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 Baby, don't loose control

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Baby, don't loose control   Dim 24 Avr 2016 - 8:45

Depuis plusieurs mois, la vie du monde entier avait basculé. Le quotidien de chacun avait été bouleversé par l'épidémie, et il fallait désormais apprendre à vivre avec. Ils avaient connu l'horreur et le bouleversement, mais avaient-ils seulement connu le pire ? Holly n'aurait certainement pas parié là-dessus. La jeune femme avait tout perdu. Elle était sur le point de se marier, avait une vie plutôt agréable, une famille et des amis en or, bref tout pour être heureuse. Elle avait construit des choses, avait travaillé dur pour en arriver là, et aujourd'hui, elle se retrouvait à des années lumières de ce petit cocon qu'elle aimait tant. Elle avait perdu John, son fiancé, il avait disparu avant qu'elle n'arrive au Garfield HighSchool et leur relation n'était même pas au beau fixe avant qu'elle perde sa trace. John n'avait pas la même force mentale que la jeune femme, elle avait bien vu qu'il était dépassé par la situation. Sur leur camp précédent, les militaires avaient réquisitionné les hommes pour se battre contre ces ignobles créatures, et John en avait atrocement souffert. Il n'avait jusque là jamais utilisé une arme à feu, et chaque fois qu'il rentrait au camp, Holly voyait l'enfer dans ses yeux. En arrivant au Lycée, elle avait également perdu Hanna, sa plus proche amie depuis le début de cette épreuve. La jeune femme avait participé au soulèvement, elle avait pris les armes et n'en n'était jamais revenue. Elle avait été tuée d'après les militaires, mais ils avaient refusé de lui dire comment. En même temps, Holly préférait ne pas le savoir et garder en mémoire la plus belle image de son amie qu'elle pouvait avoir.

Aujourd'hui, elle allait devoir se reconstruire, comme tout le monde. Elle avait cet air jovial et ce côté positif qui l'aidait à tenir dans ce cauchemar. Elle ne pouvait s'empêcher de faire preuve de bonne humeur et était pleine de bonne volonté pour aider sur le camp. De toute façon, elle ne supportait pas de rester inactive. Ce matin-là, la jeune femme s'était levée tôt. Elle s'était afférée sur deux ou trois tâches quotidienne dont la vaisselle avec quelques autres personnes, elle était allée faire un tour dehors, et avait décidé d'aller prendre une douche. Le lycée était doté de douches, dans le gymnase, ce qui était un grand luxe pour les survivants. Ils avaient un minimum d'hygiène, et bien qu'ils ne pouvaient porter des vêtements propres, ils pouvaient au moins se débarbouiller. A l'époque, Holly était une jeune femme coquette, et ce manque d'hygiène avait été un calvaire pour elle. Néanmoins, il fallait s'adapter et ne pas se plaindre. Elle avait pris une douche express, afin de ne pas utiliser toute l'eau chaude. Les vestiaires étaient séparés, une partie pour les hommes, l'autre pour les femmes. Néanmoins, peu de personnes respectaient cette règle, on allait là où il y avait de la place, on ne faisait plus dans la dentelle.

Holly était plutôt maniaque comme fille, elle avait pris l'habitude de toujours passer un coup dans la douche après avoir terminé, histoire qu'elle soit prête à l'emploi dès lors qu'elle avait terminé. La jeune femme avait toujours eu horreur de retrouver cheveux et autres dans la baignoire, que ce soit quand elle vivait chez ses parents, ou avec John. D'ailleurs, elle ne cessait de le lui répéter, à croire qu'il le faisait exprès. Elle se rendait compte que, des choses qui lui semblaient être primordiales et évidentes, n'étaient en réalité qu'un détail pour le jeune homme. Ce n'était pourtant pas bien compliqué, mais allez savoir pourquoi il refusait de fixer cette idée dans son crâne. Une fois terminé, elle s'approcha de l'un des miroirs disposé au mur de la pièce et regarda son reflet. Elle avait maigri et avait les traits fatigués. Elle avait du mal à se reconnaître. Elle fixa son reflet quelques secondes et ses yeux s'emplirent de larmes. Que leur était-il arrivé ? Comment avaient-ils pu en arriver là ? Elle ne pouvait s'empêcher de croire que John était encore vivant, quelque part, et qu'il allait faire irruption derrière elle d'une minute à l'autre. Pourtant, la réalité voudrait qu'elle se fasse une raison, une bonne fois pour toute, John était certainement mort à l'heure actuelle. Cependant, elle refusait d'y croire. Elle profita d'être seule pour laisser couler ses larmes le long de ses joues. Holly évitait de montrer aux autres à quel point elle était terrorisée et abattue par tout ça. Il ne s'agissait pas de fierté, mais beaucoup de ses camarades étaient tristes et bouleversés, elle estimait qu'un peu de bonne humeur sur le camp ne ferait de mal à personne, et au contraire, ferait du bien à la majorité. Alors oui, pour une fois, elle allait se libérer et pleurer, encore et encore.

