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 CAMP IVANOHE

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Harold Switak
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MessageSujet: CAMP IVANOHE   Mar 19 Avr 2016 - 21:41

Baby et Selene avaient rapidement repris la route pour mettre un maximum de distance entre eux et Seattle. La ville qui avait jadis était un lieu de regroupement particulier pour la population était encore trop habitée à son goût. Harold se disait qu’en prenant un peu de distance, ils seraient davantage en sécurité… Quelque part, ils avaient de la chance… A l’inverse de beaucoup de grosses villes, Seattle était entouré d’une nature encore préservée… Des forêts… des montagnes… C’est là-bas qu’ils pourraient survivre à long termes… Ce n’était pas en restant en ville… même si c’était encore là que se trouvaient l’essentiel des ressources…

Suivant les indications de la jeune femme, Baby se força à oublier leur petite altercation avec les infectés pour regarder vers l’avenir. Voyant le jour lentement décliner et la route, bien dégagée devant eux, il fouilla le vide poche pour trouver une clé USB qu’il inséra dans le lecteur pour jouer un peu de musique...

Accompagné par les rifs de guitare du groupe qu’il ne connaissait pas, Baby se retourna à nouveau vers Selene pour faire la conversation :

« Et sinon… Qui on doit retrouver à part ton… ami ? »

D’ailleurs était-ce un simple ami ? Baby espérait qu’il ne se retrouverait pas comme un cheveu dans la soupe à tenir la chandelle à un jeune couple au beau milieu d’un chalet en pleine forêt… C’est que… lui qui avait coutume d’enchaîner les scènes et les partenaires… cela faisait des mois qu’il n’avait approché aucune femme et il se sentait… comme qui dirait… à fleur de peau… Pas réellement obsédé ni véritablement pervers… Baby avait juste de gros besoins de ce point de vue là…

Il ne devait pas leur rester plus d’une heure de route mais l’obscurité les cernait de plus en plus et l’acteur se sentait de moins en moins à l’aise à l’idée de se perdre dans ce labyrinthe de petites routes… Il avait tourné à gauche, puis a droite et encore à droite… En réalité, sans plan précis il lui serait impossible de faire demi-tour…

Au détour d’un virage, Baby ralentit pour découvrir quelque chose de bien curieux…

Stoppant le véhicule, il désigna une série de petits cabanons rangés les uns à côté des autres le long d’une petite clairière. Reprenant le lead sur le déroulement des choses - bien malgré lui - il lui indiqua l’endroit qui semblait calme, abandonné.

« On va faire un arrêt ici cette nuit… On reprendra la route demain matin… On est déjà tellement juste niveau essence que j’voudrais pas me perdre et prendre le risque de tomber à sec… »

Il donna donc un coup de volant pour lentement s’engager sur le petit chemin rocailleux que le 4x4 n’avait pas peur d’affronter. Eclairés par la lueur des phares de la « bête » qui les protégeait, Baby découvrit un portique surplombé d’un grand panneau « CAMP IVANOHE »…

« Génial… Un camp scout ! »

C’était un cri du cœur. Plus jeune, Baby n’avait jamais eu l’occasion de faire du camping. Trop pauvre, venant de quartiers difficiles, il s’était toujours imaginé en kaki, un foulard autour du cou à jouer à Davy Crockett. Trouver un camp scout pour passer la nuit, presque 40 ans après était un clin d’œil du destin… A n’en pas douter !

Préférant garer le véhicule à l’extérieur de l’enceinte grillagée, Baby escalada sans problème la grille avant de se retourner vers Selene. Dans la pénombre, son grand sourire et ses dents blanches étaient les seules choses qu’on pouvait encore distinguer chez lui.

Amusé comme un enfant, il lui tendit la main en lui glissant :

« Aller aller ! Voyons si on va gagner notre écusson de survie en territoire zombie ! »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mar 19 Avr 2016 - 23:10

Les riffs de guitares saturées lui firent du bien. C’était comme se ressourcer, retrouver quelque chose de familier qui nous réconforte. Oui… plusieurs mois qu’elle n’avait pas entendu de musique. La dernière fois, c’était avec Bobby d’ailleurs, dans un appartement de luxe qu’ils avaient réussi à se dénicher pour une nuit. D’ailleurs, voilà que l’acteur rompait enfin leur mutisme partagé. Selene perçut son hésitation, la question cachée sous la question. Ça la fit sourire. Ses yeux bleus rivés sur l’horizon crépusculaire, elle lui répondit :

- Je ne sais pas du tout qui d’autre il y a là-bas, mais il n’y a rien entre lui et moi. C’est simplement quelqu’un de très attachant et je pense que je ne serai pas là à ruiner une banquette en cuir sans lui.  

