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 Montre-moi le monde

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Ian F. Lennon
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MessageSujet: Re: Montre-moi le monde   Ven 17 Juin 2016 - 16:09

Ian restait immobile, toujours avec le malade entre les mains. Il attendait partiellement regardant Rosaleen pour lui conférer sa force et son courage. Il avait bien compris qu’il s’agissait là d’un moment difficile pour la rousse, il la regardait tout en comprenant qu’il y avait des choses qu’il n’arrivait pas à saisir. Il faisait de son mieux, mais il était incapable d’en savoir plus. La créature qu’il tenait s’agitait. Heureusement pour lui elle manquait cruellement de force pour le coup. Il observait la scène ne sachant pas quoi dire ni quoi faire.

Il observait Rosaleen s’approcher d’eux avec un peu plus de prudence cette fois. Il était rassuré, il savait qu’il ne lui arriverait rien de mal, du moins, il avait envie d’y croire. Il remarqua alors la pierre que la rousse avait entre les doigts. Ian savait parfaitement ce qu’elle représentait pour elle. Il lui avait posé toute sorte de questions à leur sujet. Il savait au fond de lui qu’il aurait préféré planter son couteau dans la tempe du malade qu’il avait devant ses yeux, mais il ne voulait pas froisser celle qu’il aimait et qui se donnait déjà tant de mal pour cet être complètement décomposé. C’est avec une grande délicatesse qu’elle agissait.

Ian était admiratif du spectacle qu’elle était en train de lui donner. Il n’aurait jamais cru qu’elle ferait un truc de la sorte. Il aurait voulu en discuter un peu plus en profondeur avec elle, mais il lui demanderait sans doute des explications ensuite, quand ils seraient en sécurité et non pas en train de maintenir un malade entre eux. L’homme sentait le bras du mort bouger de plus en plus étrangement, il ne tarderait sans doute pas à se détacher, il faisait déjà une grimace rien qu’à cette idée. Son aimée avait déposé la pierre dans la poche gauche du cadavre avant de la refermer. Ian avait bien remarqué que le malade faisait tout son possible pour l’approcher et en croquer un bout. Elle voulait rassurer le corps, il l’entendait dire que tout aller bien maintenant. Enfin pour eux c’était encore à prouver. Il valait mieux partir maintenant et le laisser derrière eux.

- Tu as fini ? Je pense qu’il serait temps de rentrer.

Il avait prononcé ses mots autant pour lui que pour la rousse. Visiblement, elle avait fait un pas en avant encore aujourd’hui. Ian était fier d’elle et il voulait le lui dire. Une fois de plus. Il était obligé d’attendre. Il devait déjà trouver un moyen de se débarrasser du rôdeur qu’il avait dans les mains. Il le tira avec lui pour lui faire faire demi-tour et il fit de son mieux pour le propulser vers l’avant. La puissance qu’Ian avait utilisée avait suffi à faire tituber le malade, il lui faudrait quelques secondes pour faire demi-tour et les poursuivre. L’urgentiste voulait se servir de ce temps de la meilleure des façons possibles. Il attrapa Rosaleen par la main et l’entraina avec lui. Les malades étaient lents, il n’avait pas besoin de courir pour garder une distance convenable de la chose cependant, il savait que s’il continuait à les suivre, il se ferait tuer par ceux qui montent la garde. Il ne savait pas qui était de garde devant l’entrée aujourd’hui, mais cela n’avait pas vraiment d’importance. Ian se retourna en direction du malade et ramassa une pierre au sol pour la lancer sur le malade.

- Ne nous suis pas ahuri ! Si tu fais ça, ils vont te tuer ! S’il t’arrive un truc, je t’aurais prévenue.

