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 Fly Me To The Moon... feature Breann Yates

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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Dim 15 Mai 2016 - 13:57

Je me sentais bien à ses côtés, ce soir avait décidemment quelque chose de magique. Tout était parfait, l'ambiance, la nourriture, la compagnie... Je ne pourrais être mieux. Et dire que j'étais en plus littéralement couverte de compliments d'une honnêteté si touchante ! Dans ses yeux, j'avais l'impression de briller de mille feux. J'avais l'impression d'être une personne formidable, pas parce que je faisais de mon mieux pour être utile aux autress, mais simplement parce que j'étais là, j'existais. C'était un sentiment confus et nouveau pour moi, mais dont j'étais extrêmement reconnaissante. Jamais encore je n'avais eu le sentiment d'être si particulière, si... capitale. Alors que mon rossissement empirait, je me mordis la lèvre inférieure, brusquement troublée : pouvais-je vraiment me sentir si spéciale ?

Après tout, je savais bien que Robert n'avait pas particulièrement d'expérience avec la gente féminine... Si n'importe quelle autre femme avait accepté de vivre auprès de lui, aurait-elle eu droit à la même adoration ? Je n'étais pas si spéciale que ça après tout... Robert me voyait au travers d'un filtre coloré de rose, peut-être parce que j'étais la seule célibataire disponible de ce nouveau foyer. C'était une réaction normale et naturelle pour un homme. Dès qu'il s'agit d'attirer quelqu'un dans leur lit, ils deviennent subitement de fins stratèges ne reculant devant aucun sacrifice. Mue par l'instinct, je me plongeais dans son regard, à la recherche de la moindre petite lueur de calcul. Ma recherche fut vaine : je ne vis que de la franchise et de l'adoration. Ses yeux bleus me faisaient vivre une foule d'émotions contradictoires, qui voyaient mes pensées se dérouler à toute vitesse. Je pensais trop, beaucoup trop... Et lui en face restait le même, ouvert et presque serein, l'éclat d'admiration dans ses yeux ne faiblissant pas un instant.

Pour dissimuler mon trouble, je me concentrais sur le plat qu'il m'avait si gentiment préparé, appréciant les saveurs auxquelles je n'avais pas eu droit depuis une éternité. On a beau dire, les boites de conserves matin, midi et soir, au bout d'un moment, ça devient très vite lassant. Et mon côté végétarien ? Puis-je seulement me permettre de faire la fine bouche pendant une telle période ? Sans viande, on ne va pas loin, surtout lorsqu'on n'a pas accès aux autres subsituts. J'aurais l'air de quoi si je demandais aux autres s'ils n'ont pas trouvé du tofu alors qu'ils se réjouissent d'avoir attrapé des lapins ou des poissons ? Non non non, je reprendrai mes bonnes habitudes lorsque les choses seront revenues à la normale, pas avant.
Et alors que je plongeais le nez dans mon assiette, il continua à me lancer une foule de compliments, couvrant finalement l'importance de ses paroles. Robert m'avait assez peu parlé de sa famille, il s'était revélé relativement secret à ce sujet. Me doutant que cela devait lui être douloureux, je n'avais pas osé insister pour obtenir plus d'informations. Il gérait d'une autre façon ses deuils et la distance. Moi j'avais besoin d'en parler dès que possible, donnant un ou deux détails pour me les rendre plus tangibles. Je chérissais tout ce qui me rapellait mes parents, mes amis, ma vie d'avant, les rescussitant en parlant le plus possible d'eux, par peur d'oublier, tout comme je me répétais tous les matins les banalités de ma carte d'identité. Qu'il évoque finalement Sandra, sa nièce, un peu plus devant moi me fit plaisir.

« Ne penses surtout pas que tu déranges en chantant, c'est tout l'inverse, tu- »je me coupais brusquement en sentant sa main faisant sans difficulté le double de la mienne se poser sur elle. Je rougis franchement. C'est qu'il prenait de l'assurance, notre géant ! Ce contact innatendu me rendait aussi timide que lors de mon tout premier rendez-vous, ce qui était idiot, puisqu'à proprement parler, ce n'était qu'une caresse des plus innocentes. Et j'ai eu suffisamment de rendez-vous comme ça pour ne pas perdre tous mes moyens face à ça ! La bouche entre-ouverte, je perdis néanmoins le fil de mes pensées, ce qui m'empêcha de continuer. A la place, ce fut Robert qui reprit, en je lui en fus reconnaissante, cela me laisserait le temps de reprendre un minimum d'aplomb. Enfin tout de même, c'est lui qui est censé n'avoir aucune expérience en la matière, pas moi ! Et certes, il est passé à l'attaque juste après m'avoir annoncé que j'étais l'une des priviligiées à pouvoir l'écouter, mais ça ne devrait pas me faire autant d'effet, merci bien !

J'en restais pourtant toute chose, lui répondant d'une voix bien plus ténue qu'auparavant alors qu'il portait nos assiettes vides vers l'évier. « J'en serai ravie... S'il n'y a que ça pour te rassurer, je peux bien le faire... Et ne dis pas que tu es con, s'il te plaît. On sait tous que c'est faux, sinon tu ne serais plus là. » Au fur et à mesure de mes phrases, j'avais repris mon aplomb naturel, à mon plus grand soulagement. C'était peut-être dû à la chaleur perdue sur ma main. « Je dessinais des comics... J'ai toujours préféré le papier au digital, c'est plus agréable de vraiment « toucher » son matériel je trouve. Sentir le poids du crayon dans ma main m'aide aussi à me concentrer, je suis quelqu'un de vraiment tactile en fait ! Oh, vas-y, je ne bouge pas. »Je rougis alors que mon cerveau m'offrait gracieusement des tas d'interprétations possibles à mon amour du tangible. Je baissais la tête, pivoine et mortifiée, lorsqu'il déposa près de ma main un nouveau cadeau. J'allais lui être redevable pour vingt ans... Je relevais lentement les yeux vers lui, incrédule. Y'avait-il une chose à laquelle il n'avait pas fait attention ? Alors qu'il rajoutait rapidement d'une écriture mal assurée quelque chose sur un bout de papier, je le considérais avec tendresse, émue de le voir accorder autant d'importance à une foule de petits détails me concernant. C'était trop, je ne le méritais pas... Jamais on n'avait été aussi attentif envers moi, je m'en sentais gênée.

La gorge serrée, il m'expliqua à qui appartenait tout ça avant. Ma propre gorge se serra. Il ne pouvait pas... Pas à moi, c'était à sa nièce, c'était horriblement précieux pour lui... A ma grande honte, je sentis une larme perler au coin d'un œil. Je fus incapable de lui répondre avant qu'il ne me tourne le dos et parte s'occuper de la suite du repas. Dissimulant au mieux un petit reniflement, j'essuyais rapidement mes yeux, attentive à ne pas abimer mon maquillage et surtout, à effacer toute possible trace de leur passage. Je me sentais installée sur un piedestal que je ne méritais pas. Robert m'offrait quelque chose à la valeur inestimable pour lui s'il l'avait gardé alors qu'il n'en faisait rien... D'un geste doux, je caressais la boite puis le carnet, appréciant le toucher du papier. Dire que tout cela avait appartenu à quelqu'un de si important pour lui... Je me promis de prendre soin du géant comme elle avait dû le faire. Et je pouvais lui offrir quelque chose de plus qu'elle.

