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 Chien perdu sans collier

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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Lun 8 Aoû 2016 - 18:23

La jeune fille raconta finalement son histoire. Avec une innocence déconcertante. Combien elle en avait bavé avec sa famille pour trouver à manger. La peine de voir son frère quitter la maison. Ses sentiments pour lui. Sa fugue malheureuse. Le duo d’amis ne posa pas trop de questions, laissant Malou s’exprimer pleinement. Puis son récit était complet. Ils se quittèrent ainsi, alors que les deux hommes avaient aussi terminé leur sommaire diner. Chacun retourna à sa couche, et Tony coupa la lampe solaire. Les tours de garde ne se révélaient pas vraiment nécessaires, car ils étaient à l’abri sur leur perchoir et avaient généralement le sommeil plutôt léger. Ainsi, quelques minutes plus tard, tout le monde dormait.

Le lendemain matin, les deux compères laissèrent l’adolescente dormir et sortirent brièvement de leur entrepôt de papier pour faire un ménage des environs. A savoir : achever les deux rôdeurs qui s’étaient approchés de leur zone. Quand ils revinrent, Malorie s’était réveillée. Warrington lui tendit de l’eau tout en lui demandant :

- Alors, comment tu te sens ? Un peu requinquée ? ça faisait toujours un bien fou de pouvoir réellement dormir. La nuit avait été particulièrement tranquille… du moins si on faisait abstraction des ronflements des deux hommes ! Tu voudras manger un petit quelque chose ?

Comme elle n’avait rien avalé depuis le Tupperware de Nans… Le barbu lui montra quelques boites de conserve pour qu’elle fasse son choix : haricots rouges, salsifis, maïs, flageolets. Rien de tel de bon matin ! Puis il la servit. Il partagea de son côté une boite de maïs avec Mani.

- Tu te sens prête à aller un peu dehors ? On va essayer de retourner chasser avec Mani, tu peux venir avec nous. On a attrapé un renard l’autre jour. Il repensa à leur rencontre alors avec le distant Axel. Ce sera l’occasion de te montrer quelques astuces ! Puis ça pourra nous faire un peu de protéines pour ce soir !

Aussi s’équipèrent-ils tous les trois pour cette petite virée. La météo était encore un fois un peu hostile, et les nuages étaient bas. Ils n’échapperaient probablement pas à une bonne pluie. Comme presque tous les jours ! La météo ne rythmait pourtant plus leur vie. S’il fallait aller chasser, qu’il vente ou qu’il neige, ils y allaient !

Sur le chemin, Mani commença à expliquer à l’adolescente leur technique pour marcher silencieusement. Mesurer son pas. Etre continuellement aux aguets. Elle parut assimiler plutôt bien l’idée. Alors qu’ils entraient sur le pont qui allait les mener au parc, une silhouette dégingandée se déplaçait sur celui-ci.

- Hum comment tu te débrouilles pour éliminer ces morts ? Demande Tony à la jeune fille. Si elle voulait de nouveau s’exercer pour les achever, elle pouvait compter sur ses deux nouveaux acolytes pour l’aider.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Jeu 11 Aoû 2016 - 17:46

Quand elle eut terminé son récit, les deux hommes n'insistèrent pas et terminèrent leur boîte de conserve en silence.
Malou éprouvait une drôle de sensation de s'être ainsi confiée à deux inconnus; en même temps elle se sentait gênée et même temps fière d'avoir réussi à partager quelques bribes de sa vie, même si elle était largement moins extraordinaire que celle des deux compagnons.

