Partagez | .
 

 Chien perdu sans collier

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5  Suivant
Auteur
Message
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Chien perdu sans collier   Mar 26 Avr 2016 - 17:22

La panique avait donné la force à Malou de courir comme une dératée pendant un bon quart d'heure avec en tête la vision d'horreur dont elle venait d'être témoin: quatre morts-vivants, avachis sur le bitume, dévorant un corps de femme.

Après trois semaines de marche, à survivre planquée dans les poubelles, à manger les rares détritus qu'elle y trouvait encore, seule, effarée, méfiante, aux aguets du moindre bruit, du moindre frisson du vent dans les branches des arbres bourgeonnants, c'en était trop; l'adolescente avait les nerfs à vif et ressemblait plus à un enfant sauvage qu'à un humain.

Ayant vécu d'octobre à fin mars cloitrée chez ses parents, dans une maison aux ouvertures obturées par des planches clouées, la jeune fille n'avait rien vu de ce qui se passait réellement, n'était au courant que de peu de choses puisque,  pour la protéger, son père et Erik, son frère – les seuls à sortir de la bicoque – ne lui racontaient presque rien.

Elle venait de prendre la réalité de plein fouet comme un coup de poing dans la tronche et était sonnée.
Pas trop stupide, elle venait de comprendre d'un coup ce qu'était devenu vraiment le monde dans lequel elle avait eu le malheur de naître et ses indicibles dangers; il lui faudrait se méfier de tous, sans exception, encore plus qu'à l'habitude.
Pour cela Malou avait de l'expérience, ce n'était pas son plus grand tracas. Le problème était plutôt comment survivre avec un paquet de gâteaux et des chips à n'ouvrir « que pour fêter un grand jour », la bonne blague ! et se défendre avec pour seule arme un rouleau à pâtisserie.
L'adolescente ne faisait pas partie des timorées, elle avait déjà castagné à l'école mais là... S'il fallait tuer quelqu'un, c'était une autre paire manche: elle s'en sentait incapable.

A bout de force, elle ralentit l'allure tout en surveillant le moindre recoin, jetant un coup d'oeil furtif dans les voitures abandonnées et désossées, se planquant régulièrement la où c'était encore possible jusqu'au moment où, au détour d'un virage elle arriva sur un rond-point.
Son coeur se mit à battre la chamade: enfin un endroit où il y aurait des panneaux indiquant des directions !
Pleine d'espoir elle s'avança et faisant le tour elle découvrit: « Industrial district, North Road, 101 à 357 », Industrial district, East Avenue », « Industrial district, South Road » et enfin un immense site grillagé où la seule indication était: « Forbidden entry ».
Bras ballants, l'oeil vague, des frissons lui parcourut le corps. Non seulement elle était perdue mais en plus elle avait atterrit dans une immense zone industrielle s'étalant à perte de vue.
Au bout d'un temps de réflexion, elle décida de pénétrer dans North Road dont la taille semblait moins inhumaine qu'East-Avenue.

Tout ici n'était que solitude, silence et désolation.
Pas un arbre; d'immense parkings où stationnaient quelques camions, des machines outils et autres véhicules utilitaires fracturés, pillés, étaient vides des simples voitures d'ouvriers. L'atmosphère donnait l'impression que le temps s'était immobilisé à tout jamais, pesant de tout son poids sur les frêles épaules de la jeune fille encore enfant si l'on en jugeait par sa petite taille et sa grande  maigreur.
Seul le soleil haut dans le ciel, continuait sa course imperturbable.
Affamée, hagarde, puante, une boule d'angoisse dans la gorge qui n'était pas prête à se déloger, elle décida d'entrer furtivement dans la première usine de la rue dont le portail béait.

Aux aguets, elle se glissa tel un chat à l'intérieur et attendit que ses yeux s'habituent à l'obscurité qui régnait tandis qu'une forte odeur de bois moisi et de graisse de machines lui emplissait le nez. Elle venait d'entrer dans une usine de fabrication de cageots.
Dans l'atelier principale, des machines étranges s'alignaient en deux allées parallèles. Au sol des débris de cagettes défoncées traînaient deci-delà. Rien de plus.
Malou avança et aperçut au fond une baie vitrée annonçant les bureaux. Peut-être aurait-elle la chance d'y trouver un quelconque aliment oublié, des WC ou même un simple point d'eau ?
Evitant les débris de bois qui auraient pu craquer sous ses pas, elle se dirigea vers le lieu porteur d'espoir et s'y engagea.

