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 Fly Me To The Moon... feature Breann Yates

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Bobby Smith
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MessageSujet: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Mar 26 Avr 2016 - 15:00

Musique d'ambiance:
 

Le géant simplet s’arrachait littéralement les cheveux pour essayer de déchiffrer les phrases complexes dans la revue People de février 2015. Le titre de l’article lui avait sauté aux yeux et un sourire béat avait écorché ses lèvres exsangues. Il avait décortiqué dans l’en-tête des innombrables paragraphes de la page glacé quelques mots. Plaisirs, être et cher furent suffisant pour se lancer dans une analyse ardue d’un vocabulaire trop complexe pour ses années de scolarité. Mais la véritable source de l’entêtement de l’homme était une photo d’une jeune femme au sourire épanouie et resplendissant. Elle semblait être heureuse et d’un bien-être total. Le cœur suturé de cicatrice du mineur avait fait un bond, son rythme cardiaque avait augmenter et ses mains étaient devenues moites. Robert voulait que le même sourire d’épanouissement et de satisfaction soit accroché au trait divin et exquis de Breann.

Depuis quelque temps, la jeune femme occupait les pensées du colosse à son réveil tôt le matin juste au coucher. Le monstre de foire savait pertinemment que la jeune femme pourrait avoir n’importe quel homme. Alors pourquoi elle s’embêterait d’un monstre, d’un simplet et qu’un être à peine mieux de la lie de l’humanité? Même si Selene l’encourageait à faire des pas hésitant sur ce chemin tortueux que sont les sentiments, Robert n’était pas sûr de lui. La dernière fois ce fut lorsqu’il avait commencé à parler des papillons dans son estomac à Abigail. Celle-ci avait brisé les espoirs et le cœur du géant en morceaux. Des morceaux si minuscules qu’ils auraient pu passer par le chas d’une aiguille. Maintenant le tout était collé ensemble par les liens de sa nouvelle famille, mais fragiles qu’une simple vibration pourrait tout faire éclater comme une bulle de savon. Mais une partie de lui ne voulait que faire sourire la merveilleuse apparition céleste. Voir ses yeux azur miroiter de bonheur. Quitte que ce soit dans les bras d’un autre élu.

Mais à cet instant précis, le géant aurait jeté la serviette si ce n’était pas pour la journaliste. Ses lunettes de lecture en équilibre précaire sur le bout de son nez, l’homme difforme était dans un effort de concentration extrême. Un bout de langue rose à peine sorti de sa cavité buccale. Appendice se faufilant  entre deux rangées de dents inégales. Quelques mots inconnus tournoyaient sans cesse devant son regard océanique rempli d’incompréhension. Spa, massage qui sonnait comme message, post-it et extase. Il devait demander de l’aide à quelqu’un, n’importe qui. Mais Selene et Harold étaient partis explorer un chalet en proximité et le duo à déclarer qu’ils reviendraient dans deux jours. La seule personne qui restait avec le colosse était celle qu’il voulait surprendre.

Alors, un éclair de génie percuta l’esprit lent de la bête. Quand il avait trouvé les emballages-cadeaux, il y avait un chèque-cadeau pour une journée de Spa, repas et massages. Deux des mots, ou bien un ensemble de lettres qui leur ressemblaient beaucoup étaient inscrits en lettres d’or. Fouillant dans un des tiroirs du salon, Robert trouva le papier qui avait une certaine valeur durant une autre époque. Frost qui dormait paisiblement sur le tapis du salon sursauta en voyant les mouvements rapides de son maître. Le regard interloqué et béat de la bête se porta quelques secondes sur le mineur qui avait regagné un immense sourire en jumelant les caractères d’imprimeries de la revue à ceux du bon. Le St-Bernard soupira, ses grosses bajoues tremblèrent et il se recoucha. Robert voulut aller à la recherche de l’ange au sourire ensorcelant, mais par un coup du destin celle-ci entra dans la pièce.

Comme à chaque fois, le mastodonte était soufflé par la beauté et la prestance de Breann. Il se demandait encore pourquoi l’ange qu’elle était avait accepté de suivre le monstre qu’il est. À part une protection physique, l’homme n’avait rien à offrir à celle qui savait se débrouiller et qui était une source lumineuse pour tout le groupe. Il dut prendre quelques instants pour retrouver une contenance. Il adorait toutes les petites attentions, les sourires que la brunette si gentille lui prodiguait. En contrepartie, il faisait souvent le pitre, lui emmenant des petites pensées ou bien essayait de s’impliquer dans ses discussions. Souvent il était dépassé par la vivacité intellectuelle de la journaliste, mais l’effort semblait rendre heureuse la dame et c’est qui importait pour le mastodonte.  Il savait qu’il pourrait tout faire pour n’avoir qu’un de ses sourires, un de ses touchers graciles parcourant l’étendue de la peau rapiécer de son avant-bras. Des fois, se laissant emporter par le moment présent, il touchait en retour la peau de soie de la jeune femme ou bien il l’enserrait avec une douceur doublée d’une tendresse venant directement de son âme si pure. Il s’excusa après avoir fait la faute et celle-ci riait toujours, lui assurant que ce n’était rien.

Et maintenant, avec sa vielle chemise et son pantalon à bretelle, l’homme ressemblait à un Charlie Chaplin grotesque affluer de lunette de lecture. Sans s’en rendre compte, les verres correcteurs de Robert basculèrent sur le côté de son oreille manquante. Disons que tout était en place pour faire bouffer de rire l’ange venu du paradis.

Le rouge gagnant de nouveau ses joues mal rasées, Robert fit un petit sourire gêné et il se dépêcha d’enlever ses lunettes de lectures. Poussant un petit soupir et soulevant ses larges épaules pour chasser son embarras, la voix rauque, mais si douce du golem de chair s’éleva.

Robert- Bonjour Breann… Euh… Toujours aussi jolie… Euh… Non je ne voulais pas dire ça désolé… Euh… Oui tu es jolie mais je ne voulais pas le dire… Euh…

L’homme devint écarlate devant ces mots qui avaient pris naissance dans son cœur et passez outre son esprit pour complimenter la journaliste. Il n’était pas très expérimenté pour évoluer en société, ses émotions étaient facilement discernables sur ses traits et des gens comme Breann pouvaient lire l’âme du géant comme un livre ouvert. Baissant ses yeux, se dandinant d’un pied à l’autre, le géant leva sa main avec le certificat-cadeau dépassant de sa poigne.

Robert- Euh… J’ai essayé de comprendre ces mots… Aussi il y a les mots poste-hit… euh post-it c’est ça. Aussi le mot extrase… Non extase que j’ai vu dans le livre que je lis. Tu peux m’aider à comprendre?

