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 Make Me Believe Again

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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Jeu 19 Mai 2016 - 17:12

- Une petite poignée…

Sans qu’il ne le sache, les estimations d’Abel sur les rescapés humains étaient bien plus hautes que celles de Tamara. Ils étaient des millions dans l’Etat de Washington avant. Presque 7 millions si ses souvenirs étaient exacts. Même si les débuts de la pandémie ont été exponentiels, l’Homme était capable de s’adapter à une vitesse extraordinaire. Comptant les campagnes, les petits villages et les fermes isolées, qui offraient d'excellents refuges, sans doute des milliers de nord-américains étaient encore vivants, terrés, terrorisés. Le fait que quelques uns s’aventurent si loin des agglomérations était significatif. Si la jeune femme en avait vu, ça voulait dire qu’au moins le double passait sans être repéré. Rien que dans leur secteur. A la remarque sur son armement, il eut un petit sourire en affirmant :

- Cela va sans dire. Je sais un peu me servir d’un flingue. Juste pour l’auto défense. Sinon je dois pouvoir me débrouiller avec une lame… je tiens à mes doigts, j’ai pas l’intention de me les recasser tous les 6 mois.

Si tant est qu’il y avait encore six mois à passer ? Nourrir, eau, maladie, rôdeurs, ils étaient à la merci de nombreux fléaux, même dans leur camp haut perché. Abel voulait sortir oui, il voulait aider, mais ne comptait pas y aller à l’aveugle. Question de bon sens. Il n’était plus une jeune tête brûlée et devait veiller sur plus important que sa seule personne. Il embrassa brièvement Victoria du regard, admira l’innocence au fond de ses yeux qui avaient pourtant vus tant d’horreur, puis se rassit face à Tam.

- Tu es souvent sortie donc ? Est-ce que toi, ou tes amis, avez… disons une trace écrite des environs ? Une carte avec les endroits déjà fouillés, là où vous avez rencontré des gens, des planques en cas de pépin… n’importe quoi qui peut être intéressant sur l’extérieur.

Il doutait que ce qu’il demande n’ait un jour été réalisé, mais ça fallait le coup d’essayer. Surtout ce qui concernait les autres survivants. Étaient-ils de passage ? Avaient-ils un campement dans les parages ? Peut-être que ces gens ne « voulaient » pas rejoindre Evergreen, mais peut-être qu’ils le « devraient » ? Une sorte d'obligation universelle. Pourquoi les ressources devraient-elles être dispersées entre plusieurs communautés quand elles pouvaient tout partager ? L’union ne faisait-elle pas la force ? Le cinquantenaire se perdit dans ce genre de pensées. Est-ce qu’il ne viendrait pas un jour où le pillage d’autrui deviendrait plus rentable que le ratissage des épaves ? Il n’avait pas envie d’en venir là mais… il ferait n’importe quoi pour Victoria.

- J’aimerais bien être préparé si je sors, expliqua-t-il, savoir où me cacher si j’ai un souci, savoir où j’ai de meilleures chances de ne pas rentrer bredouilles, où je risque le moins de faire de mauvaises rencontres, …

En réfléchissant, il faisait machinalement passer plusieurs fois sa langue sur le bord intérieur de ses lèvres. Il entrevoyait déjà des plans, des procédés, des limites qu’il s’imposerait. Restait à savoir s’il sortirait seul et si non, qui l’accompagnerait. Si jamais il devait un jour en venir à détrousser d’autres malheureux survivants, il n’était pas certain de pouvoir partager ce secret avec n’importe qui. Retrouvant son sourire, il ajouta en regardant sa fille :

- J’aurais été ravi que tu m’accompagnes mais pour l’instant, je ne pense pas la confier à quelqu’un d’autre que toi. Il enchaîna à l’adresse de la gamine après avoir capté son attention, « tu veux bien passer un peu de temps avec Tam, n’est-ce pas ? ». Ce à quoi elle répondit en hochant vivement la tête, biensûr.


