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 Priez ou mourrez

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Bobby Smith
Lost Angels
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Mer 18 Mai 2016 - 18:02

Le géant au cœur d’or était complètement déchiré entre sa loyauté envers Selene et les arguments d’une logique implacable de Malou et Gaby. Quand les paroles de la pianiste eurent fini de flotter dans les airs, la bête de foire comprit ce qu’il avait à faire. Se levant doucement, un sourire apaisant embellissant les traits atypiques de son faciès repoussant, Robert enlaça la silhouette frêle de la pianiste. Le battement régulier de ce cœur si pur et débordant de bonté ressemblait à un métronome qui composait le rythme de l’amour fraternel  que la bête portait à l’ange d’ivoire. Caressant ses cheveux de jais qui semblait absorber  la luminosité du soleil, l’instinct de protecteur du colosse se mit en branle. Entourant de ses gros bras doux et chauds celle qui lui avait donné une chance de rédemption, Robert créa une sorte de cocon protecteur. Il était devenu un phare d’espoir, une balise de secours pour l’âme submergée par l’océan de folie. Elle devait se sentir soutenue, adorer et aimer. Ce que l’erreur de la nature lui rendit au centuple. Restant quelques longues secondes, ou bien quelques minutes, car le duo semblait à cet instant à l’abri du temps, enlacé très étroitement. Comme si les deux êtres voulaient se fondre l’une dans l’autre. Murmurant quelques phrases réconfortantes dans le creux de l’oreille de l’être divin, le mastodonte fit un acte insensé. D’une témérité folle pour le monstre qu’il était. Laissant de côté sa peur et sa gêne, il embrassa le front de porcelaine de Selene. Un contact doux, apaisant se dégagea de l’homme difforme. Toute son affection, sa bonté et son humanité se convergèrent vers ses lèvres exsangues. Cet acte d’amour singulier pouvait passer pour une douche revigorante pour l’âme de la pianiste, un aperçu de la nature enfouie sous la laideur et les cicatrices du mineur. Un dernier murmure caressa l’ouïe de la pianiste, une supplice en quelque sorte.

Robert- Je serais toujours là pour toi tu sais… Euh… Tu as confiance en moi?


Sentant un hochement de tête positif de la part de sa sœur d’âme, le géant renouvela le baiser sur le front et un simple merci s’échappa de ses lèvres tremblotantes.  Donnant sa liberté à l’être céleste, il se retourna vers les deux survivants. Une joie simple, enfantine, mais si pure éclairait totalement la pièce poussiéreuse.  Se dirigeant vers Malou, il prit le contenant de jus et la barre de céréale. Dans les yeux du colosse, l’adolescente farouche pouvait lire une fierté et une dose d’admiration qui devait faire chaud au cœur.

Robert- Je reviens je vais parler à la dame… euh… pas de chicane OK? Je te fais confiance, tu sais… Euh… Tu es très intelligente Malou.


Se tournant vers l’homme, une lueur de franche et amicale se désigna dans l’horizon de son regard.

Robert- Toi aussi Gaby tu à l’air très gentil et sage… Euh… Surveille-les pour que tout se passe bien OK?


Faisant une œillade complice et comique à l’assemblée de gens, faisant comprendre que c’était une petite farce innocente pour alléger l’atmosphère. De son pas lourd qui lui faisait tellement ressembler à un ours savant, le géant entra dans la chambre. Aussitôt la femme se releva d’un bond et commença à saccader un verset de la Bible.

Femme-  Le malheur poursuit ceux qui pèchent, Mais…


La voix rocailleuse et rauque de Bobby coupa la parole à la femme menottée.

Robert- le bonheur récompense les justes. Proverbes 13,21.

La religieuse commença à réciter un autre passage d’une voix forte et autoritaire.

Femme- Dites à ceux qui ont le cœur troublé…


Le visage intransigeant, la voix devinrent bas et Bobby finit de nouveau les paroles de l’illuminée.

Robert- Prenez courage, ne craignez point; Voici votre Dieu, la vengeance viendra, La rétribution de Dieu. Il viendra lui-même, et vous sauvera. Ésaïe 35,4. Maintenant assoyez-vous madame… Euh… Je vais enlever vos menottes si vous me dites que vous allez être gentille OK.

Déposant le jus et la barre de céréale sur la table de chevet, le mineur se redressa de toute sa taille pour dominer la femme farouche. Celle-ci soutient le regard du monstre de foire et son attitude changea.  Au premier apport, elle devait avoir pensé que le chainon manquant était celui qui allait la tuer, la trucider et lui faire souffrir le martyr. Mais le regard de la fanatique rencontra enfin celui du géant et elle su enfin ce qu’elle avait devant elle pourrait se comparer à un ange dans un corps meurtri. Elle avait plongé au travers des yeux de Bobby et contemplé ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme. Un mélange saisissant de mélancolie et de prudence se reflétait dans les iris de l’homme déformé. Mais aux fins fonds des yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion. Un mystérieux mélange d’humanité grandiose et de bienveillance des plus déplacés dans ce corps d’être digne de figurer dans le bas échelon de la société humaine. C’est ce qui la fit décider de collaborer avec le géant, tendant ses poignets pour être libéré de ses entraves métalliques. Quand les anneaux de fer furent enlevés, elle s’assit docilement sur le lit et Robert tendit les menottes à son ange à la peau d’ivoire appuyé au cadre de la porte. S’assoyant à son tour devant elle sur une chaise, le géant se pencha pour la regarder directement dans les yeux. Sa voix lourde, mais porter par la franchise caressa son auditrice du moment.

Robert- Pourquoi attaquer ceux qui ne croit pas en Dieu? C’est mal vous savez… Euh… Car il n’y a que Lui qui peut décider qui doit être rappelé à lui….  Euh… Pas vous.

La femme répondit alors, presque envouter par le regard si saisissait du mastodonte.

Femme- C’est une punition divine pour mettre à l’épreuve notre foi !

Hochant la tête, le colosse rajouta alors d’une voix douce et simple comme tout son être.

Robert-  Et tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la pareille. Car elle te sera rendue à la résurrection des justes.  Luc 14,14. Vous savez, je crois, que Dieu est partout dans nos actes… Euh… Mais ce que vous faîtes est un péché de prendre la vie d’une de ses créations.

La femme essaya de parler, mais l’homme difforme se releva tel un être de vengeance et de fureur. Son visage s’était mué en un masque de colère.

Robert- Un peu plus tôt vous vouliez assassiner une adolescente, un agneau de Dieu… Euh… Un être qui a encore sa pureté et sa grâce… Euh… Vous vouliez tuer ma sœur, mon ange qui m’a secourue pendant que tous les autres me crachaient au visage… Euh… On devrait faire le truc de l’œil pour œil vous savez.

Fermant le poing à s’en faire blanchir les jointures. Le mineur respira doucement, du sang s’écoulait de nouveau de la plaie de sa poitrine.

Robert- Mais nous n’en verrons rien… Euh… On va vous ramenez avec vos amis, votre famille.


Femme- Grâce soit rendue au Seigneur, il a entendu mon appel et…

Robert- J’ai pas fini.

Ces trois mots sonnèrent un peu comme une condamnation, un appel au calme. S’assoyant de nouveau, le géant laissant libre cours à son humanité aveuglante. Quelques petites larmes coulèrent sur ses joues mal rasées.

