre secteur. Ça pourrait très bien être des éclaireurs d’un autre groupe.

Était-il nécessaire de rappeler les agissements des fanatiques de Brinnon ? La jeune femme ne prenait plus de risques avec les humains, ou presque plus. Mieux valait savoir de quel type était cette présence sur leur territoire.


HRP:
 


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Mer 25 Mai - 17:20

Ce fut une douche chaleur sur son visage pâle qui réveilla la jeune femme. Les rayons du soleil lui chatouillaient le nez et ses narines frémissaient. Elle fut éblouie lorsqu'elle ouvrit les yeux mais elle ne put réprimer un léger sourire de satisfaction. Les longues semaines d'hiver avaient été un véritable calvaire pour elle. Seuls le mot et le chocolat apporté par son tendre Bobby lui avait réchauffé le cœur. Elle n'avait jamais eu aussi faim et aussi froid de toute sa vie. Alors lorsque la chaleur était revenue, lorsque le soleil avait décidé de réapparaître, elle s'était sentie reconnaissante. Le plus dur était passé. En se redressant, elle grimaça légèrement. Dormir à même le sol en pleine forêt et ce depuis des jours avait abîmé son dos et ses cervicales. Cachée sous un énorme rocher, elle avait positionné devant elle des branchages pour éviter qu'on ne la voit et ralentir les potentiels monstres qui tournaient dans les parages. Cette nuit avait été calme. Elle n'avait pas été réveillée par des pas lourds et des respirations gutturales. Elle en avait rêvé, cependant. Comme toutes les autres nuits. Elle avait rêvé de Kate aussi. Elle entendait son rire retentirent dans les rues désertes de Seattle. Ses cris hilares résonnaient, lézardaient les murs, roulaient sur le boulevard. Mais elle avait beau courir après ce rire, Kate restait introuvable. Peu à peu, les rires se transformaient en cris. D'abord elle ne comprit pas. Elle ne savait pas ce que cela voulait dire. Est-ce que Kate était en danger ? Et elle courrait en vain, elle s'essoufflait, transpirait sans que jamais elle ne découvre le visage de sa sœur et que les cris, à présent d'effroi, ne cessent. Et puis plus rien. C'est à cet instant qu'au coin d'une rue Kate apparut. Mais elle ne riait plus. Plus du tout même. Son visage blafard sans émotion s'approchait qu'elle. Les yeux exorbités, la mâchoire qui s'ouvrait et se fermait dans un claquement de dents. Ses pas étaient peu surs, elle semblait errer sans repères. Et derrière elle, une nuée d'autres monstres la suivaient comme une procession. Et puis la nuit s'alluma doucement et Abigail se réveilla.

