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 Baby, don't loose control

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Tom Kuechly
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Lun 2 Mai 2016 - 23:59

Dis comme ça on pourrait presque en rire. 'Une atroce souffrance'. Et quand elle dit qu'elle me comprend je la crois. C'est une phrase clichée qu'on sort pour tout et n'importe quoi mais je crois qu'elle est sincère. Faut pas avoir fait Stanford ou Harvard pour deviner qu'elle doit, elle aussi, avoir un objet qui lui tient énormément, et même plus, à cœur. Sans doute un bijou offert par son mari. Ou celui qui devait le devenir plutôt. L'adjectif qu'elle emploie pour qualifier ma mère m'extirpe un léger sourire. C'est con mais adorable j'ai toujours associé ça à un petit animal de compagnie ou un enfant. Moi à huit ans, ma grand-mère en train de dire à ses voisines à quel point son petit-fils était a-do-ra-ble. Mais le mot colle bien à ma mère oui. Il n'en reste que derrière ce visage se cachait une femme forte. Bien plus forte que je ne le serai jamais. Sa question suivante me fait "marrer". Etrange d'employer le mot 'partie'. Comme si me demander depuis quand elle était morte ou décédée allait me mettre en rogne. Une fois de plus je constate qu'elle est gênée d'avoir poser cette question. Et je ne vois pas vraiment pourquoi. Ce n'est pas une question trop indiscrète ou embarrassante. Et puis je pensais que tout le monde a Emerald connaissait l'histoire. Une partie du moins. Elle prend le temps s'excuser. C'est appréciable mais vraiment. Pas de quoi en faire toute une histoire ...

« Non ça va.. Juste que ca m'étonne qu'il y ait encore des gens qui ne sachent pas ce qui m'est arrivé. Je prends une grande inspiration. C'est pas comme si je n'en avais jamais parlé. Elle est morte le vingt et un octobre. Je marque une pause pour compter les mois sur mes doigts. Six mois. Tellement lointain et tellement récent. J'hoche la tête de droite à gauche. Je passe une main sur mes yeux et dans ma barbe. Parfois je me dis que … Je commence à avoir une poussière dans l'oeil. Je me mords la lèvre. Mon cœur se serre. finalement elle est p'tet mieux là où elle est. Là-haut avec mon père. Je déglutis fortement. Prend une grande bouffée d'air. Mais c'est des putains de conneries. Ma voix tremble. Je passe à nouveau la main sur mes yeux. Une excuse de merde alors que tout est de ma faute. Je cligne des yeux et une larme coule le long de ma joue. Puis une deuxième. Je ne sais ce qu'il me prend. Le jour où elle avait le plus besoin de moi... Et j'ai même pas été capable de la protéger. Tout ça parce que je suis trop con putain. Trop con pour pas me rappeler un truc qu'on m'a rappelé cinq fois d'affilé. Je frotte encore mes yeux mais ne retiens pas mes larmes pour autant. J'ai la gorge nouée. L'esprit qui part dans tous les sens. Plus question de faire machine arrière. Elle est morte à cause de moi. Mille fois je me suis fait le scénario. Mille putain fois. J'aurais jamais du y retourner. J'aurais du lui tenir tête mais non. Mes yeux sont inondés. Je croise son regard de temps en temps. Comme pour y retrouver du réconfort alors que je n'en mérite aucun. Je n'ai pas honte de pleurer. Si je n'étais pas capable de verser des larmes pour ma mère, je serais pire que tout. Pire que le monstre que je suis déjà. Elle doit tellement m'en vouloir. J'voudrais tellement lui dire à quel point je suis désolé. Que je pensais absolument pas ce que j'ai dis avant de sortir. Que j'échangerais ma place avec la sienne dix fois, cent fois. Et pourtant. Chaque jour je prends cette putain d'excuse. Et chaque jour j'y crois un peu plus. Qu'ici c'est la merde et qu'elle est bien mieux là haut. Et le pire. Enfin ... A chaque que je dors et que je rêve … Un sanglot plus fort que les précédents me prend. c'est quasiment toujours pareil … je … je la vois de dos ou … je l'entends et quand … quand elle ou moi se retourne et que je la regarde … tout ce que … son visage … sa joue … sa gorge … Accompagnant les paroles d'un geste de la main signifiant 'arraché', 'déchiqueté'. Je craque complètement lorsque l'image me revient pour une énième fois en tête. C'est tout juste si je me rappelle son visage. Si j'avais pas ce médaillon je … c'est … Elle méritait tellement pas ça. Elle méritait pas d'avoir un fils comme moi. Je suis qu'un bon à rien. Je suis désolé. Je la fixe du regard mais ma vision est tellement troublée que je ne vois presque rien. Je suis là à te raconter ma vie, à me plaindre alors que t'as visiblement tes propres problèmes. Qui sont pires que les miens. Tu m'as rien demandé et je m'emballe tout seul. Je suis qu'un con. »