Un sourire niais s’apposa sur les lèvres de l’homme, mendiant de son regard océanique l’aide de l’ange en avant de lui. Le papier s’échangea de main, laissant leurs doigts se frôler. Un contact doux et chargé d’une sorte d’arc électrique qui fit rater un battement de cœur à l’homme.



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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Sam 30 Avr 2016 - 12:53

Je sais que je possède pas mal de points communs avec les princesses créées par Disney. Je chante pour un rien, j'ai le sourire, j'ai un bon feeling avec les animaux, je m'occupe en général de la cuisine et du ménage... Mais parfois, même Blanche-Neige peut vivre une journée pourrie qui lui donne envie d'hurler.

C'était le cas pour moi aujourd'hui. Dès le réveil, on s'était chargé de m'indiqué que j'aurais mieux fait de rester allongée. Je m'étais cognée le petit doigt de pied contre un meuble, accroché les cheveux à un bouton de ma chemise, fait le coup du petit Juif (particulièrement douloureux avec cette poignée de porte) et erraflée une gencive en me brossant les dents. Une bonne façon de se mettre de bonne humeur. En descendant l'escalier, je manquais de me rompre le cou en glissant sur une marche, me rattrapant in-extremis à la rambarde. Et tout ça avant même le petit-déjeuner.

Le reste de la matinée se déroula sur le même schéma, à croire que j'avais été maudite durant la nuit. Une série de petits événements agaçants, qui mit bout à bout, assombrir considérablement mon humeur. Cest fou ça, si même le sort se met à me détester personnellement maintenant ! Enfin, dans mon malheur, j'avais de la chance : personne parmi les six autres ne m'avait vu faire preuve d'autant de maladresse. Sauf Nakoma, constamment derrière mon dos, à guetter si je ne ferai pas malencontreusement tomber quelque chose de comestible pour elle. Je suis désolée, princesse. Je ne suis pas encore aussi maladroite.

Je n'avais pas encore passé beaucoup de temps avec les nouveaux arrivants de ce chalet, je dois bien l'avouer. Bien sûr, je les avais accueillis avec plaisir, heureuse de retrouver du monde et de l'activité autour du moi, mais je n'avais pas encore pris le temps de m'installer avec chacun d'eux pour resserrer davantage nos liens. C'était important pour moi, que chacun se sente à l'aise et en confiance ici. Je tenais à savoir si je pouvais les aider à ma façon, en leur apportant de la chaleur humaine et un peu de normalité dans ce monde étrange. Je voulais créer un véritable esprit de groupe. Nous avions déjà un noyau indestructible grâce à Selene et Robert, il fallait maintenant s'assurer que les autres ne résistent pas à son attraction.

Tout en réfléchissant à ce sujet, j'entrais dans la pièce à vivre du chalet, y trouvant justement mon membre du groupe préféré. Oui, il y a du favoritisme dans l'air. Il faut dire qu'il m'a quand même sauvé la vie et « offert » un nouveau groupe, alors j'ai bien le droit de l'aimer encore un peu plus que les autres ! Et après ce temps passés seulement tous les deux, je le connaissais bien mieux que les autres. Je m'étais parfaitement accoutumée à son apparence maintenant, bien que je me sente telle une souris près de lui. Je souris devant sa dégaine, amusée de le voir encore porter des bretelles. Je n'avais vu ça que sur lui, ça lui donnait un petit côté cheminot des années quarantes qui me plaisait bien. En revanche, les lunettes... Il faudrait tout de même lui trouver quelque chose qui tienne, ça doit être très désagréable de sentir cette paire tomber constamment. Hum, avec un monocle, il ferait tout à fait distingué, m'amusais-je à imaginer un instant. Et une cane, une moustache, un smoking... Un véritable homme d'affaires qui ne souffrirait aucune contradiction de la part de ses pairs.

Mon sourire s'étira face à ses rougissements, que je jugeais tout à fait charmants. On manquait tellement d'hommes dans son genre maintenant, les autres s'imaginaient toujours être le centre du monde et attendaient des femmes qu'elles se pament devant eux et leurs abdominaux... J'avais donné suffisamment avec Dylan et son prédécesseur pour avoir désormais le tic de lever les yeux au ciel dès qu'un dans ce genre-là ouvrait la bouche. En revanche, lorsque Robert parlait, je l'écoutais toujours avec bienveillance, simplement heureuse de l'entendre s'exprimer. Il manquait de confiance en lui, ce géant qui d'une simple tape amicale dans le dos pouvait envoyer valdinguer un homme adulte, et je voulais qu'il prenne l'assurance qui lui manquait. Avec sa taille, j'aurai fait la loi ! Ou un très bon garde du corps, je n'avais pas franchement le tempérament d'un chef.

Je remerciais gentillement Robert pour ce compliment on ne peut plus sincère :« C'est adorable Robert, merci beaucoup. Et encore, je ne suis même pas maquillée ! »- dis-je en lui faisant un clin d'oeil, touchée par sa sincérité. J'observais ensuite le bout de papier qu'il me tendit, intriguée. « Oui, bien sûr, montre-moi ça de plus près. » Je m'en saisis et y lu des mots qui eurent le don de m'exciter comme une enfant « Oh, c'est un bon-cadeau pour deux jours dans un spa ! « Venez-vous délassez dans notre oasis de paix et de détente pour deux jours, où vous pourrez profiter de nos différents types de massages et nos soins beautés. Sous les mains de nos professionnels, venez atteindre l'extase ! » Eh bah, ils le vendent bien, leur établissement... J'adore ce genre de choses. On m'avait offert un séjour pour mes vingt-cinq ans, ç'a été l'un de mes cadeaux favoris jusque là.

Je rendis le bon à Robert, me remémorant ces bons moments passés avec Dylan. A cette époque-là, il était encore parfait. Enfin, c'est de l'histoire ancienne. « Qu'est-ce que tu veux faire avec Robert ? Ou tu t'entraînes tout simplement à lire ? Je suis fière de te voir aussi motivé ! »




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Dim 1 Mai 2016 - 16:40

Le colosse écouta avidement les douces paroles de l‘ange devant lui. L’être de lumière réussissait à repousser la laideur de l’homme grâce à sa chaleur humaine. Elle anéantit les doutes et la noirceur du cœur si pur de l’homme difforme.  Empathique créature qu’elle était, le golem de chair comprenait le désir de la jeune femme de se rapprocher d’un de ses souvenirs chers.  Dans le subconscient de l’homme, l’information s’enregistra sans qu’il n’en ait conscience. Robert adorait la façon de sourire de Breann. Quand les coins de la bouche s’élevaient pour creuser des vaguelettes dans l’océan de sa beauté divine. La chaleur qui se dégageait de l’ange de la compassion quand sa joie se propagea tel un incendie de forêt dans le cœur strié de cicatrices de l’homme. Et alors, pendant que le regard de saphir lançait une petite mélancolie doublée d’un doux retour en arrière, Bobby se souvient du spa. C’est bien un truc de bain et de douceur qu’il avait offert à ses anges dans un passé pas si lointain. Un temps où les gens le détestaient et ne s’intéressaient pas à lui, à part pour l’utiliser. Maintenant la majorité des gens, de leur nouvel état cadavérique animé, semblaient heureux de voir le buffet des plus caloriques que représentait le géant. Un sourire de ravissement et surtout honnête éclaira le visage aux traits atypiques de la bête. La voix rauque de l’homme s’exprima alors, la douceur de ses mots semblait encore une fois venir de son cœur et non de son esprit lent.

