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 Take me to the museum

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Gabriel Fowler
Messiah
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mer 11 Mai 2016 - 22:49

Un peu d'effronterie ? Voila quelque chose à laquelle il ne s'était pas attendu. Fronçant légèrement ses sourcils, il la fixa d'un regard qui se voulait à moitié sévère.
« Non, mais je vais finir le paquet si tu ne le ranges pas ! »
Il avait dit cela sur un ton faussement menaçant, puis bien vite, un nouveau sourire s'étala sur son visage.
« Allez, range les s'il te plaît. »

La jeune fille finit par obtempérer. Puis une fois qu'elle eu installé son sac de façon bien étrange, elle se rapprocha de façon très familière et sans la moindre gène pour lui murmurer à l'oreille.
Elle avait touché un point en ce qui concernait la législation. Mais parfois, le simple fait de ne pas savoir jusqu'où était prêt à aller son interlocuteur pouvait motiver à obéir. Il avait bluffé avec les deux bagarreuses, bien sur, mais il avait misé juste puisqu'elles avaient eut la trouille.
Légèrement gêné par cette proximité quelque peu mal placée, il pressa légèrement l'index de sa main droite contre son épaule pour lui signifier clairement qu'elle dépassait les bornes. Elle venait de plonger son regard dans le sien et la gêne devint un véritable malaise. Non mais elle jouait à quoi là ? Soutenant son regard, tout sourire envolé, il attendit patiemment qu'elle reprenne une position plus appropriée avant de répondre à sa question par un simple haussement d'épaule accompagné d'un soupir qui signifiait qu'il le savait très bien mais que, heureusement pour lui, les deux petites sottes n'y avaient pas pensé.

Replongé dans le silence, il la voyait triturer ses cheveux dans le reflet de la vitre de séparation du chauffeur. Tout dans son attitude n'était que provocation. Bon sang, mais si elle agissait comme ça avec un cinglé à l'esprit mal tourné... il finirait par lui arriver des bricoles à cette petite. De son point de vue, il n'arrivait pas à la considérer comme une femme, mais comme une enfant qui jouait à la femme. C'était risible et presque pathétique. Le conseil de sa sœur lui revint à l'esprit. C'était bien de Selene qu'elle lui avait dit de se méfier. Elle devait savoir ce qui l'attendait.

Entortillant toujours ses cheveux dans ses doigts, elle repris la conversation comme si de rien n'était, comme si elle ne venait pas d'essayer de l'allumer. Il fut tenté de lui mentir, de prétendre être n'importe quoi d'autre qu'un prof. Pourquoi pas quelque chose de totalement farfelu, histoire de doucher son enthousiasme. Professeur de flamenco, ou encore moniteur de parachutisme.

« En fait je suis dompteur d'otaries dans un cirque. La troupe était de passage dans le coin alors je suis venu prêter main forte à ma sœur. »
Il avait dit ça avec un tel sérieux et un tel aplomb qu'on ne pouvait pas douter de sa sincérité. Puis un large sourire fendit son visage, un éclair de malice dans le regard, dénonçant la ruse.
« Tu aimerais bien le savoir hein ? »

La curiosité était un vilain défaut. Mais en même temps, sa profession n'était un secret pour personne. Pourtant, dans un bus remplis d'adolescents en ébullition, il se voyait mal annoncer qu'il donnait d'ordinaire son temps à des enfants dont certains faisaient encore pipi au lit. C'était le meilleur moyen de se couper l'herbe sous le pieds et de saper lui même son autorité déjà incertaine. Il préféra donc garder le silence. Même si elle n'avait pas tapé très loin de la vérité, il ne le lui confirmerait pas. Changeant de sujet, il s'empara du dépliant qui se trouvait dans sa poche et qui décrivait en détail le programme qui les attendait au musée.
« Bon, voyons un peu ce qu'on va faire d’intéressant aujourd'hui. »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Jeu 12 Mai 2016 - 19:15



Take me to the museum.


Selene Sweetnam Δ Gabriel Fowler



Jeudi 13 décembre 2012, Seattle, Washington, Etats-Unis.


Ses lèvres retombèrent immédiatement quand Gabriel annonça qu’il était dompteur d’otarie. Les sourcils de l’adolescente se froncèrent alors qu’elle cherchait à déceler si c’était une nouvelle blague ou s’il était sérieux. Il n’avait pas vraiment la tête de l’emploi. Enfin… elle l’imaginait mal dans un cirque, le visage enfariné, à essayer d'inciter un animal à faire tenir un ballon sur le bout de son nez. Ses doutes furent confirmés quand un sourire malicieux fendit son visage et qu’il la nargua avec une question rhétorique.

