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 Priez ou mourrez

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 9 Juin 2016 - 17:22

Les imprévus s’enchaînaient comme des dominos, voilà maintenant que l’un des types – qui s’était éloigné – revint pour s’enquérir du sort de son amie et la découvrit morte. Selene n’eut pas le temps d’intervenir, ce fut Bobby qui se jeta à corps perdu dans la mêlée, sortant de sa torpeur pour libérer la bête. La jeune femme gardait son arme prête, la crosse encore poisseuse de sang dans ses mains blanches, mais elle n’eut pas besoin d’intervenir. L’ennemi venait de ramper jusqu’à la dépouille de sa complice pour se suicider d’un geste.

Le silence retomba, brisa par les hurlements lointains que ceux qui clamaient au feu. La musicienne croyait avoir mis les pieds dans une vaste plaisanterie. Ces gens étaient capable de tuer de sang froid pour quelques babioles, mais se donnaient la mort par « amour »… la folie faisait de sacrées ravages. Elle s’inquiéta alors de l’état du géant qui garantit pouvoir se débrouiller et proposa de porter le chapeau. Encore. Sans un mot, elle leva brièvement les yeux au ciel. La tension rognait sur sa patience et elle n’en avait clairement plus assez pour faire dans la thérapie. Elle parlerait à son ami quand Brinnon ne sera plus qu’un souvenir dans leur rétroviseur.

Au moment où Gabriel et Malou déboulèrent, Selene faillit frapper son front du plat de sa main libre. N’avait-elle pas dit qu’ils se retrouvaient « à la voiture » ? Ce n’était pourtant pas difficile comme consigne. Et voilà que pendant qu’elle récupérait la carabine, l’adolescente confiait des âneries d’illuminés au colosse. Parce que c’était le moment ?! Les yeux écarquillés d’effarement, la pianiste regardait tour à tour la sauvageonne et son plus fidèle complice sans savoir par où commencer.

Heureusement, l’ancien professeur sut quoi dire. C’était la première fois que l’étudiante le voyait ainsi : sévère, dur, froid. Certes, elle ne l’avait pas beaucoup connu, mais elle n’avait entraperçut que sa facette espiègle et pacifiste. Selene n’osa rien ajouter, elle suivait Gabriel sur toute la ligne. Il était même bien plus clément qu’elle parce qu’à sa place, il y aurait longtemps qu’elle aurait largué Malou. Aussi, il fallait qu’ils bougent, vraiment. Les flammes de la grange léchaient le ciel noir désormais, les criminels allaient s’en rendre compte et débouler, alors ils devraient être loin.

Ouvrant la marche, elle passa la carabine en bandoulière et trottina à l’ombre des ombres. Ce fut un peu plus délicat de regagner l’endroit où la Land Rover était planquée. Les maitres des lieux allaient et venaient en petit groupes, constatant les dégâts. Ils n’avaient pas l’air très nombreux et de ce qu’on pouvait entendre, le seul camion de pompier qui était encore fonctionnel était planté sur la nationale 101. Les premiers grognements se firent entendre aussi, les rôdeurs attirés par la chaleur des incendies. Le temps s’égrenait à une vitesse folle dans la tête de la pianiste : l’étau se resserrait autour d’eux à chaque seconde et l’adolescente se permettait de se laisser distraire… ce n’était pas possible.

Au niveau du 4x4, une charogne claudiquait déjà vers les halos de lumière orangée. Sans hésiter, Selene s’en occupa, logea la lame de son couteau de chasse dans la tempe ramollie par la décomposition. Elle se tourna alors vers ses complices, ses cheveux emmêlés assombris par la nuit, ses traits blafards couverts de sang. Ceux qui pourraient voir son regard me découvrirait glacé, inflexible. La main qui tenait le glock 17 se crispait sur la crosse pour réprimer les frissons qui couraient sur sa peau.

- Tu ne viens pas, décida-t-elle sèchement en désignant Malou, au cas où tu n’as pas remarqué, on risque tous notre vie ici. On n’est pas là pour s’amuser, pour écouter des contes de fées dans les buissons ou pour faire ce dont on a envie. T’es pas capable de suivre les consignes, alors je ne t’emmène pas, elle regarda tour à tour Bobby et Gabriel, c’est catégorique. Tu restes ici, cachée sous l’arbre, et on revient te chercher quand on a fini. Si tu n’es pas là, tant pis, te courra pas après. Si tu nous suis et que tu nous mets dans la merde…

La musicienne laissa planer un instant ses mots. Elle se ficherait bien des contestations possibles de l’adolescente et se tenait à une distance suffisante pour réagir si elle cherchait à en venir aux mains. La pianiste avait bien vu ce qui était advenu de leur otage, alors elle ne prendrait aucun risque : son arme était prête. Malou n’avait aucune chance dans tous les cas.

- Je crois que tu n’as pas envie de faire ça, acheva-t-elle d’un ton sans équivoque.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Lun 13 Juin 2016 - 14:05

Le colosse livide et souffrant suivit sans rechigner son ange de porcelaine vers le véhicule pour la seconde partie du plan. Déjà les flammes léchaient le firmament et les gémissements affamés des âmes en perditions se laissaient porter par le vent. Tout allait trop vite pour l’esprit si lent de la bête. Les zones de son corps lacéré lui envoyaient des décharges de souffrances qui court-circuitaient les facultés de raisonnement et surtout la perception de l’homme grotesque. Une rage à peine perceptible flottait maintenant à la limite de son regard doux et débordant de bonté. Il voulait juste revenir à la maison, serrer Breann dans ses bras et lui proposer de dormir avec elle cette nuit. Juste avoir son corps céleste près du sien qui était repoussant fera le plus grand bien à Robert. Un peu de baume, d’amour et de bienveillance  en fait, pour soulager les tourments de la bête. Pour assembler un peu sa mince confiance en lui que Selene venait de faire voler en éclat.

