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 "Keep Running" Charlotte I. Foster

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: "Keep Running" Charlotte I. Foster   Ven 29 Avr 2016 - 1:07


CHARLOTTE IRENA FOSTER
28 ANS • AMERICAINE • DECORATRICE D'INTERIEUR • TRAVELERS

i've got a war in my mind

Le Monde a changé. Nous avons tous changé, et ça c'était inévitable. Certains sont devenus des tueurs, avides de pouvoir et de sang. Quant à d'autres, ils se contentent de subsister, comme ils le peuvent, en s'efforçant de garder une certaine ligne de conduite, et de ne pas perdre leur humanité au profit de la survie. On pourrait dire qu'il s'agit d'une bataille entre le bien et le mal, mais il n'est dorénavant plus question de ça. Il n'y a plus de règles, il n'y a plus de lois, il n'y a plus personne pour contrôler nos actes, pour juger de ce qui est bon ou mauvais. Chacun a du s'adapter à cette nouvelle société, agissant à sa manière, en faisant ce qui semble le mieux pour protéger ses propres intérêts, se retrouvant face à des choix tous aussi difficiles les uns que les autres. Les façons de procéder divergent, mais au final, nous partageons tous un but commun : la survie. En fait, la seule véritable problématique que l'on peut se poser, c'est comment pouvons nous trouver notre place dans ce nouveau monde.

Bon, venons en au vif du sujet. Qui suis-je ? J'aurais tendance à dire que je ne suis personne, et je n'ai jamais été véritablement quelqu'un d'ailleurs. Comme la plupart des gens d'ailleurs, nous n'étions que des pions parmi tant d'autres sur l'immense échiquier de la planète. Mais je suppose que cette réponse ne vous suffira pas, n'est-ce pas ? Je suis sûre que vous avez énormément de questions. Si je ne me montre pas coopérative, vous allez sans doute presser la détente, me tirer une balle entre les deux yeux, et bien sûr je le comprends tout à fait. Il n'y a plus de place pour le doute, on ne peut plus se permettre de le laisser s'installer, tout est une question de confiance. C'est comme cela que les choses fonctionnent désormais.Vivre dans la peur de l'inconnu, être incapable de définir les intentions d'autrui, et devoir se méfier de tout, c'est sans doute la pire des choses. Savoir déterminer à qui on peut se permettre d'accorder sa confiance c'est devenu tout un art. Pour ma part, il est difficile d'obtenir la mienne, j'ai apprit avec le temps que je ne pouvais que compter sur moi-même et qu'il m'était impossible de me fier complètement aux autres, en ce qui les concerne je me fais que très peu d'illusions. On se demande tous un jour où va notre loyauté. Et si il y a une chose à savoir à ce propos c'est que les gens à qui vous faites confiance l’attendent, vos pires ennemis la désireront et ceux que vous chérissez le plus en abuseront quoi qu’il advienne. Ainsi, j'ai finit par comprendre qu'il vaut mieux rester loin des vivants, loin de l'agitation des villes, pour garder un minimum le contrôle de son destin. Avec les morts, c'est plutôt facile, avec un peu de prudence, il n'y a aucune raison de se retrouver dans une situation compliquée. Faire preuve d'un minimum de jugeote pour esquiver les problèmes, ou alors être très con et crever. Avec les Hommes, c'est différent, il n'y a plus rien de sûr, son instinct de survie le rend totalement imprévisible. Et bien que je n'ai jamais été très familière avec la solitude, j'ai tout de même réussi à m'y habituer. La seule compagnie des marcheurs ne me dérange plus, aussi dangereux peuvent-ils être. Certes, ils ne sont pas très causant, mais au moins ils ne sont pas chiants, ils ne vous demandent rien - quoi que un petit morceau de vous ça ne leur déplairait pas non plus. En fait, ils ne font plus qu'un avec le décor, ils se sont intégrés au paysage. Au moins, je peux être sûre d'une chose, eux, ne risquent pas de venir me poignarder dans mon sommeil.

