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 Chien perdu sans collier

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Lun 23 Mai 2016 - 14:27

Malou avait bien vu le regard en biais de Nans envers Mani.
« Décidément, à part son pote et sa fille, il n'a pas l'air d'aimer grand monde ce mec... » pensa Malou qui craignait une altercation.
Mais rien ne se produisit alors, immobile, un peu comme le cul entre deux chaises, elle écouta la suite de la conversation et quelle ne fut pas sa surprise d'entendre Nans donner des indications sur le lieu où ils logeaient.
Georgetown était peut-être vaste mais tout de même, elle trouva que ce n'était pas très prudent; le moindre gus un peu tordu ou avide de nourriture genre riz et viande séchée ne tarderait pas à se rendre sur place afin d'interroger des survivants sur l'adresse exacte de l'ancienne maison d'un dénommé Nans allias Jo' « comme tout le monde l'appelle » accompagné d'une petite fille blonde répondant au nom peu commun de Texas et l'affaire serait dans le sac!
Médusée elle dévisagea l'homme se disant qu'il devait avoir un haricot sec à la place du cerveau comme tous les Texans; elle avait beau n'avoir qu'un rouleau à pâtisserie, elle n'aurait jamais fait une bourde pareille, elle était bien trop méfiante.

D'ailleurs, cela tombait bien qu'il ne veuille pas l'emmener chez eux.
D'apprendre qu'en plus ils se déplaçaient à moto, elle aurait refusé tout net: elle tenait un peu à sa vie !
Ok, ce genre d'engin pouvait aller très vite mais cela avait deux inconvénients majeurs à ses yeux: le premier était d'être facilement repérable, il y en avait très peu sur les routes, tout le monde préférant les quatre roues plus stables et confortables, le deuxième était que justement, en cas d'affrontement ou d'accident le bolide pouvait très aisément se coucher au moindre choc et alors là, elle ne donnait pas cher de leur peau...
Elle regarda la fillette qui n'en finissait plus de lui sourire et eut pitié d'elle; elle n'avait vraiment pas le bol d'avoir un père pareil !
La pauvre était allée tout timidement vers le paternel afin de demander l'autorisation d'aller chez Tony; ce fut refusé vertement.
Malou haussa les épaules et leva les yeux au ciel en répondant à l'adresse du Texan dommage, je lui aurait appris à être un peu moins bien élevée, cela lui aurait été très utile !
Viens, continua t-elle à l'adresse de l'enfant, assieds-toi là, je vais dessiner ton portrait comme ça tu auras un petit souvenir.
Sortant de son sac une feuille, un crayon et une gomme, elle commença à esquisser les contours du visage, prenant son temps juste histoire d'emmerder Nans.
Texas était aux anges, prenant la pose comme une pro.
Quand le dessin fut enfin terminé, l'adolescente le tendit à la fillette apparemment émerveillée.
Il fallait dire que le résultat était très convenable. Malgré la raideur du coup de crayon pour certains traits, dénonçant un apprentissage amateur, le tout avait de l'allure; Texas était jolie, souriante et le flou dans la chevelure lui donnait presque une auréole d'ange.

Le motard enfilait son casque. Texas ne tarderait pas à imiter à regret son père avant de tourner les talons.
Malou n'aimait pas les adieux aussi se détourna t-elle de l'enfant et s'approcha de Tony.
C'est vrai qu'elle était fatiguée; la nuit allait bientôt tombé, elle avait hâte de partir avec les deux hommes à présent.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Mer 8 Juin 2016 - 20:20

Malou avait sifflé le repas offert par Nans en 2/2. Elle était effectivement affamée ! Pendant ce temps, Tony acquiesça à la réponse que lui offrit le bonhomme. Ils avaient l’air de très bien s’en sortir en effet. Son regard se posa une seconde sur l’arme lourde qu’il trimbalait. Utilisait-il vraiment un engin pareil contre les infectés ? N’y avait-il pas plus pratique ? Sans avoir jamais testé de tel calibre, la réponse à cette dernière question, il la connaissait. Maintenant il ne pouvait savoir quelle utilité précise l’autre barbu en faisait… Il n’avait pas l’air d’avoir inventé l’eau chaude, ça devait surtout lui donner l’impression d’en avoir plein la culotte.

