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 À l'aube d'un jour nouveau...

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Sam 23 Avr 2016 - 15:25

Le colosse ne pouvait que sourire franchement devant la référence à Sequim. Tout en avançant vers la source du bruit, le géant ne put s’empêcher de frôler l’épaule de l’ange d’ivoire et de lui murmuré sur son ton rocailleux habituel.

Robert- Oui on se protège sœurette… Mais pour Juliane si on la revoit c’est moi qui vais m’occuper de ça ok? Je dois le faire et lui dire qu’elle ne doit plus revenir faire du mal à ceux que j’aime…


Serrant le manche de la pelle dans ses immenses mains, il anticipait la prochaine action avec une joie malsaine. Habituellement il n’aimait pas se battre, préférant absorber les injures et les méchancetés des autres comme une éponge moche à souhait. Mais maintenant, dans ce Nouveau Monde, il pouvait laisser libre court à la bête qui sommeillait en lui. Une fureur latente que le mineur trainait depuis sa plus tendre enfance. Il défendrait sa nouvelle famille avec une austérité proche du fanatisme. C’était des gens bien qui l’avaient recueilli et qui l’appréciaient. Ils n’allaient pas courir les routes et le laisser seul pendant un mois sans nouvelles. Ils n’auraient pas abandonné le colosse sur son lit de souffrance pour aller se faire de nouvelle amitié. À cet instant précis, Bobby n’aurait pas su ce qu’il aurait fait à Juliane. Il aurait combattu le démon qui hurlait d’infliger des souffrances similaires aux personnes qui l’avaient blessé si durement. Le géant aurait pris son courage à deux mains et lui aurait dit tout ce qui lui a fait mal venant de sa part. Ensuite Robert l’aurait surement rayé de sa vie. Mais la véritable question est ce que le colosse aurait été capable de faire la même calomnie? Les mêmes basses que les humains adoraient se faire et surtout lui imposer?

Trois formes émergèrent enfin de l’orée de la forêt. Le duo improbable s’était arrêté et Frost s’assit au sol en poussant un jappement de bienvenue. Le chien devait juste être heureux que ce ne fussent pas des goules. Tour à tour l’esprit simplet du chainon manquant de l’humanité détailla le trio qui se pressent dans son arc de vision. Une très jolie Asiatique, le regard troublé surement par la monstruosité qui se tenait devant elle. Un jeune enfant qui regardait le St-Bernard avec des yeux émerveiller et qui demandait de sa petite voix l’autorisation de jouer avec. Mais ce fut la dernière personne qui fit installer de la stupeur à l’état pur sur les traits grossiers de la gargouille de pierres. Flann… La jolie dame à la chevelure de feu et à la main qui avait embrassé la fureur des flammes. La femme qui l’avait aidé dans un magasin, qui avait passé la nuit à lui tenir la main durant ses cauchemars violents. Une joie et un apaisement nouveau vinrent remplacer le masque de haine et de douleur de l’être si souvent rejeté. Un sourire si merveilleux vint remplacer la grimace de résolution et la beauté intérieure de l’homme se manifesta de la plus pure des façons. Frost se releva et sa queue foutait l’air avec entrain. Bobby regarda la fidèle bête et il sut qu’il voulait aller voir l’enfant, jouer avec.

Robert eut alors un mouvement tout en douceur. Paume vers l’avant, l’homme et le chien penchèrent la tête presque à l’unisson. La longue langue de l’animal lécha alors la paume rugueuse et immense du monstre de foire. Un rire de pur ravissement et un sourire sincère éclairèrent alors cette scène. La laideur de l’homme s’évanouit devant cette paix qui s’affichait sur le visage aux traits atypique. Se mettant alors à genoux, Robert enlaça l’encolure poilue du chien. Ses grosses mains flattèrent délicatement la fourrure soyeuse. La voix joyeuse et sereine du mastodonte s’éleva avec une pureté des plus déplacée dans ce monde sanguinaire. Le mineur avait toujours eu plus d’affinité avec les animaux qu'avec les gens. Car dans son for intérieur, le monstre de foire savait que les bêtes ne le jugeaient pas.

Robert- Oui Frost tu as raison…Euh… Attend un peu tu veux.

Se redressant de toute sa taille, essayant de camoufler tout de même sa laideur au regard pur des femmes et de l’enfant. Bobby rougit légèrement. Son humanité lui fut rendue et il oublia ses griefs envers la Texane pour le moment. Saluant enfin le trio de sa main immense, l’homme difforme cacha son profil gauche. Avec l’oreille en moins, Bobby était rendu encore plus moche que lors de la rencontre avec Flann. Sa grosse voix rauque et rocailleuse s’éleva alors dans la tiédeur de cette belle journée. Une douceur et une tendresse certaine caressèrent chaque syllabe, chaque mot.

Robert- Bonjour Flann… Euh… Attend une seconde tu veux…


Robert regarda alors l’ange à la peau de porcelaine tout près de lui. Un air abattu s’inscrivit sur les traits atypiques de l’homme, un air de chien battu surmonté des yeux du chat botté dans Skreck… Une innocence, une tendresse et une bonté sans faille semblaient découler de l’homme. Il se pencha alors vers l’oreille de son amie et lui chuchota en prenant garde de mettre sa main en paravent pour bloquer les oreilles indiscrètes.

Robert- Je la connais… Euh… C’est Flann. On s’est rencontré quand je vous cherchais à Seattle… Euh… Connais pas la dame avec, mais l’enfant doit être Aori je crois… Elle est gentille, je crois.... Euh... Je me souviens pas lui avoir donné l'Adresse d'ici tu sais...