Sa première pensée s'envola vers son seul et unique but : retrouver Bobby, Selene et les autres. Elle les avait quitté en décembre dernier, quand Juliane et Ziggy l'avaient chassée de chez ce dernier. Selene l'avait suivie, mais elles s'étaient perdues à cause du trop grand nombre de rôdeurs aux alentours. Au final, Abigail et Kate avaient dû se cacher dans un local à poubelle et c'est là que Kate perdit la vie. Abi lui promit dans un murmure vengeance et reprit la route pour la montagne dès qu'elle le put. Elle n'avait pas vraiment ressenti de tristesse lorsqu'elle entendit le dernier souffle de sa sœur et elle ne fut pas effrayée lorsqu'elle se transforma en monstre. Elle se contenta d'attacher pieds et mains de la défunte afin qu'elle ne fasse de mal à personne, sans se rendre compte de l'horreur de son geste. Lorsqu'elle fut seule, elle ne sentie toujours pas d'émotions. Du moins, pas celles qu'elle aurait dû ressentir, qu'elle avait pensé subir : toujours pas de tristesse, toujours pas de désespoir, de nostalgie, de souffrance. Seulement la haine. Seulement la colère. Seulement les nom de Juliane et Ziggy qui tournaient en boucle dans son esprit. Elle aiguisait son couteau tous les matins, si jamais elle avait la chance de les croiser. Mais en vain. Alors quand le printemps fut revenu, elle décida de les retrouver. Bobby lui avait parlé (lorsqu'ils étaient encore ensemble mais aussi dans un mot qu'il avait laissé pour elle à la tour d’observation) d'un refuge où ils devaient tous se rendre après Seattle. Elle décida alors de rassembler ce qui lui restait d'affaire et elle prit la route. Ce matin-là, elle se savait proche du lieu. Si la veille elle avait marché une heure de plus, elle l'aurait atteint. Mais elle avait pris peur. Aussi étrange que cela puisse paraître, sa haine s'était transformée en peur et elle n'avait pas pu faire un pas de plus. Mais ce matin la colère était à nouveau présente. Elle marcha les quelques kilomètres qui la séparaient de son paradis comme de son enfer. Elle entendit des voix. Elle n'eut pas de mal à reconnaître la voix grave et (elle le remarqua pour la première fois) même quelque peu suave. Elle s'approcha lentement. Elle ne voulait pas qu'on la voit. Elle entendit une voix féminine. Son cœur se serra et elle sentit son ventre se retourner. Est-ce que c'était Juliane ? Est-ce que Bobby continuait à l'apprécier même après ce qu'elle avait fait ? Entre deux branches, elle découvrit le visage enfantin de Selene. Son cœur se soulagea et elle ne put réprimer un léger sourire. Ils avaient l'air heureux... Et si elle venait tout détruire en revenant ? Soudain, des doutes l'assaillirent comme une nuée de chauve-souris. Elle se sentait piégée, au pied du mur et pourtant incapable de le franchir. Elle tentait de penser à sa vengeance, à sa sœur, mais la vision heureuse de Selene et Bobby faussait sa colère et sa haine. Elle serra les dents et les poings, les observa encore quelques instants puis fit demi-tour. Elle ne pouvait pas foutre en l'air cette sérénité, ce bonheur éphémère qu'offrait le moment. Elle s'enfonça à nouveau alors dans la forêt, d'un pas lent, les sourcils froncés. Elle ne savait pas si elle faisait le bon choix. Elle n'oubliait pas Juliane et Ziggy, mais elle refusait que Bobby et Selene sachent ce qu'elle leur avait fait. Elle préférait les avoir par surprise, discrètement, et qu'ils ne reviennent jamais sans que les autres ne sachent jamais ce qu'ils sont devenus. Elle ne voulait pas briser leur bonheur et elle ne voulait pas qu'ils soient témoin de sa fureur (si elle en est capable, un jour).

Soudainement elle se figea. Derrière elle, on avait crié son prénom. Son corps se raidit et son sang ne fit qu'un tour. Le rouge lui monta aux joues. Elle fit volte-face et elle découvrit, à quelques pas d'elle, son géant et son amie. Elle sentit ses jambes trembler. Au fond d'elle, quelque chose venait de renaître. Elle n'était plus seule.



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Bobby Smith
Lost Angels
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Jeu 26 Mai - 6:09


Le géant sourit de toute sa dentition mal alignée en regardant la ferveur et l’enthousiasme qui se dégageait de l’ange d’ivoire. La pianiste ressemblait presque à un jeune chiot qui découvrait un nouveau monde avec ses sens aiguisé. Quand elle semblait tourner en rond, l’empathique créature sentait un fond de frustration gagner l’éclat glaciale et si pur du regard de Selene, il vient se positionner tout près et il s’assit sur les talons. Même ainsi, le géant était presque à la hauteur de l’être divin. Regardant la trace, laisser par le cerf il y a au moins deux semaines au bas mots, il dit dans un murmures ou une admiration sincère perça le ton rocailleux de sa voix.

Robert- Euh… Très bien Selene… Euh… Si tu perds la trace, reviens à la dernière et prend la place de ce que tu suis… Euh… Tu as tout ton temps tu sais, l’autre sait pas que tu es là. C’est bien tu dis que l’animal est entre le plus petit du bois et le plus gros… Euh… C’est un cerf et il est gros en plus.

