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 Take me to the museum

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Take me to the museum   Lun 9 Mai 2016 - 18:45



Take me to the museum.


Selene Sweetnam Δ Gabriel Fowler



Jeudi 13 décembre 2012, Seattle, Washington, Etats-Unis.


Les enfoirés. Selene s’était doutée que ni James, ni Hadrian, ni Jessica n viendraient, mais elle s’était quand même présentée devant le bus austère qui était censé les emmener en sortie. Avec la soirée de la veille, elle avait toutes les bonnes raisons de rester dans son lit en plus. Comme souvent le mercredi soir, elle avait fait le mur pour se rendre chez un certain Sucre. Un type de 20 ans originaire d’Amérique latine qui travaillait dans une supérette et refilait de l’herbe aux lycéens de temps à autres. La pianiste ne comptait plus le nombre de fois où elle était allée chez lui avec quelques potes pour se défoncer. Ces derniers temps pourtant, ça l’amusait moins… c’était peut-être pour ça qu’elle était rentrée plus tôt et s’était offerte quelques heures de sommeil pour participer à cette sortie scolaire.

Le Burke museum. On leur avait distribué un petit fascicule sur le sujet qu’elle avait bien vite plié en huit enfoncé dans sa poche. Pour l’instant, ni les fossiles ni les bibelots ne l’intéressaient : elle avait froid et ne demandait qu’à s’assoir à l’intérieur du car. Le vent glacé faisait onduler ses cheveux auburn qui avaient clairement été coiffés en vitesse. Il piquait son visage si pâle que les cernes qu’elle n’avait pas eu le temps de maquiller étaient immanquables. Ses yeux bleus illisibles et sauvages dévisageaient ses camarades de classe avec dépit ; une pointe d’amertume aussi. C’était bizarre de se dire qu’elle les connaissait tous par leur prénom mais qu’elle ne leur avait jamais adressé plus que quelques mots utilitaires. Que ce soit parce qu’elle passait pour une garce ou pour un canon, le résultat était le même : tout le monde hormis ses amis la trouvait trop distante.  

Enfin ! Ils pouvaient rentrer. En queue de file, l’adolescente doubla les deux greluches juste devant qui n’avaient visiblement pas envie de bouger, non sans pester en silence. D’ordinaire, elle s’asseyait au fond. Les meilleures places quand il s’agissait de pouvoir s’éclater pendant un trajet mais… aujourd’hui elle était seule, elle était crevée et ne se sentait pas au top. Elle soupçonnait que la qualité de la beuh chez Sucre avait baissé ces dernières semaines. Pour être certaine que personne ne viendrait l’emmerder, Selene choisit l’une des places juste derrière le chauffeur et recouvrit ses oreilles de son casque. La playlist aléatoire de son téléphone commença par Sumo Cyco, ce n’était pas mal.

Encore crispée par le froid, ses mains gantées coincées entre ses cuisses pour essayer de les réchauffer, la musicienne regardait rentrer les professeurs. Elle remarquait immédiatement que Mrs Hammersmith, histoire-géographie, n’était pas là. La maline ! Elle aussi avait flairé le filon pour sécher cette journée. Ne restait que Mrs Fowler et…

Instinctivement, l’adolescente s’était redressée en rejetant sa chevelure dans son dos. Elle se savait désirable, même pour des hommes plus vieux – d’ailleurs elle en avait déjà conquis plus d’un – et se faire voir était devenue un réflexe depuis l’année passée. Un comportement qui l’agaçait elle-même d’ailleurs, mais c’était comme la sensation de faim qui naissait quand on voyait une tartine de nutella : sur le coup on cède, et après…
L’air de rien, elle enleva son manteau et ajusta son top asymétrique. Elle croisa les jambes et jetait des regards de biche à l’inconnu, autant pour attirer son attention que pour le détailler.

Il avait un petit air de famille avec Mrs Fowler alors Selene espérait secrètement qu’il soit son frère – ou son cousin. Après tout, elle avait déjà couché avec des types plus âgés que lui, même s’ils étaient complètement bourrés, alors… pourquoi pas ? Il était plutôt mignon et n’était pas professeur. Pas dans son lycée en tout cas. Voyant que sa prof d'anglais était en grande conversation avec la stagiaire qui assistait également à leur petite sortie, l’adolescente ôta son casque pour interpeller l’inconnu. Sa main aux ongles vernis rouge tapotait la place à sa droite.  