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Tamara C. Kroeger
Tam Capone
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Ven 20 Mai 2016 - 15:12

J’étais vaguement rassuré à l’idée qu’il pense à s’armer. Ce n’est pas parce qu’une chose arrive une fois que ça en devient une habitude, mais sait-on jamais. La survie n’avait forcé les gens à se défendre et souvent on ne sait pas trop comment faire alors on tape fort sans vraiment se soucier de demain, l’adrénaline forçant tout le monde à se dépasser. N’importe quoi pouvait à présent servir d’arme, mais les armes à feu étaient bien plus efficaces, mais je ne les aimais pas vraiment. Je faisais de mon mieux pour éviter d’avoir à m’en servir. Je savais qu’il y avait des armes à feu qui avaient été récupérées par les gens à Century, il pourrait très facilement s’en procurer une pour sortir.

- Tant mieux, tu es presque guéri en plus ? Ça serait dommage de remettre ça. Je pense que tu pourras avoir ce qu’il te faut en t’adressant à Arthur ou Ethan. Après la dernière mission que j’ai faite avec eux, c’est un peu tendu, mais ils ne devraient pas avoir de souci avec toi. Ils t’apprendront ce qu’ils savent.

L’un était militaire, l’autre agent du FBI. C’était parfait pour apprendre à quelqu’un à se défendre. J’affichais un petit sourire à Abel. Il s’était contenté de se faire discret jusqu’à présent. Faire un pas dehors serait sans doute une démarche un peu compliquée, mais il fallait bien commencer quelques parts. J’étais déjà sorti à plusieurs reprises que ce soit seul ou avec Dante. L’idéal c’était de partir avec des gens sur qui on était prêt à mettre nos vies entre leurs mains. C’est ce qui peut faire la différence entre la vie et la mort. Parfois, c’est même des petits détails qui nous mettent en danger.

- Je ne sais pas. Peut-être que Gary à une telle chose, mais rien de bien sûr. Pour ma part, j’ai bien une carte de la région, mais je ne note pas grand-chose dessus. Cependant, c’est vrai que ton idée est bonne. On devrait en mettre une dans la salle commune pour que tout le monde y ait accès. Tout ce que je sais, c’est que les bâtiments proches ont tous été scrupuleusement nettoyés.

Il s’agissait d’une des premières actions qu’avaient faites les plus résistants d’entre nous en arrivant ici. Nous ne pouvions prendre le risque de nous faire attaquer alors qu’on se remettait à peine des aventures dans les stades. Je m’étais contenté de prendre d’assaut la cuisine puis d’aller dormir. Je souriais en disant qu’il aurait aimé m’avoir à ses côtés.

- Un jour, peut-être. Tu sais, il y a d’excellentes mamans parmi nous, elles sont certainement bien plus capables que moi pour s’occuper de Victoria.

Je savais qu’elle comprenait ce que je disais, mais j’étais réaliste, je n’avais pas vraiment d’expérience dans le domaine, cependant, c’était presque une vocation. J’aimais bien les enfants et ils m’appréciaient en retour. Je faisais de mon mieux pour leurs apporter de l’attention et de l’amusement. En contre parti, j’avais le droit à leur innocence, ce qui était pour moi le plus beau des cadeaux.

- Tu peux compter sur moi, on fera du coloriage, des soirées pyjama, de la couture et je lui montrerais même mes tatouages, un super programme en prévision.

Je ponctuais ma phrase en direction de la petite qui était déjà enchantée rien qu’à la dernière proposition de ma phrase. Si je devais, lui expliquait la signification de chacun, nous n’étions clairement pas couchés avant un long moment. Papa ne serait peut-être pas très content, mais j’étais prête à parier que Victoria ne trouverait pas le sommeil en sachant que son père est dehors en train de jouer sa vie. Je ressentais la même chose lorsque je ne savais pas où était Dante. Je ne pouvais pas réellement comparer avec mes parents puisque je n’en avais pas.

- J’ai une question un peu bête, mais je me dois de la poser. Tu parlais déjà le langage des signes avant la naissance de Victoria ?

Je ne savais pas vraiment si c’était quelques choses de génétique ou non, mais c’était quelques choses qui me titillaient. Il devait avoir une pression monstre pour apprendre le plus rapidement possible.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Ven 20 Mai 2016 - 17:26

Abel était ravi de savoir que Tamara accepterait de veiller sur sa fille de temps à autre. Il rit à l’évocation de leurs activités et garda une petite plaisanterie pour lui : si par « d’excellentes maman » la vendeuse pensait à des femmes plus âgées, ce serait peut-être lui qui en aurait besoin. Avec le recul, c’était un peu bizarre de se dire que la dernière partenaire qu’il avait connu, c’était une de ses relations professionnelles. Il en avait oublié son nom mais se souvenait que ça rimait avec « Lily ».