Elle jeta un regard mutin à son aîné sans être certain qu’il l’ait perçu. A la dérobée, alors qu’il restait concentré sur la route, la musicienne l’observait. Il était bien plus vieux qu’elle, c’était certain. Quelques rides, une blancheur séduisante dans sa barbe naissante, mais elle avait toujours trouvé que les afro-américains n’affichaient pas leur âge. En fait, elle lui donnait 33 ans, donc elle pariait qu’il en avait entre 38 et 43. Elle haussa les épaules. Ça n’avait pas vraiment de sens désormais : jeune, senior, ils étaient dans le même bateau. Maintenant que le danger s’était évanoui dans le rétroviseur, son cœur battait normalement et ses membres étaient libérés de la peur. Ses pensées inavouées revenaient doucement. Si longtemps…

La nuit tomba à une vitesse affolante. Les phares de la Land Rover projetaient un large spectre blanc, foudroyant les bois environnant. Selene souleva les sourcils en voyant les petits cabanons, presque surprise de voir une trace de civilisation – si on peut dire – aussi loin de la métropole. Elle était indubitablement une fille de la ville : Née à San Francisco, ayant passé la moitié de sa vie à Seattle… l’art du camping lui était aussi inconnu que celui de la fabrication des bonnets péruviens.

Après avoir acquiescé à la décision de Baby, elle ne put s’empêcher de rire quand il s’extasia devant la pancarte du camp scout. Pourtant, ses instincts reprenaient le dessus : était-ce prudent ? Est-ce que les rôdeurs avaient déjà envahi la campagne ? Douloureux rappel. Pendant 2 heures elle avait réussi à ne plus y penser, si bien qu’elle avait oublié leur existence. Pourtant rien n’était fini. Il avait fui la ville mais pas encore l’épidémie.

Une fois la voiture à l’arrêt, ils en étaient remis à la lueur de la lune, à peine visible cette nuit. Avant d’escalader le grillage, la pianiste resserra les anses de son sac. De l’autre côté, l’acteur l’attendait, à peine visible, mais elle se refusa à faire la blague sur les blacks et leurs dents dans le noir. Au lieu de ça, elle prit sa main et se laisser entraîner vers les cabanons, sagement rangés le long de la clairière.

- Plutôt deux fois qu’une, ouai !

Les habitations étaient faites pour deux ou trois personnes, maximum. Toutes identiques ou a peu de variations près. Il y avait des portes mais pas de verrous, il suffirait de les pousser pour s’offrir un toit pour la nuit. Malgré le danger que représentait leur situation, à découvert et sans éclairage, Selene ne pouvait s’empêcher de sourire. L’air était frais, froid même, mais il n’était plus chargé d’une chape de plomb morbide omniprésente. Désormais, la seule source de mauvaises odeurs qu’elle percevait, c’était elle : un mélange fatal de sueur, crasse, sang et mort. S’arrachant à la main de Baby pour s’emparer de sa lampe-torche, elle fit glisser le faisceau lumineux jusqu’au centre de la clairière où trônait les vestiges d’un feu de camp.

- Tu sais faire les feux ? Je sais, je sais, ajouta-t-elle immédiatement, c’est pas prudent d’en faire un mais… j’ai froid. Et c’est cool.

C’était surtout cool. Elle pourrait se passer d’une danse autour des flammes si ça augmentait ses chances de survie. Outre le froid d’ailleurs, elle avait d’autres préoccupations, comme son ventre vide par exemple – et ses ressources nulles – mais elle découvrit quelque chose qui relégua sa faim à plus tard.

- Oh regarde, des douches !

