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 Make Me Believe Again

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Tamara C. Kroeger
Tam Capone
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MessageSujet: Make Me Believe Again   Ven 13 Mai 2016 - 22:35

Je suis installé dans un des fauteuils de la salle commune. Je les aime bien, ils ont beau être usés à cause de leurs longues années d’utilité, je les trouve particulièrement confortables. Peut-être que je me fais amadouer parce qu’ils sont rouges, enfin ce n’est pas vraiment un détail important. Je suis en train de somnolé, alors que tout le monde parle autour de moi. J’aime bien être entouré de personnes qui parlent, je sais que si elles sont capables de prononcer des sons et bien ce ne sont pas des mobs. J’ai presque honte de ce raccourci vraiment radical que je viens de faire. Après un long bâillement, je laisse mes oreilles trainer. J’écoute ce qui se passe sans vraiment suivre, rien de ce que j’entends ne m’intéresse réellement. Il faut dire aussi que dans mon état je m’en fous presque de tout.

Nous sommes en début d’après-midi, j’ai fini de faire la vaisselle il y a quelques minutes avec l’aide de Rebecca. J’ai bien le droit à une petite pose, faire le clown à longueur de temps ce n’est pas de tout repos, je peux vous l’assurer. Je ne sais pas vraiment ce que je vais faire de ma journée, mais je suis bien décidé à trouver quelques choses. Rester assise ici et somnoler ce n’est vraiment pas mon truc. Je suis quelqu’un d’action, avec un sourire sur les lèvres et de la bonne humeur dans mon cœur. Je me mets un vague coup de pied au cul, enfin de façon imagée, parce que sinon c’est un peu compliqué et m’étire tel un chat. J’entends certaines de mes articulations craquer, ça arrive de plus en plus souvent en ce moment, je crois qu’il va falloir que je me demande sérieusement quel âge j’ai.

Je me sens presque tout rabougri alors que j’ai juste trente ans, qu’est-ce que ce sera quand j’en aurai quarante ? Rien que cette idée j’en ai froid dans le dos. Vieillir me fait peur faut croire. En même temps il y a plein d’acteurs trop canon de cet âge-là, mais des actrices tout de suite c’est bien plus compliqué… Alors que j’étais perdu dans mes pensées, mes jambes avaient marché toutes seules jusqu’à la chambre de la petite famille Underwood. Je regardais la porte un instant. Je ne pouvais pas venir les mains vides, ce n’était pas très correct. Je fis rapidement demi-tour. Je passe dans ma chambre récupérée mon sac à main avant de partir en mode commando dans la cuisine.

Si on me demande pourquoi j’ai mon sac, je répondrais que c’est ma période, ça marchait quand j’étais au lycée… Enfin personne ne m’arrêta en cours de route donc ce n’était pas plus mal. Je ferme rapidement la porte derrière moi. Je prends mon souffle un instant et fouille dans les réserves, il me semblait avoir vu un brownie ce qui était parfait pour les quatre heures qui arriverais bientôt. Je mets la main également sur une canette de coca. Elle devrait certainement faire plaisir à Victoria. Je ne lui avais jamais posé la question, mais je la déposais dans mon sac. Je sortais discrètement de la cuisine une fois mon méfait accompli pour retourner de là ou je venais.

Une fois devant la porte, je frappais à la porte avant de rentrer. Je ne savais pas si Abel était là et je savais que sa fille ne pourrait m’entendre. C’était un peu sauvage, mais bon c’était ma façon d’agir. J’affichais un sourire amical alors que j’avais l’attention de la petite famille. Je fis de mon mieux pour signer tout en parlant, ça m’aidait à me rappeler des mots à utiliser.

- Bonjour, je ne vous dérange pas ? J’apporte le gouter ! Est-ce que ça vous dit ?

