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 Priez ou mourrez

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mar 31 Mai 2016 - 16:58

Ainsi Nounours écoutait avec davantage d'attention l'avis des enfants et des adolescents que celui des adultes ?
Cet homme était parfait.
Malou n'en revenait tellement pas qu'elle regarda Nounours puis la photo confiée et encore Nounours avant de se décider à se concentrer sur les visages inconnus si chers au coeur du grand homme.
Comme il devait les aimer et comme il devait souffrir de leur absence.
Elle ne posa aucune question et ne fit aucun commentaire. Les yeux rivés sur les deux personnes à l'air avenant, elle avait compris qu'ils n'étaient plus de ce monde. Il aurait été cruel de demander des précisions, d'autant que, quand il ne restait plus qu'une photo rangée dans la poche près du coeur, à caresser du doigt régulièrement, ce n'était pas bon signe...
A cette pensée elle sursauta, sortit le cliché de son frère puis superposant les deux images comme par comparaison elle murmura angoissée, presque aux bords des larmes:
tu crois qu'Erik aussi...
Elle était incapable de terminer sa phrase; les mots mort, massacré ou dévoré ne sortaient pas; ils étaient juste inconcevables.
Je perds un temps précieux à rester avec vous, continua t-elle doucement, je ferai ce que j'ai promis à Selene ce soir, au village mais après, il faudrait que reparte à sa recherche....Sans toi...
Ces deux derniers mots étaient presque une interrogation teintée de la plus profonde tristesse: Malou n'arrivait plus à concevoir sa vie sans cet homme avec qui elle se sentait en parfaite symbiose. Il était devenu sa condition sine qua non au point que l'idée de séparation lui arrachait l'âme et le coeur.

Quand Nounours lui tendit la moitié d'une tablette de chocolat ses yeux s'arrondirent de gourmandise; elle attrapa la friandise délicatement en le remerciant.
La moitié, c'était trop d'un coup mais, n'osant pas rendre une portion du cadeau, elle rangea le surplus dans son sac et sortit à la place le petit sachet de chips qu'elle avait gardé pour les « Grands Jours ».
Il n'y aurait plus de Grands Jours; Malou l'avait compris quand elle avait ouvert son paquet de gâteaux pour la petite Texas; qu'importe, être à nouveau seule avec Nounours valaient toutes les beautés perdues de ce monde; il n'y en aurait pas d'autres; elle en avait l'intuition désormais.
Elle tendit le paquet à Bobby tout en grignotant son carré de chocolat et dit sur un ton presque maternel: mange, cela te feras du bien.

Elle but une rasade d'eau avant de rendre la gourde et se laissa engloutir dans le regard débordant de tendresse de son dieu.
Face à une telle promiscuité, son coeur était tout chamboulé; la main rugueuse posée sur son visage lui fit chaud partout, surtout au ventre; que se passait-il en elle ?
La réponse s'insinua lentement mais inexorablement jusque dans la moindre fibre de son être avant d'exploser dans son cerveau comme un feu d'artifice.
Attirée par lui comme un aimant elle tenta d'approcher ses lèvres de celles de Nounours mais, concentré sur ce qu'il avait à dire il n'y pris peut-être pas garde et avança Selene sur le tapis.
Bah, répondit-elle en baissant les yeux, j'aimerai bien mais elle m'énerve... Elle est pas cool, précisa t-elle.
En son for intérieur elle aurait adoré s'entendre avec Selene, faire d'elle une grande soeur avec toute la complicité qui allait avec mais le courant ne passait pas, du moins pas bien.
De toutes façons elle ne m'aime pas, ajouta t-elle butée

Elle observa les moindres faits et gestes de Bobby, ne perdant pas la moindre miette des dosages et du savoir faire; peut-être aurait-elle besoin de fabriquer ce genre de chose un jour...
Mais quand Nounours lui demanda de narrer des histoires sur sa vie elle haussa les épaules avant de répondre simplement:
bof... Rien d'intéressant à raconter.
Ce genre de conversation ne l'intéressait pas, du moins pas maintenant; c'est d'autres choses dont elle aurait aimé s'entretenir avec lui sans y parvenir; aussi, au bout d'un moment, elle laissa échapper assez maladroitement ce qui la taraudait depuis quelques temps:
tu sais, si je n'ai pas de règles... de menstruations, précisa t-elle et donc pas de formes, disons... de seins tout gros comme ceux de Selene, c'est parce que je ne mange pas assez; c'est parce que jusque là, avoir un corps de femme me dégoûtait.
Elle laissa passer un temps de silence comme si elle réfléchissait intensément et continua:
je suppose que jamais aucun homme ne sera amoureux de moi si je n'ai pas de seins ? N'est-ce pas ? Insista t-elle afin d'avoir l'opinion de son héros avant d'enfoncer le clou en demandant: tu pourrais être amoureux toi d'une fille qui n'a pas de seins ?