Il lança de toutes ses forces la pierre dans l’épaule du malade qui se prit le coup, mais ne broncha pas pour autant. Il était désespéré, que pouvait-il faire de plus pour l’empêcher de se faire tuer ? Pas grand-chose. Dans les secondes qui ont suivi, un coup de feu se fit entendre et le cadavre tomba. Il avait pris une balle entre les deux yeux. Ian se tourna vers Rosaleen qui était un peu en retrait. Elle s’était donné du mal, mais maintenant, tout cela n’avait servi à rien. Est-ce que leur sortie avait été inutile ? Certainement pas, il avait appris plus de choses en quelques minutes que lors des derniers mois.

Il posa une main rassurante sur l’épaule de son aimée, maintenant qu’ils étaient en sécurité, ils n’étaient plus obligés de se dépêcher. Il la regardait avec compassion. Il regrettait vraiment la mort de ce malade. Il ne savait pas quoi faire ni dire.

- Je suis désolé, on tâchera d’en aider un autre plus tard si tu veux.

Il était prêt à recommencer sans aucun problème, tant que c’était pour elle.



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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: Montre-moi le monde   Sam 18 Juin 2016 - 12:13


''Montre-moi le monde''
ft. Ian




C'était une sensation étrange, ce mélange de tristesse profonde et de soulagement d'avoir pu aider à sa manière un malade. La rousse se sentait à la fois plus apaisée et à la fois démunie face à la situation de ce qu'avait été auparavant ce pauvre homme, elle ne le quittait pas des yeux, émettant des dizaines de prières et promesses silencieuses. Ce fut la voix de Ian qui la tira de ses pensées ; pendant un instant elle avait oublié le monde qui les entourait et les dangers auxquels ils étaient exposés, elle avait cette impression que le temps s'était arrêté mais ce n'était en rien le cas ; jamais le temps ne s'arrêterait, les secondes continueraient à s'égrener, enlevant sans cesse des être de ce monde. Déviant les yeux vers l'urgentiste, elle posa sur lui un regard à la fois ahuri et perdu ; il lui fallu quelques secondes pour que les mots de son hommes percutent dans son esprit et qu'elle hoche vigoureusement sa tête.

« Oui, allons-y ! »

Elle s'éloigna de quelques pas vers le lycée à regret, l'envie de rentrer n'était pas présente et elle aurait pu regarder ce pauvre malade toute la journée durant, mais elle savait que ce n'était pas le moment et qu'ils ne pouvaient se permettre de rester trop longtemps dehors. Principalement pour Ian. Que dirait Jared si elle rentrait en lui annonçant que son père n'avait pu revenir ? La jeune femme serra les poings à cette pensée et regarda sans mot dire le brun pousser le malade un peu plus rien. Elle s'arrêta de respirer alors que ce dernier titubait, de peur qu'il ne tombe. Elle ne pu savoir s'il avait reprit une contenance et se laissa entraîner par Ian qui marchait rapidement malgré sa jambe ; nul doute que celle-ci devait être douloureuse mais tout ce qui se lisait sur son visage était la crainte, l'inquiétude qu'ils ne parviennent pas à fuir. Rosaleen tourna lentement la tête et s'aperçut qu'il les suivait de son allure chancelante mais pleine de détermination.

« Il nous suit... »

Elle manqua de trébucher en reportant son attention vers l'avant mais se reprit rapidement, son cœur ayant toutefois manqué un battement. Ils approchaient de plus en plus du lycée, et alors que Ian tentait de faire son possible pour ralentir l'homme sans se mettre en danger, elle aurait voulu être suffisamment proche pour pouvoir leur crier de ne pas tirer. Mais cela risquait d'en attirer d'autres... un élément isolé n'était certes pas vraiment dangereux, mais les membres du groupe avaient eut des recommandation, et elle avait comprit que chaque malade qui approchait un peu de l'enceinte, ou même se mettait simplement en vue des tireur, finissait avec une balle en pleine tête.