Quand ils se dirigèrent vers leur couche perchée, Malou fit de même et s'installa sur le matelas de papiers qui n'en finissait pas de faire mille bruits de froissements.
Une fois allongée, elle n'osa plus bouger de crainte de les déranger; elle ne les voyait pas vraiment mais cette proximité l'intimidait.
En fermant les yeux elle savoura le confort pourtant bien relatif et se sentant en sécurité, se pelotonna avant de sombrer dans un demi sommeil, le cerveau balayant à peine les péripéties de la journée comme une caméra pressée de quitter la vision panoramique pour zoomer sur un détail plus onirique.
Elle allait se réfugier dans les bras de Morphée quand un bruit épouvantable la fit sursauter.
Ouvrant tout grand les yeux, elle tendit l'oreille et se décontracta: Tony et Mani ronflaient comme des sonneurs !
Se tournant légèrement, elle arracha deux petits morceaux de papier en guise de boules Quies et s'assoupit pour de bon.

Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas aussi bien dormi !
Paresseusement elle s'étira avant de tourner la tête en direction des deux couches vides.
Un peu inquiète elle se leva et se dirigea vers le l'espace de vie commune afin des les attendre; ils avaient dû sortir.
Elle en profita pour regarder le ciel gris, huma l'air chargé d'humidité et fit la moue: elle n'aimait pas la pluie,cela la rendait maussade.
Peu motivée, elle resta assise jusqu'à ce que les deux homme reviennent et quand Mani lui tendit de l'eau, elle bu de grandes rasades avant de se sentir mieux.
Pas pour longtemps car voilà qu'il lui proposait de manger lui donnant à choisir une boîte.
En soupirant Malou tenta vainement de refuser mais l'ancien professeur avait l'air d'en avoir décidé autrement.
Elle n'avait pas faim; pire, rien que les photos de légumes sur la conserve lui donnait envie de vomir.
Ne pouvant faire autrement elle lui indiqua ce qui lui semblait le moins lourd à digérer, à savoir les salsifis et ouvrit des yeux horrifiés quand elle se rendit compte que le vieil homme avait presque rempli son assiette à ras bord !
Péniblement, elle prit un morceau de légume du bout des doigts, le porta à sa bouche en cachant le dégoût que cela lui inspirait et mastiqua cet unique petit bout aussi longtemps qu'elle le pu.
Une chance, ils mangeaient vite !
Discrètement elle repoussa son assiette, enfila son blouson, mit son sac à dos sur ses épaules et répondit joyeusement: prête ! À l'invitation d'aller chasser.

Après trois mois d'errances et de solitude, c'était un bonheur pour elle de se sentir protégée; pour un peu elle en aurait presque oublié le monde sordide dans lequel ils évoluaient.
En plus Mani avait tenu sa promesse et lui expliquait en détail comment marcher silencieusement
Passionnée par ce cours improvisé, elle s'exerçait avec un zèle qui sembla plaire à l'Indien.
Entièrement concentrée sur cet apprentissage, elle ne faisait plus attention à rien d'autre, comptant inconsciemment sur les deux hommes pour réagir en cas de danger; pourtant, à peine avaient-ils commencé à arpenter le pont que la maigre silhouette d'un mangeur d'homme fit son apparition, se dirigeant vers eux.
Effrayée, l'adolescente tenta de se réfugier derrière Mani dont la carrure était plus imposante que celle de son compagnon mais celui-ci s'écarta tandis que Tony lui faisait une proposition qui lui fit froid dans le dos. Comment se débrouillait-elle ?
Paniquée, elle bégaya:
je... Je ne sais pas m'en débrouiller...
Comme les deux acolytes avaient l'air de la dévisager avec grand étonnement, elle expliqua très vite tout en lorgnant sur le mort-vivant qui approchait.
Quand j'en voyais au loin, je me réfugiais dans une benne à ordure et je m'y enfouissait le plus profondément possible en essayant de respirer le moins fort possible. Parfois j'attendais plusieurs heures tellement j'avais peur... Je n'ai jamais été attaquée...