Après quelques minutes, Holly entendit des pas en direction de la pièce où elle se trouvait. Son moment de répit était terminé, il fallait qu'elle sèche ses larmes. Elle fit couler l'eau du robinet et s'aspergea le visage avec. Elle devait être forte et prendre sur elle.
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Tom Kuechly
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Dim 24 Avr 2016 - 12:18

♫ Rise up this mornin',
Smiled with the risin' sun, ♪


Je me suis levé du bon pied. Comme la grande majorité des jours. L'apocalypse a pas tué ma bonne humeur. Pas encore du moins. Ca a failli à un moment. Clairement ça a pas failli, c'est arrivé. Mais venir à Emerald m'a fait renaître. C'est pas le fait de venir en cet endroit précisément mais le fait d'y avoir rencontré tout ce monde. Je me suis attaché à cette communauté. J'aurais eu tendance à croire qu'après avoir vécu ce vingt-et-un octobre, j'aurais plus été capable de m'attacher à qui que ce soit parce que perdre quelqu'un c'est dur, mais perdre quelqu'un de cette manière là, parce que tout est de ma faute, c'est pire que tout. Mais non. Et c'est peut-être même l'inverse qui se produit. Ca m'a donné encore plus envie de partager, de parler, de tisser des liens. Médaillon en poche, je continue à fredonner.

 ♫ Three little birds
Pitch by my doorstep ♪


Impossible de dire pourquoi ni comment mais j'ai cette chanson en tête. Je suis pas spécialement spécialement fan. Même si j'ai eu ma période vers les dix-sept dix-huit ans où tu te réunis avec tes potes, que tu t'en roules un ou deux ou plus et que tu te fais la compil de ce cher Bob. Sacré artiste quand même. Faut le reconnaître. J'aurais pu l'attraper si j'avais vu trois petits oiseaux mais ils se font quand même rares en ce moment. Et pourtant c'est le printemps.

 ♫ Singin' sweet songs ♪

Je me dirige vers les douches. Saluant mes camarades au passage et échangeant quelques mots par-ci par-là. Il y a deux jours on m'a gentiment dit que je commençais à sentir. Je m'en suis pas rendu compte parce que je vis avec mon odeur. J'imagine bien que quelques jours sans une bonne douche ça peut stimuler les sinus mais on est tous logés à la même enseigne. Et l'hygiène est pas vraiment la priorité numéro une. Même si, vivant en communauté, faut pas non plus trop se laisser aller. On restes des hommes et des femmes. Etant un peu flemmard et n'ayant pas eu le temps, ça c'est la bonne excuse, j'avais juste changé de vêtements hier. Et puis on m'a souligné que simplement changer ses fringues enlever pas l'odeur du corps. Ah bon vraiment ? C'est qu'on me prendrait presque pour un con. Ouais j'ai la tête en l'air mais je suis pas un demeuré. Et puis plus sérieusement, je ne sens pas extrêmement mauvais. Y'a une limite de jours sans se laver que je ne dépasserai pas.

 ♫ Of melodies pure and true,
Saying', "This is my message to you"  ♪


Toujours est-il que c'est pas ça qui va entacher ma bonne humeur. Et puis je fais genre là comme ça mais j'suis certain qu'après une bonne douche je vais me sentir neuf. La barbe, les cheveux ça va, j'ai taillé, coupé légèrement y'a pas longtemps. Ca fait un peu moins Cro-Magnon qu'il y a quinze jours. Faut dire que j'ai fêté les vingt-sept piges entre temps. Même si fêté reste un bien grand mot. L'âge, la date ça a plus vraiment d'importance. On fait le compte, on fait une croix au calendrier chaque jour mais à quoi bon ? Disons qu'il y a certaines dates qu'on oublie pas et qu'on aime à se rappeler quand on voit le jour au calendrier. Même si j'ai pas besoin de savoir qu'on est le cinq juin pour penser à ma mère, son anniversaire.