Elle n'avait pas été la première visiteuse...
Les portes des placards pendaient, les tiroirs de bureaux grands ouverts avaient été fouillés, il n'y restait rien d'autre que des liasses de papier et quelques accessoires tels que stylos, crayons et gommes.
Dans un geste rageur, comme si elle aussi s'octroyait sa part de larcin, elle ramassa les précieuses fournitures, attrapa une poignée de pages vierges 21x29,7 et fourra la trouvaille dans son sac à dos.
C'est à ce moment précis qu'elle entendit un bruit.
C'était comme si quelqu'un avait commencé à marcher sur un morceau de bois craquant puis avait suspendu son mouvement.
Affolée elle s'accroupit et, jugeant d'emblée que la planque serait inefficace, elle rampa jusqu'aux vestiaires-lavabos-WC qui se trouvaient au bout du couloir; avec un peu de chance, il resterait bien une porte avec un verrou !

Hélas, Malou n'était pas dans son jour de veine: toutes les portes avaient été saccagées, probablement à coup de hache; c'était peine perdue, elle était coincée sans autre issue que l'ouverture principale, située face à la baie vitrée.
Paniquée, elle se cacha entre deux armoires métalliques, empoigna son rouleau à pâtisserie et attendit la trouille au ventre.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Mer 27 Avr 2016 - 11:08

Je n’avais jamais aimé l’expression remuer ciel et terre, mais elle correspondait bien à ce que j’avais fait ses derniers temps. Chercher toujours plus loin dans Seattle dans l’espoir de retrouver l’homme que je considérais comme un frère. Je continuais désespérément, au fond de moi, je savais que j’aurais déjà dû le retrouver, mais je n’arrivais pas à me résoudre à arrêter mes recherches. Aujourd’hui, j’avais encore coché une nouvelle région sur ma carte de Seattle. J’avais prévu d’aller dans l’ouest de la ville du côté du district industriel. Nous y avions déjà été les trois derniers jours, aujourd’hui serait sans doute le dernier avant la zone suivante. Il nous fallait donc commencer à nous préparer pour cette excursion.

Chose qui nous prit pratiquement toute la matinée. Il ne faisait plus aussi froid que par le passé, mais il fallait tout de même se couvrir tout en faisant le maximum pour rester mobile. La vie d’aventurier ce n’est pas si simple que ça. Nos deux sacs étaient ouverts sur la table du salon. Alors que nous faisions des allers-retours pour les remplir de chose utile. Dans mon sac, je transporterais une gourde, des munitions et la nourriture pendant que Texas aurait dans le sien une carte de la ville, une lampe torche et deux chargeurs pour son Beretta. J’aurais certains des problèmes avec les services de l’enfance s’ils apprenaient un truc comme ça, mais ça n’avait plus vraiment d’importance. Nous avions décidé de voyager légers, pour pouvoir récolter ce que nous trouverons sur la route.

Une fois les sacs fermés, j’enfilais mon blouson. Je glissais discrètement mes lunettes dans la poche intérieure. Je ne pouvais pas partir sans elle, j’étais incapable de lire sans elle et Texas avait encore beaucoup de mal. On ne sait jamais ça pourrait être utile. J’attrapais mon casque, je m’enfilais sur la tête pendant que ma blonde mettait le sien. C’était encombrant, mais rassurant de les avoir, ensuite les gants. Je calais mon AK47 sur mon dos grâce à mon sac et j’accrochais mon pied de biches à la ceinture. J’étais prêt pour l’extérieur. Ma petite avait son couteau à la ceinture et son Beretta dans son sac pour le moment. Nous pouvions partir d’ici.

C’est en moto que nous nous éloignons du bar, slalomer entre les voitures était bien plus facile de la sorte. Aucune route ne pouvait me résister et c’était pour ça que j’avais choisi ce moyen de déplacement, comme à mon habitude, je laissais mon véhicule couché sur le flanc assez loin de la destination pour ne pas alerter tous les narvalos avant de nous enfuir rapidement. Ils viendraient voir ce qui s’était passé et lorsqu’ils tomberont nez à nez avec un morceau de métal, ils seront certainement très déçus. Nous nous sommes donc dépêchés de partir et de traverser la zone. Arrivé à l’intersection je restais perplexe, j’avais un doute sur les différents endroits que nous avions déjà visités.