Sans vraiment attendre de réponse, je me mets à fouiller dans mon sac tout en fixant Victoria pour être sûr de ne pas louper ses paroles. Je finis par sortir miraculeusement le brownie. Je n’avais pas pris de couteau, mais la dague que j’avais à la ceinture pourrait largement remplir cette fonction.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Ven 13 Mai 2016 - 23:57

« Ah oui, tu es sûre de ce que tu dis ? » venaient de demander les mains d’Abel. Il souriait et sa fille lui rendit avec les yeux plein de détermination. Ça faisait bien longtemps qu’il ne l’avait pas vu comme ça. Elle était timide certes, réservée même, mais généralement, pas avec lui. Depuis Century, Victoria était restée recroquevillé dans sa coquille. Ça ne faisait que quelques jours qu’ils recommençaient à partager énormément, comme si le printemps ne faisait pas fondre que la neige, mais aussi les cristaux de terreur qui les paralysaient jusqu’à lors. « Oh oui ! » Répondit la petite à toute vitesse. « Je trouve que c’est joli. Je pourrais m’en faire plus tard ». Plus tard… il n’y avait rien de plus magnifique que l’innocence des enfants. Eux qui parvenaient encore à croire que le monde reviendrait à la normale quand les adultes refusaient de se bercer d’illusions. « On verra, ma chérie » signa Abel pour éviter d’aborder la dure réalité. Il contrebalança sa réponse avec un petit clin d’œil et se retint de justesse de demander si elle pensait parler de son projet à sa mère. L’avantage des mains qui laissaient plus difficilement échapper les pensées que les mots.

Depuis qu’ils étaient à Evergreen, les deux Underwoord avaient réussi à avoir une chambre pour eux. Ils étaient légèrement en sous-nombre par rapport à la capacité des chambres, alors ils s’étaient repliés dans une pièce à deux lits. Le cinquantenaire n’avait jamais avoué qu’il craignait surtout que s’ils dormaient en compagnie d’autres survivants, ces derniers nedécèdent dans leur sommeil et se réveillent pour dévorer Victoria. Une peur stupide mais viscérale.  

« Tu recommences à faire les bons signes. » fit la brunette avec un sourire taquin, ce à quoi son père répondit en pliant et dépliant plusieurs fois les doigts. N’étant plus tout jeune, certainement pas aidé par le manque de moyens médicaux et le froid, l’ancien agent avait mis longtemps avant de retrouver l’usage de sa main cassée. C’était devenu compliqué de discuter avec la gamine qui, à défaut d’autre chose, lisait généralement sur ses lèvres. Aujourd’hui, il avait encore quelques raideurs, mais ça passerait vite. « C’est pas bien de se moquer de son père » rétorqua Abel au moment où on frappait à la porte. Il eut à peine le temps de se lever que quelqu’un entrait. C’était Tam. La « fameuse » Tam ! Le cinquantenaire eut un coup d’œil complice avec Victoria qui éclata de rire.

- Tu ne nous déranges pas non, assura Abel avec un sourire, surtout s’il est question de goûter. « Pas vrai », ajouta-t-il à l’intention de sa fille qui acquiesça énergiquement.

Ils vivaient avec une cinquantaine d’autres personnes, partageaient des douches communes, mangeaient ensembles… alors après presque quatre mois, il ne se formaliserait pas de quelqu’un qui s’invite amicalement. En plus, l’ancien agent était sincèrement touché de voir la jeune femme signer pour que la petite puisse comprendre. Elle n’avait pas l’occasion de discuter avec beaucoup de monde et justement…

- Mais tiens, tiens, assieds-toi ! Il lissa ses draps à la va-vite et invita la vendeuse à prendre place, justement Victoria était en train de me dire qu’elle aimait beaucoup tes tatouages. Elle aimerait pouvoir en faire aussi quand elle sera plus grande.

La concernée fit les gros yeux. A toute vitesse, ses mains lui reprochèrent « Mais arrête, t’es pas obligé de tout cafter », ce qui, bien sûr, amusa encore plus son père. Celui-ci vint s’assoir sur le lit qui faisait face à Tam. Il ne savait pas trop comment faire montre de sa gratitude devant son attention, mais même s’il était un peu rouillé, le naturel revenait au galop. Après tout, il était tout le contraire de quelqu’un de timide. Après s’être humecté les lèvres, il reprit immédiatement :

- Enfin bref merci. Je sais qu’on s’est pas montrés très sociales tous les deux, alors c’est gentil de… oh qu’est-ce que tu nous as ramené ? Un brownie ?

Inutile de s’embourber dans des excuses maladroites. Ils avaient tous vécu des horreurs, ils avaient tous perdu des proches, des amis, de la famille. Abel culpabilisait un peu de s’être laissé aller, mais il se sentait bien partie pour remonter la pente. Un peu de relationnel, ça ne ferait pas de mal !