 ♫ Singing' "Don't worry 'bout a thing,
'Cause every little thing gonna be alright." ♪


J'approche de l'endroit. J'entends des bruits qui me font dire qu'il y a déjà quelqu'un. Je continue à chantonner. On va pas s'arrêter en plein milieu de refrain.

 ♫ Singing' "Don't worry 'bout a thing,
'Cause every little thing gonna be alright!" ♪


J'entre. Holly devant les lavabos. Elle se retourne. Le léger sourire tromperait pas grand monde. Les joues rosies, les yeux rouges, encore légèrement humides, à cause de l'eau ou de larmes ou des deux. J'imagine qu'on a encore tous nos petits coup de blues. Moi le premier.

« Oh excuse-moi. Ca va ? Je te dérange pas ? »

Au moins j'ai pas débarqué accompagné d'une réplique du genre « Et inutile de faire une remarque du style 'Je t'ai SENTI arrivé'. Je sais. C'est pour ça que je suis ici. ». La situation aurait été un peu plus inconfortable. Déjà qu’apparaître comme ça avec des paroles, du coup adaptées à la situation, ça peut en déranger certain. Y'a des personnes qui aime pas voir trop de bonheur ou qui sont pessimistes au possible. C'est pas mon genre.. Et si mon sourire en embêtent certains, tant pis pour eux. Je préfère voir les gens heureux. Ou du moins pas malheureux. Car dans les moments de confidence, on est pas forcément au top niveau gaieté. Mais ça fait du bien de vider son sac et de se laisser aller. Pensée que je devrais appliquer à moi-même parce que niveau tourmentes, j'en ai encore quelques unes qui me pèsent.

Et pour le coup, j'espère que j'interrompais pas un moment où elle a besoin, plus qu'envie, d'être seule. Ou au contraire si elle a besoin de parler. Dans ce cas là j'ai bien fait de venir.
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Dim 24 Avr 2016 - 18:15

En plus des pas qui approchaient, Holly entendit une voix masculine pousser la chansonnette.  Elle reconnut immédiatement Tom. Ils ne se connaissaient pas, ou peu, mais il était souvent jovial, enjoué, et prêt à blaguer avec qui l'écoutait. Tom était un peu du même style que la jeune femme, essayait de répandre sa bonne humeur partout où il passait, elle le trouvait agréable. C'était bon de voir que malgré tout ce qui était arrivé, certains passaient outre et continuaient à vivre. La situation n'était évidente pour personne, mais Holly ne voulait pas se laisser sombrer dans la déprime. De toute façon, personne n'avait le choix, ils n'avaient pas eu leur mot à dire, et il fallait bien se relever et tenter de se reconstruire une vie, non ? C'était certes évident à dire, mais la mauvaise humeur et les tensions n'amélioreraient pas leur quotidien, bien au contraire. Lorsque Tom entra dans la pièce, elle leva la tête et se retourna dans sa direction, pour voir qui était là. Tom était corpulent, baraqué, et bien qu'il ait l'air sympa comme ça, Holly imagine qu'il ne fallait pas le mettre en colère quand même... Elle lui adressa un léger sourire, son naturel n'était pas revenu au galop autant qu'elle l'aurait pensé. Une odeur de transpiration et de crasse humaine embauma la pièce. Elle comprit donc que Tom avait déserté cette pièce depuis quelques jours déjà, mais elle ne lui fit pas la réflexion. D'autres personnes avaient déjà du lui dire, à moins que le jeune homme ne se dérange lui-même ? Bref, elle ne lui dit rien et se contenta de sourire.

« Oh excuse-moi. Ca va ? Je te dérange pas ? »

Mince, sa tristesse se voyait donc t-elle tant que ça ? Sûrement, malgré la tentative de la jeune femme pour la masquer. Depuis le début de l'épidémie, Holly éprouvait une grosse difficulté à parler d'elle. Elle savait que le simple fait de prononcer le nom de John, d'Hanna, ou d'évoquer ses parents la conduiraient à fondre en larmes, ce qu'elle se refusait tout simplement. Alors le meilleur moyen pour éviter ça, c'était de noyer le poisson et de faire comme ci tout allait bien. Elle imaginait néanmoins que les gens n'étaient pas dupes, mais jusque là, elle n'était tombé sur personne de particulièrement indiscret ou insistant. Chacun était en mesure de comprendre que certaines choses n'étaient pas faciles à aborder, et de toute façon, c'était le genre de sujet que l'on évitait. Elle secoua la tête, signe de négation.