- C’est une sacrée arme que vous avez là… ne put-il s’empêcher de faire remarquer. Il s’attendait à voir le visage du type s’illuminer de fierté. Cela manqua néanmoins d’éclat.

Le cryptologue lança ensuite un réel débat. Il hocha la tête quand la jeune fille accepta sa proposition. Si elle voulait reprendre la route vers l’inconnu rapidement par la suite, il ne l’en empêcherait pas.

- Le temps que tu voudras, commenta-t-il simplement, avant que Malorie ne chuchote à l’oreille de la fillette et alors que Nans commençait déjà à protester, en s’imaginant se trimbaler un boulet supplémentaire. Toujours aussi délicat.

La discussion qui suivit entre le texan et sa Texas fut une vaine tentative et clôtura à sa manière la conversation. Non ils ne perdraient pas de temps avec ces gugusses, pas une seconde ! Non faire la causette et s’intéresser à d’autres survivants ne les intéressait pas. Quel dommage ! Mani jeta un regard vers son acolyte pour l’inviter à ne pas insister. Warrington lui tint pourtant le crachoir pendant que Malou croquait le visage de sa fille sur papier. Cela prit quelques courtes minutes et Tony jeta un coup d’œil rapide sur le dessin. Il était basique, mais on reconnaissait sans mal la petite fille. C’était du joli travail, pour le temps imparti !

Ce fut ainsi que Texas quitta l’usine en compagnie de son père. Ils avaient recollé leurs casques de motard sur leurs têtes, retrouvant leur allure mystérieuse et brutale.

- C’est vraiment trop bête qu’ils n’aient pas voulu rester ! S’exclama le vieil homme avec son accent vieille Angleterre. Ils avaient certainement beaucoup à raconter ! Tony ne faisait pas dans la discrimination, et sympathiques ou non, tous les individus l’intéressaient ! Au contraire visiblement de Nans, qui semblait bien se foutre de ses semblables ! L’indien rétorqua :
- Je ne le sentais pas, dit-il simplement, les yeux toujours plissés. Rentrons.
Puis il se détourna vers la jeune fille.Tu peux marcher ?

Si non, il se proposait de la porter. Elle paraissait légère comme tout. Les deux hommes lui expliquèrent qu’ils ne logeaient pas loin, dans une entreprise de papier. Qu’ils s’étaient créés comme un nid, dans l’entrepôt, en hauteur. Qu’elle y serait donc à l’abri et pourrait s’y reposer. Surtout.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Jeu 9 Juin 2016 - 20:25

Malou eut un sourire mauvais en entendant Tony poser des questions sur l'arme de Nans; elle y avait senti une ironie sous-jacente, très légère, à peine décelable et savourait cela avec un plaisir malsain.
« il  a rien capté le Texan ! » se moqua t-elle intérieurement en tendant son dessin à l'enfant.

N'empêche, malgré les amabilités du vieil homme ils étaient partis; du coup Malou se sentit intimidée par le regard pétillant de curiosité du professeur et la prestance de l'Indien.
Afin de s'occuper à quelque chose, elle rangea son crayon et cala à nouveau son rouleau à pâtisserie dans son sac.
Quand Tony formula son regret à propos des éventuelles péripéties que Nans aurait pu raconter, elle le regarda avec de grands yeux surpris: était-il sincère ? croyait-il vraiment que ce mec aurait eu des trucs intéressants à dire ?
Mais quand Mani prit la parole avec une voix profonde pour affirmer qu'il « ne le sentait pas », elle se sentit fière qu'un homme comme lui pense la même chose qu'elle; aussi, reprenant du poil de la bête elle répondit:
aucun problème, je peux marcher !
Ce qui était vrai; malgré une torpeur due à la digestion, ce repas lui avait fait du bien, elle se sentait en pleine forme.