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Sam 14 Mai 2016 - 11:59

Le père et la fille avaient une telle complicité que je trouvais cela magnifique. Je n’avais jamais connu ça, moi le vilain petit canard de la famille. Je n’ai jamais réellement été une méchante fille, mais j’ai été forcé à le devenir du moins c’est comme ça que je vois les choses. Je sais que n’importe qui d’extérieur me dira que c’était de ma faute, j’avais juste à arrêter les mauvaises fréquentations et me mettre à bosser, mais qu’est-ce qu’il voulait de moi exactement que j’ai un diplôme ? Je l’ai eu au finale. Peut-être pas celui qu’ils voulaient, mais celui qui me plaisait. Enfin, ça ne sert à rien de rager contre mes parents, ils sont certainement en train d’errer sans but telles des mobs quelque part au Canada.

Leurs bonnes humeurs étaient visiblement communicatives puisqu’un sourire encore plus grand était en train de se dessiner sur mon visage. Avant de m’avancer vers eux je retirais mes chaussures, j’avais toujours préféré être en chaussette et puis c’était aussi plus poli. Je ne me fis pas prier et m’installer à la place qu’indiquait Abel. Doucement ils s’ouvraient aux autres et c’était génial, j’avais souvent un rôle de catalyseur, ma bonne humeur naturelle, personne n’y résistait longtemps.

- Comme quoi, il y a des avantages à travailler dans la cuisine, l’accès aux réserves par exemple.

Après mettre assise sur le lit, j’ouvrais le gâteau que j’avais trouvé pour le poser devant moi. Comme prévu je sortis ma dague un peu distraitement pour couper quelques part. Il avait l’air bon, malgré les quelques mois d’épidémie qu’il avait vécu. Je savais que ce genre de gâteau se concevrait longtemps alors je ne m’en inquiétais guère. Je souriais quand il parlait de tatouage. Il ne fallait pas être devin pour savoir qu’il s’agissait de mon surnom en langue des signes. Les petits sont souvent fascinés d’en voir autant sur la peau de quelqu’un c’est quelques choses d’assez inhabituelles.

- Et encore tu n’as pas vu tous les miens, il y en a plein qui sont cachés. Si tu es gentille, je te les montrerais.

Je pensais principalement à ceux que j’avais sur le ventre ou le dos que je n’avais pas montré puisque les températures m’insistaient à rester bien couverte. J’aurais pu lui parler de la douleur ou même essayer de la décourager, mais les chances de parvenir avoir ce tatouage sont si minimes que je préférais simplement l’encourager. Ne faut-il pas laisser à un enfant l’espoir de croire en ses rêves ?

- Ton père a bien fait de me le dire, comme ça quand tu seras grande, je t’emmènerais dans un bon tatoueur. Je pourrais même t’aider à choisir si tu veux.

Je fis un clin d’œil à Abel. Je savais au fond de moi qu’il n’y aurait jamais de mieux et que je ne pourrais jamais l’emmener à un tatoueur et qu’il serait sans doute même bien trop risqué de le faire par les temps qui courent. Se faire tatouer fatigue énormément le corps, sans parler des risques d’infection. Heureusement, mon dernier en date avait eu le temps de guérir et je ne m’en faisais pas. En réalité, il ne me restait plus de zone où me faire tatouer de toute façon. Abel s’installa en face de moi, je le regardais un instant droit dans les yeux. Il essayait de se montrer social et ouvert, je sentais qu’avant c’était quelqu’un qui avait la tchatche. Ne voulant pas m’éterniser avec les remerciements inutiles, je me contentais de prendre le brownie que je venais de couper et de lui agiter sous le nez pour qu’il en prenne un morceau.

- Je ne suis pas là pour les mercis ni les excuses, ni même entendre votre histoire. Je suis là pour passer un bon moment et vous changer les idées un peu. Je n’aime pas la tristesse alors je la combats.

J’aimais me voir en preux chevalier qui se bat pour la justice et le bien, mais ce n’était pas non plus réellement ça. Après avoir tendu le brownie à Victoria et avant de me servir moi-même. Je partais à la conquête de la canette de coca dans mon sac. Je la déposais alors délicatement devant la petite. J’avais bien fait attention à ne pas le secouer, elle pouvait donc l’ouvrir sans problème si elle le décidait.