Pour le coup, ça ne l’avait pas fait rire du tout. Selene avait compris le message : elle avait été un peu trop loin avec son manège, il réinstaurait les bases de leur relation. Elle était une gosse, c’était un adulte, le frère de sa prof, alors elle devait le respecter, blablabla. Elle se surprit à se sentir un peu triste de voir que le lien de complicité qui avait commencé à se tisser soit si brusquement rompu. La gorge un brin nouée, elle se détourna pudiquement pour ne pas montrer qu’elle était touchée.

Se redressant sur son siège, la musicienne jouait machinalement à faire rebondir la poignée de son sac sur son index, plongée dans le silence. A cet instant, elle se détestait. Si elle avait été moins bête, elle aurait pu vraiment discuter avec lui, échanger, se découvrir un autre interlocuteur que ses amis qui l’ennuyaient. Il n’y avait que l’orgueil qui l’empêchait de sincèrement s’excuser. Sans doute aussi la tendance bipolaire de sa personnalité d’adolescente qui lui soufflait qu’elle n’avait rien fait de mal. Quand Gabriel s’intéressa au dépliant du musée, elle remit son casque et feignit de l’ignorer en écoutant de la musique pendant quelques minutes.

Mais ça ne marchait pas. C’était fini l’époque où tout lui passait au-dessus, où elle se fichait de passer pour une petite conne écervelée. L’adolescente avait conscience de ne pas être un modèle, de s’être érigée une réputation sur un drame, un charisme morbide, mais elle voulait changer. Avec le visage fermé d’une enfant en plein combat intérieur, Selene retira lentement ses écouteurs et éteignit le son pour de bon sur son téléphone. Cherchant ses mots, elle osa maladroitement :

- Hum… vous savez…, elle revenait même au vouvoiement, c’était pas méchant quand je disais que vous avez une tête à vous occuper des enfants… c’est que vous avez l’air cool et les blagues tout ça…je suis sûre que ça lur plairait.

Elle avait la sensation se s’enfoncer alors elle se tut. La pianiste n’osait même pas lever les yeux, ses doigts au vernis écaillé lui apparaissaient soudain comme passionnant. Elle haussa les épaules et se dandina légèrement sur son siège, mal à l’aise sous le regard qu’elle imaginait accusateur. Cherchant un autre angle d’attaque pour renouer le dialogue avec Gabriel, elle se pencha sur le fascicule présentatif du musée en coinçant ses cheveux brun derrière ses oreilles.

- Je sais pas trop ce qui m’intéressera là-dedans, mais j’avais envie de voir le campus de l’université. Mine de rien, je serai à la fac moi aussi l’année prochaine… enfin, si je réussis mes exams.

Selene avait essayé d’avouer ça avec légèreté, comme une faute bénigne, mais ne sut pas vraiment masquer la véritable inquiétude qui la rongeait depuis quelques jours. Allait-elle y parvenir ? Elle ne savait pas quoi faire, le supérieur coûtait cher et pour l’instant, ses notes ne lui permettraient pas de décrocher une bourse. Pas même une petite. Sa bande d’amis la tirait vers le bas, complètement désintéressés. Certains risquaient même certainement d’être recalés avant la fin du deuxième semestre. Et la musicienne, en essayant de se raccrocher aux branches, allait à coup sûr endurer quelques railleries. Demain, quand ils sauront qu’elle était allée au musée au lieu de les rejoindre, ils allaient la charrier comme pas possible, et elle devrait prétendre que c’était nul pour sauver la face. Se reprenant bien vite de cet instant de faiblesse, elle accrocha l’un de ses beaux sourires d’enfant à ses lèvres et demanda :

- Vous y êtes déjà allé, au Burke ?

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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Jeu 12 Mai 2016 - 22:07

Tentant de se rattraper comme elle pouvait, il semblait que Selene n'avait pas apprécié qu'il garde le silence sur sa véritable profession. Il était presque tenté de lui avouer la vérité.... enfin, presque. Feuilletant le dépliant, un sourire malicieux affiché sur le visage, il attendit patiemment de voir si elle reviendrait à l'attaque ou si elle allait bouder dans son coin. Dans un cas comme dans l'autre, il devait quand même se plonger dans la brochure car, ayant été prévenu à la toute dernière minute, il ne savait même pas vraiment comment allait se dérouler la visite. Il n'était pas du genre à stresser pour si peu mais connaître un peu son sujet ne pourrait pas faire de mal.