Il n'y avait apparemment plus rien à faire dans cette usine de cageots.
Malou remit son sac sur ses épaules et s'apprêtait à partir quand les deux hommes lui expliquèrent où ils logeaient.
Elle ne trouva rien à redire concernant l'usine à papier, ce pouvait même être une bonne idée.
Malgré tout, elle posa la question qui la rendait inquiète:
euh... vous êtes nombreux à loger dans cette usine ?
Elle n'était pas sociable et l'idée de devoir coexister avec un groupe ou pire, une communauté l'insupportait au plus haut point.

Elle quitta les bureaux et traversa l'atelier, les débris de bois secs jonchant le sol craquaient sous pieds. C'est alors que son oreille surprit quelque chose d'anormal: elle était seule à faire ce bruit.
Elle se retourna, persuadée que les deux hommes ne l'avaient pas suivie ou fait faux bond mais fut estomaquée de voir qu'ils étaient juste derrière !
Elle s'arrêta et regarda leurs pieds; comment arrivaient-ils à se déplacer aussi silencieusement ?
Après avoir observé la démarche de Tony son regard s'arrêta sur celle de Mani tant elle semblait naturelle pour lui.
Reprenant sa marche, elle s'exerça à faire pareil mais c'était loin d'être facile aussi jetait-elle régulièrement un coup d'oeil sur la façon qu'avait l'Indien de se positionner, se jurant d'apprendre à faire cela aussi bien que lui.

Dehors, le soleil se couchait teintant le ciel de rose et d'oranger sous une perspective de bâtiments métalliques loin de la carte postale paradisiaque.
Elle avait beau être accompagnée, l'angoisse de Malou ressurgissait.
A peine avait-elle mit le nez dehors, qu'aux aguets, elle frôlait les murs, sursautait et se cachait au moindre bruit même le plus insignifiant, lorgnait les bennes à ordures, prête à bondir dans l'une d'elle en cas de danger.
Ayant vécu ainsi pendant trois semaines, les automatismes étaient si bien ancrés qu'elle ne songea pas un instant que ses coéquipiers pouvaient la protéger.
Malgré tout elle les suivait: eux seuls savaient où ils allaient.
De temps à autre elle les regardait aussi; ou les épiait plutôt, prête à l'attaque verbale au moindre reproche, prête  à se laisser apprivoiser un peu si tout se passait bien.

Au loin, les mêmes hurlements, les même grognements ponctuaient leurs pas.
D'un coup elle songea à Texas; non qu'elle eut la fibre pour les enfants mais simplement parce que celle-ci, elle l'aimait bien. Elle détesterait qu'il lui arrive malheur.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Ven 8 Juil 2016 - 21:20

Ils avaient ainsi quitté l’entrepôt et empruntèrent le même chemin que Nans et sa fille, quelques courtes minutes plus tôt, de toute évidence. Pour détendre encore davantage la jeune fille, et parce qu’il était de toute façon incapable de tenir sa langue, Warrington poursuivait la conversation.

- Pour te dire la vérité, nous avons vu depuis notre repaire cet homme et sa petite fille descendre de moto. Les survivants ne courent plus les rues, hélas, au contraire des morts, donc nous l’avions suivi dans l’espoir de se tenir compagnie ! C’est une chance que nous t’ayons trouvée ! Poursuivait-il, sans nécessairement remarquer la semi-panique qui agitait Malorie.

Mani de son côté en avait bien plus conscience et il zieutait la gamine au moins autant qu’elle le zieutait elle-même. Il craignait ses réactions, comme si elle pouvait rameuter tout le quartier à elle-seule sous un coup de stress. Cela ne se produisit pourtant pas. Leur chemin se fit tranquillement, et le seul rôdeur qu’ils croisèrent ne rôdait plus depuis longtemps. Son corps à demi arraché l’empêchait de se mouvoir, si bien qu’à chaque fois que notre duo passait devant, ils ne s’embarrassaient pas à l’achever. Les deux hommes passèrent ainsi devant lui sans même le regarder.

Quelques minutes plus tard, ils avaient rejoint leur abri.

- C’est ici, déclara l’indien, lorsque le bâtiment fut en vue.