Je l'observais un court instant d'un œil neuf. Je savais quoi faire, ça, c'était dans mes cordes. Je me levais sans bruit et l'obligeais à poser ses ustensiles. Je me juchais sur le plan de travail pour pouvoir toucher ses joues rendues piquantes par le début de barbe de mes deux mains. D'une voix douce, je lui dis : « Robert... Merci pour tout. Je suis extrêmement touchée par tout ce que tu fais pour moi et je sais... je sais aussi ce que tu ressens pour moi. Et j'en suis flattée, je t'assure ! Mais tu me juges mal, tu n'as pas assez d'équivalents... Je ne suis pas parfaite, j'ai de nombreux défauts. Je m'énerve vite, trop vite, je suis rancunière, je suis volage... Je... Je peux t'offrir mes nuits, si c'est ce que tu veux, et ça t'aidera pour la suite, j'en suis certaine. Mais ne tombes pas amoureux de moi... Tu seras forcément déçu. » Je caressais du pouce l'une de ses joues, lui souriant gentiment, sûre de moi. Même si cela n'atténuait pas le pincement douloureux au cœur que je ressentais. « Et ça me peinerait immensément de te faire involontairement du mal. Alors... Essaye de m'en vouloir le moins possible, d'accord ? » Ma voix se brisa malgré moi sur les derniers mots. Je ne savais pas exactement ce que je ressentais pour lui, mais je me refusais de le blesser à cause de ma maladresse.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Lun 16 Mai 2016 - 8:35

Émiettant les morceaux de chocolat, aliment d’une rareté infinie de ce temps trouble, le géant n’entendit aucunement les pas furtifs de l’ange. Les mains graciles et si douces de l’être de lumière se déposèrent sur celle rugueuse et scarifiée de l’homme difforme. Le couteau tomba  sur le plan de travail avec un claquement métallique. S’assoyant sur le comptoir tout près du colosse, Breann envouta l’âme de Bobby comme une flamme d’une bougie attirait le papillon de nuit. Les doigts au toucher si céleste vinrent alors se poser sur les joues mal rasées de l’homme. Les yeux exorbités par la surprise, confus par ce geste tant désiré, mais qu’il croyait impossible, Robert se pétrifia un instant. Tant de pensées se bousculèrent dans son esprit lent, tant de rêves se concrétisèrent dans son subconscient.  Le souffle court, il écouta chaque parole chantée, véritable musique pour le cœur et l’âme du golem de chair. Le roulement du pouce de l’ange au regard de saphir était comme une eau fraiche sur la brulure de sa laideur. Souriant doucement, tendrement aux déclarations de l’être qui illuminait sa vie depuis quelques mois, le colosse colla son front sur celui de son amie. Le contact, électrique et tiède comme un amour naissant ou bien la soudaineté d'un orage d'été, se propagea dans leurs âmes respectives. Les deux pouvaient se noyer dans le regard de chacun.

Robert- Merci Breann… Euh… Je ne pensais jamais qu’un ange voudrait passer ses nuits avec moi.

Un maelstrom d’émotion envahit alors le regard océanique, déchainant des passions et des inquiétudes chez le mineur. Amour, affection, doute, peur, admiration, tendresse et hésitation. Imitant le geste de celle qui avait fait naître tant de papillons dans son cœur, déclenché des paroles lyriques et qui ne pensaient jamais prononcer, la voix du colosse se transforma en un cours d’eau tranquille et apaisant. Les mains rugueuses du géant se déposèrent avec hésitation sur les pommettes parfaites de la jeune femme. Une chaleur exquise et duveteuse, semblable à ce qu’il avait ressenti quelques instants plus tôt, se dégageant de la douceur de ce toucher innocent.

Robert- Je crois que tous les hommes donneraient tout ce qu’ils possèdent pour être à ma place… Euh… Mais tu as tort Breann… Euh… Tu es parfaite dans ton ensemble, tout de cœur et d’âme… Euh… J’essaie de trouver les bons mots, je suis pas fort pour ça tu sais.

Une rougeur presque écarlate avait atteint le visage entier de l’homme difforme.

Robert- Tu as réussi là où aucune personne n’avait osé se rendre… Voir de l’autre côté et oser toucher le monstre… Euh… J’adore quand tu ris, car tu fais comme le soleil. Tu es une lumière magnifique. J’aime toutes les facettes de ton âme… Euh… Tu es peut-être ce que tu dis, mais si je n’aime pas tes défauts comme tu le dis, je ne pourrais pas aimer l’ensemble de Breann.

Faisant rouler délicatement son pouce sur la peau satinée du visage qui faisait chavirer son cœur chaque jour depuis la nuit infernale de la bibliothèque, Bobby avala sa salive.

Robert- Tu m’as accepté comme je suis et je te suis reconnaissant tu sais… Euh… Comme disait ma nièce, la perfection n'existe pas... Euh... Seulement dans le regard de celui qui t'apprécie. Les nuits c’est pour dormir?

Un petit sourire s’apposa sur les traits atypiques du géant, laissant transparaître la pureté de son âme et l’humanité profonde qu’il abritait.

Robert- Tu sais que j’aimerais m’endormir avec toi, discuter de tout et de rien… Euh… Se souhaiter bonne nuit et se réveiller pour se dire bonjour. Pas juste faire tu sais…

Le rouge passa à l’écarlate et il toussa un peu pour essayer de reprendre une contenance. Trouvant le courage dans l’éclat merveilleux et envoûteur des yeux de l’ange chuté du paradis, le mineur continua de parler. Chacun de ses mots semblait prendre naissance dans son cœur et sortait librement de ses lèvres. Si Bobby avait essayé de penser, il aurait surement pris la fuite devant la paniquer de ses propos et de sa proximité avec un être céleste.

Robert-  J’aimerais être avec toi pour rire, chanter, faire un pied de nez aux méchants et aussi être dans ta vie… Euh… Triste ou joyeux. J’aimerais être près de toi tu sais… Euh… J’ai jamais été amoureux tu sais. Mais ma sœur et ma nièce m’ont dit des choses là-dessus.


Le regard dans la vague, le géant récita les paroles qui étaient gravées dans sa mémoire. Même les voix fantomatiques de ses anges disparus résonnèrent dans son esprit en diapason à son ton lent et traînant.  

Robert- Elles m’ont dit qu’un jour j’allais rencontrer quelqu’un qui fera naître des papillons dans l’estomac. Que je me sentirais bien avec et qu’elle me regarderait avec des yeux différents des autres gens. Qu’elle se soucierait autant de moi que moi d’elle… Euh… Tu vas jamais me décevoir, tu sais, Breann.

Enlevant avec peine sa main droite de la joue de l’ange, il saisit délicatement le poignet de la journaliste et le plaça sur sa poitrine surdimensionnée. Au travers de l’armure de tissus qui cachent la laideur de son corps repoussant, la jeune femme pouvait sentir chaque battement affolé d’un cœur si pur et amoureux. Souriant tendrement, le géant ajouta d’une voix cassée par une émotion débordante.

Robert-  Je ne pourrais jamais te vouloir de quoi  ce soit… Euh… Je ne pensais jamais dire autant de trucs de ma vie. Je ne sais pas ce que c’est être amoureux, mais avec toi je me sens bien… Des papillons aussi... J’ai même pensé à une chanson pour toi… Euh… Tu veux l’entendre après le dessert? On pourrait même danser si tu veux… Euh… J'ai jamais pu toucher quelque chose d'aussi doux que ta joue de ma vie tu sais.