Robert- Euh… Tu es très bien comme ça Breann… Euh… Alors si tu as du maquillage les stars du cinéma auraient eu peur pour leur boulot, tu sais.

Les joues du mastodonte piquèrent un fard quand il se rendit compte de l’interprétation du fond de la pensée qu’il venait d’exprimer à haute voix.  Essayant de rattraper cette bévue, le monstre de foire reprit le bon pour l’enfouir dans sa poche.  Une leur de gêne se propagea dans le regard océanique du golem de chair.

Robert- Désolé Breann… Euh… pas de filtre entre ma bouche et mon ciboulot. Euh... J’essaie de lire quelques pages des anciens romans de Sandra… Euh… Pour ne pas oublier de lire et essayer de comprendre les mots difficiles. Je vais aller dans les bois voir les collets… Euh… Tu veux que je regarde quelques pour toi au cas? Il y a une rivière aussi pour les poissons si t’en veux.  Et toi tu vas faire quoi aujourd’hui?

En écoutant de nouveau les paroles superbes et la voix chantée de la journaliste, le sourire de l’homme s’accentua et sa laideur fut repoussé pour ne laissait parler que son âme pure.  Hochant la tête pour signifier qu’il avait bien compris ce que l’ange à la chevelure cuivrée lui avait dit, le monstre de foire s’avançant timidement. Il ouvrit ses bras pour faire une douce étreinte à l’être qui ensoleillait sa vie depuis les derniers mois.  Habituellement c’était Breann qui faisait ce mouvement, mais aujourd’hui le cœur de l’homme avait fait agir les muscles. Comme à l’instant que la journaliste était dans la pièce, c’était des sentiments puissants et inconnus qui prenaient le dominion. Une tendresse et une douceur, réconfortante et chaleureuse, se dégageaient du mineur pour caresser l’âme et les sens de la douce dame. Après quelques instants, l’esprit de Robert prit le relais et laissa sa liberté à l’ange. Il s’était rendu compte que son aura disgracieux devait avoir répugné les sens de l’être divin. Un sourire d’excuse sur ses traits à peine taillé dans le granit de sa peau, le sosie de Frankenstein chuchota alors.

Robert- Euh… Fais bien attention à toi ok? On se revoit dans quelques heures, quand le soleil va se coucher.

La démarche chalouper de l’homme le mena à l’extérieur de du chalet, non sans un dernier regard en arrière. Voyant la perfection même de l’être si merveilleux, le mastodonte entra en collision avec la table de cuisine. Frénétiquement, il essaya de rattraper sa maladresse en empêchant de chuter les deux verres qui roulaient vers les rebords de la table. Un rire d’autodérision et honnête fraichit la barricade de ses dents mal alignées. Les larges épaules de l’homme difforme tressautèrent sous la soudaine poussée d’hilarité.

Robert- Euh… Tu as déplacé la table pour que je rentre dedans pas vrai?

Hilare, le colosse sorti à l’extérieur pour faire qu'il avait dit à Breann. Il trouva du gibier, deux lièvres pour être exact, dans ses collets et il se dirigea vers la rivière. Un soleil magnifique réchauffa le visage de l’homme difforme. Repenser à l’ange au regard de saphir si envoutant fit cogner le cœur contre sa poitrine. Imaginer sa surprise quand elle va découvrir tout ce qu’il avait pensé fit rendre un peu lunatique l’homme. Le clapotis de l’eau le ramena au présent, l’arrachant à la contemplation du visage divin de la journaliste. Utilisant la technique de pêche à main nue, similaire à celui de l’ours, Bobby put prendre quelques truites pour le souper. Prenant un autre chemin pour rejoindre le chalet, l’ouïe amoindrie ne capta plus les chants d’oiseaux. Suspicieux, l’homme resta aux aguets.  Dans les fourrés une voiture encastrée dans un arbre attira son attention. Une marque de luxe selon le symbole sur la valise arrière. S’approchant de cet élément insolite dans ce milieu naturel, Robert vit que deux formes partiellement dévorées s’agitaient sur les sièges avant. Les coussins de survie dégonflée depuis le temps, les goules claquaient des dents vers le géant solitaire.  L’homme fit un acte de charité et mit fin au calvaire des âmes prisonnières de ces corps corrompu par le virus. Prenant des conserves qui trainaient sur la banquette arrière, un éclair de génie frappa soudainement le colosse. Il actionna l’ouverture du rangement arrière. Deux valises bien fermées trônaient dans l’espace vide. Ouvrant une, il put voir que c’était les vêtements du conducteur. Des vêtements chics et d’autres pratiques.  Une pensée pour Harold fit tendre la main vers ce petit trésor. L’homme n’avait pas beaucoup de vêtements et Robert ne put s’empêcher de sourire la fois qu’il avait dû mettre la vieille salopette de jeans. Dans la seconde valise, une garde-robe complète pour la passagère. Une similitude vint alors troubler l’esprit de l’homme. La corpulence de la zombie était presque pareille à Breann.  Donc les vêtements allaient lui faire. Revigoré par cette découverte inattendue, le géant au cœur d’or traça la voie vers le refuge.

Revenu à la maison, aucune trace de l’ange de la compassion. Après avoir dépouillé les lièvres et placé les prises du jour en lieu sûr, Robert fit chauffer de l’eau sur le foyer. Une grande quantité pour être exact. Frost arriva près du colosse et Bobby le flatta doucement.

Robert- Tu veux m’aider à faire une surprise à Breann?