Robert- Nous cherchions de la nourriture pour ma famille d’adoption. Ils ont accepté de me prendre avec eux même si j’ai l’air d’un monstre… Euh… On a recueilli un enfant qui avait perdu ses parents… Euh… Je suis prêt toujours à propager la parole de Dieu en donnant ce que je possède et même mon sang pour les gens que je ne connais pas. Mais je vois de la bonté et de la gentillesse autour de moi, même dans le truc qui nous arrive… Euh… Des actions que Dieu est fier de voir et non de la violence en son nom.

La voix du colosse devint un murmure, si vibrante de sincérité et de vérité que la fanatique semblait accrocher à ses lèvres.

Robert- Je crois aussi que Dieu nous met à l’épreuve… Euh… Pour devenir de meilleures personnes. S’entraider et partager… Euh… Reconstruire et porter son message d’amour pas de haine. Tenez…


La main immense tendit la nourriture vers la religieuse incrédule.

Robert- Un acte de générosité est mieux vu par le Seigneur que la violence vous ne trouvez pas… Euh… Vous pouvez nous aider à survivre? Je pourrais vous aider dans un autre sens… Euh… Je suis habile pour construire et réparer des trucs… Entre ceux qui n’ont pas rejoint les méchants qui mordent, on doit être cher à ses yeux et on doit s’entraider non?

Et alors les paroles du géant au cœur si pur trouvèrent écho dans l’âme de la femme de foi. Celle-ci commença à pleurer à chaudes larmes et sans aucune hésitation, le mastodonte la réconforta. L’empathie de la créature lui dicta que la femme était revenue sur le chemin de la rédemption.

Robert- Je vous demande pardon pour tout à l’heure… Euh… Je ne voulais pas que vous vous blessiez en tapant sur le métal. Aussi si vous n’avez pas attaqué, on aurait pu discuter comme ça.

Le regard de la femme repenti porta son regard troublé vers la porte et elle murmura au travers de ses larmes.

Femme- Je m’excuse… Pardonnez-moi… Je vais parler aux gens de ma communauté… Ramenez-moi à la maison… Je vais tâcher de vous avoir des biens pour vous aider à propager votre message de paix.

Laissant la liberté de ses gestes à la femme, le colosse lui demanda alors.

Robert- Moi c’est Bobby ou Robert et vous?

Femme- Alice… Vous êtes un ange Robert?


Alors, la créature devint rouge pivoine et un sourire chaleureux et doux s’imposa sur les traits grossiers du goliath des temps moderne.

Robert- J’ai eu beaucoup de méchants surnoms, mais jamais d’aussi beau vous savez…


Le regard bleuté de l’homme difforme se tourna alors vers la pianiste qui semblait plus à quel saint se vouer. Se relevant il dit de sa voix rocailleuse à souhait.

Robert- Alors pas de bobos, on est tous gentil et on ramène Alice chez elle? Selene ma sœurette va vous parlez Alice et regarder ce qu’on peut faire pour que Dieu sourie en nous voyant faire les choses de la bonne façon…


Passant près de son ange d’ivoire, Bobby souleva alors les épaules en signe d’incompréhension.

Robert- Euh… Je suis croyant, je crois aux anges et j’en ai plusieurs dans ma famille alors je suis heureux… Euh… Aussi j'adore les messages venu du cœur... Euh... Désolé si j’ai trop parlé.

Le géant eut l'air un peu piteux, le contrecoup d'avoir parler si longuement et de façon si franche et sincère. Un état de grâce qu'il prodiguait depuis sa plus tendre enfance et qui classait son âme vers la pureté absolue. Un regard d'inquiétude parcourra alors la salle à diner, notant la disparition de Malou et de Gaby. Sa voix, chancelante par l’incompréhension et le doute, jaillit de sa gorge immonde.

Robert- Euh... Sont où les autres?

Comprenant que sa sœur d’âme sera en difficulté si la fanatique tournait sa veste, le cœur torturer à l'idée d'avoir perdu l'adolescente et le jeune homme, le colosse se plaça dans la porte pour protéger celle qui occupait une place importante dans son cœur.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 19 Mai 2016 - 13:38

Malou s'acharnait à tenter de finir sa barre de céréale pour faire plaisir à Nounours tout en attendant la réponse de Gabriel.
Mais elle ne venait pas; à la place, il avait l'air tellement triste qu'elle se dit en se mordant les lèvres qu'elle avait dû faire une gaffe sans le savoir; sa peine devait avoir un rapport avec son job.
Très maladroitement elle tenta d'alléger l'atmosphère en répondant:
ouais c'est sûr, ça n'a aucune importance... D'ailleurs moi je m'en fous, je demandais ça comme ça ! Mon père il est bien boulanger et il ne sait pas lire et ma mère, ivrogne professionnelle, alors tu vois... »
Elle resta songeuse quelques instants puis, comme par miracle, ses yeux devinrent pétillants d'espoir et sur l'ébauche d'un sourire joyeux elle annonça: moi, quand tout sera fini je voudrais apprendre le dessin dans une école, pour être artiste ! Avant de conclure plus bas: comme Selene...
Il lui était impossible d'imaginer ou de croire que l'épidémie durerait éternellement. Elle ne voulait pas savoir que le monde était en plein chaos et que l'espèce humaine s'éteignait à la vitesse de l'éclair.
Dans son livre à elle il était plutôt question de savants qui devaient certainement travailler dur jour et nuit pour trouver un remède qui serait ensuite rapidement distribué à toute la population jusqu'à extinction complète des cadavres-ambulants.
Puis la vie reprendrait son cours doucement; son frère reviendrait à la maison et retrouverait son emploi, son père se lèverait à nouveau la nuit pour faire du pain et sa mère... Bah... Elle allumerait le poste de télévision comme à l'accoutumé.

C'est au moment précis où Malou se demandait si ses parent étaient encore barricadés dans la petite maison comme elle les avait quitté que Selene décida de rétorquer.
Furieuse, forte de constater que Gabriel était de son côté, elle jeta sa barre de céréale à moitié commencée en travers de la table et rétorqua froidement, index pointé en signe accusateur:
Cette nourriture était dans un conteneur qui appartenait à des pompiers qui apparemment n'étaient plus là, elle n'était donc plus à personne, elle était abandonnée et tu le sais très bien alors arrête ton baratin !
Malou n'avait pas peur; elle n'avait jamais eu peur des adultes, elle entretenait juste une aversion, un dégout de ce qu'ils étaient, ne voyant en eux que des défauts et des vices aussi continua t-elle sur le même ton:
et quand j'étais seule je faisais les bennes à ordures, je n'ai jamais rien volé.
Ce que l'adolescente oubliait de dire, c'est qu'elle avait toujours été trop effrayée pour oser entrer dans une demeure même vide.
Suivant d'un regard impertinent le déplacement de la jeune femme elle objecta, bondissant presque comme une lionne: faux et archi-faux, le type ne me visait pas ! Et si vous n'aviez pas été là, je n'aurais pas été repérée car je sais me cacher et me déplacer sans bruit, moi ! Alors c'est toi qui va arrêter de dire n'importe quoi en te croyant la plus intelligente.
Et, afin d'être mauvaise jusqu'au bout elle balança:
et ton chiard de cinq ans, le jour où il saura comment tu lui a procuré sa bouffe et ben il te la lancera en travers de la gueule pour t'apprendre !

