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 Priez ou mourrez

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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mar 10 Mai 2016 - 16:44

Le déclic de son arme avait malencontreusement alerté le colosse. Il avait l'ouïe fine le bougre. Ou alors était-ce dut au silence pesant qui régnait ? Quoi qu'il en soit, il sentit ses jambes se dérober lorsque la jeune femme lui intima de baisser son arme. Elle avait beau prétendre ne pas avoir de mauvaises intentions, c'était quelque chose de facile à déclarer juste avant de planter un couteau dans le dos de sa victime. Ne pipant mot, il ne baissa pas son arme, continuant de viser le monstre qui s'était placé devant elle certainement pour la protéger. Son regard était hypnotisant. D'un bleu profond, il ne reflétait nulle agressivité. Bien au contraire. Il semblait simplement calme, déterminé et animé d'une grande générosité. Quant à sa voix, on aurait dit que la montagne elle même était devenue douée de parole. Grave, profonde et rauque, et pourtant empreinte de douceur. C'était un mélange très étrange et pourtant assez harmonieux.

Ce n'était pas le cas de la voix de la gamine qui s'exprimait à la manière des jeunes des citées mal famées. Cela dit, ce discours sonnait faux dans sa bouche. Comme si elle tentait de jouer un rôle qui n'était pas du tout le s,'agressivité dont elle fit preuve ne parvint pas à masquer complètement la peur qui la submergeait. Gabriel en eut la gorge nouée. On aurait dit un animal acculé prêt à tout pour survivre.

Le mastodonte affirma alors ne pas vouloir de mal à qui que ce soit, et il était difficile de ne pas le croire sur parole. D'autant plus lorsqu'il tendit à la gamine de quoi boire et manger. Un véritable luxe en des temps aussi troublés.
La jeune fille s'empressa d'ailleurs de s'en emparer. Sans un seul remerciement, elle se pelotonna à nouveau dans sa cachette de fortune. Bobby, ainsi qu'il s'était présenté, s'était un peu décalé en tendant son cadeau à l'adolescente. De sorte qu'à présent, Gabriel avait un vue parfaite sur sa camarade. Ses bras s'abaissèrent lentement alors que l'ado montrait une photo de son frère dans l'espoir qu'il ait été aperçut. Son pistolet pointait à présent le sol, son regard ne parvenant pas à se détacher de cette chevelure qu'il avait déjà vu sans parvenir à mettre le doigt dessus. Puis la jeune femme tourna la tête et la lumière se fit dans son esprit.

« Selene ? » murmura t-il.

Elle l'avait sans doute entendu car leurs regards se croisèrent. Oui c'était bien elle. Sauf qu'elle n'avait plus tout à fait le même look que lorsqu'il l'avait rencontrée il y a de cela … quoi, trois ? Quatre ans ? Ce n'était qu'une adolescente à la recherche de sa personnalité à l'époque. Aujourd'hui c'était une femme. Et pas désagréable à regarder qui plus est. Remettant la sécurité à son pistolet, il le fourra à la va vite dans la poche arrière de son pantalon. Il aurait voulu dire quelque chose. Mais les mots, quels qu'ils furent, restèrent coincés dans le fond de sa gorge. Reconnaître cette fille avait ramené à son esprit l'image de sa sœur. Après tous les efforts qu'il avait fait pour la reléguer au second plan, un plan où il était moins douloureux de se la rappeler... voilà qu'elle faisait son grand coming out. Elle avait été la prof de Selene au lycée. Alors comment ne pas se la rappeler en voyant la pianiste ?

Imperceptiblement, le menton de Gabriel se mit à trembler alors qu'il faisait de terribles efforts pour endiguer les quelques larmes qui menaçaient de poindre. Non, il ne savait pas quoi dire. Il resta donc silencieux, faisant face à la jeune femme qui l'avait sans doute également reconnu. Le visage décomposé par le chagrin, il fit un pas en arrière. Il voulait fuir cette réalité. Faire comme si tout cela n'avait jamais existé. C'était possible tant qu'aucune personne ne lui rappelait son passé. Et c'était exactement ce que faisait Selene. Elle lui remettait son passé sous le nez sans lui laisser la possibilité de se ressaisir.

C'en fut trop pour lui. Des larmes finirent par s’échapper malgré ses efforts. Elles coulèrent le long de ses joues poussiéreuses et un léger sanglot s’échappa de sa gorge.

«C'est vraiment toi? Ce n'est pas un cauchemar. C'est vraiment arrivé.» Il avait murmuré les derniers mots. Si bien qu'ils étaient presque inaudibles.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mer 11 Mai 2016 - 1:16

La musicienne souleva un sourcil quand la gamine l’agressa avec son vocabulaire des bas quartiers. Qu’est-ce qu’elle croyait faire ? L’impressionner ? Avant tout ça, Selene habitait un district pauvre et elle avait fréquenté plus d’un délinquant quand elle était au lycée. Les petits jeunes de banlieue ne lui avaient jamais fait peur, encore moins maintenant que les morts se relevaient pour bouffer les vivants. Quand l’adolescente ajouta qu’elle connaissait la pianiste, celle-ci soutint son regard en essayant de percer si c’était une menace en l’air – style « attention, je sais où t’habites » – où si elles s’étaient vraiment déjà rencontrées. Elle abandonna néanmoins bien vite la partie : impossible de mettre un nom sur ce visage couvert de crasse, ce n’était pas vraiment important. Au moins, une information notable était à retenir de tout ce brassage de vent : la gamine ne connaissait pas le type au flingue.

Avant qu’elle n’ait pu dire quoique ce soit, ce fut Bobby qui joua les médiateurs pour apaiser les tensions. Sa sincérité désarmante fit sourire Selene. Il était à la limite de la candeur même… tout son contraire en fin de compte, mais ce ne serait pas la première fois qu’elle mettait en évidence que le monstre de leur duo, c’était elle. Par sa stature naturelle, sans doute, l’ancien mineur imposa le respect à la sauvageonne, qui maugréa simplement qu’elle n’était pas méchante. Voyant que les ardeurs se calmaient, la musicienne baissa son arbalète et observa silencieusement son ami qui donnait quelques vivres trouvées à l’adolescente. C’était vrai qu’elle en avait plus besoin qu’eux. Elle avait l’air tellement émue par le don du géant qu’elle en pleurait. L’étudiante ne parvenait plus à supporter cette vision de misère ; elle détourna ses yeux bleus, profitant de l’instant pour surveiller les alentours.

