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 À l'aube d'un jour nouveau...

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Mer 27 Avr 2016 - 8:39

De la viande, ok. Elle s’empara d’une conserve de cornbeef dont l’étiquette était presque totalement délavée et renversa le contenu dans une casserole. Dans un autre récipient, elle mit à chauffer une espèce de julienne de légume. Rien de tout ça n’était vraiment appétissant de visu mais les survivants avaient appris à se contenter de tout, même des pires sous-marques. Dans le doute, Selene éviterait quand même de révéler qu’ils avaient eu une boîte de foie gras qui avait été consommée en moins de temps qu’il n'en fallait pour le dire.

Absorbée par son activité aux fourneaux, la musicienne restait plantée face à la gazinière, son regard perdu dans le vide. Flann avait pu trouver le chemin de chalet, mais pas Abigail. Pourtant, cette dernière semblait sérieusement attachée à Bobby, suffisamment pour le suivre à l’abri jusqu’ici. Alors quoi, était-elle morte ? Était-elle perdue ? Avait-elle trouvé une autre destination ? Jusqu’à maintenant, l’idée de la chercher ne lui était jamais venue, car Seattle était bien trop vaste. Il devait y avoir des centaines – voire des milliers – de blondinettes terrifiées dans la métropole, et ça c’était dans l’hypothèse où elle s’y trouvait encore. Pourtant, son amie avait retrouvé Aori… une aiguille dans une botte de foin, mais elle l’avait trouvée…

La pianiste sursauta légèrement quand la grosse voix de Bobby résonna à côté de ses oreilles. Elle ne l’avait pas entendu arriver. Fronçant les sourcils, elle s’attendait à ce qu’il lui dise quelque chose de sérieux et fut surprise par la taquinerie. Voilà qu’il prenait ses aises lui, maintenant ! Un sourire irrésistible trahissant le masque faussement indigné de Selene, elle le poursuivit comme une enfant jusqu’à ce qu’il ne puisse plus esquiver ses coups.

- Je – t’em – merde ! Rétorqua-t-elle en riant à son tour, chaque syllabe ponctuée par une attaque.

Elle reprenait à peine sa place derrière les casseroles, secouant la tête avec amusement, et entreprit de remplir des assiettes pour leurs invités. Le géant déclara ne pas vouloir participer au repas, ce qui n’interpella pas spécialement la jeune femme, qui n’avait pas l’intention de manger non plus. Elle lui aurait bien dit de remettre le travail à plus tard, histoire qu’ils puissent discuter un peu, mais se doutait bien qu’il était plus à l’aise avec sa pelle dans les mains que pour les mondanités. Et puis… les trois arrivants devaient être épuisés, ils devaient plutôt penser à se nourrir, se laver et se reposer.

- Ok-ok, répondit l’étudiante, je viendrai t’aider tout à l’heure, je demandais à Baby s’il peut venir. Je crois qu’il est en train de tailler les pieux.

Alors que Bobby quittait la pièce, la musicienne invita Flann, Aori et Arun à venir s’installer à la table de déjeuner. Elle leur prépara les assiettes, les couverts, une carafe d’eau, un moulin à sel presque vide et un rouleau de sopalin entamé. Par la fenêtre, ils avaient une vu plongeante sur la forêt qui se rhabillait après l’hiver, pourtant suffisamment épaisse pour leur donner l’impression qu’ils étaient seuls au monde.

- Voilà, je vous laisse manger tranquillement. N’hésitez pas à monter dès que vous avez fini pour que je vous montre votre chambre et la salle de bain, je débarrasserais plus tard.

Selene s’éclipsa avec un sourire, autant parce qu’elle voulait leur donner un moment d’intimité que parce qu’elle ne supporterait sans doute pas de faire la conversation avant d’avoir pu parler à Flann. La dernière fois qu’elles s’étaient vues, elles étaient toutes les deux dans un état déplorable, critique même. Combien de nuit la pianiste s’était-elle rongé les sangs en songea à sa « sœur » ? Il fallait qu’elle sache comment elle allait. Au fond.