Ou du moins, ça s’y rapprochait. Il s’agissait plutôt d’installations archaïques montées à l’abri de quelques arbres. Une pseudo cabine en bois, un pommeau et un tuyau recourbé relié, plus loin, à un réservoir qui devait se remplir à l’eau de pluie. Pas besoin de plus pour satisfaire la musicienne qui s’était approchée pour évaluer l’état de la chose avec sa lampe. Ça paraissait encore fonctionnel.

- On a bien mérité ça, non ? Comment on fait, demanda-t-elle non sans reprendre ce tic de scruter les environs, est-ce qu’il ne vaut pas mieux qu’on y aille chacun notre tour et que l’autre monte la garde ?


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mer 20 Avr 2016 - 12:33

Passés de l'autre côté de la barrière, Baby, talonné par Selene, découvrit les abords du petit camp qui ne devait habituellement pas servir plus de deux mois par an. Préservé de toute présence humaine le reste de l'année, il ne devait pas y avoir beaucoup de monde dans le coin quand l'épidémie c'était déclenchée à la fin de l'année dernière. S'approchant tout de même prudemment des petits cabanons, un rapide tour du propriétaire finit de le rassurer. Ils étaient seuls, à peine éclairés par la pleine lune, très haute au dessus d'eux et le faible faisceau de la lampe torche de Selene.

Ils avaient bien de quoi y passer la nuit, un feu de camp déjà prêt à être allumé, des cabanons pour se protéger de la fraîcheur de la nuit, des douches... L'endroit lui même semblait chargé d'une histoire riche. Des générations et des générations d'enfants s'étaient succédés en ce lieu. Certains y avaient sans doute connu leurs premiers moments de bonheur... Leurs premiers moments de camaraderie au coin du feu... Oui... Baby aimait déjà cet endroit.

S'apprêtant à faire le feu, le commentaire de Selene le ramena à sa propre puanteur. Plutôt propre sur lui en règle générale, le manque d'accès à l'eau courante l'avait quelque peu malmené au cours des derniers mois. Forcé de se laver au gant de toilette et à sacrifier le peau d'eau pure qu'il arrivait à trouver pour rester digne, Baby aurait vendu père et mère pour une bonne douche.

S'approchant de la cabine qui laissait pourtant peu d'espace à l'intimité, Baby fit qu'elle contenait un chauffe-eau solaire au dessus de la cabine. Avec un peu de chance, le réservoir était plein et l'eau... chaude...

L'ex-star du porno se mordilla la lèvre inférieure, comme tiraillé par sa conscience, puis... se retournant vers Selene qui l'avait rejoint, il lui glissa :

- J'pense que nous pouvons relâcher un peu la garde ici... L'endroit est plutôt isolé... Doit pas y avoir de villes à des kilomètres à la ronde alors... J'sais pas pour toi mais moi... J'dis FUCK au tour de garde et à la prudence !

Joignant le geste à la parole, Baby lui glissa un sourire foufou - un peu dans le genre d'un écolier sur le point de faire une connerie assumée - avant de retirer sa veste en croco à la va-vite et déboutonner un à un tous les boutons de sa chemise pour dévoiler son torse d'ébène, sculpté par des années de musculation et... d'efforts...

Pas pudique pour deux sous, il s'attaqua à sa ceinture pour finalement se débarrasser de son pantalon et de son boxer pour se retrouver entièrement nu, là, à la porte de la douche de fortune.

Sa peau foncée baignée par la lueur blanche de la lune lui donnait presque une allure de créature mystique se déplaçant parmi la forêt. Ses fesses galbées à la vue de Selene, il se retourna brièvement dans la pénombre pour lui glisser :

- J'sais pas pour toi mais moi... J'peux plus attendre pour regagner un peu d'mon humanité perdue !

Il lui donna une pichenette sur le nez - geste taquin s'il en est - avant d'ouvrir la porte de la cabine et tirer la chaînette pour libérer un flot d'eau d'abord froide, puis tiède et enfin délicieusement chaude.