Quand la pianiste reporta son attention sur l’inconnue, elle tendait une photo abîmée en demandant si on avait vu la personne qui s’y trouvait. Son frère. Selene attrapa le cliché, non sans fébrilité, et dévisagea le jeune homme qu’on lui demandait de reconnaître. Chercher quelqu’un dans un état ravagé par une épidémie : autant chercher une aiguille dans une botte de foin, surtout avec si peu d’indice, mais ce commentaire resta bloqué dans sa gorge. Secouant négativement la tête, la musicienne se tourna vers Bobby pour lui faire passer la vieille photo et l’interroger du regard.

Ce fut alors qu’une voix vaguement familière prononça son prénom. Interloquée, la concernée fit volte face pour se retrouver face à un souvenir. Le lycée, le car, le musée, les images se succédaient comme un mauvais diaporama. Le monde était petit. Ironique aussi. Ça faisait plus de 3 ans maintenant. Une autre vie, un autre monde. Les échos de cette période transitoire étaient à la fois clairs et brouillés par les années. Elle était une adolescente en 2012, aujourd’hui, elle était une survivante…

- Le frère de Mrs Fowler, murmura-t-elle.

Son prénom lui avait échappé pour l’instant. D’ailleurs, dans une autre situation, elle aurait sûrement relevé comme c’était flatteur qu’il ait retenu le nom d’une gamine qui s’était amusée à l’allumer le temps d’une sortie scolaire. Elle fit un ou deux pas vers lui, comme pour s’assurer que ce n’était pas un mirage. Il avait rangé son revolver, elle ne tenait plus son arbalète que d’une main, le long de son corps. Selene ne vit pas les larmes tout de suite mais perçut le sanglot et la question presque inaudible ; assourdissante dans ce silence pesant. Non, ce n’était pas un cauchemar.

- C’est moi…, acquiesça-t-elle doucement, mais… qu’est-ce qui est arrivé à votre sœur ?

Question stupide, parce qu’elle se doutait de la réponse. Pourquoi cela la touchait autant ? Cette femme n’avait été qu’une professeur parmi d’autre, non ? Ça faisait des années qu’elle ne l’avait pas vue. Depuis qu’elle avait fini le lycée en fait. Les yeux de l’étudiante s’écarquillèrent et elle redressa vivement son arme, l’œil dans le viseur. On pourrait d’abord croire qu’elle mettait Gabriel en joue mais en fait, c’était derrière lui que ça se passait. Un groupe de personnes avançait, quatre hommes et deux femmes très exactement. Ils avaient eu l’air de jaillir de partout, comme s’ils les espionnaient depuis un moment. Quand ils ne furent qu’à cinq ou six mètres, déployés en arc de cercle autour d’eux, la musicienne réalisa qu’ils étaient tous bien portant. Propres, lavés et rasés de près ; ils avaient de quoi s’entretenir. La plupart était équipée de machettes qu’ils tenaient d’un air ferme. Seul un avait un fusil en main, une espèce de carabine démodée.

Aux yeux de Selene, ça en disait long sur leur armement, mais là n’était pas le problème : la caserne de pompier dans leur dos coupait toute possibilité de fuite. Ses entrailles se nouaient, elle frémissait imperceptiblement mais n’en laissa rien paraître. Elle jeta un coup d’œil entendu à Bobby et sécurisa sa prise sur l’arbalète. Immédiatement, l’un des hommes fit un pas en avant, la main qui ne tenait pas sa longue lame dressée en signe de non agression.

- Hey, doucement…
- On ne cherche pas d’ennuis, engagea immédiatement l’étudiante, on essaye jus-
- Nous non plus, interrompit l’inconnu, on ne veut blesser personne. Mais… arf, on ne décide pas. C’est lui, il écarta les bras et leva les yeux au ciel.
- Lui ?
- Le Seigneur, répondit-il avec un regard possédé, il nous met à l’épreuve en nous plongeant dans le chaos, mais chaque homme et chaque femme peut encore laver ses pêchés. VOUS pouvez le faire ! S’exclama brusquement le type en postillonnant, repentez-vous… et aucun mal ne vous serez fait. Vous serez nos frères et nos sœurs.
- Et si on refuse ? On veut juste trouver quelques bricoles et rentrer chez nous.
- Oh, si vous refusez…

Son cœur s’affolait. Pendant toutes la tirade de ce fanatique post-apocalyptique, Selene avait vu se dessiner l’issue évidente de cette rencontre. La dernière fois qu’elle avait été confrontée à des vivants, elle s’était battue comme une lionne mais s’était faite capturée quand même. La peur avait réduit à néant son énergie. Cette fois, c’était différent. Elle était terrifiée, mais elle était prête. Simplement, elle aurait aimé ne pas tuer encore. Ne pas continuer à sombrer…

- Puisse le Seigneur vous accueillir à ses côtés ?

La pianiste fut la plus rapide. Avant même que l’acolyte au fusil ne dresse son canon, elle décocha un carreau qui transperça violemment son bras droit. Il lâcha son arme, hurlant de douleur, et elle en fit de même avec l’arbalète qu’elle n’avait pas le temps de recharger. Galvaniser par la rage de vivre, elle dégaina le glock 17 enfoncé dans son holster, décoinça la sécurité eut tout juste le temps de tirer deux coups qu’un premier homme arrivait à sa hauteur. A bout portant dans la poitrine, il s’effondra en gémissant.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mer 11 Mai 2016 - 6:30

Le colosse ne comprenait absolument pas ce qui se passait dans ce duel à la mexicaine. Une adolescente maigre et sale menaçait sa sœur d’âme avec un rouleau à pâtisserie et la bête était mis en joue par un homme qui semblait guère apprécier les armes à feux. Pour sa part, le monstre de foire ressemblait à une ancre, un phare d’où la lumière aveuglante de son humanité et sa gentillesse tempérait les actes de violences. Comme si les trois être pouvait discerner la nature profonde, presque angélique du géant au cœur d’or. Après quelques mots frapper par le sceau de la sincérité et de l’honnêteté, les armes commencèrent à descendre. Un son mat indiqua au golem de chair que la squelettique adolescente avait laisser choir au sol son arme de fortune. Le regard bleuté si pur de l’homme difforme plongea dans ceux de la femme enfant. L’empathie de Robert chuchota timidement à son subconscient que l’être tapi dans l’abri précaire des tuyaux était un maelstrom d’émotions à l’état vifs. De la peur, de la fierté, de la bravade, de l’angoisse et aussi un espoir qui commençait à germer sous le masque de grasse qui cachait les traits jeune de la femme. Vu le corps amaigri et les joues creuses, le mastodonte ne réfléchit pas plus qu’il fallait. Plongeant sa main immense et rugueuse dans la glacière, il en sorti une barre de céréale ainsi qu’un jus d’orange.   Tendant le petit tronc d’arbre qui servait de bras en direction de l’être effaroucher, les intentions du colosse était des plus limpides. Il ne voulait que l’adolescente mange un peu.