Assise sur son lit, la jeune femme s’était repenchée sur ses plans de défenses. Laissant de côté les fosses-pieux, elle réfléchissait à la possibilité d’installer des stop-sticks sur le sentier principal. Dans le cas où une voiture non invitée se présenterait sur leur route, ses pneus seront crevés. Une précaution contre d’éventuels pillards qui, après les avoir dénichés, souhaiteraient venir les menacer – voire mettre à sac leur maison. Au moins s’ils perdaient l’usage de leur véhicule, ils étaient à pieds, ce qui ne serait pas forcément un avantage pour eux. La question était : comment construire une herse de ce genre qui était facilement maniable pour être retirée dès qu’un des leurs voudrait sortir ? Elle songeait à un tuyau d’arrosage avec des clous, mais ils n’avaient ni l’un ni l’autre actuellement.

Un bruit de pas l’interrompit et l’étudiante leva ses yeux bleus. C’était Flann. Apparemment, Aori avait trouvé la salle de bain et s’occupait déjà d’Arun. Elles étaient seules. Selene ne put empêcher son cœur de battre plus fort quand elle se leva et s’approcha doucement de son amie. Celle-ci semblait si jolie et si douce que l’horreur qui lui était arrivée lui revenait comme un mauvais rêve, une illusion, une farce mesquine.

- Ça a été, c’était mangeable ? Sa gorge se nouait mais elle ne pouvait plus retenir la vraie question qui lui brûlait les lèvres, ça va toi ? Je veux dire, depuis…

Depuis qu’on a failli mourir toutes les deux ? Depuis qu’un salaud t’ai souillée ? Depuis que je n’ai pas été capable de te protéger…


Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Mar 3 Mai 2016 - 10:53

Après avoir cuisinée pour nous trois, je vis Selene quitter la pièce en ayant prit soin de nous dire de monter la rejoindre sans crainte une fois que nous aurions terminés de manger. J'avais compris qu'elle voulait nous laisser seuls un instants et nous retrouver au coeur d'un chalet autour d'un vrai repas fut assez étrange, mais agréable tout de même.

Je regardais Aori droit dans les yeux avant de laisser ma main s'entrelacer avec la sienne. Nous évitions de nous montrer trop fusionnelles en présence de Arun, car il était bien trop petit pour voir certaine chose et nous ne voulions pas le choquer davantage. Il était déjà mort de trouille en voyant un Malade et j'espérais réellement que nous ne croiserions jamais sa mère.

Le petit garçon eut du mal à se lancer dans le repas, car la vision de ce qu'il avait devant les yeux n'était pas des plus magique. Il fini tout de même par saisir sa fourchette pour commencer à manger ce que Aori lui avait couper. Il fini par sourire et je n'eus pas de difficulté pour comprendre qu'il aimait cela. Nous mangions en silence, car nous voulions profiter du moment de calme dans lequel nous nous trouvions. Nous eûmes terminés nos assiettes tout les trois pratiquement en même temps. Aori fini par rompre le silence :


- Je vais allez faire prendre une douche au poussin avant de le coucher. Je crois qu'il à bien besoin de bien dormir pour une fois. Pendant ce temps, tu peux aller faire la vaiselle.

De toute façon, il était hors de question que Selene se tape la vaisselle de notre repas. Elle avait déjà fait beaucoup entre le fait de laisser venir à trois alors que nous devions à la basse être seulement deux et avoir prit le temps de nous faire un petit quelque chose à manger, pas si petit que cela. Je commençais à rassembler la vaisselle lorsque le petit bonhomme ouvrit la bouche à son tour ouvrant ainsi les hostilités avec Aori :

- Z'veux pas aller me laver moi.

La réponse de Aori ne se fit pas attendre trop longtemps :

- Ne discute pas.

Le petit bonhomme n'avait pas vraiment envi de lâcher l'affaire. Il faisait cela souvent et Aori avait fini par comprendre comment il marchait et au final tout se passait pour le mieux :

- Mais ...
- Arun!!