Durant tout cet échange, le souffle chaud  de Robert avait balayé les doutes de la sincérité et de la pureté des pensées qu’il portait envers l’ange au regard de saphir. N’importe quel homme auraient préférer ne rien dire et accepter la proposition des nuits avec une déesse rayonnante du type de Breann. Mais avant le corps de rêve de la journaliste, la bête était tomber amoureux de l’âme de la belle…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Dim 22 Mai 2016 - 15:46

Je laissais son regard me happer toute entière, suspendue à ses lèvres. Pourquoi est-ce que ces mots que j'avais tant désiré entendre de la bouche de Dylan sortaient de la sienne ? Comment pouvait-il savoir exactement lequel prononcer pour me toucher aussi sûrement qu'une flèche ? Je fermais les yeux, incapable de soutenir l'intense émotion se dégageant des siens plus longtemps. C'était quelque chose de rêver entendre ce genre de discours, et autre chose que de se le voir déclarer dans la réalité. M'aimer toute entière, telle que je suis... Et je savais qu'il en pensait chacune des paroles, son honnetêté désarmante n'étant plus à prouver. Il ne pourrait pas mentir même pour se sauver la vie. Cela rendait cette déclaration d'autant plus précieuse.

Les larmes arrivèrent, bien sûr, et je les repoussais avec hargne. Non, je n'allais pas pleurer quand même, il ne manquerait plus que ça ! Même si ses mots résonnaient en moi avec énormémement de force, me laissant sans voix, incapable de formuler quoi que ce soit. Que répondre à ce genre de consécration ? Le portrait qu'il faisait de moi était celui d'un ange, et moi je n'étais qu'une femme, même pas vraiment louable. Je mentais, je trichais, je séduisais, tout ça pour mon propre bien. Oh, je tentais bien d'être quelqu'un de serviable et agréable, mais je trouvais ça normal, je n'avais même pas l'impression de faire un véritable effort, était-ce bien normal d'autant m'encenser ?

Je souris de son innocence lorsqu'il me décrivit son idée des nuits que je lui proposais, touchée par ce romantisme. Tous les autres se seraient jetés sur cette proposition sans même réfléchir, sans me chuchoter rien d'autre que les compliments et les mots d'amour d'usage, simplement satisfaits de se voir autoriser l'accès à mon lit. Robert, le simple Robert, voulait simplement passer le plus de temps possible avec moi, simplement parler et apprendre à se découvrir. Tomber amoureux, hein... Je pensais savoir ce que ça faisait. Je pensais que ça ne tournait qu'autour de la passion, de ce brusque désir pour un autre corps, de ces frissons et ces battements de cœur désordonnés en bravant les interdits ensemble. Ce sentiment qui vous donne envie de dévorer l'autre tout entier, qui vous enflamme et vous laisse ensuite ramasser les cendres, pleurant ou non, blessé à vie ou seulement pour une certaine période de temps. Pour moi, l'amour se résumait à ça.

La douceur de Robert me prenait de court. Sa description de l'amour était d'une simplicité enfantine, mais je me fis la réfléxion que si plus de gens le définissaient ainsi, il y aurait bien moins de cœurs en peine dans le monde. C'était simple et pourtant, ça couvrait entièrement le sujet. Je laissais sa grande main saisir mon poignet et poser la mienne sur son cœur, dont je pus sentir les battements désordonnés, aussi rapides que les miens. Au moins, je n'étais pas la seule à être affreusement touchée par la situation, pensais-je avec un petit sourire en coin, légèrement rassurée par ce constat.

Je voulus parler, mais les mots restèrent coincés dans ma gorge. Alors pour ne rien risquer, je me contentais d'acquiescer de la tête à sa proposition de chant, curieuse, touchée et gênée de susciter de tels sentiments de sa part. Une chanson d'amour pour moi... Je n'y avais pas eu droit depuis mon adolescence et ce garçon qui était venu jouer de la guitare sous ma fenêtre suite à un pari. Mon sourire s'agrandit à ce souvenir, alors que je superposais l'image de Robert sur celle du garçon. Robert, Roméo... Il n'y a pas grand chose à modifier. Alors cela faisait-il de moi Juliette ? Une Juliette moins sainte-nitouche, c'était certain... Détendue par un soudain amusement, je récupérais ma main du poitrail imposant de mon compagnon et la posais de nouveau sur sa joue. Moi, je n'avais jamais touché une peau aussi dure et blessée que la sienne. Nous avions mené deux vies bien distinctes...

« Robert... Sais-tu pourquoi je t'appelles Robert et pas Bobby ? » demandais-je soudainement, complètement hors de propos, et j'y répondis avant qu'il ne puisse le faire. « Parce que Bobby, pour moi, c'est le simple géant, alors que Robert, c'est l'homme qui se cache derrière cette apparente simplicité. Tu es plus que tu ne veux bien le montrer. Tu vois des choses qui échappent complètement aux autres. Personne... Personne ne m'avait rien dit d'aussi touchant jusqu'à aujourd'hui. » Je baissais les yeux, prise d'une soudaine pudeur. « Alors... Merci beaucoup, Robert. Je n'oublierai jamais. » Je me surélevais tout à coup, effleurant ses lèvres séches des miennes. Il était grand temps qu'il ait droit à son premier baiser, non ?

Ce fut très bref, je n'osais rien de plus que ce simple baiser-papillon, rendue trop confuse par ses paroles précédentes pour faire plus. Je me poussais rapidement, les joues roses, un sourire que je qualifierais volontiers de niais sur les lèvres. D'une voix mutine, je revins sur le dessert qu'il m'avait promis. « Tu sais que le chocolat est un aphrodisiaque, Robert ? Tu avais prévu quelque chose ? » Que voulez-vous, on ne change pas des années d'habitude comme ça.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Lun 23 Mai 2016 - 14:19

À la fin de son parcours linguistes des plus erratiques, le géant se tut enfin, l’anxiété lui nouait littéralement les tripes. Continuant à rouler son pouce rugueux et ignoble sur la splendeur de la pommette satinée de l’ange en face de lui, essayant de se convaincre que ce n’était pas un rêve, Robert avala sa salive. Sa pomme d’Adam remontait et descendait rapidement, véritable yo-yo organique dans la gorge immonde du substitut d’homme qu’était le mineur.  Le cœur de l’homme difforme cognait avec une telle intensité dans la poitrine de Bobby qu’un peu plus il allait perforer la chair pour s’envoler au travers de la pièce. Sur le moment il se traitait d’imbécilité sur deux jambes. D'être mit son âme à nue de la sorte devant une beauté qui pouvait avoir n’importe quel homme en claquant des doigts. Il était sur et certain que la magie de l’instant allait se s’envoler comme les pédales d’une rose prise dans un maelstrom subit.  La main de Breann quitta le poitrail sanctifié de la bête, s’épargnant surement ainsi du tambour désordonné de son amour naissant. Un instant de panique, qui aurait pu durer mille ans, s’installant dans le subconscient de Robert. Il était persuadé que l’ange au regard envoutant avait repris ses esprits, que sa compassion envers lui venait de prendre fin. Mais la chaleur bienfaitrice de la main gracile de l’être de lumière se posa de nouveau sur la joue piquante due à la barbe naissante du colosse. Écoutant les mots poussez par le souffle chaud et merveilleux de la journaliste, un peu comme si le vent d’été venait caresser l’horrible faciès pour le soulager du fardeau de sa laideur. Il ferma alors les yeux à moitié, laissant la beauté lyrique du message de celle qui lui faisait vivre tellement d’émotions en cet instant annihiler les doutes comme une pluie divine venait d’éteindre les débuts d’un incendie de doutes dans le cœur de la bête.