Celle-ci bougea avec une célérité des plus afférentes, subtilisant la nourriture avec l’adresse d’un pickpocket professionnel. Bobby dut cligner des yeux pour se convaincre que l’être qui ressemblait à cet instant à un animal craintif avait bien pris les victuailles. Selene semblait à cet instant reconnaître l’homme au pistolet et la tension se dissipa. Des larmes barbouilla un peu les yeux de l’être chétif quand elle montra une photographie à l’étrange duo. Robert prit la photo et répéta plusieurs fois le nom du frère de l’ange affamé. Comme cela l’esprit lent du simplet associait le visage barbu et souriant de l’homme au prénom donné par la voix fluet. S’assoyant alors sur ses chevilles, essayant de se porter au niveau de la jeune femme qui dévorait la collation comme si c’était un mets raffiné, Bobby fit un petit sourire. De tout l’être massif du colosse se dégageait des vaguelettes apaisantes, comme si l’océan de bonté qui sommeillait en lui avait subitement décider de submerger la jeune femme. Avec une affection et une tendresse qui devraient être étrangère dans ce corps ignoble, le monstre de foire tendit à la fois la glacière et la photo vers l’enfant qui était en position défensive. Le ton rocailleux mais simple et doux du géant caressa alors l’ouïe de la petite dame toute maigre.

Robert- Euh… Je ne connais pas mais si je le vois je lui dis que je t’ai vu… Euh… Tu t’appelles comment? Aussi mange pas trop vite et reste en un peu pour nous autre aussi ok… Euh… Manger trop vite fais mal quand on a faim fait mal au ventre et je ne veux pas que tu as mal ok?

Alors un sourire sincère et lumineux rendit les traits atypiques de l’homme en un masque bienveillant, presque sublime. L’adolescente pouvait presque lire comme un livre ouvert le cœur de l’homme, la générosité et la gentillesse guidait ses pas sur le chemin de la vie. L’homme aurait dû être gêner, être mal à l’aise. Mais la détresse perçue sous l’attitude robuste de l’adolescente lui rappelait trop Sandra. Sa nièce ressemblait tellement à la jeune femme. Elle ne voulait pas que le mastodonte s’inquiète pour elle, même si la maladie la détruisait petit à petit. Robert voulait l’aider, essayer d’avoir une rédemption, une seconde chance. D’essayer de sauver une âme en perdition, de lui faire retrouver un semblant de sourire. Mais une série de voix fit dresser l’oreille restante de la bête. Pivotant la tête, le regard océanique découvrit le demi-cercle d’individus armés qui s’était réunis autour de la musicienne. Comprenant que la situation était intenable et que le protecteur était sur le point de submerger les sens du colosse, Bobby dit dans un murmure à l’adresse de la femme maigrichonne.

Robert- Je vais aider ma sœurette… Euh… Reste là ok? Si un méchant viens pour te faire du mal, appelle-moi je vais venir… Euh… Je ne veux pas qu’on te fasse du mal tu sais.

Il n’eut que le temps de se redresser et de faire deux pas avant que les hostilité se s’ouvre brutalement. Les coups de feu furent comme un signales qui stimula les sens de la bête. Les yeux de l’homme difforme s’agrandirent de stupeur.  Une vague d’adrénaline fouetta les sens de la créature de cauchemar, le plongea dans une sorte de transe. Un état de conscience près des bersekers, ces guerriers touchés par la folie divine des combats. Deux adversaires se dirigèrent vers Selene, menaçant la pianiste avec de longues larmes. Aussitôt, dans un rugissement qui fit trembler de peur les agresseurs du duo mal assorti, Robert s’interposa. Un des deux hommes et se plaça dans la position de combat classique de l’agresseur armée. Jambes bien ancrées au sol, centre de gravité bas et le fanatique faisait des ondulations presque hypnotiques comme un serpent guetta sa proie. Quant au géant déformé, celui-ci n’avait aucun style de lutte. Seulement une longue série de combats brutaux et sournois qui avait jonché toute son existence. Il poussa un second mugissement digne d’un Minotaure qui fit comme un flottement entre les gens présents, se questionnant subitement de la réelle forme de Robert. L'homme reprit ses esprits rapidement et lança une attaque éclair vers le visage de la monstruosité. Celle-ci esquiva à moitié, le résultat de l’attaque laissa une zébrure de larve au niveau de l’oreille droite du géant.

Un petit morceau du cartilage, le pavillon externe de l’oreille pour être précis, chuta au sol dans une cascade écarlate. Un sourire vicieux et triomphant se déposa sur le visage robuste de l'acolyte. Mais il disparut pour deux raisons. La première fut qu’il n’y avait pas de signe de douleur sur les traits atypiques du mineur, juste une lueur de rage épouvantable dans son regard bleuté. La seconde raison fut la claque magistrale qui atterrit de façon brutale et expéditive sur le côté gauche du son visage. Les mains de l’ancien bûcheron avaient presque la taille du crâne de son agresseur et il fut sonné pour quelques instants. D’instinct il lança une attaque vicieuse descendante à partir du niveau du cou de Robert vers ses tripes. Reculant d’un pas, mettant ses avant-bras en « X », il bloqua le bras armé. Mais la pointe entama sa chemise et creuse un long sillon sanguinolent qui restera gravé à vie dans la chaire scarifiée de l’homme. Saisissant le poignet de son adversaire, Bobby appuya sur le point de pression au bas de la paume avec son pouce immense. La douleur soudaine fit lâcher la lame ensanglantée au fanatique, se trouvant tout à coup démuni devant l’erreur de la nature furibonde. La seconde main de Robert jaillit et ses doigts firent l’effet d’un collet incassable autour du cou de son assaillant. Le manque d’air transforma le visage de l'homme. Ses yeux s’écartelèrent subitement, le rouge envahit ses traits. Des attaques maladroites furent alors portées envers le géant, mais il ne sentit rien. Un simple mouvement et la nuque de l’homme sera casser. Le corps sans vie du méchant chuterait au sol. Mais au lieu de ça un immense coup de poing écrasa la joue gauche et le nez du membre de la secte de dément.  Un geyser de sang jaillit du cartilage nasal broyé. De la salive sanglante fut expulsée de la bouche de l’homme. La vision que le mastodonte eut alors lui fit lâcher l’homme suffocant et ses bras tombèrent presque inerte de chaque côté de son torse large comme une barrique. Il n'était pas un assassin. Son agresseur tomba au sol, essayant de retrouver son souffle. Il resta à genoux, ses mains massant sa pommes d'Adam presque broyé par l'étreinte du monstre de foire.

