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 Priez ou mourrez

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Lun 23 Mai 2016 - 18:11

Les choses semblaient enfin se tasser. En tout cas, Malou ne hurlait plus à la figure de Selene, ce qui était déjà un progrès considérable. L’espace d’un instant, la musicienne crut voire rougir la gamine, mais elle devait avoir halluciné. Sur le chemin du retour, Gabriel s’approcha pour lui glisser une suite à sa plaisanterie. Enfin, un sourire illumina le visage de la pianiste, qui jeta sur son aîné un regard presque semblable à celui d’antan. Il se souvenait. Il répondait. Alors elle n’avait pas fait de faux pas. Une légèreté symbolique sembla la porter jusqu’au refuge où attendait Bobby et l’otage. C’était déjà incroyable de retrouver quelqu’un qu’on avait connu avant l’épidémie, mais si en plus c’était quelqu’un qu’on appréciait… le lien qui l’unissait à l’ancien professeur lui apparut soudainement très précieux, même s’ils ne s’étaient vu qu’une journée. Il incarnait plus qu’une connaissance, il était tout un souvenir.

Pendant le reste du trajet, le goût des flexi-fizz lui revint en bouche. C’était une saleté chimique, ça faisait des années qu’elle n’en avait pas mangés et son organisme s’en portait très bien. Pourtant, aujourd’hui, elle prendrait certainement le risque de se frotter à quelques rôdeurs pour piller un entrepôt Lutti. Du coup de l’œil, elle observait Gabriel. Il avait été affecté par la privation, la peur et la tristesse, mais elle le trouvait toujours charmant. Il y avait tant de choses qu’elle voulait lui demander, mais ce n’était simplement pas le moment.

Le soulagement de Selene fut de courte durée lorsqu’elle pénétra dans la maison. La dénommée Alice ne s’était, certes, pas enfuit, mais son ami avait visiblement jugé sans danger de laisser la fenêtre ouverte. En d’autres termes, elle aurait très bien pu s’échapper sur un moment d’inattention et disparaître dans la forêt, ou pire, retrouver leur trio et les attaquer pendant qu’ils discutaient. La musicienne n’eut toutefois pas le temps de faire le moindre reproche au géant puisque Malou se précipita vers lui en pleurnichant et Gabriel, après avoir répondu à sa place, lui demanda un entretien privé.

La pianiste le suivit, sans lâcher son arbalète, laissant encore une fois Bobby seule avec leur otage. Elle non plus n’achetait pas ce revirement de mentalité. Ce n’était pas un rêve : cette femme n’avait pas hésité quand il était question de planter sa lame dans sa poitrine. Elle n’avait pas non plus l’air saine d’esprit quand elle s’était évertuée à rameuter des rôdeurs lors de leur première halte. Selene ne pouvait plus prétendre à la palme d’or de la stabilité mentale depuis quelques temps, mais quoiqu’il en soit, Alice jouait dans la catégorie au-dessus. Pinçant l’arrête de son nez fin, l’étudiante acquiesçait à chacun des arguments de son aîné. C’était vrai que dans le feu de l’action, elle avait vu grand. Inspecter des maisons en nettoyant les infestés, ça, elle gérait. Dévaliser une ville investie par un groupe de criminels, c’était une autre paire de manche. Pourtant, Gabriel lui laissait une porte ouverte. Elle n’en laissa rien paraître, mais ça la toucha beaucoup, car ça signifiait qu’il accordait de l’importance à son jugement en temps que meneuse.

- Tu sais, commença-t-elle par corriger, je n’aime pas cette idée non plus… c’était vrai ce que j’ai dit. J’ai jamais tué pour voler quelqu’un et j’avais jamais pris d’otage jusqu’à aujourd’hui. Avec tout ça je… je me perds un petit peu, avoua-t-elle dans un soupir gêné.

C’était un euphémisme. Un nouveau flash lui rappela cruellement son débordement à Sequim. Luttant contre cette réminiscence sanglante, elle leva ses yeux glacés pour plonger dans ceux de son complice. Il s’attendait à un plan, alors maintenant qu’elle avait l’opportunité de déballer tranquillement ses idées, elle le ferait. Murmurant en guise de double précaution, Selene expliqua :

- Je me base sur beaucoup d’hypothèses, j’ai rien de sûr… par exemple, je ne pense pas qu’ils aient un armement très élaborés. Ils avaient beaucoup d’armes blanches, peu de flingues, et on a vu que deux fusils sur le nombre qu’ils étaient. Ça ne peut pas être stratégique. Qui prendrait le risque de perdre des gens en les envoyant braquer des passants en étant sous-armés ? Quand tu veux intimider, tu sors le grand jeu. Ce qu’on a vu, c’était leur maximum.

Ceci dit, ils n’avaient pas grand-chose de leur côté non plus. Une arbalète longue à recharger au nombre de carreaux limités, deux chargeurs de glock 17 et le revolver de l’ancien professeur. Ils pouvaient prendre l’avantage sur un affrontement court, mais pas s’ils se retrouvaient encerclés et assiégés. Cette donnée était invariable : ils étaient en sous-nombre dans tous les cas.

- Aussi, je ne pense pas qu’un groupe pareil puisse fédérer énormément de gens. Que des cinglés qui voient dans leurs actes une justice divine ? Non… ils doivent être 30 ou 40 grand max. Moins les morts de tout à l’heure. Ça signifie que même si la ville n’est pas grande, ils ne peuvent pas la couvrir intégralement.

Elle eut un sourire mystérieux. Ça y est, ses idées s’étaient cristallisées pendant qu’elle parlait. Merci Bobby et son idée de diversion. Quelqu’un un jour avait dit « diviser pour mieux régner », et bien Selene allait expérimenter ce que valait le « diviser pour mieux voler ».

- Je propose qu’on la ramène ce soir, reprit-elle en baissant tellement le volume de sa voix que son aîné devrait se pencher pour l’entendre, on entre dans son jeu. On la largue à 500 mètres du camion de pompier. On lui donne même les clefs en guise de bonne foi, et on lui dit de revenir nous voir ici avec ce qu’elle aura pu nous obtenir de sa communauté. Ensuite, nous, on revient en arrière pour chercher une petite route, qui arrive à Brinnon de manière plus discrète que la 101. Si on a de la chance et que les potes d’Alice seront avides au point de venir nous chercher, ça fait déjà une partie de leur bande qui se divise. Après, on s’infiltre discrètement dans les rues et on fait deux grosses diversions. Genre… incendier deux baraques. La nuit, ils seront obligés de le voir et de venir : la chaleur et la lumière attire les mordeurs. Et pendant qu’ils s’éparpillent pour éteindre les feux, on fonce à l’église et on dévalise leur stock.