Le St-Bernard jappa joyeusement et l’homme le fit coucher près de l’escalier. Saisissant un papier, il écrit un
mot:
 
et l’accrocha sur le collier de la brave bête.  Le nom de Breann était écrit en lettre hésitant dessus. Il grimpa ensuite au second étage et dans la salle de bain il déploya les autres pensées pour son amie. Un peignoir doux et chaud, le paquet d'huiles essentielles et de bain, le gros paquet cadeau de cosmétiques et les  soin du corps et shampoing. Robert alluma deux chandelles qui dégageaient une douce senteur de vanille dans la pièce. Allant chercher l’eau bouillante, il la transvida dans le bain. Ensuite de l’eau froide fut transportée pour permettre à celle qui occupait les pensées de l’homme difforme de tempérer la tiédeur de son eau. Il écrit alors un
second mot :
 
et il vit la silhouette de l’être divin qui se dirigea vers le chalet. Le géant déposa alors la note près de la bougie pour attirer l'attention de l'ange. Souriant franchement, un regard espiègle dans les yeux bleuté du géant, Robert alla se cacher dans la pièce près de la salle de bain. Un bain sous les doux rayons de la lune. Un oasis pour détendre son amie. Une pause dans cette dure existence. Il espérait que la journaliste aimerait les intentions du mineur. Quand il va entendre l'eau couler dans le drain, le monstre de foire ira compléter la seconde partie de la surprise. Au moins il avait eu le temps de placer les valises dans les bonnes chambres…



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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Lun 2 Mai 2016 - 14:29

La maladresse que manifestait Robert lorsqu'il s'adressait à moi me tirais toujours un sourire attendri. Je ne connaissais pas vraiment la raison pour laquelle je semblais lui faire autant d'effet, mais je mettais ça sur le compte du peu de temps qu'il avait passé en compagnie de femmes. En être soudainement autant entouré devait lui faire un sacré choc. On peut dire que c'est extrême, comme méthode pour l'habituer à la présence féminine. Ceci pouvait donc expliquer toutes ces rougeurs intempestives et sa gaucherie.

Bien sûr, je n'étais pas suffisamment naïve pour ne pas comprendre que j'étais ce qui causait cette étincelle dans ses yeux si bleus. Je ne savais pas trop quoi en penser. Certes, son attention flattait mon ego, j'étais heureuse de pouvoir continuer à susciter l'intérêt des hommes, malgré cette catastrophe sans commune mesure que notre pays traversait. Pour me sentir belle et bien dans ma peau, j'avais besoin de cette admiration et de ces regards appréciateurs, plus ou moins appuyés selon les genres, sur mon corps. J'étais faite ainsi, j'aimais plaire et être aimée. Je ne concevais pas le monde sans ce grand jeu. J'étais bien consciente de ce côté frivole et ne faisais rien pour y remédier, l'assumant pleinement. Je n'avais rien à me reprocher, je restais fidèle une fois en couple, mais célibataire, je profitais de ma jeunesse. J'aimais l'amour et toutes ses promesses, éphémères ou non.

Et Robert, dans tout ça ? Si j'étais l'un des premières femmes qu'il était amené à cotôyer régulièrement, il ne pouvait pas me juger objectivement. Je n'étais pas une créature parfaite. Et qui plus est, commençant désormais à bien le connaître, je craignais de lui briser malencontreusement le cœur en agissant avec ma légèreté coutumière. Je tentais autant que possible de ne pas trop l'encourager, craignant pour lui la douleur d'une désillusion amoureuse lorsqu'il comprendrait quelle genre de femme j'étais réellement. Je m'en voudrais toute ma vie si je causais autant de peine à un homme aussi généreux et bon.

Pausant un instant la série de réflexions dans lesquelles se lançaient mes pensées, je lui décrivis ce que je comptais faire aujourd'hui, pensait qu'il serait bon pour les deux chiens de se dépenser. Nakoma, encore jeune, débordait d'énergie et embêtait régulièrement Frost, plus agé, pour l'obliger à jouer avec elle. Les emmener courir dehors pourrait permettre à Frost d'avoir droit à un minimum de tranquilité pour le reste de la journée. Et par la même occasion, je pourrais faire le tour de nos barrières, vérifier qu'aucun monstre ne s'y soit coincé et que le tout tienne encore la route. Nous étions encore loin des défenses imprenables que j'avais promis à Selene, mais nous nous en approchions petit à petit. Enfin, rien ne vaudrait la défense d'une bonne cabane en haut d'un arbre.

J'allais m'approcher de lui pour lui souhaiter une bonne journée en le serrant dans mes bras, comme à mon habitude. Je pensais ainsi pouvoir l'aider à s'accoutumer aux contacts quotidiens avec des femmes, pas si différentes des hommes qu'on aimerait le penser. Il faut croire que cette méthode est la bonne, triomphais-je silencieusement en souriant de toutes mes dents lorsque ce fut Robert qui fit le premier pas, m'étreignant contre son corps gigantesque. Dans ses bras, je me sentais étrangement à l'abri de temps, un peu comme avec mon père, qui aurait aisément pu passer pour son petit frère. Cette observation accentua mon sourire. Robert me lâcha finalement, recula et percuta la table, rattrapant de justesse ce qui avait manqué de tomber. Je ris face à ce spectacle, attendrie de le voir aussi chamboulé par un simple contact.

Je l'observais sortir de la pièce, soudainement pensive. Je savais très bien reconnaître ces signes évidents d'attraction... Ah, ça ne me va pas de ne pas avoir un cercle d'amies pour me conseiller, je tourne en rond seule dans ma tête ! Je choisis de sortir à mon tour, faire ce que j'avais annoncer à l'homme. Je croisais le petit Arun et restais un petit moment avec lui, le temps pour Aori de mener ses affaires, puis quittais le chalet avec les deux chiens. Tout se passa bien jusqu'à ce que je doive neutraliser un monstre coincé. Je ne sais toujours pas comment je m'y suis prise pour réussir à mettre autant de sang et autres sur mes vêtements, j'ai vraiment raté quelque chose sur ce coup-là. Il faut dire que j'étais un peu stressée, aussi. Journée pourrie, toujours.

Ce fut donc d'humeur massacrante que je rentrais un peu avant la nuit au chalet, les chiens sur les talons, eux ravis de notre petite excursion. Je montais sans attendre jusqu'à ma chambre et m'empressais de retirer mon manteau, dégoutée par l'odeur. Quelle horreur ces choses ! Bon, en même temps, des corps en décomposition, ça ne sent pas la rose. Mais tout de même ! Je commençais à retirer mes autres vêtements, souhaitant aller les laver et me doucher au plus vite, lorsque la porte s'ouvrit, manquant de m'arracher un cri de dignité bafouée. Heureusement, ce n'était que Frost, un malin qui savait parfaitement comment se servir de son museau pour aller là où il souhaitait. Je levais les yeux au ciel lorsqu'il vint me voir en agitant la queue, apparemment très fier de lui. « Bah voyons monsieur, tu arrives au bon moment en plus. T'es content de toi ? Et ne ferme pas la porte, surtout. »le grondais-je sans trop de conviction, m'approchant de lui pour lui caresser la tête sur le chemin pour aller la fermer correctement. Je vis alors un petit bout de papier plié à mon nom mis en travers de son collier. Intriguée, je le pris et le lu, un sourire illuminant peu à peu mon visage. Une surprise ! Je m'empressais de remettre quelque chose de présentable sur le dos avant de me diriger vers la salle de bain du second, très intriguée. Ais-je déjà précisé que j'étais d'une curiosité sans fin ? Un mot comme celui-ci avait tout pour me plaire.

