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 CAMP IVANOHE

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Ven 22 Avr 2016 - 21:11

- Harold…, répéta-t-elle.

Prisonnière de la douce étreinte de ses bras puissants, ses yeux bleus s’étaient perdus dans les flammes. Celles-ci projetaient des gerbes de lumière orangée sur leurs corps nus. Sublimant leurs grâces respectives ; un excellent tableau du clair-obscure. Selene s’était laissée persuader, consciente que tant qu’elle serait en tenue d’Eve, le chef de leur duo serait Baby. Elle lui concédait volontiers cette domination, absolument pas pressée de reprendre les armes.

C’était si bon de se reposer contre la peau d’un homme. Se sentir protégée, se sentir femme, se sentir belle… se sentir n’importe quoi d’autre qu’une folle qui massacrait des morts-vivants. Qu’étaient-ils désormais ? Ça ne ressemblait pas à un couple. Ils ressemblaient plutôt à deux âmes esseulées qui s’étaient trouvées au bon moment. Ils étaient très différents, sur de nombreux points et malgré tout, à cet instant, la musicienne n’aurait pas voulu se trouver avec quelqu’un d’autre.    

- En fait je trouve ça cool, commenta-t-elle avec une moue convaincue, mais pour le coup on voit que tu as été acteur. On aurait dit une espèce de... démon immortel à qui les « mortels donnent toute sorte de noms ».

Sur la fin, elle avait imité la voix caverneuse d’un méchant de film de science fiction qu’elle avait dû voir avant l’épidémie et sourit. Entre la chaleur de son partenaire et celle du feu, elle ne sentait même plus la fraîcheur de la nuit. Ses paupières s’abaissèrent, les ténèbres brûlaient de l’autre côté, c’était beau à voir. Ses pensées s’attardèrent quelques minutes sur le père d’Harold. Il ne lui avait peut-être pas légué une guitare, mais son départ restait vrai. Il ne le montrait pas, cette plaie devait avoir été suturée par son ascension au sommet, mais la pianiste supposait que ça ne revenait pas sur le tapis pour rien. D’une façon ou d’une autre, ça l’avait marqué.

- Mais ton père est vraiment parti…, reprit Selene avec prudence, tu as vécu avec ta mère ?

Un rictus triste ternis un peu son visage paisible. Ce n’était pas un sourire, c’était plutôt quelque chose entre ça et une grimace. Les souvenirs revenaient, extrêmement flous, illisibles en fait. Sa peine n’était pas directement liée à Alicia Sweetnam, mais plutôt au vide qu’elle avait laissé. Un vide que sa fille avait comblé à sa façon.

- Ma mère est morte, confia-t-elle, je te l’avais dit. Elle s’est fait tirée dessus, quand on vivait à San Francisco. Un truc bête, un règlement de compte entre gangs à Mission District, elle a pris une balle perdue.

Inutile de préciser qu’elle aussi avait été touchée. Si jeune, la douleur avait failli la rendre folle avant qu’elle ne perde connaissance. Pourquoi avait-elle raconté ça déjà ? Elle ne savait plus vraiment. Sans doute parce que sa curiosité à l'égard de la mère de Baby lui avait rappelé qu’elle n’avait pas eu le temps de connaître la sienne. L’étudiante devait certainement espérer qu’il lui raconterait un tas de choses adorables et que son imagination se chargerait d’imaginer la maman idéale. Celle qu’elle n’aura jamais ; celle dont elle ne se souvenait pas. Avant que son complice ait le temps de répondre pourtant, elle précisa :

- Mais comme j’ai l’impression qu’on aurait tous les deux perdu au jeu des histoires de famille les plus marrantes, on peut abandonner le sujet. Tu peux me parler de ton travail à la place… crois-moi, tu ne me choqueras pas, assura-t-elle avec un petit éclat de rire.

Ses paupières s’abaissèrent à nouveau. Aucun bruit dans les environs à part le crépitement du feu et le vent qui jouait dans les arbres proches. L'odeur de la végétation était infiniment plus délicieuse que les fragrances stagnantes de chair en putréfaction. Depuis les mois passés à épier les pas les rôdeurs, leurs râles et leurs grognements significatifs, elle avait l’impression que ses sens s’étaient affûtés. Le silence en était encore plus impression. Plus doux, plus complet, plus beau. Même le chaos pouvait se taire de temps en temps, suffisamment pour leur donner l’illusion d’un espoir ; ou l’espoir d’une illusion.