Avide d'une réponse précise, elle attendit dos contre la porte avant de l'ouvrir sur le passage du grand homme qu'elle suivit comme une ombre jusqu'à la salle à manger où ils surprirent Selene et Gabriel vraiment très proches.
Embarrassée, elle se cacha à demi derrière le corps gigantesque de Bobby. Elle comprenait ce besoin, elle ne voulait pas être responsable même indirectement d'un déplacement qui les feraient s'éloigner l'un de l'autre.
Rapprochement intime qu'elle désirait si ardemment tout à coup.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mar 31 Mai 2016 - 20:25

Lorsque les doigts de la jeune femme vinrent frôler sa joue, il fut d'abord surprit. Il avait beau avoir prit conscience qu'elle avait changé, qu’elle avait grandi et mûri, il avait continué, malgré lui, de la percevoir comme une adolescente, l'élève de sa sœur. Se raccrochant au souvenir de ce jour radieux au musée, il n'était pas parvenu à se détacher complètement de cette image qu'il avait gardé d'elle.
Cette image venait de voler en éclat.

Parler d’Émilie … c'était à la fois douloureux et agréable. Savoir que quelqu'un partageait avec lui le souvenir de sa sœur... Selene avait côtoyé une part d'Emy que lui même n'avait qu'entrevu. Son côté prof. Et entendre de vive voix un détail, même aussi infime, la concernant … c'était comme un cadeau. Laissant une nouvelle larme couler sur sa joue, il l'essuya aussitôt. Mais cette fois il souriait. C'était un sourire timide, mais un sourire tout de même. Ce n'étaient plus seulement des larmes de chagrins, mais également de bonheur. Quelle confusion dans son esprit ! Tous ces sentiments qui s'entremêlaient de façon chaotiques !

Lorsqu'elle lui demanda de lui faire confiance, il n'hésita pas.
« Je te fais confiance. »
Il ne parvenait plus à détacher son regard de celui de la pianiste. Tant de sentiments contradictoires se bousculaient dans son esprit qu'il ne savait pas très bien ce qu'il ressentait vraiment. Et cette proximité ajoutait encore à sa confusion.
Doucement, il saisi la main de Selene, celle qui avait effleuré sa joue. Un sentiment étrange s'empara alors de lui, venant s'ajouter aux autres. Ce contact, aussi simple fut t-il, lui réchauffait le cœur. Et il aurait voulu que ce contact ne se brise jamais. Logée entre ses deux mains, celle de la jeune femme paraissait si fragile, et en même temps elle dégageait une telle chaleur.
« Merci. » souffla t-il simplement, incapable de mieux s'exprimer.

Bobby et Malou déboulèrent alors qu'ils se trouvaient encore plongés dans le regard l'un de l'autre. Le tintement provoqué par le verre le fit un peu sursauter et il relâcha la main emprisonnée de la pianiste. Se sentant soudain très gêné, il se redressa vivement. Le géant n'avait vraiment pas l'air en forme. Oubliant un bref instant la gêne qui l'avait envahi, il opina face à sa proposition.

« Au point ou on en est, je pense que tu peux prendre le temps de te reposer. »
Il lança un regard vers Selene pour être certain qu'elle n'y voyait pas d’inconvénient. De toute façon, dans son état, Bobby risquait plus de se faire tuer que de leur apporter la moindre aide.
« Installe-toi dans l'une des chambres, on te réveillera quand il sera temps d'y aller. »
Lui-même n'aurait pas dit non à un peu de repos. Mais la vérité, c'était qu'il en serait bien incapable. Trop de choses se bousculaient en lui. De l'inquiétude – une peur viscérale même ! – de la tristesse, des regrets, un peu de colère même … et autre chose de plus perturbant. C'était tellement absurde et improbable ! Coupant court au déluge d'émotion qui déferlait en lui, il se racla la gorge et s'adressa aux deux filles.
« On devrait tous prendre un peu de repos. Ça ne fera pas de mal d'être en pleine forme pour ce qu'on a l'intention de faire. »

Il se dirigea alors vers la porte d'entrée et précisa rapidement :
« Faut que je fasse un truc. Je reviens tout de suite. »
La vérité, c'était qu'il avait besoin de prendre un peu l'air. Et également de faire le point. Il referma la porte derrière lui et prit quelques secondes, immobile, pour savourer l'air du soir qui approchait. Puis il avança vers la route sans s'y engager et se décala sur le côté pour ne pas être vu depuis la fenêtre. Défaisant rapidement sa braguette, il se soulagea avant de commencer à revenir vers la maison. Il aurait très bien put utiliser les toilettes mais comme ça au moins, il aurait une excuse à donner si jamais on lui demandait pourquoi il était sortit. Ne retournant pas tout de suite à l'intérieur, il s'adossa quelques instant à un arbre qui bordait la maison. Il laissa sa tête reposer sur l'écorce, fixant les branches les plus basses du végétal qui commençait à se garnir de feuilles. Il aurait voulu être comme cet arbre. Ne rien ressentir. Être juste … passif. Tout serait tellement plus simple. Mais seulement voilà, il n'étais pas un arbre. Et à présent, il ne parvenait plus à détacher ses pensées du visage de Selene.