Ils se glissèrent à l’intérieur, par un trou béant dans les murs. Allez savoir comment ce dernier était apparu ici ! Dans tous les cas, n’importe qui pouvait entrer ici sans soucis. C’était la raison pour laquelle les deux hommes s’étaient installés dans les réserves en hauteur. Ils étaient alors inaccessibles pour les macchabées. Quant aux vivants, ils n’avaient vraiment aucune raison de chercher du papier ! Jusqu’ici, cela s’était néanmoins vérifier !

Ils aidèrent Malou à grimper et lui bricolèrent une couche faite à base de papier A4 d’un blanc éclatant. Le confort était correct, elle pourrait se reposer ici. Ce qu’elle fit.

Pendant environ deux heures, l’adolescente resta de son côté, allongée non loin des deux hommes. Peut-être avait-elle dormi. Peut-être avait-elle fait semblant, et avait-elle épié la conversation – bien anodine, même si Malorie, Nans et Texas en faisaient partie ! - de ses protecteurs. Quoi qu’il en fût, elle les rejoignit finalement, alors qu’ils débattaient pour savoir si elle dormait. La réponse était non de toute évidence.

- Tu veux remanger un petit peu ? Demanda Tony, alors qu’il avait ouvert deux conserves de flageolets. Ils étaient éclairés par une lampe électrique solaire, qui diffusait une lumière un peu jaune. Ou plus tard, comme tu le sens. Nous avons quelques stocks. Le bâtiment d’à côté contient pas mal de nourriture de ce genre - uniquement des légumes ! - alors on ne manque pas. Avec un cuillère en plastique, il s’avala une goulue bouchée d’haricots froids. Quand on était en campagne, on faisait du feu le soir, surtout cet hiver, c’était indispensable. Mais ici, ça ne nous parait pas raisonnable ! S’exclama le quinquagénaire sur un ton rieur. Au milieu de tout ce papier, en effet, ce ne serait probablement pas une bonne idée.

Il lui causa alors rapidement de leur périple, afin de l’encourager elle-même à partager ses premiers mois d’apocalypse. Tony parla de ce qui l’avait mené en premier lieu dans la réserve indienne de Mani, puis le début de l’épidémie par là-bas. Puis leur expédition vers le sud et leur arrivée à Vancouver. Mani évoqua ainsi le décès de sa sœur et de son beau-frère, avec un détachement étrange.

- Ce fut très dur, dit-il pourtant, en contraction avec son expression sereine. Pangueca m’a beaucoup aidé pour surmonter ça.

L’indien jeta un regard plein d’admiration vers son acolyte. Son surnom était très énigmatique. Tony fit un simple hochement de tête et posa ses yeux noisette sur la fillette. Voulait-elle en profiter pour extérioriser à son tour les drames auxquels elle avait assistés ?
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Ven 22 Juil 2016 - 23:01

Au son de la voix du vieil homme Malou se décontracta quelques instants comme si de l'entendre parler avait quelque chose de rassurant, de protecteur.
Quand il annonça qu'il avait cherché la compagnie de Nans elle le regarda l'air de dire: « bah, tu n'as rien perdu... » tant il lui semblait inimaginable qu'un tel personnage eut pu être un hôte de qualité; de toutes façons Mani ne l'aimait pas, il ne l'aurait pas accepté par contre elle resta éberluée quand il lui avoua avoir eu de la chance de la rencontrer.
Elle ?
Incrédule elle posa son regard sur l'Indien qui avait l'air de davantage guetter ses réactions par rapport à la dangerosité éventuelle du lieu plutôt que se poser des questions sur sa capacité à être agréable en société.