Un cri le fit se retourner à temps, esquivant plus par chance que par expertise l'attaque du second homme. Une femme se dirigeait vers l'adolescente, chantonnant la gloire du tout puissant. Robert fit face à son agresseur.  Les traits atypiques du faciès monstrueux étaient décomposés par la fureur. Une rage scintillait dans les yeux de l’homme à la musculation impressionnante.  Un maelstrom de de férocité et d’hydrophobie d’une telle intensité cuvaient dans l’âme du géant. Tellement puissantes que les effroyables tsunamis paraissant pour une simple tempête tropicale en comparaison. L’homme à la machette arma son coup, mais Bobby lança une main et stoppa net l’élan du costaud au poignet. L’agresseur avait la posture typique d’un cogneur de balle molle. Les jambes bien écartées. Il n’en valu pas plus pour que le genou du mineur soit tracter vers le haut. La largeur du genou, comparable au couvercle d’une marmite, ne laissa aucune chance à la zone sensible de l’homme. Celui-ci hurla d’une voix haut perché, vomit un peu et tomba à genoux. Tenant son précieux engin endolori dans ses mains, le malabar n’offrit aucune défense  au coup de pied sur le côté de la tête. L’agresseur de l’ange et du monstre sombra dans l’inconscience.  Les êtres à la réputation douteuse venaient d’apprendre une dure leçon.  Il ne faut jamais troubler l’eau qui dort. Car on ne sait jamais quel monstre dort au fond…

Robert- TOUCHE PAS MÉCHANTE!

Avalant la distance qui le séparait de la femme armée, Bobby tendit une main qui ressemblait à une serre pour agripper le cou de la femme qui semblait posséder. Aussitôt il la tracta à lui pour l'empêcher de faire du mal à l'adolescente. Les pieds de la femme décolla littéralement du sol. D'une puissante traction maintenant plongeante, il envoya la tête de la folle au sol, l’assommant net.

Se penchant, le regard soucieux et inquiet de l’homme croisa celui de la jeune femme. D’une voix où la sollicitude perçait allègrement, la lie de l’humanité parla tendrement à la sauvageonne et à l'ange d'ivoire. Le souffle court et haletant de la bête, résultat de son combat pour la survie, résonnait fortement. Le sang chaud coulait dans son cou, mais le golem ignorait la douleur pour se concentrer sur ses compagnons d'infortune. Le regard si pur de l'homme était chargé d'inquiétude et surtout d'humanité en voyant que tous semblaient bien portant.

Robert- Ça va? Pas de bobo?

Encore une fois, l'être de cauchemar ne se soucia que des autres, ne prenant pas garde à sa blessure superficielle à son torse ni à son oreille. Des gouttes de sang s'échappaient de des plaies pour abreuver le bitume près de la caserne. Mais près de lui, un des deux hommes essayait de sortir une arme de poing pour abattre celui qui lui avait tant de souffrance...



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 12 Mai 2016 - 15:09

La fille n'avait pas été déstabilisée par son langage caillera cela s'était vu à l'expression de son visage par contre, quand Malou avait annoncé la connaître alors là, elle avait tapé dans le mille !
Ça aussi elle l'avait remarqué, ce qui lui procura une joie malsaine et puérile qu'elle contint malgré tout assez vite.
« faut que j'arrête de jouer la connasse avec cette meuf, après tout c'est grâce à elle si je dessine, même si elle ne le sait pas. Faudra que lui dise un jour... »

L'homme au revolver s'était approché; lui aussi la connaissait; en fait ils se connaissaient tous les deux et tandis que Bobby regardait la photo de son frère, elle écouta vaguement la conversation mais le reste de son attention était pris par quelque chose de beaucoup plus important: Nounours s'était assis sur ses talons tout en détaillant la photo un peu floue du jeune homme souriant et doux qu'était Erik.
Même ainsi, il était plus grand que l'adolescente mais cela ne l'intimida pas.
Imperceptiblement, au fur et à mesure qu'il égrainait pour elle des paroles gentilles comme elle n'en avait jamais entendu auparavant, elle se rapprocha jusqu'à frôler son bras.
Comme le géant ne bougeait toujours pas, la regardant avec ses yeux splendides de bonté, elle alla tout doucement jusqu'à poser sa tête sur la large épaule puis se pelotonna davantage contre lui comme un chaton en mal d'affection, tout en répondant benoîtement « oui » à tout ce qu'il disait.
C'était si bon, il était si beau qu'elle aurait voulu rester ainsi jusqu'à la fin de ses jours.

C'était la première fois et ce serait sans doute la dernière que Malou se laissait aller ainsi face à un adulte mais pour elle Nounours n'en était pas un; il n'était comme les autres, il avait gardé son âme d'enfant et c'est cela qui plaisait tant à la sauvageonne.
Toutefois, malgré l'invitation, elle ne se resservit pas dans la glacière, non qu'elle fut rassasiée mais elle tenait à garder sa silhouette androgyne: grandir lui faisait trop peur, c'était plus fort qu'elle.

Mon vrai nom c'est Malorie lui murmura t-elle presque dans l'oreille mais je préfère Malou, cela fait moins... Moins grande personne, tu comprends ?

Tout à coup, l'adolescente sentit le grand corps réconfortant tressaillir.
Intantanément sur le qui-vive elle se raidit, se redressa, plongea son regard dans celui, adoré, de Nounours et suivit des yeux la direction qu'il prenait.
C'est alors qu'elle les vit; ils étaient six et menaçaient Selene. D'un bond elle s'arc-bouta, sortit son rouleau à pâtisserie tout en jaugeant avec colère mêlée d'effroi les nouveaux venus qui les encerclaient.
Le temps de la conversation étrange à propos du seigneur qui lave les péchés du monde, elle obéit à l'ordre donné par Bobby et resta en arrière mais quand elle vit l'inconnu lever son fusil et la jeune femme tirer à deux reprises, elle perdit ses moyens et avança en criant:
pourquoi vous faites ça ? Pourquoi ?