- Hummmm... glissa Harold, les yeux fermés alors qu'un flot d'eau lui glissait doucement sur le visage, les épaules, le torse puis...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mer 20 Avr 2016 - 17:07

Inquiète, Selene hésitait encore à propos de la sécurité, jusqu’à ce que le geste de Baby, joint à son sourire d’enfant, ne la déride. Elle se mit à rire avec complicité, une main devant les lèvres, mi-surprise mi-amusée par l’aise que prenait son complice. Ses yeux bleus glissèrent avec délice sur le torse sculpté qui renvoyait la lumière frêle de la lune. Pour sûr : il avait l’habitude. Sa décontraction rendait la scène presque naturelle et voir l’acteur dans son plus simple appareil, même protégé par la nuit, fit s’envoler toute notion de méfiance :

- Ok… euh… wow…, furent les seuls mots que la musicienne parvint à aligner.

Elle admirait toujours son postérieur quand une pichenette sur le nez la réveilla brusquement. Se massant par réflexe, elle rit encore, intimidée. Comme une adolescente, elle se sentait rougir, enflammée par un besoin primaire qui s’était fait discret pendant des mois. Après tout, avant d’être une survivante, elle était une femme. Une jeune femme qui plus est, ni plus, ni moins. Mordant lascivement sa lèvre inférieure, la musicienne éteint sa lampe torche et à son tour, se débarrassa de son sac avant de commencer à enlever ses vêtements.

Elle avait la sensation de quitter une armure. Ce n’étaient pas seulement son manteau, son T-shirt et son pantalon qui tombèrent à ses pieds, ce fut aussi cette carapace invisible qu’il l’enveloppait depuis qu’elle errait pour sa survie. Sa détermination, sa force apparente, son assurance glacée… tout cela s’ouvrait pour lui permettre de retrouver ce qu’elle fut, ne serait-ce que pour une nuit. Nue, la lueur laiteuse de la lune se reflétait sur sa peau d’ivoire. Elle en devenait surnaturelle, antagonisme à Baby. Selene avait maigri. Plus de graisses superflues, certes, mais ses bras étaient trop fins, ses cuisses étaient moins charnues mais plus fermes. Au moins, elle n’avait pas encore perdu sa taille élégante, ni ses fesses tout à fait convenable. Le froid faisait réagir ses petits seins, mais ce n’était même pas désagréable. En fait… jamais elle ne s’était sentie aussi libre.

Dans un souvenir fugace, inutile jusqu’à lors, la pianiste revit son compagnon chiper deux préservatifs l’air de rien, dans la baraque où ils avaient trouvé les clefs de la voiture. Mutine, elle se pencha pour fouiller dans ses affaires et constata avec satisfaction qu’ils étaient toujours là. Ses intentions devenaient désormais impossibles à ne pas saisir, mais elle imaginait mal le quarantenaire refuser son invitation. Se pressant car ça faisait déjà plusieurs minutes que Baby laissait entendre son plaisir hygiénique, la protection emballée dans sa main, la musicienne se glissa dans la cabine.

Refoulant sa gêne, elle vint lui faire face sous le jet brûlant, la tête à moitié rentrée dans ses épaules graciles. L’eau ruisselait sur ses longs cheveux et son visage, purgeant déjà les saletés qui les recouvraient pour révéler des traits plus féminins. S’il arrivait à le lire dans la pénombre, l’acteur pourrait même voir son tatouage, au-dessus du cœur « Si tu ne veux pas que la peur du mal te hante, alors il te faudra incarner le mal en personne ». Les grands yeux bleus de Selene dévoraient littéralement Baby avant de se fixer dans les siens, à la fois proie et insoumise. Sa main libre s’éleva timidement pour caresser son torse mouillé, remonter sur ses épaules et suivre la musculature de ses bras.

Elle ne dit pas un mot, elle en était incapable en fait, mais détendit ses épaules, vaincue par la cascade d’eau chaude. Ce n’était que maintenant que l’étudiante réalisait comme elle était mince par rapport à lui. Une poupée de porcelaine qu’il pourrait posséder ou briser à sa guise si l’envie lui en prenait. Pourtant elle n’avait pas peur. Elle était là, effleurant le dessin du corps de son aîné avec douceur, le silence couvert par le bruit de la douche. Une envie, une passion, une échappatoire. Certains disent que la peur de mourir est un puissant aphrodisiaque ; Selene leur rétorquerait que c’était plutôt la crainte de ne plus vivre.