- Vous pouvez vous assoir là si vous voulez.  

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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Lun 9 Mai 2016 - 23:24

Dans quoi s'était t-il laissé embarquer ? Il avait suffit à sa sœur de battre des cils en faisant une mou exagérée, les mains jointes en prière pour qu'il éclate à moitié de rire et finisse par accepter. De toute façon ce n'était pas comme s'il avait encore le choix. Émilie devait emmener l'une de ses classes au musée et sa collègue s'était fait porter pale la veille. Aucun autre prof n'étant disponible ce jour là, Emy avait tout bonnement proposé son frère. Personne n'y avait objecté quoi que ce soit et il se retrouvait à présent devant le bus à se demander s'il saurait être utile à sa sœur pour gérer une classe d'ados.
« Rappelle-moi pourquoi je suis là. » lui souffla t-il à l'oreille juste avant de monter dans l'autocar.
« Parce que tu es mon frère et que tu m'adores ? Et aussi parce que ton école est en plein travaux. C'est pas de bol hein ? »
A cet instant, il aurait dût être en train d'accueillir ses élèves. Ses mignons petits élèves pas plus hauts que ça et qui lui affichaient toujours de radieux sourires. Une fois la dernière marche gravie, il se retrouva devant une bande de monstres prépubères, pour la plupart la tête dans leur téléphone ou en train de papoter avec leur voisin. Ça risquait d'être épique.
Aussitôt Émilie prit les choses en main. Elle Avança jusqu'au fond du bus et vérifia que tous étaient bien montés et qu'il ne manquait personne. Puis elle revint vers l'avant, clamant haut et fort :

« Bon, on est partis. On va tout de suite établir les règles. Vous pouvez parler mais pas hurler. Vous pouvez aller sur vos téléphones le temps du trajet à condition que je n'entende pas le moindre bruit qui en provienne. Je ne veux rien voir voler par dessus les sièges ni entre les sièges. Et si l'un de vous a envie de vomir, ce serait gentil de venir me prévenir avant que ça sorte. » Elle se mit à fixer un élève en particulier qui se fit tout petit. «  Tout contrevenant à ces quelques règles se verra jeté du bus en marche. » Certains élèves se mirent à ricaner. « Nan je plaisante. Mais vous pourrez dire adieux à votre portable jusqu'à la fin de la semaine. » Les ricanement cessèrent aussitôt.
Pendant ce temps, Gabriel était resté à l'avant, observant vivement chacun des ados assis dans le bus. Il repéra notamment deux garçon dans le fonds qui risquaient de rapidement se montrer perturbateurs. Émilie avait du les remarquer aussi car elle pris Sacha à part pour lui demander de garder un œil sur eux pendant le trajet. Elle n'était que stagiaire mais elle leur serait certainement d'un grand secours.
Puis une jeune fille assise juste derrière le conducteur s'adressa à lui. Il lui adressa un sourire amical puis jeta un regard vers sa sœur et vit qu'elle s’installait avec Sacha dans l'une des rangées du milieu. Il lui adressa un clin d’œil auquel elle répondit en tirant discrètement la langue. Puis il s'installa, toujours en souriant.
« Proposé si gentiment, comment pourrais-je refuser ? »
Il lui tendit alors sa main droite.
« Moi c'est Gabriel. Ton charmant professeur n'a pas trouvé bon de me présenter. »

Jetant un rapide coup d’œil par dessus son épaule, il s'assura que tout le monde était calme. Et étrangement c'était le cas. Pour le moment. Le bus se mit en branle et leur long trajet d'une demi heure débuta. Avisant le casque de la jeune fille duquel s'échappait une musique relativement forte, il ne put s'empêcher de le lui prendre délicatement pour écouter rapidement de quel groupe il s'agissait. Il plaqua un des écouteurs contre son oreille puis rendit son bien à la jeune fille après quelques secondes.
« Pas mal. Mais j'ai une nette préférence pour ce genre là.»
Il sortit de sa poche son portable sur lequel étaient branchés des écouteurs qui formaient une pelote impossible à démêler sans une bonne dose de patience. Il n'en prit d'ailleurs pas la peine et, après avoir sélectionné sa playlist favorite, il tendit un des petits écouteurs à sa voisine, ainsi que le portable puisque les fils entremêlés ne permettaient pas de parcourir une grande distance. C'était du Yann Tiersen, un morceau de piano que Gabriel affectionnait tout particulièrement. Il ne savait pas si cela plairait à la jeune fille mais c'était un moyen comme un autre de briser la glace.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mar 10 Mai 2016 - 8:36



Take me to the museum.