Et alors la congrégation de tous les rêves les plus fous du mastodonte se matérialisa subitement. Des lèvres pleines, douces comme la rosée matinale et ayant la saveur du miel pur, s’appuyèrent avec une tendresse infinie sur les celles du géant complètement médusé. À cet instant précis, la terre sembla arrêter sur elle-même de tourner pour permettre à Robert de graver cette esquisse sublime dans le roc brut de sa mémoire. Qu’il vive cent ans et ce sera la première image qu’il pensera dès qu’il sera question d‘un aperçu du paradis et de l’existence possible des anges.  Il sentait maintenant l’envolée des papillons se propager dans son corps tout entier, transformant ses sens et laissant une pointe de bonheur illuminer son âme si pure, mais si vulnérable. C’était comme si  les blessures, les cicatrices affreuses qui parsemaient son cœur venaient d’être recouvertes d’un baume qui s’appelait amour.  Il sut à cet instant que la lumière de sa vie, le phare qui allait le guider lors de ses naufrages sur la mer des doutes et des incertitudes sera Breann. En plus de se trouver une famille, une raison de se lever chaque matin pour affronter cette folie ambiante, le monstre de foire venait de découvrir un être merveilleux qui sera pour lui comme lui sera là pour elle. De contempler l’océan bleuté des yeux de son ange et d’y lire l’affection et l’amour qu’elle semblait lui porter, Robert ne pouvait l’aimer encore davantage.

Quand le baiser prit fin au bout de quelques instants, qui parurent infiniment trop courts à Robert, le monstre de foire avait la mâchoire tombante. Il resta dans cette position quelques secondes, le temps que le monde veuille bien continuer à tourner. Reprenant lentement ses sens, il sourit devant la remarque de la belle. La bête n’avait aucune idée de ce qu’il allait se passer par la suite. À la base il ne voulait que faire plaisirs à Breann, voir la magnificence de son sourire et lui dire dans un sens qu’il tenait à elle par-dessus tout.  Ne voulant pas que l’étreinte prenne fin, rosissant autant que la divine apparition qui venait de sauver son âme en perdition, le monstre de foire s’approcha doucement. Enserra de ses bras immenses la frêle silhouette assisse sur le plan de travail, le visage de l’homme se rapprocha avec  lenteur. Les traits atypiques du géant trahissaient son appréhension d’être si près de celle qu’il aimait, mais aussi toute son affection. Se donnant un coup de pied mental pour terminer le trajet qu’il avait entrepris, les lèvres exsangues du colosse se positionnèrent près de l’oreille de la journaliste.La voix chaude du golem de chair vibrait d’une tendresse, d’une affection et d’une honnête sans borne quand il murmura quelques mots dans le creux de l’oreille de sa cavalière.

Robert- Pour moi tu seras toujours gravé dans ma mémoire… Euh… Comme ma famille l’est.

Cette comparaison franche et honnête démontrait tout l’amour que la bête portait à la belle. Pour lui sa famille comptait plus que sa vie elle-même et la journaliste savait maintenant qu’elle était le centre de l’univers, le soleil et les étoiles de Robert. Elle était tout simplement un ange aux yeux océaniques du mastodonte. Se surprenant lui-même, c’était l’avant-première pour bien des rêves du colosse, Bobby déposa ses lèvres exsangues sur la pommette satinée de l’élue de son cœur. Ce baiser était l’image même de celui qui l’avait produit : un peu gauche, un peu maladroit et démontrant l’inexpérience de l’homme en la matière. Mais en contrepartie, la légèreté, la douceur, la tendresse et l’affection témoignaient de la pureté de cet acte que le mineur n’aurait jamais osé faire avant aujourd’hui. Sentant les bras de Breann autour de son cou, le géant passant un bras de la largeur d’un petit tronc d’arbre sous les genoux de l’être lumineux et l’autre bien en appuie dans le dos de celle-ci. Un sourire immense et franc ornait maintenant le visage de l’homme.

Robert- Tiens-toi bien ok? Je t’amène à la table…

Soulevant l’être divin, à l’apparence si fragile, mais à la volonté si forte, dans ses bras massifs et réconfortants, Robert se dirigea vers la chaise de celle-ci. C’était qu’une dizaine de pas, mais le géant aurait tellement voulu que ce soit pour l’éternité. Il ne s’était jamais senti aussi bien, aussi épanoui qu’à cet instant. Sentant le cœur de Breann cogner aussi fortement que le sien dans sa poitrine, le mineur fut médusé de sentir le tempo frénétique se concorder au sien. Telle une symbiose magnifique, deux âmes qui semblaient s’être trouvé et qui ne faisaient qu’une au nom d’un amour naissant. Le sourire éclatant, les yeux bleus débordant de luminosité tel un ciel rempli d’étoiles filantes n’étaient que des indices pales des puissantes émotions qui habitaient l’homme. Partit l’être affreux et mal dans sa peau. La beauté intérieure, véritable adonis d’humanité et de bonté, se découvrait pour la première fois au visage du monde. Déposant l’ange sur sa chaise comme le ferait un nouveau marié qui venait d’atteindre le lit nuptial avec sa dulcinée, avec une tendresse et un amour si palpable.

Robert- Je reviens avec la fondue Breann.

Tout guilleret, le mastodonte retourna à la cuisine finaliser le dessert.  C’était comique de voir, cet être à la corpulence extraordinaire et au pas chaloupant d’ordinaire, se déplacer presque par petit bond de bonheur. Revenant en vitesse vers la belle attablée, le colosse plaça le couvert et s’assit de nouveau en face d’elle. Souriant d’une oreille à l’autre, le géant se confessa.

Robert- Tu sais Breann que c’est depuis la bibliothèque que je sens des papillons avec toi… Euh… Je ne voulais pas t’en parler, car je croyais que tu ne voudrais pas le savoir tu sais… Euh… Je suis heureux d’avoir trouvé le courage de la faire... Euh... Aussi peut-être que je vois des choses car je regarde pas juste avec les yeux comme beaucoup de gens je crois. J'écoute mon cœur et mon âme... Euh... Comme toi tu as écouté le tiens j'en suis sur. Bon appétit.


Il avait essayé d’imiter les mots en français que la journaliste avait dit un peu plus tôt. Mais l’effet fut des plus drôles dit dans la bouche qui semblait en permanence remplie de cailloux de l’homme. Riant un peu de sa bévue. Le mineur posa après quelques bouchées chocolatées une question qui lui remuait les méninges.