Une aventure éphémère, éclair même. S’il avait su que le monde touchait à sa fin, est-ce qu’il aurait accordé plus d’importance à ces instants volés ? Quels éléments lui restait-il d’elle ? Sa beauté et son élégance déjà. Son assurance aussi. Le cinquantenaire avait rarement autant bataillé pour signer un contrat. Pourquoi toutes les « dernières fois » se teignaient-elles d’autant de nostalgie… Tam le tira de sa mémoire pour une question complètement différente. S’il connaissait la langue des signes ? Un sourire un peu triste étira le coin de ses lèvres quand il commença à se confier :

- Oh non, non. Je n’en avais jamais eu l’utilité, ni mon ex-femme. On a commencé à s’y mettre dès qu’on a appris que Victoria n’entendait pas et n’entendrait certainement jamais. Les médecins nous avait un peu embrouillés dans leur baratin, expliqua Abel en mimant une spirale qui s’envole d’un index, que ça pouvait être neurosensorielle, sans doute un gêne récessif chez moi et Lily qui s’exprimait chez Victoria, peut-être une infection pendant la grossesse, peut-être une malformation… le résultat est le même.

Il s’en souvenait comme si c’était hier. Ces jours à attendre l’espoir, à ne souhaiter que quelques mots rassurants, qu’un docteur leur dise enfin que ce n’était rien, que le trouble de leur fille était bénin. Mais non seulement il ne l’était pas et en plus, il était incurable. Abel n’accuserait pas son ex-femme de l’avoir mal pris, juste… d’avoir eu du mal à l’assimiler. Les plans qu’ils s’étaient imaginés avec cet enfant ne pourraient pas tous être réalisés. Ceux qui n’étaient pas avortés étaient transformés, adaptés. Le cinquantenaire se souvint l’avoir aimée plus encore, comme si son handicap la rendait encore plus importante à ses yeux. Il avait bien l’intention qu’elle ait une belle vie, qu’elle réussisse. Au moins, dans son monde de silence, on n’entendait pas leur espèce agoniser…

- Ça n’a pas dû être facile pour Victoria puisqu’elle n’avait jamais entendu les sons, donc tous devait passer par l’écrit. A force de nous voir écrire et signer ce qu’on voulait lui dire, elle a même fini par savoir aussi déchiffrer directement sur nos lèvres. Elle ne comprendra pas tout mais… elle est maligne.

Il regarda la concernée avec tendresse et lui pinça délicatement une joue. Immédiatement, elle lui demanda : « Tu parles de moi ? », ce à quoi son père répondit : « Oui. Je lui raconte quelle sale gosse tu es. Finalement, elle ne sait pas si elle pourra s’occuper de toi. ». Il éclata de rire en voyant l’air outré de la gamine. Ses petits yeux noisettes renvoyaient de vrais éclair de petit bout de femme, transcendant sa timidité habituelle, et elle se tourna vers son aînée pour lui signer : « Ne l’écoute pas, c’est pas vrai. Le crois pas ». Abel riait toujours quand il lui dit sans un mot « je plaisantais, ne t’en fais pas ». Pour tout argument final, Victoria tira la langue, plaqua ses pouces contre ses tempes et agita les doigts avant d’être contaminée par l’hilarité de son vieux.

- Ça, ce n’était pas un signe, commenta ce dernier à Tamara d’un ton farceur, c’était simplement une grimace.

Sa fille essaya de se venger en le chatouillant et se heurta, comme à chaque fois, à l’impassibilité du cinquantenaire qui y était totalement insensible. Reprenant la conversation d’un air sérieux comme s’il était pas du tout en train de subir l’assaut d’une gamine de 10 ans, il avait un air presque grave en demandant :

- Si jamais… elle te parle de sa mère, tu pourrais me dire ce qu’elle te raconte ? Elle n’ose plus m’en parler depuis… depuis Century, mais je sais que ça la travaille.

Très exactement, la petite n’osait plus aborder le sujet depuis qu’Abel avait fondu en larme lorsqu’elle avait posé la question. Il avait cédé sous la pression, tout juste échappé de la boucherie du stade et de la rudesse de l’hiver. Ça allait mieux aujourd’hui et pourtant, il espérait encore un jour voir Lily passer la porte du stade, vivante et inchangée.