En prononçant cette phrase, Malou prit conscience qu'elle avait eu beaucoup de chance; il faut dire qu'elle prenait soin de choisir les ruelles dont les poubelles étaient sorties. Jamais elle ne se serait aventurée sur un pont qui n'en comptait aucune.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Ven 12 Aoû 2016 - 14:26

Malorie se montra enthousiaste pour une balade. Elle paraissait encore fragile, maigre comme elle était – son cas était probablement désespéré – mais semblait ragaillardie par cette nuit de sommeil et son ventre un peu rempli. Aussi prirent-ils le chemin du parc, un peu plus à l’ouest, de l’autre côté de la rivière.

- Tu as meilleure mine, lui avait dit Mani, alors qu’ils quittaient tout juste leur abri.

Et la jeune fille le prouva au cours des minutes suivantes. Du moins jusqu’à ce qu’ils ne croisent un premier rôdeur. Elle devint alors pâlotte, et amorça même un mouvement pour se planquer derrière l’indien. Ce dernier échangea un regard avec son compagnon. Hum… Plus pédagogue que son ami, ce fut Warrington qui se chargea d’essayer de convaincre Malou. Il ne voulait pas la brusquer - et restait toujours sidéré de voir qu’elle avait réussi à survivre aussi longtemps comme ça ! – mais elle devait se prendre en main !

- On ne te force pas, si tu n’en as pas envie. C’est vraiment toi qui choisis. Les conditions sont bonnes pour essayer toutefois. Le langage de l’ancien professeur paraissait parfois un peu pompeux. Son éducation bourgeoise n’y était pas pour rien. Comme ses nombreuses années en Angleterre. Nous sommes là pour te couvrir, et il est tout seul. Il posa un regard qui se voulait rassurant, sur l’adolescente. Si tu veux essayer de retrouver ton frère, ça te sera certainement utile. Ça fait peur au début, mais c’est important. C’est l’habitude et l’entrainement qui te rendront plus sereine. On ne peut pas toujours se cacher.

Pour vivre, tout connement, c’était une règle primaire. « Pour vivre heureux, vivons cachés » Conneries ! Tony n’était en tout cas pas de ce bord là… même si les quelques relations conjugales qu’il avait vécues dans sa vie pouvaient aisément le contredire !!

- Tu essaies ?

Tourner comme ça, Malorie n’avait plus vraiment le choix, si ? Dans tous les cas, les hommes préparèrent le terrain. Ils s’approchèrent de la créature en laissant la gamine en retrait. A deux, ils l’immobilisèrent, coinçant ses bras derrière lui, pour qu’il ne puisse plus les brandir. L’infecté était hideux, comme tous ses semblables : sa peau était distendue et blafarde, son regard vitreux. Puis il dégageait une odeur des plus abjectes. Mais ça aussi faisait partie du jeu ! Mani gérant parfaitement la situation, Tony le laissa tenir la bête tout seule, alors que celle-ci se débattait avec une conviction toute relative. Le barbu tendit la machette de l’indien à la jeune fille.

- Un coup sec et franc sur son crâne. Tu retires tout de suite la lame. Il mima rapidement le geste. Rapide. Décidé. Uniquement si tu le sens, on ne t’oblige à rien…

C’était une méthode d’éducation longtemps éprouvée : sous-entendre docilement que quelqu’un n’est peut-être pas capable de quelque chose, l’amène souvent à vouloir essayer pour prouver le contraire. Alors, verdict ?
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Mer 17 Aoû 2016 - 13:51

Malou avait l'impression de patauger dans un cauchemar d'où l'on ne se réveille pas et tout allait de mal en pis.
Non seulement l'abomination continuait d'avancer vers eux mais en plus Mani avait fait un pas de côté qui la laissait à découvert.
Terrorisée, des larmes commencèrent à couler sur son visage mais les deux hommes restaient imperturbables, aucun des deux ne bougeaient.
Ils n'avaient pas l'intention d'achever le mangeur d'homme. Ils l'avaient piégée et voulaient se débarrasser d'elle; ils savaient qu'elle ne saurait pas se défendre et ils voulaient qu'elle meurt, maintenant sur ce pont !
Pourquoi vous faites ça ? Eut-elle du mal à articuler entre deux sanglots car à présent elle pleurait comme une Madeleine.