Furieuse, maussade, elle repoussa également sa brick de jus de fruit en maugréant: tenez, gardez la aussi votre putain de boisson à la con, j'ai ce qu'il me faut. avant d'aller dans un coin avec son sac et boire à même sa bouteille d'eau.
La suite ne fit qu'empirer son état d'esprit: Nounours, SON Nounours était en train de cajoler Selene alors qu'elle était méchante et voleuse, c'était vraiment injuste !
N'importe quoi; roule lui un patin aussi tant qu' tu y'est... sussura t-elle entre ses dents, peut-être pas assez fort toutefois pour être entendue.
Mais quand Bobby annonça qu'il allait « parler à la dame », la gamine se transforma instantanément en furie.
Se jetant sur le grand homme comme une bête sauvage, lui attrapant le bras et tirant vainement de toutes ses forces elle hurla:
NOOON, LAISSEZ-LA TRANQUILLE ROBERT, JE NE VEUX PAS QU'ELLE SOIT TORTUREE. VOUS ALLEZ LA TORTURER, VOUS ETES MECHANT, VOUS ÊTES TOUS IGNOBLES !
Après cette série d'incidents, Malou avait perdu toute confiance à tel point qu'il n'était même plus question de Nounours ni même de Bobby, encore moins d'un tutoiement.
Persuadée que son héros s'était rangé du côté de Selene, son monde s'était écroulé; à ses yeux, il était devenu un adulte aux gentilles apparences bien trompeuses, cachant une cruauté sans limite, comme les autres; elle s'était fait bien avoir mais on ne l'y reprendrait plus.

Malheureusement Robert était beaucoup plus fort qu'elle. Rien ne pouvait l'empêcher de faire ce qu'il avait à faire; alors, la mort dans l'âme, sans voir le regard de paix de celui qui avait perdu son amitié, elle laissa le géant pénétrer dans la chambre, se jeta sur son sac à dos et sortit de la maison en claquant la porte.
Ainsi, ce ne fut pas les yeux de la sauvageonne que la femme croisa à l'issu de l'étrange dialogue dont Malou ne fut jamais témoin car elle était déjà partie.

Tremblant de tous ses membres, Malou savait qu'il lui faudrait reprendre la route seule.
Du regard, elle chercha la dépouille du cadavre vivant et le vit non loin du garage.
Afin de survivre, elle eut envie de renouveler son expérience; si l'hypothèse s'avérait juste, elle serait sauvée.
Elle pénétra furtivement dans l'appentis qui avait déjà dû être fouillé car il ne restait pas grand chose; qu'importe, elle n'entrait pas là pour y trouver des outils ou des armes mais une simple paire de gants qu'elle ne tarda pas à dénicher.
Ils étaient en mauvais état mais sans trous, c'était juste ce qu'il fallait.
Rapidement, tout en surveillant ses arrières, elle s'approcha du cadavre, sortit de son sac le tesson de bouteille qu'elle avait gardé et entrepris d'éventrer le mangeur d'homme, ce qui ne fut pas trop difficile tant l'état de putréfaction était avancé.
Après incision dans la peau flasque et molle, elle écarta les chairs puis, prenant les immondices dans ses mains protégées par le latex, elle pommada généreusement son corps, ses vêtements, et ses cheveux, de sang, de boyaux et autres particules d'anatomie innommables de puanteur.
Quand elle eut terminé, elle fit de même pour le visage en prenant bien soin de ne pas toucher aux muqueuses: elle avait affaire à une épidémie transmissible, elle le savait !

Quand cette scène, digne des films d'horreurs fut achevée, elle se dirigea vers la route tout en restant bien cachée dans l'alignement de bosquets et fila sans bruit tel un fantôme à l'odeur nauséabonde.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 19 Mai 2016 - 17:36

[hrp : du coup je me suis calé sur le message de Malorie pour faire le mien. Donc mon perso n'est plus non plus dans la pièce au moment où Bobby a terminé son laïus. Si ça pose problème, dites-le moi et je tacherais de trouver une alternative.]

Lorsque la dispute éclata entre la gamine et Selene, Gabriel fut soufflé par la violence de leurs propos. Ils venaient d’échapper à la mort et voilà qu'ils se déchiraient ? C'était tellement absurde !
« Du calme les filles ! » tenta t-il de dire pour calmer le jeu, les mains levées en signe de paix. Mais elles étaient à ce point absorbées dans leur querelle qu'il aurait tout aussi bien put se mettre à pisser dans un violon.
Au fur et à mesure que l’abcès se crevait, Selene laissait entrapercevoir toute la souffrance qui lui pesait sur le cœur. Il essayait de se la remémorer comme elle était le jour de leur brève rencontre. Une rencontre qui, mine de rien, l'avait marqué. Elle était joyeuse, espiègle et un rien effrontée. Tellement pleine de doutes... Tout ce qu'il percevait à présent, c'était de la haine et de la douleur. De la peur aussi. Et le pire dans tout ça, c'était de se savoir impuissant à l'aider. Il ne lui rendrait jamais les personnes qu'elle avait perdu, il n'effacerait jamais les traumatismes qu'elle avait vécu. Pas plus qu'il ne pouvait oublier les siens. La mâchoire crispée, il assista enfin au retour au calme... en quelque sorte.

Fidèle à lui-même, Bobby laissa déborder son amour de la façon la plus basique qui soit. Un câlin. C'était à la fois comique et touchant de voir une telle réaction de la part d'un être de son gabarit. Il fallait juste espérer que cela suffirait à endiguer le flot d'émotions qui s'était emparé de la pianiste.
Étrangement, cela ne sembla pas plaire du tout à Malou qui faisait une tête de six pieds de long. Cette petite avait de la jugeote mais elle avait également un tempérament explosif. Cela finirait par lui attirer de gros ennuis si elle n'apprenait pas à prendre sur elle. Mais après tout, ce n'était qu'une enfant. Quoi de plus normal ?
Alors qu'il s'était levé de sa chaise lors de la dispute, il s'y réinstalla, pas vraiment certain de ce qu'il devait faire. Il doutait que la gamine accepte de se laisser réconforter, surtout par un inconnu, et il se voyait mal interrompre les deux amis. Posant ses avant bras sur la petite table à manger, il y déposa sa tête, laissant échapper un soupir. Manger lui avait fait du bien et maintenant qu'il ne ressentait plus ce tiraillement au creux de son estomac, il sentait la fatigue due à la digestion commencer à l'engourdir. Si la situation n'avait pas été aussi tendue, il aurait tout aussi bien put s'endormir là.

Mais bientôt le câlin se termina et Gabriel releva la tête. Il accueillit avec un sourire le compliment de Bobby. Sa simplicité et sa bonté étaient tellement touchantes... Mais c'étaient là deux choses qui étaient à double tranchant. Surtout dans un monde à ce point déchiré.
Puis Malou sortit à nouveau de ses gonds. Cette fois-ci, il intervint. La prenant par le bras, si frêle qu'il n'osa pas serrer trop fort, il voulu la détacher de Bobby. Craignant de la blesser, il fini par la lâcher.

« Arrête. Il ne va pas la torturer. Enfin tu l'a bien regardé ! Il n'a même certainement jamais arraché les ailes d'une mouche ! »

Autant parler à un mur de brique. Gabriel jeta un regard vers Selene et leva sa main droite pour lui signifier de ne pas intervenir. Ce n'était pas la peine qu'elles recommencent à se hurler dessus toutes les deux. Mais la gamine s'empressa de rassembler ses quelques affaires puis elle fila, plus rapide qu'une petite souris. Une souris furieusement en pétard.