Finalement, la jeune fille renoua le contact. Pessimiste au possible, il semblait que de son point de vu, les examens ne seraient qu'une formalité avant un retour à la case départ en bonne et due forme.
Sur ce point, il ne savait pas vraiment quoi lui répondre. Il n'était pas psychologue, et encore moins conseiller d'éducation. Que dire à un ado dans le doute, et certainement sur une mauvaise pente ? Finalement, il répondit ce qui lui passa par la tête, tout simplement :
« Tu sais, si tu pars dans l'optique que tu vas te vautrer à tes exams, y a de fortes chances pour que ça se passe comme ça. » Il la regarda rapidement du coin de l’œil avant d'ajouter  « Positive ! Regarde droit devant toi, la tête haute, fière comme une princesse. La seule chose qui compte c'est ce que toi tu penses de toi même. Si tu penses être capable de réussir, alors c'est déjà à moitié gagné. »
Et voilà qu'il s'improvisait psychologue. Il fallait qu'il arrête. Tout de suite. Ou il allait commencer à raconter de la merde. Si c'était pas déjà fait.

Se raclant la gorge, il feignit de replonger assidûment dans le prospectus. La prochaine fois que sa sœur lui demanderait un service, elle écoperait d'un froncement de sourcil et d'un regard blasé.
Qu'il aimait ses petits monstres à lui. Ils ne se posaient pas de question existentielles vraiment profondes. Tout au plus ils lui demandaient pourquoi la lune n'était pas verte ou le ciel magenta. Ça au moins, il savait y répondre sans déblatérer des inepties sorties tout droit d'un film ou d'un bouquin.
Derrière lui, il entendit la petite bagarreuse pouffer de rire dans les manches de son chemisier. Selene n'avait pas dut l'entendre car elle ne releva pas. Heureusement, car il n'aurait pas voulu devoir assister à une nouvelle rixe. Elle lui demanda alors s'il était déjà allé au musée. En fait oui. Il y avait accompagné une de ses plus jeune classe. Deux instituteurs pour 25 gamins de 6 et 7 ans, ne s’intéressant à rien qu'ils ne pouvaient toucher, chahutant, bavardant, se bagarrant et pleurnichant parce qu'un tel avait eu un mot plus haut que l'autre ou qu'un tel avait frappé le premier… Il n'avait pas eut l'occasion de voir grand chose du musée ce jour là. Et rien que d'y repenser, une grimace s’allongea sur ses lèvres.

« On peut dire ça... oui. »
Il referma le dépliant et le remit dans sa poche. Puis il se tourna vers la jeune fille. Elle semblait avoir renoncé à son petit jeu de séduction. Pourquoi ne pas tomber les masques après tout. De toute façon, une fois sortit du bus sa sœur ne manquerait certainement pas de le présenter à toutes et à tous. Alors autant commencer tout de suite.
«  J'y ai accompagné une de mes classes une fois. C'était horrible. J'ai bien cru qu'ils allaient détruire le bâtiment tout entier. Les murs et le toit avec. »
Retrouvant son sourire amical, il la mit un peu plus sur la voie.
« Imagine des gremlins de 6 ans, uniquement animés par le désir de tout casser et de faire le plus de bruit possible et tu auras un petit aperçut de mon calvaire. Au moins aujourd'hui j'ai bon espoir de pouvoir profiter un peu de la visite. »

Devant eux, le chauffeur se mit alors à pester et à faire tout un assemblement complexe de gestes obscènes à l'attention des chauffards qui encombraient la voie. Se penchant légèrement du côté de l'allée, Gabriel eut une vue plongeante sur un camion de livraison, portes arrières grandes ouvertes et dont les livreurs tentaient tant bien que mal de décharger le contenu. Celui-ci occupant la majeur partie de la voie, et le trafic, en face étant plus qu'abondant, le bus ne pouvait pas doubler. Klaxonnant copieusement, le chauffeur éteignit le moteur et descendit dans la rue pour insulter en face ses retardataires. Dans le bus, l'atmosphère commença à s'échauffer et les conversations prirent de l'ampleur. Se levant, Émilie fit baisser tout ça d'un ton. Puis elle remonta l'allée et une fois au niveau de Gabriel elle lui souffla rapidement
« Je vais voir vite fait, tu gardes un œil sur les troupes ? »
« J'ai le choix ? » railla t-il

Heureusement qu'elle s'en mêlait car déjà le chauffeur était à deux doigts d'en venir aux mains. Dans le bus, chacun essayait de se pencher à sa fenêtre ou de se lever de son siège pour apercevoir ce qui se passait devant.