Tony avait pris la parole d'une voix apaisante.
Elle en profita pour se réfugier derrière lui et s'accrocha à ses vêtements comme à une bouée de sauvetage.
Elle ne le lâcherai pas comme cela. Il voulait la condamner pour une raison qui lui était inconnue et bien il serait mordu avant elle !
Dans un état second, elle était à mille lieues d'apprécier d'une manière ou d'une autre le langage un peu châtié de l'ancien professeur, ce qu'il disait était odieux, répugnant; comment avait-elle pu faire faire confiance à un être aussi maléfique ? Si toutefois elle survivait à ce plan diabolique elle se jura d'être bien plus prudente à l'avenir...
L'homme d'un ton doucereux osait lui dire qu'ils ne la forçaient pas et quelle avait le choix !
Le choix entre quoi et quoi ?
Le suicide lent ou se jeter d'un coup dans la gueule du loup ?
Elle était tellement paniquée qu'elle ne comprenait plus rien et entendait tout de travers.

C'est l'instant de silence que l'homme laissa planer avant de continuer qui lui remit les idées en place; quelque chose ne collait pas entre le discours tranquille, presque rassurant et son interprétation de complot contre sa personne.
Se calmant un peu, elle tenta d'écouter tout en lorgnant sur le cadavre ambulant.
Oui, oui, il est tout seul... souffla t-elle la voix chevrotante.
Certes... mais il était abominablement laid, amoché et son regard vitreux affolait l'adolescente.

Afin de se donner un peu de courage, elle ponctuait systématiquement tous les arguments du vieil homme en répétant ce qu'il disait comme on réciterait une leçon.
Pour mon frère, oui...
ça fait très peur même, c'est sûr...
Non, c'est vrai, on ne peut pas toujours se cacher mais... Enfin, on peut quand-même, non ? Ajouta t-elle d'une toute petite voix, espérant que Tony lui répondrait: « mais oui bien sûr, file, on s'en occupe ! »
Hélas; non seulement il ne prononçait pas ce qu'elle attendait ardemment mais en plus il lui demandait d'essayer !

Toujours scotchée derrière lui, elle réfléchissait.
Après tout, elle n'avait qu'à lui balancer trois ou quatre gros mots bien sentis et lui recommander d'aller se faire foutre avec ses conneries, elle en était tout à fait capable mais il y avait un blême...
Le gus était fort, il ne parlait décidément pas comme tout le monde: il ne l'obligeait pas, il lui demandait juste si, par hasard, elle n'aurait pas envie d'essayer...
ça faisait tout un distingo.
Si elle refusait, ils la considéreraient définitivement pour une gamine peureuse et chialeuse, ce n'était pas possible, elle avait sa fierté !
Alors, avec un tout petit oui à peine audible, elle accepta la proposition.

Lentement elle se dégagea de la silhouette de Tony, sortit son rouleau à pâtisserie de son sac à dos et se concentra.
Elle ne vit pas Mani s'empresser de bloquer le mangeur d'homme ni même Tony qui mimait l'attaque avec la machette - qu'elle aurait refusée catégoriquement tant elle était phobique des armes blanches – ni même la lui tendre afin qu'elle s'exécute; à la place elle laissa monter en elle une certaine forme de panique implacable.
Elle n'avait aucune force musculaire mais cette peur décupla une énergie, une agressivité telle qu'elle fut soudain méconnaissable. Le petit chat effrayé allait se transformer en tigre rugissant et meurtrier.

Elle prit une profonde inspiration, ne pensa plus à rien, poussa un cri de guerre comme les hordes barbares et avec la rapidité de l'éclair, fonça droit sur le mort vivant.
Arrivée face à lui, elle vit d'instinct qu'il était trop grand pour elle, qu'importe; avec souplesse et précision elle se baissa à demi et cogna sur les jambes.
Les os étaient solides; c'est tout juste si le monstre vacilla.
Visant alors les genoux, elle infligea une série de coups rapides en poussant des han ! À chaque fois.
L'ignominie puante ployait.