Ses yeux brillaient de détermination. Ce n’était pas si difficile à mettre en œuvre. La nuit serait leur alliée. Bobby avait trouvé de l’essence, donc ils pourraient bien avoir suffisamment de combustible pour lancer un incendie et le temps que les flammes montent assez haut, ils avaient suffisamment de marge pour retrouver la Land Rover et revenir se servir. Ceux qui seraient éventuellement encore sur place à veiller sur les stocks n’auront qu’à s’écarter ou être neutralisés. L’autre avantage de ce plan, c’était qu’il permettait en partie d’épargner les sentiments du géant. Ils n’auraient pas à se dresser drastiquement contre son affectif et si jamais la femme était sincère, alors la seule conséquence était que leur groupe – si tant est qu’il était identifié – passerait pour les méchants de l’histoire. Réalisant qu’elle n’avait pas tout expliqué, Selene ajouta :

- Ils sont fous mais ils sont croyants. Je parie que c’est l’église de Brinnon leur base.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mar 24 Mai 2016 - 3:22

Le cœur du mastodonte reprit enfin sa course normale en voyant le trio revenir.  Il avait perdu sa famille, Juliane et Abigail déjà à cause de sa faiblesse intellectuelle ou bien de ses actions qui furent de mauvais choix. Et maintenant que la vie lui donnait une chance de rédemption, une lumière dans la tourmente de sa vie misérable, le mineur refaisait le con.  Les traits atypiques du monstre de foire n’étaient qu’un masque baignant dans une tristesse morose, le regard océanique de la chose n’était qu’une étendue de douleur qui berçait son âme pure. En voyant les ruisseaux salés dégringoler dans le visage de l’innocence pur, le cœur couvert de plaies à peine cicatrisées se remplit d’une profonde amertume. À cet instant précis, le géant se sentait plus que jamais comme le monstre que tous voyaient. Bobby voulait simplement devenir poussière et être balayé par le vent de l’indifférence. Passer au travers des rayures du plancher et cesser d’exister. Redevenir un solitaire, un reclus de la société anarchique de ces temps troubles qui jugeait l’apparence des gens et non la valeur. Les épaules tombantes, le regard fuyant, le sosie de Frankenstein allèrent quitter les lieux.

Mais la voix poussée par l’adolescente, vibrante de remords et de lourd de chagrin comme un ciel d’orage, stoppa net la progression de la bête vers sa pathétique fuite. Réussissant à relever un peu les yeux de la fascination qu’il avait de la marqueterie user par tant d’années d’usure. Tant de détresse, tant de reproches jaillissaient telle une marée montante, déferlante et détruisant les propres sentiments de l’homme difforme. Le choc empathique qu’encaissa le simplet fut tel qu’il fit un pas hésitant vers la frêle silhouette nauséabonde. Il ne voulait qu’oublier les dernières minutes, remonter le temps comme par magie quand Malou dormait dans ses bras et que la créature de cauchemar se revoyait dans son rôle de Nounours. Mais un ordre, une supplice jaillit soudainement et prit de court le mouvement de réconfort du colosse abasourdi. Alors qu’il resta, penaud et honteux à regarder la forme gracile et minuscule se faufiler dans la salle de bain, Gaby demanda qu’il surveille de nouveau Alice. La fanatique regardait la scène avec un sourire merveilleux et de grands yeux intelligents.  Le géant à l’intellect limité et aux compétences sociales presque nulles ne comprenait aucunement le regard calculateur.

De nouveau seul avec la prisonnière, le géant alla fermer la fenêtre et se replaça dans le cadrage de la porte. De cette manière, le colosse ressemblait à s’y méprendre à un mur de chair sanctifié à la répugnance légendaire.  Croisant de son regard océanique celui de la dame assise sagement, celle-ci reprit le dialogue.

Alice- Vous voulez savoir ce que je vois Robert? C’est que ceux que vous protégez semblent peu se soucier de vous.

Les paupières du mineur se plissèrent sous le coup de l’incompréhension et du doute. Il ne comprenait rien à la déclaration de l’illuminée. Voyant le trouble qui étincelait dans le regard bleuté si pur du golem de chair, la religieuse fit un sourire engageant et jeta son jeu pour miser le tout ou rien.

Alice- Vous êtes un ange envoyé par notre Seigneur Robert. Vous pourrez venir avec moi et on va célébrer votre venue comme l’être digne que vous êtes. Notre communauté d’une vingtaine d’âmes pures ne pourra que se réjouir d’avoir parmi elles un être de votre luminance, de votre force et de votre sagesse. Vous pourrez  être la réincarnation de St-Michel qui annihile les horreurs de ce monde et les infidèles qui bafouent la sainte parole.

Le géant avait les bras ballants devant cette  proposition qui semblait être un pacte avec le Diable. Il était maintenant une âme égarée, abandonné de tout devant Lucifer qui voulait corrompre son âme pure. Délaisser les gens qu’il aimait pour rejoindre une secte de fanatiques.  Jouant sa dernière carte, l’as dans la manche, celle qui disait vénérer Dieu, mais qui avait la langue fourchue d’une succube ensorcelante,  dis alors avec une voix mielleuse destinée à envouter le géant balafré.

Alice- Vous ne valez rien à leurs yeux Robert. Ils ne vous inclus pas dans leurs discussions. Ils vous laissent à part et ne vous demande qu'air quand vous devez faire leur boulot.  J’ai vu votre potentiel et je suis persuadée qu’un homme de foi de votre stature pourra s’incorporer facilement dans nos rangs. La petite vous méprise, la femme vous prend pour son serviteur et l’homme vous n’êtes qu’une marionnette à ses yeux. Avec nous vous serez notre égale et personne ne va rire de votre apparence mon fils. Vous ne servez que leur intérêt, servez à la place l’intérêt de Dieu.

Une rougeur monta graduellement aux joues mal rasées du géant difforme.  Il était très loin de sa gêne habituellement le bon géant. Non c’était une colère, une juste fureur devant le chapelet d’idioties éructé par la langue de vipère qui voulait se faire passer pour une sainte. Serrant ses poings énormes à s’en faire blanchir les jointures, le sang du Goliath des temps modernes fit un tour complet. Une voix sourde, menaçante et rauque se faufila hors de ses dents serrées.

Robert- Je ne ferais jamais ça… Euh… Vous êtes folle ou quoi? Je ne vais pas trahir les seules personnes qui ont été gentilles avec moi? Ils endurent ma stupidité, mes actions connes… Euh… J’ai passé la majorité de ma vie seule… Euh…  Et là vous me demandez de trahir ma sœur d’âme, Malou que j’ai fait beaucoup de peine et que je sais qu’elle hait maintenant l’être que je suis et Gaby qui m’a toujours parlé gentiment? Non, car j’aime chacun d’entre eux et j’aimerais mieux me faire trancher la tête que de vous suivre dans votre folie… Euh… Je ne comprends pas pourquoi ils restent près de moi, mais je leur serai éternellement reconnaissant.

