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 À l'aube d'un jour nouveau...

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Jeu 2 Juin 2016 - 6:12

Le géant au physique ingrat s’étira doucement, des gestes visant à pétrir ses muscles endoloris et permettre une bonne circulations sanguines dans son organisme. Il venait d’abattre le travail d’un trio de travailleur en moins d’une journée et avec l’aide providentielle de Flann, il avait même finaliser les pieux dans le fond de la fosse. Robert avait un sourire de satisfaction et de joie imprimer dans son faciès horrible à souhait. Il s’assit donc tout près de la rouquine et prit le morceau de bois qui venait de finaliser. L’écorce était enlever, dénudant la chair tendre de l’arbre. Mais les pensées du géant venait de le transporter loin de cet scène. Il était en questionnement. Toutes les informations sur l’amour tournait en boucle dans l’esprit lent de la bête et le pauvre gaillard essayait de tout remettre en ordre. L’essentiel qu’il avait retenu c’est que toutes les pensées que le colosse difforme avait envers la journaliste, ses sourires et son bien-être totale signifiait qu’il devait être amoureux. Il avait été abasourdi de l’apprendre et le mineur qui n’avait jamais connu cet état de grâce euphorique et divin n’en croyait pas ses propres déduction. Bobby devait essayer de connaître le fin mot de l’histoire, même si la douleur anticipé de la désillusion et de cet hypothétique rejet de Breann serait des plus normale. Elle était un ange, un être de pureté, de gentillesse et de beauté surnaturelle aux yeux du monstre de foire. La jeune femme pouvait avoir n’importe quel homme en claquant des doigts. Pourquoi elle choisirait un rejet, la lie de l’humanité? Une douce parole de la rouquine ramena le colosse en pleine interrogation au présent. Passant sa main rugueuse sur le bois tendre, la voix rocailleuse de l’homme s’éleva dans les airs.

Robert- Le sens du bois c’est les ligne qui courent… Euh… Comme les trucs pour emmener le sang tu sais. Tu peux le sentir aussi au toucher tu sais… Euh… Je peux te prendre la main?

Prenant la douce main gracile de la jeune femme dans la sienne immense et rugueuse à souhait, l’ancien bucheron déposa délicatement leurs doigts entremêlés sur le bois. Avec lenteur, pour laisser à la belle le loisirs de bien sentir l’essence de la chair de l’arbre. Ensuite il fit glisser la paume dans le contre-sens pour avoir un aperçu de la face rugueuse du bois. Un sourire tendre aux lèvres, le géant chuchota avec une affection papable dans la voix par rapport à son ancien métier.

Robert- Tu vois dans un sens c’est doux comme ta peau de ta main et dans l’autre c’est pas agréable comme la mienne… Euh… Pour ton autre question, j’ai travaillé toute ma vie… Euh… Au début pour aider à payer la maison à maman… Fais de la mécanique, du moonshine, de la construction, couper du bois, travailler en dessous de la terre pour trouver du fer et aussi pour surveiller une porte dans un bar… Euh… Je crois que c’est tout.

Se souvenant des propos sur Selene et de sa gentillesse, la rougeur gagna les joues mal rasé du colosse. Laissant la main de la jeune femme, coupant court à cet chaleur humaine si merveilleuse qu’il produisait sans le savoir, Bobby parla sur le ton de la confidence.

Robert- Oui Selene c’est un ange… Euh… Je crois qu’elle le sait pas. Elle aide les gens même moi… Euh… Elle a même revenu habiter ici… Euh… C’est parce que je suis peut-être différent des hommes tu sais… Euh… J’ai toujours voulu aider et d’habitude les gens m’utilise. J’ai une question à te poser sur les trucs d’amour… Euh… Ça me gêne tu sais mais je te fais confiance et je ne veux pas embêter Selene avec ça tu sais… Euh… Elle est très occupé et je crois l’embêter des fois. Tu ne devrais pas pleurer tu sais... Euh... On va s'en sortir et tout va redevenir normale j'en suis sur.

La foi du colosse pour l'humanité vacillante de ce monde était tout simplement remarquable. Il tendit un mouchoir respapé de sa poche de pantalon pour permettre à l'être de lumière d'assécher ses larmes. La rouquine fit signe de parler et le géant prit une grande respiration. Il ne voulait pas le savoir, mais aussi la curiosité l’emportait sur son ignorance. Avalant sa saline, se tordant les mains de gêne et de stress.