Il se passa les mains sur la figure, les y laissant un instant. Elles étaient froides. Cette remarque fut immédiatement suivie par le souvenir de la main chaude de la jeune femme entre les siennes. Il poussa un soupir désespéré. Ne pouvait t-il donc penser à autre chose ? L'image de sa sœur s'imposa alors à lui. 'Non mais vraiment ?!'
Il laissa ses mains retomber le long de son corps. Essayant de se concentrer sur le plan qu'ils devraient mener à bien, il sentit une boule d'angoisse naître au creux de son estomac. Décidément... Résigné, il retourna vers la porte d'entrée. Laissant sa main en suspend quelques secondes sur la poignée, il finit par se résoudre à retourner à l'intérieur. Pourquoi n'y avait t-il jamais rien de facile ?
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mar 31 Mai 2016 - 23:53

Elle fut touchée de l’entendre dire qu’il lui faisait confiance. Une esquisse de sourire se dessina sur ses lèvres fines alors qu’elle se plongeait profondément dans les yeux de Gabriel. Lorsque ses mains saisirent la sienne, une chaleur étrange l’envahit des pieds à la tête. Elle ne voulait plus qu’il la lâche, elle voulait rester en équilibre sur cet instant fragile, à la frontière de l’imaginaire. Le tintement des cocktails Molotov préparés par Bobby brisa la magie qui s’était installée pour quelques secondes. Selene se décala légèrement, passant une main dans ses longs cheveux d’un air gênée.

Le géant n’avait visiblement pas chaumé. Il demanda l’autorisation d’aller se reposer et la musicienne ne pouvait pas nier qu’il en avait besoin. Quand l’ancien professeur se tourna vers elle pour confirmer son approbation, elle hocha doucement la tête avec une expression bienveillante. Elle n’avait pas oublié son envie de discuter avec lui, pour faire disparaître l’air abattu qui flottait sur ses traits exsangues, mais Malou collait toujours le colosse comme la mousse à son rocher. A la suggestion d’aller aussi s’offrir deux heures de répit, l’étudiante répondit simplement :

- Aller-y si vous voulez. J’arriverai pas à fermer l’œil dans une baraque que je connais pas avec un cadavre dans une pièce. Je vais monter la garde.

Bientôt, elle fut seule avec le silence. Bobby était parti trouver un matelas où faire une sieste, l’adolescente devait l’avoir suivi et Gabriel était sorti faire dieu sait quoi. L’espace d’un instant, elle voulut le suivre, ou au moins demander plus de détails, puis se ravisa. Ce sentiment, ou plutôt cette impression, qui venait de naître dans son cœur glacé était stupide. Il ne la verrait certainement jamais que comme une gamine et même si ce n’était pas le cas, elle n’était pas assez bien pour lui. Selene se leva enfin en poussant un soupir, rejeta sa chevelure en arrière et dégaina vivement le sig-sauer pour viser un ennemi invisible. Quitte à attendre, autant rentabiliser son temps. Elle avait dompté le glock 17 car à force de l’utiliser, elle avait assimilé son poids et sa maniabilité. Le pistolet trouvé par Bobby était une nouvelle arme, il fallait qu’elle s’y habitue un peu.

Deux mains. Une main. Puis elle s’entraîna à enclencher la sécurité, à armer un tir comme si elle était en état d’urgence, et enfin, alterna avec son autre révolver pour être capable de jongler avec les deux. Bien sûr, ce n’était pas cette pratique virtuelle de quelques minutes qui la transformerait en experte, mais ça la rendrait peut-être moins nulle dans le cas où elle serait acculée à changer de flingue. Dans le meilleur des scenarii, elle ne tirait aucun coup de feu songea-t-elle en rangeant finalement ses armes.

Elle entama alors une fouille méthodique de la maison. Après tout, ce serait stupide de quitter les lieux sans avoir exploité les ressources qui leur tendaient les bras. Dans le buffet du salon, elle piqua quelques couverts. Ils étaient légèrement oxydés par l’humidité mais restaient largement utilisable. Dans un tiroir, il y avait un tas de bricoles inutiles, dont des stylos sans bouchons, des trombones tordus, de la paperasse, des élastiques cassés, … dans le suivant, la même chose, mais la musicienne dégota également un paquet de cigarette et une boîte d’allumettes. La nicotine ne lui manquait pas, alors elle se contenta de prendre de quoi allumer un feu dans le cas où Bobby n’aurait rien. Troisième tiroir, rien d’intéressant, quatrième… un petit colt avec une poignée de balles. C’était toujours ça. Avec précaution, elle vérifia que le barillet était plein – c’était le cas.

