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 À l'aube d'un jour nouveau...

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Bobby Smith
Lost Angels
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MessageSujet: À l'aube d'un jour nouveau...   Mar 19 Avr 2016 - 15:54

Le mastodonte souriant avec une chaleur équivalente, certains diront supérieure, à la radiance du soleil. L’astre lumineux avait déjà bien entamé sa course dans le ciel libéré de tout nuage. L’ange à la peau d’ivoire venait de proposer une activité que la créature simplette avait acceptée avec enthousiasme. Selene avait déclaré que c’était le temps de faire quelques fosses pour accueillir comme il se doit les aberrations comme il se devait. Aussitôt, avec un entrain digne d’un enfant qui fit sourire la musicienne et la journaliste qui était présente dans la cuisine, Bobby alla chercher les outils ramenés de la dernière expédition à Sequim. Ses pas pesants résonnèrent dans le chalet alors qu’il filait avec une célérité presque indécente. Il réunit les instruments de travail emmena sa gourde d’eau. Dans ses mains immenses, la pelle, le pique et la hache de bucheron semblaient être des jouets pour enfants.  Comme à son habitude, le colosse portait ses habits simples. À savoir sa chemise autrefois blanche, ses pantalons  noirs avec ses bretelles et ses bottes de constructions. Un homme ayant pareille corpulence n’a pas un choix très varié en guise de vêtement et avec les circonstances de ce monde nouveau, les boutiques sont littéralement envahies. Donc Robert se contentait de ce qu’il avait déjà. Le visage de l’homme aux traits atypiques et durs semblait à cet instant resplendir. Comme si sa joie et son humanité débordantes donnaient l’occasion à ceux qui le connaissaient bien de le voir sous un autre angle. Le ton enjoué, doux et rauque à la fois de l’homme disproportionné résonna dans la petite pièce.

Robert- On va ou Selene ? Je vais emmener Frost avec nous mon gros toutou a bien envie de se dégourdir les pattes.

À la mention de son nom, le gigantisme St-Bernard releva la tête avec son air ahuri qui semblait continuellement ébahi.  Les gens du groupe se plaisaient à dire que si Robert avait pu être un chien, il aurait sans contredit Frost. Le brave chien était semblable à son maître hors normes. Fidèle, doux, calme, rassurant et si attachant. D’un autre côté, il semblait un peu stupide et surtout doté d’un amour inconditionnel pour Robert et les survivants du chalet. Frost lâcha un aboiement, un son guttural qui fit presque trembler les fondations du refuge. Le fidèle compagnon du monstre de foire se plaça à ses côtés pour se faire gratter les oreilles. Ce que fit avec joie le colosse, non sans jongler quelques instants avec ses outils pour éviter de tous les échapper au sol. Robert suivit l’ange déchu à l’extérieur de la maison en se trottinant un peu. Breann devait songer à cet instant que le géant avait des faux airs d’Obélix ou bien d’un nain difforme qui suivait Blanche-Neige dans les bois.

Le golem de chaire avança en se trainant un peu les pieds comme un ours. Sa manière gauche et incertaine, un peu comme si un enfant contrôlait un corps devenu trop grand pour lui. Frost montait l’arrière garde, son air ahuri semblait être imprimé sur son faciès. Les oiseaux chantaient le renouveau de la nature et Bobby dit alors, simple, mais avec une authenticité des plus charmantes.

Robert- Les oiseaux chantent bien Selene… Euh… Il n’y a pas de méchants qui mordent dans le coin… Euh… Les animaux ne les aiment pas non plus.

Le goliath des temps modernes n’avait jamais été aussi heureux de sa vie. Il avait une nouvelle famille, des gens qui semblaient peu se soucier de son apparence et de son intellect. Un peu plus et  le mineur pourrait enfin se décider pour demander une danse avec Breann. Repenser au doux visage, aux traits harmonieux, au sourire si vivant et aux yeux de saphir de la jeune femme fit naitre de nouveau des papillons dans son estomac. Il en devint tout guilleret et son esprit en profita pour se lancer dans une contemplation presque lunatique. Sans le savoir, Cupidon avait réussi à trouver le défaut dans la cuirasse de l’homme difforme et une de ses flèches avait fait mouche. Un ouragan de nouveaux sentiments avait fait chavirer le cœur du colosse. Mais à son rand désespoir, il savait qu’il devait courir après des chimères. L’ange était resplendissant comme un matin ensoleillé et tous les hommes devaient faire la queue juste pour avoir le privilège de lui tenir compagnie. Alors, un être monstrueux et simplet comme lui n’avait aucune chance.

Perdu dans ses pensées et  écoutant le chant des oiseaux avec s on oreille intact, l’autre était envolé grâce à un projectile de pistolet, Robert ne vit pas que l’ange à la peau d’ivoire s’était arrêté. Le colosse la percuta légèrement et il devint rouge de confusion.

Robert- Euh… Je m’excuse Selene… Encore perdu dans ma tête. Je pensais à un truc. C’est ici qu’on creuse ?