Un bout de chemin se fit en silence. Toujours aux aguets Malou rasait les murs jusqu'au moment où ils croisèrent un mangeur d'homme à terre, tellement en miette qu'il ne pouvait presque plus se mouvoir; seul son regard trahissait sont unique désir: les croquer.
Les deux individus n'y prirent même pas garde et passèrent leur chemin. L'adolescente quant à elle resta plantée devant le semi-cadavre comme hypnotisée.
Etait-ce la peur ou le fait que c'était la première fois qu'elle avait la possibilité de contempler une telle chose sans risquer sa vie ?
Les deux peut-être mais pas que cela.
Sans trop savoir pourquoi elle pensa à son frère. Et si c'était lui qui était dans un tel état ?
Elle se pencha et détailla le visage amoché; il y avait encore quelque chose d'humain dans elle ne savait trop quoi; les traits presque réguliers peut-être ? Il avait dû être un bel homme avant...
Maintenant il était fini, perdu, condamné à tressauter ainsi pour l'éternité.
Il avait beau être devenu un monstre, Malou ne pouvait s'empêcher d'avoir pitié: ce n'était pas sa faute, il avait dû se faire mordre avant, quand il était normal; peut-être était-il le frère, l'ami ou le fiancé de quelqu'un avant de se retrouver là.
« Je dois le délivrer » songea t-elle.
C'était facile à dire, le faire était une autre paire de manche. Aurait-elle le courage de lui fendre le crâne ?
Hésitante, elle lança un regard vers les deux hommes qui s'éloignaient; si elle ne faisait pas cela tout de suite, elle risquerait de les perdre et se retrouver de nuit dans ces rues désertes ne l'enchantait pas.
Alors, lentement, elle sortit son rouleau à pâtisserie du sac à dos, l'empoigna et attendit d'avoir la force de donner le coup de grâce.
Elle prit une grande inspiration, ferma les yeux et cogna sur le crâne du presque macchabée.
Râté.
La chose se mit à se mouvoir avec plus de violence alors paniquée, elle assena plusieurs coups et lui éclata la boîte crânienne.
Pleurant d'émotion elle lui souffla malgré tout: tu es libéré à présent...

Courant presque elle rejoignit ses compagnons au moment ou Mani déclarait en montrant un bâtiment industriel: « c'est ici ».
Timidement l'adolescente entra comme eux par le grand trou et monta comme elle put dans les réserves.
C'était impressionnant tout ce papier partout. Dans un coin des bidons avaient été entreposés où l'on pouvait lire « bleu de cobalt », « rouge carmin », « jaune primaire ».
Elle aida les deux hommes a se confectionner un lit avec des rames de feuilles 21x29,7, s'affala sur ce matelas improvisé et s'endormit sur le champs.

Quelle heure était-il quand un bruit furtif la réveilla ? Elle n'en avait aucune idée.
Bondissant sur ses pieds, elle écarta vivement une liasse de papier pour y découvrir une souris qui se faufila à la vitesse de l'éclair.
Se réveiller brutalement pour cela, c'était trop bête !
Toujours est-il qu'elle ne retrouvait pas le sommeil malgré une dizaine de bâillements.
Mollement elle se décida alors à rejoindre les deux hommes qui conversaient tranquillement.
Elle se sentait bien avec eux, tout élan d'agressivité l'avait quitté du moins pour le moment.
Elle refusa doucement les haricots que Tony proposait en disant: j'ai déjà beaucoup mangé aujourd'hui, demain peut-être, oui... J'aime bien les légumes... C'est plus facile à digérer...
Et quand il parla de feu en pleine campagne elle ouvrit de grands yeux affolés avant de s'exclamer: mais le feu attire les mangeurs d'homme ! Vous n'avez jamais eu de problème ?
En son fort intérieur elle espérait qu'il réponde « mais non pas du tout » car elle adorait l'idée d'être autour d'un feu de bois, cela ne lui était jamais arrivé.

Bouche bée, Malou buvait les paroles et l'histoire de l'ancien professeur tout en regardant Mani avec fascination. Pourtant quelque chose la chiffonnait, il fallait qu'elle en ait le coeur net aussi demanda t-elle:
Je croyait qu'il n'y avait que Seattle et les environs qui étaient infestés... Il sont partout alors ?
Quand on lui répondit par l'affirmative, elle accusa le coup sans broncher mais n'en pensait pas moins; elle était terrorisée, la situation était pire que ce qu'elle avait imaginé.

Les deux hommes s'étaient tu. Un silence lourd planait à présent car elle sentait que c'était à elle de raconter ses mésaventures mais que dire ? Elle n'avait pas l'habitude de parler d'elle, jamais personne ne s'était inquiété de son sort ou même un peu interessé; du coup elle ne savait pas par quel bout commencer.
Embarrassée elle éluda le problème en posant d'autres questions: elle voulait tout savoir sur la vie des Indiens, leurs croyances, leurs mystères; elle demanda aussi pourquoi Mani appelait Tony Pangueca et la signification de ce surnom. Enfin, elle osa s'adresser à Mani pour lui demander de lui enseigner la « démarche silencieuse » et ce qu'il fallait faire pour survivre seule dans le nature sans se faire remarquer.