Ses épaules tressautèrent un peu et Bobby essaya de retenir l’éclosion d’un rire qui allait surement réduire à néant les espoirs de prise du jour. Mais sa soudaine hilarité fut anéanti par la découverte de celle qui avait pris la place de Rosalie dans le quotidien du colosse. Une empreinte de botte, menue et différente des bottes de Selene. À la question de savoir si cette marque de passage pouvait provenir d’une des dames du chalet, le géant ne répondit pas à l’instant. Déposant son genou près de la terre meuble et de l’arbuste intact, la main immense du golem de chair se déposa au sol pour comparer. Les yeux océaniques du mineur se baladèrent de gauche à droite pendant que le joyeux gazouillis des oiseaux charmait l’ouïe amoindrie de l’homme difforme. Au moins pour le duo disparate aucune aberration cannibale ne foulait cet étendue boisé en leur compagnie. Après quelques instants, hochant la tête pour supporter l’idée de la musicienne de pousser à l’avant leur exploration, le ton inquiet et les mots chargés d’une peur latente.

Robert- C’est pas Breann… Euh… Elle a le pied un peu plus large. Aorie à un talon à ses bottes et Flann n’a pas ce motif sous ses souliers… Euh… n homme vraiment maigre ou une dame selon moi… Euh… La personne va dans l’autre sens que le chalet. Il est passé il y a moins d’une heure… Euh… La trace n’a pas de rosée dedans. Si c’est un méchant on l’écrase ok?


En disant cela, le poing du géant se ferma en un boulet de canon organique formidable. Les jointures se blanchirent sous la coupure soudaine du flot sanguin et les yeux si doux du mastodonte s’enflammèrent sous l’effet de la rage qui le consumait lentement. La cicatrice sur sa joue droite, cadeau empoisonnée d’une traîtresse fanatique d’un dieu qui avait oublier ses fidèles pour les laisser se débattre dans une damnation empoissonné. Le gentil géant avait essayer de la ramener à la raison, de la convaincre que l’humanité devait s’entraider. Mais le résultat de la tentative fut sanglante…

Se levant, l’horrible visage balafré du géant était intransigeant. Maintenant que son oreille gauche n’était qu’un vague souvenir, la totalité de la chair emporter par une déflagration de pistolet. Le cartilage supérieur de la droite fut couper par la lame d’un couteau lors d’un autre combat pour la survie. Voyant une petite surprise se peigne sur le visage de porcelaine de son amie, il ajouta à voix basse pour ne pas alerté l’intrus.

Robert- Euh… Je me suis dit que je devais connaître les pas de ma famille pour les ramener à la maison si il se passe un truc…

Regardant loin devant, il vit une  petite branche cassé qui trahissait le trajet de l’étranger. Voyant la ligne parfaite, le colosse sut que ce n’était pas un charognard qui peuplait dorénavant la terre. Se levant prestement, le golem à l’armure de chaire rapiécer se mit en traque. Soufflant un peu de sa célérité, ses yeux devient si aiguisé qu’il voyait les traces minimes du passage de l’être humain qui avait passé par là. Il pensait que l’intrus pourrait faire du mal à sa famille d’adoption, à Breann. Retenant à grand peine un rugissement de colère, laissant l’adrénaline courir dans ses veines et distançant presque Selene qui devait courir pour maintenir la cadence des longues enjambés du colosse, celui-ci tassa des buissons devant lui. Une frêle silhouette marchait devant lui la tête basse. Celle-ci passa sa jambe droite par-dessus un tronc tomber au sol et un mouvement de la main, une manie pour tenir son équilibre, fit stopper abruptement le géant. L’ange de porcelaine pourrait lui entrer dans le dos suite à cet arrêt que Robert n’aurait pas senti la forme agréable entrer en contact avec sa corpulence repoussante.