Robert- Euh… Je pense toujours à une dame en me réveillant et en me couchant tu sais… Euh… Je me sens humain et bien près d’elle… Euh… Je devrais faire quoi tu crois… Euh… J’aimerais bien l’inviter à danser et lui faire plaisirs mais jamais fait ça… Euh… Laisse faire ok.

Voyant du coin de l’œil la silhouette divine et gracile de son ange d’ivoire, le géant baissa les yeux. Il ne voulait pas trop déranger sa sœur d’âme. Mais voyant le visage fermer au traits si agréable, la lueur de résignation et de tourment dans les yeux bleuté si clair, Robert se raidit. L’empathique créature comprenait que quelque chose ne tournait pas rond. Ramassant ses outils pour les placer sur son épaule massive, le géant était inquiet et il promenait son regard océanique sur les deux beauté.

Robert- Euh… Tout va bien? Si vous voulez je peux partir creuser un autre trou si vous avez a parler de trucs intelligents…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Jeu 2 Juin 2016 - 8:23

Pendant tout le temps qui la séparait de ses amis, Selene fut songeuse. Elle se sentait encore fébrile, bouleversée par les discussions qu’elle venait d’avoir. En quelques mots, elle avait été projetée à nouveaux dans un passé qu’elle aurait préféré oublier. En retrouvant l’extérieur, la musicienne inspira profondément. Elle avait l’impression qu’un étau enserrait sa poitrine gracile. Si Flann était bien allée rejoindre Bobby, alors elle se trouverait à l’endroit de la première fosse pieux : c’était là que l’étudiante les chercherait en premier.

Elle avait vu juste. Ses deux amis discutait tranquillement, taillant le bois qui servira à empaler leurs visiteurs inopportuns. Un instant, la musicienne hésita. Le géant et la libraire avait l’air de bien s’entendre, elle n’avait pas envie d’interrompre cet instant de complicité pour un sujet noir. Pourtant… trop tard. Ils l’avaient vue, plus question de faire marcher arrière. Avançant aussi lentement que possible, Selene arriva enfin à leur hauteur et leur adressa un sourire légèrement crispée. Plutôt que d’engager directement le vif du sujet, elle préféra s’exclamer :

- Wow, tu as déjà fini la première fosse Bobby ?! C’est super !

Elle lui administra une petite tape encourageante sur l’épaule. Il était tellement grand que même assis, la pianiste n’eut aucun effort à faire pour réaliser ce geste. L’air un peu embarrassée, elle tritura la terre du bout du pied et passa fébrilement une main dans ses longs cheveux avant de se tourner vers la libraire. Pour lui indiquer qu’il n’y avait rien à craindre, elle tenta une moue rassurante, mais ça devait ressembler à une ébauche incertaine.

- Il faut que tu lui parles maintenant. Elle est au courant, mais… va la voir, conseilla Selene en ne sachant plus quels mots utiliser, on va vous rejoindre plus tard.

Elle baissa les yeux, échangea un regard un brin gêné avec Bobby, puis finalement trouva ses rangers fortes intéressantes. Quand Flann eut reprit le chemin du chalet, la musicienne s’assit à sa place et reprit le morceau de bois qu’elle était jusque là en train de tailler. Le colosse lui avait déjà expliqué, par le passé, comment réaliser les pieux. Suivre le sens du bois et tout ça. Alors elle se mit immédiatement au travail sans poser de question ; avoir les mains occupées, ça rendait plus facile ce qu’elle avait à faire. Enfin… en théorie. Ça faisait déjà de longues secondes que la pianiste s’activait en silence et les mots restaient bloqués dans sa gorge. Soudainement, elle comprenait tout le désarroi des parents qui devaient expliquer aux enfants comment faire des bébés…

- Euh… Bobby…, commença-t-elle doucement, il faut que tu… il faut que je te dise quelque chose.

Elle n’osa pas lever ses yeux bleus. Une nouvelle fois, elle songea que cette tache aurait été parfaite pour Breann : elle était douée avec les mots ET avec le géant. Pas de doute qu’elle aurait su lui expliquer la situation de façon claire. Selene se sentait maladroite et sans doute trop peu qualifiée. Elle était un ange déchue, souillée, et avait l’impression que même involontairement, ses paroles allaient tacher l’innocence de Robert. S’oubliant dans l’ouvrage, elle examinait la pointe de son pieu quand elle lâcha d’un trait :

- Flan est enceinte, elle retint sa respiration et la libéra brusquement, elle et moi… quand on était à Seattle, on a eu des soucis ; avec des hommes. Ils nous ont fait du mal. Surtout à Flann.