« Elle est sérieuse ? » commenta stoïquement l'ancien instituteur.
Dans la pièce d'à côté, Bobby commençait à discuter avec la fanatique. Qu'espérait t-il donc obtenir d'elle ? Mais il n'avait pas vraiment le temps de s'en soucier. Si la gamine se retrouvait face à un putréfié... Quelle tête de mule ! Comment avait-elle survécu jusqu’alors en réagissant de cette manière ?
Attrapant son sac à dos qu'il avait posé prêt de la chaise, il prit Selene par les épaules et plongea son regard bleu clair dans le sien.

« J'ai bien compris que cette petite te sort par le nez, mais on ne peut pas la laisser se faire tuer. Je vais la ramener. Toi … » Il se tourna un instant vers Bobby qui semblait absorbé dans ce qu'il disait.
« Veille sur ton pote. Je la sens pas cette fille. »

Puis il la lâcha et sortit de la maison, essayant de repérer dans quelle direction était partie la petite furie. Il voulu l’appeler mais cela risquait d'attirer les morts et il y avait peu de chance pour qu'elle lui réponde de toute façon. Il avança un peu, au milieu de la route, regardant à gauche puis à droite. Elle était si menue et discrète qu'il avait bien peu de chance de la repérer.

« Merde. » cracha t-il entre ses dents.

Il commença à revenir vers la maison et quelque chose le frappa alors. Le cadavre que Bobby avait achevé était totalement éventré. Un chapelet de boyau s'étalait même en direction de la route. Il était passé devant au moment où elle était entrée dans le garage. Il l'ignorait bien sur mais une chose lui sembla évident ; Elle était maligne. Et certainement pas loin.
Dans son dos, en bordure de la route, il entendit une branche craquer net. Se retournant vivement, il dégaina son couteau, plus par réflexe que par peur. Prenant conscience que c'était sans doute la gamine, il se mit à courir pour la rattraper. Gardant son couteau en main au cas où il se tromperait, il vit une petite silhouette se faufiler entre les bosquets. Il la dépassa et se mit en travers de son chemin. Il était bien plus grand et plus fort qu'elle. S'il le fallait, il la ramènerait de force dans la maison. Mais il préférait essayer de la raisonner avant d'envisager d'employer la force.
Il la regarda d'un air compréhensif et bienveillant. Et lorsqu'il remarqua l'état dans lequel elle était, comprenant ainsi pourquoi le cadavre n'était plus intact, il ne put s’empêcher de sourire franchement.

« Intelligent comme technique. Ça marche au moins ? »

Elle semblait tellement furieuse. Se mettre en colère contre elle ne ferait qu’attiser sa propre fureur. Pour être certain qu'elle ne tenterait pas de s’éclipser à nouveau, il rangea son couteau puis lui saisi doucement les bras. C'était une étreinte qui se voulait rassurante et amicale mais si elle tentait de s'en défaire pour filer, il avait la force nécessaire pour la retenir. Il s'adressa à elle sur un ton qui n'avait rien d'agressif. Bien au contraire.

« Bobby va se faire du souci pour toi. Il a l'air de s'être beaucoup attaché à toi. Même s'il ne te connaît pas depuis longtemps. Il ne va faire aucun mal à cette femme. Aucun de nous ne lui fera quoi que ce soit. Tu as ma parole. »

Sous ses doigts, le sang coagulé avait un aspect poisseux et franchement répugnant. Il ne lâcha pas sa prise pour autant.

« Écoute, tu as des convictions et c'est une chose que je respecte. Mais tu dois apprendre à contrôler toute cette colère. Elle ne te rend pas justice. Pire encore, elle te met en danger. »

Il lui lâcha les bras, espérant qu'elle n'allait pas se mettre à courir pour lui échapper, s’entêtant.

« Reste avec nous. Tout seul je ne pourrais pas convaincre Selene de renoncer à son idée stupide. Et je suis sûr que si on lui explique tous les deux calmement, elle finira par comprendre. »

Il était prêt à lui courir après et à la balancer par dessus son épaule pour la ramener de force dans la maison s'il le fallait. Elle le détesterait pour ça mais il était hors de question qu'il revienne sans elle.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Jeu 19 Mai 2016 - 19:43

Selene poussa un soupir : elle capitulait. En plus d’être ignorante, Malou était de mauvaise foi. Elle engageait un débat mais n’avait pas la maturité pour le suivre jusqu’au bout. A croire qu’elles s’exprimaient en deux langues différentes. Quant à sa « discrétion », fallait-il en parler ? La même qui l’avait amenée à être découverte par le duo fraternel ? C’était réellement à se demander comment elle avait tenu jusque là, mais ça n’intéressait pas la pianiste. Lui parler était aussi utile que pisser dans un violon. De toute façon, si Gabriel et sa tentative de ramener le calme avait échoué, Bobby essaya une méthode bien plus radicale.

Il s’était levé et avait enveloppée la musicienne dans ses grands bras. Instantanément, elle se décrispa, comme si le poids du monde était, pour quelques secondes, soutenu à sa place par le géant. Ainsi, elle se sentit si fragile, si humaine, trop à l’étroit dans son corps étriqué. Les souffrances et les horreurs refusaient de la quitter, à jamais collé à sa peau. A l’abri dans l’étreinte de son ami, Selene s’autorisa quelques larmes. Il la connaissait mieux que personne désormais, il pouvait entrevoir sa faiblesse. Lui qui gardait le plus sombre de ses secrets et qui avait juré de ne jamais l’abandonner. Dans un éclat de lucidité, elle réalisa que le plus grand ennemi contre lequel Bobby la protégeait, c’était elle-même.

Quand il lui demandait si elle lui faisait confiance, l’étudiante acquiesça en essuyant discrètement ses yeux avant que les autres ne la voient. Remettre en place ses défenses, ne rien laisser paraître. Bien sûr, la quiétude ne dura qu’un temps : Malou se jetait désormais sur l’ancien mineur pour le retenir, persuadée qu’il allait torturer la bonne femme. Même Gabriel avait compris que ça ne serait jamais le cas et d’ailleurs, il préféra intervenir en adressant un signe à la musicienne qui lui rappela le professeur qu’il avait été. Non, elle n’intervint pas. Le temps filait, le jour courait vers un nouvel horizon, pas le temps de disperser plus d’énergie en querelle.

Quand son aîné la prit par les épaules, Selene fut soudainement hypnotisée par son regard. Des yeux sortis du passé, marqué par la tristesse, mais toujours semblable. Comme s’il ne manquait que ça pour que la nostalgie réchauffe son cœur glacé. Les images du musée Burke s’éveillèrent, brillantes, chassant au moins pour quelques instants les imprimés d’atrocités incrusté dans son subconscient. C’était marrant, elle avait la sensation de retrouver l’instituteur dans la façon dont il lui parlait et… ça lui plaisait. Une manière de se rappeler qu’avant que les morts ne se relèvent, elle était à peine sortie de l’adolescence.

- Ok, ok…, avait-elle murmuré.