« Dis donc, il a le sang chaud votre chauffeur. » ne put-il s’empêcher de faire remarquer à Selene avant de se lever histoire de faire figure d'autorité.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Ven 13 Mai 2016 - 17:24



Take me to the museum.


Selene Sweetnam Δ Gabriel Fowler



Jeudi 13 décembre 2012, Seattle, Washington, Etats-Unis.


L’adolescente n’était pas vraiment convaincue par le discours de son aîné. « Vouloir pour pouvoir », « positiver », toutes ces conneries semblaient avoir été prononcées par des gens qui n’avaient jamais eu 17 ans. Ce n’était pas si simple. Pas quand on venait d’un foyer très modeste, pas quand on aidait occasionnellement à écouler de la marijuana dans les planques du lycée, pas quand on avait une réputation de fêtarde infatigable et d’allumeuse habile. La pression sociale jouait un rôle, qu’on le voulait ou non, et c’était encore plus palpable lorsqu’on était dans la fleur de l’âge. Car là était son dilemme en vérité : les amis ou les études ? Selene savait déjà qu’elle n’aurait pas les deux. Pas cette année si cruciale.

Elle haussa les épaules, ignorant la greluche qui ricanait dans son dos. Cette dernière devait bien savoir qu’elle ne devrait pas dépasser les bornes, parce que la musicienne n’avait que quelques mots à dire aux bonnes personnes pour avoir de quoi transformer sa vie en cauchemar. De toute façon, aujourd’hui, elle n’avait pas le cœur à manigancer des vacheries. Et puis Gabriel retrouvait son sourire – il était craquant – et avouait indirectement son métier. Ainsi, elle n’avait pas tapé si loin… il s’occupait de petits de 6 ans.

La pianiste esquissa un sourire à son tour mais maintenant que son armure était fragilisée, elle n’avait plus de répartie. Elle se contenta d’acquiescer avec un timide « hum » avant que son attention ne soit captivée par le chauffeur. Visiblement, il était encore bloqué et cette fois, il s’oubliait complètement. Rien de mieux pour se remettre d’aplomb ! Avec une expression espiègle, Selene sortit son portable et se filma en grimaçant, imitant un homme particulièrement grincheux, les tirades fleuries du conducteur du car en fond sonore. Elle envoya alors ses quelques secondes de vidéos à sa bande d’amis via whatsapp avec la légende « un jeudi matin comme les autres ».

- Ah ça… c’est toujours la partie la plus drôle du voyage, commenta-t-elle avec malice en réponse au frère de sa prof.

Pendant que ce dernier se levait pour essayer d’imposer un peu d’autorité, la musicienne jeta un œil à ses notifications. C’était peine perdue pour une réaction immédiate en fait : ses comparses habituels devaient être en train de dormir à cette heure-ci. Elle allait devoir trouver quelqu’un d’autre pour jouir de la situation avec elle. A son tour, l’adolescente se redressa pour observer les réactions de ses camarades, le visage fendu d’un sourire excité. De ceux qu’on les jeunes gens qui se délectent d’un ragot ou d’une situation cocasse.

Un « ooooh » de déception générale retentit dans le car lorsque le chauffeur consentit à revenir à sa place sans avoir cogné personne. C’était toujours impressionnant quand on voyait Mrs Fowler gérer une situation de crise parce qu’on ne croyait pas comme ça, mais elle tenait bon ! En se rasseyant, Selene sortit machinalement son paquet de bonbons de son sac – elle avait déjà oublié ce que Gabriel lui avait dit plus tôt – et en mâchait nonchalamment un quand elle lui glissa à voix basse :

- Une fois une a vraiment bousculé une pauvre meuf qui avait failli lui rentrer dedans un grillant une priorité. C’était l’année dernière, une sortie avec le prof de bio. Sauf que lui n’a pas osé intervenir, il a moins de couilles que ta sœur.

Dans son dos, Tisha ne put retenir un éclat de rire. Voilà qu’elle continuait d'écouter aux portes ! Immédiatement, la pianiste se retourna pour la foudroyer du regard. Sans un mot, le message était clair « t’as pas des amis avec qui discuter plutôt que d’écouter ce que je dis ? ». A cet instant, le bus se remit en branle, non sans un second « ooooh ». Ils pouvaient repartir, et ils étaient bientôt arrivés.