- Tex’, tu te rappelles d’où on doit aller ?
- Le nord.
- Merci ma puce.

Je devinais un sourire sous son casque. Je me serais déjà perdu plusieurs fois sans elle. Nous faisions le chemin en silence pour éviter de nous faire repérer. Je regardais devant moi, un hangar me semblait étrangement familier. Il m’attirait comme s’il pouvait me parler et me donner les informations que je cherchais depuis si longtemps. Il semblait très banal, mais je sentais un truc s’en dégager. J’accélérais légèrement le pas, ce qui obligeait Texas à trottiner pour rester à ma hauteur. Elle ne s’en plaignait pas, elle avait l’habitude. Elle s’avait qu’il ne fallait pas rester immobile et que plus on bougeait mieux c’était. J’entrais par la porte de service suivie de près par ma fille. L’obscurité tombait sur nous un instant. L’odeur m’était familière, mais pas désagréable pour autant, l’huile de machine et le bois. C’était toujours mieux que le poisson pourri. Je pouvais voir un bureau de l’autre côté du bâtiment. Je venais de trouver l’endroit où je devais aller. Je marchais avec une certaine certitude et détermination.

- Tu es déjà venu ici Daddy ?
- Oui avec Tyler, je vais aller dans le bureau, s’il est venu c’est là-bas qu’il a laissé des traces de sa présence.
- Comment tu sais ?
- Parce que je sais tout !

Je posai une main sur la tête de ma fille enfin plus précisément son casque, cependant, je ne faisais pas du tout attention à ce qu’il se passait autour de nous. Je remarquais bien trop tard que j’étais en train de marcher sur un gros bout de bois et dont le craquement raisonna dans tout l’entrepôt. Sans hésiter, je sortis mon AK de sur mon dos, j’étais pétrifié, mais j’étais prêt. Si des narvalos nous sautaient dessus. Elle avait également sorti son Beretta. Au bout de longue minute d’attente, nous décidons donc de reprendre la route.

Cette fois si je faisais bien plus attention ou je mettais les pieds. Enfin nous avions rallié les bureaux. J’essayais de voir à travers les baies vitrées pour savoir s’il y avait du monde à l’intérieur ce qui visiblement n’était pas le cas. Il y avait un couloir et plusieurs bureaux. Je devais observer chacune des pièces minutieusement.

- Tu gardes le couloir pendant que je fouille ?
- Oui !

Je sentais dans sa voix qu’elle était contente de servir. Je ne cherchais pas plus longtemps et commençait la fouille du premier couloir. Pendant que j’observais ma fille se coller le long du mur pour éviter les angles morts trop grands. Elle avait appris tout un tas de trucs. J’étais fier d’elle comme toujours.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Jeu 28 Avr 2016 - 22:10

Non loin de l’endroit où Nans avait abandonné sa moto se trouvait l’entrepôt dans lequel Warrington et Mani avaient élu domicile une bonne semaine plus tôt. La zone industrielle était relativement calme, même s’ils pouvaient parfois – selon la direction du vent – entendre le murmure qui s’élevait depuis les environs du stade de Centurylink Field… Les rôdeurs étaient toujours principalement agglutinés là-bas. De la même manière, peu de survivants traînaient aussi dans les parages. En effet, en dehors de leur rencontre avec Axel quelques jours plus tôt, les deux survivants n’avaient pas croisé âme qui vive dans le coin. Le bruit du véhicule du texan alerta ainsi les comparses.
 
- On les suit ! S’écria Tony, à bonne distance, alors que le père et la gamine partaient à pieds. Un peu d’animation, ça n’avait pas de prix !
 
L’observation de survivants était une activité pour laquelle se passionnait notre ancien professeur. Il avait toujours aimé analyser les comportements, et regarder les gens interagir et se mouvoir sans se savoir observer avait pour lui valeur d’or ! Presque autant que la discussion qui s’en suivait généralement ! Car oui, si Warrington et son ami se lançaient ainsi sur les traces de Nans et Texas, c'était avec la ferme intention d’amorcer un dialogue par la suite. A un moment ou un autre !
 