Alors, prise d'une folie furieuse, elle pilonna les côtes jusqu'à ce que le mort-vivant s'affaisse sur le macadam; puis, poussant un autre hurlement afin de raviver les nerfs plus que la force, elle bâtonna, rossa, frappa, cribla, martela, défonça le crâne jusqu'à l'écrabouiller.
Un vrai massacre.
La cervelle et les os n'étaient plus qu'éclats et charpie sur le bîtume; elle ne le vit même pas et continua à s'acharner en poussant des sons rauques.
C'est seulement quand la formidable énergie déployée l'abandonna qu'elle s'arrêta pâle comme la mort avant d'annoncer platement:
C'est fait.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Mar 23 Aoû 2016 - 9:30

Malou passa de la terreur pure à une certaine résignation. Aussi se lança-t-elle, armée de son rouleau à pâtisserie, sur le rôdeur. Son geste – et cri associé – était un brin théâtral mais elle parvint à mettre la créature hors d’état de nuire sans aucun soucis. Mani avait même lâché le macchabé au premier coup sur ses jambes, histoire de lui permettre de tomber. Le reste fut une sacrée boucherie, et les deux types échangèrent un regard alors que la gamine tapait toujours sur la boite crânienne du mort-vivant, déjà transformée en purée. Puis elle cessa.

- Bah tu vois, pour une première, c’est bien ! Força Warrington dans son éternel sourire. Très engagé ! Ne put-il s’empêcher d’ajouter avec amusement. Il y a quelques axes d’optimisation, mais c’est un bon début !

La discrétion par exemple… Malorie n’était définitivement pas obligée de gueuler à chaque coup donné ! Et l’efficacité aussi bien sûr. Car 30 coups de rouleau sur un seul mort, ça prenait du temps à asséner ! Alors s’il y avait plusieurs menaces, bonjour l’au-delà ! Mais le but des deux hommes dans l’immédiat n’était pas de juger la jeune fille. Aussi discuteraient-ils de tout ça plus tard.

- Tu as l’air d’aimer ton rouleau à pâtisserie… c’est une arme inventive, c’est vrai, mais peut-être qu’on devrait essayer de t’en trouver une seconde. D’appoint, vois-tu. On ne sait jamais. Plus tranchante. Plus efficace. Tu voudras réessayer si l’occasion se présente - un fait assuré ! - ou c’est assez pour aujourd’hui ?

Le petit groupe abandonna ainsi le corps détruit du rôdeur et achevèrent leur traversée du pont ! Puis ils s’engagèrent dans le parc semi-sauvage où ils avaient chassé un renard quelques jours plus tôt. Une nouvelle occasion pour les deux loustics d’expliquer à leur jeune protégée les rudiments du pistage. Ils repérèrent ainsi les traces de lapins, et probablement de gros rats. Leur sortie de chasse ne fut hélas pas fructueuse, et ils n’attrapèrent rien ! Ce n’était pas une science exacte après tout ! Tant pis, le menu ce soir serait encore des salsifis !

Ils rentrèrent dans leur antre en début d’après-midi. Trempés, car ayant été surpris par une nouvelle averse. Warrington ôta sa fourrure vivement.

- Enlève tes habits mouillés, conseilla Mani à l’adolescente. Pour pas tomber malade. Tu as des vêtements secs de rechange ?