- J’espère que tu aimes. Je me suis dit qu’un soda te ferait plaisir.

Les enfants aiment souvent tout ce qui n’est pas bon pour leurs santés et qui ne plait pas aux parents. En choisissant du coca, j’avais peu de chance de me tromper. À mon tour je me servis une part du brownie. J’en avais oublié à quel point c’était bon ce genre de connerie. La diversité de la bouffe doit être un truc qui me manque le plus.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Sam 14 Mai 2016 - 13:05

Avant de prendre la canette de coca, Victoria jeta un œil à son père, en attente de son approbation. Un sourire, un signe de tête, et elle attrapait la boisson avec joie. En réalité, elle n’était pas tellement fan ; mais en période de privation, chaque petit extra est un trésor. Une part de gâteau dans une main, un soda dans l’autre, elle était aux anges. En exécutant le signe qui consistait à dire « merci », elle s’était d’ailleurs mis quelques miettes de brownie sur le menton. Après une première bouchée dans le sien, Abel reporta son attention sur leur visite du jour pour lui dire :

- Tu as raison alors, changeons nous les idées ! Elle risque de ne pas te lâcher maintenant que tu lui as proposé de voir tes tatouages. J’espère qu’elle ne t’embêtera pas trop, n’hésite pas à me le dire si c’est le cas.

Il se sentit fondre en dégustant le chocolat. Même pour quelqu’un qui n’était pas extrêmement penché sur le sucré, on savait reconnaître un doux plaisir. Il savourait, bien conscient que c’était exceptionnel. C’était gentil de la part de la jeune femme de piquer dans la réserve pour eux, alors qu’ils ne se connaissaient pas plus que ça. Ils avaient simplement traversé l’enfer ensemble. Face au rayonnement de Tam, le cinquantenaire se sentait presque honteux. Il fallait que ce soit quelqu’un qui aurait largement pu être sa fille qui lui rappelle un élément essentiel : combattre la tristesse. Oui. Parce que ça vous tirait au fond. Les dépressifs ne survivaient pas, ils se laissaient sombrer.

- Tu as bien raison, la morosité, c’est gonflant. C’est le printemps, on a un lit et du gâteau au chocolat, donc je suis sûr qu’on fait encore partie des gens les mieux lotis de ce pays. Enfin ceci dit, enchaîna-t-il en observa ce qui restait de sa part de brownie d’un air pensif, j’avoue que je rêve d’un bon gros burger. Le genre triple size que je n’aurais jamais mangé avant. La semaine dernière j’ai rêvé qu’ils en proposaient au repas de midi.

Américain jusqu’au bout ! Dire que d’autres malheureux devaient simplement prier les cieux pour un toit et la possibilité de voir se lever le soleil le lendemain. Tous ses petits tics lui revenaient quand il parlait. Ses hochements de tête, le frémissement de ses lèvres, ses yeux qui se ferment en inspirant, … signe qu’il se sentait à l’aise. Une main d’enfant toucha son bras : c’était Victoria, qui ne voulait déjà plus de son coca et lui tendait les trois quarts restants. Elle regarda timidement Tam et frotta ses mains en signe d’excuse. « Merci » fit Abel avant de prendre la boisson et de l’élever dans les airs en déclamant :

- Au fast food ! Après une gorgée, il reprit son flot de paroles, mais d’ailleurs, sans vouloir te soutirer ton histoire, où est-ce que tu as appris à signer ? Ça fait longtemps qu’elle n’a pas pu parler avec quelqu’un d’autre.

Ça l’intéressait vraiment. En fait, il n’osait pas encore s’avouer que s’il voulait plus se sociabiliser et aller vers les autres, il lui faudrait réussir à faire des parenthèses. Devenir moins papa poule, s’autoriser du temps sans Victoria. La survie pouvait se faire à deux mais la vie, à son sens, se construisait autour d’amis et de relations. Et c’était ce que leur proposait ce chalet : une nouvelle vie. Du coup, la complicité de Tam serait la bienvenue. Si elle se lait avec Victoria et était autant capable de veiller sur elle que de lui parler, il se sentirait plus tranquille lorsqu’il ne l’aurait plus sous les yeux. N’oubliant pas leur bienfaitrice, Abel tendit la canette à la jeune femme et l’invita à se servir d’un signe de tête. Il engloutit ensuite ce qui restait de sa part de brownie – toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin.