Au moins, elle était d’accord avec lui. Malou lui donnait envie de la gifler, mais elle ne méritait pas de se faire dévorer. Ça ne lui plaisait pas de voir Gabriel sortir pour la ramener, mais Bobby commençait déjà à discuter avec leur otage, alors il fallait bien qu’elle le supervise. Déjà, la musicienne vit d’un œil méfiant qu’il la détache. En replaçant ses menottes dans sa ceinture multifonction, elle déclipsa le holster de son arme à feux, prête à réagir en cas de besoin.    

Ce qui se passa ensuite était tout bonnement surprenant. La tête appuyée contre l’encablure de la porte, Selene assista à cet échange pieux, cette joute de citations qu’elle devinait tirées de la Bible, et l’évolution du caractère de la fanatique. Pour être honnête, elle aussi fut surprise de découvrir un Robert magnifié par la parole divine. Comme si les textes saints avaient été écrits pour être récités par des êtres comme lui : des Hommes qui respiraient la bonté et l’honnêteté. Pourtant, elle se méfiait toujours de l’otage. Elle se souvenait de ses yeux quand elle essayait de la tuer, de son rire quand elle tenta t’attirer les rôdeurs… pouvait-on être si proche de la folie et revenir aussi vite ? Quand Bobby se tourna vers elle pour avoir son avis, l’étudiante se mordilla quelques secondes la lèvre inférieure.

- On va voir, répondit-elle évasivement.

Ses yeux bleus se plantèrent dans ceux de l’inconnue, cherchant à déceler la moindre trace de mensonge ou de fourberie. Le géant s’excusa, elle balaya ses paroles d’un geste de la main et ne souffla qu’un « partis » au sujet de leurs camarades.

- Je suis désolée, dit-elle enfin à la fanatique, pour l’instant, je vais y réfléchir. La dernière fois que je vous ai eu en face de moi, vous avez essayé de me tuer, alors…, un sourire sans joie étira ses traits pâles alors qu’elle se tournait vers son ami pour murmurer : surveille-là, d’accord ? Ne lui donne pas d’arme, ne la fais pas sortir et ne la quitte pas des yeux. Je reviens, je vais chercher les autres.

Car si elle ne croyait pas en Dieu, Selene avait été touchée par la beauté des paroles du colosse. Nul besoin d’avoir la foi pour être bouleversée par les discours sur la bonté et la générosité. N’étaient-ce pas les principes pour lesquels elle avait accepté Harold, Flann, Aori et Arun au chalet ? Ils n’étaient pas là parce qu’ils étaient des guerriers, ils étaient là parce qu’ils méritaient de vivre et qu’elle voulait, avec toute sa détermination, leur garantir cette chance. La pianiste adressa un sourire à Bobby en récupérant son arbalète et sortit à son tour. Elle ne manqua pas le cadavre éventré, témoin d’une idée ingénieuse qui lui avait effleuré l’esprit mais qu’elle n’avait jamais mise en pratique. Voilà comme elle survivait… pas si bête le rat finalement. En tout cas, si Malou avait pris le temps de se camoufler, alors elle n’avait pas pu aller loin avant que Gabriel ne la rattrape. Ils n’avaient que quelques minutes d’avance.

Arme prête, l’étudiante préféra commencer par hasarder vers la route. Pour une enfant, ça devait être plus simple de suivre les sentiers que de s’aventurer dans les bois sauvages. Ce fut une bonne initiative puisque peu de temps après, des éclats de voix lui parvinrent. Elle attendit de vraiment n’être qu’à quelques mètres de ses comparses pour baisser son arbalète en signe de non-agression.

- Alors, tu as eu le temps de lui confisquer son portable ?

Un peu usée cette blague. Selene n’était pas certaine de faire mouche, mais elle voulait que l’ancien instituteur comprenne : elle n’était pas si différente. Elle avait mal et elle avait peur. Comme beaucoup trop de gens aujourd’hui. Une fois à leur hauteur, la musicienne défia du regard la sauvageonne déguisée en rôdeur. Faire la paix était un peu trop lui demander dans l’immédiat, mais arrondir les angles, ça valait le coup d’essayer.

- On va dire que je me suis trompée et que tu n’es pas idiote, sa voix était vraiment calme cette fois, dénuée de toute la crispation amenée par le stress, Bobby ne lui a rien fait. Ils ont simplement discuté… de la bible. Et t’as raté un retournement de situation, j’ai besoin de toi pour savoir si c’est fiable, ajouta-t-elle à l’adresse de Gabriel, on laisse tomber si tu le sens pas, consentit l’étudiante dans un soupir.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Ven 20 Mai 2016 - 14:11

Écoutant les paroles pleines de sagesse et de bon sens de l’ange à la peau lactescent, le géant fit un sourire approbateur. Le regard bleuté débordant de gentillesse et de bonté se fracassa sur les deux femmes  comme un lac paisible qui caresse le bord de la rive. Quand Selene passa près de lui, le colosse difforme lui toucha l’épaule affectueusement et lui chuchota en retour de sa voix rauque et tendre à la fois.

Robert- J’ai et je vais toujours avoir confiance en toi Selene… Euh…  Je suis heureux que tu sois là tu sais.

Les traits du monstre de foire se firent bienveillants et fraternels et quand les deux théologiens en herbe se retrouvèrent seuls, Robert appuya une épaule démesurée au cadrage de porte. De cette manière, l’immense silhouette grotesque bloquait la voie de retraite à la fanatique. Mais celle-ci regardait le mastodonte, n’ayant pas bougé d’un iota. Désignant la boite de jus et la barre de céréale près de la dame qui portait un genre de toge, Bobby dit avec ingénuité sublime qui berçait chacun des mots qui sortaient de sa bouche.

Robert-  Vous pouvez boire Alice… Euh… et mangé aussi.

La dame d’un certain âge but avec avidité le jus vitaminé. Déchirant l’emballage de la barre de céréale, elle croqua la collation. Les pensées du mineur étaient tournées vers le trio qui venait disparaître de sa vue. L’inquiétude et une anxiété sans nom serrèrent le cœur couvert de plaies à peine guérie de la bête. Malorie avait, sans le savoir, creusé un sillon sanglant dans cet organe si pur qui battait dans la poitrine du déchet de la société. Qu’elle le croie capable de faire mal à des gens sans raison, les torturer même, lui avait fait mal au-delà de toutes les blessures qu’il avait reçues dans sa vie.  Dans le regard innocent et si expressif de la sauvageonne, le golem de chair avait compris qu’elle s’était sentie blessée et trahie par Robert. Pour être honnête, il n’avait pas juste la plaie de son torse qui s’écoulait du sang, son âme et son cœur suintaient de tristesse et  honte. Le but caché de l’homme fut que personne ne soit blessé et il avait causé la pire balafre qui soit. Détruire l’innocence d’une personne au cœur pur. Son introspection fut brutalement interrompue quand Alice éleva la voix. Elle semblait ne pas être à son premier essai de ramener la monstruosité sur terre.

Alice- Ça va Robert? Vous avez l’air d’être dans un autre lieu.


Souriant doucement, les traits atypiques de la bête se firent doux et d’une bienveillance qui n’avait plus sa raison d’être dans ce monde d’apocalyptique.

Robert- Oui ça va merci Alice… Euh… Je pensais voilà tout… Euh… Ça m’arrive pas souvent vous savez… Euh… pas le bon cerveau pour ça. Ça fait longtemps que vous essayez de me parler?