Non ne t'en fais pas, tu ne me dérange pas, j'avais presque terminé.

Elle referma le robinet. Elle ne savait pas s'ils auraient toujours accès à l'eau, alors le mieux était de ne pas la gaspiller. Il était difficile de se projeter dans l'avenir, voire même impossible de toute façon. Personne ne savait réellement où en était la situation, bien que les militaires avaient tenté de les rassurer à ce propos. Cela faisait déjà plusieurs mois que les choses étaient soi disant entrain de s'arranger. Holly se doutait que le gouvernement, l'Etat, et les militaires allaient bien finir par trouver une issue à tout ça, il fallait simplement ronger son frein encore quelques temps et être patient, tout finira par s'arranger.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas entendu quelqu'un chanter, alors merci, ça fait du bien. Ca change des gens qui tirent la tronche toute la journée...

Elle esquissa un nouveau sourire à son attention. Elle n'avait aucun apriori face aux gens résignés et tristes, au contraire, elle faisait ce qu'elle pouvait pour essayer de leur changer les idées, mais c'était quand même lourd à force. Certains étaient même agressifs, et le camp était constamment sous pression. Elle craignait que certains pêtent complètement les plombs et que la situation dégénère totalement. Ce n'est pas évident de prévoir ou d'anticiper les réactions de gens que l'on ne connaît pas, alors il faut s'adapter aux caractères de chacun et encore une fois, faire avec.
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Tom Kuechly
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Dim 24 Avr 2016 - 22:03

Puisqu'elle me dit que je la dérange pas, tout va bien. Ou presque. Holly n'a jamais vraiment étalé sa vie privée. Il y a sûrement des personnes qui sont plus au courant que d'autres mais pas moi. Est-ce qu'elle ne se sent pas bien par rapport avec sa défunte amie ? Pour ça tout le monde est au courant. On a tous perdu quelqu'un pendant la rébellion. Certains ont perdu des âmes sœurs, de la famille ou des amis, moi j'ai perdu l'homme qui, je peux le dire, m'a sauvé la vie. Je lui en serais jamais assez reconnaissant. Sans lui je me serais probablement laissé bouffer par les rôdeurs. Ou je serais devenu une véritable bête. Etrangement sa mort ne m'a pas longtemps bouleversé. Je crois que c'est parce qu'il n'était pas vraiment quelqu'un de très proche. Ou c'est plutôt par respect envers ceux qui ont perdu leur moitié, comme Thalia,. J'ai pensé qu'il était déplacé d'être déprimé alors que je ne connaissais pas le quart de sa vie. Mais c'est de l'histoire ancienne. Un nouveau sourire se dessine sur son visage. Peut-être un peu moins forcé cette fois-ci. C'est tout de suite mieux quand c'est naturel.

« Puisque t'en parles, désolé de la piètre performance. On poussait parfois la chansonnette avec les collègues. Pour le meilleur et pour le pire. Surtout pour le pire en fait. On le faisait même avec les clients. Les plus sympa j'entends. Parce que t'imagines pas le nombre de personnes peu sympathiques, pressées ou pétant plus haut que leur cul qui ont employés nos services. Fin je suppose que tu t'imagines mais façon de parler quoi. La plupart du temps c'était quand on était bloqué avec le camion dans des embouteillages. Fallait bien trouver un truc à faire. Mais y'avait des gens vachement cool aussi. Et quand tu fredonnes un air, que la personne se met à chanter d'une voix à te faire tomber par terre, tu te sens tellement ridicule. »

Je faisais pas le plus beau métier du monde mais j'avais au moins l'avantage de rencontrer un tas de personnes. Tous différents les uns des autres. Pour le meilleur et pour le pire. Et pour le pire du pire aussi. Y'avait des moments où t'étais vraiment mal à l'aise. Une maison dégueulasse que même les cafards auraient pas osé y vivre, un homme tellement sympa, ironie, que limite il te crachait à la gueule, une femme d'un âge certain, pas très jolie, en restant poli, qui te fais du rentre dedans tellement brutal que même un aveugle-sourd aurait compris la situation. Mais quand on se remémorait ces mêmes moments, on en rigolait. Disons que c'était une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. Du coup toutes les personnalités existantes à Emerald, j'en ai déjà eu un sacré aperçu en … je sais plus combien d'années de carrière.