Ce simple geste l’avait ramener brutalement trois mois en arrière. À l’époque que Juliane partageait la vie du mastodonte. Que son ange à la chevelure d’or avait accepter d’être près de lui. Souvent les deux être, un monstrueux et l’autre divin, se promenait dans les bois. Le golem de chair avait appris quelques techniques de traques et de camouflage à l’Irlandaise. Il ne put s’empêcher de sourire lors de leurs partie de cachettes impromptues et de leurs soirées à regarder le ciel étoilés. Il chantait pour consoler leurs âmes respectives et redonner le courage nécessaire pour affronter une autre journée d’enfer. Bobby se souvenait de toutes les mimiques, de toutes les facettes de l’âme d’Abigail et de son visage d’ange. Elle était si belle et si merveilleuse…

Les yeux exorbités, la mâchoire formant un « O » sous l’effet de la surprise, la laideur du monstre de foire s’était accentuer. Sentant la forme gracile de Selene se positionner près de lui, le géant leva une main immense et la déposa sur l’épaule de la pianiste. Comme pour s’assurer que son esprit lent ne lui jouait pas de tour. Un murmure, faisant écho d’espoir dans la forêt qui commençait à vivre, s’échappa de la bouche du mineur.

Robert- Abi…

Voyant la forme se retourner, un sourire grandiose et magnifique fit ressortir la joie et la bonté intérieur de Robert. Comme si le soleil venait subitement d’être éclipser par la radiance du bonheur enfantin qui se dégageait du géant difforme. Toute l’affection, la gentillesse et aussi l’amour que portait à l’irlandaise pouvait être aisément déchiffrer sur le visage si expressif. L’ange à la gentillesse infini avait maigri, ses joues s’étaient un peu creusé sous l’effet d’une disette involontaire. Les traits céleste de l’être lumineux était recouvert de saleté et de poussière, mais le regard océanique trouvait que c’était une perfection absolu. Avalant difficilement sa salive, il regarda la pianiste avec un doute dans les yeux bleutés si pures.

Robert- Abigail est vraiment là où je rêve encore Selene?

N’entendant pas tout à fait la réponse de l’ange d’ivoire, le géant fit un pas gigantisme vers la divine apparition. Celle-ci commençaient à chanceler sur ses jambes mal assuré. Tendant une main immense, rugueuse mais tendre et douce à la fois, Bobby retient la beauté blonde pour qu’elle ne chute pas au sol. Laissant sa gêne habituelle au oubliette, laissant tout ce maelstrom de sentiments merveilleux de ces retrouvailles inespéré l’emporter loin de cet univers sans merci, Robert prit délicatement la forme gracile dans ses bras énormes et réconfortant. Avisant un rocher où il pourrait installer confortablement son précieux fardeau, Bobby marcha quelques pas. Il aurait aimé  que cette courte marche avec son ange aux regard d’émeraudes dans ses bras dure l’infini. Celle-ci fut submerger par la tendresse, l’apaisement et l’affection presque surnaturelle de l’âme merveilleuse et si pure qui se cachait dans les tréfonds de l’être répugnant. Le battement de cœur cognait fortement dans la poitrine du golem de chair, tambour qui donnait la mesure de la bienveillance du colosse. Le mineur déposa à regret Abigail sur le rocher et aussitôt il sorti sa gourde pour lui ouvrir le liquide de la vie avec un sollicitude touchante.

Robert- Ça va Abi? Pas de bobo? J’ai pensé à toi chaque jour et j’espérais te revoir… Euh…

Les mots s’étouffèrent alors dans le trop plein d’émotion qui avait assaillit le cœur et l’âme du mastodonte durement éprouvés par cet instant de grâce…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Jeu 26 Mai - 17:17

Selene hocha silencieusement la tête quand Bobby proposa d’écraser un éventuel envahisseur malvenu. Certes, en cas de danger, ils n’auraient pas de nombreux autres choix, mais elle espérait ne pas avoir à prendre une vie. Pas aujourd’hui, pas quand elle retrouvait peu à peu un semblant de quiétude intérieure. Ça l’amusait que le géant ait examiné les marques que laissaient chacun des habitants du chalet, même si dans un sens, changer de chaussure suffirait à le berner.

La musicienne eut conscience que la leçon de traque était suspendue quand elle du accélérer le pas pour suivre son ami. Il repérait bien plus vite qu’elle les indices, quels qu’ils soient, et perçait à travers la forêt comme un golem en pleine charge. Gardant son arc armé, prête à tirer, elle regrettait toutefois de ne pas être en possession de son arbalète. Quand Bobby commençait presque à disparaître de sa vue, l’étudiante se mit à trottiner, suivant la piste avec la souplesse d’un chat sauvage. Elle, la fille des villes, cet endroit était devenue son monde.