La religieuse sourit de cette petite blague d’autodérision que le golem de chair venait de faire envers sa propre carence intellectuel. Elle désigna la fenêtre qu’elle avait ouverte pour laisser entrer la tiédeur de cette belle journée dans la pièce qui sentait le renfermer.

Alice- Depuis presque cinq minutes en fait. J’ai ouvert la fenêtre et j’ai songé un instant à m’enfuir. Mais j’ai donné ma parole que je serais coopérative. Vous étiez en communion avec Dieu?

Le goliath sourit timidement et il tira l’oreille qui lui restait. Des bruits de pas se firent entendre dans l’entrée de la maison, annonçant au moins l’arrivée de Selene. Robert reconnut le pas léger et rempli d’assurance de sa sœur d’âme. Secouant la tête de manière négative, le géant balafré répondit de son ton lent. Il semblait avoir des cailloux dans la bouche  quand il s’exprimait, mais les mots projeter avec la légèreté d’une gentillesse peu commune.

Robert- Non. Je pensais à ma famille d’adoption et mes anges disparus et présents.


Une lueur inquisitrice dans le regard, la fanatique demandant alors des explications sur le fond de la pensée de l’homme.

Alice- Des anges? Mais vous en êtes un Robert…

Balayant l’affirmation du revers de la main, les yeux du géant s’écartelèrent de surprises et d’incompréhension. De sa voix hésitante  et trainante, mais aux accents de vérité, le géant parla avec une douceur presque surnaturelle.

Robert- Pas ange… Euh… Les gens pensent que je suis un monstre. Pas beau, différent et con comme un balai. Ce sont ceux qui sont de ma famille qui sont des anges… Euh… Ma sœurette en est une pour moi.

Voyant que la religieuse était suspendue à ses lèvres exsangues, le géant à l’armure de chair rapiécée mis carte sur table avec sa sincérité habituelle.

Robert-  Selene est une personne formidable… Euh… Elle a pris les gens sous son aile sans rien demander en retour… Euh… Elle m’a acceptée même avec mon apparence et mes conneries. Elle est toujours là pour les autres et souvent elle s’oublie elle-même… Je serais toujours là pour elle, vous savez. Elle a un bon cœur et elle est très gentille.

Alice sourit à son tour. Une expression réelle et non artificielle comme le géant avait entrevu plus souvent qu’à son tour. Restant toujours assise, elle demanda alors d’une voix qui sonnait comme du verre.

Alice- Et la gamine et l’homme sont qui pour vous Robert?

Un sourire tendre et rempli d’affection se produisit sur les traits à peine taillés de l’homme. La religieuse voyait s’effacer la dureté du faciès de l’homme pour laisser transparaître l’humanité et la beauté qui se cachait sous la première impression de cauchemar que son enveloppe corporelle laissait paraître.

Robert- Malou est une personne chouette.  Un papillon qui veut prendre son envol…Euh… Je l’aime beaucoup, vous savez. Même si ça fait moins d’une heure qu’on se connaît… Euh… Elle a le cœur pur et beaucoup d’intelligence… Euh… Mais elle a cru que j’allais vous faire du mal… Euh… Je me sens pas bien, car je l’ai blessé, je crois. Je ne veux pas faire de mal à personnes et je blesse une personne pur… Euh… Pour ça que je suis un monstre stupide…

Une petite larme cascadait alors sur la joue mal rasée du colosse et une main immense l’écrasa pour disparaître cette preuve affligeante. Une nouvelle faute venait de choir sur l'âme pur du monstre de foire, une autre bévue qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Se ressaisissant avec beaucoup de difficulté, la voix cassé par l'aveu douloureux, le mineur reprit.

Robert- Pour Gaby… Euh… Il a aussi un bon cœur et il a de belles paroles très sages… Euh… Je le connais en même temps que Malou, mais je sens qu’il est gentil. Je voudrais les aider les deux et les protéger contre les méchants.

La femme eut l’air abasourdie.

Alice- Donc vous êtes prêt à vous battre pour protéger deux inconnues?

Soulevant ses larges épaules, le géant venait de démontrer sans le savoir son abnégation et sa candeur envers les autres.

Robert- Ben ouais… Euh… Chacun à le droit de vivre sa vie et si les gens sont gentils on doit les aider non? Et vous pourquoi vous voulez tuer des gens qui viennent? Des gens de foi devraient aider son prochain et non lui faire mal… Euh… L’homme généreux envers les pauvres ne manquera jamais de rien, mais celui qui ferme les yeux sur leur misère sera maudit par beaucoup. Proverbes 28, 27.

Alice-  C’est notre révérend qui nous a dit que c’était notre devoir de propager la parole du Seigneur et de châtier ceux qui n’avait pas la foi. Tuer les êtres sans âme aussi.

Bobby  soupira doucement et rajouta un point alors qui semblait mettre en pièce l’argument de la congrégation religieuse.

Robert- Et vous devez prendre l’équipement de ceux que vous avez tués pas vrai ? C’est contre la volonté de Dieu ce que vous faites… Euh… Pourquoi donc as-tu méprisé la parole de l'Éternel, en faisant ce qui est mal à ses yeux? Tu as frappé de l'épée Urie, le Héthien; tu as pris sa femme pour en faire ta femme, et lui, tu l'as tué par l'épée des fils d'Ammon. Samuel 12,9… Euh… Vous faites tout ce qu’il dit votre chef ?

La jeune femme se détourna alors, cachant une soudaine montée de larmes.

Alice- Oui. Car ceux qui ne suivent pas les paroles du révérend sont châtiés par les fidèles. Ses deux frères de sang.

Le monstre de foire fut alors scandalisé. Il ne comprenait pas la dureté des gens envers eux-mêmes.

Robert- Il fait tuer les gens qui ne pensent pas comme lui… Euh… Il est méchant ce type.

Sentant alors une douce main sur son épaule, le colosse croisa le regard bleu et pur comme les glaciers qui flottent sur l’étendue de l’océan. Souriant doucement, il ajouta à l’encontre de l’ange à la peau d’ivoire.

Robert- Alice aurait pu partir, mais elle est restée… Euh… On a juste discuté c’est OK? Tu as trouvé les autres? Ils vont bien?

On pouvait deviner l’innocence, la sincérité et l’humanité qui se dégageait de tout l'être de la bête, que ce soit durant l’échange avec la fanatique et juste à la question finale pour savoir où les deux survivants étaient. Il s'en voulait tellement...

HRP:
 



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Sam 21 Mai 2016 - 23:34

Afin de se donner du courage, Malou se concentrait sur sa marche silencieuse exactement comme elle avait vu faire Mani; observant le sol, déroulant son pied du talon aux orteils, portant le corps en avant et s'arrêtant de temps à autres pour écouter les alentours. La technique était efficace mais fatigante pour son gabarit d'autant qu'au final elle avait peu mangé et avait encore faim.
Elle n'avait pas osé s'enfoncer dans le bois et avait décider de longer un peu la route avant d'obliquer vers une autre direction afin de mettre le plus de kilomètres possible entre elle et celui qu'elle avait pris pour un ami.