Après le salon, elle passa à la cuisine, dans la salle d’eau, même dans les toilettes. La pianiste évita simplement la chambre dans laquelle son ami s’était retranché et celle dans laquelle le cadavre au crâne éclaté commençait déjà à empester. Elle n’avait pas grand-chose en fin de compte : trois conserves de corn beef, un pot de beurre de cacahuètes, une salière à demi vide, un tube de dentifrice neuf, des rouleaux de PQ, un jeu de tarot et une carte de la région. Pendant qu’elle vidait les placards, Gabriel était revenu, mais elle ne s’était pas arrêtée. Selene descendit alors remplir le coffre de ses trouvailles, ranger tout le reste de leurs affaires, et revint s’assoir dans le salon.

La nuit tombait lentement, étreignant la forêt de sa poigne noire et glacée. C’était bien leur chance : il n’y avait presque pas de lune ce soir. Elle était prête mais avait le trac. Une sensation mal placée, à peine différente de celle qui lui serrait les entrailles avant un récital. Elle avait conservé la carte et l’étudiait silencieusement, à la recherche de la meilleure route à emprunter pour s’infiltrer dans Brinnon. Dès que Bobby émergerait, ils n’auraient plus qu’à bondit dans la Land Rover.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mer 1 Juin 2016 - 14:40

Au lieu de se diriger vers une chambre comme tout être humain normal ferait, l’erreur de la nature alla plutôt vers le salon. Se dirigeant vers le fauteuil, Robert le fit pivoter vers la porte d’entrée. Livide comme un drap, ayant perdu toute sa vitalité au même moment que ses plies ont déversé le flot cramoisi, le golem de chair se laissa littéralement tomber dans le meuble. Les ressorts protestèrent bruyamment et il ferma les yeux. Il prit quelques secondes pour essayer de souffler, de se revitaliser les sens. Ouvrant les paupières avec peine, le regard dérivant de l’homme perdu sur un océan de fatigue rencontra les yeux bleutés et électrisant de l’adolescente. Se souvenant avec peine des questions de Malorie, le géant se redressa un peu. Un lueur d’excuse et d’égarement se propagea dans ses pupilles océaniques de la bête de cauchemar.

Robert- Je suis sûr que Erick est là et il t’attend… Euh… Moi à sa place je retournerai toutes les pierres pour essayer de retrouver mon chaton… Il a de la chance de t’avoir, tu sais.

Un sourire las, mais débordant d’une bienveillance se suspendit de peine et de misère sur les lèvres exsangues du mineur. Trouvant la force dans ses dernières réserves d’énergies, le colosse difforme parla avec lenteur et une douceur presque hypnotique.

Robert- Tu devrais manger… Euh… Avoir des forces surtout pour survivre… Euh… Ça me ferait de la peine de te voir affamé, tu sais. Je comprends pas trop les trucs de règles de mesure, tu sais...Euh… Jamais été fort en math. Mais si un garçon ne t’aime pas pour ton apparence physique, il est con comme un balai. Moi ça ne me dérange pas une femme avec ou sans seins… Euh… Jamais été seul avec une femme… Euh… moi c’est pas le physique tu sait… Euh… C’est le dedans que j’aime… Euh… Tu as un beau dedans, tu sais.

Ramassant sa hache pour la coucher sur ses genoux, comme un bébé dans un berceau, le Goliath balafré piqua son nez long vers le baril qui lui servait de torse. Ses paupières devaient peser une tonne chacune et Bobby fit un effort de volonté pour rajouter deux dernières phases.

Robert- Chaton repose-toi OK? Et si tu as besoin de moi pour aller en ville chercher ton frère, je vais y aller…

Un doux ronflement commença à se produire, permettant à l’homme de s’évader de ce monde d’horreur, de tourment, de traitrise et de folie. Il put toucher un semblant de paradis, une lueur d’espoir dans son songe. Robert put de nouveau enlacer sa nièce et sa sœur chérie. Faire du petit galop avec Sandra ravie sur ses épaules même si elle avait 14 ans. Les deux finir par tomber au sol, un tapis de douceur verdâtre, et ils purent rires à gorges déployer. Le monstre de foire devenait alors un humain, un être normal dénué de carence intellectuel et de défauts physiques. Il put parler de la vie avec Rosalie, raconter des blagues totalement ringardes qui faisaient sourire sa sœur adorée. Comme à chaque fois il posait toujours la même question quand il se sentait de nouveau aspiré vers l’enfer sur terre.

Robert- Je peux pas rester avec vous? J’aimerais bien…

Alors, le ballet aérien des voix mélodieuses de ses anges lui caressa l’ouïe, lui permettant d’affronter une journée de plus de son calvaire.