Sans bruit, je rentrais dans la salle de bain. Je restais ébahie devant le spectacle qu'elle me renvoyait. J'avais l'impression d'être de retour chez moi, devant ma propre baignoire et mon miroir. J'en eus les larmes aux yeux. Dieu, c'était bien ça qui me manquait le plus finalement... Le luxe de pouvoir se faire couler un bain lorsque je le souhaitais, de prendre soin de moi pendant une heure ou deux juste pour me détendre. La première chose que je ferai lorsque tout sera terminé, ce sera de prendre le bain le plus long de mon existence, décidais-je alors en m'approchant de plus près de la merveilleuse surprise. Où avait-il bien pu trouver tout ça ? Oh, non, ce n'était pas la bonne question, pourquoi avait-il retenu tous les détails que j'avais pu lui donner sur ce que je regrettais ? Je caressais un instant le peignoir avant de passer aux autres objets, admirant les couleurs et toutes les promesses de ces produits de beauté, puis tombais sur un nouveau mot, près d'une bougie. J'en poussais une exclamation ravie. C'était un merveilleux cadeau, qui ne pouvait pas tomber mieux.

Je soupirais de contentement lorsque je fus enfin entièrement immergée dans la baignoire. Ah, décidémment, c'était bien ça ma sensation favorite ! Je me détendis totalement, appréciant les odeurs des parfums des produits et des bougies, qui sentaient merveilleusement bons après autant de temps passé à vivre près de cadavres. C'était parfait.

Un mot attendait mon génie de l'autre côté de la porte.

C'est divin, merci énormément ! J'adorerais entendre ta voix. Serait-ce une invitation à dîner ? Lapin pour moi, chef ! Donne-moi une petite heure ?




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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Mar 3 Mai 2016 - 8:31

En voyant le sourire espiègle et radieux de l’ange aux yeux de saphir, Robert senti une douce chaleur envahir son estomac. Regardant la porte de la salle de bain se refermer sur la luminance de Breann, le sourire de l’homme difforme atteignit des sommets. Il n’avait pas souri autant depuis une éternité, depuis le départ de sa famille en fait. Le colosse alla sortir pour rejoindre le rez-de-chaussée, mais un mouvement le fit s’arrêter tel un cerf éblouit par les phares d’une voiture. Un bras gracile et à la blancheur immaculé venait de sortir pour mettre un mot sur la porte. Curieux, l’être de cauchemar s’avança avec lenteur et discrètement. Mais la discrétion et le colosse peu agile faisait deux. Bobby s’avança donc avec la légèreté d’un pachyderme saoul dans un magasin de porcelaine de chine. Tendant une main inquisitrice, un peu tremblante tout de même, le monstre de foire prit le papier. Portant le mot au bout de son bras, les yeux plisser de l’homme essayèrent de déchiffrer la calligraphie soignée de l’être divin. Chaque mot n’était pas une torture cependant comme le calvaire qu’il avait à lire. Robert appréciait chaque syllabe et les quelques phrases s’inscrivent en lettre de feu dans sa mémoire. Quand la siginification du message parvint enfin à la conscience de l’homme, le mineur s’étouffa presque.

Robert- Euh… J’ai jamais eu de rendez-vous… Euh… Prend tout ton temps d’accord? Moi je m’occupe de chanter et ensuite du lapin.

Appuyant son dos immense sur la cloison du corridor, Bobby se laissa glisser au sol. Tout doucement, la voix rauque du mastodonte se transforma en une voix juste, si belle et envoutant. Les vaguelettes de la modulation sonore du chant se propagèrent dans l’atmosphère du refuge. Un apaisement et une béatitude enveloppa les âmes des survivants, apportant une paix presque surnaturelle. Frost alla se coucher tout près de son maître, sa grosse tête appuyer sur ses genoux. Robert continua de chanter, flattant le crane du St-Bernard. C’était comme si le chant avait le pouvoir de soulager les souffrances de tous et chacun. Après une demi-heure de chants, tantôts des ballades relaxantes et d’autres fois des paroles plus joyeuses, la lie de l’humanité se leva et Frost bailla à s’en décrocher la mâchoire. Plaça ses deux mains calleuses de chaque côté du crâne du chien et lui murmura tout doucement.

Exemple de chant:
 

Robert- Merci Frost… Euh… Tu es un bon chien, mais tu sais quoi faire pour un rendez-vous… Euh… J’ai jamais fait ça de ma vie.

Une douce voix perça la nervosité du géant et ramena un peu de paix dans l’inquiétude qu’il ressentait. Aori lui fit signe de venir la voir. Dans des mots simples, elle expliqua au colosse médusé qu’il devait mettre ses plus beaux vêtements, être serviable et d’être surtout la merveilleuse personne qu’il est jour après jour. Remerciant la jeune femme avec enthousiasme et lui laissant un St-Bernard étonné de voir le colosse si guilleret, Robert alla dans le salon. Il prit la seule chemise intact qui lui restait, une chemise à carreau et il se mit du désodorisant après c'être laver à la débarbouillette. Prenant une de ses derniers gomme à la menthe, il l’engouffra dans sa bouche. Remettant ses bretelles, l’homme difforme ressemblait plus que jamais en un bûcheron. Laissant rôtir le lapin au-dessus des flammes dansantes du foyer, Robert fit cuire le riz et une autre surprise germa dans son  esprit. Prenant un barre de chocolat, morceau de délice presque paradisiaque, il le fit fondre doucement. Ouvrant une conserve de salade de fruits, il prépara un dessert des plus rares pour cette époque troubler. Une fondue de chocolat.  Bientôt tout fut fin prêt et il se plaça au pieds de l’escalier pour attendre l’ange qui l’avait envouter. Nerveusement, le mineur se tordit les mains. Son état lunatique repris le dessus et il replongea dans ses souvenirs heureux. Sandra et Rosalie qui expliquait comment se comporter avec une dame. Les règles de bienséances et de politesses. Les bases avaient rester ancrer dans l’esprit lent de l’homme. Les leçons amusantes où la sœur du monstre servait de cobaye. Une petite toux ramena au présent le massif colosse.