Donnant un coup de poing au cadrage de porte, faisant presque trembler la maison sous la force phénoménale du titan humain, Robert se tourna le dos à la religieuse qui venait de haïr. Elle était la seule qui avait réussi, à part le comportement inacceptable de Ziggy et de Juliane envers Abigail, à faire déferler autant de colère de l’être si doux. Mais voyant le regard de Malou qui venait de croiser son regard vengeur, la bête se transforma alors en Nounours. Celui qui se souciait des autres avant lui-même et la bonté incarnée. Baissant le regard, la voix colérique fut transformée en un murmure de douceur et de rédemption. S’assoyant sur ses talons

Robert-  Je m’excuse Malou… Euh… Je ne voulais pas te faire pleurer, tu sais… Euh… Je suis un monstre stupide qui échoue tout ce que je fais. J’essaie de faire le bien et les gens pensent que je devrais être comme je suis… Une grosse brute qui ne pense qu’à faire mal. Désolé d’être aussi stupide… Pardonne-moi.


Des larmes de tristesses absolues, véritables cristaux qui chatoyaient dans la lumière du soleil qui peinait à entrer dans les carreaux encrassés, dégringolèrent sur les joues du monstre de foire. Le regard océanique rencontra alors ceux des deux adultes. Une voix à fendre les pierres s’échappa alors de la gorge immonde.

Robert- Je m’excuse d’être celui que je suis… Euh… D’être plus un poids mort qu’une personne normale… Je suis bon à rien alors après avoir ramené tout le monde  à la maison, je vais partir… Euh… Alice a raison je ne…

Que ce soit par la frayeur qu’il pût lire dans le regard des gens qui demandaient pardon, qu’une ombre qui s’allongeait subitement par-dessus lui, un craquement de plancher un reflet métallique à la périphérie de son œil ou bien des murmures de mauvais augure qui frappèrent son ouïe amoindrie, le colosse se crispa près à se défendre. La fanatique avait décidé de prendre au pied de la lettre la décapitation.  Sortant un coupe-chou, rasoir antique caché dans sa poche de jeans, elle s’était glissée dans le dos vulnérable du géant bouleversé.  Passant sa main sur le front de la bête, il visa la gorge offerte sur un plateau d'argent du mastodonte avec l’acier froid de sa lame. Vif comme un cobra, Selene n’avait jamais vu la grosse carcasse de Robert bouger avec autant de célérité,  il saisit le poignet de la femme et l’écarta de sa jugulaire. Évitant la blessure mortelle d'un iota, le mineur ne put empêcher toutefois la lame de l'enlaidir davantage. Un nouveau sillon se laboura  de la commissure  de sa lèvre, labourant sa pommette, manquant son œil d’un cil et terminant sa course presque dans le cuir chevelu. La folle récita alors un verset, galvaniser par le sang qui s’écoulant du visage et aspergeant la gorge et la chemise du géant.

Alice- C'est par le feu que l'Éternel exerce ses jugements, C'est par son glaive qu'il châtie toute chair. Et ceux que tuera l'Éternel seront en grand nombre. Réveille-toi, réveille-toi! Revêts-toi de force, bras de l'Éternel! Réveille-toi, comme aux jours d'autrefois, Dans les anciens âges! N'est-ce pas toi qui abattis l'Égypte qui transperças le monstre? Je vais tuer les païens pour ta Gloire Seigneur!


Tordant subitement le poignet de la fanatique, la lame ensanglantée tomba au sol avec un claquement métallique. L’illuminée se recula prestement dans le fond de la chambre, animal farouche et dément par la vue du sang. Le mastodonte aveuglé par son propre sang se releva avec difficulté et rugis de colère. Un mugissement digne d’un Minotaure qui allait sonner la charge à la fureur divine qu’Alice voulait exercer sur le groupe.

Robert- Vous ne ferez pas mal à ma famille…

Le monstre blessé essayait de s’orienter vers la folle qui récitait des saintes paroles pour lui mettre la main au collet et l’empêcher de mettre ses menaces à exécutions. Mais maintenant l’illuminée était sans arme et acculée à un mur.  À la merci du géant. Au lieu de porter un coup dévastateur et écraser la vie de la religieuse comme il ferait avec un moustique, le géant murmura alors une simple parole.

Robert- Je ne vais pas être un monstre comme vous…


S’appuyant lourdement sur le mur, le géant essaya alors d’envider le flot cramoisi qui s’échappait de son corps, l’affaiblissant tout doucement.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mar 24 Mai 2016 - 11:20

Malou s'était dépêchée de se laver non vraiment à cause de la température de l'eau mais parce qu'elle avait hâte de redescendre dans la pièce commune.
Son esprit tout entier était occupé par Nounours; il avait eu l'air tellement triste, tellement accablé quand elle était apparu à nouveau devant lui qu'elle était pleine de remords de ne pas lui avoir fait confiance.
Gabriel avait raison, son caractère pouvait autant la protéger qu'il pouvait lui nuire dans certaines circonstances; la rude école de la vie lui apprendrait-elle à avoir davantage de discernement à l'avenir ?
Elle se promit au moins d'essayer pour cet homme qui se disait laid et monstrueux alors qu'elle le voyait magnifique au point de désirer passer le reste de son temps lovée dans ses grands bras réconfortant, le corps tout collé contre le sien, tellement fort qu'il n'y aurait plus d'espace pour les mauvaises ondes qui chercheraient à s'insinuer entre eux, ses yeux trop brillants, trop intenses et acérés, tout plongés et adoucis par le bleu apaisant des siens qui la regardaient avec...
Un frisson étrange s'insinua sous la peau de l'adolescente en proie aux fièvres de la jeunesse; fébrilement elle attrapa sa brosse et pour la première fois depuis longtemps coiffa sa chevelure avec un semblant de féminité qui ne lui était pas habituel.
La tâche accomplie, elle attrapa ses affaires mouillées d'une main, de l'autre son sac d'où dépassait le rouleau à pâtisserie prêt à l'emploi et dévala quatre à quatre les escaliers avant de stopper net face à l'atmosphère pesante qui se dégageait de la salle à manger.

Pour la première fois, les trois acolytes découvraient les véritables traits du visage propret de Malou, ses cheveux bien lissés tombant presque sagement sur ses épaules et, paradoxalement, malgré un corps à peine formé dû aux carences, elle semblait un peu plus âgée que les 12 ou 13 ans qu'elle avait accusés jusque là.