Voix- Bientôt Robert. Bientôt nous serons de nouveau réunis et pour cette fois ce sera pour l’éternité…

La gargouille de granite délabré que représentait l’homme s’éveilla quand une latte du plancher grinça sous le poids d’une personne. Aussitôt le monstre de foire ouvrit les yeux et regarda à gauche et à droite. Selene et Gabriel étaient dans la cuisine. Avec difficulté, le colosse se releva et sans mot dire il se dirigea vers les bouteilles incendiaires. Prenant un des cocktails Molotov, Robert le plaça dans la poche latérale de son sac à dos. Croisant le regard calculateur de la pianiste, le géant ne put avoir que le regard fuyant, désolé et contrit. Du sang sécher de sa blessure au visage se crouta et tomba au sol.

Robert- Merci d’avoir attendu… Euh… Je suis prêt.

Bien que quelques forces avaient étaient récupérés par la solide constitution du gaillard difforme, le teint livide et les yeux cernés ne trompaient personne. Il devait renouveler le sang qu’il avait perdu, manger un vrai repas et s’écrouler dans son fauteuil au chalet. Mais une résolution nouvelle s’était apposée sur son visage intransigeant. Une sorte de rédemption, de demande de pardon pour des fautes non commises envers l’ange d’ivoire. Il ne put que croasser quelques mots, sa gorge aussi sèche que le désert du Sahara.

Robert- Je vais faire ce que tu me dis de faire OK…


De son pas lent, gauche et trainant, les épaules basses, le golem de chaire affaibli se dirigeaient vers le véhicule qui allait porter les flammes de l’enfer aux portes de cette Babylone grotesque…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 2 Juin 2016 - 13:38

Quand Nounours s'installa dans le fauteuil, Malou eut un bref sourire en coin; elle était sûre que le grand homme irait au salon et non pas seul dans une chambre; d'ailleurs c'est ce qu'elle avait espéré juste pour rester à côté de lui à veiller sur son sommeil.

Dans le garage, elle n'avait pas eu les réponses à ses questions, Bobby semblait ailleurs, aussi sur un haussement d 'épaule avait-elle ouvert la porte persuadée de devoir faire une croix sur les informations les plus importantes à ses yeux.
Mais voilà que plutôt que de dormir, le grand homme prenait la parole.
Elle l'écouta avidement sans oser rétorquer que son frère ne savait pas qu'elle avait quitté la maison familiale et qu'il n'avait donc aucune raison de retourner les pierre pour la chercher.
Et pour ce qui était de manger... Elle avait énormément mangé aujourd'hui: 2 barres de céréales, 2 briquettes de boisson énergisante et 2 carrés de chocolat, c'était beaucoup, elle se sentait toute ballonnée.

Quelle ne fut pas sa surprise quand il lui parla de « règles de mesures » et de mathématiques... Nounours ne savait pas ce qu'était les menstruations ?
Elle ouvrit de grands yeux étonnés; elle avait beau être vierge elle en connaissait tout un rayon de l'éducation sexuelle même pour les garçons ! Enfin... Comme ça, disons qu'elle supposait... Mais tout de même, les bricoles, les communistes, les Anglais qui débarquent, avoir ses ours ou écraser les tomates, il ne connaissait pas ?
Elle ne tarda pas à avoir un éclaircissement: il n'avait jamais été seul avec une femme.
Cela signifiait-il qu'il n'avait jamais fait l'amour ?
Le coeur de l'adolescente se mit à sauter d'allégresse, Nounours était libre comme l'air en plus d'être puceau; ils apprendraient tout ensemble, ce serait fabuleux et tellement romantique !
Encore fallait-il qu'il aime...
Il avait beau prétendre qu'il se fichait que les filles aient des seins ou pas, elle n'était pas convaincue. Et puis, le dedans, ça ne suffisait pas !
Comment Nounours, un homme, un vrai, pourrait-il tomber amoureux d'une nana qui fait tout pour ressembler à une enfant de 12 ans à tout casser ?
Là était l'une des facettes du casse tête de Malou. L'autre était Erik.
Ne s'était-elle pas jurée d'aimer et de ne faire l'amour qu'avec son frère jusqu'à la fin de ses jours ?
Si.
Enfin... Faire l'amour avec son frère c'était interdit et puis Erik n'avait jamais fait preuve d'une attirance autre que fraternelle avec elle...
Tout devenait compliqué; pourquoi la vie n'était-elle jamais simple ?
Elle soupira et tandis que Nounours ronflait elle se pencha vers lui et l'embrassa tendrement presque sur la bouche avant de le contempler quelques minutes.