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Lun 25 Avr 2016 - 19:02

Lové contre la jeune femme, leurs corps encore ruisselant réchauffés peu à peu par le brasier rougeoillant devant eux, Baby se laissa aller… ses doigts effleurant doucement la courbe de rein de Selene. Son passé… Son enfance… Il les avait chassés de son esprit. Comme tous ceux de sa génération et de son quartier, Harold avait été un écorché. La plupart de ses amis de l’époque étaient soit morts, soit en taule… et ça c’était avant la fin du monde. Aujourd’hui, il devait être un des seuls à s’en être sorti et pouvoir se rappeler de cette époque merdique.

Il y avait eu les gangs, la drogue, les descentes, les arrestations musclées… Préservé pendant un moment, il avait fini par quitter l’école… un peu comme tout le monde puis sa mère l’avait foutu dehors et il avait du apprendre à survivre, dans la rue. A l’époque, on estimait que la durée de vie d’un jeune homme, noir de surcroît était d’à peine un an. Lui, avait réussi a y vivre un peu plus longtemps que ça avant de pouvoir s’y soustraire…

Une triste époque et Baby ne se sentait pas d’en parler… Pas la peine d’alourdir l’ambiance… La situation du monde était déjà suffisamment noire sans en rajouter…
Glissant sa main de ses hanches à ses seins, Baby la maintenait allongée contre lui pour finalement lui souffler à l’oreille :

« Oh… Cesse de me flatter ou tu vas vraiment finir par me faire rougir, tu sais… »

Il lui glissa un autre de ses petits sourires avant de venir apposer ses lèvres au creux de son cou.

« Après l’boulot… C’est pas du tout ce que les gens l’imaginent tu sais… C’est beaucoup de travail, beaucoup de préparation… C’est pour ça d’ailleurs que la plupart des gens se brulent les ailes après leur première participation… C’est souvent la grosse désillusion… Et pis… Pas facile de rester la queue à l’air pendant des deux heures devant une équipe de tournage qui se rince l’œil ! »

Quittant sa poitrine pour son entrejambe qu’il titilla doucement du bout des doigts :

« Tu aurais pu, toi ? Si t’en avais eu l’occasion ? Je veux dire… participer à ce genre de choses ? »

Sans même lui laisser le temps de répondre, il continua d’une voix lasse et triste :

« J’doute que l’industrie puisse redémarrer un jour de toute manière… Qui sait, j’suis ptet encore l’un des derniers acteurs en vie alors… »

En réalité, il n’était pas triste de cette constatation. Depuis des années, des acteurs plus beaux, plus jeunes que lui le poussaient progressivement vers la sortie, vers sa « retraite ». Aujourd’hui, il pouvait bien leur montrer à ces petits cons… Pendant qu’ils étaient certainement occupés à sucer de la cervelle… lui suçotait tranquillement ses doigts recouverts du doux et chaud nectar offert par Selene… un sourire satisfait aux lèvres…
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mar 26 Avr 2016 - 7:07

Tout en l’écoutant, la musicienne fermait les paupières pour savourer les baisers et les caresses de l’acteur. Elle frissonnait déjà quand ses doigts retrouvèrent le chemin de son entrejambe. Encore engourdi par l’orgasme foudroyant sous la douche, son corps s’embrasait d’envie une seconde fois. Elle savait qu’il la reprendrait avant la fin de la nuit, sur ce banc sans doute, baignée par la chaleur du feu, et savait également qu’elle ne lutterait pas contre. Selene devait faire de gros efforts pour ne pas laisser échapper les soupirs de contentement qui menaçaient de la trahir et rassembla ses pensées. Quelle était la question déjà…

- Je pense pas que j’aurais pu, avoua-t-elle sans ouvrir les yeux, pourtant… bon, tu vas peut-être me dire que c’est une idée reçue et que ça n’a rien à voir, mais au lycée, j’avais une petite réputation à ce niveau. Je veux dire… j’étais l’archétype même de l’ado’ rebelle « sexe drogue et rock’n’roll ». Une vraie petite conne, au fond. Des mecs de mon âge ou plus vieux, je m’en fichais tant que j’étais bourrée et que ça n’avait pas de lendemain.