Un petit sourire, rescapé de son âme si pure et humaine, s’apposa sur les lèvres exsangues et étirées du mineur en discernant la silhouette gracile et maigrichonne de Malou. Sans un mot, l’adolescente reprit la main intacte du géant et l’entrainant à sa suite.  À cet instant, l’âme du géant était dans l’œil de la tempête, un moment de calme dans ses douleurs et ses doutes.  Un ressentit une béatitude qui permit à son esprit de s’envoler au-delà de ces dures réalités. Des moments de bonheur qui semblaient apaiser la fièvre galopante que procurait sa rage monstrueuse. Des promenades avec sa nièce adorée. De ses moments où il se sentait un homme et non un monstre aux yeux de son ange.  Les chants en regardant le ciel étoilé en camping. Tous ces épisodes de sa vie, très peu pour être honnête, qui avait façonné la beauté intérieure de l’homme. Excitée, la petite voix de celle que l’homme appelait maintenant chaton lui décrit sa rencontre surnaturelle avec un individu encore plus laid que lui.

Robert écouter les petites phrases, les paroles chuchoter par Malorie. Un peu plus et le chainon manquant aurait pu se revoir dans un passé pas si lointain. Une époque où c’était Sandra qui lui murmurait des mots ayant une telle pureté qui guérissait son âme mise à mal. C’était souvent après des attaques cruelles, piques mesquines et troublantes fais par des êtres jaloux de la corpulence du géant ou bien repoussé par sa laideur étrange. L’homme essayait toujours de se reconstruire, de se valoriser et avant que ses anges soient rappelés au paradis, c’était sa famille qui l’aidait. En retour le mineur les aimait toutes les deux avec un amour inconditionnelles. Sans artifices, sans mensonges. Juste une sincérité et une affection que les gens perdent trop souvent. Robert aimait sa famille d’adoption, Selene par-dessus tout avec tout ce qu’elle avait fait pour l’Erreur de la nature. Mais encore ce soir, Bobby se sentait à part, rejeté par l’ange de porcelaine. Il devait avoir laissé tomber la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la patience de la musicienne. Elle ne s’occupait plus de lui, de le réconforter depuis que Gabriel était là. La seule personne qui se souciait du colosse difforme au cœur émietté était l’adolescente. Affaibli et complètement déphasé, c’était ce que l’esprit simplet du mastodonte soufflait à son âme si pure.


Alors qu’il répétait chacune des paroles de l’être qui avait prévenu le duo de survivants, l’enseignant parla soudainement. Il grondait littéralement la sauvageonne de les avoir mis en danger et pointait sa lame vers le Chaton du goliath essoufflé. Le visage, masque de douleur et de blancheur, devint intransigeant et gagna la dureté de la pierre. Après ce fut une lueur de surprise qui vient frapper de plein fouet le regard océanique de la bête hébétée. L’ange qui considérait comme sa sœur d’âme, celle qui n’avait que suivi ses idées sans vraiment se préoccuper de l’état du colosse, menaça à son tour l’innocence même d’abandon pur et simple. À voir la solidité de la prise sur la crosse de son pistolet, si Malou faisait un geste moindrement menaçant, elle n’hésiterait pas à faire feu. Tout l’être de Robert, toute la montagne de muscles disproportionnés, frissonna sous la fureur qui venait de s’accaparer de son cœur. Le géant au cœur d’or tellement grafigner par la méchanceté n’aimait aucunement les conflits. Mais à cet instant précis, il avait atteint sa limite. Se plaçant devant l’adolescente pour faire de son corps repoussant un bouclier monstrueux, Robert respira fortement. Regardant dans un premier temps l’homme, la voix rauque du géant gronda comme le tonnerre annonciateur de la tempête qui couvait dans les profondeurs de Bobby.


Robert- Ne pointe jamais ton couteau vers les amis ok? C’est méchant de faire ça… Euh… Je sais que tu es gentil, mais plusieurs autres auraient pu t’attaquer. Chaton pensait que c’était un gentil monsieur, tu sais… Euh… Elle est meilleure que moi pour reconnaitre les gentils j’en suis certain.



Levant un index vers la balafre qui ornait maintenant son profil cauchemardesque, il laissa le soin à Gabriel de comprendre la lourde signification de cet observation. Robert n’était qu’un idiot qui pensait pouvoir aider tout un chacun et espérer avoir une once d’amitié. Regardant de nouveau l’ange de porcelaine, le regard de la bête se voila subitement. Comme si la douleur de son corps venait de fendre sa volonté. S’appuyant lourdement sur le VUS, le géant porta sa main blessée à son visage. Il essaya d’essuyer un peu de sueur, mais une trainée sanglante barbouilla le front du mineur. Se redressant doucement, il planta son regard doux et compréhensif dans les orbes glacé de son amie. Avalant le peu de salive qu’il avait dans sa bouche, le colosse souffrant parla de nouveau.


Robert- Malou doit rester avec nous… Euh… Elle a découvert des trucs. L’homme est un hérétique selon ce que j’ai compris… Euh… Un homme sans foi. Les autres du village lui ont fait beaucoup de mal… Euh… Leur chef est fort et cruel.


Une lueur de défi se passa dans le regard bleuté si pur de l’être en nage.