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Sam 21 Mai 2016 - 0:34

J’étais peut-être un peu sotte de penser qu’il maitrisait le langage des signes bien avant la naissance de sa fille, mais je m’étais dit qu’il y avait peut-être eu des cas similaires dans sa famille. Alors je me contentais d’écouter les informations sur son passé qu’il était en train de me donner. Ainsi j’appris qu’il n’était plus marié avec la femme qui a mis au monde Victoria. Il parlait de son ex-femme et non de son ancienne femme ce qui implique qu’elle était partie du domicile conjugal et qu’ils s’étaient séparés. Elle avait donc laissé la garde de l’enfant à son père et c’était dû au hasard s’il l’avait avec lui à ce moment-là ? Je n’avais pas de réponse à cette question et il était encore trop tôt pour le demander. Cependant, vu l’amour qu’il portait à sa fille, ça ne m’étonnerait pas que ce soit lui qui est la garde permanente.

Il n’avait pas vraiment de me donner tous les détails, je n’en demandais pas tant que ça. En tout cas, les petits détails qu’il me donnait permettaient de construire un peu plus le puzzle de sa vie. J’aimais bien chercher des informations sur les gens qui m’entouraient. Souvent je posais des questions indiscrètes tout en faisant de mon mieux pour évider les leurs. Ce n’était pas toujours facile, mais avec assez d’entrainement on finit par s’en sortir. Je souriais alors qu’il m’expliquait que Victoria était plutôt maligne. Il fallait bien qu'elle pâlisse à sa surdité d’une autre façon. Je l’aimais vraiment bien cette petite.

- Les médecins sont très doué avec les hypothèses, mais dès qu’il est question d’être formel c’est tout de suite un peu plus dur. Je comprends, tout n’a pas dû être facile, mais ainsi va la vie. J’ai l’impression que rien ne vase en ce moment de toute façon et que ça va pas forcément en s’arrangeant.


Je ne dis rien de plus alors que la petite décida d’intervenir dans la conversation. Visiblement, elle avait bien compris qu’on parlait d’elle. Je n’arrivais pas à retenir un petit éclat de rire alors que je crus comprendre qu’Abel était en train de lui dire qu’elle était une sale gosse. J’étais persuadé qu’elle n’était pas dupe et qu’elle se doutait bien que ce n’était pas le cas. Mais je ne pouvais pas savoir tout ce qu’elle était capable de comprendre. L’échange se termina par une magnifique grimace de la petite à son père. C’est vrai qu’elle n’avait pas d’autre moyen d’expression que son visage et même ainsi je la trouvais pour le moins attendrissante.

- Merci, j’aurais essayé de l’interpréter autrement. Je suppose qu’on finit par faire la différence avec l’expérience. En tout cas, elle est taquine, ça fait plaisir à voir. Je ne parlerais même pas de votre complicité.

J’étais étonné de voir le père impassible devant les chatouilles, tant qu’elle ne s’en prenait pas à moi tout aller bien. J’étais bien trop réceptive à ce genre d’assaut. Il me parlait alors de son inquiétude vis-à-vis de la petite et de sa mère. Est-ce que je devais comprendre qu’il aimait encore son ex-femme ? Je lui laisserais le bénéfice du doute encore, il s’inquiétait simplement de l’avenir de sa petite. C’est difficile de perdre un parent et encore plus d’en parler.

- Promis, tu peux compter sur moi, j’essayerais de lui en faire parler de façon détourner s’il le faut. Tu sais, souvent c’est plus facile de parler à quelqu’un d’extérieur.


Mon expérience des jeux vidéo était en train de parler, c’est toujours plus facile de parler à quelqu’un que l’on connaît moins et qui ne vous jugera pas dès qu’on avait le dos tourné. Je regardais la petite une nouvelle fois. Elle semblait pourtant avoir assez confiance en son père. Cette histoire ne me regardait pas vraiment en réalité. Je ne sais même pas pourquoi je continuais à grappiller les informations. J’ajoutais alors une dernière question à moitié contre ma volonté.

- Y a des choses particulières que je dois savoir pour éviter les bourdes ?