Selene Sweetnam Δ Gabriel Fowler



Jeudi 13 décembre 2012, Seattle, Washington, Etats-Unis.


Selene s’attendait sûrement à ce que l’inconnue refuse, préférant se rapprocher de ses collègues, puisque lorsqu’il accepta de se joindre à elle, ses yeux bleus s’écarquillèrent de stupeur. En vérité, en voyant la main tendue, elle se demandait s’il n’était pas en train de se moquer d’elle. La prendre à son petit jeu en quelque sorte. La musicienne réagit lentement à la politesse, sans y mettre aucune bonne volonté. Une fois qu’elle eut récupéré ses doigts graciles, elle répondit :

- Je m’appelle Selene.

Elle jeta furtivement un œil par-dessus le dossier de son siège. Maintenant que le bus se mettait en marche, elle était prête à parier que plusieurs autres filles de la classe avaient repéré Gabriel. Elles devaient être mortes de jalousie de voir que la pianiste avait le privilège de lui parler. Petite satisfaction personnelle qui lui tira un sourire malicieux. Elle souleva un sourcil quand son aîné proposa de lui faire écouter quelque chose de sa playlist. Une moue sceptique s’afficha brièvement sur le visage démaquillée de l’adolescente. Il était vieux, donc il écoutait forcément des trucs de vieux ; elle se préparait déjà mentalement à endurer quelques secondes un tubes des années 90 d’avant qu’elle soit née. Selene attrapait pourtant le téléphone qu’on lui tendait et s’immergea dans les premières notes de piano. Le style lui disait quelque chose, mais elle préféra vérifier sur l’écran avant de dire une bêtise.

- Yann Tiersen… je connais. « Pas mal », imita-t-elle avec un air impassible un peu exagéré.

Son regard croisa un instant celui de l’accompagnateur et elle éclata d’un petit rire d’enfant. Ok, ça allait, il n’était peut-être pas si nul. Elle rendit son téléphone à Gabriel, non sans en profiter pour que leurs doigts rentrent « malencontreusement » en contact, et passa son propre casque autour du cou. La musique qui s’en échappait était parfaite comme fond sonore. Dégageant ses cheveux avec des gestes nonchalants, l’adolescente avoua sur le ton de la conversation.

- J’aime bien en fait, j’en ai travaillé un peu au piano. Celle que j’ai préféré joué s’appelle… l’absente, si je me souviens bien. Tu connais ?

Bam. Passage direct au tutoiement sans même qu’elle ne s’en rende compte. Ou plutôt si, mais elle s’en fichait un peu. Pour être plus à l’aise pour discuter, elle se tourna pour s’adosser dans l’angle entre son dossier de siège et la grande vitre du car. Ils étaient bloqués à une intersection apparemment, plusieurs voitures klaxonnaient de bon cœur et le chauffeur commençait à pester dans sa barbe. C’était aussi pour ça que de temps à autres, elle aimait cette place. Entendre un gros bonhomme marmonner sur le trafic, ça pouvait être distrayant.

- Mais au fait, pourquoi t’es là ? J’veux dire, je suppose que tu remplaces Mrs Hammersmith, mais je t’ai jamais vu dans le lycée. Et tu ressembles à Mrs Fowler, c’est vraiment voyant. C’est ta grande sœur ?

Pourquoi la grande ? Peut-être parce qu’elle avait eu l’impression quelques instants que lui aussi était traîné à cette sortie à moitié à contrecœur. Egalement parce que ça laissait une chance qu’il ne soit pas « si » vieux et donc que ça ne soit pas « si » difficile de le revoir dans dehors des cours. Après tout, s’il était cool, pourquoi pas ? Les sorties sans but avec ses potes commençaient à la fatiguer de toute façon. Peut-être qu’un comparse plus mature la tirerait de son ennui perpétuel. Après tout : c’était sa dernière année avant sa graduation et le départ vers le supérieur. Et elle ne savait même pas encore quoi faire…  