Trottinant un peu plus vite, elle leva une main alors qu'elle tournant à l'angle menant à l'entrée, il fallait les prévenir à tout prix. Et l'égrenage du temps se suspendit à nouveau. Un coup de feu retentit, le bruit avait été certes étouffé puisqu'ils avaient l'obligation de mettre des silencieux pour ne pas alerter tous les malades du quartier, mais suffisamment pour que la galloise l'entende. Elle s'arrêta net dans sa course, se retourna... et son monde s'effondra une nouvelle fois. Le corps de l'homme était étendu au sol, il était retombé en arrière et les os de ses jambes avaient semblé se briser sous le choc. La main de Ian sur son épaule n'apaisa en rien la colère et la tristesse qui l'accablaient. C'était de sa faute s'il s'était fait tuer, tout était de sa faute.

Elle se mit en marche vers le cadavre d'une démarche à son tour chancelante, c'était elle à ce moment précis qu'on aurait pu prendre pour un malade, elle qui semblait mue par une force étrange d'avancer. Arrivée à hauteur du corps, elle se laissa tomber à genoux et posa une main sur le bras encore bien attaché. Elle ne tentait plus de retenir ses larmes ni ses tremblements, tout d'un coup elle avait l'impression d'être glacée jusqu'aux os. Pourquoi le monde devait-il finir comme ça ? N'y avait-il vraiment pas d'autre choix ? Elle reteint difficilement un gémissement plaintif et avança sa main jusqu'à la poche où elle avait glissé quelques minutes auparavant la pierre afin de la reprendre. La serrant fort dans ses doigts, elle serrait légèrement le bras de l'homme de sa main droite.

« Je suis désolée... Tu es libre maintenant, le chemin va être long et houleux mais tu peux partir. »

Elle ferma les yeux comme pour accompagner l'âme trop longtemps coincée dans ce corps. Quand la mort survenait naturellement, les âmes partaient vite, elles comprenaient ce qu'il leur arrivaient et laissaient derrière elles cette part de vie, toujours plus fortes pour la prochaine. Mais là... sa vie avait été arraché d'une telle sorte qu'elle serait pleine de tourment, essayant d'en comprendre la raison. La rousse ne pouvait qu'espérer que sa pierre fut utile malgré le peu de temps qu'elle avait eut pour agir. Elle se releva toujours un peu tremblotante ; ils ne pouvaient s'attarder ici, le bruit ne tarderait pas à en faire venir d'autres et bien qu'elle n'avait aucunement envie de croiser la personne à l'entrée qui avait tiré, ils n'avaient pas le choix. L'once d'apaisement qu'elle avait ressenti juste auparavant n'était plus, et seul restait dans ses yeux la tristesse mélangée à la colère et à cette impuissance qu'elle ne supportait de ressentir.

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Ian F. Lennon
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MessageSujet: Re: Montre-moi le monde   Sam 18 Juin 2016 - 18:34

C’est dur pour Ian. Non pas la mort du malade, mais simplement de ne pas comprendre. Il avait certainement besoin d’un cours rapide sur les femmes visiblement, tout restait bien trop sombre pour lui. Il avait l’impression que quoi qu’il fasse ses efforts restait vains. Il était soulagé de ce dire que le malade n’était plus, mais il était ravagé par l’attitude de son aimée qu’il ne comprenait pas. Il avait beau tourner la situation dans tous les sens, toute cette histoire restait aussi sombre qu’une nuit d’hiver sans étoile. Il soupirait et ferma ses paupières un instant alors qu’elle se précipitait vers le corps maintenant au sol du mort. Il était désemparé…

Au fond de lui, une voix lui disait d’attraper Rosaleen par les cheveux et de lui coller une paire de baffes en lui criant d’arrêter de faire sa gamine. Il ne comprenait même pas comment une telle idée avait pu lui germer dans l’esprit. Oui il était peut-être fatigué émotionnellement d’avoir tenu le malade pendant de trop longue minute, mais il n’avait jamais levé la voix sur quelqu’un. Alors frapper celle qu’il aimait tant, il ne comprenait vraiment pas comment il avait put imaginer une telle situation. Il s’en voulait de se sentir si inutile et désemparé. Il était prêt à faire tout pour elle, mais est-ce que l’inverse était vrai ? Il en doutait. Il ne croyait pas au miracle, mais pour elle il était prêt à faire un effort, ferait-elle de même de son côté.