Selene et Gabriel parlaient à voix presque basse et semblaient anxieux, comme si quelque chose ne se passait pas bien. Troublée, elle balaya la scène du regard mais les deux adultes paraissaient tellement absorbés par leur conversation qu'elle n'osa pas s'en mêler et puis... Il y avait Nounours, là, dans l'encadrement de la porte, auréolé de toute sa splendeur virile, à tel point que son coeur se mit à battre la chamade et qu'elle le regarda comme si elle voulait lui offrir tout ce qu'il y avait de plus beau dans son âme.
Elle voulait s'excuser, se fondre en repentir tant il semblait malheureux mais elle n'en eut pas le temps; le grand homme s'était mit à sa hauteur et demandait le pardon pour quelque chose qu'il n'avait pas faite avant d'éclater en sanglots silencieux.
L'adolescente en fut chamboulée jusqu'aux tréfonds de son coeur.
Elle se jeta dans ses bras, et caressant le visage adoré elle murmura: non, tu n'es pas un monstre Nounours, tu es tout le contraire, le monstre c'est moi, pardon de t'avoir fait tant de mal...
Puis voyant les larmes jaillir de plus belle, n'écoutant que son instinct, elle embrassa les joues rudes et douces à la fois, tel une multitude de papillons effleurant la peau mal rasée de leurs ailes.
Comme cela ne suffisait pas à tarir la source, elle lécha tendrement l'eau salée car elle était comme cela, brute de décoffrage, à mi chemin entre l'humain et l'animal.
Je t'aime Nounours, je t'aime tellement.... chuchotait-elle encore, ne pleure plus...

L'étincelle d'acier.
Un courant électrique traversa les membres de Malou jusqu'aux bout de ses doigts et de ses lèvres.
La tendresse s'arrêta nette; son corps se raidit.
Encore amollie par les effusions, elle n'eut pas sa rapidité de réaction habituelle; également horrifiée par ce qu'elle voyait elle se sentit paralysée pendant un instant; un instant fatal.
La lame d'un rasoir avait tranché au vif le visage tant chéri quelques secondes plus tôt.
Le sang coulait abondamment et tombait en gouttes épaisses sur le carrelage. Le sang, la vie, l'amour de Nounours étaient en train d'abandonner son corps pour se répandre en flaque à ses pieds.
Vision insoutenable.

Malou avait cessé de réfléchir.
Elle ne songea même pas que le pistolet de Gabriel ou l'arbalète de Selene serait plus efficace et plus radical que sa pulsion.
Poussant l'homme adulé afin de l'écarter de son chemin, vive comme l'éclair, elle attrapa son rouleau à pâtisserie et envoya de toutes ses forces un coup dans les tibias de la femme.
Peut-être chancela t-elle de douleur ?
Aveuglée par la colère, l'adolescente ne voyait plus rien, n'entendait plus rien d'autre que sa rage et sa peur effroyable de perdre le seul être qui comptait dans sa vie après son frère.
Hurlant « vous avez trahit Bobby ! » comme une horde d'Ostrogoths braillerait « à l'attaque ! » elle se mit à cogner, cogner, cogner.
Elle ne pouvait plus s'arrêter; éructant des « Han » pour se donner plus de forces, bondissant comme un diable pour avoir plus d'élan, elle cogna encore et encore jusqu'à ce que l'illuminée s'effondre.
Quand elle fut au sol, Malou cognait encore en glapissant comme un animal blessé sans même s'apercevoir que l'arme de bois se teintait de rouge.
C'est une main sur son bras qui stoppa le carnage.
Exangue, hagarde, tremblant de tous ses membres, elle hurla NOOOOOON.... comme un chien hurle à la mort avant de se jeter dans les bras de Nounours dans un ultime sursaut d'énergie.

Et elle ne bougea plus.
Le souffle court, elle haletait difficilement, ses yeux se voilaient, le sang quittait son visage qui devint blanc comme cire.
Fragilisée par les privations et l'anorexie mêlée, en état de choc par ce qu'elle venait de faire, ses forces l'abandonnaient; c'est une poupée de chiffon inerte que Bobby tenait à présent contre son coeur.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mar 24 Mai 2016 - 13:20

Lorsque Selene lui déballa son plan d'action, il ne broncha pas, attendant qu'elle termine d'exposer son idée. Ce plan n'était pas sans faille, mais il pouvait fonctionner. La supposition selon laquelle ils auraient certainement placé leurs réserves dans l'église se tenait. Le gros problème viendrait des éventuelles sentinelles postées dans la ville. Voire même en haut du clocher. S'il devait faire surveiller une église, c'est ce que lui ferait. Et puis, l'idée de se diviser était dangereux également. Mais qu'est-ce qui ne l'était pas après tout ? Il prit quelques secondes de réflexion, essayant de voir s'il n'y avait pas moyen d'améliorer ce plan. Mais il n'était pas un tacticien hors pair et il dut reconnaître que Selene tenait quelque chose de viable.
Il opina du chef, encore pensif, puis il ajouta rapidement :
« Il nous reste à convaincre Malou... »

Il cessèrent là leurs messes basses pour retourner auprès des autres. Bobby et Malou étaient en pleine réconciliation. C'était touchant à voir. Ce qui l'était moins en revanche, c'était la lame qui passa à deux doigts de décapiter le colosse. Personne n'avait rien vu venir. Comme possédée, elle scandait des idioties religieuses alors que Bobby prenait le dessus. Le cœur battant la chamade, il ne put qu'assister, impuissant, à ce qu'allait lui faire le géant. Mais son grand cœur prenant encore le dessus, il l'épargna. Cet homme était vraiment trop gentil. Il ne tenta même pas de l’assommer ou de lui rendre coup pour coup. Son sang avait beau se répandre sur le sol, il trouvait encore le moyen d'être clément ! Comment un être pouvait t-il à ce point être dénué de violence et de haine ?

Ce ne fut pas le cas de la gamine qui, arme au poing, se rua sur la foldingue. Craignant pour sa vie si Alice se défendait, Gabriel se précipita à sa suite pour la retenir. Mais elle était rapide et, de façon fulgurante, elle éclata les tibias d'Alice d'un unique coup de rouleau à pâtisserie. La fanatique chancela et Malou la rua de coups qui devenaient de plus en plus violent  mesure qu'elle frappait. C'était elle qui semblait comme possédée à présent. Jamais il n'aurait put croire qu'elle possédait une telle force. Certainement l'adrenaline.
« Malou arrête ça ! Stop ! »
Elle n'entendait rien. Elle frappait simplement le corps déjà inerte de la femme.
Se rapprochant précautionneusement de sorte à ne pas se prendre un retour de rouleau, il parvint à lui saisir le poignet. Il l'écarta sans ménagement du cadavre au crâne éclaté et dont le sang commençait à imprégner le parquet, un œil encore intact et ouvert, fixé sur le plafond. La petite furie, loin d'être calmée, hurlait à la mort. Si elle continuait, elle allait rameuter tous les putréfiés de la région. Bobby la rattrapa alors qu'elle commençait à chanceler. Puis elle fini par s'écrouler dans ses bras.