Les mots sortent tout seul. Comme si je les avais retenu depuis trop longtemps. Est-ce parce qu'elle ne connaît pas mon histoire, parce qu'elle me l'a demandé, parce qu'elle a gaffement annoncé qu'elle devait se marier et que je me sens en quelque sorte redevable de lui dire quelque chose ou bien aujourd'hui est-il le jour où je dois me confier, peu importe à qui ? Les mots s’enchaînent. Une phrase en entraînant une autre. J'étais sûr que si ce jour devait arrivé, je me mettrai à tout déballer. Se débarrasser du poids dans sa totalité et ne rien garder sur le cœur. Les larmes de colère, de tristesse, de culpabilité n'ont pas cessé depuis qu'elles ont commencé à couler. Même s'il y en aura eu moins sur la fin. Mon cœur est en miette. Je me demande encore ce qu'il m'a pris. Je ne cherche pas du réconfort. Je n'en mérite pas. J'aurais du garder cette histoire pour moi car elle ne regarde personne que moi. J'ai parlé, parlé et parlé sans même entendre ce qu'elle aurait pu me dire. Trop focalisé sur ma petite personne. Elle a pu me dire d'arrêter ou que … je sais pas … que c'est pas ma faute mais pendant mon monologue, aucun son n'aurait pu atteindre mes oreilles. Mais maintenant j'ai retrouvé mes esprit. Un semblant tout du moins. Je frotte une dernière fois mes yeux. Et j'attends. Incapable de prononcer le moindre mot. Mon cerveau me disant que j'en avais déjà bien assez dit. Tout ce qu'il me reste à faire c'est la fermer. La fermer et attendre.
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Mar 3 Mai 2016 - 8:16

Elle n'aurait vraiment pas dû poser cette question. Après  tout, ce n'est pas correct de poser ce genre de question quand on ne connaît pas la personne. Enfin, elle connaissait Tom pour l'avoir déjà vu et peut être discuté une fois ou deux avec lui, mais est-ce que ca justifiait de s'introduire dans sa vie de la sorte ? Pas sur. En même temps, peut être que ca lui permettrait de s'ouvrir et éventuellement de se libérer. Ce n'est pas toujours facile de se confier, surtout à l'heure actuelle ou les gens n'étaient pas forcément très réceptifs non plus. Holly, elle, préférait entendre les récits des autres. Elle avait toujours été d'une bonne écoute, de bons conseils, l'oreille attentive à laquelle on aime confier des secrets. L'avantage, c'est qu'elle n'était pas une commère et savait garder les confessions pour elle. Si elle n'était pas devenue Clerc de notaire, elle aurait sûrement fait une très bonne psychologue. Encore quelque chose qu'elle ne saurait jamais. Visiblement, Tom ne semblait pas perturbé ni embarrassé par la question. Tant mieux, il aurait été dommage qu'elle me contrarie malencontreusement. Il devait être du genre à se confier, puisqu'il lui fit savoir que beaucoup de monde était au courant de son histoire. Holly avait pour habitude de laisser traîner ses oreilles un peu partout, parfois même là où elle ne devrait absolument pas le faire. Mais cette histoire là ne lui était jamais parvenue, allez savoir pourquoi. Pourtant, les ragots vont bon train à Emerald, dès  qu'il y a quelque chose à raconter certains se chargent de faire circuler l'info, et parfois avec quelques details sortis tout droit de leur imagination. Bref, Tom commença son récit et la blondinette l'écoute attentivement.