Il savait au fond de lui qu’il était prêt à tuer des malades, il avait compris aujourd’hui qu’ils n’étaient plus rien sur ce monde. Passerait-il pour un tueur à ses yeux s’il en tuait ? Devrait-il lui cacher ? Il y avait tant de choses qu’il ne comprenait pas. Il regardait toujours la silhouette écroulée devant le cadavre. Elle avait certainement récupéré la pierre qu’elle avait mise dans sa poche plus tôt. Après un long moment perdu à observer la scène, il s’approcha de Rosaleen. Il fallait qu’elle bouge à présent, il était temps pour eux de rentrer à l’abri. Il savait parfaitement qu’elle en voudrait à l’homme qui avait fait ça. Il réalisait que ça pourrait être lui. Du moins qu’il était prêt à le faire. Son estomac se noua. Il avait lui aussi envie de crier son désespoir. Le regard dans le vague, il posa ses deux mains sur les épaules de la rousse. Il avait envie de l’encourager, lui dire qu’il ne s’agissait là que d’une première étape. Cependant, il n’en fit rien.

- Il est mort, ce n’est pas la peine de rester ici plus longtemps. Nous ferions mieux de rentrer.

Il avait le regard lourd et de la tristesse au fond de lui qu’il dissimulait du mieux qu’il pouvait. Il ne voulait pas blesser la rousse. En réalité, s’il avait choisi de partir avec elle c’était aussi dans l’espoir qu’il pourrait lui faire comprendre qu’il était déjà mort. Il avait échoué… Il pensait pouvoir la protéger contre elle-même, il c’était trompé, il n’était pas un si bon professeur que ça en réalité. Il était en train de se murer dans une sorte de silence, celui de la victime, celui de l’homme qui était perdu et blessé dans son égo. Pour une fois, qu’il avait vraiment envie de réussir à faire une chose, il se retrouvait devant un échec cuisant. Tant qu’il était question d’apprendre des choses par cœur pour les restituer, ils étaient là. Mais dès qu’il fallait comprendre les autres êtres humains, il n’en était plus capable. Il lâcha l’épaule de la rousse alors qu’elle avait fini par se relever, et avait repris le chemin vers l’entrée du camp.

Sa jambe lui faisait mal, mais pour la première fois, il était content de ressentir cette douleur. Elle lui rappelait tout ce qui s’était passé ses derniers temps ici, les vies qu’il avait sauvées de justesse ou non. Il essayait de se convaincre qu’il était utile, qu’il était capable de faire des trucs bien, même si par moment, il échouait. Il ne regarda pas en arrière, et ralentit le pas lorsqu’il était arrivé à l’intérieur du lycée, il pensait que la douleur aurait disparu, mais visiblement non. Est-ce qu’il avait repris trop tôt, certainement ? Il était trop tard pour pleurer, il n’avait plus qu’à assumer pleinement ses actes. Il s’en voulait presque d’être lui et aussi con. Il ne prendrait pas la parole pour détendre l’atmosphère et Rosaleen semblait trop bouleverser pour le moment. Il arrivait tout de même à se rendre compte qu’elle se sentait mal. Ce qui était en réalité presque un exploit.