Tout excité par la situation, le barbu sentit la cadence de son cœur accélérer. Les deux individus avaient gardé leurs casques de moto, et l'arme lourde en bandoulière, ils avaient clairement une allure de gangsters des temps nouveaux. La silhouette de la fillette tranchait néanmoins à côté de celle de son paternel. Tantôt ils ralentissaient, semblaient discuter, pour définir où ils allaient. Tantôt ils marchaient d'un pas décidé. Leur venue ici n'était visiblement pas fortuite. Il suffisait de voir comment ils avaient abandonné leur deux roues un peu plus loin. Tout était prémédité.

- Qu'est-ce que tu crois qu'ils peuvent venir chercher par ici ?

De toute évidence, il n'était pas question de vivres, puisque le père et la fille pénétrèrent dans une usine de fabrication de cagettes. Warrington échangea un regard avec son partenaire. Le sourcil dressé de ce dernier demandait implicitement : danger ? Le barbu fit un geste de la main et une vague grimace pour répondre en silence « nah ». Il n'était pas vraiment du style prudent avec les gens. Et ce n'était pas pour rien ! Ses expériences – aussi bien lors de ses presque 60 années d'existence, que lors de ces quelques mois d'apocalypse - lui avaient jusqu'ici plutôt donné raison ! Ils décidèrent cependant de se séparer. Mani, plus agile, resterait au dehors, pour essayer d'espionner les étrangers depuis l'extérieur, quand Tony s'aventurerait dans le bâtiment en mode furtif. Facile !

Ce fut ainsi, à pas de loup, que l'ancien se glissa à son tour dans le hangar. L'intérieur était sombre, mais il devina les chuchotements de ceux qu'ils suivaient discrètement. Qu'étaient-ils venus faire ici ? C'était presque devenu pour l'ancien professeur comme l'énigme d'un jeu ! Si fun ! Il était facile de se cacher derrière les grosses machines. Son regard s'habituant à l'obscurité, il analysa la scène rapidement, et choisit de s'approcher, attentif au faible son des pas des autres, à son tour des bureaux. Le point de vue paraissait bon ! Il était d'ailleurs à deux mètres de l'entrée d'un petit couloir quand, comme Malou un peu plus loin, il se figea lorsque Nans fit craquer un morceau de bois. Jusqu'ici, le bonhomme n'avait visiblement guère prêté attention à une éventuelle présence suspecte, mais il possédait une arme bien plus imposante que la sienne. Mieux valait ne pas l'affoler inutilement !

Le duo resta immobile un long moment, et Warrington en fit de même. Une vraie statue. Son front se rida cependant légèrement en entendant du bruit sur sa gauche. Du côté des bureaux. Un rôdeur ? Il le découvrirait bien rapidement, puisque Nans et sa fille se décidèrent finalement à reprendre leur marche... dans sa direction ! Merde ! Le quinquagénaire se glissa en vitesse dans le couloir, fit quelques grandes enjambées pour se glisser dans une ouverture au hasard. Celle du fond. Machinalement il regarda derrière lui, repensant au bruit suspect qu'il avait entendu précédemment... Ouf l'endroit était désert, et il ne put voir la silhouette de Malorie, pourtant sommairement cachée. Il réalisa seulement qu'il était près des toilettes, fichtre ! Pourvu que les deux autres ne cherchaient pas précisément le petit coin !

Il s'immobilisa de nouveau, attentif à ce qui se passait à seulement quelques mètres de lui. Il perçut alors la voix de l'homme, marquée par un fort accent, puis de la fillette. Vingt secondes s'écoulèrent peut-être avant que notre homme ne réalise un peu bêtement que c'était lui, tout compte fait, qui avait envie d'uriner. Encore un mauvais tour de sa prostate ! Le prix de l'aventure ! Il zieuta le toilette. Hum...

Il se décida alors à faire un pas, puis deux, vers celui-ci. Et se retrouva ainsi dans le champ de vision de la jeune fille... Leurs regards se croisèrent.