Un silence de mort s'en suivit, uniquement brisé par le bruit que produisaient les gouttes de sang qui tombaient du cou de Bobby jusque sur le sol. Les yeux rivés sur le cadavre de la femme, Gabriel s'avisa qu'il avait arrêté de respirer. Il reprit une grande inspiration, légèrement tremblant. À ses pieds, le sang de la fanatique, qui formait une flaque, atteignit ses chaussures. Il recula, joignant ses mains derrière sa tête tout en continuant de contempler le cadavre. Leur plan venait de tomber à l'eau. Pire encore, si le groupe d'Alice était à sa recherche et qu'ils la découvraient comme ça, même s'ils ne la portaient pas forcement dans leur cœur ils risquaient de vouloir se venger. Juste par principe.
« Merde. » Murmura t-il pour lui même. « Merde merde merde ! »

La nuit ne tarderait plus à tomber. Ils devaient prendre une décision très vite. Soit ils montaient dans leur voiture et filaient très loin de tout ça. Soit ils risquaient le tout pour le tout... Non. C'était impossible. Malou était trop instable et Bobby trop gentil et naïf. Lui même ne savait pas viser avec une arme à feu et Selene ne pouvait pas tout gérer toute seule. Leur plan était voué à l’échec depuis le début. Ce qui était arrivé à Alice venait sans doute de leur sauver la vie. Au moins, il n'aurait pas à avouer à Selene qu'il s'était trompé et que son plan était irréalisable. Il laissa retomber ses bras et se tourna vers Selene.
« On devrait s'en aller. »

Ils étaient loin d'être reposés, mais rester ici c'était s'exposer aux représailles. Et Bobby semblait bien plus mal en point que ce qu'il voulait bien laisser paraître. Il avança vers le géant et tendit ses bras.
« Donne la moi. Il faut que Selene te soigne. »
Il adressa un sourire rassurant à Bobby, lui signifiant que tout allait bien en dépit des apparences. Il accueillit Malou dans ses bras. Elle était si légère... Pas étonnant qu'elle soit si fragile.
Il la déposa sur le canapé qui faisait face à un téléviseur encore intact. Il écarta la table basse en bois massif et s'agenouilla pour être à sa hauteur. Puis il lui passa le dos de sa main, qui était froide, sur les joues et le front.
« Allez Calamity Jane. On se réveille. »

Elle finit par le fixer de ses grands yeux larmoyants. Une vraie boule de nerfs. Cette petite avait les émotions à fleur de peau. Il la fixa également.
« Rappelle-moi de ne jamais te contrarier quand tu joue les pâtissières. » plaisanta t-il histoire de dédramatiser la situation. Elle venait tout de même de tuer une femme ! Certes, c'était une meurtrière et une cinglée qui avait par deux fois tenté de les tuer. Mais c'était tout de même un être humain. Elle avait agit sous le coup de ses émotions. Et il était possible qu'elle se sente coupable une fois revenue à la raison.

« Comment tu te sens ? » s'enquit t-il finalement en redevenant sérieux, véritablement inquiet par le teint blafard de la jeune fille. S'avisant qu'elle s'inquiétait peut-être pour son nouveau meilleur ami, il s'empressa de la rassurer.
« Selene s'occupe de Bobby. T'en fais pas pour lui ce n'est qu'une égratignure. »
En vérité, il n'avait pas vu la profondeur de l'entaille. Et au vu du sang qui en déferlait, c'était probablement plus qu'une petite coupure. Mais il ne voulait pas affoler Malou qui était déjà au bord d'un précipice émotionnel.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mar 24 Mai 2016 - 18:25

L’approbation de Gabriel enleva un poids de sa poitrine. Visiblement, elle l’avait convaincue. Elle ne devait pas être si bête que ça. Un sourire légèrement satisfait sur les lèvres, Selene était déjà prête à en découdre. Sur les pas de l’ancien professeur, elle s’apprêtait à s’attaquer à la partie la plus délicate de l’après-midi – rallier Malou – mais tout dégénéra en un quart de seconde.

A cause de la forte silhouette de Bobby, elle n’avait pas vu la psychotique s’approcher dans son dos, pas plus qu’elle n’avait vu son couteau. La musicienne ne s’aperçut de la manœuvre que lorsque la lame déchirait la chair épaisse de son ami. Son cœur rata un battement en voyant le sang du géant se répandre sur ses vêtements et gouter sur le plancher sale. Instinctivement, elle avait dressé son arbalète. Il n’était plus question de l’épargner. Dans le tourbillon de folie qui emportaient ses pensées, la pianiste voulait écorcher cette femme, la faire souffrir, la tuer. Car celle-ci avait osé s’en prendre à l’un des siens alors qu’il lui offrait son oreille et sa bonté ; car elle avait toujours été capable du pire pour venger le colosse.

Toute cette rage lui fut volée par Malou, plus proche, qui se rua sur l’otage avec son rouleau à pâtisserie. Selene se figea, parce qu’elle entrevit dans le monstre que devint l’adolescente celui qu’elle avait incarné le mois passé. Une créature nerveuse, boule de muscles débridés par la folie, les sens étouffés, les émotions dévastées. A chaque coup porté, la musicienne revoyait les siens, sur le visage de la pauvre fille qui ne lui avait rien fait. Là était l’œuvre de l’apocalypse. Cette fièvre brûlante qui transformait la plus fragile des personnes en chimère violente.

L’étudiante ne bougeait pas aussi parce que la prisonnière méritait ce sort à ses yeux. Ce fut Gabriel qui intervint le premier, retenant les coups qui ne s’arrêtaient plus. La pianiste raffermit sa prise sur son arme. Simple précaution, des fois que Malou ait réellement perdu les pédales et qu’il faille l’empêcher de leur nuire. Heureusement, elle était épuisée et s’effondra dans les grands bras de Bobby qui avait assisté, impuissant, au carnage. Le silence se posa sur eux comme un oiseau maudit. Le sang sur le sol paraissait plus rouge, plus éclatant que tout le reste. Selene serra les dents, réévaluant les données de leur plan. A son avis, la disparition de la fanatique leur facilitait même la tâche, alors elle ouvrit des yeux ronds quand son aîné suggéra de s’en aller.

- Hors de question, cingla-t-elle, on ne va pas tout abandonner parce que miss Malou a pété un plomb.

Dire que quelques temps auparavant, c’était elle qu’on faisait passer pour une folle impulsive et irréfléchie. C’était clairement l’hôpital qui se foutait de la charité mais ça, elle ne le dit pas. Il n’était pas encore l’heure de remettre sur le tapis leurs différents idéologiques : Bobby continuait de saigner. La lame n’était pas passée loin de son œil. Poussant un soupir d’exaspération, la musicienne posa son arbalète et attrapa la grosse trousse de secours, récupérée dans le camion de pompier, que le géant avait déjà utilisé pour elle. En deux secondes, elle courut se rincer les mains – faute de mieux – et s’assit face à son ami. La coupure était vilaine. L’étudiante n’était pas médecin, mais elle supposait qu’il aurait une cicatrice. Déballant plusieurs compresses pour essayer d’endiguer le flot d’hémoglobine, elle souffla :

- T’es encore dans un sale état… excuse-moi, je n’aurais pas dû te laisser seul avec elle.