La pianiste n’était pas née de la dernière pluie et elle devait avoir compris à qui le géant au cœur d’or pensait…



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Ven 22 Avr 2016 - 10:08

Pendant que Bobby s’activait à rassembler ses outils, la pianiste était encore assise à la table de la cuisine, les yeux rivés sur son plan. S’étant permis de prendre quelques feuilles et un stylo dans la paperasse ramenée du centre ville de Sequim, elle avait grossièrement représenté le chalet, les grands axes les plus proches, les sentiers principaux et la masse forestière qui leur prodiguait une armure de verdure. Les jambes croisées, faisant machinalement le bic osciller entre son index et son majeur, elle essayait de visualiser les meilleurs emplacements pour leurs défenses. Pour l’heure, elle avait tracé les ébauches de ses fameuses fosses pieux – car c’est par là qu’elle voulait commencer – mais son regard bleu restait plongée dans la contemplation de la route. Se défendre contre les rôdeurs c’était bien, ce n’était pas le plus dur, mais contre les humains ? Un groupe assez nombreux, et assez observateur, passerait leurs pièges sans problème. Cette possibilité existait, elle devrait y remédier un jour.

Le géant était prêt. Selene se leva alors et fixa à sa taille la ceinture multifonction récupérée quelques jours auparavant. Son glock était chargé, le couteau de chasse était à sa place, elle passa en bandoulière l’étui de la machette, juste au cas où. Dans les poches du gilet de demi-saison volé à Seattle, la jeune femme emportait également son plan et un stylo. Sa boussole en main, elle l’observa quelques instants avant de répondre :

- On va vers l’est. Ah !

L’aboiement du chien l’avait fait sursauter. La musicienne n’avait rien contre les animaux mais elle n’en avait jamais eu. En trois semaines, elle ne s’était pas encore habituée aux différentes réactions des membres poilus de leur petite famille. Prenant les devants, elle descendit pour pouvoir sortir par l’atelier. Il faisait beau, clair, mais une fraîcheur aux inspirations hivernales était là pour rappeler que le printemps aussi était maussade. Les oiseaux chantaient effectivement, comme le fit remarquer Bobby, ce qui était bon signe.

La végétation n’avait pas fini de se remplumer après cet hiver rude. Il était encore possible d’ignorer les sentiers pour couper droit dans les buissons à moitié nus. Quand l’un d’eux tentait de se dresser en obstacle, Selene n’avait aucun remord à étayer le passage à coup de machette. Celle-ci n’était pas vraiment faite pour ça mais qu’importe : tant que ça coupait, c’était utile. N’ayant aucun moyen de mesurer, la pianiste s’arrêta quand elle estima être globalement à 250 mètres du chalet. En se retournant, on le voyait encore entre la verdure.

Brusquement, quelque chose de lourd la heurta et l’envoya au sol. Elle fit volte face, les fesses dans la terre humide, pour observer d’un air mi-sévère mi-interloqué son ami qui parut tout embarrassé. Pas besoin de chercher des années pour savoir ce qui se passait sous sa caboche. L’avantage du géant, c’était qu’il était un livre ouvert ; et ses sentiments se lisaient généralement sur son visage. Et depuis leur discussion à Sequim, il semblait particulièrement rêveur quand Breann se trouvait dans les parages ou qu’il venait de la croiser.

- Tu aurais peut-être dû venir creuser avec elle plutôt, commenta malicieusement Selene en feignant un air détaché, moi j’ai un peu mal aux bras, et ça vous aurez permis un moment d’intimité.

Sans se départir de son expression nonchalante, la pianiste se surprit à se demander pourquoi ce n’était pas ce qu’ils avaient fait ? De son côté, ça lui aurait aussi permise de se retrouver seule avec Baby. Le chalet était bien fait mais n’était pas forcément pratique quand on voulait s’isoler discrètement. Pourtant le sexe, particulièrement dans une période comme celle-ci, c’était comme la drogue dure. Une fois qu’on y a goûté, ça devenait difficile de s’en passer.

- Aller, je t’embête, avoua-t-elle avec un petit rire tout en époussetant son jean slim aux genoux usés, on va creuser ici oui.

L’endroit était parfait. Elle avait volontairement choisi un point sans verdure envahissante et sans gros arbres à proximité. Ils allaient pouvoir attaquer directement la terre sans risquer de se heurter à une racine impossible à couper. L’étudiante rangea sa boussole dans sa poche, sa lame dans son étui, et promena son regard dans toutes les directions. La forêt était vaste, trop pour anticiper l’itinéraire de prédateurs sans intelligences qui n’étaient guidés que par leurs estomacs. Ou ce qu’il en restait.

- Je pensais à 3 niveaux de défense, expliqua Selene en reportant son attention sur Bobby, les épouvantails seraient le premier. A environ… 600 mètres de la maison, on en place un par point cardinal. Ça devrait détourner les rôdeurs qui s’égareraient dans le secteur. Après, les fosses à pieux qu’on va commencer aujourd’hui, ça servirait à piéger ceux qui ont passé les épouvantails et sont déjà en route pour le chalet. Je pensais en faire… 6 ? A 200/300 mètres autour du refuge ? Ça faisait beaucoup de sueur à verser, elle s’en rendait compte, mais leur survie avait un prix, et en dernier, on aurait les barrières de branches, de pieux, … histoire que si certains ont assez de chance pour arriver jusqu’à nous, ils soient arrêtés avant nos portes.