- Oh...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Ven 29 Avr 2016 - 15:57

C'est alors qu'elle entendit des voix;celle d'un homme et d'un enfant très jeune, style classe primaire, pas maternelle.
« Putain, mais qu'est-ce que vient foutre ici un con avec son chiard, merde  ! »
Malou n'en menait pas large aussi préféra-elle la colère aux tremblements, cela lui donnait plus de force.
Elle banda le peu de muscles qui lui restait, leva haut le rouleau à pâtisserie, prête à frapper, tout en étant aux aguets du moindre bruit et du bruit ils en faisaient ! Mais quand elle entendit le type annoncer qu'il fouillerait le couloir avec un accent traînant et lourd, caractéristique du Texas, l'adolescent fit une moue de dégoût: elle détestait les Texans, cette bande de bouseux stupides, bled natal de Trump et son faciès porcin, haut lieu des petits amis de Bush qui s'étaient engraissés grâce à la guerre d'Iraq, ça c'est son frère qui lui avait dit et Erik avait toujours raison.
L'adrénaline montait, parfait, elle n'aurait aucun scrupule. « Approche et j'te cogne gros nase »
songea t-elle pour se donner plus de courage.

Mais quelque chose clochait; elle ressentait un truc; trois fois rien, une atmosphère peut-être ? Un léger bruit de rien du tout ?
Non, plutôt une vague odeur corporelle qui n'avait rien à voir avec sa pestilence.
Très lentement elle pencha son corps légèrement en avant et l'aperçut. Ce n'était pas le Texan, d'après les sons il était encore au bout du corridor, c'était un autre ! le coeur de Malou battait à tout rompre.
« Ma parole ils se sont tous donné rendez-vous ici ou quoi ? ».
Elle était déstabilisée et furieuse. Dans cette zone où usines,  ateliers, entrepôts s'étalaient sur des miles et des miles à perte de vue, il fallait que ce soit justement là, dans cette firme de rien du tout, qu'ils viennent pour y traîner leurs bask', bloody hell !!!

L'homme était âgé, le profil était doux, avenant. Malou aurait préféré qu'il soit laid avec une gueule patibulaire, elle n'aurait eu aucun regret mais là... Elle n'allait pas rétamer un vieux tout de même...!
Le sexagénaire fit un pas vers les WC; Malou se raidit mais elle avait perdu contenance et frissonnait de tous ses membres; ce n'était pas que la peur, elle le sentait bien; en état de malnutrition avancé, ce n'était pas la première fois qu'elle avait ces symptômes; bientôt la vue se brouillerait puis elle tanguerait quelques instants comme si elle était ivre. D'ailleurs, cela faisait plusieurs mois qu'elle n'avait plus ses règles, comme les anorexiques. Cela tombait bien, Malou ne voulait pas grandir; jamais elle ne serait une adulte, jamais !

Le deuxième pas lui fit l'effet d'une décharge électrique et le « oh ! » du professeur reçut en écho un ah ! Sonore, suraigu, de surprise et d'effroi mêlé.
Une vague de panique pure, incontrôlable, envahit la jeune fille-enfant. Dans son fort intérieur, elle savait qu'elle ne cognerai pas, qu'elle en serait incapable car s'il était facile de latter ou de tirer les cheveux des gosse de riches à la récré, sous prétexte qu'ils étaient le clan ennemi, bigorner un adulte au regard inoffensif était une autre affaire.
Un tempête subite, que dis-je, une fureur hystérique s'abattit dans les oreilles du pauvre homme, comme ces chiens hargneux qui aboient en sautant contre le portail dans un boucan d'enfer quand vous passez devant le jardinet du maître des lieux.

CASSE-TOI VIEUX CHNOK OU J'TE COGNE, C'EST MON USINE, T'AS RIEN A FAIRE LA ! DEGAGE SINON J'TE CRÊVE, ENFLURE !!!


L'adolescente trépignait, invectivait, hurlait, vomissait des chapelets d'insultes brandissant son arme tel un Guignol miteux dans son castelet, aux fins fonds d'un square mal fâmé.
Puis l'air lui manqua. Le dernier nom d'oiseau sortit comme un râle, le corps prit de spasmes s'affaissa, elle ferma les yeux, s'évanouit et tomba lourdement comme un paquet de linge sale.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Ven 29 Avr 2016 - 16:58

Le premier bureau ne donnait rien d’intéressant. Aucun nom ne me parlait sur les documents que je fouillais. L’endroit semblait vraiment être une bête usine de cageot abandonné, je me sentais bête un instant qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire maintenant ? Continuait à chercher dans l’espoir que l’objet que je convoite me tombe dessus ? J’avais déjà prié Dieu pour qu’il m’aide, mais se n’était pas aussi simple, il ne donnait son aide qu’au plus méritant et je savais qu’après tout ce que j’avais fait je ne faisais plus partie de c’est petit papier depuis longtemps. L’apocalypse nous force à faire des choses que l’on regrette et d’autres qu’on ne regrette pas. Je sortais de la première pièce et me tourna vers ma fille.