Dès le début, elle sent l'émotion dans sa voix et se dit immédiatement que ca n'annonce rien de bon pour la suite. Sa mère est évidemment morte tuée par des rôdeurs, et comme elle aurait pu l'imaginer, le jeune homme se rejetait la faute. Elle n'était pas présente au moment des faits, mais elle était persuadée qu'il avait fait ce qui lui semblait le mieux sur le coup. Alors oui, ce n'était pas forcément la meilleure des choses à faire, mais que pouvait-il en savoir à ce moment là ? On ne peut pas prévoir les choses à l'avance. Voilà que Tom se met à pleurer, et on ressent, en plus de la tristesse, de la colère dans sa voix. De la colère contre lui-même. Holly doit avouer qu'elle se sentait, a l'instant présent, très mal à l'aise. Elle n'avais absolument pas souhaité mettre Tom dans un état pareil, c'était quand même très délicat. Néanmoins, elle était contente qu'il se confie. Il en avait besoin, ca sautait aux yeux, elle était donc ravie de pouvoir lui apporter ca, une écoute attentive qui allait lui permettre de se libérer d'un poids, au moins pour quelques jours.

Il lui raconta le rêve qu'il faisait souvent, voyant sa mère en état de décomposition suite à sa blessure due aux rôdeurs. Elle ne put s'empêcher de grimacer. Voir un rôdeur était déjà affreux, enfin Holly ca la prenait aux tripes de croiser ces machins là, mais alors quand il s'agit d'un de vos proches, elle n'osait même pas imaginer... Durant tout le récit du jeune homme, elle resta silencieuse et attentive. Elle voyait qu'il avait besoin d'évacuer, il était donc hors de question de l'interrompre pour commenter ses propos.
Elle s'approcha un peu plus de lui et passa son bras autour de ses épaules, de façon amicale, lorsqu'il sanglota plus fort. Elle était de plus en plus mal à l'aise. C'est seulement une fois qu'il eut terminé qu'elle prit la parole.

Tu n'es absolument pas responsable de ce qui est arrivé à ta maman, retire toi ca de la tête, d'accord ? Elle n'aurait pas voulu que tu te rejettes la faute, et par dessus tout, je suis persuadée qu'elle ne t'en veut pas. C'est une mère, elle comprend les réactions de son enfant, elle sait que tu as voulu bien faire. Tout ne s'est pas passé comme tu l'avais espéré, mais malheureusement c'est le destin...

Elle marqua une courte pause. Pas sure qu'elle parvienne à le réconforter. Certaines blessures sont plus difficiles à panser que d'autres, seul le temps peut y parvenir... Et puis, six moi, c'était encore trop frais pour qu'il puisse accepter ce qu'il s'est passé.

Si tu veux mon avis, je pense effectivement que ta maman est mieux où elle est. Et tu veux savoir pourquoi ? Parce qu'elle n'aurait pas survécu à la douleur de te perdre. Perdre un enfant, ça doit être le pire qui puisse arriver à quelqu'un. Imagine que l'inverse serait arrivé, que tu aies été tué par ces foutus rôdeurs. Imagine ta mère seule face à ce monde. Comment crois tu qu'elle aurait fini cette histoire ? Au moins, toi, tu fais vivre ta mère, à travers toi et à travers ce médaillon. Sois fier de ca, de faire perdurer le souvenir de ta mère, c'est une très belle preuve d'amour que tu lui fais, et moi je pense qu'elle est fière de toi, d'avoir pris un risque pour la sauver, même si ca n'a pas fonctionné tu as au moins essayé.