L'adolescente se retenait de pleurer afin de ne pas perturber son attention mais une boule amère lui nouait la gorge; pour une fois qu'elle avait fait confiance à une grande personne...
Comme elle aurait aimé pourtant se retrouver en cet instant dans ses grands bras chauds, la tête contre sa poitrine à l'écouter chanter .
Mais l'imagination de la jeune fille était galopante. Rien qu'à songer que Robert avait déjà dû arracher les ongles de la femme ou lui couper tous les doigts - avant de l'abattre comme elle l'avait vu faire pendant le combat - des hurlement de douleurs se fracassant contre les murs avant de se répercuter en écho jusqu'au dehors, elle fut parcouru d'un frisson glacial qui l'obligea à stopper quelques instants son cheminement afin de reprendre doucement son souffle.

Cela devait faire à peine trois minutes qu'elle avait repris sa pérégrination quand, sans le vouloir elle effraya un lapin qui détala à toute vitesse faisant craquer une branche de bois mort au passage.
Malou s'arrêta net, aux aguets du moindre bruit tout en pensant « quel con, il va me faire repérer si ça continue ! »
Elle allait avancer à nouveau quand elle perçut un bruissement; une autre bête était là, sans doute à l'affut elle aussi.
Respirant un coup afin de chasser le stress pouvant provoquer une odeur corporelle, elle biaisa légèrement plus profondément dans le bois afin de marcher dans le vent contraire et accéléra l'allure.
Mais le crissement la poursuivait, plus lourd, plus rapide, plus régulier aussi; ce n'était pas un animal c'était un humain ou un cadavre ambulant.
Si c'était un mangeur d'homme, le problème était finalement assez simple: sans arme, trop petite pour asséner un coup sur la tête, c'était le moment d'expérimenter son odeur de mort et si cela foirait et bien... son histoire s'arrêterait là comme celle de milliers d'autres personnes.

Vidant son esprit de toute peur elle continua son chemin lentement, mimant presque les morts-vivants pour se donner contenance.
Derrière elle, légèrement de côté, les pas courraient à présent. Et si c'était un homme ?
Malou perdit alors son aplomb; lequel des deux pouvait être le plus dangereux ?
Paradoxalement, l'adolescente pencha pour la seconde hypothèse et fila comme un chat s'enfouissant dans les buissons encore bien maigres en ce mois de mai.
La course de l'individu était rapide; il obliquait pour être à sa hauteur puis la dépassa.
Affolée, elle ferma les yeux quelques instants afin de ne rien voir. Quand elle les rouvrit, une ombre approchait, couteau en main et elle ne vit que cela.
L'esprit cogitant à cent à l'heure, elle repéra un arbre et se mit à courir comme une dératée: elle grimperait dedans, le plus haut possible !

Peine perdue, l'homme était là.
Il lui barrait le chemin et la menaçait de son arme.
Vive comme l'éclair, elle dégaina son rouleau à pâtisserie et hurla d'un ton cinglant: NE ME TOUCHEZ PAS !
Puis l'espace d'un instant elle se sentit stupide; elle venait de reconnaître Gabriel; il avait un sourire chaleureux et rengainait son arme.
Pas elle.
Pourtant, elle était soulagée quelque part qu'il soit venu la chercher, elle était tellement fatiguée mais quelque chose d'important la tracassait.
Brandissant d'une manière encore plus menaçante le rouleau de bois elle réitéra sa sommation d'un ton péremptoire, détachant bien les syllabes:
ne me touche pas !
A sa question à propos du camouflage, elle bafouilla je n'en suis pas encore certaine... mais voilà; un instant d'inattention , juste le temps de répondre cette petite phrase et il lui avait attrapé le bras.

Malou était dans tous ses états mais n'osait pas bouger. Fixant la main virile posée sur le sang et la bouillie d'abatis, elle écoutait d'une oreille ce qu'il disait tout en répétant inlassablement: ne me touche pas... Ôte ta main de là...
Elle était heureuse d'entendre que Bobby n'avait pas fait de mal à l'illuminée mais pour le reste de la conversation, on voyait aisément sur son visage qu'elle attendait que cela passe et qu'il faudrait que cela passe vite.
Mais Gabriel prenait son temps, lui expliquant ceci et cela alors qu'il était peut-être question de vie ou de mort !
Malou n'écoutait plus et murmurait encore et toujours ne me touche pas... comme une litanie, presque une supplication.
Aussi parce qu'elle l'aimait plutôt bien cet homme aux beaux yeux bleus; jusque là, il avait été plutôt effacé et gentil même si elle ne l'avait encore sondé vraiment; cela viendrait, il pouvait en être certain.
Les adultes, il fallait leur rentrer dedans pour voir de quoi ils étaient fait ! C'est ce que pensait l'adolescente.

Enfin, il daigna lui lâcher le bras.
Sans un mot d'explication, elle posa son sac à terre et fouilla dedans puis, sortant sa bouteille d'eau et un aseptisant basique d'une petite trousse de soin, elle lui dit: tend tes mains maintenant andouille.
Comme il semblait surpris ou hésitant, elle les lui attrapa, les lava abondamment puis désinfecta.
Le sang qui est sur moi appartient à un infesté, daigna t-elle expliquer ensuite, regarde, j'ai des gants c'est pas pour rien et toi tu touches à ça comme si... Les mains des fois, on s'essuie les lèvres avec sans faire exprès ou on se récure le nez... Tu commences à comprendre ?
Elle n'eut pas le temps d'entrer dans les détails médicaux de transmission des virus car Selene arrivait.
Son coeur se mit à battre plus vite, elle ne s'attendait à la voir là après toutes les saloperies qu'elle lui avait balancé.
Baissant la tête afin de ne pas montrer sa gêne et son appréhension, elle s'appliquait à ranger ses affaires quand elle entendit le compliment: elle n'était pas idiote !
Elle arrêta son mouvement afin d'encaisser; c'était tellement rare que quelqu'un fasse des éloges sur sa personne... Il faut dire qu'elle ne faisait pas grand chose pour en recevoir non plus !
Puis n'y tenant plus, elle releva son visage rouge comme une pivoine, où l'on pouvait apercevoir l'ébauche d'un sourire.
En réalité Malou était toute retournée. Celle qu'elle admirait en secret voyait quelque chose de positif chez elle... Elle en ressentit comme une onde de chaleur dans son ventre, une bouffée de fierté et se mit à boire ses paroles, sans le montrer évidemment.

La Bible ?! Ne put-elle s'empêcher de s'exclamer.
Ils avaient un peu étudié ce truc à l'école, c'était d'un chiant ! Comment quelqu'un pouvait être intéressé par un dieu jaloux, vengeur, imbu de sa personne au point de demander des sacrifices d'enfants puis les refuser comme ça, disant que c'était juste pour voir si le papa qui s'appelait Abraham le ferait par amour pour lui ou non, c'était gonflé !
Elle haussa les épaules; la bonne femme devait être débile, cela ne pouvait pas s'expliquer autrement.

En attendant, il fallait rentrer et affronter sa honte d'avoir douté de Nounours...
Selene était repartie rapidement; elle semblait avoir peur de laisser le grand homme avec la croyante du dieu sanguinaire; peut-être avait-elle raison finalement.
Faisant profil bas, elle suivit Gabriel en silence.
Quand elle entra et qu'elle vit le beau visage de Nounours tout défait par la tristesse qu'elle lui avait infligé, des larmes roulèrent sur ses joues dégoutantes.
Pardon Nounours... émit-elle d'une toute petite voix mais quand il fit un pas pour s'approcher d'elle, à nouveau elle ordonna: ne me touche pas ! Avant de continuer plus bas je vais me laver.