Le visage de Dwight lui apparut et cela la fit sourire tristement. Elle s’était bien moquée de lui quelques années auparavant et quand ils s’étaient revus, dans les ténèbres froides du Whole Food Market, il n’avait pas semblé lui en vouloir. Ça devait être un type bien. C’était stupide, la pianiste réalisait qu’elle aurait bien voulu le connaître un peu mieux, laver l’image de garce qu’il devait avoir d’elle. C’était sans doute trop tard désormais, comme beaucoup d’autres choses…

- Ça m'est passé pendant ma dernière année avant la fac… et même sans ça, j’aurais jamais pu devant… comment tu dis ? Une équipe de tournage qui se rince l’œil ? Elle rit brièvement avant d’ajouter : donc désolé… je ne pourrais pas t’aider à reconstruire l’empire du X après tout ça.

Ses paupières refusaient de s’ouvrir. Un brouillard opaque obscurcissait ses pensées, sa prudence, sa méfiance, tout. Etait-ce vraiment raisonnable ? Se complaire dans une sécurité illusoire. Oublier. Volontairement. Fuck. Dans un élan de sensualité, Selene se redressa et poussa doucement Baby pour l’obligée à s’allonger dos sur le banc. Le feu faisait luire sa peau cuivrée qui prenait des allures d’armure de cuir. Elle s’installa à califourchon sur lui, les mains sur son torse musclé, cambrée dans une position lascive. En ondulant doucement, elle caressait le membre de son aînée avec son intimité humide. Invaincue et indomptable, elle ne se laisserait pas totalement dominer.

Cette fois, la musicienne avait décidé que c’était à elle de jouer. Les sens à fleur de peau, elle se savait plus fragile que jamais. Un nerf érotique mis à nu, sans protection, à la merci de tous les assauts. Quand l’acteur voulu reprendre ses droits en l’enivrant de ses caresses, la jeune femme prit ses mains et les déposa sur ses hanches. C’était le seul endroit qui lui était autorisé pour l’instant et chaque fois qu’il voudrait s’échapper, elle le rappellerait à l’ordre.

Elle se mordait la lèvre inférieure avec délice. Quand ses yeux bleus déniaient s’ouvrir, elle regardait Harold au fond des siens, pétillante de vie et de malice. Elle sentait le sexe de son compagnon durcir contre le sien, l’enflammant plus encore. Malgré la chaleur du feu, Selene frissonnait, couverte de chair de poule. Ses mains devinrent des serres, griffant les pectoraux sans les blesser. Interrompant les vagues de son corps gracile, elle se pencha en avant pour, à son tour, l’embrasser dans le cou. Des baisers qui devinrent des morsures tendres, attaquant sensuellement la peau de Baby.

- Au pire, murmura-t-elle finalement au creux de son oreille, tu n’as qu’à te dire que tout ce qui se passe n’est que ton dernier film. Une grosse production. Et moi… je suis ton assistante attitrée.

En fin de compte, ça la faisait fantasmer. Que l’épidémie ne soit qu’une vaste farce, que tous les deux ne soient que deux acteurs sont les yeux de producteurs invisibles. Leur mission était de s’unir partout et en tout lieu, défiant l’apocalypse qui ravageait le monde. La pianiste sourit en se redressant, reprenant lentement le cercle que dessinant ses hanches. Au fond de ses prunelles reflétant les flammes, un seul désir criait en lettre d’or : « prends-moi encore ». Fais-moi oublier, encore.


PS:
 


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mar 26 Avr 2016 - 13:39

Une chouette émit un cri au-delà des arbres pour s’envoler subitement. Un sourire au bord des lèvres, Baby savourait l’instant passé en compagnie de Selene. La veille, il finissait de renforcer et sécuriser l’accès à son appartement en pensant y rester et peut-être y mourir de faim et aujourd’hui, il était là… dans les bras d’une toute jeune femme rencontrée au petit matin. Revoyant le fil de la journée dans sa tête, des infectés dont ils s’étaient débarrassés, des dangers qu’ils avaient vécu…

La vie tenait à peu de chose… Une morsure, une griffure… un moment d’inattention et ça y est… S’en était fini. Pas de vaccin, pas d’hôpitaux… Juste la certitude de mourir et revenir… en quelque chose d’autre.