Les yeux océaniques s’agrandirent de stupeur et de surprise. La mâchoire inférieur de Bobby subis de plein fouet la force de la gravité. Il n’avait jamais vu de femme aussi splendide de toute sa vie. Breann dégageait un charisme si aveuglant que maintenant il n’avait plus aucun doute dans l’esprit. La journaliste était un ange venu du paradis pour aider par son sourire et sa bonté les êtres désemparer comme lui. Essayant de retrouver un contenance, de faire descendre la rougeur qui ornait maintenant ses joues et qui devait se faire remarquer de la lune, le mastodonte avala sa salive. Dans le même temps, la gomme dans sa bouche fut engloutis pour disparaître dans sa gorge. Après quelques instants d’essaies infructueux pour parler qui semblèrent amuser la belle, la bête réussi à chuchoter quelques mots incertain mais d’une honnêteté si frappante.

Robert- Euh… Tu avais raison pour le maquillage. Je ne croyais pas que tu pouvais être encore plus jolie, mais tu as réussi… Euh… J’ai mis ma seule chemise qui était ok… Euh… Tu veux approcher.


Se plaçant près de l’ange aux yeux de saphir, Bobby prit une grande respiration. Une odeur de lavande chatouilla ses narines et jumeler à la douce de cannelle qui semblait suivre partout l’être divin, le colosse trouva cela irrésistible. Le géant fit alors un acte qu’il avait appris avec sa sœur. Tendant son coude pour escorter la superbe jeune femme à la table, le golem de chair tira la chaise. Quand celle-ci fut bien installer, il demanda simplement.

Robert- Euh… Il y a de l’eau, du mooshine au pommes ou bien du coke que j’ai trouvé l’autre jour… Euh… Tu aimerais quoi?

Servant le breuvage désiré, l’être indigne d’être près d’une si telle beauté alla chercher le civet de lapin et le riz. Donnant les meilleurs morceaux à Breann, le colosse prit ce qu’il restait et il s’assit lourdement une fois l’assiette compléter. Levant son regard ému et si tendre vers la jeune femme, il ne put chuchoter quelques mots de plus.

Robert- Merci Breann… Je n’ai jamais eu de rendez-vous tu sais… Euh… Ma sœur a voulu que je rencontre des amies à elles mais en me voyant elles se sauvaient… Euh… Tu as réalisé sans le savoir un de mes rêves.

Pointant le repas de son index immense, le mastodonte rajouta avec une lueur d’espièglerie dans le regard.

Robert- Si tu manges bien, il y a une fondue au chocolat maison… Euh… Je me souviens que tu aimes ça le chocolat quand on s’est vu la première fois… Euh… Tu avais l’air de savourer chaque morceaux… Euh… C’est avec une salade de fruits comme je faisais avec Sandra dans les bois… Euh… Bon appétit.

Laissant la joie infuse du moment se manifester par un sourire merveilleux et doux, le monstre de foire prit sa fourchette pour goûter au tendre civet. Dégustant la bouchée cuit avec justesse, le colosse excellait dans la cuisine, il ferma les yeux pour en apprécier toutes les arômes. Avalant la bouchée, un doute saisit alors l’homme. Il devait faire quoi maintenant? Parler oui c’est ça. Il voulait connaître la divine apparition.

Robert- Euh… Tu écris beaucoup. Tu es professeur ou écrivaine? Un coup tu as oublié une note sur la table et je l’ai lu… Ça doit m’avoir pris cinq minutes pour bien comprendre les mots tu sais… Euh… Mais c’était presque magique meilleur que plusieurs livres que j’ai lu.

Une sincérité si pur cajolait chaque parole de l’être si affreux.



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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Dim 8 Mai 2016 - 20:18

Ce moment devint aisément l'un de mes meilleurs souvenirs dans cette apocalypse. Retourner à un semblant de normalité, retrouver ce qui était autrefois ma routine, me sentir protégée de tout... Je revivais. Non, décidemment, je n'étais faite que pour être une créature de plaisir, pas de violence. J'étais indolente, et j'allais très certainement finir en vieille femme tenant absolument à sa permanente et à son maquillage, mais je m'en moquais totalement. J'étais parfaitement en phase avec ce que j'étais réellement. Et dire que je pouvais me prélasser tranquillement grâce à la gentillesse d'un homme... Un homme qui se révélait plein de surprises, autant que de prévenance. Immergée jusqu'au cou, j'entendis s'élever dans la nuit une voix puissante et grave qui me fit frissonner. J'avais déjà surpris quelques fois notre bon géant en train de pousser la chansonnette, mais il s'interrompait toujours bien vite lorsqu'il me voyait arriver. Je découvrais pleinement sa voix ce soir. Dire que je l'avait en tant que soliste pour moi seule... J'en connais qui seraient jaloux ! Un concert privé rien que pour moi, juste pour mon bon plaisir... J'ai l'impression d'être une princesse. Ou plutôt une diva.

Je me laissais bercée par les notes qui s'enchaînaient sans une faute, appréciant cet intermède musical à sa juste valeur. J'étais hors du temps, tout simplement. Puis, comme toutes les bonnes choses ont une fin, le silence revint, me tirant de ma torpeur. Je commençais alors à me nettoyer correctement, me pomponnant avec coquetterie, souhaitant faire bonne impression et remercier mon ami à la hauteur du cadeau qu'il m'avait offert. La palette fut bien utilisée, je me fis aussi belle que possible, retrouvant avec plaisir toutes mes habitudes de mise en beauté, riant comme une enfant devant le miroir. J'avais l'impression d'avoir retrouvé mes dix ans et de me maquiller de nouveau avec les affaires de ma mère tant j'étais excitée. J'y étais peut-être allée un peu fort, mais le résultat que me renvoyait le miroir était tout à fait flatteur. Je me lançais une oeillade joueuse avant de quitter la salle de bain, peignoir sur le dos, prenant bien soin d'emporter mes cadeaux. Je dus me retenir pour ne pas sautiller jusqu'à ma chambre.