L'homme se redressa de toute sa haute silhouette monstrueuse et il attendit ce que son amie, sa sœur d’âme en quelque sorte, allait faire avec les bouts d'informations qu'il lui avait chuchoté. Dans son fort intérieur, il savait que le trio n'était pas un danger pour sa famille...



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Sam 23 Avr 2016 - 19:26

Elle haussa les épaules quand Bobby évoqua à nouveau Juliane, bien trop occupée à essayer d’identifier les bruits qui leur parvenaient. Il y avait l’air d’avoir plusieurs personnes en fait, pas forcément soucieuses de dissimuler leur présence. Frost fut le premier à se calmer, réalisant certainement qu’il ne s’agissait effectivement pas de rôdeurs. Peu de temps après, trois silhouettes émergèrent entre les arbres. Selene fronça les sourcils, presque certaine que son imagination lui jouait un tour. Deux femmes et un enfant…

Les deux trios s’immobilisèrent et seul le petit trouva les mots à prononcer. La musicienne restait figée, muette, son couteau s’abaissant lentement, émerveillée par ce qu’elle voyait. Déjà deux mois s’étaient écoulés depuis la dernière fois que ses yeux bleus avaient croisé ceux de sa sœur de cœur. Elle s’était presque fait une idée, craignant qu’elle ne soit morte dans sa quête amoureuse, culpabilisant de ne pas l’avoir accompagnée, mais elle était là. Flann se tenait à quelques mètres, moins terne que dans ses souvenirs, plus lumineuse peut-être. La raison se trouvait sans doute à ses côtés ; elle l’avait fait. Elle avait retrouvée Aori.

La pianiste s’était connectée à son ancienne complice, passant un peu à côté de ce que lui glissa le géant dans l’oreille et de sa méprise. Elle n’avait jamais été à la guerre, bien sûr, mais ce qu’elle ressentait à cet instant devait ressembler à ce qui bouleversait les familles en voyant un parent revenir du front vivant et entier. Deux mois… dans un monde comme le leur, c’était l’équivalent d’une éternité. Après le sujet difficile de la disparition d’Abigail, son amie venait de libérer les entrailles de Selene de la chape de plomb qui les écrasait.

- Tu nous as trouvés…, murmura-t-elle en s’approchant d’un pas hypnotique.

Elle rangea sa lame dans l’étui accroché à sa ceinture et accéléra le mouvement pour enlacer Flann. Ses bras minces la serraient contre son cœur, comme pour s’assurer que ce n’était pas un rêve, elle était bien là. Il s’était passé tellement de choses depuis, son aînée devait en avoir traversé tellement… la jeune femme voulait soudainement tout savoir, tout entendre. Desserrant son étreinte, les informations transmises par Bobby parvenaient enfin au cerveau de la musicienne ; un petit temps de retard.

- Mais attends, vous… vous vous connaissez ?! Le monde est vraiment petit…

Elle regarda tout à tour Flann et le géant, non sans songer que ce dernier avait beau se plaindre de son apparence, il avait quand même le chic pour s’entourer de jolies filles. Il devait certainement avoir le plus grand harem de la côte ouest depuis l’expansion du virus. Souriant de ces pensées qui resteraient prisonnières de son cerveau malade, Selene se tourna vers celle qui accompagnait son amie. Ses pupilles un peu trop froides la détaillèrent, son instinct l’intimait toujours à se montrer méfiante avec les gens qu’elle ne connaissait pas. Pourtant elle lui adressa un léger signe de tête avant de déclarer :

- Tu dois être Aori, non ? Tu es la bienvenue aussi.

Son regard s’abaissa alors sur l’enfant. Un frisson glacé glissa dans le dos de l’étudiante. La dernière fois qu’elle avait vu des mômes, il s’agissait de charognes qu’elle avait libérées en enfonçant sa lame dans leur cervelet. Une euthanasie propre et éprouvante qui l’horrifiait encore jusqu’à ce jour. Elle n’avait rien contre les petits, si ce n’était la peur qu’ils soient blessés par un rôdeur et que ne lui revienne la responsabilité d’un choix difficile. Un nouveau sourire étira pourtant les lèvres pâles de la pianiste qui reporta alors son attention sur sa sœur :

- C’est vraiment super que vous nous ayez trouvés euh… vous n’êtes pas blessés ? Vous avez faim ? On peut peut-être vous donner quelque chose. On a même récupéré quelques bonbons dernièrement.

Elle avait furtivement regardé le bout de chou, faisant bien évidemment référence aux friandises volées dans le garage automobile Toyota de Sequim. En vérité, Selene était une piètre hôte. Elle ne savait pas quoi dire ni quoi faire. Ce n’était pas comme recevoir des amis pour l’apéro, c’était plus fort que ça. En ouvrant les portes du chalet à Flann et ceux qui l’accompagnaient, elle leur offrait un asile. Un toit régulier, des compagnons qui se serraient les coudes, une sécurité relative. Elle les prenait sous sa protection et vendrait son âme au diable pour qu’ils restent en vie.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Dim 24 Avr 2016 - 15:41

La scène était assez étrange. Je ne m'attendais vraiment pas à retrouver deux personnes que j'appréciais au même endroit, mais d'une certaine façon cela pouvait être logique dans un sens, car les survivants étaient de moins en moins nombreux alors ceux qui restaient pouvaient se trouver dans le même endroit. Je regardais le géant de fer pendant qu'il baissait la pelle qu'il avait lever devant lui. Je savais que cela était sans doute dû au fait qu'ils avaient pensés que nous pouvions être une menace.