Mais parfois, les choses ne vont pas aussi bien qu'on le voudrait... Forcément, à un moment ou à un autre je vais me retrouver nez à nez avec d'autres survivants. Et dans ces cas là, c'est là que ça devient délicat. Je n'ai rien d'une combattante, alors il est tout juste inutile pour moi d'employer la force, bien que je sache tirer avec une arme à feu, je sais que je ne pourrais jamais me sortir vivante d'une fusillade. En soi, je ne me considère pas comme une assassin, même si il m'est déjà arrivé de commettre l'irréparable, par moment il n'y a pas d'autres solutions que de devoir presser sur la détente, c'est une question de vie ou de mort. Il y a tout de même des valeurs que j'ai décidé de garder, bien qu'elles commencent à se perdre peu à peu au fil du temps qui passe. D'un geste, nous devenons capable de décider de notre destin, lâcher prise et mettre un point final à notre histoire ou vouloir tenter sa chance et continuer cette aventure infernale. Je préfère éviter les bains de sang inutiles, tant qu'il y a de la matière pour régler les problèmes par la simple puissance des mots, alors je n'ai aucune raison de procéder autrement. « La plume est plus forte que l'épée », cette citation n'a jamais été aussi vraie, retourner la force des autres contre eux-même, c'est là la clé de la réussite. Je ne cache pas qu'être une femme m'a beaucoup aidé dans le domaine, je n'hésite pas à jouer de mes atouts pour obtenir ce que je souhaite. On peut dire que je suis une femme aux multiples visages, personne ne me connaît sous ma véritable identité - à moins d'être parfaitement digne de ma confiance - je sais me dissimuler d'une telle manière à être celle que vous voulez que je sois.Vous voulez me voir sourire, je sais sourire. Vous voulez me voir pleurer, je pleurs. Vous voulez que je danse, regardez moi danser. Vous pensez que je suis nue, je n’ai jamais été aussi habillée. Personne n’entre dans mon esprit il n’y a pas d’invitation. Peu bavarde, il est un peu compliqué de savoir à quoi je pense réellement, je sais demeurer impassible. Comme Hamlet l’a dit à Ophelia, « Dieu nous a donné un visage et on s’en crée nous même un autre ». La bataille entre ces deux moitiés d’identité... qui l’on est et qui l’on prétend être : c’est ingagnable. Si je suis encore en vie, je le dois essentiellement à la manipulation, je n'hésiterais pas une seconde à me servir des gens, si cela peut me permettre d'y gagner quelque chose, me permettre de voir le soleil se lever une nouvelle fois.

J'aime savoir dans quoi je m'embarque, il est donc assez rare pour moi de me retrouver dans une situation désespérée. Il m'arrive de comparer la vie à une éternelle partie d'échec contre le destin, où il faut sans cesse avoir deux ou trois coups d'avance pour éviter d'avoir à se faire surprendre. De toute manière, j'ai toujours détesté perdre, et je ne suis toujours pas prête à me retrouver face à l'écran  « Game Over ». Réfléchie, minutieuse et ordonnée, il m'arrive souvent d'être très pointilleuse lorsque j'ai quelque chose à accomplir. Je n'ai pas peur de la difficulté, tacticienne dans l'âme, je trouverais toujours le moyen de résoudre un problème. Je suis ambitieuse, j'ose prendre des risques, je n'ai pas froid aux yeux et souvent ça paie. Têtue comme une mule, j'ai toujours eut du mal à lâcher prise lorsque j'ai une idée derrière la tête, souvent vous allez vous heurter à un mur, mais dès l'instant où vous pouvez me prouver que j'ai tords, je saurais le reconnaître.

Sinon, paraît-il que par moment - quand je ne me sens pas obnubilée par le fait de devoir survivre coûte que coûte - il m'arrive de retrouver celle que j'étais avant l'apocalypse. Je pense que c'est quelque chose qui nous arrive à tous, d'être nostalgique. Il faut savoir parfois relâcher la pression, même si ça peut paraître très compliqué. Ce qui me manque vraiment, c'est ces sorties entre potes, faire la tournée des bars, ou se faire une après-midi cinéma devant un bon blockbuster. Puis j'étais le genre de personne à vouloir à tout prix mettre l'ambiance, animer les sorties, il m'était impossible de ne rien faire, une véritable tornade ambulante. Ah, qu'elle est loin cette époque où un simple sourire savait me rendre heureuse, où je n'aspirais qu'à m'amuser et à prendre du bon temps. Partager ma bonne humeur, c'est tout ce qui comptait. J'étais aussi le genre de fille à être un peu trop fidèle avec ceux que je pouvais considérer comme mes amis - même si je ne m'en suis jamais vraiment rendue compte. Vous savez, l'épaule sur laquelle vous pouvez vous permettre de pleurer sans avoir à vous faire juger, cette oreille attentive pour écouter vos soucis du quotidien. Et lorsqu'il s'agit d'amitié, ma loyauté est sans faille. Qu'on ne s'avise pas à s'en prendre à ceux qui me sont chers, je pourrais démarrer au quart de tour.