Ce plan n’était pas infaillible mais la musicienne voulait y croire. Après tout, les zombies avaient prouvé qu’ils étaient stupides. Tant qu’ils ne faisaient que se perdre par mangeurs de chair isolé, tout allait bien. Toutefois, elle voyait déjà la faille de cette organisation : le nombre. Une horde de créatures franchiraient sans problème les protections érigées par le petit groupe et si les survivants n’en étaient pas encore là, Selene avait le pressentiment que quand les morts se seront lassés de la vie citadine, ils émigreront vers la campagne, où la chair est encore tendre et chaude.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Ven 22 Avr 2016 - 18:04

Une rougeur particulièrement virulente éclaira l’horrible faciès du monstre de foire. Une gêne manifeste se déposa sur le profil peu sculpté du visage de la chose.

Robert- Désolé Selene… Euh… Pas besoin de creuser, tu sais, je m’en occupe tu sais… EUH…

L’ange à la peau d’ivoire avait percé à jour l’air lunatique et rêveur de Robert. Elle savait exactement vers qui les pensées intimes du mineur étaient tournées.  Selene était comme Juliane, les deux anges pouvaient tellement lire les émotions qui ravageaient le cœur suturé de l’homme difforme. Breann aussi avait cette facilité pour discerner les états d’âme de Robert. Il devrait essayer d’arrêter de songer à elle d’ailleurs.  Il ne croyait aucunement à la chance que la douce femme à la silhouette si désirable s’intéresse à une monstruosité comme lui. Tout chez l’ange au regard de saphir plaisait à Bobby. Que ce soit son humour, ses conversations, ses sourires débordants de sympathie et de bonté, sa gentillesse, la senteur de sa chevelure qui lui rappelait la cannelle. Mais tôt ou tard un autre homme allait arriver et ravir le cœur de l’être si parfait. Et comme d’habitude le monstre de foire sera de nouveau un grand frère, un nounours, un outil…

Les nouvelles paroles et les explications  de la pianiste ramenèrent au présent l’homme volontaire et travaillant. Pour lui les pièges n’étaient qu’un moyen pour se protéger. La dernière ligne de défense du chalet sera le colosse et sa hache. Il pourrait tout faire pour empêcher  des êtres à l’esprit vide ou malveillant de blesser sa famille. Un seul mot de Selene et il foncerait dans une marée de goules sans se poser de questions. Seulement pour que ses anges soient saufs. Elles pouvaient changer la face du monde et donner une seconde chance à l’humanité. Lui ne pourrait que l’enlaidir. Donc la simple logique du golem de chair s’appliquerait encore et toujours. Que vaut vraiment sa vie? Sa mort sera au moins utile si par son trépas un être de lumière survit un jour de plus.

Hochant la tête, Robert fit un petit sourire un peu niais. Désignant le sol, il frappa le sol de son talon. Elle s’enfonça sans peine. La voix rauque et singulière, mais à la douceur certaine de l’homme s’éleva dans les airs.

Robert- D’accord pour tout ce que tu as dit sœurette… Euh… Moi et Baby un de ces jours on pourrait aller voir les fermes tout près, tu sais… Euh… Des barbelle… non… barbatruc… euh… les fils de métal tranchant pour emêcher les animaux de passer… Euh… Faire ça comme les trucs pour mettre de l’huile dans les moteurs… En cône tu sais… Euh… pour les diriger vers les trous… Euh… Non laisse faire.

Le simplet mastodonte avait souvent de la misère à aligner tous les mots dès que  c’était le point de vue technique. Son esprit pouvait comprendre les moteurs, les dessins, mais les expliquer c’était un autre pair de manche. Le manque d’éducation et les capacités mentales et sociales limitées de Robert jouait autant en son désavantage que son physique ingrat. Désignant la superficie du terrain, le géant à l’armure de peau scarifiée essayant de faire oubliez sa bévue.


Robert- Comment gros tu veux le trou et profond comment? Euh… Je mets où la terre après? Euh… Faire des genres de petites buttes pour nous empêcher de tomber dedans aussi?


En plantant le bout de sa pelle dans le sol, une lueur malicieuse traversa le regard océanique de l’homme difforme. Fouillant dans sa poche, il en sortit un petit écrin en velours noir. Le tendant à l’ange à la peau d’albâtre, le colosse dit avec un immense sourire remplit de joie.


Robert- Tiens Selene. Je l’ai depuis le premier jour de notre rencontre… Euh… Je l’ai trainé partout au cas qu’on se revoie, tu sais.


À l’intérieur de la petite boite se trouvait pendentif en note de musique . Un peu de rouge monta à ses joues quand il expliqua le pourquoi de ce collier en signe de petite pensée.