Je le suivit du regard pendant qu'il s'approchait du gros chien qui se tenait à ses côtés et qui semblait vraiment ravi de voir du monde bien vivant. Il semblait vouloir nous montrer que l'animal n'était pas une menace et qu'il savait se montrer gentil. Pourtant, cela ne me rassura pas vraiment, car le géant de fer était imposant alors que le petit bonhomme était chétif et petit. Je me tournais vers Aori pour la regarder avant de prendre la parole :


- Je pense que Arun peu y aller, mais attendons encore un peu.

Le petit bonhomme semblait avoir comprit ce que je venais de dire, car il avait du mal à tenir en place et cela me fit rire. J'aimais bien me trouver en présence de Arun, car il parvenait à me faire oublier pendant une ou deux petites secondes que nous étions sans arrêt en danger. Lorsque je me retournais vers mes deux amis, je vis que Selene était en train de s'approcher de moi assez étrangement comme si elle avait pensée que je n'étais plus de ceux qui luttait quotidiennement pour ne pas se retrouver dans la case des Malades.

Elle me prit dans ces bras et cela fut un contact agréable. Je savais que cela risquait de déranger Aori alors je ne restait pas longtemps en contact avec la jeune femme. Selene avait prononcé quelques mots avant de m'enlacer et je cela m'avais conforté dans l'idée qu'elle avait eut en tête ma disparition. Je la regardais silencieusement pendant qu'elle s'approchait de Aori avant de la saluer.

Malgré tout, je sentais la jeune femme distante comme si elle pouvait avoir peur de nous. Sachant que cela ne durerait pas, je ne me faisais pas de soucis. Je vis le regard de Selene se poser sur le petit bonhomme en se perdant dans des pensées. J'avais eus les même lorsque j'avais vu Arun en compagnie de Aori, car je n'avais pas croisée le moindre enfant depuis très longtemps alors je comprenais très bien. Elle fini par prendre la parole pour nous demander si nous avions faim ou si nous étions fatigué avant de parler de sucrerie.

J'aurais vraiment aimée qu'elle ne le fasse pas maintenant, car le petit bonhomme gesticulait de plus en plus. Il était certes petit, mais il comprenait beaucoup de chose et avait plus de mal avec d'autre. Je restais silencieuse, car je ne savait pas vraiment quoi dire. Je ne savais pas comment je devais m'adresser à Selene, car Aori ne savait pas. Ce fut elle qui rompit le silence.


- Je suis ravi de vous rencontré également. Je sais que nous ne nous connaissons pas, mais je sais qui vous êtes. Flann parles souvent de vous deux. Je crois qu'elle ne s'attendais pas à vous voir ensemble.

Il y avait un peu de ça, mais pas que. Je regardais Selene avant de me tourner vers Bobby et après avoir quitter la tiédeur de la main du petit bonhomme, je m'avançais vers le géant de fer. Je le regardais un instant avant de lui sourire et de prendre la parole :

- Je savais que nous finirions par nous croiser de nouveau.

Juste après que j'eus prononcée cette phrase, je pris le géant de fer dans les bras pour le saluer. Je savais que ce geste allait sans doute le gêner, mais je voulais le saluer comme un ami et non pas comme une personne que je croisais pour la première fois. Il est vrai que nous avions passés que quelques heures tout les deux, mais ces instant avaient été agréable et puis il était parvenu à me donner une piste pour retrouver la jeune femme et je lui en serait toujours reconnaissante.

Une fois que le contact fut rompu, je me tourna de nouveau vers Selene et cette fois, je savais quoi dire, car elle avait demander quelque chose et le mieux étaient de lui répondre. Malheureusement, je ne pouvais pas lui dire ce dont je voulait lui parler maintenant, car il y avait trop de monde autour, mais je savais que je trouverais un moyen de lui parler en tête à tête.


- Nous avions une voiture pour nous conduire jusqu'ici, mais elle nous a lâcher à environ cinq kilomètres de là. Nous avons pas marcher longtemps alors nous ne sommes pas plus fatiguées que vous deux. Arun, s'est endormi dans les bras de Aori pendant la marche donc il est en pleine forme. Nous n'avons pas manger grand chose depuis le repas de midi de la veille par contre. Si tu avais quelque chose de plus saint que des sucreries pour le moment ce ne serait pas de refus.

Personne d'entre nous était blessé ou en tout cas pas physiquement. Je crois que tous le monde avait subit des traumatismes durant les mois qui venaient de s'écouler. Je ne savais pas si les deux personnes que je connaissais étaient toujours les mêmes et j'en doutais un peu. Je fini par sortir de mon questionnement en entendant Arun prendre la parole :

- Est ce que Maman va venir?

Je fermais les yeux en sachant que Aori ne savait plus comment essayer de lui faire comprendre que sa mère ne pourrait pas revenir au pret de lui. Lorsque j'ouvris les yeux, j'entendis Aori s'excuser avant de conduire le petit garçon à l'écart du groupe. Je savais que je devais explique la situation à mes deux amis. Je soupira avant de prendre la parole de nouveau :

- Lorsque j'ai retrouvé Aori, elle était déjà en compagnie de Arun. Elle m'a expliquée que peut de temps avant, elle l'avait entendu hurler. Elle s'est rendu auprès de lui et elle a vu une femme, la mère du petit, se faire mordre. Elle a tuée le Malade qui s'en est prit à la mère du petit bonhomme, mais elle ne pouvait rien faire pour elle. Elle a demandée à Aori de prendre l'enfant et s'est ce qu'elle a fait.