La main glissant sur l’herbe grasse, Baby pouvait savourer, oui. Demain serait un autre jour. Demain, ils trouveraient peut-être enfin le refuge dont Selene lui avait parlé. Peut-être y connaîtrait-il un nouveau chapitre, en compagnie de Selene, peut être ?

L’écoutant parler de sa vie passée, Baby ne put que passer une main douce contre sa joue, presque paternellement. Protecteur, il lui avait juré de la protéger et c’est exactement ce qu’il ferait.

Soudainement, il la vit se redresser pour venir se jucher sur lui, telle une fière et farouche amazone. Reprenant les choses bien en main, il s’exécuta pour lui laisser mener la danse, son sexe palpitant déjà contre le siens… Conservant un silence monacal, ses mains vinrent se fixer à ses hanches puis, profitant du contact de ses lèvres au creux de son cou, il lui glissa à demi-mots :

« Oh non… Plus de production… Ce soir, c’est une offrande à la vie que nous donnons… »

Osant glisser l’une de ses mains le long de son corps pour glisser l’index contre ses lèvres, il la vit repositionner sa main contre sa hanche immédiatement… tout en lui faisant les gros yeux. Lui offrant, un clin d’œil complice et envieux, il se conforma à ses exigences.
La jeune femme était une survivante, une guerrière, une vraie. Il l’avait bien vu à l’œuvre avec les infectés au magasin… Une guerrière au grand cœur… lorsqu’elle avait finit par pacifier toute la famille, en même temps à Madrona. En dépit de la souffrance, en dépit des épreuves qu’elle avait traversées, Selene semblait toujours animée d’une force et d’une envie de vivre qu’il partageait, lui aussi. Baby le savait bien… Peu importe les barrières, peu importe ce qui se dresserait à l’avenir sur leur chemin, ils vaincraient… quoi qu’il leur en coûte…

La voyant se mettre à glisser contre lui, leur peau brûlante frictionnée l’une contre l’autre, leur sexe se recouvrant de sa cyprine, Baby finit par empoigner son sexe pour venir l’apposer à l’orée du sien.

Elle n’avait prononcé le moindre mot, le moindre son et pourtant son corps tout entier réclamait ce qu’il était sur le point de faire. Le pouce plaqué contre son clitoris pour le caresser sensuellement, Baby n’eut pas un très grand effort à fournir pour enfourner son sexe en elle et la reprendre à nouveau langoureusement.

A dire vrai, c’était plutôt elle qui, le dominant, s’était lentement empalée sur son sexe pour le prendre, complètement, en elle. Lui laissant le diriger, Baby, qui pourtant n’avait pas l’habitude de se soumettre se laissa aller à la magie de l’instant. Alors qu’elle montait et redescendait lentement sur son membre tendu, lui gardait les mains contre ses hanches, accompagnant chacun de ses mouvements. Il aurait tellement aimé la caresser, tellement voulu prendre les devant mais non… C’était elle qui commandait désormais. Se mordillant, lui aussi, la lèvre inférieure, tout ce qu’il put lui dire, c’est un vague gémissement en ressentant son sexe pénétrer de nouveau le sien, s’imbriquant parfaitement en elle… pour leurs plus grands plaisirs…


((Pas du tout, tu as très bien fait :p))
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mar 26 Avr 2016 - 20:03

Un instant, très court, elle songea au deuxième préservatif dans les affaires de Bobby ; elle songea aux mises en garde qu’on leur rabâchait à l’école. Les différentes MST, la possibilité de tomber enceinte, comment ça pouvait foutre vos études – ou votre vie – en l’air. Selene se souvenait que le professeur de science chargé de ce genre d’instruction était particulièrement catholique et qu’il ne manquait pas, indirectement, de faire ressentir comme la débauche des jeunes filles l’outrait. Chaque fois, il fixait la musicienne, comme s’il savait et chaque fois, elle lui renvoyait un regard plein d’insolence.

Aujourd’hui, elle s’en fichait complètement. Elle n’avait plus d’avenir à ruiner, plus de parents à décevoir, plus rien à perdre. Quand bien même elle chopait le SIDA, elle serait sans doute morte avant l’infection généralisée promise par la destruction de son système immunitaire. La jeune femme n’émit alors aucune résistance quand le membre d’Harold s’inséra en elle. Plus chaud, plus dur, plus exposé. A chacun de ses allers-retours, un spasme de plaisir foudroyait son corps. Les yeux fermés, elle contrôlait la cadence, jouait avec son bassin, l’invitait toujours plus loin, le faisait délicieusement languir. Ses mains, quand elles ne griffaient pas le torse de son partenaire, caressait son clitoris dilaté, stimulant plus encore ses sensations.