Elle lui adressa un sourire de réconfort, il fallait qu'il reste fort même si la situation n'aidait absolument pas.
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Tom Kuechly
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Mar 3 Mai 2016 - 19:57

Elle a passé son bras autour de mes épaules et c'est à peine si je l'ai senti. La pression est retombée d'un coup. Clairement comme si je m'étais délesté d'un poids beaucoup trop lourd pour moi. Mes yeux restent humides mais plus de vraies larmes. Silence pesant pendant quelques secondes. Elle doit se dire que j'en ai fini alors elle prend la parole. Evidemment je sais déjà ce qu'elle va me dire. Ce n'est pas de ma faute. Ma mère doit être fière de moi. Elle m'en veut pas. Les phrases prêtes à l'emploi. Même lorsqu'on les pense réellement, ces phrases sonnent tellement fausses. Et ça ne manque pas. Premiers mots et j'ai compris la suite. Ca part d'un bon sentiment j'en suis sûr mais j'y crois pas une seule seconde. Mais en même temps j'espérais quoi ? Qu'elle me dise que je suis un connard, que je l'ai laissée mourir, que ça aurait du être moi ? Même en colère elle ne dirait pas de telles choses. Ca se voit sur son visage. Que c'est une femme plein de gentillesse. J'écoute sans vraiment faire attention. Certaines phrases retiennent plus mon attention que d'autres. Elle s'arrête pendant un moment et reprend. Elle doit réfléchir à ce qu'elle va dire sans doute. Des paroles potentiellement réconfortantes à nouveau. Elle a tord sur des points, raison sur d'autres. Elle s'arrête une nouvelle fois et me souris. Je lui rends volontiers. Sans me forcer. Et pour pas laisser le silence nous interrompre, je recommence.

« C'est gentil. J'apprécie ce que tu me dis. Mais c'est pas vrai. Je sais même pas pourquoi je me suis mis à déballer tout ça déjà. Je cherche pas à entendre que c'est pas de ma faute. Je suis responsable. Ca fait six mois que je le sais et c'est comme ça. Et c'est pas parce qu'on me dira le contraire que je changerai d'avis. Au fond de moi je sais qu'elle m'en veut pas. Même si elle a toutes les raisons pour. J'aurais pu lui planter un couteau dans le dos qu'elle m'en aurait jamais voulu. Pas qu'elle pardonnait tout à tout le monde mais pour son fils c'était une autre histoire. Et t'as tort de penser qu'elle s'en serait pas sortie si nos places étaient inversées. On fait genre, nous les hommes, avec nos muscles et nos barbes mais on est moins fort que les femmes. Même seule et perdue dans Seattle elle s'en serait sortie. Et ne parle pas de « risque » que j'ai pu prendre pour la sauver. Déjà comme ça ce qui est arrivé est de ma faute. Si en plus je l'avais regardé mourir sans rien faire. Y'a pas de risques. C'est pareil ici. Si demain on part chercher des ravitaillements dans un magasin et que tu te retrouves encerclée, que t'as pas d'échappatoires, que t'as plus d'espoir, que t'as aucune chance de survie, j'm'en fous, je saute dans le tas et je te laisse pas toute seule. »

J'ai dis ces mots en la regardant dans les yeux. L'air convaincu. Je laisserai plus tomber personne. Que ce soit Holly ou quelqu'un d'autre d'ailleurs. Parce que je me suis adressé à elle personnellement là mais c'est valable pour n'importe qui. Même ceux avec qui j'ai moins d'affinité. Même ceux qui me laisseraient crever si les rôles étaient inversées. C'est une promesse que je me suis faite. Il y en qui ne me croiront pas. Parce qu'après tout, face à une armée de rôdeurs, il n'y a pas d'autres alternatives que la fuite. Mais si l'un des membres de ma nouvelle famille se retrouve en danger, je sais ce qu'il se passera. Mon cerveau se déconnectera et je foncerai. Même si la mort est certaine. Ce qui est complètement con. Je l'admets. Mais je refuse d'abandonner les gens seuls face à la mort.