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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mar 10 Mai 2016 - 11:49

Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle apprécie. Mieux encore, il semblait qu'elle soit une pianiste en herbe. Enfin, pas si en herbe que ça puisqu'elle lui affirma avoir déjà joué du Yann Tiersen. Ses musiques n'étaient pas pour les novices.
De son côté, Gabriel ne remarqua pas un seul instant les tentatives de la jeune fille pour essayer d'attiser son attention d'une manière bien particulière. Complètement à côté de la plaque, il n'avait pas l'habitude des ados. Pour lui, Selene essayait juste de faire connaissance et il en était ravi. Il s'était attendu à avoir à faire à une bande de survoltés rebelles qui n'écoutaient rien. Mais à l'évidence, il s'en était fait un cliché. Cela dit, il ne regrettait pas d'avoir préféré enseigner à des primaires.
Il ne remarqua pas vraiment non plus le passage au tutoiement. Dans sa classe, tous ses élèves le tutoyaient et l’appelaient même parfois Gaby. Il n'était pas fan du vouvoiement et du « maître » ou « maîtresse » que certains imposaient dans leur classe. Il préférait la décontraction et la bonne entente. Et puis, le tutoiement ne l'avait jamais empêché de maintenir l'ordre et le calme. Au contraire. Et puis c'était une manière de se sentir plus proche de son entourage. Vouvoyer quelqu'un, c'était déjà établir une barrière sociale qui n'avait pas vraiment lieu d'être entre un prof et son élève.

« Oui je la connais » répondit t-il simplement à la question de l'ado.  Ce n'était pas sa préférée cela dit mais il n'en dit rien.

Elle s’interrogea par la suite sur la raison de sa présence ici. C'était légitime. Il n'était pas un des profs de son lycée, et elle ne l'avait jamais vu auparavant. Et elle n'avait put que remarquer la ressemblance frappante entre les jumeaux. Il aurait d'ailleurs fallut être aveugle pour ne pas s'en rendre compte. Émilie avait le même sourire, cette même façon de froncer et de hausser les sourcils, la même façon de parler. Les mêmes yeux aussi. Et une foule d'autres détails physiques similaires. C'était lui, mais au féminin.  

« Dans le mille. Enfin presque. » Il laissa planer le mystère quelques secondes, affichant un sourire espiègle. « En fait c'est ma jumelle. »

Il y avait deux garçons assis une rangée en arrière, de l'autre côté de l'allée du bus. Ils avaient dût entendre car celui qui se trouvait côté allée se pencha comme il put vers Gabriel et lui tapota l'épaule. L'instituteur se retourna et l'élève, avide de savoir, lui posa la question :
« C'est vrai m'sieur ? Vous êtes le frère de la prof ? C'est vrai que vous vous ressemblez. »

« Non je suis un gros menteur ! » plaisanta t-il avant d'ajouter, « On est jumeaux mais tout le monde sait que c'est moi le plus beau des deux. » Il ne pouvait pas s’empêcher de plaisanter. Avec les gosses, ça faisait mouche à tous les coups. Pour les plus jeunes en tout cas. Avec des ados... bah, après tout, il ne risquait rien à essayer. Et c'était un bon choix car les deux garçons se mirent à pouffer discrètement et retournèrent à leur conversation enflammée. Pendant qu'il était tournée vers l'allée, il en profita pour jeter un œil aux autres élèves. Le chahut commençait à s'instaurer tout doucement. Les décibels commençant à monter imperceptiblement. Émilie lui fit un signe discret. Un signe que lui seul était à même de comprendre. Associé à la tête qu'elle tirait, ce signe ne pouvait signifier qu'une chose. 'Méfie toi'. Il lui répondit de ne pas s'inquiéter. Il gérait. Tout observateur extérieur aurait été bien incapable de remarquer cet échange silencieux.
Sacha, quant à elle, ne quittait pas des yeux les élèves, faisant un peu de zèle, elle leur intimait sans arrêt un peu de silence et de se calmer. Chose qu'aucun d'eux ne faisait très longtemps.