Malou ne comprenait plus.
Il y avait déjà tellement de cadavres ambulants qui massacraient les survivants en les mangeant; survivants qui devenaient ensuite eux-même des morts-vivants, gonflant le troupeau infernal de ces sombres créatures à une vitesse prodigieuse, pourquoi fallait-il que les humains s'entretuent ? Il en restait déjà si peu !
Mais quand l'adolescente aperçut le sang tomber de l'oreille de son protecteur, elle paniqua et se rua vers l'agresseur, l'arme de bois tendue en l'air comme dans les combats de hordes barbares.
Elle n'eut malheureusement pas le loisir d'aller bien loin, une femme du groupe s'était approchée en psalmodiant une prière, les yeux révulsés vers le ciel, lui barrant la route de ses bras.
Furieuse, Malou lui cracha à la figure: tu ne sais pas encore que les dieux c'est comme le père-noël, ça n'existe pas ?!
Pour toute réponse, l'endoctrinée sortit de sous sa robe un couteau dont la lame miroitait au soleil lançant des éclairs lourds de signification dans la longue main qui n'en finissait plus de se rapprocher de la poitrine de l'adolescente.
Malou avait toujours eu terriblement des couteaux. Voyant l'arme, elle recula, et tout en évitant la pointe avec l'adresse d'un félin elle hurla: NOUNOOURS !!! AU SECOURS !!!
Dans l'affolement, le surnom donné en secret lui avait échappé mais comme par miracle, Bobby avait compris qu'il s'agissait de lui et arrivait à la rescousse assommant la mégère en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire.

Alors il y eut un temps mort où Malou pu constater avec soulagement que personne de leur groupe n'avait été tué.
Sans répondre à la question du bobo, elle répliqua au géant: mais toi tu es blessé, tu saignes de partout ! J'ai une trousse...
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase: un des illuminés approchait sournoisement à pas de loups, dans le dos du grand homme, le visage tordu par haine.
Derrière toi ! Eut juste le temps de glapir l'adolescente avant de s'apercevoir que derrière l'agresseur, d'autres arrivaient, nombreux, en groupes serrés, tous armés.
Il y en a plein !!! gémit Malou en regardant avec affolement les trois comparses avant de se glisser subrepticement derrière eux.
« il ne faut pas que Nounours meurt... » se répétait-elle tout en se glissant – discrètement, dans le plus grand silence, comme elle avait vu Mani l'Indien faire – vers la direction convoitée.
« Il ne faut pas que Selene et l'autre meurent non plus... » serinait-elle encore pour se donner du courage.

Enfin, le but était atteint; ne restait plus qu'à espérer qu'il y ait de l'eau.
Elle attrapa l'embout prenant bien soin à ce que rien ne râcle bruyamment le sol. C'était lourd, très lourd mais mue par une force surhumaine à l'idée que Bobby soit massacré, elle réussit à installer le tuyau d'incendie sur son trépied à roulette, courut à pas feutrés vers la manivelle, la tourna et l'eau jaillit en trombe.
Cachée par l'énorme jet de liquide qui partait en pluie épaisse, elle s'assit sur l'engin et le fit avancer vers les ennemis à la force de ses pieds et de son corps.
Ce n'était peut-être pas grand chose; tout au plus les agresseurs se disperseraient-ils mais durant les quelques secondes où ils seraient aveuglés et trempés, cela laisserait peut-être aux autres le temps de réagir.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 12 Mai 2016 - 17:02

Lorsque Selene évoqua sa sœur, il cru que son cœur allait exploser. La boule qui s'était formée dans sa gorge l’empêchait de répondre et il ne put que la fixer, quelques larmes continuant de couler discrètement le long de ses joues. De toute façon, à la tête qu'il tirait, elle avait bien du comprendre.
Puis elle redressa son arbalète. Ne se sentant pas visé un seul instant, il voyait bien que ce n'était pas lui qu'elle regardait. Aussitôt il se retourna et put constater qu'ils n'étaient plus seuls. Reprenant rapidement son arme dans sa poche, il retira la sécurité, ne visant personne en particulier pour le moment, se contentant d'avoir l'air sur de lui. Rapidement, il essuya ses joues humides d'un revers de manche. Il aurait bien le temps de pleurer plus tard. Pour l'heure, il sentait un frisson glacé lui parcourir le dos.
Reculant doucement jusqu'à se retrouver à la hauteur de Selene, il essaya de calculer rapidement les chances qu'ils auraient de s'en sortir s'ils en venaient aux mains. Elles étaient faibles. Encore qu'avec le gentil colosse de leur côté, pour peu qu'il sache se battre, ils avaient peut-être une chance. Même la fillette avait repris son arme, prête à défendre sa peau.

La conversation s'engagea alors... et il fut rapidement évident qu'ils avaient à faire à des cinglés. Il n'y avait qu'une seule issue possible : se battre... ou mourir. Mais ça ce n'était pas vraiment une option. Quant à rallier leurs rangs... non merci. Sans façon. Depuis le temps qu'il cherchait des personnes avec qui survivre, des personnes à qui il pourrait faire confiance et avec qui il pourrait tracer un nouveau chemin de son existence... avec qui il pourrait aller de l'avant. Et voilà que ces gugusses se pointaient, tout fringuant, en leur demandant de se prosterner ou de crever ! Il en fallait beaucoup pour le mettre en colère, mais à cet instant précis, il bouillait de rage. Et de peur, accessoirement. En fait, c'était un étrange mélange des deux qui faisait trembler ses mains qui tendaient le pistolet droit devant lui.