En entendant le ton monter, le garçonnet soupira avant de se lever, de se saisir de la main de Aori et tout deux sortir de la pièce pour monter à l'étage. De mon côté, je fis rapidement la vaisselle avant de monter. Je crois que c'était le bon moment pour avoir une petite discussion avec Selene.

Je finis par trouver la jeune fille assise sur un lit, celui ci devait être le sien. Je regardais autour de la pièce et cette dernière était bien ranger. Je reposa mes yeux sur la jeune femme lorsqu'elle prit la parole pour me demander si ce qu'elle avait préparer étant mangeable et cela me fit sourire. Je pris la parole pour lui donner une réponse :


- Oui, ne t'en fait pas pour cela. Nous avions bessoin de manger et Arun à tout manger. Cela veux dire qu'il a aimé.

La jeune femme semblait un instant hésitante et gênée sans que je comprenne pourquoi. Se fut seulement lorsqu'elle prit la parole que je compris. Je n'avais pas parler de cela avec Aori alors machinalement je me tournais vers le couloir où j'entendis l'eau couler. Lorsque mon attention revint sur Selene, je ne pus retenir les larmes que j'avais accumulées depuis bien longtemps. Je m'assis sur le lit de la jeune femme en gardant seulement le bruit de mes sanglots pour conversation. Je finis par me calmer et essuyer les larmes se trouvant encore sur mon visage avant de prendre la parole :

- Non, je ne vais pas bien. Je crois que je ... je ...

Je ne pus aller plus loin dans ma prise de parole. Je tomba dans les bras de Selene avant de me remettre a pleurer. Comment pouvais je lui dire ce que je croyais alors que je ne parvenais pas à me convaincre que cela était bien vrai et non pas un cauchemar de plus?
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Mar 3 Mai 2016 - 13:18

A quoi s’attendait-elle ? Sans doute pas à voir son amie s’effondrer en pleurs dans ses bras. Touchée par cette détresse, Selene eut mal en étreignant le corps mince de Flann. Elle ne l’avait pas connue avant, mais elle se doutait qu’elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Comment pouvait-il en être autrement au milieu des horreurs et du sang ? La musicienne caressait doucement le cuir chevelu de la libraire pour la réconforter. Dire que la dernière fois qu’elles s’étaient vues, c’était dans un magasin de souvenir désincarné de Seattle. La pianiste avait l’impression de revoir une sœur… une sœur qu’elle ne laisserait plus souffrir.

Quand elle crut sentir que les sanglots s’amenuisaient, elle se leva délicatement, quittant son aînée à contrecœur, pour aller fermer la porte. Une fois l’intimité – et la confidentialité – garanties, elle revint sur son lit faire face à l’irlandaise. Ses yeux la détaillèrent un moment, si fragile, si vulnérable… ce qu’elle-même avait été, fut un temps. Selene prit les mains de Flann dans les siennes et les serra fort. Son cœur battait vite, l’empathie la submergeait, la culpabilité aussi. Infection incurable qui rongeait son âme chaque fois qu’elle pensait à ce qui s’était passé.

- Tu… tu n’es… tu n’es pas malade quand même ?

Dans un premier temps, l’étudiante avait pensé à une MST. Le type ne s’était certainement pas protégé, il ne devait pas être un exemple d’hygiène et peut-être d’autres malheureuses avaient subies le même sort. Dieu sait ce qu’il trimbalait dans son caleçon. A cette pensée immonde suivie la satisfaction cruelle de se souvenir qu’il était mort. Une balle bien logée entre ses deux yeux. A l’heure qu’il est, il devait toujours être en train de pourrir comme un misérable, si les rôdeurs ne s’étaient pas mis en tête de le dévorer. Un déclic se fit alors dans le crâne de la benjamine qui pâlit légèrement :

- Tu n’en as parlé à Aori c’est ça ?