Elle ne paraissait pas très équipée. Dans tous les cas, le temps leur parut intéressant pour faire une sorte de lessive et nettoyer à l’eau avec un peu de savon leurs habits malodorants. Ils ne feraient certes aucun miracle, mais ça ne serait pas un mal pour autant !
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Mer 24 Aoû 2016 - 15:25

Malou était loin de s'attendre à de tels compliments.
Baissant les yeux sur la purée sanguinolente étalée sur le bitume, elle eut un timide sourire de satisfaction: elle avait réussi !
Elle n'était pas dupe pour autant. Manquant de muscles, c'étaient les cris poussés qui l'avaient propulsée et aidés dans ses coups; elle n'avait trouvé que cela en elle pour lutter, c'était peu.
Cela aurait été trop peu pour en achever plusieurs, d'autant qu'il lui avait fallu frapper longtemps avant de briser les os du crâne; le reste n'avait été qu'hystérie et terreur mêlées.

Relevant les yeux vers les deux hommes qui semblaient regarder le rouleau à pâtisserie avec un air dubitatif, elle ne put s'empêcher de rougir.
Non, ce n'était pas qu'elle l'aimait particulièrement son arme de bois mais elle n'avait trouvé que cela ou du moins n'avait-elle pas pensé à prendre autre chose chez elle tant elle était impatiente de fuir un univers devenu insupportable.
Enfin... Si elle était honnête, il y avait autre chose qu'elle aurait pu prendre mais...
il y avait le grand couteau de cuisine chez moi mais mon père en avait besoin ! Lança t-elle nerveusement à l'adresse de Tony, comme pour se défendre.
La réalité était toute autre: elle avait une peur viscérale des armes tranchantes mais comment l'avouer sans passer pour une idiote ?

Elle ne dirait rien. Elle ne traverserait plus les ponts seule, elle continuerait de prendre des ruelles plutôt que les avenues au risque de passer sa vie à se perdre, elle habiterait dans les bennes à ordures et elle mourrait rapidement, ok ! Mais elle ne se servirait pas de cette putain de hache !
La colère commençait à monter dans l'esprit peu habitué aux explications, encore moins à la diplomatie aussi rétorqua t-elle sur un ton sec: c'est assez pour aujourd'hui ! et rangea son rouleau dans son sac d'un geste rageur.

Quand elle se releva, la tête lui tourna et l'espace d'une seconde se fut le noir complet: l'exploit réalisé l'avait épuisé et le demi salsifis avalé était loin.
C'est en état second qu'elle traversa le pont; elle avait mal partout, se sentait faible mais ne l'aurait montré pour rien au monde. De toutes façons pour l'instant elle les trouvait trop énervants; ils n'avaient pas intérêt à la ramener davantage !!!
Elle arbora une figure renfrognée et suivit ses coéquipiers jusqu'à un parc où la végétation avait repris ses droits.

Les deux amis - ayant certainement déjà oublié l'aventure scabreuse qu'elle continuait de faire tourner en boucle dans son cerveau - étaient à présent concentrés sur leurs techniques de chasse et en profitèrent pour les partager à l'adolescente qui, d'une seconde à l'autre, troqua « l'habit de con » dont elle avait orné son visage pour celui, plus intéressant de la bonne élève enregistrant la moindre explication.
Penchée, sur les empreintes de pattes animales, elle n'en perdait pas une goutte, posant même des questions supplémentaires à propos des pièges ou collets qu'ils avaient dû placer à des endroits stratégiques.
Tout ceci était bien plus passionnant et constructif pour sa survie que de trancher des crânes ! Pensait-elle.

C'est presque à regret qu'elle prit le chemin du retour, bredouille; cela lui aurait tellement plu d'assister au dépouillement d'un lapin par exemple. Il devait être difficile de retirer les poils et la peau...
Trempée jusqu'aux os et grelottante, elle se réfugia rapidement dans l'usine et allait récupérer l'assiette de légumes qu'elle avait planquée sous une rame de papier quand Tony lui demanda de se changer.
Euh... Oui. Bafouilla-elle embarrassée.
Ses fringues !
Elle les avait complètement oubliés dans son sac à dos !
Se doutant de ce quelle trouverait, elle ouvrit son cabas sans enthousiasme et sortit un à un les habits encore tout mouillés du lessivage de la veille dans l'usine de cageots: elle avait oublié des les étendre en arrivant ici.
Le petit tas sentait déjà le renfermé mais ce n'était pas tout. Son pull de rechange, son dernier tee-shirt et ses rares sous-vêtements avaient pris l'humidité et sentaient mauvais également.
Bras ballants, le visage consterné, elle contempla le tas d'oripeaux jetés à même le sol avant de répondre:
ben non... j'ai rien à me mettre sur le cul. Fait chier !!!