Ce fut Selene qui ouvrit les hostilités. Le type au fusil mit hors circuit, le seul danger viendrait des lames. Ce qui arriva ensuite fut assez confus. Selene descendit un des hommes puis Bobby, paisible montagne et semblant un peu lent d'esprit, se mua en un monstre assoiffé de sang. Les cris de bête monstrueuse qu'il se mit à pousser faisaient froid dans le dos, et pendant une fraction de seconde, il se félicita d'être dans son camp. Totalement méconnaissable, il fonçait dans le tas sans même se préoccuper de sa propre sécurité. Du sang se mit d'ailleurs à jaillir d'une première blessure à l'oreille, puis d'une autre au côté. Pas étonnant qu'il soit à ce point balafré. Pendant ce temps, Gabriel ne put que rester là, son pistolet pointant une cible, puis une autre. Il n'était pas un bon tireur. Il y avait plus de chance pour qu'il touche un de ses alliés plutôt qu'un de ces cinglés. Rageant à moitié, il recula encore de quelques pas, toute son attention portée sur Bobby et son assaillant. Puis l'une des femmes se jeta alors sur Selene alors que la deuxième fonçait vers la gamine. Celle-ci appela le géant à la rescousse. Il courut donc sans hésitation pour aider Selene qui venait de tomber au sol, se roulant dans la poussière avec une espèce de harpie soigneusement coiffée. Pas vraiment adepte de la violence, il hésita quelques secondes puis, prenant son arme par le canon, il assena à la fanatique un furieux coup de crosse derrière la tête. Assommée, celle-ci ne put plus rien contre Selene sur laquelle elle était presque à califourchon. Un rapide coup d’œil lui permit de constater que Bobby avait réglé son compte aux derniers agresseurs. Il tendit donc une main amicale à la pianiste pour l'aider à se relever.

Mais ils n'eurent pas le temps de se remettre de leurs émotions qu'une nouvelle vague surgit. Ils étaient partout. Telle une meute de loups, ils encerclaient leurs proies, méthodiquement. Les six qu'ils avaient neutralisé n'étaient qu'une sorte d'avant garde. Cette fois-ci ils étaient perdus. Il avait à nouveau dégainé mais il laissa rapidement retomber ses bras le long de son corps. Même si par miracle il arrivait à toucher l'un d'eux, ils seraient dix à lui rendre la pareille. Se battre ne rimait plus à rien ils devaient trouver une autre issus à ce conflit.
Tout à coup, de l'eau se mit à jaillir de derrière eux. Surprit, Gabriel fit un pas de côté pour esquiver le jet qui fit également reculer les assaillants en première ligne. Il se retourna pour voir d'où provenait cette aide miraculeuse. La gamine était là, triomphante, avec son tuyau d'arrosage modèle géant pointé vers l’ennemi. Il ne put s’empêcher de sourire face à une telle ingéniosité. C'était le moment ou jamais d'en profiter. S'ils arrivaient à se barricader dans le camion de pompier et à le faire démarrer, ils pourraient foncer dans le tas et se tirer d'ici en deux temps trois mouvements.
Sans perdre une seconde à expliquer son plan aux autres, il se précipita vers le camion, celui-là même où Bobby, quelques instants plus tôt avait farfouillé pour trouver quelques trésors. Il grimpa à l'avant, côté conducteur et chercha fébrilement les clés. Boite à gant ? Non. Pare soleil ? Non plus. Eh merde ! Les mains sur le volant, il pianota quelques secondes, réfléchissant. Sur le siège passager, il y avait une veste. Il fit les poches en vitesse et fini par dégoter un trousseau. Il ne lui fut pas dur de trouver la bonne clé. Il la fit tourner et un merveilleux bruit de moteur se mit à ronronner furieusement. La jauge d'essence n'était pas très hautes, mais ils n'avaient pas besoin d'aller très loin.
« En voiture Simone ! » Cria t-il à l'adresse des autres, un sourire de victoire lui fendant le visage, le pied prêt à écraser la pédale pour foncer dans le tas.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 12 Mai 2016 - 18:22

Avant que le type au fusil n’ait le temps de dégainer un couteau pour remplacer l’arme qu’il ne pouvait plus utiliser, Selene tira à nouveau. Sur ses trois coups, elle avait touché deux fois : ventre et épaule. Elle s’améliorait, même si ce n’était pas la même chose de s’en prendre aux vivants. Les rôdeurs tenaient plus de la bête, désincarnés et aveugles. Alors que ces types… ils auraient pu être alliés. Ils auraient DÛ être alliés ! Mais l’humain était stupide, comme toujours.

Bobby s’interposa, fidèle protecteur, pour lui épargner la première ligne. A deux contre un, véritable monstre de puissance, comme la première fois qu’elle l’avait vu. Dans l’épicerie, quand il voulait libérer Juliane. C’était pour ça qu’elle s’estimait indigne d’être l’un de ses « anges ». Parce qu’il pourrait mourir pour elle, et elle n’en valait pas la peine. D’ailleurs aujourd’hui, Gabriel pouvait en témoigner : adolescente déjà, elle était perdue. Un papillon de nuit sans panache, sans vertu, sans rien de bien.  

La musicienne n’avait pas vraiment vu venir la femme qui se jeta sur elle. Pas assez tôt en tout cas. Puisqu'elle n'avait pas le temps de tirer, elle préféra lâcher son arme pour empêcher la longue lame de l’assaillante de se planter dans son cœur. Comme deux lionnes, elles roulèrent en grognant. Dans la mêlée, une douleur brûlante enflamma le bras gauche de Selene. Une estafilade sanglante marquait sa chair d’ivoire. En retour, son coude frappa à plusieurs reprises le visage de l’inconnue. Elle crut lui casser une ou deux dents, mais ce n’était pas suffisant. Galvanisée par la folie, la fanatique l’emporta, l’immobilisant en s’installant à califourchon sur son corps.

Les yeux ronds, possédés, elle chercha à poignarder la pianiste qui parvint à retenir ses poignets. Elle luttait, avec toute sa force, toute sa rage de survivre, son regard fixé sur la lame étincelante qui pointait vers son cœur. Oubliant toute retenue, elle hurla, emportée par la même hargne que lorsqu’elle avait affronté un pillard à Seattle. Lentement, le couteau de chasse déviait, mais aussi, son adversaire se révélait plus forte – ou plus endurante. L’acier descendait, elle perdait, elle poussa un petit gémissement quand la pointe s’enfonça d’un centimètre dans son épaule.  

Soudain, la libération. Gabriel ! Il avait assommé la cinglée et lui tendait la main pour l’aider à se relever. L’étudiante se dégagea en toute hâte, fébrile et haletante. Une fois sur pieds, elle voulut remercier son sauveur, mais elle s’aperçut du coin de l’œil que pendant que Bobby s’inquiétait pour la sauvageonne, l’un des types qu’il avait sonné se redressait et essayait douloureusement de sortir une arme à feu. Réagissant par instinct, Selene bondit sur son propre flingue abandonné au sol et tira à plusieurs reprises sur le fou qui souhaitait s’en prendre à son ami. Les balles s’étaient succédées, sans réfléchir. Toutes ne l’avaient pas touché, mais suffisamment pour qu’il retombe mollement.