Robert- Euh… Ça veut dire quoi aphrodiaque… euh… afro… Le truc que le chocolat fait? Aussi je voulais te faire sourire... Euh… Je sais que tu aimes le chocolat et un jour tu as dit que tu aimerais manger des fruits. Quand j’ai trouvé la conserve, j’ai pensé à ça pour toi… Je sais pas trop pour la soirée je pensais te demander ce que tu aimerais faire après la danse tu sais…

Une lueur rougeâtre alluma le feu intérieur et la gêne du géant. Combattant pour ne baisser les yeux en entendant l’explication de la merveilleuse jeune femme, le colosse se mit un doigt dans le collet pour essayer d’avoir un peu d’air frais. Tout à coup un calme apparut, comme être au plein milieu de l’œil d’une tornade d’émotion se plaça au-dessus du géant troublé. Une main gracile et douce, celle qui le mettait dans tous ses états, venait de se poser sur la paluche de l’homme. Un apaisement instantané, une sorte de délivrance de son angoisse, se produit dans la tête de Robert.  La créature dit dans un murmure, un souffle une confession.

Robert- Euh… J’ai jamais rien fait, avec une dame tu sais… Euh… Même pas vu une femme nue même si je travaillais dans un bar où elles dansaient souvent nues pour les hommes. Tu es la première qui m’embrasse sur la bouche et je peux te dire que c’est encore plus doux que ta joue…


Voyant la lueur inquisitrice se refléter dans les yeux saphir de l’ange, Bobby fit un petit sourire où la franchise était présente. Sentant une légère pression sur sa main, comme pour permettre au simplet géant de revenir sur terre, l’homme regarda dans les yeux la journaliste.

Robert- Ben je travaillais là après mon chiffre à la mine… Euh… Surveiller la porte et avoir l’air méchant pour empêcher des problèmes… Euh. J’ai jamais entré dans le bar tu sais. C’était  pour payer les soins de Sandra et aussi pour économiser pour son cadeau… Euh… Un voyage à Disney. Elle voulait absolument que je sois là avec elle… Euh… Elle se foutait que les gens nous regardent bizarre. Je ne voulais pas qu’elle se sente mal et elle m’a dit que c’était quand j’étais pas là qu’elle se sentait mal… Euh… Elle s’ennuyait de son Nounours. Tu veux voir leur photo?

Sortant de sa poche de chemise la double photo plastifiée, il la tendit à l’ange au regard envoutant après avoir caressé les visages de ses chers disparus du pouce.

Robert- Sandra et ma sœur Rosalie… Euh… Je gardais ma sœur quand notre mère avait trop pris de boisson ou de médicaments. À six ans elle me lisait les histoires pendant que je la bordais. Ensuite Sandra a écrit des chansons. Elles étaient si belles et intelligentes… Euh… Contraire de moi… Euh… Les hommes Smith sont pas des lumières, tu sais.

Riant un peu de son autodérision, le géant prit alors la photo et la main de Breann par la même occasion. Il voulait juste la remercier d’être là, avec un monstre que la société avait rejeté. Portant la peau diaphane à ses lèvres, il posa un baiser chaste et tout en douceur. Regardant  la jeune femme dans ses yeux, se noyant dans l’océan de sa beauté et sa gentillesse, le mineur eut toute la misère du monde de parler.

Robert- Tu veux me parler de toi? Si tu veux que je te parle d’un truc, ce sera avec plaisir… Euh… Mais après si tu veux j’aimerais bien danser… Euh… Selene m’a montré comment tu sais… Euh… Jamais danser avant. Jamais été dans un bal, personne voulait me voir là… Euh… Mais j’imaginais qu’une étoile dans le ciel voulait danser avec moi… Euh… Elle se transformait en une dame si belle et dont l’âme m’aveuglait… Euh… Comme toi depuis que je connais. Tu es une étoile? J’en suis sûr…

Pareil discours dans la bouche d’un autre homme aurait pu sembler enjôleur ou bien seulement destiner à impression l’ange pour gagner ses faveurs. Mais dans les yeux de la bête, il N’y avait qu’une tendresse, une affection et une sincérité touchante et une honnêteté sans borne.  

- Photo de Rosalie et Sandra

- Photo Sandra



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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Mer 15 Juin 2016 - 12:01

En riant, je me laissais de nouveau entraîner vers la table de la cuisine, surprise de me sentir de me sentir si légère et détendue dans les bras de mon géant. Oh, voilà que je commence à user du possessif maintenant... Il y a tout de même une limite à ne pas franchir, Bree, ce n'est pas vraiment la meilleure époque pour débuter une romance. Enfin, on pourrait le dire de toutes les époques lorsqu'on prend la peine d'y réfléchir, il y a toujours une menace oppressante sous laquelle la race humaine doit vivre. Cette fois-ci, elle est un peu plus... mordante. Ouch, ce trait d'humour lamentable, je vais le garder seulement pour moi. C'est le genre où on sourit par pitié pour la nullité du trait, incapable de croire qu'on ait pu le faire.

Robert me reposa avec douceur sur ma chaise, presque attentif à ne pas laisser un seul pli sur cette robe coûteuse qui ne m'appartenait pas. L'impression d'être une enfant qui se déguise en piquant les vêtements de sa mère pour se transformer en princesse. Quelle érange soirée... Lorsque demain viendra, je serai bien incapable de dire je l'ai réellement vécu ou si elle n'appartient qu'à mes rêves, se languissant de ce genre d'attentions masculines et du confort de nos vies d'avant. Je suis quelqu'un de douillet, je crois que je ne réussirai jamais à m'habituer aux douches froides du matin, quand bien même tous les magazines de santé et de mode s'accordent à dire que c'est ce qu'il y a de plus bénéfique pour la peau. Dire qu'il aura fallu la fin du monde pour que je me résigne finalement à prendre seulement des douches...

L'homme revint vers moi, rayonnant littéralement de bonheur, ce qui me fit également sourire. Ce genre de bonne humeur est contagieuse et il y a des gens, comme lui, avec lesquels on ne peut rien faire d'autre que leur rendre leur sourire. Dire qu'il y a quand même eu des personnes souhaitant le blesser... Sans cœurs. J'espère qu'ils galèrent plus que nous à survivre dans ce nouveau monde ! S'asseyant en face de moi après avoir déposé les assiettes sur la table, Robert me confessa ses sentiments touchants une nouvelle fois, me tirant de nouveaux rougissements. Roh, mais je m'agace moi-même, on n'a pas idée de rougir autant après avoir eu autant de rendez-vous galants ! Reprends-toi Breann ! Je baissais les yeux, préférant admirer le dessert qu'il m'avait préparé. Ah, le chocolat... A la réfléxion, c'est bien lui mon seul et unique amour ! Quoique, je devrais plutôt tourner cet amour vers celui qui l'a découvert. Si j'avais été née au bon moment, qu'importe les obstacles se dressant sur mon chemin pour nous séparer, je l'aurais retrouvé et épousé.

J'eus un petit rire attendri en entendant les mots français si connus sonner dans la bouche de Robert et fondis un peu plus à sa question de vocabulaire. Il était décidemment trop adorable, j'avais l'impression de me retrouver face à un adolescent timide à son premier rendez-vous. Je n'avais bien qu'une chose de fausse. « Aphrodisiaque, Robert, ça rend les gens heureux. Le chocolat est une drogue tu sais, quand on en mange trop régulièrement, il devient difficile de s'en passer. C'est bien la seule addiction que je me connaisse... Et tu es en train de te transformer en dealer ! Je peux bien te repayer avec une danse je pense !» dis-je en cessant un court instant de savourer le goût que j'aimais tant, lui lançant un regard de biche en faisant papillonner mes longs cils malicieusement, ma main se posant sur la sienne. Et voilà que j'étais en train de l'allumer maintenant... Non, c'est mauvais, je n'ai même pas d'alcool dans le sang pour justifier ce geste et m'en dédouaner ! M'en apercevant, je récupérais prestement ma main, la grondant intérieurement. Vilaine main désobéissante !

