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 Culpabilité | ft. Jonah

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Jenna Heartfield
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MessageSujet: Culpabilité | ft. Jonah   Jeu 14 Avr 2016 - 12:17

    Six personnes. Maintenant ils étaient six, bordel. Jenna, Shannon, Leroy, Luke, Alistair et Lena. Ca en faisait du monde à nourrir, et du coup les expéditions de ravitaillement étaient plus fréquentes. Les supérettes du coin, ils les avaient déjà presque toutes visitées, et du coup, en attendant de trouver une planque sûre pour déménager, il fallait pousser les raids un peu plus loin. Vers l'intérieur ou l'extérieur de la ville. Et aujourd'hui, Shannon et Jenna s'étaient portées volontaires pour s'enfoncer dans Seattle. Elles vivaient par là, avant, vers le coeur de l'agglomération. Un petit squat, dans un petit immeuble innocupé depuis plus ou moins longtemps.

    De temps en temps, y'avait quelques squatteurs qui venaient aussi, des drogués qui venait se mettre leur shoot à l'abri des regards indiscrets. Quelques prostituées faisaient leurs passes dans les étages inférieurs, mais dans l'ensemble elles étaient assez tranquilles. Cette vie là lui manquait un peu. C'est sûr que c'était pas la grande vie, mais au moins y'avait personne qui voulait les bouffer.

    - Tu crois qu'on pourrait croiser Joe ?

    - Très franchement… J'espère pas.

    Joe, elles l'avaient perdue au début de tout ça, quand il avait fallu quitter l'appartement. Elle s'était faite attraper bêtement, dévorée sous les yeux des deux autres, parce que Jenna n'était pas là. Elles avaient été marquées à vie, et parfois la rouquine se demandait si ça n'avait pas accentué le côté trouillarde de Lena. Parce que niveau froussarde, on faisait difficilement mieux.

    - C'est là.

    Jenna fut tirée de ses pensées par la voix de son amie lui indiquant qu'elles étaient arrivées à destination. Une petite supérette de quartier, le truc qui payait pas de mine, mais elles avaient une chance de trouver quelques trucs à bouffer, des conserves, des trucs du style.

    - C'est pas une pharmacie ça ?

    - Elle a même pas l'air touchée !

    - Tu sais quoi ? Va fouiller là bas, j'fais un tour ici, et si y'a un soucis, on hurle, okay ?

    Shannon répondit d'un signe de tête, et se détourna vers l'officine. Jenna fit rouler entre ses mains l'arme qu'elle avait récupéré peu de temps avant : un magnifique tomahawk artisanal, trouvé dans un atelier de ferronerie. Le manche en bois massif devait faire a peu pres la moitié de la longueur de son avant bras, et était surplombé d'une tête de bêche et d'un bec de piolet soudés ensemble. Une arme parfaite pour se débarasser des rôdeurs sans bruit.

    Sûre d'elle grâçe à l'arme, elle se glissa sous le rideau entrouvert au quart. L'endroit était sombre mais elle y voyait à peu près. Elle attrapa à sa ceinture une lampe torche dont les piles ne déclinaient pas encore, histoire d'éclairer les rayons qui, bien que dégarnis, proposaient encore quelques trucs interessant. Et elle commença à remplir son sac.

    Enfin jusqu'à ce qu'un bruit, dans le fond du magasin, la fasse sursauter. Elle n'entendait pas de râle, aussi ça lui semblait presque impossible qu'il s'agisse d'un rôdeur. Mais elle n'entendait pas non plus de bruit franc. Quelqu'un était là. Hostile ou pas, il fallait vite le savoir. Raffermissant sa prise sur le tomahawk, elle braqua la lampe dans la direction du bruit.

    - Qui que vous soyez, sortez de là.
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MessageSujet: Re: Culpabilité | ft. Jonah   Ven 15 Avr 2016 - 0:06

Finalement, ça fait parfois un peu de bien de ne pas voler et de simplement subvenir soi-même à ses besoins. Ça fait une sorte de « dégourdissement » quoi. Une petite pause calme avant de reprendre le boulot. Enfin, j’avoue qu’aujourd’hui, c’est surtout parce que je n’ai trouvé personne à détrousser que je fais le tour des superettes du centre de la ville. Et putaaaain ce que c’est chiaaant. A chaque superette vide que je fouille, mon estomac me crie que je suis bon à rien et qui si j’avais appris à chasser je n’en serais pas là.