L’étudiante regarda enfin son ami. Comprendrait-il ? Le viol ? Ce que la libraire avait ressenti ? Que l’enfant qui grandissait dans ses entrailles était celui d’un criminel ? Une progéniture damnée qui pourrait tuer sa mère dès son premier souffle. Il n’était pas né que la musicienne savait qu’elle ne saurait jamais regarder ce gosse en face, pas après ce qu’elle avait vu. Refoulant ses ressentiments, elle posa le pieu et son couteau. Ses mains recommençaient à trembler, elle risquait de se blesser. D’une petite voix, elle reprit :

- Tu comprends ? Elle va avoir un bébé… « on » va avoir un bébé…

Oui car dans ce chaos sordide, chacun des habitants du chalet ne faisait qu’une seule famille. Qu’ils le voulaient ou non, ils seraient tous rattachés à cet enfant…


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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Jeu 2 Juin 2016 - 12:34

La lenteur des mouvements de Selene énervait un peu Flann. Elle avait envie de savoir comment la conversation s'était passée et pourtant sa soeur de coeur mettait un temps impossible pour atteindre l'endroit où elle se trouvait. Heureusement que Booby prit la parole, sinon elle serait sans doute devenue folle. La libraire écouta chaque mot concernant Selene et Flann comprenait très bien ce qu'il tentait de dire avec son habituel maladresse qui était vraiment quelque chose qui rendait le géant de fer comparable à un enfant. Il était emplit d'innocence et Flann s'en voulait. Elle savait que la manière dont elle était tombée enceinte allait détruire une partie de celle ci.

Bobby fini par passer à un autre sujet, il parlait d'une personne qui occupait ses pensées. Pendant une petite seconde, Flann pensait que cela pouvait être Selene, mais la description qu'il avait faite de Breann lui revint en mémoire et la jeune femme comprit que c'était cette dernière qui faisait vibrer le large coeur du géant de fer. Flann jeta un coup d'oeil à Selene qui était encore loin avant de prendre la parole pour répondre à Bobby :


- Il faut que tu saches que chaque personne est unique alors je te conseils simplement de suivre ce que ton coeur te dicte.

Flann savait bien que ce qu'elle venait de dire était un peu compliqué, mais elle n'avait pas mieux. Pour elle, il ne faisait pas le moindre doute que Bobby devait apprendre à agir en circonstance en fonction de la personne qui se trouvait avec lui et cela ne concernait pas seulement les sentiments qui étaient les siens. Elle avait tout juste terminée sa phrase que Selene arriva, enfin jusqu'à eux. Cette dernière avait l'air passablement gênée par la situation et Flann se sentait coupable, mais le retour n'était plus vraiment possible.

Flann regardait sa camarade droit dans les yeux en attendant qu'elle s'adresse à elle, mais elle commença par dire quelques mots de félicitation à Bobby avant d'enfin se tourner vers Flann. La jeune femme écouta chaque parole dans l'espoir de connaitre la situation de l'étage, mais tout ce qu'elle savait était que Aori était au courant et qu'elle devrait aller la voir pour discuter.


- Très bien. J'y vais alors.

Flann avait peur, mais elle n'était pas du genre à reculer et puis elle savait que Aori ne la tuerait pas pour tout cela. Elle aurait sans doute aimé que Flann lui parle avant de le faire à quelqu'un d'autre. La libraire se mit en mouvement pour revenir au chalet et à chacun de ses pas, elle se sentait de plus en plus nerveuse. La demoiselle eut la sensation qu'elle mit deux fois moins de temps pour parvenir jusqu'à lui. Elle monta à l'étage et entra dans la chambre où elle avait discutée avec Selene et où elle savait qu'elle trouverait Aori.

Lorsque Flann ouvrit la porte, elle ne fit pas tout de suite Aori foncer sur elle et la prendre dans ses bras. Flann avait la sensation que ce geste n'avait pas été produit depuis des lustres. Au bout de deux ou trois minutes, Aori se recula, se saisi de la main de sa bien aimée et toutes deux vinrent s'asseoir sur le lit.