Elle se sentait gagné par les tremblements. Au-delà des pleurs de la libraire, elle lisait peu à peu. Nul besoin de mots au final. Entre femmes, entres alliées, entre amies, il y a bien des choses qui étaient véhiculées silencieusement. Il fallut un certain temps. Pas vraiment pour qu’elle comprenne, plutôt pour qu’elle admette que c’était la réalité. Le vrai monde, pas un rêve, ni un cauchemar. Ses mains graciles se serrèrent plus encore sur celles de Flann, comme pour ne pas tomber. Sa gorge était nouée, son estomac dansait, la tête tournait. Selene ferma un instant les yeux, priant de se tromper, et demanda à mi-voix, ses lèvres presque immobiles :

- Tu es… enceinte ?

Ça faisait combien de temps ? Deux mois ? Dix semaines ? Elle ne savait plus. Les jours s’enchaînaient, si semblables les uns les autres. Plus de calendriers, plus d’heure, plus d’impératif. Plus de lundi sur lequel râler ni de vendredi soir à bénir. Il n’y avait que la vie et son fil continu. Alors se pourrait-il réellement que son aînée soit enceinte ? Que l’un des enfoirés qui l’avait violée était fertile ? Suffisamment pour la féconder même dans une période où le stress et la malnutrition brisait les cycles naturels ? Avant que Flann ne réponde, la musicienne l’imaginait déjà dans plusieurs mois, ronde, portant le fruit d’un acte répugnant. Elle n’était pas certaine de le tolérer, ni de l’accepter en fait… elle ne saurait pas laisser vivre cet enfant. Cadeau d'un criminel.

Pitié Flann, si tu pouvais dire que ce n’était pas ça…


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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Mar 3 Mai 2016 - 14:37

Je savais que Aori allait m'en vouloir pour en parler avec Selene en premier, mais elle avait été là lorsque tout été arrivé et je n'avais pas besoin de tout raconter. Je n'avais pas besoin d'expliquer ce que ce type, cette ordure avait fait. Elle savait et Aori non. Je crois que cela jouait beaucoup sur le fait que j'en parlais avec Selene en premier lieu. J'avais besoin de trouver une alliée, une amie, une soeur pour faire face.

Je suivi du regard Selene pendant qu'elle alla fermer la porte afin de nous donner un peu de solitude, mais pour moi cette porte close laissait le monde cauchemardesque de l'autre côté, me procurais une sorte de bulle de sécurité. Pourtant, j'avais la sensation de ne pas pouvoir y prétendre, que tout cela faisait de moi une personne ignoble et que la sécurité ne devait pas m'être accorder.

Une fois que Selene fut revenu à mes côtés, je sentis dans son manipulation tactile de ma main, une sorte de crainte que je comprenais parfaitement puisque je la ressentais à chaque minute qui passait. Je fermais les yeux en entendant les premiers mots sortir de sa bouche. Je ne pouvais pas savoir si j'avais choppé une saloperie de maladie en plus de cet enfant à venir. Je ne savais pas trop ce que je pouvais répondre, mais je finis par prendre la parole tout de même :


- Je n'ai pas vraiment la possibilité de savoir ça Selene, mais j'espère bien que non.

Je ne voulais pas avoir à trouver de quoi me soigner en plus de devoir trouver de quoi habiller et nourrir l'être qui était en train de grandir en moi. Je fixais la porte lorsque Selene me demanda si j'en avais parler à Aori avant de soupirer. Je ne me sentais pas capable de le faire sans tomber dans le désarroi absolu. Je ne voulais pas montrer ma faiblesse à Aori ou en tout cas pas dans l'instant. Je finis par reporter mon attention sur Selene avant de prendre de nouveau la parole :

- Non, je ne lui ai pas dit. Je ne peux pas le faire. Aori était la seule personne à m'avoir touché et maintenant ...

Je ne parvenais pas à terminé ma phrase. Je ne pouvais pas dire que maintenant tout avait été gâché par un homme que je ne connaissais pas, un homme dont j'ignorais tout jusqu'à son nom. Je me foutais bien de savoir son identité. Je pensais juste que cet homme était un parfait inconnu et que maintenant, il jouait un rôle étrange dans non existence.