Je ne savais pas trop quel type d’information, j’allais recevoir. Je ne m’attendais pas vraiment au pire, mais ça pouvait aller du remariage à un manque d’attention. Enfin, je voulais en savoir le maximum pour éviter de me retrouver avec une petite fille en larme disant qu’elle me déteste avec ses mains.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Mar 24 Mai 2016 - 9:53

Abel acquiesça quand Tam lui proposa d’essayer de délier la langue de Victoria. Façon de parler d’ailleurs. Est-ce qu’il y avait des sujets à ne pas aborder ? Dans l’absolu, pas spécialement. En vérité, c’était lui qui redoutait certaines discussions. La petite, elle, s’était bien plus adaptée à la rupture qui avait scindée leurs vies en deux époques.

- Évite peut-être de trop insister sur le passé, tout bêtement, répondit-il, et… ne pas faire de comparaison papa/maman mais ça, je pense que c’est valable dans tous les cas.

Même si encore une fois, n’était-ce pas pour lui que c’était le plus difficile ? Lily lui avait déjà rapporté, une fois, que leur fille avait clairement signifié qu’elle préférait sa vie chez Abel ; que sa mère n’était pas assez « amusante ». Sur le coup, la concernée l’avait incendiée. Furieuse, elle était persuadée que son ex-mari dressait Victoria contre elle. Le cinquantenaire n’avait jamais eu le temps de rétorquer quoique ce soit puisque Lily avait raccroché juste après sa diatribe. Avec le recul, il regrettait même la douleur qu’il avait ressenti à cet instant, parce qu’elle était mille fois plus douce que ce qu’il endurait depuis le début de l‘automne dernier. Oh certes, il avait été flatté de savoir que la petite adorait vivre avec lui mais… il ne supportait pas l’idée que la femme qu’il aimait soit malheureuse, encore moins quand elle pensait que c’était de sa faute.

Maintenant qu’il y songeait, ils n’en avaient jamais reparlé. Il avait cru sentir que Lily était désolée, il l’avait déchiffré dans sa voix quelques jours après, mais elle n’avait pas été au bout de l’aveu. Victoria ne s’était jamais excuser non plus, pourquoi l’aurait-elle fait ? Les enfants étaient ainsi. Ils ne fonctionnaient que par préférence, avec des critères aussi diverses qu’éphémère. Aujourd’hui, peut-être qu’elle aurait préféré vivre la fin de l’humanité avec sa mère et ça… Abel n’avait sans doute pas envie de l’entendre.

- Tu n’es pas obligée de creuser hein, rectifia-t-il finalement, simplement l’encourager un peu si tu sens qu’elle veut en parler.

Il sourit et ses yeux se tournèrent vers la fenêtre. Il faisait encore beau, mais il savait que la journée était bien avancée. Les informations données par Tam n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd, il comptait bien s’en servir : Gary, Arthur, Ethan. Il ne les avait que vaguement croisés, ce serait peut-être le moment de faire un peu plus connaissance. Outre pour simplement organiser ses propres sorties, Abel voulait se tenir au plus près possible de la source, savoir quelle direction prenait leur refuge. Demain. Il verrait ça demain. Pour l’instant, il flânait peut-être depuis un peu trop longtemps. Il tapa donc dans ses mains pour les frotter l’une contre l’autre et déclara :

- Merci encore pour le Brownie en tout cas. Il faut le finir pour faire disparaître les preuves ou bien tu peux le ramener en cuisine ? En tout cas s’il fallait pousser le crime jusqu’à éliminer le corps, il ne se ferait pas prier, est-ce que tu penses qu’ils ont besoin de nous quelque part ? J’irais bien m’occuper un peu.

Avant même d’avoir une réponse, il était sur pieds. Autant il était opportuniste et se targuait de savoir reconnaître les bonnes occasions, autant le cinquantenaire ne pouvait être accusé de fainéantise. C’était bien trop dur pour lui de rester à ne rien faire, même en excellente compagnie. Dans le pire des cas, peut-être pourraient-ils simplement prendre un peu l’air ? Sans quitter l’espace sécurisé bien sûr, il n’était question que de voir un peu le soleil avant qu’il ne disparaisse derrière les montagnes.

- Tu pourras toujours m’en dire un peu plus sur toi ? Suggéra-t-il malicieusement, je ne sais pas grand-chose à part que tu aimes les jeux vidéos et… tu étais vendeuse, c’est ça ?

Il la trouvait jolie aussi mais ça, il ne le dirait pas. Tam pourrait être sa fille, alors il ne tenait pas que ses propos paraissent déplacés et la mettent mal à l’aise.