« Et je suis désolé. Je te raconte ma vie, je te mets mal à l'aise, je te fous le cafard, t'essaies de me remonter le moral, évidemment, comme si t'allais faire autre chose ... t'es super aimable et c'est tout juste si je te gueule pas dessus parce que t'es agréable avec moi. Je la regarde en souriant parce que ce que je vais dire doit pas être perçu méchamment. Et surtout me dit pas 'Ne t'excuse pas' ou 'Ne dis pas que t'es désolé'. Même si encore une fois je sais que ces mots seront sincères venant de toi. Par contre te gêne pas pour dire 'Si j'avais su j'aurais gardé ma question pour moi'. C'est bien ça. Ca fait sourire un peu. Ou alors 'Tu parles trop'. 'Tais-toi' aussi  ça marche mais pas 'Ta gueule' c'est trop vulgaire. Bref. Comme tu vois je m'en remets vite. Je sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Sûrement parce que j'ai l'habitude maintenant de penser à tout ça et qu'il faut passer à autre chose rapidement. Même si t'es la première personne à qui je parle de tout ça. Et en plus on se connaît même pas. Je te promets d'habitude j'raconte pas mal d’âneries. Je te parlais du travail taleur, j'ai un nombre incalculables d'histoires. Drôles, moins drôles, bizarres …Je sens que je pars encore n'importe où. J'inspire un grand coup. Je la regarde. Un air un peu plus sérieux. Et merci … Avant de rattraper un grand sourire. 'Ta gueule' c'est pas si mal finalement. »

Parfois j'en arriverai presque à croire que je parviendrais à me saouler moi-même. Une gamelle d'un mile. Si tu veux passer une journée à entendre raconter des conneries, blagues, anecdotes et autres, tu viens me voir et t'en auras pour ton mois. Ah moins que tu me poses une question et que sans raison apparente je te dévoile toute mon histoire. Là t'es mal barre. Je suis quand même une vraie girouette …
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Lun 16 Mai 2016 - 7:50

Bien qu'Holly avait essayé de réconforter le jeune homme et de lui faire prendre conscience que, d'après elle, il n'était pas responsable de ce qui était arrivé à sa mère, sa réponse et les termes qu'il employait firent comprendre à la jeune femme qu'il était encore bien trop tôt pour lui pour accepter ce qu'il s'était passé. Le deuil n'était pas encore fait, et la culpabilité n'était pas encore passée. Il fallait du temps pour cela, et Holly le savait pertinemment. Mais ce qu'elle savait également, c'est que parfois les gens ont besoin d'entendre de tels mots pour prendre conscience des choses et avancer. Malheureusement, ce n'était  pas le cas de Tom. Son esprit avait besoin d'appréhender les choses seul, de temps et de nombreuses heures de réflexion. Certaines personnes ne parvenaient jamais à se dédouaner de toute responsabilité dans des situations telles que celle-là, mais la jeune femme espérait sincèrement que le jeune homme y arriverait. Elle essayait de se mettre à sa place, et se demandait comment elle vivrait avec un tel poids sur le cœur et sur la conscience. Elle réagirait très certainement de la même façon que lui, se rejetterait la faute quoi qu'il ait pu se passer.

Il lui avait fait comprendre qu'il était inutile d'insister, mais avait tout de même accompagné ses mots d'un sourire, sans doute pour que Holy ne soit pas vexée. Quand bien même il n'aurait pas souri, elle ne lui en aurait pas voulu, elle comprenait ce qu'il ressentait. Elle-même culpabilisait de ne pas avoir empêché son fiancé de partir au "front", sans ça il serait peut être encore là. Malheureusement, avec des si, on fera énormément de choses. Tom évoqua le fait que si l'un des membres d'Emerald se retrouvait dans une situation dangereuse, il ne réfléchirait pas une minute avant de faire son maximum pour le sauver, peu importe le risque à encourir pour cela. Il semblait être quelqu'un de courageux et de loyal. Il était fort probable que Holy en aurait fait de même.