Robert- Tu ne m’as jamais demandé ce que Alice m’a dit? Pourquoi? Car si ça avait été n’importe qui d’autre je suis sûr que tu l’auras fait… Euh… Moi ça vaut pas la peine je suis trop con et je l’ai payer d’être trop gentil… Euh… Mais elle m’a parlé de son groupe. Elle a dit que je serais accueillie à bras ouvert par les vingt membres… Euh… Que leur chef est sanguinaire, mais juste et pieux. Et qu’il a toujours deux gus collés à lui… Euh… À l’église quand j’y allais les plus méchants qui se servaient de la bible étaient toujours des anciens militaires ou bien d’ex-prisonniers… Euh… Je suis sûr aussi ce qu’a dit Malou est très important. Je dois juste finir de tout comprendre…


Un regard de mélancolie, de tristesse et pitié crève-cœur s’apposa dans les vestiges des yeux si purs de l’homme. Le masque de souffrance se fissura pour laisser transparaitre un autre niveau de douleur. Une blessure que rien ni personne ne pourra effacer de l’âme du géant. Un chuchotement, un murmure en vérité, franchit la barrière des lèvres exsangues du mastodonte.


Robert- Malou peut venir avec nous? Les méchants sont partout autour de nous et je ne veux pas perdre des gens gentils à cause de moi… Euh… Je ne veux pas te perdre, perdre ma famille, perdre Gaby et perdre Malou comme j’ai perdu Sandra et Rosalie… Euh… Je t’en prie ne la laisse pas toute seule ici. Je vais tout faire ce que tu veux… Euh… Je ne t’ai jamais rien demandé et après ça je te t’achalerais plus jamais sur rien.


Pour rajouter à ce moment touchant ou pathétique, quelques larmes brisèrent le blocus des paupières du golem de chaire. Elles cascadèrent sur ses jours et roulèrent dans le sang du visage de Bobby avant de choir au sol. Au loin des formes chancelantes se dirigeaient vers les foyer d'incendies comme le seraient des papillons de nuit par la lueur d'une chandelle...



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Lun 13 Juin 2016 - 21:33

Nounours avait écouté avec grande attention son récit, cela s'était vu sur son visage dont le regard s'éclairait de temps à autres comme s'il traduisait déjà mentalement les mots hermétiques de Séraphin.
Elle s'apprêtait à lui faire part de ses propres hypothèses quand Gabriel la fit sursauter: il tenait le poignard dans sa main et même si l'arme ne semblait pas complètement dirigée vers elle, ce fut suffisant pour lui donner des sueurs froides; elle se recula de quelques pas.

L'homme était en colère mais ses propos étaient tellement irrecevables aux yeux de l'adolescente qu'elle oublia la présence du surin, croisa les bras et le fixa droit dans les yeux avec l'air le plus effronté possible en attendant qu'il termine sa leçon de morale.
Quand il eut achevé son laïus, elle répondit d'un ton froid:
qui t'a demandé de m'attendre au pied de l'arbre ? Pas moi; tu as bien vu que je n'avais pas eu besoin de toi. C'est toi qui m'a aidé à couper les mailles du filet peut-être ?
Elle attendit quelques instants et poursuivit:
Quant aux bruits de pas, je les avais très bien entendus; je savais même avant toi que nous ne serions pas repérés !
Et à propos Séraphin, qui n'écoute pas l'autre ? Je t'avais dit que tu pouvais partir et que je vous rejoindrai.
Qu'est-ce qui te permets de me donner des ordres et me faire la leçon comme si j'étais une gamine ?
Je n'ai pas besoin de ta protection rapprochée.

Dans ton beau discours tu as oublié de dire que tu n'avais pas remarqué que le hibou qui hululait n'était pas un hibou mais un homme... S'il avait été méchant et si je n'avais pas été là, tu te serais fait avoir comme un bleu !
Alors qui a eu le plus besoin de l'autre dans cette petite aventure, hein ?


Malou commençait à en avoir ras la casquette de ces gens là; prétentieux comme pas deux, moralisateurs, campés sur leur quant à soi comme des hérons au-dessus d'un banc de vairons, toujours prêts à sortir leurs armes sans une once d'intelligence ou de ruse.
Ils étaient loin mais alors très loin de la finesse d'esprit, de l'humour et de l'humanité de Tony; quant à Mani...
Elle pensa à eux avec nostalgie. A cet instant précis, elle regrettait d'être partie aussi rapidement.
Mais alors qu'elle s'apprêtait à raconter l'enseignement reçu, la voix glaciale de Selene percuta ses tympans comme un coup de vent catabatique.

Ils venaient d'arriver devant le 4x4 quand la tempête se déclencha. Un peu plus loin gisait le mangeur d'homme qui empestait déjà.
Malou regarda d'un air faussement étonnée, sourire en coin, le pistolet braqué sur elle et lança avant que Nounours la protège de son corps:
essaie donc de me descendre et c'est la secte toute entière que tu vas voir arriver au pas de course devant ta bagnole, abrutie !
Et tu feras quoi quand tu auras buté tout le monde et qu'il ne restera plus que toi ? tu vas faire régner ta dictature sur qui ? Sur les cafards ?
Depuis le début c'est toi qui nous fous dans la merde, regarde la blessure de Bobby, c'est grâce à tes conneries !


Elle ne put continuer; la gigantesque carcasse de Nounours s'était interposée.
Douchée par ce qu'elle venait d'entendre de la bouche de son aînée, elle laissa le grand homme expliquer à sa façon les mises en garde de l'hérétique mais quand tout à coup il se mit à supplier Selene de ne pas l'abandonner au coin de l'arbre elle en resta baba...
Comment un homme de cette carrure avec l'intelligence et la force qu'il avait pouvait-il se mettre plus bas que terre face à cette femme qui ne valait pas un coup de cidre ?
Comme elle avait bien su lui imposer sa tyrannie au point de le transformer en mouton rampant...
Malou en fut dégoutée, écoeurée.
Il lui demandait la permission ? Mais c'était elle le gourou sanguinaire !