Enfin voilà. Je vis selon le changement, je m'adapte. J'avance vers l'avenir, sans me soucier du passé.


and blood on my hands

Miroir, oh mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle. "Certainement pas toi' m'aurait-il dit. Je ne me considère pas comme une top-modèle, j'ai toujours été plus ou moins envieuse des autres filles. Toutefois, je sais que je ne suis pas dégueulasse, que j'ai pu attirer les regards, de gars comme de nanas même, mais je ne me suis jamais sentie à la hauteur de celles qui peuvent avoir absolument tout ce qu'elles désirent en jouant de leur physique. J'ai toujours aimé me faire discrète à ce niveau là, je n'aurais jamais été du genre à passer sous le bureau pour obtenir une promotion dans mon travail, par exemple.

Ce n'est pas pour autant que je n'ai pas confiance en ses formes que Mère Nature m'a donné. Je suis d'une taille un peu plus haute que la moyenne, environs un mètre soixante dix. Fut un temps où je m’occupais beaucoup de ma chevelure blonde, un petit plaisir de fille diront nous... mais est-ce vraiment important maintenant ? Peut-être que si je me retrouve nez à nez avec un peigne, je pourrais peut être les arranger, comme avant. Je crois que j'ai les yeux de mon père, ceux qui vous regardent, absolument vide d'expressions,  impassibles, accentués par leur couleur marron intense.

Et sinon, le bling bling ça n'a jamais été trop mon truc. Je suis plutôt du genre à porter des trucs sobres. En terme général, sauf si exceptions, je préfère me fondre dans le décor, et ne pas passer trop aperçue. Vous imaginez si je me mettais à porter une robe, à laquelle mon Glock est accroché à la ceinture ? Ça attirerait les regards baladeurs. Bref... un tee-shirt ou une chemise, accompagné d'un jean, ça me suffit amplement.

a storm is coming

Je n'ai pas grand chose à raconter sur ma vie. Si je vous disais qu'elle a toujours été palpitante et riche en rebondissement, je vous mentirais. J'ai grandi dans un système de merde, il n'y a rien de plus à dire. Si je pouvais échanger ma vie avec celle de quelqu'un d'autre, je le ferais volontiers.  

Chaque années, on peut notifier un nombre incalculable de naissances. Chaque jours, de nouvelles familles se fondent, créant tout autour d'elles une vague de bonheur, peut être éphémère pour certaines, mais totalement intense. Au milieu de tout ça, il a fallut que je tombe sur une exception, une généalogie ou la notion de gaieté n'existe pas, où le simple fait d'évoquer la joie n'est qu'un rêve lointain. A l'accouchement, ma mère est décédée, puisant dans ses dernières forces pour donner vie à cette petite chose que je fus, l'enfant qu'elle avait attendu avec impatience et béatitude pendant neuf mois, longs et interminables. Alors que je poussais mes premiers cris, mes premiers pleurs, elle me prenait dans ses bras, me souriant avant de rendre son souffle final. « Charlotte », ce fut son dernier mot. Quant à mon père, lui, il n'a pas su assumer son rôle, tenant sa fille pour responsable de la perte de l'être qu'il aimait le plus au monde. Il n'était pas décidé à porter tout seul ce fardeau, faire face à ses responsabilités de jeune parent. Alors bien sûr, il avait été hors de question pour lui de prendre part à mon éducation, il avait bien vite renoncé à avoir ma garde, et depuis je n'ai plus jamais entendu parler de lui. Voilà pourquoi j'ai passé toute mon enfance dans un orphelinat, puis un foyer d'accueil à Seattle, et que par manque de chance je n'en suis jamais sorti avant le début de mon adolescence.