Robert- Ben tu m’as fait rêver avec ta musique et tu es une artiste tu sais… Euh… Et je trouvais que la pierre est comme tes yeux. Je suis heureux de te la donner… Euh… J’en ai un aussi pour Abi si elle retrouve le chemin de la maison… Euh… Je  m’ennuie d’elle… J'espère juste que sa soeur et elle vont bien.


Cachant son trouble et sa peine de n’avoir plus aucune nouvelle de l’Irlandaise.  Bobby baissa le regard. Saissisant la pelle dans ses mains rugueuses de travailleur,  le monstre de foire commença à creuser telle une machine infatigable…



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Ven 22 Avr 2016 - 23:26

Réduire les voies pour forcer les charognes à se diriger vers les fosses, des entonnoirs géants… à cette idée, Selene hocha imperceptiblement la tête en réfléchissant. Ça valait le coup d’être approfondi mais elle craignait qu’une telle installation soit à double tranchant. Si un jour ils avaient besoin d’évacuer le chalet de toute urgence, les barbelés se dresseraient en travers de leur route et le temps perdu à les franchir pourrait leur coûter la vie. Le géant était déjà prêt à creuser, lui refusant l’effort physique, mais elle était bien décidée à ce que sa sueur fasse partie du ciment qui avait scellé leurs défenses.

- Fais la hum… la moitié de ma taille, c’est possible ? demanda-t-elle en désignant la hauteur de sa hanche, le principal c’est surtout qu’à cause de la chute, ils s’embrochent suffisamment bien pour ne pas pouvoir se libérer. Et tu peux faire des petites buttes oui, ça les aidera à tomber.

Un instant, elle imagina l’aspect cocasse d’un rôdeur qui trébuche maladroitement et s’étale de tout son long ; mais ces abominations étaient tellement ignobles que ça ne lui tira pas un sourire. Regardant distraitement les alentours, la musicienne fut surprise lorsque, en se retournant vers Bobby, il lui tendait un écrin noir. Bouche bée, elle cligna des yeux plusieurs fois avant d’être certaine que son imagination ne lui jouait aucun tour. Ce n’était pas… une demande en mariage ? Elle était persuadée que son ami rêvait de Breann, mais c’était peut-être à ce moment qu’il rêvassait depuis leur retour de Sequim ? Les paroles du géant l’encouragèrent, alors la pianiste osa enfin un mouvement pour prendre la boîte de velours dans ses mains.

Quand Selene l’eut ouvert, elle se figea dans une expression de surprise émue. Un collier. Une note de musique. Les explications de son ami achevèrent de la faire fondre. Oui, c’était elle. Malgré tout ce qui se passait, c’était elle, c’était ce qu’elle devait rester. Ce qu’elle voulait rester. La jeune femme avait les mains qui tremblaient quand, après avoir coincé l’écrin dans une poche, elle enfila le collier et l’effleura du bout des doigts. Elle avait les larmes aux yeux.

- Merci Bobby, il est… magnifique, vraiment. C’est… tu es trop…

Elle s’approchait pour lui administrer un baiser sur la joue mais l’évocation d’Abigail noircit le tableau d’émotions qui la submergeait. Ainsi il ne savait pas. Rien du tout. L’étudiante, elle, revoyait clairement la scène. Juliane qui prend un fusil pour mettre en joue Kate et forcer la main à sa petite sœur. La pauvre était condamnée et personne d’autre que Selene ne s’était dressée pour défendre le droit de l’irlandaise à un peu de tact, d’empathie, d’humanité tout simplement. Ça lui restait en travers de la gorge. Elle était tiraillée entre préserver les sentiments du colosse et l’envie de détruire l’image de l’aventurière. Un mensonge pour la bonté, la vérité pour une vengeance. Dilemme chaotique. Bobby avait déjà donné plusieurs pelletées vigoureuse quand la pianiste se décida prudemment à parler, laissant les mots se délier d’eux-mêmes :

- Tu n’as pas revu Abigail et Kate depuis l’appartement de Ziggy ? Tu crois que… en fait…

Elle s’égarait déjà. Le secret était trop lourd. Bobby avait accepté de porter son secret, ce serait ingrat de profiter de sa naïveté pour entretenir un espoir candide. Il était plus simple mais pas idiot, l’étudiante se refusait à l’insulter. Elle posa une main blanche sur son bras pour l’arrêter doucement dans son effort. Dans un premier temps, elle voulut trouver la force de parler dans les yeux bleus de son interlocuteur, mais leur pureté la renvoya à ses propres vérités inavouées. Selene abaissa le regard.

- Tu as revu Juliane je crois… elle ne t’a pas dit ? Sa gorge s’était nouée, le chant joyeux des oiseaux devint presque assourdissant, elle a… pendant que tu étais inconscient, on a découvert que Kate s’était fait mordre. J’ai proposé à Abigail de l’aider, mais les autres savaient déjà. Harriet, Ziggy et Juliane ont… mal réagi en apprenant que quelqu’un était mordu.

La pianiste mordit sa lèvre inférieure. Elle ne voulait pas s’en souvenir. Si elle avait pu être plus forte, si elle avait osé, peut-être que les choses auraient été différentes. Au fond, elle s’en voulait d’avoir été si fragile, si plate, si neutre.