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MessageSujet: Re: Montre-moi le monde   Lun 20 Juin 2016 - 21:47


''Montre-moi le monde''
ft. Ian




Leur trajet jusqu'à l'intérieur du lycée s'était déroulé sans mot. La dure réalité de la vie qu'ils menaient semblait avoir reprit le dessus sur la bulle dans laquelle la rousse s'était sentie quelques instants auparavant. Elle n'avait pas adressé un mot à la personne à l'entrée, celle qui avait tiré, pas même jeté un regard ; elle savait qu'ils devaient tous tenir leur rôle au sein du groupe pour la sécurité de chacun, mais elle avait besoin de temps pour accepter. La galloise avait cependant la sale impression que Ian n'en pouvait plus de ce temps, d'attendre qu'elle ouvre les yeux sur ce qui les entourait, qu'elle mette de côté ses principes. Elle l'avait ressenti dès que leurs regards s'était croisés, ça n'avait duré qu'une fraction de seconde, mais ils avaient tous deux eut suffisamment de temps pour s'observer et reconnaître sans grand mal les émotions de l'autre.

Ils approchaient dans leur chambre afin d'y déposer le peu d'affaires qu'ils avaient emporté. Rosaleen cherchait les mots adéquats, ressentant la présence de l'urgentiste derrière elle ; il avait ralenti le pas certainement à cause de sa jambe. Elle ne souhaitait pas que cette sortie se termine sur une note aussi négative, qu'ils se déchirent pour des incompréhensions de l'autre ou des problèmes d'acceptation. Ses larmes s'étaient peu à peu taries. Elle devait se montrer forte, expliquer clairement son point de vue et ce qu'elle avait ressenti. Et alors qu'ils venaient de déposer leurs affaires et que Ian s'apprêtait à ressortir de la pièce sans un mot qu'elle prit la parole, n'en pouvant plus de ce silence étouffant.

« Je sais que mon attitude t'énerve, soit parce-que tu ne la comprend pas ou parce-que j'aurai dû changer depuis le temps. Mais je ne peux pas être aussi indifférente face à la mort tu comprends ? »

Bien. Elle avait lancé la base, le plus dur était maintenant à venir : développer ce qu'il y avait au fond d'elle, expliquer cette tristesse qu'elle ressentait. Elle prit une profonde inspiration sans quitter Ian des yeux, glissant machinalement la main dans sa poche pour serrer entre ses doigts l'agate mousse.

« Je sais qu'il était mort, je l'ai compris. Ce n'est pas pour son corps que j'ai pleuré, tous les corps ne sont que des enveloppes qu'il nous faudra tous quitter un jour. Mais nous sommes des esprits, des âmes, et c'est pour cette âme que j'ai pleuré. Par tristesse d'abord qu'elle ait eut à vivre ça, mais aussi par soulagement qu'elle puisse enfin en être libérée. Je ne te demande pas de comprendre Ian, et si tu n'arrives pas à l'accepter non plus... si seulement je pouvais te montrer ce que je ressens. »

Elle se tut. Son visage n'émettait pas de réelle expression mais dans ses yeux on pouvait voir une peine mélangé à de la résignation. Elle aurait tellement aimé qu'il comprenne, trouver les mots justes, pouvoir le toucher et lui faire part sous forme de vision ce que tout cela représentait, ce que leur espèce représentait. Ce que signifiait chaque vie. Il y avait pourtant de ces choses impossibles, et ce point là en faisait parti. Il comprendrait peut-être un jour, finirait peut-être même par l'accepter, mais il semblait que tout comme elle il avait besoin de temps. Pouvaient-ils seulement se permettre de le prendre, ce temps ? Secouant la tête en revalant la boule qui s'était formée dans sa gorge, elle reprit sur un ton à la fois résigné et désolé.

« Je n'aurai pas dû te demander de venir avec moi, c'était encore trop tôt. »

Peut-être la prochaine fois serait-elle meilleure ? L'état d'esprit dans lequel elle était actuellement ne promettait pas de prochaine fois de ce type. La prochaine fois, elle irait seule afin de ne mettre que sa propre personne en danger.