Une fois là, j'allais fouillais dans mes affaires, cherchant quelque chose de propre et d'aussi seyant que possible lorsque je m'aperçus qu'une valise était posée en évidence sur mon lit. Non, encore un autre cadeau ? Mais je n'allais jamais avoir assez de toute ma vie pour le remercier ! Retenant un gloussement bien peu distingué, j'ouvris la valise et plongeais les mains dedans, émerveillée comme une petite fille qui venait de trouver une malle remplie de robes anciennes. Alors que je sortais certains vêtements, je suspendis brusquement mon geste, un soupçon de culpabilité s'emparant de moi. Ce n'était pas à moi, tout ça... Et qu'est-ce qui avait pu arriver à la propriétaire ? Non, ça, je ne le savais que trop bien... Avais-je seulement le droit de me servir ainsi ? Ennuyée par ma brusque montée de remords, je restais un moment là, immobile, me mordillant la lèvre inférieur en hésitant sur la marche à suivre. Puis je décidais tout simplement d'emprunter une robe pour l'occasion, puis de laisser les autres filles de la maison se servir dans la valise. Il n'y avait pas de raison valable pour que je m'accapare tout ça. Forte de cette décision, j'essayais les quelques robes que la propriètaire avait décidé d'emporter coûte que coûte, pestant un peu contre elle et son apparente minceur. Enfin, avec toutes ses épreuves, j'ai perdu les kilos en trop qui me faisaient râler devant mon miroir. Je finis par en trouver une bleue m'allant plutôt bien. Et pour les chaussures... Nous ne faisions pas la même pointure malheureusement. Eh bien, tant pis, allons-y pieds nus ! Ce n'est pas non plus un dîner dans un grand restaurant, personne ne jugera ma tenue excessivement déparaillée.

Jugeant les bijoux également superflus, je descendis ainsi, fraîche et maquillée, rejoindre mon cavalier du soir. J'eus un grand sourire en voyant que lui aussi avait fait des efforts sur sa tenue. On peut dire qu'il a une belle carrure, notre Robert ! Je me trouvais chanceuse d'avoir un homme tel que lui pour rendez-vous du moment, il m'impressionnait. Et voir la lueur de ravissement qui s'était soudainement allumée dans ses yeux en me découvrant me tira un léger rossissement. Je n'avais pas été si fréquemment que ça été dévisagée comme si j'étais la septième merveille du monde... Cet homme savait exactement comment flatter ma vanité ! Pour reprendre contenance, je repoussais ma natte d'un geste désinvolte et vins prendre le bras que m'offrait galamment le géant. Je regrettais instantanément de ne pas avoir de talons hauts pour lui éviter de se casser le dos en se penchant vers moi. Heureusement, le chemin jusqu'à la table n'était pas long, ce n'était que pour la forme. Je le laissais m'installer, admirant l'effort mis sur la présentation et notant la petite bougie conférant une touche de romantisme à la soirée. Roh, il faut que je cesse de rosir en notant ce genre de choses, ce n'est tout de même pas la première fois pour moi !

Je choisissais le moonshine et remerciais Robert lorsqu'il me servit, étrangement timide. C'était mon premier rendez-vous depuis Dylan... La sensation m'était tout à fait étrange. Jusque là, je n'en connaissais pas moi-même la raison, je lui étais restée malgré tout fidèle. J'avais évité de trop sortir, décliné les quelques propositions... Et soudainement, je me retrouvais en plein rendez-vous galant dans un monde apocalyptique avec un de mes compagnons m'ayant sauvé la vie. Cherchez la normalité.

Robert, assis en face de moi, me remercia d'avoir accepté l'invitation et me présenta la suite des plats à venir, allumant une étincelle de gourmandise dans mes yeux. D'une voix chantante, je lui répondis en souriant : « Oh, Robert, ne me remercie pas, je n'ai absolument rien fait... Mais c'est extrêmement flatteur pour moi d'apprendre que je viens d'exaucer un de tes souhaits, j'ai l'impression d'être une bonne fée ! Et entre une fée et un génie, on doit forcément s'entendre... Merci pour tout ce que tu m'offre ! Et bon appétit ! »ajoutais-je en français en ponctuant le tout d'un clin d'oeil.

Je pris une première bouchée de mon plat et fus épatée par la qualité du repas que m'avait préparé si gentillement Robert. Cet homme était le mari idéal en vérité ! Il chante, cuisine, fait attention aux petits détails, est gentil avec les enfants... Sa sœur n'avait pas su correctement le vendre à ses amies, c'était la seule explication plausible ! J'allais le complimenter lorsqu'il reprit la parole, et son air hésitant m'attendris une nouvelle fois. J'allais jouer les professeurs de l'amour avec plaisir. Son compliment me prit par surprise et me tira un véritable rougissement, à ma grande gêne. « Oh, tu sais, ce n'est rien d'autre que quelques petites notes... Mais merci beaucoup, j'espère que tu aimeras autant le livre si je réussis à le faire publier quand les choses iront mieux. J'étais journaliste... Oh, pas très connue, une petite journaliste pour un petit journal, mais il faut bien commencer quelque part... -expliquais-je en haussant légèrement les épaules, comme si je cherchais inconsciemment à m'excuser de ma petitesse.- Je voulais devenir dessinatrice, j'avais envoyé ma candidature juste avant que les choses ne dégénérent en catastrophe. Je pense que je n'aurais jamais ma réponse, mais je serai bien incapable de le leur reprocher. J'en enverrai sûrement une autre, plus tard... » achevais-je en souriant un peu tristement, consciente que ce n'était là qu'un rêve pieux. Puis je m'animais de nouveau : « Et toi dis donc, espèce de grand cachottier ! Je ne savais pas que tu avais une si belle voix, tu n'as jamais pensé à te lancer dans la chanson ? Ils n'attendent que toi, j'en suis sûre ! Il faudra que tu passes des auditions ou quelque chose dans le genre, c'est bête de laisser passer un tel talent ! » J'en étais tout excitée, alors que je savais bien que c'était hautement improbable qu'il puisse révéler son talent devant le monde entier maintenant que nous avions perdu tout contact avec le monde civilisé. Mais pour ce soir, je voulais juste rêver. Juste avoir l'impression que tout était comme avant, normal et rassurant.




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MessageSujet: Re: Fly Me To The Moon... feature Breann Yates   Mar 10 Mai 2016 - 14:42

Robert était tout simplement sous le charme presque surnaturel, simplement divin, de Breann. Chaque sourire, chaque petite rougeur sur les joues de porcelaine de l’ange aux regards de saphir étaient tout simplement un instant de pur bonheur pour le monstre de foire. Le cœur débordant de gentillesse de l’homme frappait si fort dans sa poitrine que Bobby pensait qu’il se fêlerait une côte ou deux. Au début de leur rencontre, une éclosion s’était produite dans son estomac, un papillon solitaire avait pris son envol dans son âme. Au fil des semaines, plusieurs autres créatures ailées avaient pris d’assaut les plaines verdoyantes d’un amour naissant. Des ballets aériens sublimes accompagnaient chaque présence de la journaliste. Le golem de chaire n’avait hâte que le soleil se lève pour qu’il puisse recevoir une étreinte de celle qui occupait maintenant ses pensées. Au début il ne croyait aucunement à l’amour, sentiment si doux qu’il devait être interdit à une parodie d’homme tel que lui. Et depuis Abigail, la bête avait fait le deuil de rencontrer une belle qui allait tout changer sa vision. Une lueur d’espoir accompagnait maintenant la douce apparition à la chevelure à la cascade de cuivre en fusion.  Dans l’horreur de ce monde apocalyptique, une étincelle de vie et d’amour pouvait être encore possible. Le mineur si souvent rejeté devait faire un acte de foi et se jeter tête première dans l’océan mouvementé de sa peur et de ses sentiments nouveaux. Quitte à se noyer et sombrer dans les abimes du désespoir ou bien être arraché des eaux par l’ange au regard si merveilleux.