Elle n'avait pas sommeil; toutes ces émotions l'avait électrisée au point qu'elle en avait presque oublié la mission, les dangers extérieurs et l'horreur de ce monde.
Elle ferma les yeux comme pour garder cet instant d'éternité à tout jamais gravé dan son coeur.
Elle s'était trompée, ce n'était pas avec Erik qu'elle voulait faire l'amour jusqu'à la fin des temps mais avec lui, le grand homme au regard si doux, à l'âme d'enfant qui dormait dans un fauteuil trop petit pour lui.

Quand elle rouvrit les paupières elle secoua sa chevelure et revint à la raison instantanément; ce n'était pas le moment de mollir, Selene comptait sur elle, il faudrait qu'elle en soit digne.
De plus, amoureuse ou pas, elle repartirait chercher son frère afin de lui présenter l'homme de sa vie... A condition de manger un peu.
Rien que d'y penser elle eut un haut-le-coeur. Comme toutes les anorexiques, nourritures et repas représentaient une fascination mêlée de dégoût; une obsession en fait.

Quand Selene entra dans le salon afin de fouiller les tiroirs, elle s'approcha doucement pour la regarder faire le visage un peu anxieux comme si elle voulait dire quelque chose qui n'arrivait pas à sortir.
Elle était calme; Nounours avait raison, il fallait faire un effort.
Quand elle vit la jeune femme abandonner le paquet de cigarettes, elle lui jeta un coup d'oeil méfiant mais comme il ne lui sembla pas lire d'interdiction à ce qu'elle prenne ce qui ne l'intéressait pas, elle se saisit du paquet et le rangea dans son sac. Elle n'était pas fumeuse mais une clope, produit de luxe par les temps qui courent, pourrait toujours servir de monnaie d'échange.
Toujours silencieuse, elle se saisit d'un élastique cassé, le rafistola, alla vers le miroir au dessus de la cheminée et entreprit de se faire une queue de cheval mais dès qu'elle vit son mentor imaginaire quitter la pièce pour la cuisine, elle se faufila sur ses talons.

Elle n'avait pas parlé pour ne pas réveiller Bobby mais une fois là, plus rien ne l'en empêchait.
Maladroitement, elle prit la parole accompagné du geste qu'elle voulait de réconciliation:
Selene... Je...Enfin, j'ai gardé quelque chose pour toi qui te fera peut-être plaisir parce c'est rare...
Elle fouilla dans son sac, en sortit la demi tablette de chocolat à peine entamée, proprement emballée dans son papier aluminium et la tendit à la jeune femme.
Tiens, ajouta t-elle gauchement, goûtes-y il est très bon !
Attendant le verdict, ses yeux accrochèrent ceux de Selene avant de poursuivre:
tu ne le sais pas mais c'est grâce à toi si je fais du dessin... Un jour, avec mon frère on t'a vu jouer du piano dans un magasin de musique.
Je faisait la gueule parce qu'il m'avait forcé à entrer mais j'ai trouvé ça beau; c'était la première fois que...

Elle ne termina pas sa phrase et enchaîna sur autre chose.
J'ai bien vu que tu étais pauvre toi aussi... C'est pas pour te vexer, hein ? S'empressa t-elle d'affirmer, c'est juste que ça se voit sur les vêtements ce genre de truc...
Alors après je me suis dit que même sans une tune, ça pouvait être possible de faire autre chose que zoner ou faire des boulots de merde; d'être une artiste, quoi...
Elle leva les yeux afin de guetter la réaction de Selene et termina sa confession:
dès le lendemain je me suis mise à dessiner tous les jours, du matin au soir; j'ai même fait plusieurs portraits de toi, ils sont dans ma chambre. Chez moi.
Quand tout sera fini j'ai décider de travailler pour me payer une école dessin...


Elle soupira un grand coup; c'était sorti, elle l'avait dit !
Du coup, prenant son courage à deux mains, elle demanda encore: tu voudrais bien donner une boite de corned beef à Bobby ? On dirait que tout le sang qu'il a perdu lui a enlevé ses forces...
Suivant Selene partout comme un petit chien, elle ne s'éclipsa que quand Gabriel arriva.
Elle lui lança un sourire de connivence et les laissa seuls; ils avaient certainement beaucoup de choses à se dire...

Ayant remarqué que la jeune femme avait évité la chambre où gisait le cadavre elle y entra et fouilla.
Au fond de la penderie elle trouva un carton de photos qu'elle laissa et une paire de chaussettes pour homme trop grandes pour elle.
Dans l'une des tables de nuit elle récupéra un bouquin sur les champignons et sous le matelas, un poignard qu'elle attrapa du bout des doigts malgré sa peur presque phobique des armes blanches avant d'aller rapporter fièrement ses trophées à Selene en lançant: tiens ! J'ai trouvé ça aussi, ça peut servir non ?