« Moi aussi je préfère voir les gens sourire plutôt que de faire la gueule mais ça peut se comprendre. Et tu peux pas forcer les gens à être heureux. De même que si les gens ont pas envie de te parler de leurs problèmes, ça sert à rien d'insister. Même si tu fais pas ça pour tout savoir sur leur vie privée mais dans le but de les aider. Et c'est p'tet rarement le cas, car je tiens pas les comptes mais il m'arrive aussi d'avoir des jours où je me sens moins bien. Ou t'es un peu plus nostalgique. C'est vrai que je fais pas une gueule d'un mètre pour autant et je reste agréable à vivre mais dans ma tête ça cogite un peu quand même. Ma mère me disait toujours que c'est pas parce que t'as passé une sale journée qu'il faut en vouloir à la terre entière. Et surtout à tes proches. Sourire léger de mélancolie. Elle était souvent de bonne humeur. Pour pas dire tout le temps. Je suis content de lui ressembler sur ce point. Et elle aussi avait l'habitude de chanter comme ça. Sauf qu'elle était plus douée que moi. »

Je parle sans calcul. Sans réfléchir à ce que je vais dire. Ca sort naturellement. Evoquer comme ça le caractère de ma mère fait remonter quelques souvenirs à la surface. Les bons. Je m'arrête quand même au bout d'un moment parce que me connaissant je peux faire un monologue qui durera la moitié de la journée. Limite elle a le temps d'aller faire un tour de garde et de revenir que je serai toujours là à blablater. Ma mère savait chanter ouais. Ces sorties hebdomadaires au karaoké pour témoin. Sa préférée était How High the Moon d'Ella Fitzgerald. Cette chanson doit être connue de personne. Et je suis pas certain qu'elle aimait les paroles. Elle s'éclatait juste avec les 'boo di boo di yo di boo'. Une vraie gamine en fait. Je la revois être à fond dans son délire et je ris tout seul.

Je sors des affaires de mes poches : savon, tube de dentifrice et compagnie tout en regardant Holly et l'écoutant réagir à ce que je viens de dire. En espérant ne pas l'avoir saouler avec mes histoires. Le médaillon tombe à terre. J'entends pas parce que je suis pas concentré sur ce que je fais. C'est déjà pas toujours évident quand je fais une chose à la fois. Alors deux faut pas y penser. C'est un truc que je sais pertinemment mais je continue quand même à tenter le multifonction. Une vrai tête de mule. Et ça je le tiens de mon père.
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Ven 29 Avr 2016 - 14:58

Holly ne put s'empêcher de sourire à nouveau lorsque Tom s'excusa de sa performance de chanteur. Il lui raconta des choses concernant son métier, elle ignorait d'ailleurs ce qu'il faisait avant que tout ne bascule. Il mentionna un camion, et des embouteillages, elle supposa qu'il devait être livreur. Et vu sa carrure, il devait certainement livrer des choses lourdes. Etait-il livreur d'un magasin de meubles ? Peut être était-il déménageur ? Lorsqu'il fit allusion aux gens qui se prenaient pour on ne savait trop qui, pas pour ce qu'ils étaient en tout cas, elle esquissa un nouveau sourire. Dans sa profession, elle en avait aussi, et des tas même, de personnes qui se prenaient pour le nombril du monde, pour des gens dotés d'un QI supérieur à la normale, enfin ce genre de crétins finis que l'on a juste envie de gifler pour leur remettre les idées en place... Avec John, ils ne pouvaient s'empêcher de critiquer les pimbêches de la société, et ils y prenaient d'ailleurs un malin plaisir. Voilà encore une chose qu'elle ne referait certainement jamais, du moins pas avec celui qu'elle aimait. Chaque jour, la jeune femme était amenée à repenser à John, par des gestes ou des choses de la vie quotidienne, et chaque fois elle sentait la lame d'un couteau s'enfoncer un peu plus profondément dans sa poitrine. S'habituerait-elle un jour à cette douleur ? Elle n'en n'était pas certaine.