Se remettant bien dans son siège, il s’intéressa à nouveau Selene. Était-ce d'elle qu'il était sensé se méfier ? Après tout, Emy était bien placée pour connaître ses élèves. Dès lors, il ne put s’empêcher de remarquer la tenue et la position provocatrice de la jeune fille. Tout dans son attitude et son style vestimentaire était criant sur ses intentions. A moins que ce ne soit involontaire. Il se sentait un peu moins à l'aise tout à coup. Ses craintes se confirmaient. Il n'avait pas du tout à faire au même genre de public que d'ordinaire. Et il était complètement largué.

*Allons bon ! C'est juste une ado. Elle va pas te mordre.*  
Se ressaisissant, il poursuivit la conversation là où il l'avait laissée avant que les deux garçons ne l’interrompent.
« Pour répondre à ta première question, je remplace votre prof d'histoire parce qu'il semblerait que personne d'autre ne le pouvait. Ou ne le voulait. Je sais pas trop. Ma sœur me dit souvent quels monstres vous êtes. » Encore une plaisanterie. Une fois qu'il était partie, difficile de l'arrêter.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mer 11 Mai 2016 - 8:27



Take me to the museum.


Selene Sweetnam Δ Gabriel Fowler



Jeudi 13 décembre 2012, Seattle, Washington, Etats-Unis.


- Ce n’est pas très gentil de sa part de nous traiter de monstre, rétorqua Selene en feignant une mine boudeuse, moi j’ai toujours dit qu’elle était sympa comme prof…

Pour faire bonne mesure, l’adolescente fit semblant d’être vexée pendant une ou deux bonnes minutes. Le temps de prêter un peu son oreille au chahut qui s’élevait dans le bus, voir si elle percevait des ragots intéressants par exemple. Finalement, elle adressa un sourire désarmant à Gabriel en le dévorant d’un regard malicieux. Il avait l’air de les infantiliser un peu, mais il était mignon ; alors elle pouvait sans doute lui pardonner. Au moins, il n’avait pas l’air d’un coincé ou d’un type qui se prenait trop au sérieux ! Ça, c’était vraiment bien. Sortant nonchalamment un paquet entamé de Flexi-Fizz de son sac, la pianiste allait en proposer à son compagnon de voyage avant de retenir son geste :

- Attends… tu dis pas tout à ta jumelle quand même ? Ce ne serait vraiment pas cool.

Elle ponctua sa phrase en glissant élégamment un bonbon dans sa bouche, une intensité presque lascive dans le regard. C’était son premier test : ils n’étaient pas censés manger dans le car, mais là où elle était assise, personne ne pouvait la voir à part Gabriel. Allait-il jouer les surveillants et risquer de froisser ses pauvres sentiments de « monstre » ou bien fermerait-il les yeux ? Selene voulait savoir dans quelle équipe il jouait. Feignant l’enfant modèle qui se laissait aller à un unique pêché mignon, elle ajouta sur le ton insouciant de la confidence :

- Ce sont vraiment mes préférés. C’est un peu comme une drogue… je suis obligé d’en prendre tous les jours !  

Et elle s’y connaissait en came ! Enfin… pas tant que ça en fait. En vérité, à part l’herbe et, occasionnellement, un peu d’extasie en soirée, elle était plutôt branchée alcool. Avalant un deuxième bonbon avec une désinvolture adolescente, elle épousseta son leggins aspect cuir couvert de sucre et tira un miroir de poche de son sac. Dans son petit reflet, ses cernes lui paraissaient plus visibles encore. La musicienne était blafarde, la bonne tête de celle qui n’avait pas beaucoup dormi la veille.

- Ohlala, j’ai une tronche de déterrée ce matin…

Elle se faisait le commentaire à elle-même mais voulait quand même voir si le frère de sa prof d’anglais allait répondre quelque chose. Allait-il la charrier ? Lui faire un compliment ? Demander pourquoi elle avait l’air si crevée ? Oh d’ailleurs à ce sujet, il fallait qu’elle réfléchisse à un mensonge crédible. Elle ne pouvait certainement pas lui avouer de but en blanc qu’elle avait passé la bonne partie de la nuit chez un mexicain à fumer de la beuh. Pas encore en tout cas, pas tant qu’elle ne savait pas s’il était un espion au service de sa sœur ou s’il était un électron libre.