- Il n’y a rien par ici.

À peine ai-je eu le temps de finir ma phrase que j’entendais du bruit tout au fond du couloir. Mon regard croisé celui de Texas un instant, il était temps de partir à l’aventure, voilà ce qu’on pouvait lire sur nos yeux à cet instant précis. Nous étions pareils tous les deux, prêts à tout pour nous amuser. Je rabattais la visière de mon casque alors qu’elle en faisait autant et c’est avec notre allure de Daft Punk que nous nous avancions dans le couloir le plus rapidement possible. Je repris également mon AK dans les mains, je déplaçais le levier latéral pour placer mon arme en coup par coup. J’étais capable de la maitriser en automatique, mais c’était un gaspillage de balle bien plus conséquent que ce que je pouvais me permettre. Texas tenait toujours son Beretta devant elle, prête à tirer si j’ouvrais le feu. Il y avait deux voix, ça j’en étais sûr, un homme et une femme. Visiblement, il ne devait pas se connaitre sinon ils n’auraient pas eu l’air aussi surpris. Le cri de la donzelle vrilla mes tympans pendant une poignée de seconde. Je restais déboussolé, mais continuant d’aller vers l’avant.

Finalement j’aperçus les deux personnes avant qu’elle ne cri comme une demeurer avant de s’évanouir. Je la regardais un instant avec un air de dédain que personne ne pouvait remarquer. J’inspirais un grand coup regardant la situation une seconde, il y a vraiment des cons dans la vie. L’homme ne me regardait pas son attention été alors tourné vers la fille inconsciente à quelques mètres de lui. J’aurais pu faire demi-tour et les ignorer, c’était ce que la petite voix dans ma tête me disait de faire, mais je devais me rattraper si je voulais que Dieu me pardonne alors je me contentais d’ouvrir ma bouche sur un ton plein d’ironie.

- Génial, maintenant on a le corps d’une fille inconsciente sur les bras, en sachant qu’elle a hurlé bien fort pour rameuter tout le quartier. Texas, je crois qu’on peut dire adieu à notre excursion tranquille pour aujourd’hui.

Ma voix était un peu étouffée par le casque que j’avais sur la tête, mais j’étais compréhensible malgré tout. Elle me planta son petit point dans les cotes comme si j’avais dit un truc qui ne fallait pas. Bon c’est vrai que j’étais un peu sarcastique, mais quand même. Elle devrait avoir plus de respect pour son géniteur surtout quand il était plutôt gentil. Je regardais un peu la fille sur le sol. Elle était armée d’un rouleau à pâtisserie, c’est vraiment moyen comme arme. Rien de mieux qu’une bonne arme à feu pour être efficace contre les narvalos. Comment avait-elle fait pour survivre seule aussi longtemps ? J’aurais pu poser la question, mais elle était inconsciente alors à quoi bon ? Je tournais alors mon attention vers le second homme de la pièce. J’avais sans doute l’air menaçant, mais ça n’avait pas vraiment d’importance pour moi. Comme j’avais pris la parole il m’avait remarqué, mais n’avait pas bougé, peut être que mon arme l’en dissuadait.

- Tu es qui toi ? Tu l’as connais cette barge ? Parce que bon crier comme une cinglée ça ne fait pas vraiment peur, en supposant que c’était son but. Tu vas me sauter dessus ou je peux rengainer ?

Je ne pouvais pas communiquer avec lui grâce à mes yeux ce qui me donnait un air encore plus inquiétant, je présume. N’importe qui dans sa position me répondrait qu’il n’était pas un danger. De toute façon dans l’immédiat il ne représentait pas du tout un danger. Sans que je m’en rende compte Texas était passé sur le côté pour rejoindre la fille au sol. Elle avait relevé sa visière ce qui permettait de deviner ses cheveux blonds et ses magnifiques yeux bleus.