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Lun 16 Mai 2016 - 10:03

J’étais contente de voir que mon présent plaisait. Ce n’était certainement pas des plus correct, mais c’était dans l’époque où nous vivions un petit peu de sucre en plus dans le corps ne pouvait pas vraiment faire de mal. J’avais l’impression de voir pour la première fois des sourires sur leurs visages. C’était sans doute un peu exagéré, mais c’était le sentiment que j’avais à ce moment présent. Pour moi c’était bien normal de venir mettre des sourires sur le visage des gens et de l’amour dans leurs cœurs. J’étais optimiste, c’était dans ma nature, l’apocalypse ne m’avait pas changé. Bien au contraire, ça n’avait fait qu’accentuer ce trait de caractère plutôt utile pour aller vers les autres.

J’affichais un sourire détendu quand Abel me parlait de mes tatouages, ce n’était ni la première fois ni la dernière qu’on me demandait de les montrer. J’en avais l’habitude, j’avais fait le choix de me faire tatouer le corps et c’était une fierté.

- Ne t’inquiète pas pour moi, j’ai l’habitude. Je savais très bien à quoi m’en tenir quand je lui en ai parlé. Puis c’est plus agréable d’avoir une fille qui demande qu’un mec moche qui me harcèle.

Un soupir d’amusement, c’est vrai que des boulets j’en avais trainé certain plus gratiné que d’autre. J’en avais des bons souvenirs et d’autres moins bien. Une chose est sûre, il n’y en avait plus beaucoup à me faire chier maintenant. J’avais du mal à supporter certaine personne à Evergreen, Daryl par exemple pour ne citer personne, mais c’était bien loin de certaine pression que j’avais subie par le passé. J’arrivais aisément à l’esquiver la plupart du temps alors je ne m’en plaignais. Bien au contraire, par moment, ça m’était un peu d’action dans mes journées.

- C’est vrai que quand on croise certains survivant dehors, je suis bien contente d’habiter ici, cependant, je ne comprends pas pourquoi la plupart refusent systématiquement de nous rejoindre.

Je l’écoutais parler de hamburger un instant, moi qui ne supportait plus vraiment la mal bouffe qui me rappelait trop mon adolescence, je ne pus que hochais la tête en signe d’approbation. L’idée de manger une chose aussi calorique me faisait presque rêver après tant de semaines de privation.

- J’ai lu des études où il disait qu’il y avait assez de conservateurs dans ses machins pour qu’ils survivent des mois en dehors d’un frigo. Si tu veux, je peux essayer de m’en procurer un, cependant, je ne promets pas une qualité irréprochable.


Je me tournais alors vers la petite Victoria qui visiblement était gênée de ne pas finir sa canette. Je signais alors quelques mots pour lui faire comprendre que ce n’était pas grave et qu’elle pouvait toujours se resservir en gâteau si elle le souhaitait. Je la trouvais absolument adorable. C’est papa qui finirait la canette et je m’en étais douté, c’est souvent les parents qui s’occupent de la folie de leurs enfants. Enfin pour le coup c’était plutôt la mienne, mais qu’importe, j’avais fait plaisir c’était la principal. Il faudrait que je me débarrasse discrètement des emballages, mais ça, c’était encore un autre problème.

- Et à la culture américaine ! J’avais ajouté ses mots alors que je trinquais avec mon verre invisible. Comme la tradition le veut, j’avais regardé Abel droit dans les yeux et ceux sans aucune gêne. Je l’écoutais encore parler et pour le coup me poser des questions. Il voulait savoir pourquoi je parlais le langage des signes. Pendant un instant je me trouvais débile. J’étais prête à parier qu’il allait se moquer de moi. Le ridicule ne tue pas et j’assume parfaitement tous les choix que j’ai faits par le passé.

- Et bien, figure-toi qu’il s’agit d’un coup de folie avec des amis. On en avait marre de se faire épier quand on était entre nous, ou d’être incapable de se parler discrètement en convention. Alors on a décidé de tous s’y mettre, à plusieurs on peut plus facilement se motiver. C’est débile, mais j’ai fait plein truc aussi con dans ma vie, on finit par s’y habituer.