Elle manqua de se heurter au colosse lorsqu’il s’arrêta net. Ils venaient de rattraper quelqu’un, une femme a priori, blonde. Selene banda immédiatement sa corde, prête à lancer une sommation, mais sa voix mourut dans sa gorge quand elle entendit le nom que venait de murmurer son ami. Elle ne pouvait y croire. Ça faisait des mois qu’elles s’étaient perdues de vue, fuyant le magasin de Ziggy, séparées par une petite meute de rôdeurs. A dire vraie, la musicienne n’y croyait plus. L’irlandaise s’inscrivait déjà à la liste des gens que l’apocalypse avait mis sur son sujet, et à qui elle souhait le meilleur. Alors là…

- Abigail ?

Elle s’était retournée. L’étudiante avait changé, affectée par l’hiver, la faim et l’errance. Elles ne s’étaient côtoyées que quelques heures, mais la pianiste la reconnut. La pointe de sa flèche s’abaissa, désignant le sol, ses yeux bleus s’écarquillèrent, sa bouche s’ouvrit mais ne laissait s’échapper aucun son. Selene était émue. Pas tellement parce qu’elles étaient proches, elles se connaissaient à peine, mais parce qu’après tout ce qu’ils avaient traversé, la blondinette était devenue le miracle qu’ils attendaient. La revoir vivante, c’était le signe que l’espoir existait encore, que la vie résistait… qu’un soleil succéderait à leur longue nuit. Kate n’était pas la, bien sûr…

Bobby s’avança pour accueillir son « ange » dans ses bras, la musicienne resta immobile. Chez le magicien, elle se souvenait avoir pensé qu’elle et Abigail se ressemblaient. Deux jeunes femmes aux émotions écorchées, que chacun prenait pour des poupées fragiles, mais qui étaient capables de survivre au pire. N’était-ce pas là la preuve ? Plus de six mois après le début de l’épidémie, elles respiraient encore, transformées – transcendées presque. La seule différence était qu’à bien la regarder, l’irlandaise ne semblait pas avoir eu la chance de bénéficier d’un toit et d’un repas régulier. Avec sa propreté et ses cheveux soigneusement coiffés, Selene devait passer pour un pastiche de survivante à cet instant.

- Tu nous as trouvé…, constata-t-elle dans un murmure en s’approchant du rocher sur lequel le géant avait déposé sa belle.

C’était sorti comme une évidence. Que ferait-elle d’autre dans les parages, sinon chercher le chalet ? Le hasard serait bien trop grand autrement – et Bobby devait avoir pris soin de lui parler de son « fameux » refuge. La musicienne avait envie de dire quelque chose, mais elle était encore tellement abasourdie que les questions se bousculaient dans son crâne et refusait de sortir. Dire qu’elle était joyeuse n’était pas exacte, ça c’était plutôt le cas du colosse qui retrouvait une amie ; non elle était plutôt… euphorique. Cette journée était symboliquement plus belle que les autres.

Un invité surprise fit craquer une branche à une dizaine de mètres de là. Une charogne solitaire, vêtue d’une robe à fleurs. Elle n’avait visiblement pas vu le trio et se dirigeait peut-être vers l’un des leurres sonores installés par leurs soins. Selene ne dirait pas non à un petit exercice en situation réelle. Bandant son arc, elle prit le temps de se rapprocher, se positionner, viser, et sa flèche fila droit pour transpercer le crâne du rôdeur. Satisfaite de son succès, la pianiste se tourna vers ses acolytes tout en avançant à reculons vers sa cible abattue – il fallait qu’elle récupère son trait.

- On sera plus tranquille pour discuter à la maison. Je… je pense qu’on a pas mal de choses à se raconter…


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MessageSujet: Re: La chasse est ouvert... feature Selene   Aujourd'hui à 3:02

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La chasse est ouvert... feature Selene

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