Pour moi, cette période est le véritable commencement de ma vie. Lorsque pour la première fois je pouvais mettre les pieds dehors, me sentir libre et accueillie dans un réel foyer. Je m'en rappelle encore, de ce jour où l'on m'a annoncé que quelqu'un demandait ma garde, que j'allais pouvoir rejoindre un environnement familial, que j'allais enfin pouvoir me sentir chez moi quelque part. C'est un couple de parents, dans la trentaine, qui m'ont offert cette chance. Visiblement, mon histoire les avait touché, aussi pauvre pouvait-elle être. Et leur générosité les avait poussé à me donner ce nouveau départ. Ainsi donc, j'agrandissait une petite troupe, par adoption non seulement je pouvais considérer avoir des parents, mais aussi un frère, d'un an plus âgé que moi. Pour eux, la famille est l'une des valeurs les plus importantes dans la vie de quelqu'un, c'est d'ailleurs pour cela qu'ils n'auraient pas pu ne rien faire à mon sujet. Ils avaient beaucoup de principes, qu'ils se sont efforcés de m'enseigner, toujours en restant droits et justes.

Je devenais peu à peu une jeune fille normale, à l'écart des problèmes. Je vivais le paisible torrent de la vie sans rien demander à personne, et comme beaucoup d'autres gens, je faisais parti du décor, je n'étais qu'un pion de plus sur l'échiquier de la planète Terre. La simplicité me convenais, je ne me plaignais pas de mon quotidien monotone et répétitif. A l'école, je n'étais pas une élève brillante, mais j'avais des résultats très convenables, je n'avais rien à envier à personne. En parallèle, je nouais une relation très complice avec mon "frère", nous étions devenu très proche, en très peu de temps. Nos centre d'intérêts communs ont beaucoup joué dans notre lien, qui se renforçait de jours en jours. Par moment il m'arrivais de retrouver des connaissances pour des sorties, mais ce n'est pas ce que je faisais le plus clair de mon temps libre. Accroc aux bouquins depuis que j'ai l'âge de lire toute seule, je ne faisais que ça lorsque je le pouvais - si je n'étais pas en compagnie de Kyle bien entendu. Bref... il n'y a pas grand chose à dire, il s'agissait là de la vie banale d'une adolescente comme les autres.   

Cependant, un élément changea ma vie du tout au tout, marquant un énorme tournant. A cause de quelques mauvaises fréquentations, mon frère avait commencé peu à peu à mal tourner, et à se détacher de moi, préférant ignorer mes tentatives de le raisonner. Faire le mur, squatter dans des bars et boire jusqu'à en être totalement saoul, des bêtises de jeunesse quoi... Je savais qu'il connaissait où étaient les limites, mais ça ne m'empêchais pas de m'inquiéter énormément à son sujet. Alors forcément, en sœur fidèle et dévouée, je l'avais couvert à chaque fois auprès de nos parents, trouvant de nombreux prétextes expliquant ses absences répétées. Mais ses conneries n'avaient fait qu'empirer, m'obligeant à me responsabiliser de plus en plus, être vigilante et surveiller sans arrêt ses arrières. Je me souviens très bien du jour où je m'étais retrouvée face à une bande de sale types à qui Kyle devait de l'argent, et qu'ils n'avaient pas eut très envie de faire dans la sommation. Payer pour ses fautes, ça avait été un peu la goutte d'eau pour moi. Je m'étais sentie obligée de tout raconter, dans l'impossibilité de trouver une histoire convenable pour expliquer cette agression. Et si l'état dans lequel je m'étais retrouvée avait fait réagir mon frère, qui a très vite changé par la suite, il ne m'a jamais pardonné pour ça. Plus rien n'a été pareil depuis.

Arrivée à ma majorité, j'avais très vite eut cette envie d'indépendance. Malgré la situation plus que favorable de mes parents, je n'avais aucune envie de leur demander de me payer mes études, c'est pour cela que je m'étais trouvée un emploi de serveuse dans un petit restaurant du quartier pour me mettre une certaine somme de côté afin de pouvoir me financer une école d'une part, et un logement d'autre part. Je m'étais orientée vers les arts appliqués, un domaine qui m'a toujours beaucoup attiré. J'aurais pu aller vers la littérature, tellement j'étais une mordue de lecture, mais j'avais préféré que ça ne reste qu'une passion pour moi, je n'avais eut aucune envie d'en faire un métier. Je faisais un peu ma vie de mon côté, ce que mes proches ont acceptés. De toute manière, je savais que si j'avais besoin d'eux, ils restaient présents. Ainsi, à partir de là, je m'étais toujours focalisée sur mon avenir, privilégiant ma réussite avant le reste. Mes études avaient finit par passer devant beaucoup de choses.