Sans leur laisser une seconde de répits, le renfort arrivait. Plus nombreux mais à peine mieux armé. La musicienne ne décela qu’un autre fusil, mais c’était déjà de trop. C’était con, non ? Elle survivait à l’enfer depuis des mois et elle allait mourir parce qu’elle avait eu la malchance de tomber sur une bande de cinglés. Sans y croire, elle osa deux tirs dissuasifs dans le tas et se tourna vers l’instituteur qui courait vers le camion. Oui… le camion ! C’était leur seule chance. Bénie soit l’Amérique et leurs véhicules démesurés. Bénie aussi soit la petite inconnue qui leur gagnait un temps précieux en dispersant les rangs avec un des tuyaux d’arrosage des pompiers.

La jeune femme ramassa son arbalète et courut se jeter sur la banquette secondaire au moment où une balle de fusil siffla dangereusement au-dessus de sa tête. La peur explosa en même temps que la démence : c’était la première fois qu’on lui tirait volontairement dessus et si elle se faisait touché… c’était la fin de l’aventure. Pendant que Gabriel cherchait les clefs, elle se pencha à nouveau vers l’extérieur pour une pétarade dissuasive ; jusqu’à ce que son glock 17 émette le « clic » significatif d’un chargeur vide. Elle paniquait, le monde n’était qu’une palette de couleurs floues, et un autre tir de fusil manqua de la tuer en éclatant une vitre. D’ailleurs, plusieurs morceaux de verre lui entaillèrent superficiellement le visage, mais l’adrénaline étouffait la douleur.

Le bruit du moteur qui démarrait tonnait comme un espoir. Un espoir qui chassa ses angoisses, les remplaçant par une étrange lucidité. Qu’importe pourquoi ces abrutis de fanatiques laissaient un véhicule avec les clefs disponibles à l’entrée de la ville qu’ils défendaient, elle avait un plan. Une mauvaise idée peut-être, mais elle perdait les pédales.

- Emmène-là elle !! Hurla-t-elle à Bobby en désigna la fanatique qui avait été assommé par Gabriel, emmène-là !

Pas le temps de poser des questions, de toute façon, elle savait que le géant obéirait. Elle craignait simplement qu’il se fasse touché au cours des minutes supplémentaires que lui demandait cet effort, mais ce ne fut pas le cas. Les trombes d'eau le protégeaient toujours. La femme inconsciente fut installée sans ménagement aux côtés de Selene, le colosse et l’adolescente en voiture, ils pouvaient décamper. Les pneus crissèrent sur le bitume, une nouvelle balle de gros calibre ricocha sur la carcasse monstrueuse, et ils quittaient Brinon. Quand ils eurent parcourut 400 mètres, à une vitesse suffisante pour leur laisser plusieurs minutes d’avance, la musicienne ordonna brusquement :

- Stop ! Mets-le camion en travers de la route. On a une autre caisse, expliqua-t-elle en voyant son aîné hésiter, alors on leur barre la route et on garde les clefs du camion.

Celui-ci était largement assez long pour faire l’affaire et sans les clefs ni le matériel adapté, leurs assaillants seraient incapables de les suivre en voiture. Furtivement, son regard froid croisa celui de l’ancien professeur : oui, elle avait changé. Les années avaient transformé l’enfant et l’apocalypse avait brûlé la femme. Elle n’était plus rien qu’un animal terrifié accroché à sa survie. Un animal qui venait de prendre un otage pour la première fois.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Sam 14 Mai 2016 - 13:38

Un soupir de soulagement s’extirpa des lèvres exsangues du mastodonte. Tout le monde semblait bien portant. Souriant tendrement à la fillette qui semblait s’inquiéter de la parodie d’homme qu’il était, le géant allait lui répondre qu’il allait bien. Mais comprenant sans peine l’océan déchainé de terreur qui débordait des yeux de Malou, les traits du colosse se solidifièrent. À ce stade, quand il se releva pour voir l’attroupement de fanatiques qui s’approchaient des quatre survivants, l’homme difforme n’était qu’un tsunami de fureur latente. Il était blessé, la douleur dans ses nouvelles plaies qui serpentaient son corps scarifier semblait baigner par de la lave. Saisissant sa hache de bucheron près du camion de pompier, la force de la nature se dressait pour protéger celle qui considérait comme une sœur, celui qui les avait aidés et l’innocence même d’une enfant. Dévoilant sa dentition inégale dans une grimace de défi, la satisfaction du monstre de foire se bascula brièvement dans le regard bleuté si pur de Robert. Quelques fous s’étaient arrêtés nets, ne voulant pas croiser le fer avec l’imposante masse de muscles disproportionnés. Le sang s’écoulait lentement de diverses plaies de son corps, rajoutant un air démoniaque au mineur qui enserrait sa hache dans ses mains immenses. Regardant tour à tour Selene, Malorie et l’inconnu la voix rocailleuse et intimidante du golem de chair s’éleva comme une sentence de mort.

Robert- Partez ! Je m’en occupe et on se retrouve plus tard. Selene tu peux dire à Breann que je vais m’ennuyer d’elle ?


Dans son for intérieur, la bête savait qu’il n’aurait pas de plus tard. Mais si Robert pouvait faire un rempart de son corps pour permettre à l’ange d’ivoire et aux deux survivants de se sauver de la marée de fanatiques, il mourrait le sourire aux lèvres. Une dernière pensée s’envola alors vers celle qui avait permis à la lie de l’humanité de croire un instant qu’il était un homme. Une larme saline, véritable cristal remplie de remords et de tristesse dégringola sur la joue de l’homme. Se penchant vers l’avant, il rugit le pire avertissement bestial et intimidant qu’il était capable. Une promesse de mort et de souffrance pour les insensés qui allaient l’affronter. Quelques secondes plus pour permettre aux survivants de distancer les religieux trop zélés.

Mais alors un puissant jet d’eau balaya les premiers rangs de la milice religieuse de Brionn. Se retournant vivement avec une leur inquisitrice dans le regard, le sourire du colosse se transforma à cet instant en pure joie et surtout en reconnaissance. Malorie arrosait allégrement les fous furieux avec un boyau de pompier. Voyant que l’ange et l’inconnu se dirigeaient vers le camion, Bobby fit volte-face et courut vers la planche de salut. Au son du grondement de la bête d’acier qui revenait à la vie, l’espoir d’une possible chance de survie donnait les dernières réserves de force au golem pour se sauver. La pianiste lui cria de prendre la forme évanouie au sol et sans aucune hésitation il la prit pour la balancer sur son épaule. Voyant l’adolescente toujours occuper avec son boyau, un sourire triomphant allégeant ses traits sauvages et lui donnant une insouciance qui n’aurait jamais dû la quitter, Robert lui cria avec une sollicitude et inquiétude sincère.