Mastiquant tout doucement la viande et le riz, laissant la nourriture rouler dans sa bouche fermée, l’homme écouta attentivement sa cavalière d’un soir. Robert ne pouvait que voir une similitude frappante avec une vedette avec sa natte, la robe qu’elle avait choisi de porter faisant ressortir ses yeux  comme deux pierres précieuses dans un cairn de soie. Quand la voix chantée si mélodieuse à l’ouïe du géant cessa, celui-ci regretta cette petite pause dans la discussion. Il ne pouvait la comparer les arabesques vocales de Breann à un vent doux qui soufflait délicatement d’un feuillage d’un arbre. Une caresse de plus que l’être de lumière prodiguait au monstre de noirceur indigne d’avoir son attention. Une lueur d’espièglerie et surtout de malice traversa alors le regard bleuté si semblable à un océan calme du mineur. Avec un petit sourire énigmatique, il hocha la tête comme si un Archimède miniature venait de cirer Eureka dans les fins fonds de ses pensées. Il prit une petite gorgée de son verre et la voix rauque et rocailleuse s’éleva. Mais loin d’avoir la dureté à laquelle on s’attendait, les mots étaient d’une tendreté et d’un douceur hypnotique.

Robert- Je suis sûr que tu es une grande journaliste Breann… Euh… Tu sais mettre les gens à l’aise. Je ne suis pas trop à l’aise avec les gens… Euh… Avec toi j’ai su que tu as une belle âme et que je pouvais te parler.

Rougissant doucement, le visage de l’homme se fendit d’un sourire qui était le mélange cocasse de sa gêne et de sa reconnaissance envers les doux mots de l’ange. Se perdant dans les yeux de sa compagne du moment, la créature à l’apparence de cauchemar se jeta à l’eau.

Robert- Tu es trop gentille… Euh… C’est Sandra qui écrivait les chansons quand elle était à l’hôpital… Euh… Elle avait un truc qui se traitait avec la chomo, non chimio. Elle m’a écrit toutes les chansons que tu as entendues… Même une pour celle qui voudra de moi… Euh…


Ne sachant pas trop s’il devait continuer au non, la bête prit une nouvelle gorgée de son alcool fort. Pour essayer de trouver le courage de continuer ses explications tortueuses.

Robert- Je ne veux pas déranger les gens, tu sais… Euh… Je n’ai chanter que pour les personnes que j’aime. Sandra, Rosalie, Abigail, Selene et toi. C’est comme si je laissais l’homme sous le monstre parler avec le chant… Euh… Comme disait ma nièce, laissez mon âme et mon cœur s’exprimer.

Sans s’en rendre compte, il venait d’avouer que la beauté en face de lui était très importante dans sa vie. Un peu comme un soleil pour un système solaire ou bien l’eau pour les êtres vivants. Continuant tout bonnement, Bobby déposa sa main immense sur la table. Celle de l’ange était bien à plat, tout près de la sienne. Le contraste était saisissant. Une gracile et toute en beauté et l’autre rugueuse et monstrueuse.  Sans comprendre le pourquoi ni le comment, Robert releva sa grosse paluche et la déposa sur la main de Breann. Un instant de doute, une pensée de souillure de l’aura divine de l’être surnaturelle qui sera le résultat de sa manœuvre idiote. Mais prenant le peu de courage qui courait dans ses veines, Robert engloba la peau de soie de la main de l’ange avec la rudesse de la sienne. Un apaisement et une béatitude semblèrent alors se propager de la bête pour former un cocon protecteur autour de la belle. Le contact pouvait ressembler à la délicatesse d’un papillon qui se posait sur une fleur sublime et d’une exquise beauté. Le ton lent et chaud du colosse engloba la scène presque féérique. Une douce chaleur se propagea entre les deux êtres, comme si chacun attendait le geste tant convoité.

Robert- Si tu crois que je pourrais faire les auditruc, je vais le faire… Euh… Mais ça te dérangerait pas de venir avec moi? Tu parles si bien et moi je suis con devant les gens tu sais… Euh… Tu aimes dessiner quoi au juste?

Finissant ses dernières bouchées avec entrain, écoutant attentivement chaque mot de la journaliste, le mastodonte se leva et alla porter son assiette vide dans le lavabo. Un sourire à la dentition inégale, amis sincères et honnêtes, s’était déposé sur ses lèvres exsangues.

Robert- Excuse-moi un instant… Euh… Je dois aller voir un truc dans mon sac à dos. C’est juste là-bas ok? Je reviens très vite.

Se dirigeant  vers le fauteuil qui lui servait de lit de son pas qui ressemblait étrangement à un ours savant, Robert fouilla un peu dans ses souvenirs. Sortant un sac de plastique hermétique, l’homme se dirigea vers celle qui l’attira comme un papillon de nuit sur une flamme de chandelle. Déposant le tout près de la main de Breann, Robert desservit alors les couverts bien nettoyés de la jeune beauté. Il ouvrit le contenant étanche pour en sortir du matériel d'artiste. C’était un gros calepin pour faire des esquisses, dont la moitié des pages étaient enlevées, et la boite contenait des fusains et des crayons à dessins. Sur le recto de la couverture se trouvait une note. " A Sandra. Tou mon amour oncle Robert" D'une main malhabile, il rajouta avec un des crayons de l’ensemble " A Breann de mon cœur Robert et Sandra" Une petite boule d’émotion frappa durement la gorge du colosse et celui-ci s’expliqua avec une tendresse sans borne.

Robert- Sandra dessinait beaucoup aussi après les massages que je lui donnais pour la guérir… Euh… Je ne savais pas pourquoi je l'ai garder, mais je devais te le donner… Euh… Je sais qu’elle aurait voulu que tu l’aies, car elle aurait trouvé que tu es une personne super. Aussi on doit continuer à faire ce qu’on aime, tu crois? Euh… J’aimerais bien voir un de tes dessins un de ces coups. Je vais finir pour la fondue… Euh… Si tu veux me poser des questions vas-y je vais essayer de te répondre du mieux que mon cerveau le peut…

Le colosse endimanché comme il ne l’a jamais été commença à faire le dessert avec une minutie digne des chefs disparues…



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