Et après trois ans d'étude, à presque le quart de siècle, j'avais réussi ce qu j'avais entrepris, m'en sortir diplômée en Art et Design, spécialisée en décoration d'intérieur. Ce que je n'avais pas prévu, c'est la concurrence survoltée dans ce milieu, obligeant chacun à fournir le meilleur pour avoir une chance de véritablement percer dans sa carrière. Il allait donc me falloir quelques années de plus, au moins, pour espérer trouver l'opportunité qui pourrait me faire décoller. Enfin bref, s'en est suivi une vie plutôt banale par la suite. Bosser, utiliser le peu de temps que l'on a pour soi pour s'amuser, sortir et voir des gens... bosser encore. Répéter irrémédiablement les mêmes journées.

on the highway to hell

Si il y a encore quelques longs mois de ça on m'avait dit que le Monde se retrouverait dans un état pareil, je n'y aurais sûrement pas cru. Ces histoires de science-fiction, l'invasion des petits hommes vert, de fin du monde - soi disant prévue par les Maya - j'avais toujours été la première à en rire, à ne pas vouloir y croire. A me foutre de la gueule de ces crétins qui inventaient ces théories bidons. Et pourtant... aujourd'hui, j'y suis peut être bien obligée, d'y croire.

Et pourtant, rien ne laissais imaginer une telle catastrophe. Au départ, il ne s'agissait que de simple faits divers, comme on en avait tous l'habitude d'en entendre parler dans les médias. Des agressions, aux Etats-Unis, ce n'était plus vraiment quelque chose d'extraordinaire, il y en avait tous les jours. Ne parlons pas non plus de meurtres, là aussi il s'agissait d'une affaire très courante - forcément lorsqu'un pays autorise le port d'arme... ça n'a jamais vraiment été possible de surveiller tout ceux qui en possédaient pour éviter les débordements. En gros, personne n'y avait vraiment fait gaffe, du moins jusqu'à ce que ces événements deviennent de plus en plus fréquents, prenant un peu plus d'ampleur au fil des jours qui passaient. On pouvait donc entendre parler de personnes devenant subitement hors de contrôle, d'actes de violence et de cannibalisme et de plein d'autres horreurs encore. Puis des gens - comme ceux que je détestais écouter - se sont mit à parler de maladie, d'épidémie même. Qu'il s'agissait de quelque chose de bien plus grave et important que ce qu'on pouvait entendre aux informations, qui ne laissaient rien filtrer de très alarmant. J'en étais restée très perplexe, dans l'impossibilité de déterminer ce qui pouvait être vrai et ce qui pouvait être faux. Quoi qu'il en soit, vu la similitude de ces attaques, il ne pouvait plus s'agir que de cas isolés. Il devait y avoir un lien qui les reliait.

Incompréhension totale, tandis que les choses s'accéléraient. C'était peut être même allé bien trop vite pour qu'on ai pu se rendre compte réellement de ce qui était en train de se passer. Est-ce qu'ils étaient vraiment en train de nous conseiller de rester enfermer chez nous en attendant que les choses se calment ? Est-ce qu'on était censé être rassuré alors que les forces de l'ordres déambulaient dans les rues de la ville. J'en ai encore des frissons à me rappelant le bruit des sirènes - des diverses sections de secours - qui hurlaient dans la nuit. Au beau milieu de mon appartement, au sixième étage, je ne pouvais assister que stupéfaite à cet incroyable spectacle. Le lendemain matin, à ma grande surprise, je me retrouvais nez à nez avec Kyle, qui tambourinait à ma porte. On avait beau ne plus être sur la même longueur d'onde depuis quelques années, il s'avérait qu'on pouvait toujours compter l'un sur l'autre dans les moments difficile, notre esprit de famille qui reprenait immédiatement le dessus sur nos différents. Et là, clairement, il s'agissait d'une situation plutôt difficile. Il venait me chercher, m'avait-il dit sur le coup, pour m'emmener loin de ce bordel. Rejoindre nos parents et nous tirer hors de la ville. Fallait même ne pas traîner, tellement qu'il avait ignoré la totalité de mes questions. Je n'avais donc pas eut trop le choix... j'empaquetais quelques affaires, le strict minimum, de quoi pouvoir survivre isolé le temps de quelques semaines. 