Selene venait de trouver ce que j'avais et en entendant cette phrase je ne pus rien dire. Tout ce que je parvins à faire était pleurer. Pleurer comme si cela allait tout arranger alors que je savais que rien ne s'arrangerais comme cela. Je savais que j'aurais pu faire partir cet enfant, que je le peux sans doute encore. Mais il n'avait rien demander à personne et je ne pouvais pas l'empêcher de tenter sa chance, bien que cette dernière était vraiment mince vue le monde dans lequel nous nous trouvions actuellement. Je serrais la main de Selene en gardant le silence. Je ne voulais pas le dire, je ne voulais pas prononcer ces mots qui allait rendre la situation bien réelle.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Mar 3 Mai 2016 - 15:32

Le non-dit déchira ses tympans. Plus violemment que si elle avait hurlé. Les pleurs de Flann parurent s’intensifier, criant une vérité à laquelle la musicienne ne voulait pas croire. Elle lâcha les mains de son amie pour la reprendre dans ses bras, la joue posée sur ses cheveux. Les larmes coulaient dans son cou, chaudes, mais ça ne lui faisait pas grand-chose. Elle était vide, ses propres yeux rivés dans le vague à la recherche d’une réponse qui n’existait pas. Certes, cet enfant n’avait rien demandé à personne. Il était le fruit d’un hasard, un phénomène naturel sans intention ni véritable raison. Pourtant, Selene n’avait aucun instinct maternel. Il était sans doute mort avec l’amour quand tout avait commencé. Ne restait dans sa chair qu’un puits sans fond froid et insondable.

Même en essayant, elle n’était pas capable de dissocier le résultat de l’équation ; de différencier le bébé et son père. Pour elle, c’était une maladie. Un démon qui rongeait son amie de l’intérieur, dont elle devrait se débarrasser avant qu’il la mette en danger. Qu’il les mette « tous » en danger parce que d’une façon ou d’une autre, un nouveau-né poserait problème tôt ou tard. La pianiste se mordait la lèvre à s’en faire mal. Elle revoyait les deux types, figés par la mort ; mais elle était frustrée. Ce n’était plus de la satisfaction qu’elle ressentait, c’était le regret de ne pas les avoir tué elle-même. A cet instant, elle s’imaginait les mutiler jusqu’à ce qu’ils la supplient, jusqu’à ce qu’ils demandent pardon et qu’elle les libère en les égorgeant. Ses pensées sombraient dans cette folie vaine et vengeresse quand elle s’écarta doucement de Flann. Il fallait qu’elle réfléchisse, qu’elle fasse les choses bien. D’une main, elle essuya les joues de son amie. Ce n’était pas le moment d’essayer de la convaincre, il fallait commencer par la rassurer. Il fallait…

- Je vais… essayer de parler à Breann… c’est une amie, expliqua l’étudiante, elle vit ici avec nous. Peut-être qu’elle aura de bons conseils.

Oui, impossible de savoir ce qui lui faisait dire ça, mais Selene avait la sensation que la journaliste serait une alliée précieuse dans cette histoire. Ce secret était bien trop lourd à porter à deux et si Aori devait être mise à part, la seule candidate éligible restait la brunette. La pianiste parlait plus vite désormais, par crainte qu’elles ne soient dérangées avant qu’elles n’aient fini de comploter.

- Ne t’en fais pas, pas besoin de lui expliquer. Si je lui pose des questions là-dessus, elle va croire que c’est pour moi.

Effectivement, le timing était parfait vis-à-vis du rapport non protégé qu’elle avait eu avec Baby. C’était une garantie suffisante pour que la curiosité de Breann soit rapidement leurrée. Certes elle était journaliste et elle risquait d’outrepasser les limites pour mener une véritable enquête de fond, déformation professionnelle, mais c’était l’affaire de Selene. De toute façon, si la libraire était réellement enceinte, alors ça ne pourra pas se cacher bien longtemps. D’ici encore deux mois, le petit volume qu’aura commencé à prendre son ventre ne laissera plus beaucoup de doute.

- Avant de… commencer à vraiment réfléchir aux options… il faut être sûres. Est-ce que…, sa voix baissa d’un cran, t’as plus tes règles ? Tu as eu des nausées ? Tu t’es sentie plus fatiguée que d’habitudes ?