- Juliane a… pris un fusil et elle a… poussé Abigail à accepter de tuer sa sœur. Elle était condamnée, admit Selene avec un tremolo dans la voix, c’est vrai… mais c’était sa sœur ! On aurait dit qu'elle avait fait volontairement rentrer un monstre dans le salon.

La jeune femme sentait qu’elle commençait à s’emporter, alors elle se tut. Les lèvres pincées, elle retenait ses larmes de toutes ses forces. Elle aussi voulait revoir l’irlandaise, parce qu’elle avait l’air d’une fille bien qui méritait de vivre. La perte de sa sœur pourrait l’avoir dévastée, lui arrachant son envie de se battre. L’idée de la blonde transformée quelque part, ou abattue d’une balle dans la tête, était atroce à visualiser.

- Je suis désolé Bobby… Kate est morte et Abi… personne ne sait où elle est partie…


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Sam 23 Avr 2016 - 6:53

Le temps que l’ange à la peau d’ivoire ait rassemblé ses esprits, le mineur avait commencé la dure besogne de la journée.  Dégageant avec entrain la terre humide du sol nourricier, il avait déjà creusé un trou d’une bonne trentaine de centimètres avec une profondeur frisant le soixante centimètres. Mais une main douce et gracile mit fin aux efforts de la bête. Quand Robert se tourna vers son amie, le sourire aux lèvres qu’il avait venait de fondre comme neige au soleil. Toute l’empathie de l’homme difforme hurlait la détresse qu’il lisait dans les yeux qui ressemblaient à des glaciers. Et alors le véritable récit de son inconscience tomba lourdement. Juliane lui avait caché la vérité.

Les couleurs quittèrent progressivement le visage de Robert pour ressembler à des cendres. Ses traits si expressifs se refermèrent totalement. Ses épaules massives s’affaissèrent brutalement, comme si le poids des dires de Selene était trop lourd à porter. Le regard si pur et débordant d’humanité s’assombrit, ne restant qu’un vague souvenir de la pureté qui habitait le colosse quelques instants plus tôt.  Les lèvres de la chose tressautèrent, essayant de refouler la colère et la peine qui avaient sabordé son cœur.  La pelle chuta au sol et les mains du géant dépassé par les révélations se refermèrent. Les jointures blanchirent sous la douleur que Bobby essayait de combattre. Une voix blanche, semblable à deux roches qui s’entrechoquent, s’éleva doucement dans la carrière. Un ton monocorde, sans vie que la pianiste n’avait jamais entendu de la part de son imposant ami.

Robert- Merci de m’avoir dit la vérité Selene… Euh… Tu es une véritable amie tu sais. Je peux m’assoir un peu?

C’était pure politesse de la part du géant traumatisé, car déjà il faisait un demi-tour pour cacher sa détresse à l’ange de porcelaine.  Mettant ses deux pieds dans le trou fraichement creusé, Robert s’assit lourdement au sol.  Appuyant ses coudes sur ses genoux, il engouffra son visage dans le refuge de ses mains immenses. Il aurait pu pleurer, il aurait même dû. Mais le monstre de foire n’en pouvait pas.

Juliane qui avait été si gentille avec lui. La Texane lui avait caché la sombre vérité sous un tissu de mensonges. Elle savait que Robert aimait bien Abigail. La photographe, celle qui disait qu’elle ne voulait pas que les autres le blessent, venait de faire voler en éclats la mince leurs d’espoirs qu’il avait. Quand elle était venue au chalet et lui avait fait avaler ses couleuvres, arguant que c’était lui le menteur alors qu’elle inventait des chimères pour camoufler ses mensonges. Il avait connu tellement de souffrance dans sa vie que le mineur avait cru avoir tout endurée. La perte de sa famille et entendre la traitrise de Juliane furent les pires lacérations qu’il avait encaissées. Comme si son cœur avait éclaté en morceaux et que les multiples bouts tranchant comme du verre concassé circulaient librement dans ses veines. Les lames improvisées atteignaient tous les autres organes et les muscles et les mettaient en charpies. Comme si la bête se mourait à l’intérieur. Il songea à toutes ses journées passées à rire avec Juliane au lieu de retourner chaque pierre de Seattle pour retrouver l’ange à la chevelure dorée. Elle devait être seule. Abigail devait avoir peur, essayant de communiquer avec la radio pour demander de l’aide au colosse. Elle était peut-être blessée, morte ou bien devenue une parodie de l’être magnifique qui déambulait maintenant dans les rues à la recherche de chair fraiche…

Alors maintenant, le déluge réussit à détruire les digues de ses paupières. Des larmes de frustration, de désespoir et de douleur commencèrent à couler le long des joues mal rasées de l’homme difforme. Totalement gênée par ce déluge de trop-plein d’émotion, une partie de l’humanité de l’homme semblait sombrer à cet instant. Une nouvelle blessure pour la chose qui avait tant enduré. Il voulait finir de creuser le trou et de s’y allonger. De se laisser mourir et d’être loin de la manipulation des gens. Une chape de plomb s’affaissa soudainement sur les épaules de l’homme hagard. Ses épaules formidables tombèrent et une leur de tristesse incommensurable se déversèrent de l’océan d’émotion que pouvait contenir ses yeux. Plaçant ses mains de chaque côté des on crâne en forme d’œuf, une voix tremblotante s’éleva du géant secouer.