La situation, à ce moment là, était devenue tellement ingérable que l'Armée avait du intervenir, mettant en place une opération de très grande envergure. Des camps de réfugiés à ce qu'il paraît, dans des infrastructures assez importantes, des points stratégiques de la ville de Seattle. C'était probablement une option fiable de se tourner vers les militaires, qui pouvaient nous fournir une certaine sécurité, mais c'était très loin d'être ce que pensais mon frère. Hors de question pour lui de rejoindre ces pseudos-abris, ça revenait à se jeter dans la gueule du loup. Avec du recul, il n'avait pas forcément tord. Si ça se passait mal là bas, les chances de survies étaient minimes, au vu du nombre conséquent de personnes qu'il pouvait y avoir là bas. Mon visage se collait à la vitre de la voiture, et j'observais impuissante la triste réalité des choses. C'était bel et bien le chaos, tout autour de nous. Mais pas que... ça l'était aussi dans ma tête. Il demeurait encore tellement de questions - qui allaient rester sans réponse - je ne comprenais pas du tout. J'avais même du mal à envisager la suite des événements, je n'arrivais simplement pas à croire que tout pouvait partir à la dérive d'une telle manière. Et alors que les rues défilaient, je faisais ma première rencontre avec ces malades - ces "infectés" comme on les appelle - qui se voulaient être de plus en plus nombreux. Reconnaissable à leur démarche, lente et saccadée, ils n'avaient l'air que d'attendre une seule chose : se mettre une pauvre victime sous la dent.

Après avoir embarqué nos parents, nous avions estimé que nos chances étaient bien plus élevées à l'extérieur de la ville, loin des grands rassemblements de gens. En prenant la direction du Nord, c'est à Everett que notre véhicule avait décidé de nous lâcher, en plein milieu du centre-ville. Bon, c'était toujours mieux que d'être coincé dans la ville de la pluie, mais quand même. Il nous avait donc fallut trouver rapidement un endroit pour nous mettre à l'abri. C'est là qu'on avait fait la rencontre d'un petit groupe de survivants, une douzaine de personnes, qui n'ont pas hésité à nous proposer de les rejoindre. Ils avaient investi le commissariat du quartier, alors question équipements, il n'y avait pas grand chose à craindre. Les conditions de vie n'étaient pas forcément terrible, mais fallait qu'on s'y fasse - personne n'était privilégier et on était tous dans la même merde. Le plus dur, c'est quand le courant a commencé à nous lâcher, puis qu'on est arrivé à l'épuisement du générateur de secours. Et pour couronner le tout, quand nos téléphones n'étaient plus capable de trouver le moindre réseau. Bref... nous étions seuls. 

Bordel, qu'est-ce que je pouvais déjà regretter mon ordinateur, mes bouquins et mes séries télés. Faudra me rappeler qui était ce blaireau qui avait jugé bon de me coller un flingue dans les mains... ah oui, Kyle bien évidemment. Alors là, il avait trouvé un remède à l'apocalypse, oh oui, il avait réussi à trouver pire. Charlotte Irena Foster, accompagnée de son neuf millimètre, celle qui les détruira tous ! Et sur le coup, je ne parlais pas du tout des infectés. Mes premiers tirs furent une vraie catastrophe, j'étais bien trop crispée pour ne serait-ce qu'atteindre une cible. Il me fallut quelques semaines au moins pour maîtriser complètement l'engin, mais encore là, ce n'était pas assez pour affronter les morts. D'ailleurs, parlons en des morts, des morts qui se relevaient, je voyais ça comme une putain de blague. Si il y a quelques temps ils étaient encore des gens normaux, sur le coup il n'étaient plus que des cadavres n'ayant d'aspiration qu'à venir vous becqueter. Viser la tête qu'on m'avait sans cesse répété... jamais je n'aurais imaginé un jour être entraînée à tuer de la sorte. Mais bon, il le fallait, parce que c'était soit moi, soit eux. Et que je me devais aussi de savoir protéger ma famille. 