La mort dans l'âme, l'adolescente, protégée par la corpulence tant chérie, se retourna et lentement se dirigea vers la dépouille du mort-vivant.
Les yeux pleins de larmes et de déception elle sortit son rasoir, ouvrit comme à son habitude le ventre puant et se pommada intégralement de l'odeur de mort.
Elle partirait; elle n'avait en effet plus rien à faire ici. Son orgueil n'admettait pas que Bobby négocie sa présence de cette façon comme un chien affamé quémanderait un os qu'on lui jetterait avec mépris.
Elle ne dirait rien pour la trappe dans l'église, Nounours s'en chargerait certainement, tout content de bien servir sa maîtresse et de recevoir en retour une flatterie bien caressante.

Comme elle s'était trompée et comme elle devait être un poids, une mauvaise conscience pour le pauvre homme qu'elle entendait pleurer.
Par amour pour lui, elle s'en irait; il serait plus tranquille.
D'ailleurs l'aimait-il autrement que comme une enfant ?
Non; cela se voyait. Il devait être amoureux d'une femme, une vraie... Peut-être était-il marié ou maqué d'ailleurs malgré ce qu'il avait laissé entendre.

Quand elle se releva, elle était prête.
Il y avait juste une chose qui la tracassait mais demander cela n'était plus possible à présent; elle se débrouillerait; ce serait un peu plus compliqué mais elle avait une idée et savait très exactement où aller; et avec un peu de chance...
Elle repoussa un peu Nounours afin d'être dans le champs de vision de la nigaude sur patte, choisit un vocabulaire simple afin d'être sûre d'être comprise par cet esprit embué d'idiotie et de suffisance et déclara calmement:
tu as raison, je n'ai pas envie de faire ça et je n'ai pas envie de continuer mon chemin avec vous.
Je pars sur le champs, chercher mon frère.


Elle savait qu'en disant cela elle ferait mal à Nounours mais la séparation devenait nécessaire.
Entre le faux gentil qui confondait son couteau avec sa bite et l'autre ahurie qui tirait sur tout ce qui bouge, cela devenait trop dangereux.
Quant à Bobby, elle ne préférait pas y penser de peur de s'effondrer tant le chagrin la tenaillait.
Il était et resterait le seul amour de sa vie mais il n'avait rien deviné, tant pis.
Et puis... Malou appréciait sa douceur mais un homme qui manque de couilles comme il venait de le montrer, ça elle avait franchement du mal.

Glaciale, presque agressive elle lança à Gabriel: ne t'avise pas de jouer au chevalier servant cette fois-ci, fout moi la paix et reste avec ton clan; rassure-toi, j'ai pas 12 ans, j'en ai 17, je pense pouvoir me démerder sans toi.
Sans un regard pour Selene elle se tourna vers Bobby, baissa les yeux et murmura: laisse-moi partir Nounours, je t'en supplie; je suis trop mal avec eux deux, je préfèrerai crever plutôt que les supporter une seconde de plus.

D'ailleurs, si je me faisait bouffer, je pense que cela ferait plaisir à Pinochet ! Ajouta t-elle en regardant la jeune femme avec dégoût.

En un éclair, elle avait endossé son sac et s'était enfoncée dans le bois dans le silence le plus total.
Peu de temps après elle bifurqua mais les autres ne la virent pas car la nuit noire l'avait entièrement enveloppée.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mer 15 Juin 2016 - 15:10

Le fait que Selene se range de son côté ravi l'instituteur au plus haut point. Il ne voulait pas que Malou les accompagne à l’église. Pas si c'était pour encore n'en faire qu'à sa tête et les mettre en danger. Ce serait déjà bien assez périlleux comme ça. Dans un sens, il regrettait profondément le comportement de celle-ci. Son âge n'excusait en rien son manque de maturité. Par les temps qui couraient, même un enfant devait bien comprendre les enjeux encourus. Mais elle, non. Elle voulait avoir raison, quoi qu'il en coûte. Elle voulait avoir le dernier mot et c'était quelque chose qui insupportait Gabriel au plus haut point. Surtout lorsqu'il savait être dans le vrai. Elle se bornait à ne rien vouloir entendre. Encore plus orgueilleuse que lui, elle prenait mal tout ce que lui-même ou Selene lui disait et elle s’asseyait dessus avec dédain.

Quant à Bobby, il avait très mal prit le fait qu'il pointe son arme vers la jeune fille. Son geste n'avait rien de menaçant, du moins dans son esprit, il avait juste l'intention de la pointer du doigt sauf que… il avait eut son arme en main à cet instant voilà tout. Et à l'évidence, le discours que Malou lui avait tenu, avait trouvé une oreille très attentive. Lui-même n'avait pas vraiment cherché à comprendre les paroles sans queue ni tête du schizophrène, et de toute façon, quoi qu'elles aient put vouloir dire, cela ne changerait rien à leur plan. Mais cela semblait tenir à cœur au géant qui implorait Selene de gardait Malou avec eux. Gabriel savait que c'était tout simplement impossible. Cette petite furie les ferait tous tuer avec son caractère enflammé. Bobby ne s'en rendait pas compte. Sa naïveté était sa plus grande faiblesse.

Et voilà que c'était repartit pour un tour. Malou, l'éternelle furie indomptable, commençait à ouvrir le ventre du putréfié que Selene avait dégommé pour se tartiner des tripes pourries sur tout le corps. Ça ne pouvait signifier qu'une seule chose, la chère demoiselle piquait une nouvelle crise de nerf et avait décidé de se la jouer solo. Encore une fois. Mais cette fois-ci, Gabriel ne ferait rien pour la rattraper. Sa patience, pourtant incommensurable, était arrivé à bout. S'il n'avait rien répliqué aux phrases acerbes que la jeune fille lui avait balancé un peu plus tôt, ça ne l'avait pas empêché d’accuser le coup. Argumenter avec elle était vain car, quoi qu'il puisse dire, quelle que soit la logique de sa réflexion, elle n'en démordrait pas et resterait campée sur ses positions. C'était une lutte impossible à gagner en si peu de temps. S'il avait put discuter avec elle, calmement, et à force de plus de temps, il aurait peut-être réussi à lui ouvrir les yeux sur sa bêtise. Mais puisque rien n'est jamais facile, il n'avait ni le temps ni le calme nécessaire à sa disposition.