Ramassant un vieux sac plastique qui traînait dans un coin de la cuisine, elle se dirigea vers la salle à manger, rangea dedans ses habits encore mouillés, tassa le tout dans son sac et s'assit sur une chaise.
Elle avait un peu peur mais elle était prête.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 2 Juin 2016 - 14:53

Selene était en pleine fouille de la maison lorsqu'il y retourna. Il la regarda faire un moment, silencieux. À certains moments, leurs regards se croisaient, furtivement. S'obstinant dans son mutisme, il resta simplement là, à l'observer. Malou aussi était en pleine fouille. De vraies petites fourmis. Pas vraiment motivé, il finit par aller ouvrir quelques tiroirs où la jeune femme était certainement déjà passée. C'était plus pour passer le temps que pour vraiment dégoter des trucs utiles. Il trouva néanmoins un paquet de bonbons à la réglisse, qui avait glissé tout au fond de l'un des tiroirs de la cuisine. Rare étaient ceux qui appréciaient ces bonbons, mais lui-même en raffolait particulièrement. Se présentant sous forme de petits cylindres longs de deux ou trois centimètres, il en piocha un du paquet après l'avoir ouvert et le mâcha avec gourmandise.

Lorsqu'il revint dans la pièce où se trouvait Selene, elle avait déjà été ranger les affaires trouvées au gré de sa fouille. Il mâchait toujours avidement un bonbon, le paquet bien en vue, un véritable sourire de gosse illuminant son visage. Il tendit le paquet à Malou qui était la plus proche pour qu'elle pioche si le cœur lui en disait, puis il vint s'installer prêt de la pianiste qui avait le nez plongé sur une carte. Lorsqu'elle leva enfin le nez, il lui présenta sa trouvaille, tout fier de lui.

« Aujourd'hui c'est moi qui régale. » Le souvenir des bonbons à la fraise avait peut-être échappé à Selene. Ou peut-être pas.
Il replongea sa main dans le paquet pour porter un nouveau bonbon à sa bouche puis il le tendit à la jeune femme, un sourire complice lui fendant le visage. Il avait besoin de décompresser et cette gourmandise tombait à pique. Il n'avait pas envie de penser à ce qui les attendait. Il serait temps, lors de leur départ, de se mettre à cogiter. Pour l'heure, il voulait simplement se vider la tête.

Il engloutit quelques réglisses supplémentaires, attendant patiemment que le temps passe. Accrochée sur un mur, une horloge dont les piles n'étaient pas encore à plat prodiguait un tic puis un tac toutes les secondes, emplissant la pièce de son métronome apaisant. C'était le calme avant la tempête.

Lorsque Bobby emmargea, ce fut le signal de départ. Chacun réunissant ses affaires, ils abandonnèrent sans regret la maison qui fut leur refuge le temps de quelques heures. Gabriel prit place à l'avant du véhicule, côté passager. Un instant, il observa Bobby qui semblait avoir reprit quelques forces. Il faisait peine à voir malgré tout et l'instituteur se demanda s'il tiendrait le coup le temps de faire ce qu'ils avaient à faire. Avant de ranger son paquet de bonbon dans son sac, il se retourna pour en proposer à Bobby et une nouvelle fois à Malou. Un peu de sucrerie ne pourrait pas leur faire de mal. Il en mangea un dernier avant de faire disparaître le tout dans son sac. Il espérait qu'il aurait à nouveau l'occasion de les ressortir. Entre autre... il espérait rester en vie.

Alors que Selene démarrait, il croisa son regard. Pourvu que ça ne tourne pas au vinaigre ! Le plan de la jeune femme avait toutes les chances de fonctionner. Mais au moindre faux pas, ils se retrouveraient dans la merde. Si le feu ne prenait pas dans les maisons, si le camion de pompier n'attirait que des putréfiés, si leur stock n'était pas dans l'église... Il y avait tant de choses qui pouvaient mal tourner !

« On commencera par quoi ? Le camion ou les maison ? À moins qu'on ne fasse deux groupes ? »

Distraitement, il ressortit les clés du véhicule de pompier pour les faire tourner entre ses doigts. C'était compulsif, il fallait qu'il s'occupe les mains. Il faisait même tressauter un de ses genoux nerveusement sur un rythme effréné. Dans quoi s'étaient t-ils embarqués ?
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Ven 3 Juin 2016 - 10:14

Penchée sur la carte, Selene avait du mal à rester concentrée. Elle repensait à ce que lui avait confié Malou un peu plus tôt, sur le fait qu’elle l’avait vue, qu’elle l’avait inspirée, comme une muse sans nom. Que répondre à ça ? La musicienne ne savait pas si elle se sentait flattée, gênée, voire coupable. N’avait-elle pas songé à abandonner l’adolescente ? C’était facile de s’imaginer la sacrifier quand elle ne la connaissait pas, mais maintenant qu’elle savait avoir été son modèle… aurait-elle le courage de piétiner la foi d’une enfant ? Sans doute pas. Alors elle n’avait pas su quoi lui répondre et avait continué sa fouille, écoutant d’une oreille sa recommandation de donner une boîte de corned-beef au géant.