Après maintes recherches, je finis par tomber nez à nez avec un petit mini-marché dont la vitrine brisée derrière son rideau de fer entrouvert me laissait entrevoir quelques articles encore sur les rayons. Une chance après tous les vols qui suivirent le début de la catastrophe ! Enfin, je ne vais pas me plaindre, je faisais partie de ces voleurs.

D’un pas décidé mais tout de même furtif, je passai sous le rideau pour me diriger, ma batte en main, vers la porte d’entrée que je poussai doucement, laissant raisonner le « gling-gling » de la clochette qui annonçait jadis l’arrivée du client. Mon passage par la porte était bien volontaire : si un vorace trainait dans le coin, il serait averti de mon arrivée et je serais, par conséquent, bien averti de sa présence. De même, si quelqu’un de vivant se trouvait dans cette boutique, ce petit bruit le ferait sans doute réagir, et sa réaction me permettrait de le cueillir sans trop de soucis. Cependant, ce ne fut pas un vivant qui surgit subitement de derrière un rayon mais bien un macchabé réveillé qui se dirigeait vers moi le bras tendu, l’œil éteint et la mâchoire pendante. Ses intestins trainaient sur le sol et la peau de son visage avait été en partie déchiquetée : sans doute l’œuvre d’un autre vorace qui serait venu goûter à ce type qui devait être venu chercher à manger.
D’un geste net, je frappai le mort-vivant à la tête, le laissant ainsi s’étaler dans un rayon, officiellement mort. Je lui assenai tout de même un deuxième coup qui rompu clairement ce qu’il restait de son crâne : prudence est mère de sureté, comme on dit. Rapidement, je fouillai les quelques rayons de la superette pour y ramasser deux conserves et trois boites de biscuits secs sans doutes plus très secs, ainsi qu’un sac qui trainait au sol – sans doute la propriété du gaillard que devait être autrefois le macchabé que je venais de finir – où je pus dénicher une autre conserve et deux bouteilles d’eau. Jonah, ce soir, c’est ripaille !

Allons tout de même faire un tour dans l’arrière-boutique avant de repartir, on y trouve parfois des choses intéressantes. Dans cette petite pièce trônait le bureau médiocre de l’ancien propriétaire du magasin dont je commençai à ouvrir les tiroirs. Visiblement, quelqu’un en avait déjà eu l’idée avant moi, puisqu’il ne s’y trouvait que quelques vieilles paperasses et une agrafeuse. Je poussai un souffle de déception en refermant légèrement bruyamment le tiroir lorsque le bruit de la sonnette, à l’entrée, retenti. Putain de merde. Bon, garde ton calme Jonah, ne te fait pas repérer. Doucement, je m’accroupis et commençai à avancer très discrètement vers la sortie de l’arrière-boutique pour finir par me cacher derrière un rayon, marchant malencontreusement vers un petit morceau de verre qui trahirait peut être ma présence par son faible crissement. Du mieux que je pouvais, je tentais d’esquiver les bruits de pas de l’individu qui venait de pénétrer dans la boutique quand une voix féminine se fit entendre. Putain, je suis repéré ! Mais… cette voix me dit quelque chose. Oui oui, je la connais bien mais… Bordel, impossible de me rappeler de qui il s’agit !

Un moment d’hésitation me laissa un moment immobile, les yeux écarquillés, puis je décidai enfin à me dévoiler. Cependant, le risque était trop grand de se lever les mains en l’air, cette personne pourrait très bien tirer directement. C’est pourquoi je surgis tel un fauve devant cette femme, mon colt à la main pointé vers elle. « Bouge pas. Le moindre cri, le moindre geste bru… putain. » Elle. Bordel de. Non. Pourquoi moi putain. Pourquoi maintenant. Je n’étais encore JAMAIS tombé sur une de mes anciennes conquêtes dans la rue quand elle était encore peuplée, et maintenant que plus personne n’y traîne, il FALLAIT que je tombe sur CELLE LA. Autant dire que ma réaction me dessina une belle tête de con : je restai bouche bée face à elle, immobile, les yeux écarquillés et le regard terrorisé.
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Jenna Heartfield
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MessageSujet: Re: Culpabilité | ft. Jonah   Ven 15 Avr 2016 - 11:31

    Hésitante, elle avanca de quelque pas, l'arme toujours bien en main, prête à frapper en cas de menace. Cela ne lui faisait plus peur de tuer pour sa survie, que ce soit mort ou vivant. La fin justifie les moyens, n'est ce pas ? Après tout, soi-même ou quelqu'un d'autre, il valait toujours mieux placer sa propre vie en priorité. Bref, elle se tenait prête à se défendre.