Alors qu'elle terminait de se tartiner comme une tranche de pain, Gabriel eut de la peine, non pas pour cette petite effrontée, mais pour Bobby. Il risquait de prendre le départ de la jeune fille comme un échec personnel, voire même de s'en vouloir. Elle le repoussa d'ailleurs sans ménagement, ce qui risquait de l'anéantir plus encore. Elle n'avait donc de considération pour personne !
La phrase qu'elle lui balança à la figure fit naître un sourire narquois sur son visage. Oh il n'avait nullement l'intention de la retenir. Il savait que cette fois-ci c'était peine perdue. Mais il ne fit aucun commentaire. À quoi bon de toute façon.

Alors que sa petite silhouette disparu dans la nuit sombre, Gabriel attrapa doucement le bras de Bobby.
« Je suis désolé. On aurait pas dû en arriver là. »
Et il était sincèrement désolé. Les échecs étaient monnaie courante quand on avait affaire à des ados. Mais là, alors qu'il s'agissait d'une question de vie ou de mort, cet échec avait un goût des plus amères. Elle avait survécu seule jusque là. Mais tout pouvait arriver à présent. Préférant ne pas penser à ce qui risquait de lui arriver si jamais son chemin croisait celui d'un de ces fanatiques, il ajouta :
« Ne crois pas que tu es responsable. Tu l'as clairement entendue. C'était Selene et moi son problème. Pas toi. Elle est resté trop longtemps indépendante pour supporter la moindre autorité de la part de qui que ce soit. Mais elle est dégourdie. Elle s'en sortira même sans doute mieux sans nous. »
Libérant l’énorme bras, il se tourna enfin vers Selene. Ne sachant pas trop comment décrypter son expression, il lui servit un sourire désolé.
« Ne perdons pas plus de temps. »

La jeune femme avait eut raison de vouloir l’écarter dès maintenant. Si Malou avait pété sa durite devant l'église, ils auraient eut l'air fin ! Au moins, à cet endroit, elle pouvait partir sans trop risquer sa vie, et sans risquer la leur.
Jetant un dernier regard vers la pénombre dans laquelle Malou s'était enfoncée, il lâcha un dernier soupir et grimpa côté passager.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mer 15 Juin 2016 - 21:04

Elle ne se taisait jamais, c’était insupportable. Pourtant Selene avait fait des efforts pour ronger son frein, lui donner une chance, lui permettre de participer. Elle estimait avoir fait un pas vers l’adolescente en lui montrant que sa contribution comptait, qu’elle lui faisait confiance. Mais ça, Malou s’en fichait, elle crachait dessus. C’était la plus jeune du groupe mais elle semblait persuadée de savoir tout mieux que tout le monde. Teigneuse, orgueilleuse, hautaine et de mauvaise foi, il ne lui manquait pas un défaut. Sa main la démangeait. Si elle n’était pas si loin, elle aurait giflé cette petite peste, mais la musicienne n’était pas au bout de ses surprises. Voilà que le géant s’interposait, fidèle protecteur devant son nouvel « ange ». Ça l’estomaquait. Pendant que son ami suppliait pour que la benjamine ne soit pas mise de côté, les yeux de la pianiste s’étaient étrécis, foudroyant. Elle qui laissait rarement éclater ses colères se sentait littéralement sur le point d’exploser.

- Tu te moques de moi j’espère ? Elle était livide, ses lèvres s’ouvraient à peine tant elle peinait à retenir sa fureur glacée, tu OSES me dire que je ne demande jamais ton avis ? Alors dis-moi, à qui j’ai fait confiance pour venir au chalet ? A qui je demande quoi ramener des expéditions ? A qui j’ai demandé d’apprendre à me servir de l’arbalète ? Qui me conseille sur les pièges ? HEIN ?!

Elle tremblait, de la tête aux pieds. A force de se serrer sur la crosse de son arme, sa main lui faisait mal, mais elle ne parvenait pas à la lâcher. Elle s’approcha de Bobby, ses pupilles ancrées dans les siennes, même s’il était bien plus grand. Au fond, la jeune femme était tellement bouleversée qu’elle en oubliait où ils se trouvaient.

- Tu te rends même pas compte d’à quelle point tu comptes pour moi. Tout ça parce que tu es trop occupé à te sentir idiot !

Selene laissa planer sa déclaration. Enfin, elle réussissait à détendre ses muscles. Son arme retrouva son étui, mais alors ce fut son index qui pointa d’un air assassin l’adolescente penchée sur le cadavre qu’elle éventrait. Celle-ci n’était même pas capable d’assumer ses paroles : dès que Malou s’insurgeait comme une hystérique, elle se réfugiait derrière le colosse ou bien s’enfuyait ; comme dans la voiture, comme dans la maison abandonnée, comme à l’instant.

- C’est pour toi que je ne veux pas qu’elle vienne. Parce que je t’ai promis de te protéger, tu te rappelles ? JE suis ta famille Bobby. Moi, je suis ta sœur, et je vis avec toi. JE suis ta famille. Elle, tu ne la connais PAS ! Je comprends qu’elle te rappelle ta nièce, ou quoi, mais elle n’est qu’une inconnue ! Et moi je ne mets pas ma famille en danger pour des étrangères INCAPABLES DE SUIVRE UN PUTAIN DE PLAN, la musicienne blême reprit son inspiration pour se calmer, j’ai pas besoin d’un conte de fée pour savoir que ces types sont dangereux. J’ai juste besoin d’un plan, qui fonctionnait très bien jusqu’à ce qu’à cause d’elle, on ait cette conversation ridicule qui nous fait perdre du temps.