- Tu fais des cauchemars tu le savais? Depuis que nous nous sommes retrouvé, tu en fais un par nuit et tu parles pendant ces mauvais rêves. Tout ça pour dire que j'étais au courant. C'est ce que je viens de dire à Selene. Pour le bébé aussi je suis au courant. Je ne voulais pas croire que cela était vraiment arrivé et que je n'étais pas là pour toi alors je n'en ai pas parler. Selene m'a dit que tu avais peur de ma réaction et j'avoue que là je ne comprend pas. On ce disait tout sans la moindre crainte avant tu m'explique?

Flann soupira en entendant la question que venait de poser Aori. Elle savait bien que sa crainte était inutile, mais elle en connaissait la causse. La jeune femme regarda sa bien aimée droit dans les yeux, serra un peu plus la main de Aori qui se trouvait toujours dans la sienne avant de se lancer à son tour dans une prise de parole qui allait sans doute donner des renseignement à Aori.

- Quand nous nous sommes retrouvées, j'étais blessé et légèrement malade et toi tu avait Arun. Je crois que je me suis rendu compte, en voyant le petit bonhomme, que tout ce que nous connaissons était loin. Nous avons tout les deux perdu nos amis et nos familles respectives et cela en dit beaucoup sur ce qui n'est plus. J'ai bien vu que tu étais différente et je sentais que je l'étais aussi et rien que cela faisait que tout était différent entre nous. Je t'aime et ça s'est la seule chose qui ne change pas et c'est pour ne pas perdre la seule chose qui nous reste que je n'ai rien dit.

Flann sentait le ridicule de ce qu'elle venait de dire, mais elle était certaine que Aori avait comprit. Pendant un moment les deux jeunes femmes gardèrent le silence puis elle reprirent la conversation pour parler de tout ce qui était arrivé depuis qu'elles avaient été séparer en essayant de se rapprocher un peu plus, mais il était certain que Aori était avec Flann et qu'elle ferait tout pour que cet enfant à venir reste en vie tout en sachant que cela allait être compliqué.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Ven 3 Juin 2016 - 15:15

Le colosse voulait quitter les deux anges, sentait parfaitement la tempête d’émotions qui se formaient entre les deux êtres célestes. La pianiste était dans un état d’agitation palpable. Robert ne l’avait jamais vu de cette façon depuis les derniers mois. Soit elle était douce, autoritaire, forte avec ses moments de faiblesse comme tout le monde. La rouquine reprit le chemin du chalet et aussitôt l’ange de porcelaine prit sa place pour finaliser les pieux. Des paroles hésitantes, couvertes par une maladresse des plus étranges, sortirent de la bouche de la sœur d’âme de l’erreur de la nature. Des mots qui incendiaient le cœur si pur du colosse. Des hommes sans moralité et seulement intéressés par les plaisirs charnels avaient usé de violence contre des membres de sa famille. Les traits grossièrement sculptés dans le granite de son visage se pétrifièrent, devenant intransigeants. Ses yeux calmes et doux venaient de subir un ouragan de violence inouïe, une sentence de souffrance pour ceux qui avaient osé lever la main sur les êtres chers à son cœur couvert de cicatrices. Ses mains se serrèrent, brisant la solide branche nichée entre elles comme si ne n’était qu’un grignon de pain frais. Le craquement arriva quelques secondes après que la nouvelle de l’enfant à naitre.

Voyant les mains trembler de son amie, sentant tout à coup la rage quitter son âme comme la marée descendante le rivage de sa conscience, le colosse s’assit lourdement à côté d’elle. Loin d’être stupide, le géant à l’armure de chair rapiécée savait parfaitement ce qui s’était passé pour permettre ce petit miracle de la vie. Englobant les mains douces de l’artiste avec la répugnance de ses paluches couvertes de cicatrices, le sourire de l’homme se fit à la fois doux et tendre. Le regard océanique du golem de chair se déversa alors dans les lueurs chatoyantes des glaciers de Selene. Le calme, l’apaisement et une bienveillance se dégageaient de l’homme difforme. Robert semblait solidifier cette béatitude pour être les matériaux qui servaient à l’âme pure et innocente du colosse pour réparer la brèche psychologique de l’ange. Une chaleur douceâtre se dégageait des mains sanctifiées et immenses de Bobby pour réconforter l’être qui avait été si bon avec lui. Sa voix s’éleva alors, petits arabesques aériens d’où le ton rocailleux se mélangeait à merveille avec l’onctuosité des mots.