La pianiste se sentit partir quand elle jouit pour la seconde fois de la soirée. Un instant éternel. Il n’y avait plus que cette explosion de plaisir charnel qui lui donnait l’impression d’être projetée hors de son corps. On appelait l’orgasme « la petite mort » et pour le coup, elle comprenait pourquoi. Il n’y aurait pas plus belle façon de quitter ce monde malade qu’en extase à califourchon sur son amant. Elle se laissa retomber sur la poitrine de Baby, épuisée, ses cheveux descendant comme un voile sur le visage de l’acteur. Les seins pressés contre lui, elle sentait leurs cœurs battre avec frénésie, presque avec affolement. Quand elle ouvrait ses yeux bleus, la clairière tournoyait et quand elle les fermait, la danse continuait dans le noir.

Selene poussa un soupir qui se transforma en rire. Cette nuit était un grand doigt dressé en direction de Dieu, si tant est qu’il les regardait. Son apocalypse, qu’il se la foutre où elle pensait. Elle se redressa, appuyée sur les pectoraux de Baby, et contempla son air satisfait. Leurs visages étaient proches, à moins d’une vingtaine de centimètres, mais elle ne l’embrasserait pas. Elle n’avait pas envie. C’était une sensation étrange : ils avaient unis leurs corps mais pas leurs lèvres. La pianiste voulait que ça reste comme ça ; que ce soit purement sexuel. Un échange entre deux guerriers. S’ils s’embrassaient, ça rendrait tout plus compliqué. Ça voudrait dire que les sentiments arrivaient, et elle n’en avait pas. Son cœur était mort dans la mêlée morbide.

Une expression pleine de malice sur ses traits fins adoucis par la plénitude, l’étudiante s’écarta avec une lenteur volontaire. Suffisante pour qu’Harold puisse continuer à l’admirer, mais assez décidée pour qu’il comprenne qu’il ne pourrait pas la retenir. L’amazone reprenait sa liberté, elle était prête à remettre son armure. A pas souple, elle se rendit dans la douche pour rincer rapidement son intimité et revint auprès du feu. Cette fois, elle n’hésita pas quand elle commença à se rhabiller, sans toutefois se cacher à la vue de son partenaire.

- Il va falloir qu’on se repose… pour de vrai je veux dire, ajouta-t-elle avec un sourire, Tu penses qu’on pourra se contenter de s’installer dans un cabanon et bloquer la porte pour la nuit ? Ou bien il vaut mieux dormir à tout de rôle pour monter la garde ?

Après son slim sévèrement usé par les derniers mois, son visage interrogatif disparut une seconde dans le T-shirt délavé qu’elle enfilait. Elle passa une main dans ses cheveux humides et s’accroupit pour rassembler ses affaires. Ce fut rapide de toute façon : il n’y avait plus grand-chose dans son sac de camping. Son couteau fut glissé dans sa poche arrière et son glock, après s’être assurée que la sécurité était en place, coincé dans sa ceinture.

- Au fait… tu avais des plans ? Avant que je t’embobine pour t’emmener avec moi ?


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mer 27 Avr 2016 - 13:10

Pulsion sauvage, fusion, voilà ce dont leurs corps étaient fait. Oubliant, lui aussi l’autre préservatif, préservé près de la douche, Baby se laissa aller au rythme des coups de rein de la belle sans penser, lui non plus aux maladies. Et pourtant, dieu sait qu’il a toujours pris soin de cette partie du boulot. Refusant toute scène non protégée, Baby avait vu bien des acteurs et des actrices se chopper de vilains virus pour le plaisir irréfléchi d’une scène. Non, lui s’était imposé un cadre de vie, des règles qui lui avaient permis de continuer ce boulot aussi longtemps. Des contrôles sanguins tous les mois, toutes les protections nécessaires…
Il chassa d’ailleurs toutes ces idées de contrôle et de protection de sa tête pendant qu’il continuait ses vas-et-viens entre les cuisses de la valkyrie le surplombant. La tête penchée en arrière, il la vit se crisper et se tendre… signe d’une jouissance proche.