Après ce flot de questions elle attendit les réponses. L'expérience des autres lui semblait tellement plus passionnante que sa petite vie de gagne misère.
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Lun 25 Juil 2016 - 18:52

- Hum oui et non, dut reconnaitre Warrington pour cette histoire de feu de joie. Ça les attire un peu, c’est exact, mais dans des zones très isolées, en plein cœur de l’hiver, c’est un risque moindre à prendre ! Qu’est-ce qu’il faisait froid !

Et la conversation se lança de là. Un temps s’écoula avant que les deux hommes aient fait le tour d’une bonne partie de leurs aventures. Oh certes, il manquait encore quelques mois, pour relier Vancouver avec leur présence ici, en plein centre de l’Industrial District de Seattle. Mais ils y viendraient. Peut-être. Car au lieu de raconter à son tour ses mésaventures et ses chagrins – c’était probablement encore trop difficile pour l’adolescente – cette dernière posa quelques questions à Mani. Celui-ci lui offrit un sourire bienveillant.

- Pangueca veut dire sorcier dans la langue de mon peuple. Son nom indien entier est Pale Pangueca : le sorcier à la peau blanche. Il avait grande renommée dans la communauté avant tous ces évènements. Des grands pouvoirs !

La lumière de la lampe éclairait le visage sérieux de l’amérindien et ajoutait à ces paroles toute sa mysticité ! Tony ne put s’empêcher de lâcher un vague rire, et il balaya l’air d’un geste de la main pour signifier que son compagnon exagérait. A juste titre. Il n’avait effectivement aucun pouvoir que ce soit. Mais pour le regard souvent naïf des indiens, c’était tout comme. Son talent d’observation des gens avait prodigué quelques miracles. Beaucoup même.

- Non, c’est vrai ! Encore aujourd’hui ! Se défendit Mani. Puis il se pencha vers Malorie, voilant légèrement sa voix : il sait prendre la peine des gens et la faire s’envoler.

Une chose était certaine : l’homme y croyait. Il acquiesça comme pour ajouter un « oui oui je t’assure » à la jeune fille, qui ne pouvait que se montrer incrédule. Et Tony n’ajouta rien, se contentant de terminer sa boite de conserve. Il avait souvent entendu son camarade vendre ses bienfaits. Cela l’amusait et pourtant dans le monde dans lequel ils vivaient maintenant, sa « thérapie » - comme on pouvait l’appeler - se révélait plus efficace que jamais. Les âmes des vivants avaient tellement besoin de croire…

- Il n’aime pas que j’en parle, mais je l’ai vu faire. L’homme aux longs cheveux fit un nouveau hochement de tête. Peut-être Warrington réaliserait-il ses expériences sur l’adolescente. Si elle le désirait vraiment. Si elle voulait se donner la peine d’y croire seulement. Mais pas maintenant.

Mani laissa ainsi Malou analyser toutes ces données puis il lâcha un rapide éclat de rire devant sa question sur la démarche. Rire que partagea aussi le vieux barbu.

- C’est comme marcher sur du verre brisé ou du parquet qui grince. C’est avoir conscience du poids de son corps, surtout. On y fait attention longtemps, avant de ne plus y penser du tout ! On pourra essayer demain !

Ils iraient se balader dans les parages. Les deux hommes pourraient coacher un peu la gamine sur la survie.

- Tu es seule depuis combien de temps ? Demanda l’indien qui n’avait pas suivi toute la conversation avec Nans et compagnie. Nouvelle chance pour la demoiselle de partager un peu son histoire !
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MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Mar 26 Juil 2016 - 23:43

Malou écoutait ou plutôt buvait littéralement les paroles de l'Indien avec de grands yeux ronds comme un enfant écouterait un conte de fée.
Ainsi Tony était un sorcier et possédait de grands pouvoirs...
Elle regarda le vieil homme avec grand respect jusqu'au moment où il se mit à rire. Ne sachant plus trop qu'en penser elle sourit aussi mais quand Mani insista elle était conquise; elle aussi y croyait dur comme fer.
Il faut dire que l'adolescente était naïve. Enfermée la plupart du temps dans la maison familiale elle ne connaissait rien de la vie, s'était imaginé beaucoup de choses, surtout ce qui était extraordinaire; c'était tellement mieux que la réalité.