Robert- Je suis stupide, je suis juste un con de me faire avoir comme ça à chaque fois. Pourquoi je suis né avec de la boue à la place du cerveau… Euh… Je pourrais comprendre quand les gens me mentent.

Alors, un miracle se produisit. Des bras, Bobby ne pouvait dire que si c’était translucides ou bien de chaire, l’agrippèrent avec douceur dans son dos. Une tête se pencha au niveau de la nuque du mastodonte. Des douces paroles, source de réconfort et de gentillesse absolue, abreuvèrent l’âme mise à mal de l’homme tourmenté. La voix ressemblait étrangement à celle spectrale de sa nièce et si merveilleuse de Selene. Comme si les deux êtres s’étaient combinés, deux êtres divins s’étaient alliés pour soulager la misère d’un monstre. Laissant cette chaleur  recoller quelque peu son cœur mis en charpie par les griffes de la souffrance, Robert prit quelques instants pour se retrouver une contenance. Frost vient apporter une nouvelle dose de réconfort en déposant sa grosse tête poilue sur les cuisses du mineur. Machinalement une des mains alla flatter  le pelage de l’animal. L’autre enserra avec tendresse les mains qui lui apportaient tant de douceur. Quelques bribes d’informations s’échappèrent de l’être prosterné, le souffle coupé par tant de douleur et d’amour à la fois.

Robert- Juliane m’avait dit qu’elle était partie, car elle n’aimait pas Abi et toi… Euh… Qu’il y avait trop de monde. C’est horrible ce que Abigail a dû faire… Euh… J’aurais agi comme toi Selene, je l’aurais aidé à faire des adieux à sa sœur… La famille c’est important.

Se redressant doucement, laissant le temps à l’être divin de laisser tomber cette étreinte qu’il ne méritait pas, Robert fit face à la jeune femme. Le géant n’était rendu que l’ombre de lui-même. La voix lasse, les trémolos encore présents, la bête dis à la belle quelques mots.

Robert- Tu pourrais m’aider à savoir si je peux faire confiance aux gens ? Euh… Je ne veux plus souffrir encore à cause des humains… Euh… Abi va revenir, je crois… Je ne comprends pas trop, mais elle avait l’air de bien m’aimer, tu sais et elle m’avait dit qu’elle viendrait ici.

Se penchant pour ramasser sa pelle, Robert ajouta d’une petite voix.

Robert- J’aimerais faire confiance à Breann pour lui demander une danse comme on a fait… Tu te rappelles que tu disais que les femmes aimeraient avoir un homme comme moi ? Tu crois que Breann pense comme toi ? Euh… Laisse faire ok… Je vais creuser un peu ça va me changer les idées.

Sortant de son trou, le géant commença à creuser juste au moment que Frost grognant vers l’orée du bois. Bobby pointa son oreille épargnée dans cette direction et un craquement sourd se fit entendre. Comme si des gens progressaient vers le duo improbable.  Se plaçant tout près de l’ange à la peau d’ivoire, Bobby chuchota.

Robert- Tu entends ? Pas de méchants vont venir faire mal à toi ou ma famille…



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Sam 23 Avr 2016 - 9:50

La détresse de son ami était déchirante à voir. En vérité, Selene eut même un peu peur. L’espace d’un instant, elle se demanda s’il n’allait pas perdre les pédales, comme la fois où il s’était mis à massacrer aveuglément les rôdeurs au Whole Food Market, et la frapper. Intéressant ce souvenir, quand on pensait à « qui » Bobby voulait sauver à ce moment là. Une vie pour une trahison. Il n’avait pas besoin de mots, ni même de lui faire face pour que la jeune femme ressente ce qu’il ressentait. Abigail était la seule de ses « anges » à vraiment rendre son monde plus beau et plus doux malgré l’épidémie. C’était comme avoir sacrifié le plus innocents des agneaux…

Impuissante contre la douleur du géant, la musicienne finit par enlacer ce grand frère malheureux. A la compassion se mêlait la culpabilité désormais. Avait-elle bien fait ? Était-elle irréprochable ? Elle songea au retour de Sequim, à la pauvre fille tuée pour rien, aux flashs cauchemardesques qui la hantaient depuis. Bobby ne savait pas tout, mais ça ne le concernait pas vraiment… pas vrai ? C’était la santé de Selene et elle ne voulait pas entaché sa bonté naturelle avec des secrets obscurs. Tout le chalet était en danger avec une folle armée dans leur rang.

Aidée par Frost, la pianiste réussit à canaliser – à défaut d’apaiser – la peine du colosse. Il put enfin parler, évoquant la version des faits de Juliane, et se redressa doucement en s’arrachant à ses bras minces. A ce moment, elle comprit que cette révélation marquait un tournant. A plusieurs niveaux. Une décision incertaine, floue, mais que seule l’étudiante était capable de prendre pour l’instant.