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Mer 20 Avr 2016 - 22:27

Sous le jet d’eau chaude, Baby n’avait pu se retenir de fermer les yeux, savourant l’instant en silence. Pour l’esthète qui appréciait les bains de plusieurs heures, retrouver les joies d’une douche improvisée, l’accès à un paradis qu’il croyait perdu à jamais, était un délice sans nom. Goutant à la joie de sentir l’eau ruisseler sur son visage pour épouser lentement toutes ses courbes, Baby semblait reprendre vie peu à peu et retrouver… toute sa vigueur d’antan.

Posé sur le rebord de la douche, un vieux morceau de savon semblait avoir été oublié là par un gosse trop pressé de rentrer chez lui. Après tout… Il n’allait pas faire la fine bouche et l’eau claire et limpide du réservoir ne suffirait pas à le débarrasser de cette infâme odeur de corps putréfié qu’il charriait depuis Seattle.

Rouvrant un instant les yeux, il découvrit que Selene l’avait rejoint. En fait, à cause de l’obscurité… il pouvait à peine la voir. Il distinguait à peine ses contours… sa peau pale éclairée par l’astre de même couleur au-dessus de leurs têtes. La détaillant quelques instants, Selene semblait faible, sans doute amincie par les vicissitudes de la survie et du manque de nourriture. Tel un petit oiseau tombée du nid, elle pressait son corps nu au sien et parcourait les muscles saillants de Baby qui tendrement, fit de même en enroulant ses bras autour de son corps.

Même si Selene était certainement bien plus forte que lui, en cet instant, tout ce que lui avait envie de faire, c’était la protéger et prendre soin d’elle. C’est ainsi que, lui faisant toujours face, il se rapprocha à nouveau d’elle pour lui souffler chaudement à l’oreille :

- Laisse-moi prendre soin de toi… Tu l’as mérité… Tu es toujours en vie…

D’un mouvement lent mais certain, Baby la retourna langoureusement, son torse désormais appuyé contre son dos. Apposant doucement ses lèvres au creux de sa nuque, Baby se mit à l’embrasser par toutes petites touches…

Au cours de toutes ces années, Baby avait beaucoup appris… Il avait expérimenté bien des choses, que cela soit dans sa vie d’artiste ou personnelle… Il connaissait plus d’une centaine de massages différents. C’était devenu l’une de ses spécialités. Dans le milieu, un massage portait même son nom… Le « Baby’s Touch » qu’on l’appelait…

Continuant à embrasser la jeune musicienne délicatement, Baby osa glisser l’une de ses mains le long de son corps fragile. Effleurant à peine sa peau, il fit parcourir ses doigts sur sa poitrine puis lentement reprendre leur chemin en direction de son ventre, de son bas-ventre et enfin de son sexe qu’il n‘osa pas caresser… pas encore… il n’était pas temps…
Profitant de cet instant de repris offert aux deux survivants qu’ils étaient aujourd’hui, l’acteur fit soudainement un pas en arrière pour glisser ses deux grandes paluches sur ses épaules et entreprendre leur massage appuyé…

- Lâche prise… Lâche prise et laisse-toi guider…

La voix de Baby était différente… Elle avait quelque chose de mystique… envoûtante, d’hypnotique presque. Cette intimité entre deux amis récents, cette douche prise au milieu de nulle part, l’eau chaude déversée sur leurs épaules fatiguées, l’érotisme de la situation… tout imposait aux deux survivants un lâcher prise, un abandon… même si cela ne devait durer que quelques instants… Baby serait son guide… Il lui montrerait la Voie…
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Jeu 21 Avr 2016 - 17:13

Elle se laissait guider. Tendrement tournée dos à Baby, la chair de poule se déclencha dès le premier baiser. Il ne la brusquait pas, il ne brûlait pas les étapes, il était d’une douceur infinie. Étonnante même. Selene frémissait déjà de désir, hors de son armure, plus fragiles que jamais, mais son compagnon entendait bien faire durer cet instant. Sa voix l’hypnotisait, elle se mêlait à ses pensées, elles-mêmes confondue avec sa peau sensible. La jeune femme s’abandonnait. Entre les mains expertes de l’acteur, elle se sentait comme une jeune première ; incapable de prendre les devants, incapables de riposter, mais elle n’en eut pas besoin…

Le monde finit par disparaître, englouti dans un gouffre d’érotisme. La pianiste avait perdu ses repères, la notion du temps, sa retenue, et même l’existence du fléau qui rongeait leur espèce. Avait-elle été savonnée avant ou après ? A quel moment les doigts de son partenaire avaient-ils trouvé le chemin de son intimité impatiente ? Y avait-il une partie de son corps qu’il n’avait pas massé ou caressé ? C’était une sensation délicieuse et effrayante. Se sentir désarmée, prisonnière même, et réaliser qu’on ne savait rien de ce qu’on croyait connaître.