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Mar 24 Mai 2016 - 12:45

Je hochais la tête quand il me donnait quelques informations sur Victoria, mais pour le moment ce qu’il me disait me paraissait tout simplement évident. Je n’avais pas vraiment l’intention d’insister, c’était la meilleure façon pour que quelqu’un se ferme. Ce qui n’était pas du tout mon but, je ne voulais pas la transformer en une huitre coincée dans sa coquille.

- Oui, des trucs simples dont je n’aurais pas parlé de toute façon. J’ai eu quelque connaissance aux parents divorcée donc j’ai appris doucement à marcher sur des œufs avec eux.

Chacun à sa façon de réagir concernant des événements aussi personnels. De plus, c’était bien plus compliqué de prédire les réactions d’une enfant muette bloquée en plein milieu d’une apocalypse. Je sentais qu’Abel aimait beaucoup ça petite et c’est ce qui me donnait envie de l’aider. Je sentais qu’il y avait eu des tensions entre lui et son ex-femme, c’est toujours le cas dans un divorce de toute façon. Cependant, je n’étais pas vraiment bien placé pour le juger, je n’avais jamais été capable de maintenir une relation, alors le mariage je n’en avais simplement jamais entendu parlé. Je souriais lorsqu’il rectifia mes propos.

- Je sais qu’on n’a pas l’impression comme ça, mais j’ai du tact au fond de moi. J’avoue, je ne m’en sers pas toujours avec les adultes, mais je fais bien plus attention avec les enfants.

Je partais du principe que les adultes étaient bien plus prêt à encaisser ce que j’avais à dire et que pour ça rentre, il fallait que ce soit parfaitement clair et direct et puis je n’aimais pas vraiment tourner autour du pot pendant deux ans. Alors que les enfants avaient besoin de bien plus de délicatesse et de volupté. Ce que je savais également faire à la perfection même si c’était bien plus rare à voir. J’aimais beaucoup jouer avec les mots et savoir manipuler les gens. Cependant, j’avais arrêté d’utiliser cet art depuis que nous étions prisonniers d’un stade et maintenant d’un chalet. Je voulais être quelqu’un de droit et d’intègre contrairement à ce que j’étais avant. Abel m’interpela pour le Brownie, si je le ramenais ainsi à la cuisine ce ne serait pas très judicieux.

- Tu n’as qu’à le garder et j’irais jeter les emballages plus loin lors d’une expédition, en plus j’ai bien l’impression qu’il fait plutôt plaisir à Victoria.


J’avais signé quelques mots pour lui demander si elle voulait garder le gâteau pour le manger plus tard. Aujourd’hui on s’était déjà bien régalé et il fallait comme d’habitude penser à demain. Abel demandait alors s’il pouvait se rendre utiles quelques parts, je ne trouvais pas vraiment d’idée à lui soumettre, mais il avait besoin de bouger, on pouvait commencer par faire un tour autour du chalet. Je pourrais lui indiquer les différents endroits qu’on a déjà visités se trouvant à l’horizon.

- Je t’avoue que la comme ça, je ne vois pas. Si tu veux on peut tout de même se dégourdir, les jambes et je tacherais de parler de toi autour de moi pour te trouver un truc.

Mine de rien connaitre tout le monde avait des avantages plutôt intéressants au sein du chalet. J’avais de la tchatche et c’était important de connaitre tout le monde. L’homme me demanda alors des informations sur moi, autre que les classiques que je fournissais à tout le monde. Je restais interdite un petit peu ne sachant pas quoi répondre.

- D’accord, mais ça dépend de toi, tu veux des infos sur ma vie à Seattle ou à Toronto et tu veux des détails plutôt intéressants de ma vie ou des débilités que j’ai faites par le passé. Et oui j’étais vendeuse, du moins c’était le dernier boulot connu que j’avais. J’ai fait à peu près tout ce qui est possible pour avoir de l’argent…

Y compris du strip-tease et de la prostitution. Enfin ce n’est pas le genre de truc que je gueulerais sur tous les toits. Même Kass n’était pas au courant, même si je savais au fond de moi, qu’un jour nous devrions bien lui dire. Est-ce que je devais en parler à Abel ? Je ne le connaissais même pas. Je ne savais pas quoi faire et puis parler de ma sexualité le mettrais sans doute mal à l’aise en y réfléchissant un peu plus.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Ven 27 Mai 2016 - 0:13