Robert- Les méchants sont plus là pour vous faire du mal à toi et Flann hein? Sinon je vais y aller et je vais tous les écraser… Euh… Il ne faut pas faire, du mal aux anges tu sais…

Les yeux de l’homme se fixèrent sur de douloureux souvenirs, des épisodes noirs de sa misérable vie. D’un doigt spectral, il en saisit un et sans rendre compte, comme si le géant se débattait dans un cauchemar, il parla avec douceur.

Robert- Euh… Tu sais que j’ai failli jamais naître tu sais? C’est seulement le prix qui a empêché ma mère de me tuer.

Ravalant sa salive de façon douloureuse, le golem de chair se lança dans une explication des plus hasardeuses. Sa voix se transformant alors en grincement qui rappelait douloureusement deux pierres qui se frottent.

Robert- Ma mère aimait beaucoup les médicaments et l’alcool bizarre… Euh… Un jour elle en a trop pris et il a perdu la carte comme disait mamie. Mon père en a profité pour faire ce que les méchants ont fait à Flann… Euh… Les autres ne t’ont pas touché?

Une réelle inquiétude venait de s’engouffrer dans la voix de l’homme au teint qui devenait de plus en plus livide.

Robert- Euh… Ma mère n’avait pas assez d’argent pour me tuer alors je suis arrivé… Euh… Mamie comprenait pas pourquoi j’étais comme ça. Ma mère et moi on n’avait pas les mêmes pensées. Je dois retenir de papa pour mon allure de monstre, mais mamie pense que je suis un ange pour le dedans… Euh… Je crois que c’est des blagues ce truc…

Bobby serra légèrement les douces mains qui produisaient de si belles choses de l’artiste.

Robert- Je voyais clairement dans les yeux de maman que j’étais un monstre, un fruit pourri… Euh… Elle me le disait chaque jour… Euh… Flann si elle veut garder bébé ça me ferait plaisirs tu sais… Euh… C’est pas parce que son papa était un méchant qu’il le sera aussi… Euh… Mais c’est son choix tu sais. Car elle va peut-être juste voir le monstre comme maman me voyait et pas d’autre tu sais... Euh... Avoir mal pour longtemps.

Un petit sourire rempli de chaleur, d’humanité et aussi de bonté s’apposa alors sur les lèvres exsangues de l’homme difforme.

Robert- Je vais tout faire pour ma famille, pour toi et pour cette poussière d’ange qui grandit dans le ventre de Flann tu sais… Euh… Rayon de vie dans toute la mort autour … On devrait entrer tu sais… Euh… Il va faire noir dans pas long et en chemin dis moi ou creuser un autre trou pour demain je vais le faire.

Le géant ressemblait à un simplet, mais des fois son côté enfantin lui laissait voir une autre facette que peu de gens pouvaient contempler. L’humanité grandiose du géant semblait reluire dans ce monde de ténèbres comme un phare au milieu du chaos. L’exception qui confirme la règle en quelque sorte…




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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Sam 4 Juin 2016 - 13:38

Les mains de son ami qui enveloppèrent les siennes lui firent du bien. Même si paradoxalement, elle se sentait indigne de ce contact. Selene n’oubliait pas qu’elle avait suggéré à Flann de se laisser faire le temps qu’elles trouvent une solution. Elle pensait encaisser la première, tenir tête avec la résignation d’une enfant sauvage, mais la vie s’était montrée bien plus ironique. Seule la libraire avait été souillée, alors que la musicienne et ses bons conseils avaient simplement été malmenée avant qu’Axel ne la sauve… Bobby demanda si les pillards avaient été mis hors d’état de nuire, ce qu’elle confirma en secouant la tête. Ils en avaient payés le prix fort, mais ça semblait si dérisoire…

Le géant se lança alors dans le récit de son enfance. L’étudiante réalisant alors que depuis le temps qu’elle le connaissait, elle n’avait jamais pris le temps de lui demander d’où il venait, comment il avait grandi, quel école avait-il fréquenté, … le présent devenait tellement intense qu’il faisait oublier tout le reste. Selene aurait aimé imaginer que le colosse avait eu une jeunesse agréable, des parents aimant, des amis, mais ce n’était pas le cas… il s’interrompit soudain pour demander si elle aussi avait été violée, elle se rassura d’une voix blanche :

- Non, ils m’ont juste frappée. J’ai rien eu de grave.