Elle en avait ras-le-bol de cette vie ! Il lui tardait que les savants trouvent enfin le remède à ce virus et que les soldats abattent avec leurs chars et leurs bombes à têtes chercheuses tous les infestés parce qu'elle n'avait pas du tout l'intention de finir lingère, elle voulait être artiste et exposer dans les plus grandes galeries. Merde ! Lança t-elle encore en ultime ponctuation à ses réflexions.

Furieuse contre elle-même elle laissa les deux hommes aller laver leurs vêtements; de toutes façons il n'y avait qu'un évier, ôta ses guenilles trempées, fila chercher son assiette simplement vêtue d'une petite culotte et de son blouson en cuir puis mangea le contenu en grimaçant, au bord de la nausée.
Ce que ça peut être dégueulasse les salsifis en boîte... murmura t-elle à elle même.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Mer 31 Aoû 2016 - 11:13

La gamine fouilla dans ses affaires, mais ne trouva pas grand-chose. Depuis le début de l’épidémie, ils avaient tous revu à la baisse leurs exigences en terme d’hygiène ! Et s’ils s’étaient trouvés particulièrement inconfortables les premiers mois, ils s’y faisaient tous progressivement. A la peau qui pègue. Aux cheveux qui graissent. Aux vêtements qui puent. C’était toujours mieux que l’odeur de putréfaction qui régnait dans la plupart des baraques et même souvent en extérieur, selon la concentration de macchabées ! Bref, ils étaient tous pouilleux et s’en accommodaient comme ils le pouvaient !

Malou, visiblement en pleine crise d’ados, lâchaient des injures à tout va, ce qui arracha un sourire à Warrington. Elle pouvait bien s’agacer de ces choses-là, ça ne risquait pas de lui apporter quoi que ce soit ! Aussi resta-t-elle dans leur logis, alors que le bonhomme sortit, accompagné de Mani. Ils se collèrent tous les deux presque à poils sous la pluie, lavèrent leurs corps sommairement, puis frottèrent leurs pantalons, et T-shirts. Cela leur prit un certain temps, puis ils revinrent, en calbuts, leur lessive sous le bras.

- Il fait frisquet, mais ça fait un bien fou ! S’exclama Tony, dévoilant son corps osseux et tout blanc. Il faisait vraiment papy, vu sous cet angle ! Au contraire de Mani, qui avait la peau mate et gardait une musculature un peu dessinée.

Ils étendirent tout ça autour d’eux, posant leurs fringues où faire se peut ! Puis ils se changèrent, et ôtèrent leurs caleçons mouillés pour les changer par des secs, et se rhabiller. Ils étaient alors présentables, au contraire de la jeune fille qui se baladait en culotte ! Warrington lui dénicha un vieux T-shirt. Il était décoloré, et paraissait toujours sale, mais avait été lavé quelques jours plus tôt ! Il sentait donc presque uniquement le savon.

- Tiens, mets ça, si tu veux, en attendant que ça sèche. Puis il déposa le savon dans un coin visible, si jamais elle était tentée à son tour par un petit rafraichissement !

Quand ils se retrouvèrent de nouveau tous ensemble, assis, sans grand projet, la conversation repris.

- Alors Malou, qu’est-ce que tu as pensé de cette journée ?

Les deux hommes voulaient aussi connaitre ses plans. Si elle comptait toujours repartir, et dans quelles conditions.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Aujourd'hui à 21:34

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