Bien évidemment, Victoria était parfaitement contente de pouvoir garder le brownie. Un tel plaisir, c’était un peu Noël avant l’heure – si t’en est que cette date avait encore un sens. Abel de son côté, était plutôt déçu qu’aucune occupation ne puissent lui être proposé de suite. Il finira bien par trouver, il n’y avait jamais trop à faire dans une grande maison où cinquante personnes vivaient h24. En attendant, se dégourdir les jambes était une excellente suggestion. Dans le peu de vêtements que possédait le cinquantenaire, il dégota une veste de demi-saison qu’il enfila par-dessus sa chemise écossaise rouge-blanc-noir. Tout en confiant son manteau à Victoria, il répondit :

- Les « débilités » sont aussi intéressantes que le reste quand tu cherches à connaître quelqu’un. Surtout que tu as quoi… 27-28 ans ? Tu parles comme si tu avais le double. Ta vie a dû être bien remplie avant que tu ne décides que ton avenir se trouvait dans un chalet en montagne.

Il eut un petit sourire et fouilla dans ses affaires pour sortir du fond de son sac un couteau-papillon impeccablement nettoyé. Il n’avait pas relevé quand Tam avait supposé qu’il n’avait même pas une lame pour parer aux urgences mais la vérité, c’était qu’Abel n’osait pas l’emporter avec lui. L’avoir dans sa poche, c’était comme admettre que le danger était omniprésent et que chaque instant n’était qu’à quelques secondes d’un drame. Ce couteau, il l’avait ramassé dans le chaos de Century, couvert de sang, presque arraché des mains d’un cadavre frais. Au lieu de s’en servir, il l’avait gardé, lavé et caché. Aujourd’hui c’était différent. Il comprenait que nier le risque ce n’était pas le diminuer, c’était le nourrir. Il déplia et replia la lame dans un claquement métallique, d’un air faussement habile, et corrigea avec retardement :

- Au fait tu vois que je sors accompagné maintenant. Ne t’inquiète plus pour mes mains.

Dans le couloir, l’ancien agent croisa des visages qu’il ne retint même pas. A la droite de sa fille, la vendeuse était à sa gauche, son esprit galvaudait à la recherche d’un endroit à découvrir. Il avait vite fait le tour du bâtiment principal rustique d’une simplicité presque austère. Il voulait voir autre chose, repousser un peu ses limites. La station avait été nettoyée, non ? Même si le printemps était revenu, les monstres ne pouvaient pas déjà les avoir retrouvés. Il devait encore rester suffisamment de viande fraîche dans les plaines pour que les montagnes deviennent un terrain de chasse intéressant et rentable.

- Tu crois qu’on pourrait faire un tour aux boutiques abandonnées dehors ? Je suppose que tout ce qui est utile a déjà été récupéré, mais ce qui ne l’est pas est resté là-bas, non ? J’sais pas, expliqua Abel avec un sourire en coin, des cartes postales, des bijoux, des boules à neige, des mugs avec écrit « I love New York » dessus… n’importe quoi. On pourrait refaire notre déco tiens, t’en as pas marre que toutes nos chambres se ressemblent ? Si on doit vivre ici encore plusieurs mois, on pourrait au moins faire semblant de s’installer.

C’était vrai quoi, ils habitaient à quelques mètres de temples de la futilité. Certes, ils avaient besoin de manger, de dormir et de se soigner, mais après ? S’ils n’égayaient pas leur quotidien, ils seraient tous mort avant l’année suivante. Pas de faim, ni de froid, ni de maladie, mais de dépression. Avec un peu de chance, ils trouveraient bien un jeu de carte tiens. En l’absence de son ami Dan-T, il devait certainement être le roi du poker. Quelques distraction, ça pourrait leur permettre de différencier leurs soirées qui se ressemblaient toutes à peu de choses près. L’idéal serait de dénicher un Monopoly. D’ici à ce qu’ils finissent la partie, l’épidémie sera finie et ils pourront espérer reprendre une vie normale.

- Au fait, je n’ai pas oublié, reprit Abel, je ne veux pas être indiscret, alors commence par me parler de quelques choses de ton choix. Ton dernier boulot, ça ? Ça se passait bien ? Qu’est-ce que tu vendais d’ailleurs ? J’ai les jeux-vidéos en tête, mais peut-être que je me trompe.


♪ Depuis la nuit des temps ne voyez-vous pas que les troupeaux meurent. ♪
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