Je fixais Aori en essayant de lui donner du courage. J'ai voulu m'en charger plusieurs fois, mais elle a refusée tout net en disant que c'était à elle de faire cela. J'avais de la peine pour le petit bonhomme de quatre ans, mais je savais qu'il était assez jeune pour s'adapter.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Lun 25 Avr 2016 - 13:52

Le colosse flottait sur un nuage d’incompréhension et de doute. Il connaissait la dame aux cheveux de feu. Son esprit lent essayait de situer l’Asiatique, une photo floue avec le doigt gracile de Flann cachant de temps à autre une silhouette figé dans le temps. Le petit garçon qui trépignait d’impatience, la bête ne le connaissait pas ni d’Adam ni d’Ève. Et comme pour jeter la pathétique créature dans l’abîme de la crétinerie, Selene rengaina son arme et enserra celle qui avait partagé une demi-nuit de cauchemar. Les deux êtres avaient su s’épauler dans l’adversité et dans les songes maudits de l’un et de l’autre. Comprenant tout de même que le danger était une chose du passé,  le colosse planta le bout métallique de la pelle dans la terre meule.  Fronçant des sourcils, la stupeur de l’homme gagna un cran supplémentaire en voyant la scène qui se déroulait sous ses yeux ébahis. Sa mâchoire volontaire fut brutalement tractée vers le sol comme si la gravité avait subitement augmenté sa force d’attraction.  

La pianiste enserra Flann et leurs corps sublimes semblèrent pendant un instant se fusionner pour créer une apothéose de beauté absolue. De la tendresse, de l’inquiétude, du bien-être et surtout une joie presque palpable firent une onde de choc pour la créature empathique. Un peu de positif après toutes  ses pensées horribles et terribles fut la bienvenue. Alors, Selene posa une suite de questions rapides qui firent perdre la carte au monstre de foire. Mais l’essentiel fut que l’ange de porcelaine acceptait  de recevoir le trio de survivants fatigué. Frost  s’assit lourdement près du mastodonte en regardant le petit garçon d’un air absent. Mais au fond des yeux du chien, une envie de s’approcher du gamin et de lui passer sa langue rugueuse sur le visage était discernable à des kilomètres à la ronde. Bobby comprit alors que Selene connaissait déjà la rouquine. L’erreur de la nature ne comprenait tout simplement pas le comment, mais il s’en fichait éperdument.  Pendant que le trio de dames, ces êtres si charmants qui auraient pu faire bouillir de désir et remplir les yeux de délectations n’importe quel homme, parlait, la bête était en retrait comme à son habitude.

Machinalement sa grosse main rugueuse gratta entre les oreilles du St-Bernard et celui-ci ferma les yeux pour en apprécier chaque attention de l’homme.  Essayant de cacher la dernière horreur de sa silhouette de cauchemar en date, à savoir l’amenuisement presque total de son oreille gauche, l’homme baissa ses yeux presque de honte. Il était persuadé que maintenant la dame qui avait combattu autant les horreurs terrifiantes de ce monde apocalyptique et celui des songes des nuits avait oublié la lie de l’humanité. Comme d’habitude, les gens oubliaient très vite le géant quand il n’avait plus besoin de lui. Une tristesse commença à poindre dans son cœur torturé. Le retour des nuages gris menaçait de reprendre le dessus sur ce passage ensoleillé. Il devait travailler, faire une activité physique pour reprendre pied, ne pas se laisser aller à la contemplation. Une lisière de mots atteignit l’ouïe amoindrie de la chose, une voix chantée des plus agréable. Mais presque la totalité de l’essentiel, à savoir qu’Aori  parlait du duo et non juste de la musicienne, échappa à l’esprit pathétique de l’homme.  Tendant une main vers le manche de la pelle, une sorte d’ancre solide dans cette scène qu’il n’était aucune conviée, le chien devint plus fébrile. Une ombre plongea sur la grande silhouette du mineur. Celui-ci releva les yeux, persuader sur le coup de ce devait être Selene. Sa sœur de cœur allait surement demander au simplet de continuer à creuser les fosses pendant qu’elle emmènerait les trois personnes éternuer.

Un sourire, quelques mots qui semblaient venir du cœur sans consulter l’esprit fut poussés par un souffle chaud. Tous les muscles de la petite colline humaine s’étaient pétrifiés subitement, ne sachant pas trop ce qui se passait. Il avait encore son bras d’étier vers l’outil d’excavation. Pathétique épouvantail qui procurait des cauchemars aux gens d’avant ces périodes troublées. Dans le subconscient de l’homme, il ne pensait jamais que la rouquine allait croiser de nouveau le chemin de l’être cauchemardesque. Que plusieurs personnes avaient apparu, comme des figurants dans le film de la vie du golem de chair, avant de quitter pour en perdre la trace dans le brouillard de la peur. Des noms, des visages qui avaient réussi à convaincre le sosie de Frankenstein que le hasard avait enfin fini d’enlever des connaissances aux bras aimants de l’homme. Juliane, Dwight, Ziggy, Axel, Charlie et Abigail… Bon Dieu qu’il se rongeait les sangs pour l’Irlandaise bannie par sa meilleure amie de l’époque et de l’homme au sourire qui dissimulait surement de la méchanceté à l’état pur. Personne ne devrait faire ce qu’ils ont fait endurer à la jeune femme fragilisée. Personne n’aurait dû se réveiller, arracher de peine et de misère aux griffes de la mort, dans un lieu inconnu avec personne pour le rassurer.