Au fur et à mesure que son ami racontait sa vie, la pianiste comprenait le parallèle. Bobby était ce que l’enfant de Flann allait devenir… un accident, le fruit d’un crime, l’innocence engendrée par la douleur. La souffrance lacéra le cœur de la musicienne en apprenant la façon dont la mère du géant le traitait, mais était-elle différente ? Saurait-elle voir « l’ange » ou ne verrait-elle jamais que le « monstre » ? Le golem n’avait pas tort, il était même l’exemple vivant de son discours, mais c’était plus fort qu’elle. Selene savait qu’elle haïrait cet enfant, et s’il causait la mort de Flann, alors…

- Tu as raison, dit-elle finalement, pour tout.

Elle caressa d’une main les joues mal rasées de son ami. Hors de question qu’elle lui livre ses pensées. Elles étaient trop noires pour qu’ils les acceptent, et elle ne voulait pas changer d’avis. Une moue pensive sur ses traits d’ivoires, elle se redressa et jeta un œil à la fosse creusée par Bobby. La musicienne regrettait de ne pas avoir pu l’aider : elle ne voulait pas seulement avoir les idées et superviser les travaux, elle voulait participer. Alors qu’ils reprenaient la route vers le chalet, elle répondit :

- On verra demain pour un autre trou, je viendrai avec toi.

A la dérobée, elle observait le géant. Cet homme qui avait tant souffert mais qui ne savait voir que la bonté de l’être humain. Il était si différent d’elle… Selene se rendait soudain compte qu’elle ne le connaissait pas vraiment. Elle l’adorait, ils formaient un excellent duo, mais elle ne savait rien.

- Ta mère avait tort, tu le sais ? Je te l’ai déjà dit plusieurs fois, tu n’es pas un monstre. Tu n’en es pas un et tu dois arrêter de penser comme ça. On est ce qu’on a envie de devenir ou ce qu’on se laisse devenir… alors arrête de dire que tu es un monstre, sauf si tu as envie d’en être un.

La jeune femme ne savait pas si un jour, ses paroles allaient percer la peau dure de son aînée. Elle l’espérait, car elle n’aimait pas l’entendre se rabaisser jour après jour. Il était entouré pourtant, de gens qui lui prouvaient continuellement qu’il faisait partie de leur famille, de gens qui ne seraient sans doute plus en vie sans sa participation active au camp… Brean, Harold, elle-même, et désormais Flann, Aori et Arun, tous étaient là grâce au géant, et il continuait de se voir comme un moins que rien. Profitant de la brèche ouverte par la confidence, Selene demanda alors qu’ils étaient à quelques mètres du chalet :

- Qu’est-ce qui est arrivé à ta mère ? Les choses ne se sont jamais améliorées entre vous deux ?


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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Mar 21 Juin 2016 - 14:39

Le pas du goliath se fit alors hésitant, incertain. La question de Selene venait de le frapper comme un coup de massue impitoyable. Il arrêta complètement aux marches menant au refuge qui abritait maintenant ce qu’il avait de plus précieux. Sa famille d’adoption, des gens de différent horizon qui avaient mis de côté leur répugnance pour le géant et qui semblaient être heureux de vivre avec un rebut d’humanité. Le colosse difforme et à l’apparence de cauchemar pourrait mourir sans aucun problème pour arracher l’un d’entre eux aux griffes acérées de la Faucheuse. Pivotant tout doucement, comme si ce mouvement lui sapait une partie de sa formidable énergie, le mastodonte s’assit lourdement sur les marches de bois. La construction protesta bruyant en laissant échapper un craquement sonore. Mais tout resta en place et les poings massifs de l’homme se plaquèrent sur ses joues mal rasées. Comme si ses mains voulaient empêcher la bouche de former les détails d’un passé douloureux. Un océan de mélancolie mélangé d’un soupçon de tristesse vint alors se former dans le regard bleuté si débordant de gentillesse. La voix cassée par l’émotion, blanche et émoussée comme une lame n’ayant réellement servi, le mineur commença une narration de cette époque trouble de sa vie.

Robert- Comme je te l’ai dit Selene, je vais te raconter tout ce que tu veux sur moi… Euh… Excuse-moi si des fois je semble parti, mais ça me demande de creuser, très loin tu sais.