Tiens, revoilà miss-casse-bonbon qui revenait sur scène pour ses adieux théâtraux. Pourvu qu’elle disparaisse, vite, parce qu’une minute de plus devant sa tête et Selene risquait de réellement la gifler. Quelle cherche son frère, si tant est qu’il n’ait pas fuit sa maison pour ne plus avoir à supporter sa sœur. Ce serait probable.

- La voilà ta super nouvelle amie, cracha la musicienne venimeuse, tu la défends, tu la protèges, tu lui donnes à manger, et elle se casse parce qu’elle est trop têtue pour écouter. Tu n’as qu’à la rattraper si tout ce qu’on a vécu ensemble vaut moins que cette…

Il n’y avait pas de mot assez fort. Sa gorge était tellement nouée qu’elle lui faisait mal. Elle se détourna pour ne plus affronter le visage malheureux de son ami et pour dissimuler ses larmes. C’était la première fois qu’elle se disputait avec Bobby. C’était d’autant plus douloureux que ce n’était pas de sa faute : lui, il n’était que gentillesse et compassion. C’était elle qui avait peur ; de le perdre, de se sentir jugée, rejetée, par celui qui l’avait vue sous ses jours les plus sombres. Malou partie, Gabriel prit le relais pour tenter d’apaisait l’âme du mineur. Il était extra ce type… vraiment… Selene croisa brièvement son regard et replongea dans la contemplation des halos flamboyants qui montaient dans le ciel. Sa vue était brouillée par les larmes, mais elle s’en fichait. Elle se sentait soudainement épuisée, rincée jusqu'à l'os, et elle avait mal au crâne. Alors quand l’ancien professeur grimpa à la place passager, elle secoua négativement la tête et dit :

- On laisse tomber, l’étudiante prit son courage à deux mains pour se retourner, on a perdu trop de temps et aucun de nous n’a le moral pour une attaque maintenant. Si on y va et qu’on est pas concentrés, on va juste se faire tuer. Alors…, elle haussa les épaules, on a ramassé quelques trucs quand même, on a qu’à laisser ces cinglés se débrouiller avec le feu et les rôdeurs.

Car en plus de la difficulté à éteindre les brasiers sans le camion de pompier, tant qu’ils brûleraient, l’intense chaleur qu’ils dégageaient attireraient les charognes sur des kilomètres à la ronde. Les fanatiques allaient en baver. C’était leur jugement divin, les flamme de l’enfer, apportée par la pianiste, comme promis.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 16 Juin 2016 - 8:11

Si le géant aurait pu prévoir ce qu’il allait se produire, il aurait tout fait pour achever sa misérable existence bien avant la rencontre de son ange de porcelaine. Bien avant l’ange de l’innocence et aussi tout ceux de sa famille. Le colosse balafré se sentait des plus inutiles. Devant chacune des réactions du trio de survivants, l’estime de soi et la confiance du géant éclata comme un miroir. L’incompréhension et la répugnance de Malorie, la détresse et l’amertume de Selene et même la compassion de Gabriel. Chaque mot, chaque parole cinglante labourait le cœur durement éprouver du mineur. Quand l’adolescente repoussa la parodie d’humanité, les éclats de sa tristesse et de sa détresse se mirent à flotter dans ses veines. Son sang qui s’écoulait tout doucement de ses plaies pour noircir ses vêtements usées et crotté. Les lames acérés de sa honte et de sa déchéance labouraient son âme pure. Bobby ne voulait que protéger toutes les personnes autour de lui et il ne venait qu’imploser l’unité fragile du groupe. À cause de sa stupidité et de son habitude bornée il avait fait pleurer son ange d’ivoire. Celle qui venait d’avouer au ciel et aux ténèbres qu’elle considérait le golem de chair comme un frère. Baissant la tête de honte, il sentit une rage et une démence alourdir ses sens. Il devait se racheter, redonner foi à la merveilleuse musicienne qu’il avait trahi. Ne voulant pas lever la main pour perturber son aura céleste, les poings de la chose se crispèrent. Obliquant son regard océanique qui n’était que deux lacs de de peine, il ne voyait plus la silhouette de la sauvageonne qui avait complètement mépriser celui qu’elle appelait nounours. Se laissant réconforter quelque peu par la main rassurante de l’enseignant, le visage à peine sculpter de la gargouille immonde se pétrifia devant les dernières paroles de la pianiste. La fatigue, la peine et l’attitude du colosse avait émoussé la combativité et la ténacité de l’ange. Un autre coup de poignard en plein cœur de Robert.

La créature gentille, douce et si débordante de bonté laissa alors le pas à la monstruosité que tous voyait en surface. Il avait gaffé sur toute la ligne, croyant les chimères d’une folle et doutant de la parole de sa sœur d’âme. Il avait cru que l’adolescente et lui était sur la même longueur d’onde. Comme avec sa nièce adorée. Une autre trahison vu les récents événements. Au loin dans la lueurs sporadiques des flammes qui léchaient le firmaments, comme si deux crevasses s’étaient ouvertes dans la terre pour laisser s’échapper les rejets des sept cercles infernaux, le clocher blanchâtre se détacha de la pénombre. Selene commença à marcher vers le VUS, la tête basse et les yeux humide. Les babines du monstre tressautèrent, laissant s’échapper un grondement qu’elle n’avait jamais entendu d’ici là. Un tâche de noirceur démoniaque commençait à corrompre la pureté d’âme du colosse. Sentant les orbes glacés qui servaient de yeux à l’ange d’ivoire se poser sur sa grotesque silhouette, le regard de Robert devient fuyant. Il ne pourra plus jamais regarder en face celle qui lui avait tant donné. Un murmure, un chuchotement vint briser le silence de la nuit.