Il s'excusa, et Holy tenta de l'interrompre d'un geste de la main, comme pour dire "laisse tomber". Il n'avait pas à s'excuser, après tout, il n'avait peut être pas l'occasion de se confier comme ça aux autres, et puis c'est elle qui avait posé la question... A l'avenir, elle essaierait de s'abstenir. Néanmoins, elle se disait que c'était un mal pour un bien, cela lui avait permis d'extérioriser ses émotions. Il semblait mal à l'aise, ses propos sortant rapidement de sa bouche, et prenant toutes sortes de directions. Il finit par conclure en la remerciant, elle fut touchée par cela. Elle ne préféra pas faire de commentaires en réponse à ce qu'il lui avait dit, elle avait compris qu'il était inutile d'insister, elle ne le convaincrait pas aujourd'hui d'abandonner ses sombres pensées et de ne pas s'en vouloir. Il semblait néanmoins déterminé à aller de l'avant, et c'était déjà une grande chose.

Ne me remercie pas, tu sais où me trouver si tu as besoin de parler. Et ce n'est pas une phrase de politesse, je suis sérieuse. Je pense qu'on a tous besoin de quelqu'un pour traverser les moments difficiles, du moins ça aide. Alors si tu veux que je sois cette personne, surtout n'hésite pas, n'importe quand.

Elle lui adressa un nouveau sourire. Elle savait qu'il risquait de décliner sa proposition, mais elle n'en serait pas vexée pour autant. Après tout, ils ne se connaissaient pas, quoi qu'ils se connaissaient un peu plus maintenant que quelques minutes auparavant. Néanmoins, sa proposition tiendrait toujours, tant qu'elle serait encore là.

Je ne regrette pas d'avoir posé cette question. Enfin si, dans un sens, car le but n'était pas de te faire du mal, mais si elle t'a permis d'extérioriser et de te confier à quelqu'un, alors non, je ne regrette pas. Tu m'as l'air d'être quelqu'un de bien Tom, mais ne te laisse pas bouffer par tes démons, ça serait vraiment dommage.

Il s'agissait d'une sorte de conclusion, comme pour l'inviter à passer à autre chose. Heureusement qu'elle avait vu le médaillon tomber, il en aurait été bouleversé de le perdre, et après ses explications, elle comprenait réellement pourquoi. La vie était injuste. Personne ne demandait à venir au monde, la vie nous l'imposait, et après elle savait se montrer très dure avec chacun, sans que l'on puisse comprendre réellement pourquoi. Holy se demandait s'il ne s'agissait pas d'une punition. Très peu d'entre eux avaient la chance de n'avoir perdu personne suite à l'épidémie, était-ce un cadeau que la vie leur faisait pour les récompenser ? Mais les récompenser de quoi ? Ou plutôt, si on posait la question dans l'autre sens, pour quoi les autres étaient-ils punis de la sorte ? La jeune femme avait toujours pensé que le hasard n'existait pas, qu'il s'agissait plutôt de coïncidences, aujourd'hui, elle était prête à reconsidérer les choses.
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Tom Kuechly
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Lun 16 Mai 2016 - 22:44

Je m'attendais vraiment à ce qu'elle me dise 'Ta gueule' en souriant mais ça ne doit pas être son style. Moi je me serais dit 'Ta gueule' en tout cas. A la place j'ai le droit à des paroles d'une femme en qui on peut avoir confiance. En qui je peux avoir confiance du moins. Remarque, maintenant que je lui ai dit le seul secret que je gardais en moi, je ne vois pas trop ce que je pourrais lui confier. Ca reste tout de même sympa de sa part. Elle aurait très bien pu ne pas être si chaleureuse. Je rigole.

« A ta place je ferai attention aux dires que t'es en train de prononcer. J'risque de te prendre aux mots. Et quand je t'aurai saouler avec toute ma panoplie, tu pourras que t'en vouloir à toi-même. Même si bon, la partie la plus délicate vient d'être abordée. T'auras plus à subir – je pèse le mot - ce chapitre. »