Elle fila vers la salle de bain où se trouvait une cabine de douche.
L'espace d'un instant elle se prit à imaginer un jaillissement d'eau bien chaude, caressant son corps harassé. Hélas, quand elle fit pivoter la porte vitrée, elle constata que le tuyau et la pomme de douche avait été arraché. En tournant le robinet, un violent jet d'eau glacé l'agressa.
Elle se récura à la vitesse de l'éclair, enfila les vêtements qu'elle avait nettoyé dans l'usine de cageots et rinça ceux qui étaient sales car la savonnette était usée puis refit son apparition dans la pièce.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Priez ou mourrez   Lun 23 Mai 2016 - 14:19

Lorsque Malou s'employa à lui nettoyer les mains, il se laissa faire docilement. Il avait eut l'intention de se passer un coup en retournant dans la maison mais c'était aussi bien comme ça après tout. La voir enfin calmée était une petite victoire assez réconfortante. Si elle ne s'était pas enfuit, c'était que tout n'était pas perdu la concernant. En silence, il la laissa terminer.

Sur ce, Selene déboula. Il l’entendit avant même de la voir. Et à sa réflexion il laissa échapper un bref éclat de rire. En d'autres circonstances, cela l'aurait tout juste fait sourire. Mais cette allusion à une boutade vieille de trois ans … Il regarda la pianiste dans les yeux. Elle était toujours la même dans le fond. Elle avait simplement mûri. Recouvrant sa véritable personnalité sous des couches protectrices qui donnaient l'illusion parfaite qu'elle était devenue plus dure et moins sensible.
Alors qu'elle s'adressait à la gamine, il prit pour la première fois le temps de vraiment l'observer. Lorsqu'il l'avait rencontrée, elle n'était qu'une ado. Il ne voyait alors en elle qu'une enfant qui tentait par tous les moyens d'entrer dans le monde des adultes. Ce monde elle y avait été propulsée en si peu de temps... Et à présent, c'était une femme qu'il avait sous les yeux.
Ses longs cheveux sombres lui cascadant sur les épaules, ses courbes graciles et fines, son visage qui s'illuminait lorsqu'elle prenait la peine de sourire... Lorsqu'elle s'adressa à nouveau à lui, il sursauta brièvement, le rouge lui montant un peu au joues suite à cette inspection plus ou moins involontaire. Il hocha simplement la tête en signe d'assentiment. S'il parlait maintenant, il avait toutes les chances de bafouiller bêtement.

Ils reprirent rapidement le chemin de la maison. Se rapprochant un peu de Selene, il lui glissa à l'oreille :
« J'ai bien tenté de le lui confisquer mais j'ai abandonné l'idée quand elle a essayé de me mordre. »
C'était idiot, il le savait, mais c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour tenter de se rapprocher un peu de la jeune femme. Il n'était jamais très doué quand il s'agissait de s'exprimer sur des choses graves. Les mots lui manquant souvent au point qu'il finissait par simplement se taire. Avec Émilie, ce n'était pas un problème. Avec elle, il n'avait jamais vraiment besoin de mots. Mais ce temps était révolu.
Et puis, c'était également un moyen de ramener un petit morceau du passé à la vie. Une preuve que leur existence n'avait pas toujours été ainsi. Et que peut-être, un jour, ils retrouveraient cette quiétude d'autrefois. Qu'ils partageraient de nouveaux instants de joie. Qu'ils avaient une chance d'être heureux à nouveau.

Son sourire ne le quitta pas de tout le court trajet. Pour la première fois, il ne se sentait pas anéanti par ses souvenirs. Il se sentait légèrement triste et nostalgique, mais il était heureux. Il y avait tellement longtemps qu'il n'avait plus ressentit ça ! Une éternité semblait t-il.

Une fois retournés à l'abri de la maison, Malou fondit en larmes. C'était assez inattendu. Elle semblait tellement bornée et têtue... Mais le doux géant avait réussi à l'émouvoir au point qu'elle s'en voulait de son comportement excessif. Alors qu'elle filait prendre une bonne douche, très certainement glacée, il ne put s'empêcher de remarquer quelque chose qui le fit tiquer. Alice, ainsi que Bobby l'avait nommée, affichait un sourire tellement sincère et une expression désolée totalement convaincante. Trop convaincante. Il l'étudia rapidement de pied en cap et ne put que remarquer l'évidence. Elle avait retourné sa veste beaucoup trop vite. Une heure à peine auparavant, elle riait d'attirer les putréfiés sur eux. C'était un jeu pour elle, et une véritable jouissance que d'apporter la mort et la souffrance à ceux qui n'étaient pas de son côté. Alors la voir se repentir d'un coup, passant de démon à ange d’innocence ! Non. Il n'y croyait pas un seul instant.

Gabriel avait toujours été de nature assez méfiante. Mais généralement cette méfiance s'évanouissait rapidement après quelques instants lorsqu'il prenait le temps de connaître son interlocuteur. Avec cette femme, c'était impossible. Elle respirait la trahison et la démence sous son masque de gentille fille prête à tout pour se faire pardonner.
« On va très bien Bobby, ne t'en fait pas. » le rassura t-il avant d'ajouter, « Tu veux bien garder un œil sur notre invitée encore quelques instants, j'ai deux mots à dire à Selene. » sous entendu, en privé.
Il saisi délicatement le bras de la jeune femme et l'attira à part pour que personne d'autre qu'elle n'entende ce qu'il avait à dire. La mine grave et le regard soucieux, il lui dévoila le fond de sa pensée :
« Tu voulais mon avis ? Le voila. On devrait lui repasser les menottes en vitesse à cette folle. Elle semble trop sincère pour être vraiment honnête. J'y crois pas une seule seconde à son petit numéro de repentir. » Il hésita quelques secondes avant de poursuivre.
« Bobby est quelqu'un de trop gentil et de trop simple pour voir sa comédie. Ça finira par lui coûter cher un de ces jours. Sa force ne le sauvera pas éternellement. Il faudrait que quelqu'un … il faudrait que tu lui parles. Toi il t'écouterais peut-être. Vous semblez être assez proches. »

Des voix retentirent à côté. Une discussion. Peut être la fanatique qui tentait d'affermir encore un peu sa prise sur l'esprit du pauvre Bobby. Il fallait qu'il aiguise un peu plus son esprit critique et qu'il arrête de voir le bien partout. Et si Selene ne parvenait pas à lui ouvrir un peu l'esprit, alors il s'y emploierait. C'était pour son bien.

« Écoute, je n'aime pas l'idée de piller un autre groupe. Même si en l’occurrence, piller ce groupe là ne me poserait aucun état d'âme. C'est le fait de risquer nos vies qui me fait dire qu'on devrait l'abandonner ici et reprendre la route. Maintenant, si tu me proposes un plan sans risque pour arriver à repartir avec plus qu'à l'arrivée, je veux bien faire un effort. Même si ça risque de ne pas du tout plaire à la gamine. »

Il avait un peu réfléchit. Surtout en voyant cette fanatique essayer de se jouer de son nouvel ami. À la base, l'idée de voler les vivres d'autres personnes, même mauvaises, ne l'avait pas enchanté. Mais tout bien considéré... Il n'y avait que le côté dangereux de l'entreprise qui le faisait reculer.
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Priez ou mourrez

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