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Ian F. Lennon
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MessageSujet: Re: Montre-moi le monde   Jeu 23 Juin 2016 - 13:49

Ce n’était qu’une sortie et pourtant, il avait l’impression de ne plus être le même homme que lorsqu’il s’était réveillé dans son lit au petit matin. Il venait pour la première fois de sortir de son confort. Il était content d’avoir fait ce pas en avant vers la survie. Il ne voulait plus rester dans le doute. Il voulait se battre et devenir un homme bien. Du moins c’est ce qu’il se répétait. Il était si concentré par les pensées qu’il avait à ce moment présent, qu’il ne se rendait même pas compte qu’il était déjà arrivé dans sa chambre. Enfin celle qu’il partageait avec Rosaleen. Elle était devant lui et à peine il la remarquait. Non pas qu’il lui en voulait pour ses agissements, mais plutôt qu’il était totalement perdu. Après avoir déposé ses affaires et retiré sa veste, il s’apprêtait à faire demi-tour pour quitter la pièce.

Il fut stoppé dans son élan par la rousse qui prit la parole. Il n’était pas en état de dire quoi que ce soit. Il était bien content qu’elle fasse le premier pas étant donné qu’il n’en avait pas la force. Ce serait donc aujourd’hui qu’ils débattraient de la vie et de la mort. Ils avaient tous deux des avis très arrêté sur la question ce qui risquait de créer quelques conflits inévitables, mais il était temps d’arrêter les tabous. Ian avait envie de penser qu’il était ouvert d’esprit et prêt à tout entendre.

- Pour le moment, ce n’est pas le cas, je suis totalement dans le flou. Cependant, je ne demande qu’à comprendre. Alors, je t’en prie, explique-moi.

Il invitait ainsi la rousse à reprendre la parole. Il voulait lui faire comprendre qu’il n’était pas fermé à la discussion contrairement à ce que son attitude laissait penser. Il retira sa main qui se tenait encore sur la poignée. Il s’en servait également pour se soutenir. Il se décalait de la porte pour s’assoir sur le lit. Il n’avait plus la force de rester immobile. L’urgentiste la fixait avec un regard qui se voulait un peu moins froid. Il attendait sagement qu’on lui apprenne. Il avait presque l’attitude d’un élève devant un professeur. Rosie reprit alors la parole, il écoutait attentivement ce qu’elle avait à lui dire, il se sentit obligé de commenter ce qu’elle était en train de dire.

- Je ne remettrais pas en cause tes principes, mais il y a une chose que je ne comprends pas. Si tu peux m’éclairer, fais-le. Je suis partie du postula qu’une fois la mort de quelqu’un son âme s’en va. Le truc, c’est que c’est malade sont mort pendant un long moment, mais qu'ils finissent par se réveiller comme par magie. J’aurais cru que c’était plutôt l’absence de leurs âmes qui les feraient agir comme ça.

Comme un bon américain qu’il était, il avait lu un tas de trucs sur la religion. Il n’était pas croyant lui-même, mais sa mémoire photographique la bien aidé lorsqu’il est question de connaitre par cœur des ouvrages. Il faisait peut-être actuellement une interprétation de la bible ou du coran. Il n’aurait pas pu le dire lui-même. Il était bien trop perturbé par la situation pour réfléchir plus intensément à la question.

- Je peux comprendre tes larmes, mais il s’agit là de personne que tu ne connais même pas. Ce devrait être un soulagement plutôt qu’une peine. Enfin, je veux dire, si on devait pleurer la mort de toutes les morts sur cette terre on n’en finirait pas de pleurer.

Il ne voulait pas être dure, avec son aimée, mais il devait avouer qu’il ne se rendait pas vraiment compte de ce qu’il disait, son métier l’avait formé à supporter la pression, la mort et les émotions. Mais c’était loin d’être le cas de la rousse. Il devait se mettre ça dans la tête. Elle ajoutait dans la phrase suivante qu’elle n’aurait pas dû lui demander. Ian n’était pas d’accord avec elle.

- Ce n’était pas une mauvaise idée, je pense surtout qu’on s’y est mal pris. Tu aurais dû m’expliquer tout ça avant.