Je ne m’étais pas rendu compte que mes joues venaient légèrement de rougir. Ce n’était pourtant pas dans mes habitudes d’être gêné pour s’y peut. Faut dire aussi, que raconter une anecdote pareille à un homme qui a une petite fille sourde et loin d’être génial. J’ai presque l’impression de leur manquer de respect.



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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Lun 16 Mai 2016 - 10:57

- Je ne tiens pas à juger tous les « trucs cons » que tu aurais pu faire, rétorqua Abel en écartant d'une main la gêne de son interlocutrice, mais apprendre la langue des signes n’en était pas une. Je pense sincèrement que, toutes proportions gardées, le résultat compte souvent bien plus que l’idée de départ. Si tu n’avais pas voulu échanger discrètement avec tes amis en… convention ? Il ne savait pas ce que c’était, tu ne serais peut-être pas là où nous proposer du gâteau chipé dans la cuisine.

Il lui adressa un clin d’œil complice et termina la canette qu’elle n’avait pas prise. De toutes les façons, qui était-il pour juger les bêtises des autres ? Enfin, du moins, leurs motivations. A l’origine, Victoria n’avait-elle pas été conçue pour essayer de sauver son mariage ? Triste raison pour avoir un enfant. Ça ne changeait rien au fait qu’il aimait sa fille plus que tout, bien qu’un croyant lui avancerait certainement que son handicap était une sorte de punition divine. Abel, l’enfant pêcheur qui encourage sa mère dans l’adultère, trahit son père et procrée pour un besoin personnel… ses parents auraient peut-être dû l’appeler Caïn au final. Il n’était plus si loin de la symbolique. Tandis que la gamine reprenait timidement du brownie, le cinquantenaire poursuivit avec un air faussement déçu :

- En tout cas, je serais ravie si tu réussissais à débusquer un burger quelque part mais… j’ai peur que tous les Macdonalds du coin aient déjà été dévalisés.

Ses pensées étaient déjà loin de la malbouffe pourtant. Tam avait parlé de survivants à l’extérieur. Cette nouvelle faisait mouche parce qu’aussi idiot que ça puisse paraître, l’agent avait cessé d’imaginer que le monde existait en dehors du chalet. Trop peu observateur ces derniers mois, il se contentait d’identifier les mêmes visages et d'ignorer les autres. Aussi, Abel avait toujours vu leur refuge comme le plus sûr possible, comme un havre que tous les autres humains se disputeraient. La jeune femme venait de lui prouver le contraire : certaines personnes refusaient de les rejoindre…

Sans s’en rendre compte, il s’était levé et faisait les cent pas. Il pensait à Lily. Vivait-elle encore ? Etait-elle sous protection militaire ? Avait-elle eu plus de chance que Century Field ? Ça faisait trop longtemps que le cinquantenaire était enfermé. Il réalisait qu’il se représentait les Etats-Unis comme un pays calciné, brûlé comme pour endigué la peste. C’était stupide. Machinalement, il ouvrit et ferma plusieurs fois son poing droit. Celui qui avait été cassé quand il avait cogné des rôdeurs à leur en exploser la tête. Combien de ces créatures parviendraient à atteindre les montagnes ?

- Excuse-moi, dit-il en émergeant, je repensais à ce que tu m’as dit… sur les survivants que tu croises qui refusent de venir. Il y en a beaucoup ? Je dois admettre que je suis un peu coupé des réalités… j’ai aucune idée de ce qui se passe dehors.

Ses yeux s’égarèrent un instant par la fenêtre. Décor plongeant sur le paysage somptueux. Tout était si beau ainsi. A croire que bientôt, leurs vacances prolongées toucheraient à leur fin, leur permettant de rentrer. Un doux rêve. Une chimère. Abel regarda alors Victoria qui terminait sa seconde part de gâteau. C’était pour elle qu’il devait s’investir. Rester à la couver ne servirait à rien, car il n’y avait pas que ces choses qui pouvaient les tuer. Il y avait la faim, le froid, la maladie… l’hiver allait revenir, leurs stocks ne seraient jamais trop importants.

- Tu penses que je pourrais participer aux ravitaillements parfois ? Je commence à avoir envie de voir un peu de pays et d’apporter ma pierre à l’édifice. Je pourrais peut-être te confier Victoria dans ces moments là ?