- Oui, la famille c'est important... Je m’occuperai d’elle si je la revois, fais-moi confiance.

Une voix froide et tranchante. Elle ne parlait pas de l’irlandaise bien sûr, mais de l’aventurière égoïste qui cumulait les chefs d’accusation à son égard. Selene savait qu’elle en était capable désormais, même si aucun plan précis ne se formait dans sa tête. D'un autre côté pourtant, elle espérait ne jamais la revoir, pour ne jamais avoir à accomplir ce qu’elle envisageait.

- Et je t’aiderai oui… je te dirai quelles personnes tu dois croire.

Elle eut un vertige. Un jeu dangereux. Si elle devenait la maîtresse à penser du géant, alors il allait potentiellement lui obéir au doigt et à l’œil. C’était un atout obscène, une arme si efficace dans leur situation. La musicienne refusait cette position de messie porteur de la bonne parole, car elle s’en sentait indigne, mais ne pouvait nier la beauté machiavélique de cet avantage. Elle se mordit la lèvre, tiraillée par les émotions contraires. Le sujet se tournait vers Breann désormais et malgré les dires de Bobby, elle répondit évasivement :

- Je pense que c’est une fille bien mais… il n’y a qu’elle pour accepter la danse si tu lui demandes. Je ne sais pas ce qu’elle pense, mais je sais qu’elle sera flattée.

Difficile de lui promettre la réussite. Dans un sens, Selene se sentait un peu hypocrite à ce sujet, car au-delà du simple bonheur de son aîné, elle espérait que ce couple marcherait pour se dédouaner. Elle non plus n’avait pas su aimer le géant, elle aussi faisait partie de ces femmes aux belles paroles qui lui assuraient qu’il était génial mais le relèguaient au plan d’ami. Parce que la vérité inavouée, c’était qu’elles ne voulaient pas qu’un homme, gentil et attention. Elles voulaient aussi sentir la force d’un mâle, ses convictions, ses résistances, et s’épanouir de leur lutte perpétuelle – et implicite – pour la domination. Il faut de la fermeté pour mettre en exergue la douceur, sans quoi celle-ci manque de relief. C’était sans doute la raison pour laquelle la pianiste aimait s’offrir à Harold, parce que dans ses bras, elle n’était plus une survivante, ni le guide de leur groupe. Elle devenait une jeune femme fragile et inexpérimentée qu’il pourrait briser n’importe quand.

Tout ça, elle ne le dit pas au géant. Ce n’était pas le moment et il ne comprendrait sans doute pas toutes les subtilités inhérentes à ces relations. Dans l’absolu, l’étudiante pensait vraiment qu’il avait ses chances avec Breann. Le reste viendrait en temps voulu. Un sourire triste s’esquissa sur les traits pâles de Selene quand son ami se remit à creuser et s’évapora immédiatement quand le St Bernard se mit à grogner. Oh oui, elle avait entendu et le géant eut lui promettre de la protéger, elle tira son couteau de chasse et l’embrasa de ses yeux bleus.

- Rappelle-toi ce que je t’ai dit à Sequim, murmura-t-elle, t’es pas le seul à pouvoir protéger les autres. On y va tous les deux.

Tous les trois plus exactement si on comptait le chien, aussi imposant que son membre, qui prenait les devant en direction du bruit. Plus elle approchant pourtant, moins l’étudiante avait l’impression qu’il s’agissait de rôdeurs. Les bruits de pas, car c’était ça, étaient trop précis, trop réguliers. Ça ne pouvait être que des personnes bien vivantes.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: À l'aube d'un jour nouveau...   Sam 23 Avr 2016 - 10:24

Je n'étais vraiment pas douée pour jouer les guides touristiques et une fois de plus, nous dûmes faire demi tour avec le véhicule que nous avions plus ou moins emprunté en ville il y a de cela deux jours. Je savais que nous aurions pus partir avant, mais Aori avait insister pour que nous restions quelques temps tout les trois et bien que je voulais me rendre au chalet de Selene le plus rapidement possible, cela ne me déplus pas.

Le fait de rester entre nous m'a permis de retrouver la tendresse et la chaleur des bras de Aori, mais surtout j'ai eus le temps de faire connaissance avec le petit bonhomme comme j'aimais surnommé Arun. Au début cela ne fut pas facile d'entrer en contact avec lui, car il ne voulait rien d'autre que les bras de Aori ou ceux de sa maman qui n'était plus parmi les vivants.

Aori s'en voulait d'être partie en la laissant se débrouiller seul sans pouvoir l'aider à empêcher la transformation, mais pour la mère du petit bonhomme, l'important était de l'emmener le plus loin possible et s'était ce que nous étions en train de faire. Nous avions trouvé de la musique pour enfant dans un vieux magasin et ce dernier mettait un peu d'ambiance dans la voiture.