Puis vint la pénétration. Ce souvenir aussi avait fusionné avec les autres. Elle avait été surprise, autant par la taille du membre de Baby que par la dextérité de ses va-et-vient. Un mélange étudié de douceur et de fermeté, un supplice qu’elle aurait voulu subir tout le restant de son existence. Bien sûr, Selene fut incapable de se taire. Au risque d’attirer tous les rôdeurs dans un rayon d’1km, elle laissait son plaisir s’exprimer à haute voix. Quand elle parvenait à former des mots intelligibles, c’était pour l’encourager ou lui intimer d’aller plus vite, plus fort, plus loin,… des ordres qui se perdaient dans le néant, car le seul au commande, c’était Baby.

Combien de temps avant l’orgasme libérateur ? C’était honnêtement la première fois qu’elle ressentait quelque chose d’aussi intense. Peut-être parce qu’elle n’était pas bourrée, peut-être parce qu’il était très doué, peut-être parce que ça pouvait être sa dernière fois… . Essoufflée, l’étudiante se cramponnait au cou de son aîné, la tête sur son torse, les yeux fermés, les sens à fleur de peau. L’eau coulait toujours, elle était devenue froide et le débit faiblissait, mais elle s’en fichait. Tout son corps était engourdi. Un sentiment d’extase, de légèreté, de sécurité aussi. Les instants volés étaient toujours les meilleurs.

Après de longues secondes, peut-être des minutes, la musicienne consentit à desserrer son étreinte et s’éloigna d’un pas chancelant. La tête lui tournait. Ses yeux rivés dans ceux de son partenaire, elle ferma le robinet à l’aveugle. Le silence qui les enveloppa alors fut intense, on croirait presque entendre leurs deux cœurs battre. Un doigt glissant lentement entre les pectoraux de Baby, Selene murmura d’une voix pleine de malice :

- Ok, c’était… m’oblige pas à trouver un terme, tes chevilles vont devenir aussi grosses que ton outil de travail.

Elle lui fit un clin d’œil avant d’éclater d’un rire mutin. Il était grand temps de lui dire qu’elle avait deviné. Doucement, la pianiste revenait sur terre. Seattle, la voiture, la route, la nuit, le campement, le chalet… l’atterrissage était agréable, sans secousse, mais elle restait fragilisée. L’acteur venait de voir au-delà de sa coque invisible ; il savait qu’au fond, elle n’était encore qu’une être humain. Ça ne la dérangeait pas… au contraire même.

En quittant la première de la cabine de douche, l’étudiante riait toujours, insensible à la fraîcheur cruelle de l’air nocturne. Elle songeait à cette rengaine idiote : « mais qu’est-ce que dirait mon père ?! », comme si ça changeait quelque chose désormais. Nue dans la clairière, elle avait l’impression de renaître. Les brins d’herbe entre ses doigts de pied étaient délicieux, la chanson nocturne des bois ne l’effrayaient pas, la vue du ciel étoilé paraissait plus belle encore. En plus de cela, on disait « qui dort, dine », mais on devrait aussi songer à « qui baise, dine », parce que sa faim s’était envolée, sans doute chassée avec les cauchemars qui hantaient ordinairement ses pensées.

Désinhibée, délivrée de sa pudeur vis-à-vis de Baby, Selene prenait tout son temps pour récupérer des vêtements plus ou moins propres dans son sac de camping. Tout en bataillant avec ses fripes pour dénicher des sous-vêtements, elle demanda l’air de rien :

- Est-ce que… ça me donne le droit de connaître ton prénom ? Je suis toujours persuadée que Baby, c’est plutôt un nom de scène.