Mais ces pensées furent éphémères, l’attention de la bête fut portée vers la belle en face de lui. Celle-ci fit alors un geste que peu de gens avaient osé envers le géant à l’armure de chaire rapiécée. Une douce  étreinte tétanisa complètement le colosse pendant quelques secondes. Sans en comprendre le geste, l’instinct de protection développé et l’humanité si pure de Robert avaient pris le dessus sur sa gêne initiale, le petit tronc d’arbre qui servait de bras du mineur enserra à son tour la silhouette gracile de la femme. Les deux êtres furent alors dans un autre plan, un autre univers pour quelques instants. Toutes les criantes, les peurs et les jugements furent mis de côté. Dans un murmure, des mots doux et tendres furent alors chuchotés dans l’oreille de Flann. Une sincérité touchante et une joie authentique luisaient dans le regard océanique de l’homme.

Robert- Je suis heureux de vous voir… Euh… Je comprends rien mais c’est pas grave. Tu viens à la maison?

Sentant que la dame à la chevelure de feu voulait se dégager, le bras immense du mastodonte s’ouvrit avec peine. Comme un grand frère qui avait peur de laisser sa petite sœur partir avec son nouvel amoureux au bal de l’école. Flann parla de nouveau, expliquant avec exactitude les derniers événements et même la disparation tragiques de la mère  du petit garçon. Sortant deux barres tendres de sa poche, il les tendit à la rouquine près de lui sans aucune hésitation. C’était son repas de la journée, la petite pause qu’il s’était aménagée pour la dure journée de labeur que le mineur allait accomplir avec joie.

Robert- Tiens Flann… Euh… J’ai juste ça sur moi et aussi de l’eau si vous avez soif.

Tournant son attention vers la jeune perle de l’orient et le petit garçon à la peau caramélisé, l’homme fit un petit salut timide de la main. Prenant son courage à deux mains, il se présenta alors.

Robert- Bonjour… Euh… Moi c’est Robert ou ben Bobby. Lui c’est Frost et elle c’est Selene.

Bobby aurait pu se gifler après sa petite bévue. Il n’aurait pas dû présenter Selene, car la musicienne l’avait fait de son propre chef. Soulevant ses immenses épaules en signe de résignation, le regard bleuté de la chose rencontra la joie pétillante de l’enfant. Aucune peur n’obscurcissait ses yeux, juste une curiosité et une intelligence qui reléguèrent aisément celle de Robert au bas de l’échelle. Posant un genou au sol détrempé, le massif homme dit alors avec un ton rocailleux, mais tendre à la fois.

Robert- Tu veux venir voir le chien petit?

Le garçon s’apprêtait à courir vers l’animal, mais une main immense se leva, intimant l’arrêt complet des mouvements d’Arun. Partit le monstre de foire. L’oncle bienveillant et si attentionné avait refait surface. Cet être doux qui n’apparaitrait qu’avec sa nièce Sandra. Cet homme aimant et si gentil qui avait accompagné son ange dans toutes les étapes de sa vie. Le genre d’homme que n'importe quelle famille aurait aimé avoir comme oncle ou même, soyons fous, père.  L’être de cauchemar fait alors un sourie à la fois affreux et merveilleux. Affreux à cause de sa dentition mal alignée et un peu repoussant. Merveilleux, car le visage aux traits atypiques c’était adouci et un halo de joie et de pureté semblaient  pulser de tout l’être de l’homme. Une voix rassurante et douce comme du miel, quoique gâché par le ton rauque, caressa l’ouïe des spectateurs de cette scène.

Robert- En premier tu dois demander le ok d’Ari… Euh… C’est ça?

La jeune femme corrigea avec délicatesse le monstre de foire qui rougit un peu de honte.

Robert- D’accord, maintenant je t’ai dit OK pour Frost, mais viens en marchant… Euh… Sinon mon pitou va vouloir jouer tout de suite.


Le petit garçon s’approcha alors sa ns peur des deux êtres massifs. Un sourire rassurant et un hochement de tête positif du mineur firent rire aux éclats le petit garçon.

Robert- C’est bien maintenant tend la main vers son museau… Euh… Frost va te sentir et s’il t’aime il va te lécher la main. Sinon il va reculer.

Une petite main pleine d’espoir se leva et après un reniflement ou deux, la langue rugueuse du chien engloba le bout des doigts de l’enfant fébrile.

Robert- Tu vois il veut devenir ton ami… Euh… Tu peux le flatter, mais tout doucement.


Le St-Bernard fut alors envahi par des caresses tendres de la part du petit homme. Se relevant avec lenteur, le regard océanique de l’homme croisa ceux de sa sœur de cœur. Il fit un sourire bienveillant et si attachant.

Robert- Euh… Selene tu vas retourner à la maison avec Flann, A-ori, le petit et Frost? Moi je peux continuer à creuser si tu veux… Euh… Sinon je pourrais vous accompagner et ensuite revenir plus tard? Euh… Je pourrais partir le chauffe-eau, préparer une chambre pour eux et faire un truc à manger…


Comme un bon petit soldat, ou bien un frère trop aimant, la pathétique imitation d’homme fit un petit hochement de tête pour dire que tout allait bien. Les grognements de joie du St-Bernard résonnaient près de lui sous l’avalanche de caresses du garçonnet.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Lun 25 Avr 2016 - 18:39

L’esprit pratique de Selene enregistra que son amie avait abandonné une voiture à seulement quelques kilomètres de là. Il allait falloir la récupérer ; c’était toujours pratique d’avoir des véhicules, même s’ils en avaient déjà deux. L’essence n’était pas un problème. Ils en avaient ramené un peu de Sequim. La plupart avait déjà été englouti par la Land Rover, mais il devait bien rester une lampée pour 5km.