Elle le pensait. Là où Selene était trop méfiante, le colosse ne l’était pas assez. Si c’était elle qui l’avait surveillée, ça ne serait pas arrivé, parce qu’elle ne lui aurait jamais tourné le dos. C’était un paradoxe assez impressionnant… avoir la carrure d’un golem mais être d’une bonté aveugle. Ça le tuerait, plusieurs personnes le lui avaient déjà dit, alors la pianiste n’en rajouterait pas une couche. Une main appuyant fermement sur la blessure avec les compresses qui s’imbibaient lentement de sang, l’autre caressa sa joue intacte avec douceur. Les grands yeux glacés de la musicienne plongeaient dans les siens ; lui seul savait lire ce qui se passait derrière ses vitres sans teint.

- Je ne laisserais plus quelqu’un te blesser alors que je suis là, murmura-t-elle d’une voix frémissante.

Elle se pinça les lèvres en découvrant la coupure avec précaution. L’écoulement s’arrêtait, elle allait pouvoir désinfecter. Ils avaient heureusement de quoi, mais ça ne risquait pas d’être agréable. Sortant le nécessaire avec un aplomb qui l’étonnait presque, Selene commenta à l’adresse de Bobby :

- C’est pas super beau à voir. Je pense que tu auras besoin de points, faudra demander à Aori en rentrant, on doit avoir du fil là-dedans, elle désigna la grosse trousse des pompiers, là je vais juste te faire un pansement. Attention ça va piquer.

L’étudiante eut un air désolé mais ne s’arrêta pas pour autant. Elle tenait à s’appliquer, hors de question de voir la plaie s’infecter et nécroser le visage de son ami. Tout en s’affairant, elle réfléchissait. Certes, elle avait déjà fait comprendre qu’elle ne voulait pas faire marche arrière mais… si son complice était blessé, ce n’était peut-être pas le meilleur moment. Sa chair commençait à sérieusement payer cette journée d’expédition.  Peut-être pouvaient-ils se contenter de piller cette maison et s’en aller. Un maigre butin. Trop ?

- Qu’est-ce que tu veux faire ? demanda-t-elle doucement, j’ai un plan, ajouta la jeune femme avec malice, mais c’est toi qui décide.

Ces cinglés qui tuaient au nom de dieu, elle leur porterait les flammes de l’enfer. Le géant n’avait qu’un mot à dire.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mer 25 Mai 2016 - 6:12

Le temps semblait ralentir subitement. Les gouttes de sangs qui s’écoulait de l’horrible faciès de l’homme étaient suspendu dans les airs telles des gouttes de pluies cramoisies. Les lèvres de la religieuses bougeaient doucement, un peu comme si elle était plongée dans une substance compact comme de l’eau. Les yeux exorbités par la folie vengeresses d’un Dieu qui avait abandonné ses fidèles lors que le jugement dernier avait sonné, Alice pointa les survivants pour les maudirent. Le cœur du mineur venait de se faire broyer littéralement par la traitrise de la fanatique jumelé à  la nature impitoyable de l’humanité. Le colosse essayait de voir la beauté et la bonté dans chaque cœur, malgré les sarcasmes et les railleries qu’il récoltait sans cesse. Comme lui avait certifier quelques personnes, il avait une âme magnifique, si pure et innocente qu’il devrait être canoniser saint avec tous ce qu’il a endurer. Un ange dans un corps de monstre en quelque sorte. Et maintenant pendant que le sang qui jaillissait de sa plaie au visage l’aveuglait, la clarté de son action se matérialisa dans l’esprit du simplet. L’illuminée s’était joué de lui, l’avait manipuler comme bon nombres de gens, lui avait dit ce qu’il désirait entendre avant de retourner sa veste de façon la plus brutale et la plus violente qui soit. Ce n’était pas la blessure physique qui était la plus douleurs, mais celle à son âme et son cœur. Car oui il ne voulait que personne ne souffre autour de lui, quitte à subir les pires tourments. Et par sa bonté et son humanité. Grandiose, il avait brisé l’innocence de Malou et détruit une nouvelle vie.

Le temps décida de reprendre le cours normale, mais à la vitesse supérieure pour remettre l’esprit lent de la créature souffrante au diapason de l’horreur actuel de la situation. Au lieu d’assommer la furie d’un coup de poing phénoménale, Robert avait décidé de laisser une chance à la folle de se rendre malgré sa faute impardonnable. Mais au lieu que le véritable monstre se charge de la triste besogne, la sauvageonne chargea avec son arme de fortune et elle massacra littéralement la religieuse avec la hargne et  la force d’une démente. Passant une main immense pour enlever les torrents de sang de ses yeux océaniques, Robert ne put que saisir la frêle silhouette haletante de l’adolescente dans ses bras réconfortants. À cet instant précis, il n’avait plus que les deux âmes tourmenter dans tout l’univers. Glissant ses doigts poisseux de sang dans la chevelure blond comme les blé de Malou pour essayer de la calmer, le monstre de foire sentait son sang couler doucement sur la forme inerte si précieuse pour lui. Repositionnant l’ange de l’innocence brisé pour lui empêcher d’avoir sur elle l’hémoglobine indigne de la lie de l’humanité, il la serra de nouveau sur son cœur. Une sorte de bulle, légère comme celles produites par le savon, venait d’envelopper l’étrange duo. Laissant ses larmes se mêler au ruisseau sanguinolent qui courait librement sur ses traits atypiques, le géant chantonna tout doucement pour celle qui lui rappelait son ange disparu. Ils étaient à l’abri de la course du temps, de la folie des hommes, du chaos ambiant et même de la souffrance. Il n’était devenu que le Nounours de Malou. Une source de réconfort et d’apaisement pour l’ange qui sommeillait dans ses bras. Il ne se préoccupait plus de sa blessure qui égrainait sa vie goutte par goutte, Bobby ne voulait que l’adolescente aux yeux sublimes soit confortable et apaiser.