Soupirant lourdement, le mastodonte eut tout à coup envie de se transformer en courant d’air et de disparaître au loin. Mais il devait aussi combattre ses démons intérieurs pour avoir une chance d’avancer dans cette vie tortueuse. La voix rauque de l’homme s’éleva alors dans un murmure, tous les mots semblaient être remplis d’une déception et d’une détresse qui avait tourmenté son enfance.

Robert- De ma période bébé je me souviens pas trop tu sais… Euh… Seulement ce que ma mamie et mon papi m’ont dit. Que des fois ils arrivaient au logement et que j’étais dans mon berceau seul… Euh… La couche bien pleine et les lèvres gercées. Maman était partie avec des amis fêter pendant plusieurs jours et j’étais tout seul pour m’occuper de moi. Quand mes grands-parents me prenaient avec eux, j’étais leur petit ange. Avec maman j’étais son monstre.


Une larme perla au coin de sa paupière bleu. Aussitôt un index immense se leva pour éponger le minuscule cristal salé et effacer la trace de cette faiblesse.

Robert- Elle venait toujours me chercher chez mes grands-parents, voulant juste leur faire de la peine, je crois… Euh… Quand j’ai pu marcher, elle me faisait dormir sur le fauteuil du salon… Euh… Juste une chambre à coucher. Je n’avais pas le droit à un lit… Euh… Jamais dormi dans un lit alors ça ne me dérange pas. Papi et mamie ont été parler à un juge pour que je reste avec eux et ma mère n’a pas voulu. Elle essayait de bien paraître quand les messieurs du juge venaient voir… Euh… Je croyais qu’elle avait commencé à m’aimer.

Joignant ses mains sur ses genoux repliés, le colosse à la carrure si formidable ressemblait maintenant à un enfant chétif. Un simple coup de vent aurait pu faire basculer l’immense armoire à glace. Rassemblant son courage pour continuer à combattre ce démon d’un passé révolu, le géant au cœur lézardé de cicatrices se mit à se serrer les mains ensemble.

Robert- J’allais la chercher à la fermeture du bar… Euh… Si elle sortait plus tard je restais assis sur le trottoir pour la ramener en sécurité à la maison. Quand l’alcool était trop haut dans son corps, elle me disait des fois des choses gentilles… Euh… J’adorais ces petits moments. Sentais accepter, tu sais… Euh. Quand elle déménageait et qu’elle m’oubliait chez papi, je la retrouvais toujours… Euh… Je ne sais pas comment. Peut-être mon amour pour elle tu croit?

Un pauvre sourire apparut sur les lèvres exsangues de la chose qui se croyait humaine. À cet instant il pensa que c’était difficile de ce croire humain quand on sait que sa mère, cet être qui devait défendre ses enfants et les soutenir, l’avait banni de sa vie à sa naissance.

Robert- Rosalie est arrivé comme moi un peu… Euh… Un accident. Mais j’ai tout fait pour qu’elle soit bien… Euh… C’était ma petite sœur d’amour. J’ai laissé l’école pour travailler, très fort tu sais. Je voulais qu’elle ait une chambre et des jouets… Euh… Pas comme moi tu sais. J’ai pu lui donner un peu ce que je n’avais pas eu et juste la voir sourire me faisait du bien… Euh… Me faire comprendre pourquoi j’étais là.

Une fierté fit alors redresser les épaules du géant, une lueur tendre se propagea dans les yeux océaniques si purs de l’homme. Il regarda alors l’ange de porcelaine, se noyant dans ses yeux glacés, mais vibrant de vie.

Robert- Elle a été à l’université, en médecine tu sais… Euh… Rosalie a eu Sandra pendant ce temps-là. Maman est morte aussi durant ce temps là… J’espère juste qu’elle est bien où elle est maman. J’ai dû travailler beaucoup dans les bois et les mines pour payer ce dont mes anges avaient besoin. J’habitais dans un petit loyer juste une pièce et une toilette pour payer les cours et tout à ma Rosalie… Euh… Je m’occupais de ma nièce le plus souvent possible. J’adorais l’avoir dans mes bras, car je savais qu’elle, comme ma sœur, voyait autre chose que le monstre. Je crois que tu sais tout… Euh… Non. Sandra attendait un autre bébé et elle voulait que je sois le parrain, tu sais… Euh… Pas eu le temps de lui dire si oui ou non je voulais… Euh… Je ne crois pas que j’étais bon pour ça.