- On a de quoi manger sainement, assura la musicienne en souriant, je vous préparai quelque chose au chalet.

Bobby ne devait pas avoir la même notion que ses cadettes du terme « manger sain », puisqu’il proposa à Flann des barres chocolatées. La musicienne voulut le reprendre gentiment mais n’en eut pas le temps : le petit venait d’être emmené légèrement à l’écart par Aori après avoir demandé après sa maman. Le géant se rapprocha d’eux, souhaitant familiariser son chien avec l’enfant, et Selene resta auprès de son amie pour écouter son récit. A son tour, elle tourna ses yeux bleus vers le trio improbable, s’attardant sur Arun et sa protectrice.

Sans la connaître, elle admirait cette femme. La pianiste était bien heureuse de ne pas avoir eu à faire le choix d’une telle responsabilité, parce qu’elle n’était pas certaine d’en être capable. Guider un môme dans un tel monde devait être plus compliqué que de simplement survivre. Il était si jeune… bien trop jeune pour se souvenir de comment c’était avant. A l’époque où les morts ne se relevaient pas, où ils ne terrifiaient pas les vivants.

- C’est courageux de sa part, commenta simplement Selene.

Son attention revint à Flann. Elle mourrait d’envie de lui demander comment elle allait, ce qui s’était passé depuis la dernière fois qu’elles s’étaient vues, mais ce n’était pas le genre de chose qu’on abordait comme ça. Peut-être même que la concernée n’avait pas envie d’en parler. Certains événements étaient plus supportables quand ils restaient dans le trou où on les a jetés.

Selene s’était momentanément perdue dans ses pensées et fut ramenée sur terre par Bobby. Il avait visiblement réussi à faire se rencontrer Frost et Arun et s’interrogeait sur la suite du programme. Elle fut presque horrifiée qu’il pense à continuer à travailler tout seul pendant que leurs invités s’installaient. Parfois, l’étudiante se demandait s’il était juste abusivement soumis ou si c’était elle qui l’écrasait avec des instructions de tyran. Interloquée, elle répondit :

- Viens avec nous ! On reviendra plus tard. Tu n’auras qu’à préparer les lits pendant que je fais à manger.

Ouvrant la marche, la jeune femme guida alors Flann, Aori et Arun au travers les arbres. Le colosse fermait la marche, dominant tout le monde de plus d’une tête. Il ne fallut pas plus de trois minutes avant que toute la troupe arrive au pied du refuge. Slalomant entre les deux imposants véhicules, la pianiste atteint la porte de l’atelier, ouvrit et alluma la lumière. Il n’y avait rien de spécial à cet étage sans fenêtre, si ce n’était leurs stocks de denrées non périssables, les outils, un ou deux sacs de charbons, un bidon d’essence presque vide, un tas de deux couvertures en peau de bête, et d’autres trouvailles ramenées d’expédition. A l’étage, Selene invita les arrivants à s’assoir sur les canapés du salon et leur dit tout en poursuivant vers la cuisine :

- Qu’est-ce que vous voulez ? On a des pâtes, des légumes, un peu de viande en sauce, quelques patates…

Elle ouvrit les placards, piochant ce sont elle avait besoin pour préparer un déjeuner. Ils étaient encore en pleine matinée, mais avec les temps qui couraient, on ne pensait plus vraiment à dissocier les types de repas. On mangeait ce qu’on avait. La pianiste regarda avec espoir dans le réfrigérateur s’il restait un peu du lapin cuisiné la veille par la journaliste, mais non.

- Je vous fais une petite visite après ? On va être 7 mais y’a de la place pour tout le monde, ça ira.

Un sentiment proche de la fierté l’envahit. Elle était heureuse de présenter sous un si bel angle le refuge dont elle avait parlé à Flann. Ça n’avait pas été un mensonge ou une utopie : ce lieu trouvé par Bobby existait réellement. Il n’était pas parfait, mais il tenait debout et gardait ses occupants au chaud. Une revanche de prise sur la vie, même si elle avait conscience que le bras de fer n’était pas terminé.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Mar 26 Avr 2016 - 14:31

Je savais bien que le geste que j'avais eus à l'égard du géant de fer allait le raidir, mais je sentais une grande tendresse se dégager de lui. Il m'enserra avec douceur et prudence pour ne pas me faire mal et cela était vraiment agréable. J'avais la sensation qu'il voulait faire partir tout le désespoir que j'avais accumulé depuis des semaines. Je fini par me dégager de son étreinte, car je savais qu'il ne fallait pas abuser des bonnes choses. Il finit par prendre la parole pour me dire qu'il ne comprenait pas vraiment ce qui se passait devant ses yeux et cela me fis rire. Je plongea mon regard dans le sien avant de prendre la parole :

- Ne t'en fait pas Bobby. Toute cette histoire est assez simple tout compte fait. J'ai fais la connaissance de Selene quelques jours après toi. Elle m'a sauver la vie alors que j'étais très malade et blessé. Elle m'a donné l'adresse de cet endroit avant que nous nous soyons séparées. J'ai retrouvée Aori et découvert le petit bonhomme et nous sommes venu. Oui, nous allons rester enfin si tu veux bien.