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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mar 17 Mai 2016 - 17:33

L'incident fut de courte durée. Très vite, sa sœur et le chauffeur remontèrent à bord et ils purent poursuivre leur périple. Ce qui ne dura pas puisqu'ils étaient seulement à quelques rues du musée.
Le bus s'immobilisa et il abandonna Selene en la gratifiant d'un sourire, lui signifiant qu'il avait du travail. Papoter avec elle avait permis de passer le temps mais les choses sérieuses commençaient et il avait un peu le trac.
Émilie descendit par la porte du milieu avec Sacha alors que lui même descendit en tête afin de canaliser le flot d'élève qui ne tarda pas à suivre. S'assurant que personne ne restait dans le bus histoire de faire le malin, il voulu remercier le chauffeur mais celui-ci referma vivement la portière et redémarra en trombe. Quel grossier personnage ! Les lycéens s'étaient rassemblés en troupeau, à défaut d'être bien rangés, et Émilie faisait rapidement les comptes.
« C'est bon ? Ils sont tous là ? »
« Malheureusement... oui. » Un petit sourire espiègle vint ponctuer sa plaisanterie. Puis elle s’adressa au groupe indiscipliné qui s'étalait devant elle.

« Bon, on récapitule une dernière fois, comme ça vous ne pourrez pas dire que vous n'aviez pas entendu. Une fois à l’intérieur, c'est motus et bouche cousue. Si vous avez une question vous ferez comme vous faites depuis la maternelle, vous lèverez la main. Alan ! Tu me ranges ça tout de suite ! » Elle foudroya l'adolescent qui avait la tête dans son téléphone et les écouteurs sur les oreilles. « Et ça vaut pour vous tous. Les téléphones sont sur silencieux, vous pourrez les ressortir à la pause déjeuner mais pas avant. Si j'en vois un seul de sortit c'est confisqué. Et j'ajouterais à ça une heure de colle vendredi soir. Parce que je sais que vous adorez ça. »
Une fois certaine que chacun avait méticuleusement rangé son précieux téléphone, elle poursuivit.
« On a droit à un guide alors soyez gentils et ne me faites pas honte. Et surtout pensez à prendre des notes parce qu'il n'est pas impossible qu'il me prenne l'envie de vous faire une interro très prochainement. »
Des soupirs de protestations s'en suivirent. Elle se tourna ensuite vers son frère et lui adressa un clin d’œil qui ne laissait rien présager de bon ... Elle allait le présenter.
« Dernier petit point. Certains se demandent peut-être qui est ce nouveau professeur que personne ne connaît … ou peut-être pas. Pour ceux que ça intéresse, il s'agit du professeur Fowler, oui tout comme moi, et il remplace votre … chère … professeur d'histoire pour la journée. Puisque celle-ci est mystérieusement tombée malade » ajouta t-elle à mi mot de sorte que seul Gabriel avait put entendre la dernière phrase.
« Il est habilité à vous distribuer des heures de colle s'il le faut alors je compte sur vous pour bien vous tenir. Ne me faites pas regretter d'avoir proposé votre classe pour cette sortie. »

Émilie mit alors le groupe en branle, direction la porte principale du musée. L'entrée était aussi impressionnante que dans ses souvenirs. Le petit groupe encadré par les deux profs et la stagiaire s’engouffra dans l'entrée où les échos se répercutaient déjà. A l'accueil, une standardiste les accueillit avec le sourire et engagea la conversation avec Émilie. Leur guide arriva assez rapidement et la visite débuta presque aussitôt.

C'était … intéressant. Non en fait c'était plutôt barbant. Peu intéressé par la préhistoire, Gabriel préféra observer les élèves du coin de l’œil lorsqu'ils traversèrent la partie du musée dédiée aux fossiles. Il y avait bien quelques petites choses intéressantes mais rien de très passionnant. La plupart des adolescents avaient un bloc note à la main et griffonnaient les explications du guide de peur de louper quelque chose qui risquait d'être dans un contrôle surprise. Certains s'en fichaient royalement et levaient la tête en tout sens pour observer les différentes pièces exposées, pas le moins du monde intéressés par le discours enflammé du professionnel. Les bras croisés, légèrement en retrait, Gabriel s'assurait qu'aucun élève ne se mette à jouer les troubles fête. Et pour le moment, les choses se déroulaient plutôt bien. Aucune bagarre, quelques chuchotements entre amis mais rien qui nécessite une intervention de sa part. Aucune désobéissance concernant les portables, et même si certains n'écoutaient absolument pas, ils ne venaient pas troubler l'ordre et le calme de la pièce. C'était … reposant. A tel point que Gabriel regretta un instant de ne pas avoir eu autant de silence et de calme lors de sa première sortie au musée. S'avisant alors que deux garçons étaient en train de manipuler un fossile en exposition, il se dirigea vers eux aussi silencieux qu'un vampire et s’immisça entre eux. Alors qu'ils sursautèrent de surprise il leur chuchota nonchalamment :
« Vous voulez que je vous aide ? » Puis il leur fit signe de s'éloigner de là et de se rapprocher du groupe qui se dirigeait déjà vers la pièce suivante. Ils obtempérèrent, et Gabriel leur emboîta le pas.