Alors quoi, un devoir de science ? Ou non… de français ! Ça attirait toujours la compassion quand on disait plancher sur une rédaction de français. Selene ne comprenait toujours pas comment des êtres humains pouvaient parler cette langue de naissance… elle échappait à toute logique. D’ailleurs, elle se demandait qu’elle avait été son idée à l’époque de prendre cette option. Aujourd’hui, tout ce qu’elle savait dire sans erreur c’était : « Bonjour, je m’appelle Selene et je viens des Etats-Unis »…. Oh, aussi « J’aime Paris et le fromage. »
   

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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mer 11 Mai 2016 - 15:10

Soit Selene n'avait pas compris la plaisanterie, soit elle feignait très bien d'être vexée. Non il ne savait pas y faire avec les ados. Le plus simple était peut-être, non pas de les considérer comme des enfants plus vieux, mais bien comme des adultes un peu plus jeunes. La bouderie de la jeune fille le fit doucement sourire. Renfrognée, elle semblait perdue dans ses pensées. Il ne brisa pas le silence qu'elle venait d'instaurer. Puis, du coin de l’œil, alors qu'il fixait le panneau de verre qui les séparait du chauffeur, il aperçut que la jeune fille le fixait. Son sourire espiègle lui donna envie d'éclater de rire mais il se retint.

Lorsqu'elle sortit finalement un paquet de bonbons de son sac, son premier réflexe fut de vouloir le lui faire ranger. Mais elle le prit de vitesse, le soupçonnant de complicité avec sa sœur. Bien sur qu'ils se disaient tout, ils étaient non seulement frère et sœur, mais également deux professeurs. Le respect du règlement n'était pas soumis à condition. Alors qu'elle enfournait un premier bonbon dans sa bouche, il hésita quelques secondes entre lui faire ranger son paquet et lui en piquer un.
Au final, il laissa échapper un grand soupir et enfourna sa main dans le paquet pour piocher sa part du butin. Une réserve de quelques bonbons dans sa main droite, il en mangea un premier avant de déclarer :
« En général.... si. Les jumeaux ça se dit souvent tout. Mais d'un autre côté... on aura qu'à dire que tu me devras une faveur. »
Sur ce il lui fit un petit clin d’œil complice tout en mâchant silencieusement le bonbon à la fraise.

L’allusion à la drogue le fit moyennement sourire mais il ne releva pas. Alors qu'il continuait de grignoter en silence, elle fit alors une réflexion sur son aspect physique. La regardant rapidement, il ne put que constater qu'elle avait l'air très fatiguée. Mais n'était-ce pas le lot de tous les ados ? On se couchait à point d'heure, on était sans arrêt sur son téléphone, sur des jeux vidéos ou simplement la télé. Forcement, on ne pouvait pas arriver en pleine forme à l'école le matin. Alors qu'elle se pouponnait devant son petit miroir, il se mit à mâcher le dernier bonbon que contenait sa main droite. Une fois celui-ci avalé, il la regarda quelques secondes avant de remarquer quelque chose qui lui avait échappé. Certaines veines de ses yeux avaient éclaté, traçant de petits sillons rouges dans la partie blanche. Rien de très prononcé, mais il en vint à se demander si son histoire de drogue, au delà d'être une plaisanterie, ne pouvait pas être une sorte d'appel au secours. Mais il ne se voyait pas lui demander de but en blanc 'Eh gamine, tu te droguerais pas des fois ? Cocaïne ? Amphétamine ? Cannabis ?' Le tact à l'état pur. Et puis elle semblait parfaitement lucide en dehors de son petit air fatigué. Si c'était bien de la drogue, ça ne devait pas être quelque chose de très violent. Ou alors il avait tout faux et c'était une gameuse qui passait ses nuits sur world of warcraft. Il aurait l'air vachement fin dans ce cas là.