Robert- Je m’excuse Selene… Euh… Je ne voulais pas te faire mal. Je t’aime petite sœur… Euh… Même si je sens que tu aimes pas trop ce nom. Je ne suis pas habituer que les gens me considère, me traite comme un homme. Je n’aurai jamais dû douter de toi, mais j’ai peur que ce qui arrive toujours avec les gens. Ils me laissent tomber... Euh... Je ne veux pas que personne soufre tu sais.

Toute l’imposante carcasse du monstre de foire était crispé à un point tel qu’il semblait sur le point d’exploser. Relevant la tête, les deux témoins de la déchéance de l’homme difforme virent une résolution et une détermination s’apposer aux traits atypiques de Bobby. Un intransigeance de façade où la colère bouillonnait en profondeur comme un volcan sous le point d’éclore. De la honte et de l’amertume à l’état pur brûlaient dans le regard bleuté de la chose. Il n’avait pas desserrer ses poings, les jointures étaient devenu aussi blanches que son teint.

Robert- Euh… Je crois qu’on peut y arriver. Aller chercher les trésors du temple et donner une raclée à ces supposés fidèles… Euh… Comme tu dis le feu attirent les morts et les vivants… Euh… La voie et libre et tous ceux qui vont chercher à blesser ceux que j’aime vont se retrouver la tête dans le cul… Je vais te suivre juste en enfer et te ramener Selene… Euh… Mais tu as le dernier mot. Je vais t’écouter.

Les ombres assombrissaient les traits de Robert, lui donnant l’air d’un démon sanguinaire qui n’attendait qu’un ordre de sa succube pour écraser ses ennemies. Tournant son visage impassible, croisant le regard inquiet de Gabriel, une promesse franchit alors les lèvres exsangues du golem de chair en piteuse état.

Robert- Personne ne va te toucher aussi Gaby… Euh… Je sais que tu as une bonne âme toi aussi… Euh… Assez bonne pour me supporter dans mes erreurs et mon manque d’intelligence.

Le protecteur était prêt au sacrifice ultime pour ces deux êtres d’exceptions. Il aurait fait la même chose pour Malorie si la sauvageonne aurait voulu de lui. Une honnêteté, une sincérité et une affection sans borne avaient transporter le ton rauque du monstre de Frankenstein...



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 16 Juin 2016 - 14:45

HRP pour Gaby: Malou n'a pas « repoussé sans ménagement » Bobby, elle l'aime trop pour avoir un tel geste envers lui ! J'avais écris « repoussé un peu afin d'être dans le champs de vision... ». Mais ne t'inquiète pas, vue la situation cela n'a plus trop d'importance !

Malou avançait dans la forêt tellement sombre qu'elle avait du mal à voir devant elle, aussi marchait-elle lentement, se repérant pas après pas.
Si elle n'avait pas été obligée d'aller ainsi dans le silence le plus total, elle se serait prostrée contre un arbre et aurait lancé un hurlement de bête afin d'exorciser son chagrin.
La sensation d'avoir perdu Nounours à tout jamais lui était insupportable au point que de lourdes larmes tombaient en cascade de ses yeux, s'écrasant sur le lainage de son écharpe de fortune.
La détresse et le désespoir enserraient sa gorge tel un étau au point qu'elle dû s'arrêter quelques instants afin de reprendre son souffle.

Plantée au milieu de nul part elle voulait mourir; rien ne la retenait plus à présent. Le monde en plein chaos avait brisé tout espoir, elle n'aurait pas d'autre avenir que celui de lutter inlassablement contre les mort-vivants, quêter, mendier une nourriture qui se faisait de plus en plus rare, chercher un frère peut-être mort avec pour tout bagage cette douleur lancinante qui lacérerait son coeur tout neuf d'adolescente jour après jour, heure après heure, seconde après seconde.
Nounours... pensa t-elle, je t'aime... Je t'aime tant...
Elle aurait voulu le lui dire en face, le crier sous les toits, s'agenouiller devant lui afin de demander pardon, embrasser passionnément son visage, sa bouche, se lover dans ses bras et ne plus jamais en bouger, ne plus jamais rien voir d'autre que lui et le lac apaisant de ses yeux dans lequel elle se serait définitivement noyée.

Elle espérait encore entendre son pas lourd derrière elle; elle rêvait de l'entendre murmurer « je t'aime aussi, je ne te quitterai jamais, je viens avec toi... »
Hélas, il n'y avait rien d'autre que ce silence assourdissant à lui crever les tympans.
Pour cet homme elle avait été prête à accepter de grandir; à présent son voeux le plus cher était de ne plus jamais s'en donner l'occasion

Reprenant sa route, elle bifurqua sur un sentier tracé.
Au loin grognements et hurlements annonçaient le même apocalypse que d'habitude, unique ligne d'horizon de sa vie.
Au plus profond de son désespoir, elle souhaitait ardemment se retrouver nez à nez avec un mangeur d'homme, se laisser engloutir par les mâchoires puissantes sans rien faire d'autre que lancer « je t'aime Nounours » jusqu'à son dernier souffle.
Mais le destin en avait décidé autrement; s'éloignant des sources de chaleur, elle ne croisa rien.