    Quand soudain la personne bondit. Aussitôt, elle braque le faisceau lumineux dans sa direction, et ses yeux s'écarquillent. Non. Non non non. C'est juste pas possible ça. C'est hors de question. Ce regard, ce visage, cette bouche… Cette voix. Elle a passé des années à essayer de les oublier. Il habite loin d'ici, si loin d'ici, il ne peut pas se trouver là. C'est impossible.

    - J… Jonah ?

    Les souvenirs que sa vision font remonter à la surface sont extrêmement douloureux. Il y a d'abord ce sentiment de s'être fait prendre pour une conne. Cet impression infâme de n'avoir été qu'un objet pour lui. Et puis, derrière tout ça, son regard lui rappelle celui de quelqu'un d'autre. De ce petit être qu'elle a fait naître seule, loin de lui, dont il n'a jamais eu connaissance, qui a grandi avec d'autres. Pour la première fois, elle se pose des questions : est ce qu'il va bien ? Est ce qu'il est encore vivant ? Il doit avoir quoi… 3 ou 4 ans maintenant ? Il n'a sans doute pas survécu à tout ça…

    Elle secoue légèrement la tête. Elle ne doit pas y penser, elle se l'ai promis. Par contre lui…

    La colère l'envahit, et son corps se tend. Elle se sent submergée d'une rage qu'il lui inspire et qu'elle ne peut contrôler. Son visage se ferme, et sa mâchoire se ferme au point de faire crisser ses molaires les unes contre les autres. Elle retient ses larmes. Oh, pas des larmes de peine, elle a bien trop pleuré pour lui sans qu'il n'en ai rien à foutre. Non, de véritables larmes de nerfs.

    Elle avait changé. Déjà, elle avait pris 5 ans, et ça se voyait sur son corps. Moins jeune, plus femme, forgée par la vie marginale et ses aptitudes au vol. Son visage s'était assombri, déjà, beaucoup moins joviale, plus fermée. Sa longue chevelure rousse semblait un peu plus terne aussi. Tout chez elle semblait un peu plus fatigué, un peu plus las. Mais elle gardait, au fond des yeux, cette petite étincelle qui avait sans doute du lui plaire, ce premier soir, dans un bar de New York.

    Elle ne lui laissa pas le loisir de l'observer plus de quelques minutes. En quelques enjambées, elle s'était avancée à son niveau, sans même se soucier de la menace du colt. S'il voulait la tuer, qu'il le fasse. Mais elle savait au fond que maintenant qu'il savait que c'était elle, Jonah n'irait pas jusque là. Ou alors elle l'espèrait. Meme Jenna ne savait pas trop où elle se situait. Arrivée prêt de lui, elle leva les yeux vers son visage. Il était un peu plus grand qu'elle, et elle devait lever le menton pour vraiment l'observer. Elle se rapprocha de lui, comme si elle hésitait à l'étreindre, comme un doudou qu'on retrouverait après longtemps.

    Sauf que non.

    Elle leva le poing serré pour l'abattre sur sa pomette. Il l'avait mérité, et même si elle ne lui avait surement pas fait mal avec sa force de mouche, ça l'avait soulagée.

    - T'es vraiment un connard ! Et qu'est ce que tu fais là d'abord ? T'étais pas à New York ?

    Elle se détourna, lui faisant dos.

    - Il manquait plus que ça pour me pourrir la vie.

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MessageSujet: Re: Culpabilité | ft. Jonah   Sam 16 Avr 2016 - 23:07

Son coup ne m'avait pas fait trop mal, mais fut tout de même assez fort pour que ma tête tourne brusquement sur le côté sous l'impulsion. A vrai dire, je craignais plus toute les saloperies qu'elle risquait de me hurler en attirant au passage tout les voraces du coin que la puissance de ses coups. Je serais les dents en lui faisant signe de parler moins fort alors qu'elle commençait à me traiter de connard. « Oui oui oui je sais ! » chuchotai-je nerveusement alors qu'elle s'énervait toujours en même temps.