Les nœuds de son cerveau se déliaient lentement quand la sauvageonne l’interrompit à nouveau pour lui montrer le poignard qu’elle venait de dénicher. Une esquisse de sourire à valeur encourageante se dessina sur ses traits. Elle avait ce qu’il lui fallait, mais l’arrivée de Gabriel avec un paquet de bonbon tombait à pic.

- Donne-le lui, suggéra-t-elle, on doit tous avoir un couteau au cas où. On évite de tirer sauf en ultime recours.

Ce fut à son tour de piocher dans le paquet de réglisse et la petite tirade de son aîné l’envoya, une fois n’était pas coutume, plusieurs années en arrière. Bien sûr qu’elle n’avait pas oublié, les souvenirs étaient frais comme de la veille depuis qu’elle avait revu le professeur. La pianiste lui adressa un coup d’œil complice et se replongea dans l’étude de sa carte. Elle ne pouvait pas voir les plus petits axes mais ça devrait suffire. En cas d’ultime nécessité, le 4x4 avait la capacité de faire du hors-piste.

Bobby émergea enfin de sa sieste, à peine plus reposé, mais il était trop tard pour renoncer. L’étudiante savait qu’elle devrait deux fois plus veiller sur lui, mais si tout se passait correctement, il n’y aurait pas d’affrontement ; ou très peu. Le signal de départ était donné : elle se leva, s’assura qu’elle n’oubliait aucune de ses armes et suivit ses alliés jusqu’à la voiture. Gabriel était à ses côtés quand elle mit le contact, ça la rassurait. Heureusement, il lui demanda par quoi commencer, parce qu’elle avait oublié de leur expliquer exposer les détails de leur mission :

- Pas besoin du camion, trancha-t-elle en dépliant la carte qu’elle venait de poser sur le tableau de bord, c’était seulement au cas où on avait encore l’otage mais…, Selene préféra ne pas s’appesantir sur le sujet, on va quitter la 101 à ce niveau là. Ça devrait être assez loin. Ensuite, on prend les sentier de terre et on rejoint la Green Mountain Ln. On planque la voiture sous un arbre, à l’angle avec la Jaybird, et on prend à pied jusque là.

Ses doigts graciles allaient et venaient pour imager leur tracé. A la lumière du plafonnier, seule étoile par cette nuit au ciel couvert, la musicienne faisait en sorte que tous ses compagnons puissent suivre. Sans s’interrompre, elle pointant deux endroits sur le plan :

- Par-là et par-là, on déclenchera les incendies. L’église est ici. Si j’ai vu juste, alors ils devraient remonter par la Church road. Dans ce cas nous, on ira récupérer la voiture, on coupe par les champs s’il faut, et on descend par la Dosewallips road.

Le reste se passait d’explication : ils arrivaient, ils chargeaient, ils repartaient, le tout avant que les fanatiques ne comprennent ce qui était en train de se passer. Fière de sa stratégie, Selene replia le plan, le balança sur le tableau de bord et entama sa marche arrière. A la lumière de ses phares, la forêt paraissait encore plus effrayante. Elle fut soulagée de retrouver l’horizon dégagé de la nationale, si déserte dans son manteau de ténèbres qu’elle leur donnerait l’impression d’être seuls au monde.

Au moment où ils atteignirent l’intersection choisie, la pianiste éteint les lampes de la Land Rover. Elle dut ralentir la cadence de moitié pour avancer, roulant pratiquement à l’aveugle, mais elle ne voulait pas prendre le risque d’être repérée. Le bruit de leurs quatre respirations couvrait celle du moteur silencieux. A chaque cahot que la jeune femme n’avait pu prévoir, ses mains ses crispaient sur le volant. Sur les derniers mètres, quand la route allait enfin remplacer les sentiers incertains, elle oubliait même d’expirer. Comme prévu pourtant, elle réussit à se garer sans encombre sous un arbre au tronc épais, à la jointure entre les routes Green Mountain et Jaybird. S’efforçant de reprendre une ventilation normale, bien que son cœur tambourinait dans sa poitrine, Selene murmura :

- On reste groupé surtout, personne ne part en solo. Je prends les devants, Gabriel, tu surveilles nos arrières ? Elle se tourna vers lui mais le distinguait à peine dans l’obscurité, prépare ton flingue au cas où, mais ne tires que si tu n’as pas le choix. Si c’est un rôdeur et qu’il est seul, et loin, ignore-le ; s'il est dangereux, utiliser ton couteau… prêt ?

Sur cette question, elle dégaina son glock. En ce qui la concernait, elle voulait y aller… elle voulait en finir.

BONUS POUR LE RP:
 


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Priez ou mourrez

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