Ses pupilles se firent soudainement plus appuyées. C’était à la fois une preuve de confiance, mais aussi une grosse responsabilité. L’agent artistique s’attendait bien à ce que la jeune femme ne prenne pas ça à la légère.


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MessageSujet: Re: Make Me Believe Again   Mer 18 Mai 2016 - 15:41

Je le remerciais d’un sourire lorsqu’il disait ne pas vouloir me juger, mais j’avais ce regard qui disait si seulement tu savais tout ce que j’avais fait, tu ne dirais certainement pas ça. Cependant, on va jouer le jeu et te laisser le bénéfice du doute. Je voyais bien Abel butait sur le mot convention, je réalisais alors que tout le monde ne connaissait pas les comic-con pourtant si répandus chez les geeks. Je parlais comme si j’avais devant moi un pote et j’en oubliais qu’il avait vingt ans de plus que moi. L’âge des gens, le sexe, l’apparence étaient pour moi des choses si futiles que par moment j’oubliais de les prendre en compte pour m’adapter à mon interlocuteur.

- Une convention, c’est un rassemblement de jeune autour d’une passion, principalement, les comics ou les jeux vidéo…

J’avais opté pour une définition simple, inutile de rentrer dans les détails. Non pas que c’était compliqué, mais que c’était devenu totalement inutile. Il n’y en aurait plus jamais sur cette terre, alors autant tourner la page et penser à autre chose. Abel semblait être quelqu’un de vraiment sympa et j’avais même l’impression qu’il m’était reconnaissant de m’occuper de sa petite, ce que je faisais évidemment avec le plus grand des plaisirs. J’avais tout pour être maman ou presque…

- Dans ce cas, j’irais voir les Burger King.

J’avais ajouté ça d’un air enjoué, tout en sachant pertinemment que je n’irais pas voir et que de toute façon rien ne serait véritablement mangeable. Mais bon, il n’y avait rien de mal à l’embêter. Le sujet de conversation se fit un peu plus grave le temps d’un instant. Il voulait en savoir plus sur le monde extérieur. Lui qui était enfermé ici depuis si longtemps je ne pouvais que le comprendre. Je réfléchis un instant l’observant faire des aller-retour dans la pièce. Chacun avait ses petits trucs, je ne jugeais pas.

- J’en ai croisé qu’une petite poignée, mais certain avait des amis encore envie sur qui compter. Je pense qu’il y en a plus que ce qu’on peut imaginer.

Le chiffre était tout de même dérisoire en comparaison des mobs peuplant désormais le pays, mais il y avait peut-être un entre deux cents et trois cents personnes dans l’état je dirais. Si on comparait ses chiffres par rapport au nombre que nous étions à CenturyLink Field, c’était tout simplement dérisoire, mais c’était toujours mieux que rien.

- Avant de sortir, je pense qu’il te faudra trouver une autre arme que tes points, mais sinon, n’y a pas de raison que tu ne puisses pas. Je ne suis qu’une pauvre vendeuse de jeu vidéo, Diabo un barman et Kass une modéliste. Alors il n’y a pas de raison que tu ne puisses pas également.

Mon regard avait légèrement dérivé vers la main d’Abel que je savais partiellement remise. Il lui faudrait au moins un couteau et peut être une connaissance en arme à feu. La plupart des survivants sont messieurs et madame tout le monde, certaines bien évidemment sont des exceptions, mais ils se font bien plus rares à l’intérieur d’Evergreen. S’il voulait sortir, il aurait besoin d’aide et je ferais mon possible pour lui offrir, même si on n’avait pas grand-chose en commun et que sans cette apocalypse nous ne nous serions jamais rencontrés.

- Si tu comptes sortir, tu peux compter sur moi pour t’aider, que ce soit pour rester avec Victoria où te conseillaient des entraîneurs.

Je fis un sourire à la jeune fille. Des bêtises, j’en ferais certainement plusieurs avec elle en l’absence de son papa, mais rien que pour l’amuser et rien de vraiment dangereux. J’étais quelqu’un de confiance, mais j’aimais beaucoup embêter les autres, alors certainement qu’on irait faire chier Aaron par exemple, mais le tout serait dans la bonne humeur et le respect des autres. C’est important le respect, surtout maintenant qu’on ne peut avoir confiance qu’en nous ou nos amis du campement.



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Make Me Believe Again

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