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MessageSujet: Re: Montre-moi le monde   Ven 24 Juin 2016 - 13:47


''Montre-moi le monde''
ft. Ian




La galloise avait suivit Ian des yeux tandis qu'il s'asseyait sur le lit, elle était néanmoins restée à sa place, pas prête à pouvoir se calmer pour l'instant. Bien sûr qu'il voulait comprendre, elle aussi avait envie qu'il comprenne, mais parfois, elle avait ce sentiment que le gouffre qui était entre eux, celui qui représentait leurs idées tant éloignées, ne pourrait jamais être comblé. Était-ce elle qui était trop bornée ou lui ? Peut-être avaient-ils tous les deux leur part de responsabilité, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Ian avait baigné depuis toujours dans ce côté terre à terre de la médecine, enregistrant tout ce qu'il pouvait apprendre sur le corps humain et ses fonctions, alors que la rousse avait été élevé dans une culture toute différente ; elle n'avait pas l'intention de changer d'avis. Cherchant ses mots, elle prit un air qui se voulait compréhensif pour répondre au brun.

« Je comprend que c'est délicat de t'éloigner de ce qu'on a baratiné pendant tant d'années... et je sais que moi-même je ne sais pas vraiment de chance au changement. »

Elle marqua une légère pause avant de reprendre, espérant que l'urgentiste comprendrait.

« Quand le corps meurt l'âme s'en va. La plupart du temps. Mais il y a des exception où l'âme ne comprend pas et reste bloquée, comme par exemple lors des incinérations... elle n'a pas le temps de comprendre que son corps n'est plus, et cherche des réponses. C'est pareil dans le cas des malades. »

Elle n'en avait évidemment aucune preuve, et c'était à dire vrai certainement ce manque de preuves qui faisait que le brun ne la comprenait pas ; comment croire quelque chose qu'on ne pouvait voir ? Ça semblait absurde... Et pourtant la jeune femme y croyait dur comme fer. Les mots de son compagnon sur le fait qu'elle avait pleuré pour une personne qu'elle ne connaissait même pas lui glaça le sang et elle se senti prise par une nouvelle vague d'émotion ; tristesse et colère se mêlèrent et, sans même qu'elle ne s'en rende compte, son regard se fit bouleversé.

« Je comprend Ian que ton travail t'ait forgé pour que la mort deviennes pour toi une habitude, parce-que tu n'as pas eut le choix pour avancer, mais je suis désolée, je ne peux pas être insensible au sort d'une personne, même si je ne la connaissais pas. »

La colère avait prit le dessus sur la peine bien qu'elle était toujours présente. Elle avait croisé les bras, tremblant légèrement. Elle qui ne s'énervait que rarement, mais les mots qu'avait prononcé son homme ne passaient pas aisément dans son esprit. Certes, elle se devait d'accepter certaines choses, comme le fait que certains malade ne pourraient être sauvés, et que c'était parfois une question de vie ou de mort, mais elle ne pouvait accepter cette insensibilité. Comme si la mort était devenue une habitude. Se rendant cependant compte de son air dur, elle laissa retomber ses bras et soupira.

« Oui, on s'y est mal prit. »

A quoi bon s'accabler de reproches ? Ce qui était fait ne pouvait plus être défait, ils devaient apprendre à avancer avec les idées de l'autre, les accepter... Baissant la tête, la galloise s'approcha lentement du brun et posa son front contre le sien en fermant les yeux.

« Je suis désolée de m'être emportée, je n'aurai pas dû... J'ai juste besoin de temps. »

Elle espérait du moins que le temps soit suffisant, ne se sentant pas prête pour un sou à changer son point de vu. Mais peut-être qu'un jour, elle y parviendrait, au moins un peu.