- Regarde Papa, elle ne se bat qu’avec un rouleau pour faire des gâteaux. Ce n’est pas très fort comme arme, hein ?

J’étais en train de sourire dans mon casque à cause de la remarque de ma petite, je la trouvais toujours aussi adorable.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Dim 1 Mai 2016 - 18:59

Si Malorie avait découvert la présence de Tony avant cet instant, elle laissa néanmoins échapper un cri à son tour, quand ils se retrouvèrent face à face. Il y eut alors un court instant de flottement, avant que la jeune fille ne brandisse son rouleau à pâtisserie et se mette à lui hurler dessus. L'ancien professeur eut d'instinct un mouvement de recul, avant qu'il ne fronce les sourcils, les yeux écarquillés par la surprise. Imaginez donc le tableau. Une gamine qui ne devait pas avoir plus de 14 ans – oui Warrington n'avait jamais eu d'enfant et n'était pas un as pour évaluer ce genre de chose ! - en hystérie devant lui.

- Chnok ? Répéta-t-il, bêtement, le sourcil dressé juste avant que la demoiselle ne tombe dans les pommes et que Nans et sa fille n’apparaissent. Oui, surréaliste. L'homme resta une seconde interdit, les yeux posés sur l'adolescente, avant de se détourner vers les deux autres. Bras en l'air ! Oui, je fais souvent cette effet aux jeunes filles, dit-il avec ironie, pour détendre l'atmosphère alors que l'adulte pointait son flingue sur lui. Il força un sourire.

Derrière son casque de moto, le texan prit la parole et Tony put se décontracter légèrement. Certes, leurs positions – et leurs allures mystérieuses - restaient menaçantes, mais l'accent de Nans le rendait assez amusant. Puis son commentaire reflétait davantage sa lassitude qu'une quelconque agressivité. Il fallait dire que le cryptologue lui-même avait une certaine allure. Tout barbu qu'il était, il portait encore la fourrure de femme qu'il avait dénichée plus tôt dans l'hiver. Il s'en séparerait peut-être d'ici quelques semaines, quand les beaux jours se seraient définitivement installés. Mais pour l'instant, elle lui donnait un petit air de Liberace.

Nans reprit la parole et accentua son phrasé rustre. Cela tranchait particulièrement avec l'accent bourgeois, à consonance anglaise, de Warrington.

- Je suis Tony, répondit celui-ci. Echanté. Et oui... si vous pouvez baisser ça, ce serait très chouette ! Ce dernier mot sonnait un peu étrangement dans la bouche du vieil homme. Je ne vous ferai aucun mal. Et non, je ne la connais pas... j'espère qu'elle va bien...

Il profita que Nans abaisse sa garde, pour s'agenouiller près de la sauvageonne. Il sentit le souffle de sa respiration et lui tapota vaguement sur la joue. Il leva alors les yeux vers l'autre gamine, qui s'était approchée. Encore plus jeune, elle avait un visage angélique et sa remarque était en effet toute mignonne. Dire que cette môme avait dans les mains une arme à feu. Malou parut alors reprendre ses esprits et commença doucement à revenir à elle.

- Il n'y a pas de danger, répéta plusieurs fois le barbu, pour éviter que la jeune fille ne se mette de nouveau à beugler. Elle était très amaigrie et visiblement très faible. Il leva les yeux vers Texas et son père. Vous devriez enlever vos casques... Ça ne mettait effectivement pas en confiance ! Tu es en sécurité, on ne te veut pas de mal, ok ? On veut t'aider. Il parlait de manière convaincante et planta ses yeux noisette dans ceux de Malorie. Elle devait le croire.

Avec tout ça, personne ne s'était demandé ce que lui-même faisait là ! Et Mani aussi dans tout ça ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Lun 2 Mai 2016 - 11:58

Après le trou noir, Malorie revenait doucement à elle. Le sang affluait à nouveau; elle avait l'impression d'avoir des fourmis dans tout le corps, un sifflement assourdissant dans les oreilles et d'entendre des voix comme si elle était au fond d'un aquarium. Lentement elle ouvrit les yeux.
Encore faible elle ne bougea pratiquement pas, hypnotisée par le regard du vieil homme et la vision d'un ange casqué à ses côtés.