L’étudiante énumérait les signes les plus communs dont elle se souvenait et réalisait comme, dans leur contexte, ils étaient dérisoires. La malnutrition et les conditions de vie extrême pouvaient perturber le cycle utérin, la digestion et épuiser en permanence. Une vague de soulagement aveugle lui permit de dédramatiser légèrement. C’était peut-être une erreur ? Peut-être que Flann était simplement malade et qu’elle n’était pas enceinte. Oui, ça devait être ça.


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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Lun 9 Mai 2016 - 12:31

J'avais la sensation que ma tête allait exploser tellement cet histoire me causait un sang d'encre pas possible, mais j'étais avec une amie et je savais qu'elle allait pouvoir m'aider. Lorsque Selene me prit dans ses bras, j'avais la sensation d'être retomber en enfance et que ma propre mère tentait de me consoler, de faire partir la douleur que je ressentais depuis des semaines maintenant. Je savais bien que cela n'arriverait pas, car ma propre mère était morte. Je fermais les yeux une seconde pour tenter de voir son visage, mais il commençait à s'évanouir dans le néant. Heureusement, j'avais une photographie qui marquait son souvenir. Lorsque Selene parla d'en parler avec une femme que je ne connaissais pas, j'eus peur et le fait que la jeune femme eut stopper son étreinte ne m'aidais pas à retrouver la sérénité.

- Aori va me détester lorsqu'elle va savoir. Il faut que je lui en parle, je le sais, mais je ne peux pas. Peut être que toi tu pourrais.

Je voulais que Aori sache peu importe ce qui allait en résulter et si moi je ne pouvais pas le faire, Selene le pourrait peut être. Elle avait été avec moi dans cet hôtel. Elle n'avait pas assisté à ce cauchemar, mais elle connaissait la vérité, elle savait ce que j'avais subit et je pensais qu'elle trouverait bien vite les mots pour expliquer la situation ou tout du moins une partie de celle ci.

- Ne ment pas à Breann. Ne lui fait pas croire que tu es enceinte. Je ne veux pas que tu t'attire des ennuis à cause de moi.

Je pensais qu'à un moment ou un autre je devrait prendre la tangente pour protéger les gens se trouvant ici, mais pour le moment, le fait que je sois enceinte de dérangeait personne. Je ne voulais pas que les pleurs d'un nouveau né vienne mettre la pagaille dans cet abris qui était vraiment formidable pour ce que j'en avais vu jusque là. Je voulais protéger Aori et le petit bonhomme alors si je devais partir, je crois bien que se serait en solitaire. Je fixais la jeune femme qui se trouvait avec moi pendant qu'elle prenait la parole pour tenter de savoir si cela était réel ou non.

- Oui, j'en suis sûr Selene. J'ai douté pendant quelques semaines, mais maintenant il n'y a plus de doute possible.

J'avais peur et j'avais besoin que quelqu'un me rassure en me disant que tout irait bien, que cet enfant irait bien et qu'il ne ressemblerait aucunement à son père. Je me demandais si j'allais pouvoir l'aimer comme je devais, comme une mère était censée aimer son enfant. J'avais besoin d'une personne à qui je pouvais parler sans tabou de toute cette histoire. Je n'étais pas certaine que Selene était vraiment la bonne personne pour cela, mais elle était une amie, une vrai petite soeur et le leader de cette maison alors elle devait être au courant.

- Si tu veux que je partes, je le ferais, mais s'il te plais garde Aori et le petit bonhomme. Ils ont besoin de sécurité.

Oui, j'étais prête à partir si elle me le demandait et tant que je savais qu'ils étaient en sécurité en sa compagnie tout se passerait bien pour moi. J'allais pouvoir faire face à la solitude que cet être grandissant en moi allait créer. Je soupirais un petit coup en attendant de savoir ce que Selene allait me dire maintenant que j'avais suggérer cela.
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Lun 9 Mai 2016 - 17:14

- Hors de question que tu partes, avait-elle dit un peu brusquement.