Pourtant, elle fronça les sourcils donnant une fausse impression d'incrédulité.
En fait, elle réfléchissait; quelque chose ne collait pas.
Elle avait une idée très précise des adultes, une définition bien cadrée qui n'acceptait même pas d'exception: ils étaient stupides, méchants, moralisateurs, couards, faux-culs, sans parole, profiteurs, totalement dénués d'imagination, prétentieux, obtus, calculateurs, fainéants, défaitistes, bref des individus infréquentables dont il fallait se méfier !
Malgré tout ces deux là étaient totalement différents; le monde était-il si compliqué qu'il pouvait porter deux sortes d'adultes ?
Elle avait du mal à l'admettre et pourtant, elle avait beau les examiner, ils ne semblaient cacher aucun stratagème perfide, mieux, ils lui proposaient de lui apprendre la démarche silencieuse, ce qu'elle accepta avec reconnaissance.

En confiance, elle répondit à la question la concernant:
trois mois... lança t-elle, pensant s'en tirer avec ces seuls mots mais les deux hommes avaient l'air suspendus à ses lèvres attendant une suite.
Elle n'y échapperait pas, il fallait qu'elle relate ses mésaventures, ce qui pour elle était un exercice très difficile.
Elle poussa un soupir et laissa un blanc.
L'adolescente n'avait pas l'habitude de se plaindre et surtout, elle n'analysait pas vraiment tout ce qui avait pu lui arriver, ce qui lui évitait les états dépressifs.
Comme prenant son élan, elle débita:
d'abord on n'avait plus rien à manger.
Mon frère et mon père partaient dans la nuit avec le grand couteau et revenaient le lendemain avec des choses... Puis un jour, ils sont revenus les mains vides alors ils ont décidés d'aller chasser les chats. C'est pas si mauvais...
Dès fois, ils faisaient une soupe d'ortie.

Elle s'arrêta là, pensant que cela suffirait mais à leur tour, les deux compères la regardaient comme des enfants à qui l'on raconte une histoire et se senti obligée de continuer.
Se prenant au jeu, elle continua:
quand il n'y eu plus aucun chat dans le quartier, ils décidèrent d'aller à la chasse aux rats.
Je n'aimait pas tellement cela mais c'était ça ou rien, alors...
Et puis un jour d'hiver mon frère est parti. Il voulait aller aider les autres.
J'étais triste parce que je suis amoureuse de mon frère, même si c'est interdit.

Sur cette confession, elle baissa la tête avant de reprendre:
Moi je n'avais plus le droit de sortir depuis longtemps d'ailleurs ma mère avait barricadé la maison avec des planches, même les fenêtres; je ne voyait rien de ce qui pouvait bien se passer mais une nuit j'ai entendu des grognements et des cris affreux; c'est le lendemain matin que j'ai décidé de m'en aller moi aussi.
Le problème c'est que je me suis perdue à force de prendre les petites rues désertes plutôt que les avenues.
J'avais trop peur... Alors je me cachait et je dormais dans les bennes à ordures. C'est là que je mangeais aussi parce que j'avais peur de fouiller les maisons. Même quand elles sont vides, j'ai l'impression de voler quelqu'un quand je fais cela, alors je ne le fais pas.


Après cet effort énorme, elle conclut:
un peu avant d'entrer dans l'usine de cageots j'ai croisé quatre mangeurs d'homme et je les ai vu dévorer une femme. C'était affreux.

Là-dessus elle bailla à s'en décrocher les mâchoires.
La journée avait été longue et difficile, elle ne tenait plus debout.
Elle aurait pourtant tellement aimer demander à Tony de sauver sa mère... Mais elle était trop fatiguée, elle verrait demain.
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