Préférant laisser cette réflexion de côté, il se dit qu'il pourrait bien revenir à ce sujet plus tard si besoin. Et éventuellement en toucher deux mots à sa sœur. Elle connaissait sans doute assez bien les habitudes de ses élèves pour pouvoir lui révéler le fin mot de l'histoire.
« Mais non, tu es très jolie ne t'inquiète pas. Et si quelqu'un te fait une réflexion tu n'auras qu'à lui dire que tu es un vampire et que s'il ne te fiche pas la paix tu vas le mordre » Voyant la tête qu'elle faisait, et ne sachant pas si elle avait mal prit ou non sa réflexion il se sentit obligé de préciser : « Je plaisante. Va falloir t'habituer je suis comme ça. » Un grand sourire de gamin s'afficha sur son visage. A force de côtoyer des enfants, il avait fini par développer un humour qui ne plaisait pas toujours à tout le monde. Mais il n'y pouvait rien. Il aimait la joie. Et quoi de plus joyeux que de bonnes blagues ? Sa sœur aussi était du genre à être portée sur les plaisanterie. Il doutait qu'elle en use durant ses cours. Encore que, avec elle, tout était possible. Elle lui avait bien raconté qu'une fois, un de ses élèves s'était endormis en cours. Ses ronflements faisaient rire tout le monde dans la classe. Aussi, elle s'était approché de lui sans bruit et avait commencé à chanter une berceuse. Se furent les éclats de rire des autres qui tirèrent le dormeur de son sommeil, un léger filet de bave lui coulant sur le menton. Elle lui avait tendu un mouchoir en lui annonçant 'tiens, tu dégoulines.' Puis elle avait repris son cours une fois que les rirent se furent calmés. Il aurait payé cher pour assister à ça. Étrangement, aucun élève ne s'était plus endormi dans son cours depuis lors. Certainement par peur de subir la même humiliation.

Un léger sourire flottant sur ses lèvres à l'évocation de ce souvenir, il entendit alors des éclats de voix provenant du fond du bus. Sa sœur se leva en trombe au moment où il se retournait pour voir de quoi il s'agissait. Dans l'un des derniers rangs, deux filles étaient en train de s’arracher littéralement la tignasse sous les encouragements des autres élèves à proximité. Les doigts agrippés dans les cheveux l'une de l'autre, elles finirent à plat ventre dans l'allée, Émilie tentant de les séparer.
« Excuse moi je reviens. »
Sans attendre de réponse il se leva à son tour, dépassant Sacha qui ne savait pas du tout quoi faire. Alors que sa sœur tenait fermement l'une des belligérantes, il attrapa la deuxième sous les bras et la tira en arrière. Une fois séparées, les deux filles se crachèrent des insultes à la figures en tentant toujours de se griffer. Émilie força l'ado qu'elle retenait à s'asseoir à l'une des places vides du fond.
« On réglera ça une fois au musée. Et croyez-moi ça va pas vous plaire les filles. Pour l'instant, donnez -moi vos téléphones. » Les deux ados ne firent pas un geste pour obéir, continuant de se fusiller du regard.
« Les filles, vous avez deux solutions. Soit vous donnez vos téléphones à votre prof, soit c'est moi qui fouille vos sacs et vos poches pour les récupérer et je vais passer les 20 prochaines minutes à effacer tout ce que j'y trouverais. »
À l'unisson, le visage des deux gamines se décomposa et elles sortirent chacune un téléphone garnis de breloques pendouillantes qu'elle tendirent à Émilie. Elle s'en saisi puis fit signe à Gabriel d'emmener la sauvageonne avec lui à l'avant du bus. Autant éviter un nouvel éclat.
Poussant la jeune fille dans le dos, il la fit s'installer à l'une des places vides qui se trouvaient juste derrière Selene. Boudant, elle se plaça côté fenêtre et se plongea dans la contemplation du paysage, bras croisés.
Le calme enfin revenu, Gabriel se rassit à sa place, s'assurant une dernière fois en se penchant côté allée, que tout le monde était revenu à ses occupations. Étrangement, après un tel éclat, le silence semblait bien plus profond. A vrai dire, on entendait plus que des chuchotements et les claquements caractéristiques des touches de téléphones.
Lui-même plongé dans le silence il jeta un regard furtif à la boudeuse qui avait maintenant la tête posée contre la vitre et qui le fusilla du regard. Ça n'eut pour seul effet que de le faire sourire. Finalement, il savait se débrouiller avec des ados. N'étant plus seuls désormais, il désigna à Selene son paquet de bonbon du bout du doigt puis il lui désigna son sac pour lui intimer de le ranger. Pas la peine de déclencher une nouvelle dispute pour quelques bonbons.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Take me to the museum   Mer 11 Mai 2016 - 21:10



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Selene Sweetnam Δ Gabriel Fowler



Jeudi 13 décembre 2012, Seattle, Washington, Etats-Unis.