Puis à mes dépends, j'ai apprit que personne n'était réellement en sécurité nulle part. Peut-être même que les Hommes représentaient pour eux même une menace bien plus dangereuse que les cadavres sur pattes. Au fur et à mesure du temps qui passait, et de nos ressources qui diminuaient, certains s'étaient mit en tête que les plus faibles n'étaient que des boulets qui n'allaient faire que pousser les plus "forts" vers une mort certaine. Avec les conditions de vie qui devenaient de plus en plus précaires, et nos récentes pertes, on se doutait bien qu'il allait falloir se serrer les coudes si on espérait s'en sortir. Mais non... il avait fallut que ces mecs scindent le groupe en deux, démarrant une lutte interminable pour la prise de pouvoir. Pour Kyle et moi, il ne nous avait pas fallut très longtemps pour choisir notre camp, notre mère ayant été clairement visée comme étant l'un des maillons faibles du groupe. Et de la manière où deux mâles alpha pouvaient se tourner autour, il avait bien fallut qu'un des deux ouvre les hostilités, c'est là que le coup de feu retentit, mon frère s'écroulant dans mes bras. A ce moment là, mon regard, plein de haine, s'était posé sur cet homme, qui devait avoir dans la quarantaine. J'avais eut cette envie de dégainer moi aussi, de tirer et de réclamer vengeance pour ce qui venait de se passer. Mais ma raison prenait le dessus, et c'est sur mon frère que j'avais re-concentré mon attention, cherchant désespérément à le tenir en vie d'une blessure qui lui aura été fatale.

La mort de mon frère aura eut le mérite de calmer les choses. Il n'y a pas eut plus de massacre, les esprits un peu trop marqués pour réagir davantage à ce qu'il venait de se passer. Mais en aucun cas cela avait réglé la problématique qui avait engendré ce conflit. Bref, je me voyais obligée de choisir entre deux options. Partir, en emmenant mes parents, les quelques autres qui n'ont pas été jugés comme étant de véritables survivants, et ceux qui ont choisi de défendre notre cause. Ou alors, mourir avec eux, tous ensemble. C'était du tout vu, c'est à cinq qu'on avait du abandonner cette place qui nous aura servi d'abri pendant de très longs mois. Nous n'avions pas eut d'autres alternatives, et c'est à contre-cœur que j'ai du laisser la dépouille de Kyle à ces connards. Et avec l'hiver qui s'installait, la suite allait s'annoncer être très compliquée. Plus question de s'installer, nous étions tous d'accord à ce sujet. Dépourvu de tout, il nous avait fallut d'abord nous ravitailler, trouver de la nourriture, des fournitures médicales et peut être même de quoi nous armer. C'est durant l'une de ces expéditions en dehors de la ville que mon père se fut mordre par un marcheur. La suite, vous devez sans doute la connaître.  Je m'en étais occupée moi-même.

Ma mère ne passa pas l'hiver. Quant à mes deux autres compagnons de routes, je les ai abandonné durant une nuit. Je ne me sentais plus capable de survivre en présence de quelqu'un. C'était déjà bien assez pour moi désormais de ne veiller que sur moi, alors si il fallait en plus que je me préoccupe des autres, qui pourraient devenir tout autant une menace pour ma sécurité... J'étais seule, et à la fois détruite. Mais je continuais à avancer, toujours et encore. Eviter les Hommes, ne jamais rester plus de quelques jours au même endroit. Survivre.

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Dwight A. Momsen
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MessageSujet: Re: "Keep Running" Charlotte I. Foster   Ven 29 Avr 2016 - 8:09

Bienvenue parmi nous, je crois qu'on sera amené à se croiser in rp ^^



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Wade Lockharts
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MessageSujet: Re: "Keep Running" Charlotte I. Foster   Ven 29 Avr 2016 - 9:14

Je n'ai lu que la partie caractère pour le moment, mais j'aime vraiment beaucoup ta manière d'écrire. C'était très agréable à lire. Bienvenue à toi et tu a pris une bien jolie femme en avatar



The solid ground begins to crack. I pulled her down and down and down. I lost my breath I thought I'd drown. White Knuckles. MM.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: "Keep Running" Charlotte I. Foster   Ven 29 Avr 2016 - 12:22

Bienv'nue m'dame o/
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: "Keep Running" Charlotte I. Foster   Ven 29 Avr 2016 - 12:24

Coucou et bienvenue =)


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Norman T. Owens
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MessageSujet: Re: "Keep Running" Charlotte I. Foster   Ven 29 Avr 2016 - 12:53

Hellcome !


I am just a man
It's just another war Just another family torn Falling from my faith today Just a step from the edge Just another day in the world we live
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: "Keep Running" Charlotte I. Foster   Ven 29 Avr 2016 - 16:51

Je plussoie le choix d'avatar :MisterGreen:
Bienvenue par ici !





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
»

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MessageSujet: Re: "Keep Running" Charlotte I. Foster   Aujourd'hui à 11:38

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"Keep Running" Charlotte I. Foster

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