Oh que si, j'imagine très bien, j'en avais un sacré paquet aussi au boulot... Avec mes collègues, on rigolait bien à les imiter, et à se moquer d'eux. Surtout quand ils se prenaient une dose par le patron, t'imagines bien !

Elle ria. Tom venait de lui transmettre un peu de sa bonne humeur, et ça faisait beaucoup de bien. Elle acquiesça lorsqu'il reprit la parole. Holly s'était rendue compte que le jeune homme était d'un naturel bavard, et ça changeait des autres membres du groupes dont certains semblaient économiser leurs mots comme s'ils avaient un quota à respecter à la fin de la journée.

C'est vrai, on ne peut pas forcer les gens à être heureux, mais bon sang, c'est pénible d'entendre les gens se plaindre, ils sont limite entrain de geindre... Alors oui, on est tombés dans un drôle de monde, oui on a perdu nos proches ou du moins leur trace, mais on est tous logés à la même enseigne ! A l'heure actuelle je devrais être entrain de préparer mon mariage et au lieu de ça je me retrouve avec des gens que je connais pas et qui sont limites sur le point de me bouffer chaque fois que je leur souhaite une bonne journée !

Elle s'était emballée, et pas qu'un peu même... La tension ne semblait pas l'avoir quittée totalement, et elle aurait voulu ravaler ses mots, les rattraper avant qu'ils n'atteignent les oreilles de Tom, mais trop tard. Elle lui lança un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait actuellement. Elle changea immédiatement de sujet, rebondissant sur ses propos au sujet de sa maman, dans l'espoir qu'il ne poserait pas de questions par rapport à son mariage.

Ta mère avait entièrement raison, la mienne aussi me l'a souvent répété quand j'étais plus jeune, et c'est d'ailleurs surement pour ça que je suis comme ça aujourd'hui, va savoir.

Elle lui adressa un clin d'oeil. Ils avaient l'air de se ressembler sur plusieurs points, et Holly espérait que la situation ne dégénère pas trop vite, qu'elle lui laisse le temps d'apprendre à mieux connaître Tom, ainsi que d'autres personnes qui s'approchaient de leur état d'esprit. Non pas qu'elle ne voulait pas découvrir les autres membres du groupe, ça n'avait rien à voir, mais la jeune femme avait besoin de trainer avec des gens positifs et heureux de vivre pour ne pas finir elle-même par sombrer dans une grosse déprime.

Tom était sur le point de prendre sa douche, oui, c'est quand même pour ça qu'il était venu à la base, et il commença à sortir ses affaires de toilette. Du savon et du dentifrice, quel luxe ! Holly n'en n'avait presque plus. Elle pensa d'ailleurs à noter dans un coin de son crâne de passer à la réserve un peu plus tard pour s'en procurer, en espérant qu'il en reste. Autrement, elle penserait à en chercher lors de sa prochaine expédition. Elle le regardait donc défaire ses affaires, et vit un objet tomber au sol. Elle se précipita pour l'empêcher d'entrer en contact avec le sol, comme si l'objet risquait de se briser en deux, mais trop tard. Elle le ramassa et le tendit au jeune homme, sans le regarder trop longtemps, comme si le simple fait de poser ses yeux dessus en reviendrait à lui voler son intimité. Il s'agissait d'un pendentif accompagné d'une chaine. Sans un mot, elle le lui tendit.
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Tom Kuechly
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Ven 29 Avr 2016 - 20:36

Elle était quand même un peu dur avec les moins heureux et les moins optimistes d'entre-nous. Pouvait-on en vouloir à quelqu'un qui avait tout perdu ? Femme ou époux, enfant(s), au singulier ou au pluriel. Toute ta vie partie en fumée en l'espace de quelques minutes. On a toutes et tous des caractères différents et cette situation apocalyptique ne risque pas de faire remonter le moral des moins enjoués. La suite de ces paroles me fait lever les sourcils et ouvrir les yeux un peu plus grands. Elle était donc fiancée. C'est une petite surprise mais nous avions tous une vie il y a sept mois de cela. Je suppose que certains gardent quelques secrets sur leur passé. Encore une fois tout dépend du caractère de la personne. Il y en a qui ne vont rien te cacher et d'autres qui ne te diront rien. Pas une question de confiance ou pas, juste des personnes réservées. Concernant Holly, je soupçonne que c'est parce que ce doit être difficile de parler de cela. Pour qui cela ne le serait pas ? La phrase était d'ailleurs sortie très spontanément. C'est peut-être les circonstances dans lesquelles ce sont passées les choses qui font qu'on préfère ne pas les raconter. Prenez mon cas par exemple. Je n'ai jamais vraiment caché ce qui était arrivé à ma mère. Mais personne ne connaît l'histoire exacte. Il faut dire que je ne devais pas être très beau à voir lors de mon arrivée à Emerald et Bruce avait fait un bref résumé de comment et dans quel état il m'avait retrouvé. La version était donc basique, j'étais rentré trop tard chez moi. On me questionne rarement et lorsque c'est le cas, je reste assez évasif. Même si cela me ronge.