Lui, n’était pas en reste non plus… ses main agrippant encore ses hanches, il en risqua tout de même l’une d’elle pour venir saisir l’une de ses fesses, la cinglant d’une frappe sonore avant finalement, lui aussi de jouir, en même temps qu’elle…. son sexe vrombissant en elle pour finalement imploser entre ses cuisses et retomber en arrière, sur le banc, épuisé.
Perdant le fil du temps, il demeura un instant là, cherchant à reprendre son souffle… ses bras enroulés autour du corps de la toute jeune femme qui pressait sa poitrine à son torse brûlant. Puis, il vit se redresser, son foutre glissant lentement le long de sa cuisse pour commencer à se nettoyer rapidement et se rhabiller.

La regardant faire un moment sans bouger, le regard tourné vers le feu de camp, Baby répondit sans réfléchir plus que ça :

« Oui j’pense qu’on risque pas grand-chose dans l’une des cabanes… Doit y avoir moyen de mettre un loquet… On a pas fait trop de bruit et une fois le feu éteint, personne ne saura qu’on est là… On devrait prendre des forces pour demain… Je sais pas trop ce qu’on aura à affronter une fois qu’on y sera… »

Finissant par se redresser à son tour pour se rhabiller, il la regarda finir de se préparer, ranger ses armes avec attention. Non, il n’espérait pas que la jeune femme devienne plus que cela. Elle était jeune… Il avait l’âge d’être son père… mais peut-être ferait elle partie de son nouveau cercle… peut être aurait-elle à garantir sa sécurité… comme elle a garantie la sienne au magasin… Il en était tout a fait prêt et capable. Peut être même qu’elle pourrait lui apprendre à tirer… quoi qu’elle semblait avoir des progrès à faire, elle aussi à ce niveau.
Il rajusta sa veste en croco pour se tenir prêt du feu de camp, espérant profiter encore un peu de sa chaleur avant d’aller se coucher.

« Mes projets… Eh bien… J’avais fortifié mon appartement… Si on veut… J’imaginais pouvoir y rester jusqu’à ce que je ne trouve vraiment plus rien à bouffer et faire comme tout le monde… Chercher quelque chose de mieux en périphérie… J’pensais descendre au Sud Est de Seattle, sur l’une ou l’autre des îles ou presqu’îles… J’sais pas si les infectés savent nager… J’imagine que non… J’espère que non, en fait… Mais j’me disais que ça aurait pu être un bon coin pour survivre… Bien sûr, c’était avant de me voir proposer un aussi bon plan dans les montagnes ! »

Il lui glissa un nouveau clin d’œil avant de se redresser et piétiner le feu pour en disperser les braises, les plongeant tous deux, à nouveau, dans l’obscurité la plus totale. A nouveau éclairés par le seul astre au dessus de leur tête, Baby empoigna le manche de sa fourche pour se diriger à tâtons vers l’une des cabanes dont la porte rouillée s’ouvrit avec une plainte morbide. L’intérieur, sommaire, était composé de deux lits simples, superposés, en assez bon état tout de même. Époussetant celui du bas, la carcasse de Baby s’y laissa tomber un instant pour tendre la fourche à sa complice :

« Tiens… plante ça dans le plancher et laisse la poignée contre la porte… Ca devrait suffire pour la bloquer et pas se laisser surprendre… »

Il jeta un regard sur le lit superposé pour reprendre :

« Ca te gêne pas j’espère ? J’veux dire… Pas envie qu’en m’installant en haut, le lit cède et je t’écrase de tout mon poids pendant la nuit ! »

Il se mit à rire en imaginant et revivant la scène, jouant le rôle d’un pauvre type qui, à l’ère d’une apocalypse mondiale, des raids de pillards et des attaques de zombies, finit par crever tout seul à cause d’un lit superposé.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mer 27 Avr 2016 - 21:56

L’idée des îles et des presqu’îles fit « tilt » dans l’encéphale de la pianiste. Focalisée sur le refuge proposé par Bobby, elle n’avait jamais songé à autre chose. Pourtant, il devait y avoir d’autres possibilités, d’autres bonnes planques. Est-ce que les lieux isolés en faisaient partie ? Tout dépendait de la façon dont le virus s’était propagé. Jusque là, elle avait compris que les gens mordus étaient condamnés ; mais si jamais c’était le seul moyen de transmission, l’état ne serait jamais tombé. Ok, les débuts auraient été difficiles avec une explosion exponentielle des cas ; Ensuite une fois que le problème aurait été isolé, l’armée aurait trouvé une façon de faire le ménage. Et puis, ils y avaient ces charognes, comme les parents infanticides à Madrona, qui semblaient s’être simplement suicidés. Pas de morsure. Alors comment ?  