Souriant timidement, le géant osa regarder de nouveau la jeune femme. Il posa alors deux simples questions.

Robert- C’est drôle, mais je revois mes anges partis dans toi et les autres tu sais… Euh… Que vous semblez voir au-delà de ma laideur! Tu as toujours bien chanté et joué de la musique? Sandra voulait que je participe à un truc de chant, mais non pas assez bon… Euh… Aussi tu crois que j’aurai fait un bon parrain pour le bébé?








Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Ven 29 Juil 2016 - 15:42

Assise aux côtés de son ami, la jeune femme écoutait son récit avec un effarement apparent. Encore fragilisée par les aveux qu’elle avait dû faire à Aori, l’enfance de Bobby était une nouvelle claque. Selene n’avait qu’un souvenir vague de sa mère, très vague même, mais elle n’imaginait pas que quelqu’un puisse être aussi… cruel, avec son propre enfant. Pourtant, si elle avait eu la chance d’être aimée par son père, elle en avait connu plusieurs : des adolescents névrosés, plongés dans des crises parentales, s’épanouissant dans les relations conflictuelles. Mais là ce que racontait le géant c’était… ça n’avait pas de nom. C’était un scenario de roman, trop noir pour être réel.

Des tas de questions lui venaient : il n’y avait pas de services sociaux à l’époque pour se rendre compte de ce manège ? Personne ne s’était jamais inquiété de la présence d’un gosse aux portes d’un bar ? Il n’avait jamais pensé à s’enfuir ? Tous ces mots entraient en collision, et au final, ne restait que le silence. Un mutisme lourd de sens et de compassion. Blanche comme une craie, la musicienne hochait de temps à autre la tête, ou faisait une grimace, ou écarquillait ses yeux bleus glacier.

Néanmoins, quand Bobby parla de sa sœur et de sa nièce, elle sourit légèrement. Il les aimait tellement que son affection était communicative. Elle ne les connaissait pas mais aurait adoré les rencontrer. Le récit changea : son ami posa sur elle son regard doux pour lui faire part de deux interrogations. Le visage de Selene s’illumina un peu plus alors qu’elle passa d’un air désinvolte une main dans ses cheveux.

- J’ai commencé la musique vers 9-10 ans. Euh… je me souviens plus très bien, mais je n’en faisais pas avant. C’est venu comme ça, après l’accident qui a… qui a tué ma mère, et qui a failli me tuer moi aussi. Ma psychologue de l’époque disait que c’était une manière inconscience d’évacuer ce que je ressentais.

Un poids venait oppresser légèrement sa poitrine. C’était un étrange paradoxe parce que sa mère ne lui manquait pas – plus – vraiment, mais ça lui faisait toujours bizarre d’en parler. Elle avait parfois l’impression que son passé était sous clef, secret, sombre. Une boite qu’elle évitait d’ouvrir, mais de quoi avait-elle peur ? De souffrir ou de montrer qu’elle avait souffert ? D’une certaine façon, elle avait l’impression que sa vie commençait à ce moment là. Pas à sa naissance, mais le jour où elle avait failli quitter ce monde une première fois. Le jour où elle était morte… chassant ces pensées d’un haussement d’épaule, elle s’attela à l’autre question de son aîné :

- Et tu aurais fait un super parrain. Sincèrement, je vois pas comment elle aurait pu trouver mieux.

Son visage était fendu d’un sourire amical et, en signe taquin, elle enfonça son poing dans l’épaule de Bobby. Elle était sincèrement. Cet homme était certainement la personne la plus débordante d’amour qu’elle connaissait. Il aurait veillé sur son – ou sa – protégé(e) comme sur la prunelle de ses yeux. Peut-être une seconde chance lui était offerte ? Flann, son bébé… la musicienne aurait du mal à s’y faire, vraiment. Mais si jamais cette grossesse arrivait à son terme, alors la libraire ne pouvait pas espérer un meilleur entourage pour son enfant. Une famille unie, guidée par une jeune louve.

- Aller, j’vais m’activer tant qu’il fait encore jour, dit soudainement Selene en se levant, on se voit tout à l’heure !

Un dernier sourire et elle s’eclipsa. L’écho de toutes les émotions passées vibrant dans son cœur, la tête lourde, mais avec la sensation d’être plus légère. Etonnant.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Aujourd'hui à 23:06

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