Je jetais des coups d'oeil dans le rétro viseur et je souris en remarquant le petit bonhomme en train de danser sur la banquette arrière. Aori aurait aimé trouver un siège d'enfant, mais nous n'en avions pas trouvés et nous avions décidé de stopper les recherches assez rapidement. Nous venions de trouver la bonne route lorsque le petit bonhomme pris la parole :


- Z'ai envie de faire pipi Ori.

Arun semblait prendre plaisir à prononcer seulement la fin des prénoms. Aori avait terminé en Ori et de mon côté il me nommait Ann. Je trouvais cela mignon venant de lui et jamais nous l'avions reprit. Je crois que nous espérions qu'Arun puisse garder son innocence le plus longtemps possible et cela n'était vraiment pas des plus simple avec tout les Malades qui marchaient dans les rues et qui l'effrayait avec force au point que le petit bonhomme se fige net sur place.

J'avais été surprise la première fois que cela était arrivé, mais je m'y était fait et je faisais tout pour le protéger. Le petit bonhomme ne serait peut etre pas le seul enfant que nous devrions protéger, mais je n'avais pas encore parler de mes doute avec Aori surtout que cette dernière ne savait pas ce que j'avais subi lorsque j'avais fait la rencontre de Selene.

Je senti la voiture partir sur le côté afin d'être garée alors que cela ne servait pas vraiment à grand chose puisque peu de voiture passait dans le coin. Aori se tourna vers moi avant de prendre à son tour la parole :


- Essais de voir si nous sommes sur le bon chemin pendant que je conduit le poussin aux toilettes.

Contrairement à moi, Aori surnommait le petit bonhomme, Poussin. Elle trouvait cela assez drôle au point de parfois rire en le prononçant. Je la regardais descendre et faire le tour de la voiture avant de me concentrer sur ce que je devais faire. Il se passa quelques minutes avant que la tribu soit de nouveau dans la voiture. Aori me regarda avant que je prenne à mon tour la parole :

- Nous sommes bien sur la bonne route. Si je ne me trompe pas nous y seront dans un peu moins de cinq kilomètres.

Aori hocha la tête avant de tourner la clef, mais après une embardée en avant assez brutale, la voiture refusa tout net de redémarrer. Mon regard croisa celui de Aori et sans un mot, nous comprîmes que nous allons devoir terminer la route à pied. Je laissais le soin à ma bien aimée de sortir le petit bonhomme et de lui tenir la main pendant que je pris dans le coffre de la voiture nos trois sac.

Je mis le mien sur mon dos avant de tendre celui de Aori à la jeune femme. Pour celui qui contenait le peu de linge que nous avions trouvé allant à Arun, je le gardais à bout de bras. Nous nous étions mises d'accord sur le fait qu'il était trop jeune pour le porter lui même.

Nous nous mîmes à chanter faiblement pour ne pas nous faire surprendre, par des malades, et surtout pour que le petit bonhomme ne trouve pas la balade trop longue. Au bout de deux kilomètres, il commença à être fatigué et Aori dû le porter. Elle avait consenti à le faire pour ne pas le fatiguer inutilement. D'ailleurs, Arun fini par s'endormir la tête posé dans le coup de sa porteuse.

Aucun son ne fut échangé entre nous pendant le reste de la marche. Nous finîmes toute fois au abord du chalet de Selene. Je me tourna vers ma bien aimé avant de prendre la parole en murmurant :


- Reste ici avec le petit bonhomme. Je vais voir de quoi il en retourne et je viens vous chercher.

Je fis tout juste une centaine de pas que mes pieds se prirent dans les racines me faisant tomber lourdement sur le sol brisant au passage quelques jeunes pousses. Je ne mis pas bien longtemps pour me remettre sur les pieds, mais le temps que j'y parvienne Aori se tenait à mes côtés. Arun avait quitter les bras rassurant de ma bien aimée et se tenais debout à ses côtés. Je regardais la jeune femme avant de reprendre la parole :

- Bon et bien allons y tout les trois.

Je pris la main du petit bonhomme avant de me remettre en route, brisant à nous trois plusieurs branchages sec se trouvant sur le sol, et nous n'étions pas vraiment discrets. Il nous fallut tout juste deux minutes pour tomber sur des vivants. Si je m'attendais à trouver Selene ici, il n'en était pas de même pour l'homme qui se trouvait avec elle. Je le connaissais aussi, mais je ne savais pas que tous deux se connaissaient également. Je serais la main de Arun en croisant le regard du géant de fer. Il avait l'air plus sombre que lorsque nous nous étions quitter et j'avais aussi cette impression en regardant Selene. Mais nous avions tous changer depuis que tout avait commencé et cela me concernait également. Je restais inerte au côté des deux personnes m'accompagnant. Se fut Arun qui rompit le silence :

- Il est trop zolie le chien. Je peux zouer avec Ori?

Le petit bonhomme demandais souvent la permision à Aori pour faire les choses, mais depuis quelques temps il pouvait aussi se tourner vers moi pour me demander ce genre de chose. Un faible sourire se dessina sur mon visage lorsque le petit bonhomme avait posé sa question, mais pour le moment, je préférais qu'il reste là et je savais que Aori ressentait la même chose.
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