Sa question me stoppa cependant et me fit hausser un sourcil intrigué et légèrement mécontent. Alors elle avait oublié ce que je faisais là ? Pourtant je lui avais dis ! EH BAH OUI, JE NE SUIS PAS LE SEUL FAUTIF HEIN. Bon, après, c'est vrai que ça fait quand même une demi année que je faisais ce voyage à Seattle. Ouais, je suis peut être le seul fautif tout compte fait. OH ET PUIS AU PIRE JE M'EN FOUS. « Tu te souviens de mon voyage d'affaires à Seattle dont je t'avais parlé ? » Je marquai un temps d'arrêt et tendis les bras sur les côtés en écarquillant les yeux. « Bah il a duré plus longtemps que prévu ! » Un rallongement involontaire bien sûr. Avec le gel aérien, je n'avais tout simplement pas pu rentrer chez moi, et Nick non plus. D'ailleurs, je n'ai absolument aucune nouvelles de mes parents. C'est marrant, ils sont peut être morts et cette idée ne me fait absolument rien… Tuer un mec à coups de batte, ça doit sans doute avoir fait changer un truc dans ma tête.

Je fronçai les sourcils lorsqu'elle me lança que je lui pourrissait la vie. J'étais bien sérieux pour une fois. « Eh dis donc, estime toi au moins heureuse de ne pas t'être pris une balle dès que j'suis sorti de ma cachette ! » “Pourrir la vie”, non mais sérieusement ?! J’ai tout fais pour qu’elle soit contente en repartant moi ! Et maintenant quoi ? On vient pleurer parce que ce qui devait être une relation d’un soir a suivi le protocole HABITUEL et NORMAL ? On dit que je suis un salaud, mais parfois je me dis que ce monde me mérite bien. Putain de merde. Je repris alors, le regard toujours énervé, mais avec un soupçon de provocation dans la voix : « Et puis tu disais pas ça quand on était à New York, hein ! » Bah oui eh. Elle ne s'est jamais plainte d'être avec moi à ce moment là !
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MessageSujet: Re: Culpabilité | ft. Jonah   Dim 17 Avr 2016 - 0:48

    Si elle se souvenait du voyage à Seattle dont il lui avait parlé. C'est à dire ? Celui pour lequel elle l'avait attendu ? Pour lequel elle avait pleuré des nuits durant, parce qu'elle avait eu la sensation profonde d'avoir été prise pour une conne, de n'avoir servi que de vide-couilles pendant qu'elle, pauvre conne, s'était vraiment attachée à ce type ? Ah ouais, elle s'en souvenais ouais. Et en plus, il osait lui dire que le-dit voyage avait duré plus longtemps que prévu. Et par conséquent qu'il ne l'avait pas contactée non plus, pendant tout ce temps. Non, si elle avait eu un seul doute concernant un éventuel sentiment de sa part envers elle, il venait d'être balayé avec violence.

    - Bah tiens, avec tout ce que tu m'as fait, il aurait plus manqué qu'une balle.

    Ouais, elle s'engageait sur ce terrain, même si elle ne voulait pas lui parler de ce qu'elle avait ramené de New York. Elle restait même étonnamment calme, de l'extérieur, alors qu'à l'intérieur, elle commençait à bouillir de rage. Elle avait envie de lui sauter dessus, de lui arracher les yeux. Il était là, à se pavaner, à gonfler son putain d'ego, comme le soir où ils s'étaient rencontrés, et ça la rendait folle. Parce qu'il n'avait aucune idée de la réalité des choses.

    Il la provoquait, elle le sentait clairement dans le ton de sa voix. Non, elle ne pouvait pas supporter ça. Elle ne pouvait pas accepter qu'il se foute ouvertement de sa gueule sans qu'elle ne puisse rien dire. D'autant plus que ça lui faisait bien trop de mal de se replonger dans cette époque, et dans les choix qu'elle avait eu à faire, sans lui, alors qu'il avait été fautif aussi.

    Elle commençait à tourner les talons. Elle préfèrait encore lui laisser tous les vivres disponible dans cette supérette, plutôt que de continuer à repirer le même air que lui. Et puis, soudain, il balança cette phrase. Douze mots qui résonnèrent dans son esprit, et qui l'atteignirent en plein coeur. Pire que si il lui avait tiré une balle directement.

    - T'as raison. Mon voyage à New York a été très agréable.

    Elle qui lui avait tourné le dos pivota les épaules et le visage, pour planter son regard assombri dans le sien. Là, on pouvait lire quelque chose de presque aussi fort que la haine, de presque aussi puissant que l'envie de tuer.

    - Beaucoup plus agréable que de t'attendre à Seattle en sachant que j'était enceinte de toi, ça c'est sûr.