Après quelques secondes d’un réconfort mutuel bercer par la voix chantantes douces et merveilleuse du colosse, Gaby vient prendre Malou pour l’éloigner de l’horreur qu’il représentait. Dans un premier temps, il ne voulait pas. Il voulait bercer celle qui rappelait un éclat du passé au mastodonte. Mais voir le sang, son sang barbouiller les traits angéliques de l’adolescente lui fit replonger dans l’horreur. Il revoyait Sandra couverte de sang, à moitié dépecer et mastiquer par les abominations qui peuple maintenant cette nouvelle horreur qu’est le monde. C’était symbolique cette image déchirante de vérité. Toutes les personnes qu’il aimait, qu’il chérissait au-delà de sa propre vie seront condamné à mourir de la pire manière qui soit. Comme si le destin, cet être intangible et malveillant, prenait un malin plaisirs à torturer l’âme et le cœur si pur de l’homme difforme. Tendant la forme évanouie de la jeune femme à l’homme qui semblait si sage à son regard océanique, le géant essaya de cacher ses larmes de douleurs.

Alors vint à son secours celle qui l’avait recueillis et qui lui prodiguait un amour fraternel si précieux pour son âme. L’assistant à la table de la cuisine, elle commençait à éponger le flot sanguin qui ornait son visage. Les gestes de la musicienne était presque surnaturel, ayant une essence divine pour la misérable créature. Quand elle s’excusa de l’avoir laisser seul avec la folle, le géant souleva ses épaules massives pour signifier que c’était oublier. La voie crevassé mais aux intonations si douces s’extirpa  de la gorge monstrueuse du golem de chair.

Robert- Pas grave Selene… Euh… tu avais raison au début tu sais… Euh… Elle a été méchante et au moins elle n’a pas fait de mal ni à toi ni à Malou et Gaby.

Quand il l’entendit dire qu’elle ne laisserait plus personne lui faire du mal, le colosse releva les yeux. Prenant la main de son ange d’ivoire, il la regarda directement dans ses yeux pour se noyer dans l’étendu glaciale et pur de la bleuté de ses iris. L’homme difforme secoua la tête doucement, son regard océanique enveloppant les pensées néfastes de la pianiste. Comme un ange ou bien une entité surnaturelle bienveillante, l’âme si pur et débordant de bonté du géant berçait l’esprit tourmenter de celle qui avait accepter d’être sa sœur. Tel un pilier qui soutenait la terre entière, un phare qui éclairait la noirceur passagère de l’âme de Selene, la gentillesse et l’innocence de l’homme mit du baume au cœur de la musicienne. Il était le gardien qui maintenait un équilibre dans le monde de l’ange aux cheveux de jais. Mais le géant  dans son simpliste désarmant ne le savait aucunement. Il ne voulait que Selene sourit à la vie et qu’elle soit heureuse. Quand elle parla que la blessure n’était pas belle, un léger rire s’échappa des dents mal alignées du mineur. Un doux rire qui laissa entrevoir la fatalité de la laideur que lui renvoyait l’image du miroir a chaque matin depuis sa naissance. Quand elle arriva pour mettre le pansement, le géant lui dit avec sa voix rocailleuse mais aux mots si doux qui laissait transparaître la beauté de son cœur torturer.

Robert- Pas besoin… Euh… Tiens c’est des trucs pour rapprocher les bord du bobo. Euh… Ça va tenir le coup… Euh… Pas grave pour ça je suis déjà pas bien beau à voir alors…

Aidant de son mieux à appliquer les points de rapprochement sur son visage balafré après avoir lui-même laver ses mains immenses et rugeuse, essayant de sourire pour alléger l’atmosphère lourde du refuge, le colosse écouta les paroles presque chanté de son amie. Hochant la tête pour signifier qu’il avait bien compris, il demanda alors avec une affection et une sollicitude poignante dans la voix.

Robert- Toi tu vas bien au moins? Malou va mieux et Gaby a rien?

De ces simples mots, le colosse prouvait une fois de plus qu’il songeait au bien-être des gens autour de lui avant même sa propre vie dans un sens. Tendant des bras immenses et réconfortants vers son ange, il laissa celle-ci trouver un refuge dans l’aura apaisante du monstre de foire. Chuchotant alors quelques mots dans le creux de son oreille, il laissa libre court à sa verbe si particulière. Un conversation des plus intimes en quelques sortes...

Robert- Je serais toujours là pour toi tu sais Selene… Euh… Même si on doit aller cogner aux portes des Enfers je serais là… Euh… Je veux juste te savoir en sécurité avec Malou et Gaby c’est tout… Euh… Si t’as un bon plan je suis là comme d’habitude. Mais je veux être près de toi ok? Pars pas sans moi s’il te plait… Euh… Tu veux en parler avec Gaby il a l’air plus intelligent que moi… Euh… Moi je vais dormir un peu si ça te dérange pas… Euh… Réconforter aussi Malou… Euh… Tu crois que Breann va moins m’aimer avec ma nouvelle gueule?

La dernière remarque était plus pour faire sourire la pianiste que pour se plaindre, car il savait maintenant que la journaliste semblait le regarder avec les yeux du cœur. Embrassant doucement et tendrement le front de l’ange d’ivoire, il laissa à cette dernière reprendre sa liberté. Le baiser semblait presque à une eau vive qui apaisait l'âme de l'être de lumière. Se leva avec difficulté, le mastodonte fit les quelques pas nécessaires pour rejoindre les deux survivants dans le salon. S’assoyant lourdement au sol près du divan où était allongé l’être d’innocence et qui pouvait se comparer à un ange, Robert regarda alors Gabriel et Malou droit dans les yeux. Un raz de marée de bienveillance et d’apaisement les frappa de plein fouet venu directement du cœur et de l’âme si pur du géant.

Robert- Merci Gaby… Euh.. Tu es un homme bien tu sais… Euh… Tu veux te reposer un peu ou bien parler à Selene? Euh… Je vais rester près de Malou.

Regardant la sauvageonne ayant des yeux humides de tristesses, il sorti un mouchoir de la poche de son pantalon. Délicatement, tendrement, la bête essaya les joues lisses de l’ange. Ensuite il caressa les cheveux avec une douceur infinie. Un geste sans arrière-pensée, juste une dose massive de réconfort.

Robert- Tu peux te reposer Malou… Euh… Je serais là à veiller sur toi. Tu es un si intelligente et si gentille tu sais… Euh… Je serais là pour toi comme pour tous ceux de ma famille. Aussi tu n'es pas un monstre... Euh personne ici n'en est un même si je fois que j'en suis un... Euh... c'est entrer trop profondément dans ma tête et j'en dois oublier que j'en suis ça.