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Ian F. Lennon
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MessageSujet: Re: Montre-moi le monde   Ven 24 Juin 2016 - 20:57

Son regard était porté sur sa femme. Il ferait tout son possible pour elle. Vraiment tout ! Il décida alors simplement de se taire. Il trouvait encore tant de choses illogiques dans sa version. Il aurait pu souligner qu’une incinération avait lieu en moyenne trois jours après la mort de la personne et que si les âmes n’étaient pas si stupides, elle avait le temps de se rendre compte que c’était la fin. Par moment, il la trouvait plus qu’incohérente. Peut-être parce qu’il n’y avait rien de cohérent sur la question et qu’il s'efforçait de trouver une logique là où il n’y en avait pas.

Tu sais, il y a de ça un an, je n’aurais jamais cru qu’une maladie comme ça pourrait exister, ce n’est pas explicable biologiquement et anatomiquement. Alors je suis prêt à accepter tout ce que tu me diras. Je ne veux pas te juger plus que nécessaire.

Il était en train de tortiller ses mains un peu comme un enfant qu’on venait de prendre la main dans le sac. Il ne savait pas s’il devait réellement se sentir coupable ou s’il devait partir en courant. Rosaleen n’était pas un monstre, bien au contraire, c’était une femme pleine d’amour. Il l’avait vu la première fois qu’il avait plongé son regard dans la sienne. Aujourd’hui, il ne comprenait d’où venait le problème. Est-ce qu’il avait grandi plus vite qu’elle ? Certainement. Son ancien métier y était sans doute pour quelque chose. Il savait que les premiers mois qu’il avait passé en temps qu’interne n’étaient pas faciles à gérer. Il avait vomi quelques fois en voyant le corps humain, mais maintenant, il n’y faisait même plus attention. Quand la rousse conclus la discussion par on s’y est mal pris. Il avait l’impression qu’une fois encore on lui retirer un poids qu’il avait sur les épaules.

S’il était un peu plus émotif, il aurait pu verser une larme. Cependant, il n’était plus le même homme que celui qu’il était lorsqu’il a mis les pieds dans le camp. Il a l’impression d’être un mélange d’Ian et docteur Lennon, pour la première fois il se sent entier ! Il est un peu triste d’avoir attendu une apocalypse pour ça, mais il n’avait pas de regret. Il releva doucement la tête remarqua que son aimée s’approchait doucement. Elle déposa son front contre le sien. Le contact était inespéré, il se sentant à la fois soulagé et apaisé.

Je suis désolé, je ne t’aide pas non plus. J’aimerais tout faire pour t’aider, mais je m’y prends comme un manche. J’ai toujours été habitué à apprendre la médecine avec des personnes très terre à terre que je ne sais pas comment m’y prendre.

Toujours son front sur le sien. Il l’attrapa doucement et l’invitant à s’assoir sur ses genoux. Il avait ce besoin de la serrer contre lui. Comme pour faire disparaitre la peur qu’il avait eue à l’idée qu’elle quitte sa vie. Il se rendait compte qu’il avait besoin d’elle pour avancer. C’était en partie grâce à son aide qu’il avait la tête haute aujourd’hui et qu’il n’était pas sombré dans la folie alors que sa jambe ne semblait pas guérir. Il déposait un baiser sur son front comme il en avait l’habitude, avant de respirer un grand coup.

Je ne veux pas te perdre, sans toi je me serais certainement laissé dépérir. J’espère toujours pouvoir compter sur toi, et je t’assure que je serais toujours là. Même si par moment, je ne comprends pas ou que je m’énerve. Ça fait partie de personnalité et si tu n’étais pas ainsi, tu serais quelqu'un d’autre.

Il n’avait rien d’autre à ajouter. C’est la première fois qu’il ouvrait son cœur à quelqu’un. Il savait que c’était le bon moment. Il se rendait compte qu’il l’aimait à la folie justement parce qu’il avait failli la perdre aujourd’hui. Il espérait qu’ils ne retenteraient pas de folie avant longtemps.



☩ Walking Down On The Road So Far ☩

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