Je lui souris avec plaisir, car je savais bien que le géant de fer n'allait pas nous mettre dehors sauf s'il avait changé, mais je savais que cela n'était pas vraiment le cas, car la tendresse dont il avait preuve durant notre câlin avait la même chaleur que lorsqu'il avait passé ses doigts sur ma main calcinée. Je restais silencieuse pendant qu'il sorti deux barre de friandise chocolatée qu'il me tendis.

Je lui souris tout en prenant les deux chocolats que je mis dans ma poche. Je fixais le regard chaleureux du géant de fer avant de prendre la parole afin de lui expliquer mon geste.


- Merci pour les barres de chocolat. Je vais les garder pour plus tard. Je crois que quelque chose de moins sucré serait bien pour le moment.

Je ne voulais pas dire à Bobby que les barres de chocolat n'étaient pas vraiment idéales pour l'instant alors que nous avions besoin de force et de repos, c'était surtout Arun qui devait dormir un peu. Il ne fallait pas oublier que s'était un petit garçon de quatre ans et que son âge faisait de lui un être fragile et une cible de choix pour les Malades.

Selene devait avoir comprit ce que j'avais ressenti en voyant le géant de fer sortir ses deux barres de chocolat, car elle prit la parole pour nous dire qu'elle nous ferait un petit quelque chose une fois que nous serions dans le chalet. Mes deux amis eurent des réactions qui leur était propre lorsque je leur eus raconter le peu que Aori m'avais raconté sur le comment elle s'était retrouvé avec un petit bonhomme.

Bobby semblait vouloir faire sourire Arun en le faisant jouer avec le gros chien et Selene semblait considéré le fait de récupérer un enfant de cet âge était vraiment courageux et je savais que cela était vraiment le cas. Aori était comme cela depuis toujours et j'espérais vraiment qu'elle ne changerais pas. Je ne voulais pas que cela se produise, car elle était la personne qui m'avais aidé à tenir le coup après ce qui s'était passé pour moi. Pourtant, je me demandais comment elle allait le prendre lorsqu'elle le saurait. Je ne voulais pas le lui dire, mais d'ici quelque temps je ne pourrais pas faire autrement.

Je posa ma main sur mon ventre comme si je voulais déjà protéger la chose qui se trouvait dedans, alors que je n'étais pas réellement certaine que quelque chose se trouvait dedans, avant de souffler légèrement. Je regardais la scène qui se passait entre le géant de fer, le chien imposant et le petit garcon. La scène était vraiment surprenante et agréable au point que j'avais la sensation que le monde pouvait être redevenu comme il était avant.

Bobby s'adressa à Selene pour lui demander ce qu'il devait faire, un peu comme s'il voulait ou pensait qu'il était à l'écart. Je ne me mêlais pas de la conversation, car cela devait être réglé entre eux et puis je venais tout juste d'arriver alors je ne pouvais pas me permettre se genre d'intrusion.

Selene se mit en route en direction du chalet. Je m'approchais de Aori avant de lui prendre la main. Nous nous mîmes en mouvement pour suivre Selene. Après seulement deux pas, Arun était déjà main dans la main avec ma bien aimée. Il n'aimait pas la voir s'écarter de lui sans le prendre avec elle, même lorsqu'elle allait au toilette, il attendait devant la porte pour ne pas la perdre comme il avait perdu sa mère. Une lueur de tristesse apparu dans mon regard pendant l'espace de quelques secondes.

L'intérieur du chalet était un peu désordonné, mais cela avait un côté accueillant et vivant. Je savais que nous serions bien dans cet endroit et j'espérais vraiment qu'il resterait debout durant un long moment. Selene repris la parole pour nous demander se que nous voulions manger. Se fut Aori qui répondit :


- Je crois que de la viande fera du bien à Arun.

La viande était une denrée assez rare ces derniers temps et je comprenais le choix de ma bien aimée. Je vis Selene regarder dans les placard pour préparer le repas. Elle nous informa que nous serions sept dans le chalet, mais que la place était largement suffisant. Je la regardais un instant avant de reprendre la parole :

- J'ai hâte de rencontrer les autres habitants de cette merveilleuse maison.

J'espérais que nous nous entendrions tous bien afin d'être soudée les uns avec les autres. Je savais que par les temps qui couraient, il allait falloir avoir une confiance presque aveugle.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Mer 27 Avr 2016 - 6:18

En entrant dans le chalet, le mastodonte se dirigea dans un premier temps le réservoir d’eau chaude. Le groupe n’utilisait plus vraiment ce luxe pour économiser l’énergie des batteries, mais pour ce coup-ci l’être simplet cru que ça pourrait être l’exception qui confirme la règle. Le trio fourbu de tout ce long chemin apprécia certainement de détendre leurs muscles fatigués sous un jet chaud et pouvoir enlever la grasse accumulé que la survie d’aujourd’hui coutait.  Le mineur activa le coupe-circuit et par acquis de conscience il vérifia les batteries. Tout était au vert, mais bientôt il devrait faire un entretien de routine.