Evidemment elle ne regrette qu'à moitié. Elle ne voulait pas me faire mal mais le mal est déjà fait depuis longtemps de toute façon. Le mal je me l'inflige à chaque fois que je repense trop à ça. Le dire ne rend pas la chose plus ou moins douloureuse. Alors certes, si elle n'avait pas été là, j'aurais certainement continué à chanter, je me serais lavé, j'aurais entamé une nouvelle musique, possiblement du même artiste et l'image de ma mère ne me serait pas revenu en tête. Peut-être un peu lorsque j'aurais déposé le médaillon mais sans plus. Puis-je pour autant dire qu'elle m'a fait du mal ? Ce serait bien petit de ma part tant, une nouvelle fois, je me suis infligé tout ça tout seul. Quant à ce qui est de me laisser bouffer mes démons, je vais pas me laisser faire. Je vais pas m’autodétruire. Je vais pas sombrer dans la déprime. Mais comme je l'ai dit il y a quelques secondes, c'est de ma faute. Les faits sont là. N'importe qui me disant le contraire ne fera ça que pour m'apaiser. Essayer du moins. N'importe qui disant le contraire ne sera pas objectif. Et me reprochera d'être trop subjectif. Mais j'ai raison. Je peux être un bourricot sur certain point, je suis pas un je-sais-tout mais je suis responsable. Et j'ai raison. Il me reste plus qu'à vivre avec. En parler peut aider. Me taire n'améliorera pas grand-chose à priori.

Je soulève quand même que je suis quelqu'un bien. J'ai l'air en tout cas. Je ne m'efforce pas de l'être. Je suis ce que je suis. Et j'aime à penser que je ne suis pas une mauvaise personne en effet. J'ai mes défauts, j'ai fait des conneries, j'ai oublié des trucs inoubliables, comme ne plus penser à souhaiter un joyeux anniversaire à sa mère. La honte. Deux années de suite en plus. Double honte. On dit jamais deux sans trois mais je l'ai pas loupé la troisième fois. Hors de question. J'avais prévu la chose deux mois auparavant. J'ai pu être ingrat avec certaines personnes mais quand je vois les sagouins, pauvre petit animal qui a pas demandé pour qu'on associe son nom à des gens comme ça, pour qui on a du faire des déménagements, je me dis que je suis sympa quand même.  

« Merci. Et je te retourne la pareille. Si jamais tu veux, si tu as besoin de parler à quelqu'un tu peux compter sur moi. Léger sourire. Je parle beaucoup et on dirait que je ne contrôle pas tout ce qui sort de ma bouche mais je sais me taire. Et je suis pas du genre à révéler les … secrets, bouah c'est un bien grand mot, mais les petites choses qu'on me confie. Sourire un peu plus démonstratif. Regarde Wade par exemple il m'a fait confiance quand il m'a dit qu'il … Je porte la main à la bouche. Insiste sur le prochain mot et reprend le sourire de plus belle. Ouuppss. Ahah. Et je ne dis pas ça parce que tu viens gentiment de m'écouter et que je te suis redevable. Même si je suis du genre à donner un coup de main quand on m'a rendu service. Bon quoiqu'il en soit je vais aller sous la pseudo-douche. Parce que oui je sais, il est temps que je me lave. »

Je m'arrête parce que le 'Ta gueule' est pas loin. Même si, encore une fois, c'est pas trop son style. Je peux comprendre que les gens soient un peu rebutés à l'idée de me dire des trucs parce que 'Tom est pas vraiment quelqu'un sérieux'. Il se laisse bercer. La vie est un long fleuve tranquille. Ce qui est un peu le cas. Etait plutôt. Parce que j'ai changé un chouïa. Mine de rien. J'ai jamais autant pensé à l'avenir et à ce que j'allais devenir que depuis que je suis arrivé ici. C'est con. Y'a fallu une apocalypse pour que je reconsidère ma vie. Même si vivre au jour le jour c'est cool comme quotidien. Mais vivre au jour le jour c'est plus suffisant à présent. Je suis pas le plus responsable sur le camp. Encore heureux. Pour moi mais surtout pour eux. Et pour en revenir à notre perspective d'avenir, on peut s'estimer heureux d'être ici. Et pour que ça perdure, il faut avoir une vision de où on souhaite aller.

Cette réflexion philosophique à deux balles. Il m'arrive quoi moi ? Y'est vraiment temps d'aller se remettre les idées en place avec un peu d'eau sur la tête. Au moins on arrêtera de me dire que je pue.
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