Pour en revenir à la situation d'Holly, je ne pense pas que beaucoup de monde soit au courant. Parce que lorsque trop de personnes savent une chose, tout Emerald est au courant. Le monde a basculé mais nous n'en restons pas moins des humains. Et parler dans le dos de quelqu'un, que cela soit en bien ou en mal, reste une activité que beaucoup d'entre nous pratique. Une fois sa phrase terminée, je sens bien que c'était une information qu'elle aurait préférée garder pour elle. Le regard exprime souvent bien plus que les mots eux-mêmes. D'ailleurs elle se reprend assez vite. Pour ne pas me permettre d'en placer une sans doute. Une stratégie pas toujours payante. Elle avait perdu son mari. Futur-mari. Mais n'en avait pas pour autant perdu l'envie de vivre. Il faut dire qu'avec le temps, certaines blessures s'atténuent, même si elles ne disparaissent jamais.

« Concernant ce que tu viens de me dire … »

Je lui parle et commence à  me tourner vers elle pour lui faire face. Elle est en train de se relever et me tend quelque chose. Il ne me faut pas longtemps pour reconnaître ce dont il s'agit. Je ne peux perdre ce médaillon. Pour mon bien-être et ma santé mentale, je ne peux pas perdre ce médaillon. Je suis une vraie tête de linotte. J'ai arrêté de compter le nombre de fois où j'ai perdu mes clés, mon portefeuille ou mon téléphone. 'Si ta tête était pas accrochée à ton cou, tu serais capable de l'oublier'. Toujours été totalement d'accord avec cette phrase qui s'applique tout à fait à ma personne. Néanmoins, j'ai toujours veille sur le médaillon. Mon subconscient doit être celui qui en prend soin. A mon tour je tends la main et mes doigts glissent sur sa paume lorsque je m'empare du bijou. Je la regarde et lui adresse un sourire sincère.

« Merci tu me sauves la vie ... Il appartenait à ma mère. Tu dois t'en douter. C'est le dernier souvenir que j'ai d'elle. Plutôt la seule et unique chose qu'il me reste. Je crois que si je le perds … En fait je préfère même pas y penser. Ca m'aide à me rappeler à quoi elle ressemble. Je suis pas connu comme étant celui qui prend le plus grand soin de ses affaires mais j'ai toujours eu le bon sens de ne pas égarer ce médaillon. Et encore heureux que t'étais là parce que je ne m'en serais peut-être - sûrement - pas rendu compte qu'il était tombé de ma poche. Merci »

On pourrait croire que j'en fait trop mais absolument pas. Elle vient peut-être vraiment de me sauver la vie après tout. Tout en parlant j'ouvre le médaillon, y jette un coup d’œil rapide et le retourne dans sa direction afin qu'elle puisse mettre un visage sur la personne dont je parle depuis tout à l'heure. La photo date d'il y a quelques années déjà. Je crois que c'était le jour de ses quarante ans mais je n'en suis plus si sûr. Elle ne l'avait plus changée depuis. Elle préférait qu'y figure une image d'elle dans la force de l'âge qu'elle disait. Je crois surtout qu'elle aurait préféré y mettre une photo de sa belle-fille et le voir accrocher au cou celle-ci. Malheureusement  c'est un souhait que je ne saurais plus réaliser à présent. Je suis vraiment désolé M'man.
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Lun 2 Mai 2016 - 16:41

« Concernant ce que tu viens de me dire … »

Il fut interrompu lorsqu'elle lui tendit le médaillon. Ouf, sauvée par le gong comme on dit. Ce n'était pas une affaire d'état qui nécessitait une confidentialité absolue, au contraire, dans d'autres circonstances elle aurait voulu le crier sur tous les toits et que la Terre entière soit au courant pour son mariage. Cependant, à l'heure actuelle, elle préférait éviter de faire allusion à ce sujet, et pire, de rentrer dans les détails. Chaque fois qu'elle y pensait elle avait l'horrible sensation que son coeur se déchirait, alors en parler devait être bien pire... Et puis, pour en dire quoi de toute façon ? Chacun avait son lot de soucis et de peines tragiques, alors bon, il n'était pas nécessaire de s’apitoyer sur son sort.