Robert reprit timidement ses aveux sur sa vie avant le cataclysme, me surprenant une nouvelle fois par son innocence. Moi qui n'avais encore jamais rencontré de saint homme... Je pense que c'est désormais chose faite. Je le dévisageais un court moment, ébahie qu'il n'ait jamais ne serait-ce que glissé un coup d'oeil vers une danseuse payée pour ça, personne ne l'en aurait blamé ! Même moi, on me met dans un bar dans ce genre, je ne me priverai pas pour regarder les filles ! Il ne faudra pas que je tombe le haut lorsque l'été viendra, il va nous faire une apoplexie en me découvrant en soutien-gorge. Je pense qu'il n'est absolument pas prêt, surtout pas pour ma poitrine... Je vais lui éviter la crise cardiaque.

Il m'expliqua ensuite les raisons qui l'avaient poussé à travailler dans ce genre d'endroits où il n'avait absolument pas sa place. La petite Sandra... J'hochais immédiatement la tête lorsqu'il me proposa de voir les photos des deux personnes qui avaient le plus compté pour lui. Il les sortit de sa poche presque religieusement et commença à me donner des détails sur elles. Elles semblaient si... gentilles et heureuses... Je les observais calmement, gravant chacun de leurs traits dans ma mémoire, notant les ressemblances entre elles et Robert dans la forme des yeux, la façon de sourire... Je fus tirée de ma contemplation attentive lorsque Robert me prit la main pour l'embrasser tendrement. C'est qu'il prend en assurance dites-moi... Ses yeux reflétaient tant de choses chantées dans les chansons que je fus incapable d'en détourner les miens. Comment faisait-il ça ?

En balbutiant presque, je répondis à son invitation : « Pourquoi attendre davantage ? Ce soir, c'est ta soirée Robert. Je suis peut-être l'envoyée de cette étoile pour te préparer à son arrivée. » Je me levais et l'entraînais à ma suite d'un geste doux. Tous les deux debouts dans la pièce, je lui tendis la main, l'invitant à la prendre. « M'accorderiez-vous cette danse, monsieur Smith ? » En souriant, je plaçais une de ses mains sur ma taille, m'étonnant encore une fois de leur largeur, tout en assurant ma prise sur l'autre. Je levais mes yeux vers les siens, l'encourageant à diriger notre danse. Il est grand temps que la vie lui fasse un cadeau.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Jeu 16 Juin 2016 - 15:36

Le souffle court, la gorge complètement sèche, le géant à l’armure de chair rapiécée se laissa guider par l’ange au regard de saphir. Tenant la main monstrueuse de l’homme dans la délicatesse de soie de la sienne, l’être divin l’emmena au milieu du salon. Le foyer consumait doucement une buche d’érable, faisant des petits craquements à l’occasion. Pivotant devant lui pour lui faire face, la bête et la belle enfin réunie en un couple de danseurs, Breann déposa la paluche rugueuse du mineur sur sa hanche. La main de Robert était si immense qui couvrait la totalité de la courbe voluptueuse et une partie du dos de la journaliste. La poigne gracieuse et minuscule de la divine apparition disparait dans la mer de la paume de Bobby. Mais celui-ci la referma avec une douceur insoupçonnée, véritable trésor enfoui dans les tréfonds de l’horreur de sa corpulence. Les yeux célestes, pareils à ceux d’un ange selon le monde de pensée simpliste de l’homme, dotés d’une tendresse sans borne plongèrent dans ceux du colosse. Elle pouvait lire une affection et un amour qui pourraient soulever des montagnes dans le regard bleuté si pur du mineur. Quand elle demanda si elle pouvait lui accorder cette danse, le sourire à la dentition inégale du mastodonte lézardé de cicatrices lui mangeait littéralement les oreilles. D’une voix blanche, tremblante d’une émotion puissante qu’il n’avait eu à gérer d’ici là, l’erreur de la nature répondit avec la sincérité de son cœur si pur.

Robert- Pour te voir tes yeux si beaux, scintiller comme ce soir je pourrais aller te chercher tout le chocolat du monde… Euh…

Avalant un peu de salive, faisant jouer sa pomme d’Adam dans le même temps, la bête rajouta avec la franchise et l’affection aussi phénoménale que ses muscles pour la beauté tombée du paradis.

Robert- Je voulais te faire plaisirs, tu sais… Euh… Ta soirée… Je crois que c’est notre soirée maintenant. Et je ne crois pas que tu sois l’envoyée de cette étoile… Euh… Tu es cette étoile que je voyais dans le ciel.

Et après ces quelques mots d’une tendresse qui ne devrait pas avoir sa place dans ce monde de douleur, le géant commença ce que Selene lui avait appris si gentiment. Dans un premier temps, ce fut des mouvements raidis par la peur de piller sur un pied ou bien la frayeur d’être si près d’une messagère de l’amour et de la tendresse. Robert ne se jugeait pas digne d’être là à ce moment, si près d’une âme si parfaite à ses yeux. Les muscles de l’homme étaient crispés par la gêne et son visage répugnant portait un masque de concentration absolu. Mais un mouvement de la main, une parole chantée qui vibrait même dans le cœur du mineur permirent à celui-ci de se sentir en harmonie, en paix. Les mouvements graciles de l’ange au regard de saphir permettaient au colosse de toucher un semblant de paradis, d’effleurer même le visage de Dieu. Après deux petits tours complets, un chuchotement sortit de sa gorge monstrueuse pour caresser l’ouïe de la journaliste.

Robert- Je vais chanter pour nous permettre de danser… Euh… Deux chansons si tu veux bien. Les deux ont été écrites par Sandra pour ce moment… Euh… Elle voulait que ce soit, pour la première femme qui allait découvrir l’homme sous le monstre tu sais… Euh… Je ne pensais jamais les chanter un jour. Elle doit sourire assise sur son nuage avec ma sœur en nous voyant tu sais...





Fermant ses yeux qui menaçaient de laisser librement couler sa joie et aussi une part de chagrin, ce qui se produisait à chaque fois qu’il parlait de sa famille disparue, l’homme laissa les mots transcrits dans sa mémoire prendre vie. Véritable don qui n’était aucunement travaillé, la voix chaude et juste de l’homme s’éleva dans les airs. Un chant presque irréel émergea de ce réceptacle trois fois maudit. Les danseurs purent profiter de cet intermède dans l’enfer de leur vie, ce moment qui allait surement être un tournant dans leur futur respectif. La chanson semblait décrire un peu le colosse, ce qu’il pouvait faire pour celle qui allait lui donner une chance, une affection qu’il n’aurait jamais cru recevoir de la part d’un ange. D’une promesse d’amour à chaque jour et d’éternité. Ce que seulement un cœur pur et une âme romantique sans le savoir pourraient jurer. Les notes moururent doucement sur cette promesse qu’il sera toujours là pour l’être divin qui était dans ses bras. Il ouvrit tout doucement ses paupières, voulant s’assurer que ce n’était pas son imagination qui avait laissé entrevoir ce désir caché. Voyant du coin de l’œil une peau d’ivoire, presque un fantôme, à l’orée de la cuisine, le regard océanique du géant se fit inquisiteur. Selene avait un petit sourire énigmatique, hochant la tête comme si elle était d’accord avec la scène qu’elle avait sous ses orbes glacés. Bobby alla ouvrir la bouche pour la saluer, mais la pianiste fit un geste autoritaire de la main pour l’en empêcher. L’ange de porcelaine fit alors le geste de laisser la main de Breann. Se fiant au jugement de sa sœur d’âme comme si elle était la réincarnation du Christ, Robert obéit néanmoins à contrecœur. Il ne voulait plus laisser la main de la divine apparition, de ce rêve éveillé. Il ne voulait plus que le jour course après la nuit et que le sablier du temps continue sa lente progression. Alors, Selene lui conseilla de mettre sa main de libre dans le dos de la journaliste. Réticent à cet acte insensé, le colosse sanctifié obéi avec lenteur. Il sentit alors les mains douces et délicates de sa cavalière se déposer sur son ignoble carcasse. Voyant disparaître son amie comme dans un rêve, le regard de l’homme difforme se noya littéralement dans ceux de son ange. Parlant tout bas, comme si le ton rauque de sa voix pouvait effacer ce songe des plus merveilleux, Bobby parla avec tendresse.