Ce moment ne dura pas longtemps; très vite la conscience lui revint et elle s'assit en passant une main impatiente sur son front; elle se sentait faible et grelottait de froid malgré son pull et son perfecto élimé.
Elle dévisagea la petite fille, toisa avec étonnement son arme à feu et leva à nouveau la tête vers le sexagénaire qui lui sussurait d'une voix chaude et réconfortante de faire confiance.

Faire confiance...
L'espace d'un instant, elle s'y laissa prendre, tant elle aurait aimé que cela puisse être possible et planta ses yeux bleus où se lisait encore une naïveté toute enfantine dans ceux, noisette, pétillants, presque malicieux, du professeur.
En cet instant, elle aurait adoré lâcher prise et se blottir contre le manteau de fourrure de cet homme d'âge mûr; se laisser guider, emporter par lui vers un monde meilleur...
Mais entendant un léger bruit derrière elle, elle se rembrunit, se raidit, attrapa son rouleau à pâtisserie et se leva en titubant avant de se tourner vers le Texan.

Celui qu'elle découvrit – arme baissée, en train d'ôter son casque - n'était pas vraiment à l'image des descriptions de son frère sur les habitants de l'Etat abhorré: il n'avait pas l'air abruti, ne sentait pas la bouse de vache et ne ressemblait pas à Trump. N'empêche. Elle resterait désagréable pour le principe !
Vous êtes qui, vous ? Lança t-elle à la ronde sur un ton agressif, qu'est-ce qui me prouve que vous n'êtes pas venus là pour piquer mon sac à dos ?
La voix était si dure pour quelqu'un qui ne semblait pas avoir plus de douze ou quatorze ans, tenant à peine debout sur des jambes maigres comme du fil de fer, qu'elle tomba comme un couperet au beau milieu de la pièce silencieuse.
Elle-même surprise par cet écho, sentant la jeune enfant sursauter dans son dos, elle se tourna vivement vers elle, la détailla et s'adoucit, un peu honteuse de sa réaction.
Moi c'est Malou... Lui dit-elle gauchement.
Puis reprenant son air mal aimable et provocateur elle ajouta à l'intention des deux adultes:
J'étais venue ici pour me laver, c'est tout !... Et vous ? Pourquoi m'avez-vous suivie ?

Toujours pleine de méfiance, elle écouta les réponses avec attention mais quand chacun lui eut narré sa version, elle baissa un peu la garde; la tension était trop épuisante; seule depuis trois semaines, elle avait besoin de communiquer son désarroi et sa quête; aussi, sur un ton plus doux elle raconta:
je viens de la banlieue sud et je... Je me suis perdue; je n'ai pas l'habitude de sortir, je ne connais rien de la ville...
En fait, je cherche mon frère.

Elle se baissa, fouilla dans son sac, en sortit une photo de médiocre qualité où l'on pouvait y voir un jeune homme d'environ 20 ans, grand, dégingandé, le visage tout sourire, les yeux vert très doux et des cheveux châtain foncé, bouclés.
Il s'appelle Erik Erikson, ajouta t-elle en présentant le tirage; vous l'avez vu ? ou.... Croisé quelque part ? Disons que... Il est parti de chez nous parce qu'il voulait aider les autres, voilà.

Après s'être ainsi confiée, elle recula comme si elle allait recevoir un gifle, comme un animal sauvage regrettant d'avoir osé faire un pas en direction d'inconnus.
Avait-elle eut raison de faire confiance ?
Pleine d'incertitude, une bouffée d'angoisse monta, la faisant transpirer malgré ses frissons d'hypothermie.
Cette vague de chaleur soudaine ne fit qu'empirer son odeur corporelle: l'espace fut progressivement envahit d'un fumet se composant d'exhalaisons de pourritures, de cadavre, de poisson pourri, à l'instar de l'infâme bouquet qui vous prend à la gorge quand vous pénétrez dans une décharge à ordures.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Chien perdu sans collier   Aujourd'hui à 2:55

Revenir en haut Aller en bas
 

Chien perdu sans collier

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 5Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

 Sujets similaires

-
» Chien sans collier
» SOS :Hugo coton de Tulear 5a battu et séquestré ADOPTE
» on recherche un foyer pour Pepito
» TITI chiot croisé 3/4 mois SCP Garéoult (83) ADOPTE
» THAI 12 ANS CH ADOPTANTS OU FA URGENT ASL SANDRINE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-