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Ven 22 Avr 2016 - 13:29

La chute d’eau sur leurs épaules, son corps pressé au sien, Baby avait pris les choses bien en main.

Chassant les turpitudes de la vie et leurs récentes péripéties, il glissa les mains sur sa peau à nouveau pour se cramponner à sa poitrine et la faire se cambrer un peu plus en avant. Un œil d’expert vissé à la courbe de ses reins, la jeune femme, qui ne devait pas avoir plus d’une vingtaine d’années ne devait pas avoir connu beaucoup d’amants. Quand bien même, tels deux survivants, ne sachant plus s’ils auraient ce plaisir un jour, leurs corps chauds et détendus continuaient à se presser l’un contre l’autre.

A l’étroit dans son préservatif – faut dire que la taille normale ne le sied guère, plutôt habitué à ceux large, voir extra-large – Baby était tout de même ravi de les avoir emporté. Ils n’avaient peut-être pas trouvé de quoi manger mais ça… au moins… avait été vite consommé.

Laissant deux de ses doigts titiller un téton, le pinçant légèrement avec adresse, Baby arma son sexe pour le positionner auprès de celui de sa jeune amante. Le faisant lentement glisser tout contre elle, il la pénétra doucement.

Il savait l’effet qu’il pouvait procurer aux femmes… Il avait dû être parfois brutal, parfois sauvage lors de certaines production mais ce n’était pas ce qu’il préférait. Lui, il aimait prendre son temps, il aimait partager un instant de pur plaisir… une fusion de deux corps et deux esprits, hors du temps. C’était ce qu’il préférait…

Son sexe profondément enfoui entre les cuisses de la musicienne, il aborda de longs et puissants vas-et-viens, forçant leurs deux corps en avant contre la paroi de tôle ondulée. Les mains cramponnant ses hanches pour se donner l’impulsion nécessaire, Baby se mit progressivement à accélérer la cadence… Se penchant en avant, il vint lentement embrasser le creux de son cou… son épaule, puis le haut de son dos.

Perdant le fil du temps, ne sachant plus depuis combien de temps ils étaient entré en communion, l’acteur finit par exploser d’un râle non contenu, presque en même temps que cette dernière. Couvrant ses lèvres d’une main, se mordant les siennes au sang pour ne pas ameuter les infectés vers leur position, Baby avait mis un bon moment pour retrouver sa respiration et un semblant de conscience. La voyant se dégager pour marcher, nue, à travers la clairière, Baby put avoir une meilleure vue sur le corps de cette dernière. Désormais sous la pleine lumière de la lune, elle lui rappela une amie, une actrice qu’il avait bien connu jadis. Retirant le préservatif qu’il abandonna sur le rebord de la douche (après tout, il se doutait bien que plus aucun scout ne viendrait passer leurs vacances au camp Ivanohe…), il s’avança à sa suite et la regarda, nu, lui aussi, récupérer ses vêtements pour se rhabiller.

Se rapprochant d’elle et du feu de camp encore éteint, il posa une main sur les siennes pour l’empêcher de se rhabiller, par jeu et complicité.

- Pas encore… lui souffla-t-il en s’installant sur un tronc d’arbre servant de banc, juste devant le feu de camp. Prends le temps de te sécher convenablement, au moins…

Joignant le geste à la parole, il amassa un tas de feuilles mortes entre les morceaux de bois déjà amassés et, tirant une flamme de son briquet plaqué-or, il embrasa vite-fait / bien-fait le feu de camp qui illumina leurs corps respectifs.

Encore ruisselant mais désormais propre et frais, Baby lui tendit la main pour qu’elle vienne le rejoindre et l’enlacer devant le feu de camp… Ils avaient besoin de repos, leur douche ayant été salvatrice mais pas particulièrement calme.

Amusé de son commentaire et sa question, il lui répondit :

- Dans ma vie… J’ai eu beaucoup de noms… Beaucoup de pseudos aussi… Mais celui que m’a donné mon père avant de se casser, c’est Harold… Je m’appelle Harold… Harold Switak…

Il prit un nouveau petit sourire, se mettant à rire pour ponctuer :

- Tu admettras que ça fait ni sexy, ni très vendeur !
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MessageSujet: Re: CAMP IVANOHE   Aujourd'hui à 4:09

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