Et alors il commença à chanter d’une voix pur et caressant les âmes endeuiller. Avec une douceur surnaturelle, les mots s’infiltrèrent dans l’ouïe de tous et chacun et berça leurs âme pour retrouver un semblant de paix et d’harmonie. Un moment de détente et d’évasion hors de ce monde sans pitié…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mer 25 Mai 2016 - 22:24

Quand Malou reprit ses esprits, elle était allongée sur un canapé et Gabriel au-dessus d'elle la fixait.
Elle ne put s'empêcher de rire brièvement à la remarque coquasse de l'instituteur; cet homme était incroyable, il avait le don de l'humour au point qu'elle n'avait pas encore réussi à se fâcher avec lui; mais à la seconde d'après elle redevint sérieuse.
Mieux... répondit-elle brièvement à la question posée mais... tenta t-elle de poursuivre.
Elle n'eut pas le temps d'exposer son tracas, il avait deviné et s'empressa de la rassurer au sujet de Nounours.
Gênée par la promiscuité, elle s'écarta un peu et s'assit en hochant la tête négativement la tête:
non, ce n'est pas une simple éraflure, c'est profond, j'ai tout vu, elle aurait pu le tuer et moi...
La phrase resta en suspens, elle avait envie de pleurer.
Orgueilleuse, elle tourna le dos à Gabriel et s'installa en chien de fusil, les bras autour des jambes, complètement fermée aux autres.
Elle avait besoin d'un temps de solitude afin de réfléchir sur son acte car non seulement elle avait tué une personne humaine en bonne santé physique mais l'avait aussi littéralement massacrée; bienvenue au club aurait pu lui dire Selene avec un sourire goguenard et elle aurait eu raison.

Malou était honteuse et se balançait d'avant en arrière tant elle était perturbée. Gabriel était oublié, elle ne savait même pas s'il était là ou non et elle s'en foutait.
Elle commençait à comprendre certaines choses. Elle venait de toucher au fait qu'il était facile d'avoir une belle moralité et des principes quand on n'avait jamais côtoyé l'horreur, quand on n'avait jamais été acculé comme un rat, quand on n'avait jamais eu besoin de défendre la vie d'un ami ou d'un frère.
Au cul les bons principes dans ce monde foireux de merde... maugréa t-elle entre ses dents avant de se mettre à pleurer en silence, se tournant encore plus vers les coussins afin d'être certaine qu'il ne la verrait pas.
Elle se mit à penser à son frère, si gentil, si doux; il serait devenu fou s'il avait dû accomplir une atrocité pareille.
« Erik, tu es où ?... J'ai tué quelqu'un Erik et même, j'y ai pris plaisir à un moment donné... Je suis un monstre, hein ? » pensa t-elle avant de se lever d'un bond en disant, assez fort pour être entendu:
Mais si cette connasse n'avait pas eu l'idée débile de prendre un otage carrément inutile, rien de tout cela ne serait arrivé putain de merde !!!
elle se rassit d'un coup, la tête lui tournait, elle était à deux doigt d'un autre malaise.
Elle attendit que cela passe puis alla vers la salle à manger, attrapa rageusement le reste de sa barre de céréales qui traînait encore sur la table ainsi que sa boisson énergisante et, sans regarder personne, d'un ton sec, elle laissa tomber de but en blanc: c'était de la légitime défense avant de se diriger vers la chambre où gisait le cadavre.
Sans un regard non plus vers la morte, elle se baissa et lui arracha de la main à peine rigidifiée le rasoir coupe-choux, essuya la lame contre le jean de la femme et glissa l'arme dans sa poche de pantalon « au moins je n'aurai pas tout perdu ! » songea t-elle cyniquement avant de retourner au salon manger un peu.

Des larmes coulèrent à nouveau plus par réflexe qu'autre chose car contrairement à son frère ou peut-être à Selene, elle ne basculait pas dans la folie, elle était trop instinctive pour cela.
Elle avait réagi comme un bête féroce en danger, on l'attaquait ou on attaquait un des siens ? Elle attaquait aussi, sans état d'âme, pour se défendre, pour la survie.
Elle était juste amère d'avoir été obligée de faire un tel acte. Peinée aussi; cela s'apparentait à un beau gâchis à ses yeux car il aurait pu être possible d'éviter tout cela dès début.
Elle avait également ce caractère d'évitement, elle ne faisait pas partie des brutes qui foncent dans le tas pour le principe.
C'est pour cela qu'elle en voulait tant à Selene; elle ne comprenait pas encore tout; solitaire, il lui était impossible d'appréhender le besoin qu'avait la jeune femme de partir (et au besoin d'agresser) en quête de nourriture pour une communauté.

Quand Nounours vint s'assoir auprès d'elle afin d'essuyer les larmes avec son grand mouchoir, elle se laissa faire mais garda elle yeux baissés; elle avait peur de se faire disputer pour avoir tué de cette manière. Elle craignait de l'avoir déçu également.
Mais Bobby semblait au-delà de ce genre de comportement et cherchait à la consoler.
Malou écoutait; buttée, elle répondait: non, je ne suis pas gentille, non je ne suis pas intelligente, je ne vaut pas mieux que la sale bonne femme; c'est moi le monstre. Je suis un rat !

Enfin elle se calma; Nounours chantait et apaisait son coeur et son cerveau en effervescence.
Il caressait ses cheveux et elle aimait cela. Elle mit sa main dans la sienne qui semblait minuscule par rapport à sa grande paluche et elle aima cela aussi mais n'en montra rien.
Elle avait plusieurs problèmes à résoudre dont un plus important, plus fort que tous les autres et qui la dépassait.

Quand la dernière note s'acheva elle avait pris une décision: Selene avait raison, ces gens ne méritaient pas de posséder ce qu'ils avaient amassés. Alice avait trahi de la manière la plus mesquine qui soit; à malhonnête, malhonnêtes et demi.
Elle se leva, se campa devant la jeune femme et balança:
on va dire que je me suis trompée et que tu n'es pas trop idiote !
Elle laissa un temps mais avant que Selene, Gabriel ou Nounours ne donne un avis, elle continua:
je suis d'accord pour aller prendre ce qu'ils ont. Tout ! Insista t-elle, même le camion de pompier, la lance à incendie et son trépied à roulette, ça peut servir. Je veux qu'ils paient au centuple ce qu'ils ont fait.
Puis, se tournant vers les trois, elle continua:
je suis petite, je ne pourrais pas attaquer de front mais je sais me servir de mon rouleau à pâtisserie à présent et j'ai un rasoir pour couper des jarrets.
Par crainte de se faire moquer, elle renchérit froidement:
ce n'est pas tout. Ma taille me permet de me faufiler là où des adultes ne peuvent pas passer; un trou, un soupirail... Et je sais me déplacer sans bruit, sans me faire remarquer; j'ai appris cela d'un Indien.
Quand j'ai fait du bruit avec le tuyau, c'était une lourde erreur; vous m'aviez fait peur , je ne l'avais pas vu; cela ne se produira plus...

A nouveau elle se tourna vers sa Muse. Son regard était glacial, sans aucun sentiment, elle était décidé, rien ne l'arrêterait; c'était une mission d'honneur.
Elle la fixa droit dans les yeux et annonça: dis moi ce que j'aurai à faire, je le ferai.
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Aujourd'hui à 6:44

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Priez ou mourrez

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