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MessageSujet: Re: Culpabilité | ft. Jonah   Dim 17 Avr 2016 - 21:02

C'était très agréable ? Eh bah tant mieux, alors pourquoi tu m'engueules ? ! Oh. J'aime pas ce regard. C'est bizarre, encore aucune des gonzesses que je me suis tapé ne me l'ont fait encore, celui là… On dirait qu'elle va m’égorger, disons que ça met pas très à l'aise. Bon, tourne pas autour du pot ma biche, balance ton pique et on continue…

Arrêt sur image. Mon corps se fige littéralement, comme si mon esprit venait de le quitter après ce qu'elle venait de me balancer. Mon visage resta de marbre. Mes doigts manquèrent de lâcher mon colt, qui fut finalement rattrapé brusquement par un geste tremblant de la main. Avec le léger mouvement que fit ma gorge lorsque je ravalai ma saliver, ce furent les deux seuls mouvements que je fus en mesure d'exécuter à ce moment précis.

Un gosse. Ce type odieux que je suis, qui déteste les enfants, a un gosse. Non. Non non non. C'est pas possible. Elle bluffe. C'est sûr qu'elle bluffe. Je lui ai fais mal alors elle veut me faire mal en retour. Eh bah tu sais quoi ? Ça marche pas avec moi ce genre de truc. Si elle croit que je vais avoir une once de compassion pour un putain de môme que j'ai jamais vu, elle se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'à l'épaule.

Le problème réside en ce regard. Soit elle ment terriblement bien, soit… elle bluffe pas. Avec l'état second dans lequel je suis, je suis absolument incapable de répondre à cette question.
Je ne sais pas combien de temps je suis resté sans rien dire et sans bouger, mais cela a dû être très long. Elle m'a peut être dit quelque chose pendant ce temps là, mais si c'est le cas je n'ai tout simplement rien entendu. Elle est douée pour me foutre le doute, la garce.

Une main que je porte nerveusement à mon visage vient subitement briser le silence en un frottement brusque, laissant ensuite apparaître un regard glacial et terriblement cynique. Elle dit vrai. Ce n'est pas possible autrement, je la vois bien. Qu'elle aille se faire foutre. Que ce gosse aille se faire foutre. Je ne suis pas un sentimental, qu'elle se carre bien ça au fond du crâne. Ma voix sèche s'échappe alors de mes lèvres, d'un ton tout aussi cynique et froid que mon regard. Un rire terrible, lent et nerveux à la fois, ne peut s'empêcher de l'accompagner.  « Enceinte… de moi ? » Elle va d'abord penser que je m'en inquiète. Parfait, c'est le but. Qu'elle parle, qu'elle parle… Voyons maintenant ce que je vais lui dire. « Mais dis moi… Qu'est ce que je peux avoir à FOUTRE de ton putain de gosse, hein ? » Un nouveau rire inquiétant, je me rapproche lentement d'elle en la pointant du doigt. « Tu sais… si ça se trouve… je suis père d'une vingtaine de gamins que je connais pas à l'heure qu'il est. Et tu vois ?... Haha ! J’en ai rien à branler ! » Mes mots étaient durs et mon ton était subitement devenu agressif sur la dernière phrase, mais je m'en foutais. Le monde a changé. Il est temps de montrer sa vraie nature. « Alors crois-tu VRAIMENT que c'est avec un PUTAIN DE LARDON dont je ne me considère même pas comme le PÈRE, que tu vas réussir à me jeter à tes pieds en te suppliant de me pardonner ?! » Je devais faire terriblement flipper, avec mon flingue à la main. Je la pointai d'ailleurs avec sans même m'en rendre compte après lui avoir posé cette question, et mon ton baissa à nouveau, mais resta toujours colérique et cynique. « Je n'ai de compte à rendre à personne. » Je baissai alors mon arme et la regardai droit dans les yeux avant de passer à côté d'elle pour me diriger vers la porte de sortie. Arrivé au niveau du rideau de fer, j'annonçai, toujours glacial « Le monde dans lequel tout ça est arrivé n'existe plus, Jenna. » Jusque là dos à elle, je finis par tourner la tête vers elle. « A l'heure qu'il est, le gosse est mort. » Je me fichais de savoir si elle avait fait avorter ou non, avec tout ce qu'il s'était passé, il était mort dans tout les cas, de toute façon. Je passai alors sous le rideau de fer et reparti sur la route en continuant de parler assez fort, de façon à ce qu'elle l'entende de toujours. « Si tu oublies pas le monde d'avant rapidement, tu feras pas long feu dans celui là, Jenna. » Elle me tuera peut être. Tant pis. Au moins, je mourrais sous les coups de feu d'une jolie fille. En ce monde, on a quoi d'autre à espérer, après tout ?
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MessageSujet: Re: Culpabilité | ft. Jonah   Lun 18 Avr 2016 - 22:40