La boutade de Gabriel sur son teint cadavérique la fit éclater de rire. C’était nul mais c’était tellement spontané et inattendu que c’était plus fort qu’elle. Elle acquiesça, une sorte de signe qu’elle lui concédait un point « humour » et mangea un autre bonbon. C’était franchement dommage qu’il ne soit pas prof dans leur lycée finalement ! Il venait de démontrer en même pas dix minutes qu’il était plus cool que tout le staff réuni. D’ailleurs que faisait-il dans la vie ? Il avait bien dit qu’il remplaçait Mrs Hammersmith, mais est-ce que ça voulait nécessairement dire qu’il était enseignant ?

Selene allait poser la question quand des éclats de voix s’élevèrent soudainement depuis le fond du car. Une baston ? Maintenant ? C’était stupide. L’adolescente ne put s’empêcher de se redresser à son tour pendant que son voisin s’éloignait, constatant avec un air de mépris affiché les deux idiotes qui se tiraient les cheveux. Tisha et Vanessa, des pseudos pestes qui avaient la main facile mais surtout une grande gueule. Fort heureusement, aucune d’elle n’avait jamais cherché des ennuis à la musicienne. Elles étaient sans doute plus intimidées par ses amies que par la brunette elle-même, mais le résultat était le même. Et voilà que ça s’insultait, ça parlait de mamans et ça faisait des gestes obscènes.

Levant ses yeux bleus au ciel, l’adolescente se rassit pour dévorer tranquillement des Flexi-fizz. C’était toujours jouissif de voir les autres s’engueuler. Surtout que ces deux crétines auraient simplement plus attendre d’être arrivées pour s’isoler et régler leurs comptes. Ça n’avait aucun sens de faire ça sous le nez de leurs accompagnateurs, mais bon… ce n’était pas nouveau que ces filles étaient aussi bêtes que leurs pieds. D’ailleurs, Selene éclata de nouveau de rire quand ce fut Gabriel qui proféra une menace, légalement irréalisable, et qu’elles obtempérèrent.

- Dieu qu’elles sont connes…, murmura la pianiste pour elle-même en époussetant à nouveau ses cuisses.    

Ses pupilles brillaient encore d’hilarité et d’espièglerie quand le frère de sa prof revint s’assoir à sa place. Il avait déjà été trop sympa avec elle, c’était impossible de l’imaginer sévère sans penser que c’était une farce. Pendant plusieurs minutes, la musicienne respecta le silence, non sans discrètement jeter un œil mi-hautain/mi-moqueur à sa voisine de derrière. Quand elle s’aperçut que Gabriel lui demandait de ranger son paquet de bonbon, l’adolescente feignit d’être effarée, ses mains plaquées sur ses joues et la bouche en O en véritable parodie :

- Oh non ! s’exclama-t-elle à voix basse, est-ce que tu vas me prendre mon portable et supprimer ce qu’il y a dessus sinon ?!

Elle éclata d’un rire de sale gosse, bien fière de sa pique, mais consentit tout de même à obéir. Après tout, il avait déjà été suffisamment tolérant pour la laisser grignoter en paix, il ne fallait pas pousser trop loin les limites si elle ne voulait pas qu’il se transforme instantanément d’allié en ennemi. Elle décroisa les jambes pour accrocher les anses de son sac à ses genoux et sourit gentiment une fois que son hilarité fut apaisée. Penchant la tête vers son aîné, il était alors le seul à pouvoir l’entendre, mais ils étaient alors d’une proximité un peu trop complice.

- Excuse-moi, dit-elle sans en penser un mot, c’est que… tu sais que tu n’as pas le droit en fait ? Nous faire les poches de force et porter atteinte à nos vies privées… je ne me souviens pas de ce paragraphe dans le « règlement intérieur ».

Le dédain avec lequel Selene avait cité la chartre de vie de l’établissement laissait clairement comprendre que non seulement elle ne l’avait pas lu, mais en plus, elle s’en fichait. Elle plongea ses yeux bleus dans ceux de Gabriel, prolongeant volontairement cette approche malicieuse, et s’éloigna pour reprendre sa place. L’air de rien, elle se mit à jouer de l’index avec l’une de ses mèches de cheveux et demanda sur le ton de la conversation :

- Laisse-moi deviner du coup… tu es prof aussi, mais pas au lycée. Les maternelles ? T’as une bonne tête à t’occuper des mômes !
   

par humdrum sur ninetofive




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Take me to the museum

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