Ils en avaient enfin fini avec la préhistoire. Dieu merci ! Et alors qu'ils arrivaient dans la pièce suivante, leur guide leur proposa de faire un peu le tour à leur convenance avant de poursuivre les explications, de sorte que chacun puisse s’imprégner de l'atmosphère ambiante. La matinée était déjà bien entamée et ils ne tarderaient certainement pas à aller déjeuner.

Les élèves s'éparpillèrent par petits groupes d'amis, se massant devant les vitrines dans lesquelles reposaient divers objets provenant de civilisations aujourd'hui disparues. Il ne put alors s’empêcher de remarquer Selene, seule devant l'une des vitrines. Des masques, semblant pour la plupart sortit tout droit d'un cauchemar, étaient alignés devant elle. Il ne put s’empêcher de se demander pourquoi elle restait seule. Tous les élèves de sa sœur s'étaient instinctivement massés entre amis et formaient ainsi des groupes de deux à quatre élèves. Mais elle, elle était là, devant cette vitrine, absorbée par ce qu'elle voyait ou bien perdue dans ses pensées. Le visage indéchiffrable. Cela ne l'avait pas frappé avant mais même dans le bus, elle avait été seule.

Puisque tout le monde était occupé, et que même sa sœur ne surveillait le groupe que d'un œil, passionnée par ce qu'elle voyait, il se dirigea vers l'adolescente, venant se placer à côté d'elle face à la vitrine, les mains jointes dans le dos.
« J'aime beaucoup celui-là » fit-il en désignant un des masques qui ressemblait à un chat difforme en colère. «  Je veux le même dans ma salle de bain. » Il affichait un air sérieux, comme s'il envisageait vraiment d'accrocher une horreur pareille chez lui. Mais lorsqu'il tourna la tête vers Selene, il se laissa aller à rire doucement de son idiotie.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mar 17 Mai 2016 - 18:32



Take me to the museum.


Selene Sweetnam Δ Gabriel Fowler



Jeudi 13 décembre 2012, Seattle, Washington, Etats-Unis.


- Bla-bla-bla, avait soufflé Selene pendant que Mrs Fowler faisait sa rabat-joie avec les règles de conduite.

Elle était bien décidée à n’en faire qu’à sa tête dans tous les cas. Enfin, jusqu’à ce que fut annoncé que la visite donnerait peut-être lieu à un contrôle. Indignée, la musicienne protesta au moins aussi fort que les autres et se mit immédiatement à évaluer les probabilités que sa prof meurt écrasée par un fossile. Les accidents, ça arrive, non ? Au moins un bon coup sur la tête, histoire qu’elle en oublie de les interroger. Sortant à contrecœur de quoi prendre des notes de son sac, l’adolescente suivit le troupeau qui s’engouffrait dans les premières salles.  

Le guide était passionné, ça se voyait. Rien que dans le hall, il leur déballa l’histoire de la création du musée, le pourquoi, le comment, le qui, etc… les informations s’évaporaient au fur et à mesure qu’elles étaient prononcées, mais Selene copiait consciencieusement ce qu’elle retenait. Elle s’étonnait de ne pas se fiche de cette éventuelle interro comme de la prochaine nouvelle lune. Dans un sens, elle espérait même qu’on la teste. Histoire de prouver qu’elle n’était pas la graine de délinquante que beaucoup se plaisaient à dépeindre. En vérité, la pianiste était tellement galvanisée par cette résolution qu’elle fut absorbée, à défaut d’être intéressée.

Les lignes s’enchaînaient, même les trucs inutiles, et si elle ne suivait pas en tête de groupe, c’était exclusivement pour ne pas qu’on l’accuse d‘être une intello. Il en allait de sa réputation quand même : pour l’instant, elle n’était pas prête à renoncer à toutes les apparences. Plusieurs fois, elle eut envie de demander au guide de répéter ce qu’il venait de dire, mais s’était ravisée à la dernière seconde. Tant pis. Au pire, elle potasserait le soir pour compléter ses notes… non, en fait elle ne le ferait jamais, même si c'était bon d'y croire. Elle se calerait devant une série, discuterait potin avec ses amis et irait se coucher.  