Robert- Maintenant je vais te chanter ce que j’ai pensé pour toi… Euh… Ce sera seulement à toi ce chant. Excuse-moi à l’avance si c’est bizarre, mais je ne suis pas trop bon avec les mots.




Resserrant un peu l’étreinte de ses bras immenses et chauds sur le corps aux courbes parfaites de la jeune femme, puisant par le fait même un peu de courage, le mastodonte se lança à l’eau. L’effet fut saisissant. Au gré des paroles merveilleuses, le couple se rapprocha pour ne former qu’un. Une symbiose, une harmonie parfaite même au battement de cœur synchronisé. Tous les puissants sentiments que ressentait le géant, à savoir l’amour, la tendresse et l’affection qu’il portait à son étoile vibraient dans chaque lyrique lancée de manières si merveilleuse. La belle et la bête semblaient protéger de tout, d’être dans une bulle aux parois translucides construit par leurs sentiments communs. Ils avaient le contrôle de leur environnement, du temps qui s’écoulait entre leurs doigts. Robert de laisser chaque battement de son cœur se remplir de papillon, d’amour pour la journaliste qui tournoyait avec lui. Les goules et les êtres machiavéliques pouvaient taper de toutes leurs forces sur les membranes de ce moment pour le détruire, rien ni personne ne pourrait leur voler cette danse et ce chant. Le couple pouvait presque sentir les nuages sous leurs pieds, les harpes des anges qui saluaient la découverte de la beauté de l’amour du mineur. Robert ne voulait plus laisser partir celle qui hantait ses pensées depuis leur rencontre, cette merveille que la vie avait décidé de mettre sur son chemin. Caressant lentement et tendrement de sa main immense le dos et laissant perdre ses doigts dans la chevelure soyeuse de Breann, le colosse sut que s’il mourait demain il accepterait son sort avec le sourire aux lèvres. Le chant s’échoua graduellement sur les rivages du silence et le sourire sur les lèvres exsangues de l’homme certifiait qu’il était dans un état de béatitude presque surnaturelle. Laissant un peu d’espace à l’être divin d’évoluer à sa guise dans son étreinte douce et tendre, Bobby parla avec les accents de son cœur pur.

Robert- J’espère que tu as aimé, car je n’ai pas grand-chose à te donner si ce n’est que cette chanson et mon cœur… Euh… C’est drôle je ne veux plus te laisser partir, car je me sens bien près de toi… Euh… Je sais que c’est un peu fou ce que je demande, mais je peux t’embrasser?

Lissant l’accord muet dans le regard renversant de sa compagne de la soirée, l’homme difforme se penchant avec lenteur pour permet à ses lèvres d’effleurer le front de l’ange. Juste un flottement, une légère brise. Un baiser ayant la délicatesse d’un papillon qui se posait sur une fleur magnifique. Comme le souffle du vent caressant les feuilles d’un pommier. C’était d’une tendresse, d’une douceur et d’une affection surnaturelle, une caresse rafraichissante pour les deux êtres. Plaçant son visage hideux vis-à-vis la perfection angélique de la belle, la bête avait un teint rougeâtre devant cet acte qui n’avait jamais cru possible de son vivant. La voix cassée par ce trop-plein d’émotion, le nez proéminent de Robert touchant presque celui parfait de Breann, l’homme parla avec sincérité et pureté.

Robert- Euh… J’ai entendu dire que donner un baiser sur le front c’est embrassé l’âme de la personne… Euh… Tu me disais de ne pas tomber amoureux, mais je crois que je le suis. Je sais que tu peux avoir n’importe quel homme à tes côtés… Euh… Mais je peux te dire cette soirée que tu m’as donnée si gentiment est l’image que je voudrais emporter avec moi pour l’éternité… Euh… Pas bon avec les mots, mais je voulais te le dire. Mes papillons vont toujours voler pour toi et je vais comprendre si tu veux pas de moi… Euh… Pas beau comme les autres et pas aussi intelligent. Mais je ferais tout pour te faire sourire et te rendre heureuse. Car je suis heureux quand tu souris… Euh… Aussi tu disais que je n’avais pas de trucs sur les autres dames pour te comparer… Euh… Pas besoin tu sais. Mon cœur et mon âme sont convaincus que tu es parfaite pour moi…. Euh… Défauts ou qualités j’adore ton âme et ton cœur. C’est correct si je te dis que je t’aime?

La panique venait de serrer le cœur du mastodonte, comprenant la portée de ces mots qui avaient surgi de son cœur sans consulter sa conscience. Dans la leur bleuté si pur des yeux océaniques du colosse, celle qui faisait vibrer son âme pouvait déchiffrer une peur et un espoir entremêler. Il venait de se jeter dans la mer tumultueuse et hasardeuse de l’amour et il espérait que l’ange au regard de saphir allait le sauver de cette douloureuse attente…



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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Lun 20 Juin 2016 - 8:18

Dans une sorte de tentative pour détendre l'atmosphère qui s'était subitement faite toute solennelle, Robert me complimenta de nouveau, ce qui eut une nouvelle fois le don de m'attendrir. Oh, les premiers émois de l'amour où nous trouvons que l'autre est béni de toutes les qualités et atouts physiques... Je ne répondis rien, me contentant de garder mon sourire, observant ses grands yeux bleus briller d'émotion contenue. Nous commençâmes doucement notre danse, je le laisais me guider, comme la tradition le voulait. Il était si raide et précautionneux que je ne pus retenir un rire. Je m'empressais de le rassurer : « Robert, tout va bien, je ne suis pas en verre ! Tu t'en tires comme un chef, détends-toi. » Il ferait mieux de s'inquièter de se faire massacrer un pied (voir les deux!) par mes talons, pour l'avoir déjà expérimenter plusieurs fois, c'est bien le pire... Les chaussures d'hommes à côté ne sont absolument rien. Ma remarque eut l'air d'avoir l'effet escompté, il se détendit sensiblement. Eh bien voilà !