Non, c’était impossible qu’elle décide d’exiler son amie sous prétexte qu’elle était enceinte. Elle ne méritait pas une double peine, elle avait besoin qu’on l’aide. Selene s’était levée et faisait désormais les cent pas dans la pièce. L’une de ses mains voulut dégager son front de mèches rebelles et resta bloquée dans son mouvement, agrippée à ses cheveux sombres. Le fait que Flann affirme être certaine d’être enceinte changeait à nouveau la donne, car on passait d’une supposition à une évidence. Cette situation faisait étrangement écho à une conversation que la musicienne avait eu avec Breann peu de temps après son arrivée. Celle où la journaliste affirmait qu’elle n’enfanterait pas sans péridurale ni personnel qualifié. Dire qu’elles en avaient ri à l’époque…

- Ecoute je…, commença la pianiste sans s’arrêter, je peux parler à Aori si tu veux… si c’est trop dur pour toi je veux dire.

Elle n’osait pas le dire, mais c’était effectivement préférable que la petite amie soit mise au courant. Garder un tel secret était déjà difficile en temps normal alors là, ce serait impossible de cohabiter à sept sous le même toit avec de tels non-dits. Et puis, la libraire avait besoin de soutien et Selene n’était pas certaine d’être la personne qu’il fallait. C’était Breann qui était douée avec les mots et les gestes réconfortants. L’étudiante, elle, n’était qu’une boule de chair écorchée. Ses émotions étaient à vif, comme des nerfs à l’air libre, mais elle était bien incapable de se canaliser. Une femme d’expérience, c’est ce qui manquait dans cette baraque…

La musicienne mit alors fin à son manège et s’adossa à la porte. De ses yeux bleus, elle embrassait la détresse de son amie. Son cœur se serra. Les risques se dessinaient comme une cascade, se tissaient les uns après les autres, et elle pouvait les lire avec une clairvoyance surnaturelle. Flann pouvait en mourir. C’était une autre des certitudes cruelles qui découlait de sa condition. Malgré toute l’aide du monde, toute la tolérance, toute l’abnégation, tout le courage… elle pourrait ne pas voir le lendemain de son accouchement. Son violeur l’aurait tuée deux fois. La gorge sèche, Selene demanda hasardeusement :

- Et tu es sûre de le garder ? On ne pourrait pas…

Sa phrase resta en suspens. En vérité, elle ne connaissait aucun moyen d’avortement naturel. Elle ne savait même pas commun ça se pratiquait médicalement dans les détails. Il devait exister des astuces pour favoriser des fausses couches, mais si c’était pour torturer ou empoisonner la libraire jusqu’à ce que ça fonctionne, l’idée était à rejeter immédiatement. La jeune femme secoua la tête, ses cheveux l’accompagnant avec légèreté. Et si la mère survivait ? Ils allaient devoir adapter leur mode de vie à un nourrisson… les hurlements toutes les 3h, trouver une alternative aux couches, trouver des substituts de lait si Flann n’allaite pas suffisamment… plus elle y pensait, plus la musicienne voyait s’allonger la liste des emmerdes. Pourtant, elle savait déjà qu’elle ferait tout pour le bien être de celle qui devenait sa sœur. Que lui avait dit Breann déjà ? Ah oui, voir les problèmes un par un. Ils devaient avoir environ 7 mois pour être prêts.

- Excuse-moi, je panique, reprit-elle avec un ébauche de sourire, on va s’en sortir, ok ? On a le temps de se préparer. On pourrait commencer par mettre les filles au courant et… elles nous aideront à savoir quoi faire. On est pas obligées d’en parler à Harold et Bobby. A tout hasard, Aori n’aurait pas des notions d’obstétricienne ? demanda-t-elle sans y croire.

Le souci ultime. Ils pouvaient trouver les médicaments, les vêtements, les couches, même de quoi substituer aux ustensiles médicaux. Mais même avec tous les trésors de débrouillardise du monde, ils ne sauraient remplacer un vrai spécialiste. Malheureusement, si l’ouïe de Selene ne la trompait pas, elles allaient devoir remettre cette réflexion à plus tard car la voix d’Arun sur le palier indiquait qu’il en avait fini dans la salle de bain.


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