    Elle a tapé juste. Elle refusait de s'engager sur ce chemin là, mais il l'y avait poussée, avec sa fierté et son arrogance débordantes qui lui tapaient sur le système. Et dire qu'elle avait trouvé ça tellement attirant lors de leur première rencontre, ce côté sûr de lui. Aujourd'hui, ça l'exaspérait. Mais alors complètement. Non, décidemment, JAMAIS elle n'aurait pu élever un enfant avec lui. Jamais.

    Son visage change, de la même manière que celui de la rouquine quelques minutes avant. Et sa voix sèche lui claque en plein visage qu'il n'en a rien à faire. Et avant qu'elle ai eu le temps de réagir, il rajoute qu'il pourrait en avoir une vingtaine quelque part. Tant mieux pour lui. Elle, elle n'en a eu qu'un, et elle a été obligée de s'en foutre. D'oublier. De laisser ce nourisson partir avec d'autres personnes qu'elle-même. Alors c'est sur que ça ne pouvait pas le toucher, lui qui ne l'avait pas vécu.

    Il la dépassa en la regardant, et elle soutint son regard. Pire que ça. Elle se mit à rire. Pas le petit rire, non, le vrai de vrai, qui vient du plus profond du ventre, presque inquiétant. Ah il pensait qu'elle n'était pas capable de s'adapter à ce monde ? Elle n'avait pas eu besoin de le rencontrer pour survivre, pour rester entière, pour apprendre à tuer. Elle vivait ça depuis un moment. Et de toute façon, le monde d'avant lui avait déjà appris à s'adapter, à survivre, à se débrouiller pour trouver ce qu'il lui fallait, ce dont elle avait besoin. C'était clairement pas un grand con de New Yorkais qui allait lui apprendre tout ça. Surtout que si elle se souvenait bien, il avait plutôt une bonne situation là bas, rien à voir avec ce qu'elle vivait elle.

    - Ah parce que tu crois vraiment que j'ai envie de te voir ramper à mes pieds ? Elle rit de plus belle. De toute façon, j'l'ai pas vu longtemps, notre fils. Il est vite parti avec ses nouveaux parents. Alors non, je me servirai pas de ça pour te faire revenir, encore faudrait-il que j'en ai envie.

    Il avait dépassé le rideau de fer, et elle sortit à sa suite. S'il fallait retourner à l'intérieur, elle irait avec Shannon un peu plus tard. Là, elle le voyait de dos, et elle luttait contre l'envie farouche de le tuer de sang froid. Juste pour soulager sa conscience. Son esprit s'emporta, et elle le vit allongé dans une mare de sang, le crâne éclaté, la cervelle éclaboussée autour de lui. Elle le voulait mort. Ou pas. Non finalement, ce serait peut etre bien de le laisser se relever, errer pour toujours, comme une punition pour les douleurs et les souffrances qu'il avait occasionné.

    - Putain. Retournes à l'intérieur !

    Elle les avait vu arriver, devant eux. La trentaine de rôdeurs au pas traînant, se dirigeant droit sur eux. Bien trop pour eux deux, et elle espérait que Shannon n'aurait pas la terrible idée de sortir à ce moment précis. Ca la faisait chier, mais si quelqu'un devait le tuer, ce serait elle, aussi l'attrappa-t-elle par le bras et le tira pour repasser sous le rideau, et se mettre à l'abri.

    Va falloir se la fermer le temps qu'ils passent, tu sais faire ça ?

    Elle vit une porte, au fond de la supérette, et s'en approcha. Sans doute que c'était là l'ancien bureau du patron, ou même les chiottes ça lui irait. Seulement c'était verrouillé.

    - Putain de merde.

    Elle revint sur ses pas, longeant les rayons, le regard farfouillant les étals. Elle saisit un paquet d'épingles à cheveux, et revint trifouiller la porte. Elle lui avait dit quoi, la premiere fois ? « Consultante en criminologie ». Force était d'avouer qu'en la voyant crocheter une serrure aussi facilement, il risquait de douter de cette affirmation. Elle fit rouler la poignée entre ses doigts et ouvrit la porte, leur offrant un salut si jamais les monstres se glissaient dans l'épicerie.




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