Après les dinosaures et les mammifères préhistoriques, la classe fit halte dans une pièce dédiée aux civilisations anciennes et disparues. Ils étaient libres, alors Selene rangea son cahier avec satisfaction et, s’étant assurée que personne ne la regardait, s’autorisa quelques bonbons en récompense personnelle. Frottant ses mains l’une contre l’autre pour se débarrasser du sucre, elle se mit à faire le tour des vitrines. Des armes, des pots de chambre, des outils, des cruches, des objets du quotidien… chaque fois qu’un attroupement de ses camarades la rejoignait, elle changeait de centre d’intérêt, chassée par leurs piaillements.

C’était difficile d’avouer que non seulement elle était contente d’être venue, mais qu’en plus elle était ravie que ses amis ne soient pas là. Ils l’auraient distraite, dissipée, entraînée vers les âneries les plus stupides… et elle en aurait ri. Alors que là, un sentiment étrange la rendait toute fébrile. La sensation d’appendre quelque chose pour la première fois. C’était stupide, ce n’était que quelque dates, des noms absurdes et des termes scientifiques qu’elle ne retiendrait pas mais… elle avait l’impression d’assimiler, de s’enrichir. Pas comme quand elle s’asseyait au fond de la classe, imperméable à toute information, et attendait méthodiquement la sonnerie salvatrice.

L’adolescente se tenait devant un lot de masques en bois loufoques quand quelqu’un s’invita sur sa droite. Elle avait deviné qui c’était avant même de le voir alors cette fois, elle ne fuit pas. Ça lui faisait plaisir qu'il revienne de lui-même… il ne devait pas être trop agacé de sa compagnie alors. Il attaqua directement par un plaisanterie mais quand il se tourna vers Selene, il ne rencontra qu’un visage impassible – presque teinté de reproche.

- Te moque pas, c’était extraordinaire ce qu’ils faisaient à cet époque. J’étais en train de me demander s’ils en faisaient des copies à la boutique, pour en offrir un à mon père…

Pendant plusieurs secondes elle ne cilla pas, feignant parfaitement de croire à son discours, puis elle éclata de rire à son tour. Réalisant qu’elle avait peut-être laissé monter le volume un peu haut, elle plaqua une main sur sa bouche et s’assura d'un air faussement désolé que la sœur de Gabriel n’était pas prête à la foudroyer. Elle espérait que sa plaisanterie ait déstabilisé le prof en tout cas, ça servirait de vengeance pour son histoire d’éleveur d’otarie.

- Alors pas trop dur ? On est plus gérable que ta classe ? J’ai rien fait de mal au fait ! s’exclama-t-elle soudainement avec un sourire en coin espiègle, ne me prends pas mon portable s’il te plait.  

C’était plus fort qu’elle, il fallait qu’elle le taquine. A cet instant, ce n’était plus de la séduction qui brillait dans ses yeux d’un bleu pur, mais simplement un reflet lumineux. Un léger interstice qui laissait entrapercevoir la gentillesse de cette adolescente qui jouait à l’enfant sauvage.

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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mar 17 Mai 2016 - 19:36

Il avait réussit à la dérider. Son éternel ton enjoué avait fini par briser la carapace de l'adolescente qui se mettait elle aussi à l'humour. Il avait même failli se faire avoir tant elle paraissait sérieuse. Une vraie pro ! Son rire s'éleva dans la salle comme une récompense. Il aimait la joie et la bonne humeur, et c'était toujours un plaisir de les susciter. Il guetta lui aussi sa sœur qui avait à peine tourné la tête. Elle était en train de noyer le guide sous un flot ininterrompu de questions, mettant à l'écrit la moindre de ses réponses. Ses élèves auraient aussi bien put sortir en douce et se mettre à chevaucher les fossiles dans la salle précédente qu'elle ne s'en serait pas aperçut. Quant à Sacha, elle avait bien plus sa place parmi les élèves que parmi les profs. Très discrète, elle était dans un coin, immobile et les bras le long du corps, pas le moins du monde à l'aise.