Il semblait ravi d'avoir récupéré le bijou, Holly lui rendit donc son sourire.

« Merci tu me sauves la vie ... Il appartenait à ma mère. Tu dois t'en douter. C'est le dernier souvenir que j'ai d'elle. Plutôt la seule et unique chose qu'il me reste. Je crois que si je le perds … En fait je préfère même pas y penser. Ca m'aide à me rappeler à quoi elle ressemble. Je suis pas connu comme étant celui qui prend le plus grand soin de ses affaires mais j'ai toujours eu le bon sens de ne pas égarer ce médaillon. Et encore heureux que t'étais là parce que je ne m'en serais peut-être - sûrement - pas rendu compte qu'il était tombé de ma poche. Merci »

Tom était très attaché à ce collier, et Holly en comprenait parfaitement la raison. Il en allait de même pour la bague de fiançailles que John lui avait offerte. Elle la portait autour de son cou, en pendentif d'une chaine en or qu'elle possédait déjà. Elle ne la gardait pas à son doigt, de peur de la perdre ou de s'accrocher quelque part. Elle pourrait également l'abimer, elle était devenue beaucoup plus manuelle que d'ordinaire, à manipuler tout un tas d'objets pas forcément très propres, et autres activités qui nécessitaient de se salir les mains comme... Euh... poignarder un rôdeur par exemple ? La perte d'un objet qui nous tient à coeur peut s'apparenter comme la perte d'un membre du corps humain, du moins aux yeux de la blondinette, et Tom semblait partager sa vision des choses.

Je t'en prie, je suis ravie d'avoir pu t'éviter une atroce souffrance en perdant ce collier. Il y a des objets comme ça, auxquels on tient plus que tout, ça peut paraître bête mais je comprends exactement ce que tu ressens.

Elle s'approcha lorsqu'il ouvrit le médaillon pour lui montrer le visage de sa mère. Elle esquissa un sourire. Sa mère semblait quelqu'un de très doux, elle avait un visage gracieux et inspirait la confiance et la sympathie. Certaines personnes sont comme ça, la gentillesse et la bonté se lisent dans leurs yeux. Sa propre mère était comme ça aussi, et son père, c'était également un homme dont l’abnégation se voyait dans les yeux. Il était serviable, au point d'accepter de faire des choses contre son gré pour faire plaisir à autrui. C'était fou, cet homme n'avait jamais su dire non. Holly le lui avait souvent reproché, car il avait tendance à se faire marcher sur les pieds par ceux qui se prétendaient ses amis et qui savaient profiter de lui. Néanmoins, son père lui répondait que faire plaisir aux autres le rendait heureux, alors tant pis s'il devait faire des efforts ou des sacrifices. A quoi bon, quand on y pense ? Aujourd'hui, gentil ou pas, il a surement fini comme les plus mauvais de ce monde... Enfin bon, elle ne le saura certainement jamais.

Ta mère devait être quelqu'un d'adorable. Il y a longtemps qu'elle est... euh... partie ?

Holly rougit. Mince, il fallait qu'elle arrête de poser des questions. Elle était très curieuse et pouvait parfois se montrer indiscrète, et là, c'est pile poil le genre de question qui peut mettre mal à l'aise ou faire du mal. En même temps, Tom parlait de sa maman depuis quelques minutes déjà, cela ne semblait pas être un sujet tabou. Elle était surprise par son aisance, quand on le voit comme ça on pourrait le prendre pour un je m'en foutiste. Il avait l'air à l'aise dans ses baskets, cool Raoul. Malgré tout, il devait souffrir, comme tout le monde, mais intérieurement.

Excuse moi si c'est indiscret, c'est un de mes vilains défauts... Tu n'es pas obligé de me répondre tu sais...
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MessageSujet: Re: Baby, don't loose control   Aujourd'hui à 11:38

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Baby, don't loose control

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