Puis il me prévint qu'il allait à nouveau chanter pour accompagner nos mouvements. Touchée par toute la tendresse qui se dégageait de sa voix rauque, je me contentais d'acquiescer d'un simple hochement de tête. J'espère qu'elles sont au moins aussi heureuses que lui ce soir là-haut... C'est comme si je devenais une sorte de fée pour trois personnes à la fois. Breann Yates, fée de son état. Ça me fait penser que j'adorerais avoir des ailes. De jolies ailes translucides un peu dorées, qui me permettraient de m'élever et de pouvoir regarder Robert sans avoir à me dévisser le cou pour ce faire. Il n'y a que des avantages à être une créature magique, je pourrais jeter un sort pour qu'il soit heureux, pour tous nous protéger, pour guérir les morts qui méritent leur repos éternel... Oui, être une fée me plairait beaucoup. Mais je ne suis qu'une simple femme malheureusement, clouée au sol et soumise aux forces du destin.

Les paroles chantées par le géant décrivaient parfaitement l'homme et ses aspirations. Que Sandra ait pu lire à ce point dans son cœur m'étonna. Ils avaient dû être véritablement très proches l'un de l'autre. Sa perte avait véritablement dû lui briser le cœur, encore un peu plus que ce que j'avais initialement pensé. Décidemment, la vie s'était acharnée sur lui. Le romantisme des paroles souligné par la voix qui les prononçait me tira de nouveaux rougissements, j'étais extrêmement gênée par sa ferveur. « Win me over »... Je ne savais pas quoi répondre. Avais-je seulement droit de briser ce moment en ouvrant ma bouche ? Non, je préférais en profiter, personne ne m'ayant jamais dédié de chansons aussi touchantes et personnelles. La réalité reprendrait ses droits bien assez vite... Je le laissais me faire tournoyer doucement, me sentant à peine toucher le sol. Ce moment était magique, j'étais chanceuse de pouvoir le vivre.

Etonnamment, Robert osa rendre notre danse plus intime en me serrant contre son corps musculeux et gigantesque. Je souris, heureuse qu'il montre cette audace, presque rassurée. Je commençais à reprendre pied dans un domaine que j'étais censée maîtriser à la perfection après des années de pratique. La pureté de Robert me sidérait et me privait de mes réflexes habituels, me laissant muette et aussi peu intéressante qu'une collégienne de quatorze ans en admiration devant le beau gosse de son établissement. J'allais lever les yeux vers lui lorsque sa voix rauque s'éleva, résonnant dans tout mon corps dans une étrange vibration. Je crois n'avoir jamais encore entendu de voix comme la sienne, capable d'être si profonde et de pouvoir pourtant s'élever et faire sonner juste ces notes, d'une façon si experte. Une chanson que je lui avais inspirée allait m'être dédiée... J'en perdis mes moyens, pâlissant à vue d'oeil. Je panique, je panique et ça ne sert à rien, je ne devrais pas paniquer pour si peu enfin ! Mais ce n'est pas « si peu », pas avec Robert, jamais avec lui. Ma gorge se déssécha lorsque les premières notes retentirent, je luttais contre les larmes qui menaçaient de s'échapper alors que les mots se faisaient toujours plus touchants et personnels. L'ampleur des sentiments que Robert entretenait pour moi me fit peur. C'était si démesuré, si assumé, si... submergeant. Et j'en étais la destinataire, moi ? Il y avait erreur, j'allais le faire souffrir, je n'étais pas capable de retourner de tels sentiments, je le savais parfaitement... Enfin, j'étais faite pour les histoires qui se terminent mal, j'ai toujours choisi mes partenaires pour leur aura de rebellion et tous les problèmes qu'ils étaient capables de s'attirer, et voilà qu'un saint homme été tombé éperduement amoureux de moi ? J'allais lui briser le cœur, c'est écrit d'avance.

Je ne méritais pas ce genre de sentiments grandioses chantés dans les légendes, réclamant un total abandon à l'autre, pouvant aller jusqu'à la mort comme Roméo et Juliette ou Tristan et Iseult. Je n'étais pas une héroïne, je n'étais même pas une femme pieuse et noble ! Et pourtant, dans les yeux de Robert, c'était ce que j'étais. Pour la première fois, je me découvrais comme ces modèles du Moyen-Age, rayonnantes de beauté et d'empathie, courageuses et respectueuses. Lorsque la sérénade toucha sa fin, nos deux corps s'étaient considérablement rapprochés. Mon partenaire se pencha vers moi, prononçant de nouveaux mots doux et tendres qui me firent fermer les yeux pour lutter contre ce débordement d'émotions contradictoires en moi. Etrangement docile, j'acquiesçais sans un mot lorsqu'il me demanda l'autorisation de m'embrasser, pensant retrouver dans ce geste mille fois répété l'assurance qui me faisait cruellement défaut ce soir. J'offrais mes lèvres, mais Robert ignora délibérement ce geste, m'embrassant plutôt sur le front. Autant pour un geste qui m'aurait permis de retrouver mes moyens... Comment faisait-il pour toujours parvenir à me prendre de court ?

Sa confession acheva de me paniquer. Amoureux, ça y était, le mot redouté avait été prononcé. Amoureux, avec tous les engagements et promesses qui allait de paire avec cet étrange sentiment qui reliait des êtres entre eux. Et moi, étais-je amoureuse ? Sous le charme, sûrement. Intriguée, bien sûr. Flattée et touchée, très certainement. Amoureuse ? L'avais-je jamais été ? Je fuyais son regard, soudainement incapable de le soutenir. Il ne se rend pas compte de ce qu'il demande, de l'ampleur du gouffre qu'il me demande de franchir. Amoureuse, faire confiance avec plus que sa vie à l'autre, être prête à tout pour lui... Être fidèle... Une angoisse immense m'envahit et je me reculais, quittant son étreinte, croisant les bras devant ma poitrine et regardant ailleurs. J'étais effrayée par tant de ferveur, tant d'assurance. « Robert, tu ne te rends pas compte de ce que tu dis... C'est trop, ne t'engages pas autant, tu vas souffrir, je vais te faire souffrir. Je... Je sais que tu penses chacun de ces mots, et j'en suis touchée, sincèrement, mais c'est trop, c'est dangereux de se livrer ainsi, totalement. Moi... Moi je sais que je ne peux pas. » Je relevais les yeux vers lui, retenant mes larmes par pure fierté. « Je peux t'offrir tout ce que tu veux, mais pas ça. Ne me demandes pas ça. »

Je savais que mes mots le blesseraient. Y avait-il seulement une autre alternative à cette soirée magique ? Il me demandait ce que j'étais incapable d'offrir : mon cœur, dans sa totalité. Impossible. J'époussetais des grains de poussières invisibles sur ma robe, retrouvant un semblant de calme pour pouvoir le remercier sincèrement et essayer d'allèger l'atmosphère pesante qu'entraîne toujours un rejet. « En tout cas, tu es un très bon danseur, tu ne devrais pas hésiter à en faire profiter d'autres plus souvent ! Merci pour ces chants, pour ce repas, pour tous ces cadeaux... J'ai vraiment passé une merveilleuse soirée, bravo d'avoir tout organisé avec autant de brio ! J'espère avoir été une invitée acceptable ! » Je repoussais une mèche de cheveux derrière mon épaule, triturant malgré moi mes doigts, anxieuse. Je le savais, j'avais gâché cette fin de soirée... La peur de l'engagement avait été trop forte. « Merci pour tout Robert, et essaye de ne pas trop m'en vouloir... D'accord ? »




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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Aujourd'hui à 11:21

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