Robert- VIENS MALOU ON PART! JE NE PARS PAS SANS TOI!


Lança sans ménagement le poids mort que représentait la vengeance de Selene dans la cabine arrière, le géant grimpa à son tour suivi par l’être doté d’une agilité peu commune. Des coups de feu saluèrent la fuite du quatuor dépareillé. Durant un court laps de temps, chaque individu présent n’essayait que reprendre sa respiration laborante et sifflante. La pianiste donna un ordre et de nouveau le groupe devra transférer de véhicule. Bloquant la voie de sortie de la ville avec le camion de pompiers comme barricade de fortune, Robert descendit de sa cachette suivirent des autres survivants. Voyant des bidons d’essence et une génératrice, l’instinct de la bête lui fit donner un coup en passant près des galons rouges. Pleins. Au moins, ils n’avaient pas tout perdu. Regardant l’ange à la peau d’ivoire, notant les petites blessures qui constellaient les traits harmonieux de son visage, le colosse dit de sa voix rocailleuse et éternuer.

Robert- Euh… Selene tu peux aller chercher le camion? Vas-y avec monsieur ok ? Moi je vais mettre du ruban sur mes bobos. T’as tes menottes?


Attrapant les anneaux métalliques au vol, la bête attacha les poignets de la jeune femme encore dans les vapes. Prenant soin de ne pas perdre les clefs des menottes, il es plaça dans le fond de sa poche de pantalon. Sous les replis de sa toge sacrificielle, le monstre de foire découvrit un SIG-Sauer 1911-22 avec étui et quatre chargeurs. Attendant l’arrivée du véhicule de fuite, le géant au cœur d’or regarde la petite créature androgyne. Un sourire sincère et d’une bonté sans borne déforma les traits atypiques de la bête. La voix rocailleuse et douce de l’homme difforme caressa l’ouïe de la jeune adolescente.

Robert- Je suis content que tu ailles bien Malou. Si tu veux ton vrai prénom sera notre secret… Euh… Quand tu vas vouloir le dire aux gens, ce sera quand tu seras à l’aise ok… Tu peux surveiller autour un instant pendant que je mets le ruban pour arrêter le sang s’il-te- plait? Aussi tu peux m’appeler nounours ça me fait plaisirs tu sais.

Laissant le soin à la fillette puante de protéger ses arrières, le géant ouvrit une flasque de Moonshine et en versa un peu sur ses plaies. Les crevasses dans la peau tannée comme du cuir du colosse protestèrent en brulant comme le ferait de l’eau bénite sur un démon. Réprimant sans problème une grimace de souffrance, le mastodonte cacha sa laideur à Malorie et finalisa de panser ses blessures avec du ruban tout usage gris. Le 4X4 arriva et le colosse embarqua sans ménagement le corps menotté et inerte dans le haillon arrière. Un bref coup d’œil à l’ange d’ivoire et les gallons ainsi que la génératrice trouvèrent refuge dans le véhicule tout-terrain. Une perche d’incendie ainsi que deux sacs de transports, un avec une grosse croix rouge et un autre frappé du sceau de la municipalité, prie le même chemin.

La musicienne assise derrière le volant de la bête d’acier, le groupe disparate trouva leur salut dans la fuite. Le village de fanatique devenait de plus en plus petit dans les rétroviseurs du Land Rover. Sans y penser, le bras immense et protecteur de l’homme étreignit les épaules frêles de la sauvageonne. Aussi naturellement que si c’était sa nièce adorée assise près de lui. Le geste était tendre, apaisant et d’une gentillesse qui démontrait la pureté de l’âme du géant. Donnant la flasque d’alcool artisanale à l’homme assis près de sa sœur d’âme, il se présenta. Il avait oublié qu’il l’avait déjà fait, son esprit lent avait complètement oublié ce fait.

Robert- Euh… Je m’appelle Robert ou Bobby… Euh… Merci de ne pas m’avoir tirée dessus tout à l’heure monsieur.


Les traits de l’homme difforme étaient devenus bienveillants, faisant oublier la rage qui défigurait l’horrible faciès lors du combat. Laissant sa chaleur bienfaitrice réconforter la petite adolescente frêle, lui donnant toute l’affection que son cœur rapiécé pouvait fournir, la voix du géant changea de tout au tout. Partis les cailloux dans la bouche. Un chant clair, pur et limpide se dégageait de sa gorge immonde. Un talent caché que peu de gens avait profité. Empathique créature, il avait cerné tout le stress, la peur et l’inquiétude qui régnait dans l’habitacle. Et la parade qu’il avait trouvée contre la détresse de tout et chacun fut le chant. Des paroles apaisantes et chaudes caressaient l’ouïe des gens présents, englobant les êtres dans une sorte de bulle protectrice. Un sorte de baume musicale pour guérir les âmes endeuiller et tristes. Le véhicule avala des kilomètres sans que les passagers s’en rendre compte. Caressant les cheveux crasseux de l’adolescente qui semblait écouter les battements hypnotiques du cœur de la bête et profiter du réconfort de ce corps puissant et chaud, Robert laissa mourir sa voix qui aurait pu rendre jaloux les artistes de la chanson. Souriant paisiblement, la main de libre se déposa finalement sur l’épaule de l’ange de porcelaine. Une inquiétude profonde et une sollicitude traversèrent le regard bleuté si humain du mineur. Il venait de sentir le sang chaud de son amie lécher ses doigts indignes.

Robert- Selene on va s’arrêter ok? Tu dois être soigné.

La voix rauque était sans équivoque. Il voulait faire des premiers soins à celle qui lui avait laissé une chance, qui avait laissé de côté l’image de monstre pour voir au-delà des apparences. Le lien qui se dégageait de la bête et de la belle était puissant, au-delà de la simple amitié. Un peu comme un lien fraternel s'était tissé entre eux avec tous ce qu'ils avaient vécu. Heureusement pour les fuyards, les cachettes sur le bord de la route et les chemins forestiers ne manquaient pas dans le coin…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Priez ou mourrez

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