Pensive, Selene embarqua l’intégralité de ses effets et suivit son amant du soir dans l’un des cabanons. Elle se demandait s’ils voyaient assez loin. En ne pensant qu’à leur propre survie, chaque être humain courait dans un mur avec des œillères. Ils n’avaient aucune autre visibilité que celle offerte par leurs deux yeux. Que se passait-il ailleurs ? Est-ce que tout le continent était tombé ? Et les européens ? Les japonais ? Les russes ? Comment s’en sortaient les autres puissances de leur planète quand les Etats-Unis étaient à terre, plongés dans le chaos.

Le bruit du sommier protestant contre le poids d’un mâle adulte la tira de ses rêveries. Pragmatique, elle alluma sa lampe torche pour percer les ténèbres épaisses qui les avait suivi jusque dans leur refuge. Souriant devant la suggestion de loquet sommaire, elle attrapa la fourche et repassa la porte rouillée comme si elle venait de se souvenir d’un truc important.

- Désolée, j’en ai pour 2 minutes. Et non ça ne me gêne pas d’être en haut, je peux dormir à peu près sur n’importe quoi maintenant.

Partageant son rire, elle s’éclipsa souplement, abandonnant Baby dans le noir pendant qu’elle s’éloignait vers les arbres bordant la clairière. Sa vessie lui rappelait que l’apocalypse de l’exemptait pas des besoins les plus primaires et bien entendu : pas de toilettes à la pleine étoile. En vérité, c’était compliqué quand on était une fille de s’accroupir près d’un tronc, les fesses à l’air, la lumière coincée entre ses genoux pour éclairer en avant et une fourche à portée de main. Elle avait mentit d’ailleurs, trouvé la bonne position lui prit plus que deux minutes. Réflexe tenace de sa vie d’avant, elle se lava les mains au jet épuisé de la douche et retrouva la cabane dans laquelle l’attendait Baby.

C’était marrant, la musicienne fit le moins de bruit possible, comme si elle entrait dans une chambre douillette où son ami dormait d’un sommeil paisible. Elle coinça la porte comme il lui avait demandé, enleva ses rangers et grimpa sur le lit du haut avec ses affaires. A tâtons, elle découvrit un vieil oreiller, un matelas recouvert d’un drap et une couverture de laine. Pas si mal. Ça sentait juste le renfermé. Comme elle le faisait toujours, Selene cacha son revolver sous le coussin, poussa son sac à ses pieds et s’allongea sur le dos.

Détendue par les ébats partagés avec Harold, elle se sentait étrangement sereine, prête à tomber comme une mouche. Une chouette hulula quelque part. Pas très loin sans doute. C’était rassurant. Si le rapace était là, c’était qu’il y faisait encore suffisamment bon vivre. Les animaux étaient bien plus doués que les humains pour savoir quand ils devaient s’en aller ; généralement en tout cas. Elle ferma alors les yeux et laissa glisser.

Pas de cauchemars, pas d’horreur grimaçante, par de hurlements qui la tire de ses songes. A croire que le sexe était l’antidote à ce qui se gravait dans son inconscient. En fait, ce fut le froid qui l’éveilla, à moins que ça ne soit la faim. Son ventre lui rappelait cruellement qu’elle n’avait rien avalé depuis l’avant-veille et la température, tombée au cours de la nuit, lui donnait la chair de poule sous sa couverture taille enfant. Un concert timide d’oiseaux matinaux annonçait, avant même qu’elle ne le voit, que le jour était levé. Il fallut plusieurs secondes à la jeune femme pour qu’elle se rappelle où elle se trouvait. Les yeux plissés, ses cheveux en bataille, elle se redressa en étudiant les lieux de ses yeux plissés.

Ah. Ça y est, elle se souvenait. Comme une adolescente qui n’a pas envie de se lever, Selene se laissa retomber sur le matelas et resongea momentanément aux mains de Baby sur sa peau juvénile. Elle s’autorisa un sourire de satisfaction avant de demander à voix haute :

- Tu dors encore ?


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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CAMP IVANOHE

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