Se tournant vers Selene, il répondit à sa question et à son espièglerie.
« J'avoue, je m'étais attendu à pire. Mais tu sais, à défaut de te voler ton portable pour en vider la moindre parcelle de mémoire, je peux aussi bien te donner une heure de colle. Apparemment, j'ai l'autorisation expresse de ta prof. »
Il la regarda, impassible. Puis il ajouta, sur le ton de la manigance :
« Sinon on peut aussi négocier. Tu me donnes un ou deux de tes machins à la fraise et je ferme les yeux sur ton comportement inadmissible. »

Il avait un peu parlé avec certains autres élèves. Quelques paroles rapidement échangées. Certains étaient même carrément venu lui demander s'il était le mari de leur prof, n'ayant pas du tout fait attention à leurs ressemblances physiques. Mais il n'avait pas vraiment été plus loin que ces quelques banalités. Aucune complicité. Aucun rapprochement. D'ailleurs il ne connaissait le nom que de trois ou quatre d'entre-eux. Il n'y avait que Selene qui suscitait chez lui ce sentiment presque fraternel. Il s'était installé entre eux un début de complicité qu'il ne s'expliquait pas et qui lui réchauffait le cœur. Étant, avec sa sœur, le plus jeunes de sa fratrie, il se dit un instant que s'il avait eut une petite sœur, elle aurait put ressembler à Selene. C'était ainsi qu'il la voyait. Une petite sœur.

Il lui piqua quelques bonbons en s'assurant que personne ne les surprenne, ravit de braver le règlement. Il ne regrettait plus d'avoir accepté de dépanner sa sœur. Cette journée avait plutôt bien démarré, malgré les quelques échauffourées du chauffeur de bus, et il n'espérait qu'une seule chose ; que l'après midi suive le même chemin.

Finalement, Émilie rassembla les troupes et le guide entama des explications concernant une urne qui faisait bien un mètre de hauteur. Terminant d'avaler sa sucrerie, il remarqua le zèle avec lequel Selene se mettait à noter. Pour quelqu'un qui avait à ce point peur de louper ses examens, elle faisait preuve de beaucoup de concentration. Il en profita pour se diriger vers sa sœur qui buvait les paroles de leur guide. Il se demanda même un instant si elle n'était pas en train de tomber amoureuse. Il lui pinça amicalement le coude et elle fit 'Shhht' machinalement, chassant sa main comme on chasse une mouche agaçante. Revenant à l'assaut, il lui pinça doucement le flan, certain que ça la chatouillerait et elle ne put s’empêcher de sourire face à son acharnement. Elle se mit à chuchoter.
« Quoi ? »
« Rien, je venait m'assurer que tu ne succombe pas aux charmes de cet énergumène. »
Émilie leva les yeux aux ciel. C'était n'importe quoi. Comme si elle pouvait tomber amoureuse d'un type aussi laid. C'était son savoir dont elle était en train de s'abreuver. Et de rien d'autre.
« Je voulais aussi te demander un petit truc. »
Elle opina du chef, lui signifiant qu'elle l'écoutait, les yeux pourtant rivés sur le gros vase.
« C'est à propos de Selene. »
« Qu'est-ce qu'elle a encore fait celle-là ? » demanda t-elle aussitôt, tournant la tête vers son frère et lui accordant enfin toute son attention.
« Mais rien du tout. T'angoisse pas. »
Il tourna la tête, s'assurant qu'aucune oreille indiscrète ne pouvait l'entendre. Baissant encore d'un ton il enchaîna.
«  C'est juste qu'elle m'a l'air plutôt solitaire et je me demandais pourquoi elle n'avait pas de copains. »
La question le taraudait réellement. Il ne connaissait pas bien l'adolescente mais ce qu'il avait vu d'elle le laissait croire qu'elle n'aurait dut avoir aucun mal à se faire des amis. Pourtant, elle restait obstinément dans son coin.
Émilie sonda le regard de son frère, tachant de déterminer où il voulait en venir.
« Elle t'a embobiné hein ? Je t'avais dis de te méfier d'elle. Des copains, elle en a, crois-moi. Et à la voir si calme sans eux je commence à me demander si elle ne ferait pas mieux de rester toute seule effectivement. »
Surprit par le ton presque agressif de sa sœur, il se demanda s'il avait vraiment bien jugé la jeune fille. Il était vrai qu'elle l'avait abordé d'une façon peu conventionnelle et qui l'avait laissé coi. Mais elle avait fini par se ressaisir et à se montrer sympathique. Il n'arrivait pas à l'imaginer donnant des cheveux blancs à sa sœur.
Mais déjà le guide passait à une autre vitrine et la visite continua.
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