Le chemin étant aisément praticable elle accéléra l'allure tout en poursuivant le cours de ses pensées.
Elle avait peur à présent.
Laissée à l'abandon dès le plus jeune âge par une mère alcoolique et un père démissionnaire, cloitrée dans leur bicoque, elle ne connaissait rien de la vie ni des autres. Où irait-elle ? Avec qui et pourquoi faire ?
Autant de questions sans réponses dans ce crâne qui n'avait pas appris à se sociabiliser, encore moins à faire des concessions.
« Tout cela est à cause de Selene ! » pensa t-elle virant de la peine intense à la rage au moins forte.
Elle n'avait fait aucun effort pour la comprendre et l'intégrer au groupe alors qu'elle n'avait attendu qu'une étincelle de reconnaissance pour s'épanouir à ses côtés.
A la place, elle l'avait mise entre parenthèse; elle était l'étrangère, l'inconnue dont il fallait se méfier,  
l'ado-enfant désagréable à force de manque d'amour récurrent, qu'il fallait écarter. Cette femme avait su faire cela à merveille, jusqu'à monter Nounours contre elle, la « soeur chérie », tu parles !

En partance pour la mission, elle ne lui avait assigné aucun rôle. Nounours incendiait les maisons, Selene ouvrait la marche, Gabriel la fermait et elle, au milieu de trois adultes devait se contenter de suivre en toutou.
Malou n'avait pas l'âme d'un « toutou » et ne l'aurait sans doute jamais.
Il aurait suffit que cette dictatrice lui assigne une responsabilité quelconque et elle aurait mit un point d'honneur à l'accomplir à la perfection sans broncher, elle aurait pu lui ordonner n'importe quel tâche même la plus dangereuse, elle s'y serait donnée corps et âme pour elle, pour Nounours et même pour Gabriel.
Mais être prise en sandwich à ne rien faire, cela n'avait pas été supportable, elle en avait été humiliée.
Humiliée aussi de la tournure des évènements.
Non, elle ne s'était pas vraiment écartée du chemin, le filet était tout au bord, cela aurait pu arriver à l'un d'entre eux.
Oui, elle avait vu que l'hérétique n'avait aucune méchanceté – comme Nounours – et oui, il avait cherché à dire quelque chose d'important. Du moins c'était une chose importante à ses yeux de fou, était-ce une raison pour ne pas lui prêter une oreille attentive ? Aurait-elle dû le mépriser pour sa tare en lui rétorquant: « casse toi pauvre fou, on a mieux à faire qu'écouter tes sornettes ? »

Malou avait encore l'âge mental de croire que les sornettes pouvaient parfois être plus importantes qu'un bon raisonnement cartésien.
Et puis... elle n'aurait pas eu le coeur à chasser quelqu'un d'un peu comme elle: différent des autres et seul. Qui d'autre se serait penché vers cet homme encore plus à plaindre physiquement et mentalement que nounours ? Personne.

Elle ne regrettait pas d'avoir perdu quelques minutes soit-disant précieuses avec ce laissé pour compte, miroir d'elle même; aussi avait-elle prit pour la plus profonde injustice les récriminations acerbes des deux adultes et y avait répondu à façon.
Et s'était fait jetée malproprement
Et Nounours lui-même n'avait rien compris et...
Et voilà.

Le sentier s'élargissait à présent.
Un peu plus loin, un groupe de trois personnes de la secte courraient, se lançant des paroles brèves comme s'ils obéissaient à des ordres urgents.
La rage ayant prit le pas sur l'abattement, Malou écouta son instinct de survie et fit comme eux.
Cachant son blouson noir et son sac à dos pas trop couleur locale derrière un arbre, rasoir en poche, elle composa un visage de circonstance et se dirigea au pas de course vers le bâtiment des pompiers qu'elle apercevait enfin.
Pour arriver à ses fins, non seulement elle ferait comme eux mais elle deviendrait eux; c'était le meilleurs moyen de passer incognito.

Visage affairé de celle qui a reçu une consigne précise, elle dépassa le groupe et se dirigea droit vers la bâtisse.
En passant elle repéra une camionnette blanche, de forme cubique qui devait servir d'ambulance, garée en face d'une petite maison; c'était  encore mieux que son plan initial !
En trombe elle entra dans le petit bureau sur sa gauche et tomba nez à nez devant un jeune homme qui semblait lui aussi savoir ce qu'il voulait.
D'un coup d'oeil général, elle repéra un tableau où plusieurs clefs étaient accrochées ainsi qu'une malette à demi-ouverte d'où dépassaient une petite hache à pic et une massette.
Essouflée, un peu inquiète, elle n'osa pas vraiment regarder l'homme quand il lança:
et toi, tu viens chercher quoi ?
On m'a dit de rapporter la caisse à outil, de prendre la clef et de ramener l'ambulance; un couple a été attaqué vers la grange incendiée, ils sont gravement blessés.
Répondit-elle tout en soulevant le caisson et portant le regard vers le panneau.
Tiens, c'est celles-là, dépêche-toi... dit-il en décrochant un trousseau.
T'es qui toi au fait ? Demanda t-il tout à coup en cherchant à la dévisager.
Malou ne lui donna pas le temps de découvrir son portrait.
Lui arrachant les clefs des mains, elle fila jusqu'au véhicule, ouvrit les portières et s'installa au volant.

Elle n'avait jamais vraiment conduit.
Deux ou trois fois, son frère lui avait fait faire le pâté de maison avec la vieille bagnole familiale mais n'avait pas dépasser les 30 à l'heure !
Qu'importe, il n'était plus temps d'aller dans une auto-école; suspicieux, le type s'amenait à grandes enjambées, dans quelques secondes il serait à son niveau.
Elle tourna le contact, accéléra, cala, recommença et la camionnette bondit d'un coup dans un crissement de pneus soulevant la poussière.

Pas le temps non plus de choisir où aller, une horde de mangeurs d'hommes approchaient de leur pas de somnambules.
Elle prit tout droit, ce qui la mena sur la route 101 et partit en sens inverse de là où le camion de pompier barrait la route.
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Priez ou mourrez

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