Grimpa l’escalier de son pas pesant et identifiable entre mille, le monstre de foire continua juste à une des chambres du second étage. Passant devant la porte de la chambre qui servait d’armurerie, le géant s’arrêta complètement. Breann calculait les munitions des armes entreposés et aussi de l’équipement nécessaire pour les expéditions. Les sacs à dos prêt pour les évacuation d’urgence et d’autres choses que le colosse avait complètement oublier l’existence. Voir l’ange au regard d’azur qui l’envoutait totalement fit accélérer son rythme cardiaque. Un sourire béat naquit sur ses lèvres exsangues et l’homme difforme rêva pendant quelques instants. Une illusion qui semblait si inatteignable que ça resta surement en état de songe pour le mineur. Il désirait prendre la main gracile de l’être divin, se rapprocher d’elle, voir aucune méfiance ni dégout dans son regard si merveilleux et danser avec la journaliste. Chanter la chanson secrète que Sandra avait composer pour le jour ou Bobby fera cette démarche. La bête caressera le doux relief des traits harmonieux du visage souriant de la belle. Ses doigts ignobles et immenses appréciant chaque sensations. Et…

Un ange passa et une rougeur si écarlate envahit les joues de l’homme perdu dans ses pensées agréables. Il se dépêcha de rejoindre la chambre qui allait servir d’unité familiale pour Flann et les siens. C’était un grand lit qui trônait dans cette chambre et un petit escamotable qui était dissimuler en dessous.  Le monstre de foire ouvrit un placard et sorti la literie. Il fit les lits et fouilla dans une table de nuit. Quelques crayons de couleurs et  un livres à dessins à moitié compléter se retrouva sur l’oreiller de l’enfant. Cette chambre allait reprendre sa vocation d’origine. Une famille en vacance devait utiliser les lieux et les enfants avaient laisser quelques jouets et articles de bricolage. Souriant grandement devant son accomplissement, l’erreur de la nature alla rejoindre les gens dans la cuisine.

Néanmoins le colosse saturer de cicatrices repoussants fit un crochet par le salon. Fouillant dans son sac à dos, il en sorti un ourson en peluche. Ses pas l’emmenèrent alors près de l’enfant qui jouait avec un Frost totalement sous le charme du garçonnet. Le St-Bernard était coucher sur le dos et il recevait des papouilles d’Arun. Le quadrupède avait la gueule grande ouverte et la langue de l’animal était sorti presque complètement. Le géant s’assit alors sur ses talons et regardant le vieux toutou en peluche.

Robert caressa le duvet de monsieur nounours. Des souvenirs heureux rejaillit dans l’esprit lent du monstre de foire. Le sourire grandiose de Sandra quand le mineur lui avait l’ourson. La fillette devenu adolescente emmenait partout la peluche de son oncle nounours. À l’hôpital et même dans la mort. Bobby avait retrouver la peluche à quelques pas du cadavre de son ange. C’était un des derniers souvenirs de l’être qui avait marquer sa vie. Le regard océanique de l’homme se posa sur le garçon. Celui-ci avait des yeux remplis d’espoir et de convoitise. Soupirant doucement, une lueur de mélancolie et de nostalgie passèrent dans le regard si pur du mineur. Tendant la peluche à l’enfant, la grosse voix rauque mais tendre de l’homme s’éleva dans l’air.

Robert- Voici Monsieur Nounours… Euh… C’est un ami qui va t’écouter et il est très gentil… Euh… Tu vas bien t’en occuper ok?

Le petit garçon hocha la tête avec entrain et le colosse lui tendit l’ourson en peluche avec un petit sourire. Bobby avait de la peine de voir ce souvenir lui glisser entre les doigts. Mais une joie à l’état pur irradia son horrible faciès en voyant le garçonnet s’assoir au sol et jouer monsieur Nounours. Personne à part Selene et Juliane connaissait le véritable attachement que vouait le colosse à l’ourson. Un autre exemple de la bonté et la gentillesse de l’âme pur du mineur venait de se dévoiler au grand jour. Voyant Aori tout près, la timide bête ajouta dans un murmure.

Robert- Euh… Tout est prêt dans la chambre en haut la dernière porte à gauche… Euh… Il y a un peu de jouets pour Run… Euh… Aussi l’eau doit être chaude pour vous laver… Euh… Je veux pas dire que vous sentez hein.

La honte fit baisser son regard à l’homme difforme et il alla rejoindre l’ange à la peau de porcelaine près du four. Regardant Flann avec une lueur de malice à l’état pur, le colosse dit alors à la jeune femme.

Robert- Euh… Sœurette j’aurai du faire cuire la nourriture et toi faire le lit tu sais… Euh… Pas sûr que Flann va aimer je suis meilleur que toi pour cuire les trucs.

Les épaules du mastodonte tressautèrent et une hilarité de bon enfant s’inscrivit sur le visage de Bobby. Un rire enjouer et coquin s’échappa de sa gorge immonde. Il fit un pas de côté pour esquiver la possible, presque certaine, contre-attaque de l’être au regard bleuté comme les glaciers. Mais vu la quantité de nourriture en train de cuire, le colosse sut qu’il n’en avait pas assez pour tous. Reprenant son sérieux à grand peine, le phénomène de foire ajouta timidement.

Robert- Euh… Je crois que je vais aller continuer à travailler… Euh… Pas faim déjà manger ce matin.

Il ne savait pas si Selene savait qu’il n’avait pas manger de la journée, qu’il voulait donner sa part au trio affamé. Aussi l’homme si empathique avait deviner que Flann voulait parler à la sœur d’âme de Robert seule à seule. Qu’il était de trop dans cette discussion. Surement avec l’illusion à la douche et les jouets, Aori et Arun iront à l’étage.

Hrp:
 



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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