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 Les femmes à la cuisine

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les femmes à la cuisine   Dim 15 Mai 2016 - 15:08

- C’est vrai, avait-elle répondu au sujet de son aptitude à s’accompagner au piano, mais je joue assez peu de trucs populaires alors au final… je chante pas beaucoup.

Quand Breann demanda la permission de masser ses épaules, la musicienne accepta avec empressement. Elle n’osait pas penser à la dernière fois qu’elle s’était faite chouchouter comme ça. Enfin… elle mettait entre parenthèse la nuit à la sauvage partagée avec Harold. Ça avait été exquis, même plus, mais c’était une toute autre catégorie de massage. Tandis que les mains habiles s’attaquaient à ses muscles tendus, elle laissa s’échapper un soupir de contentement et rit à la plaisanterie de son amie. Selene ne sentait même plus à quel point son corps était crispé, continuellement sur le qui-vive. D’ailleurs elle regrettait presque de ne pas avoir vu la coiffure que la journaliste avait élaboré mais sentit avec satisfaction qu’elle recommençait.

La pianiste connaissait Jolene, oui. Son père aimait pas mal les artistes country alors sa fille en avait consommé un peu, plus ou moins forcée. Elle laissa Breann lui rappeler les premières notes, et surtout les paroles qu’elle n’avait pas en tête, puis elle se synchronisa en fredonnant. Ses yeux se fermèrent, son esprit fuyait le chalet trop étriqué. Cette fille était géniale. Ce n’était plus seulement un don, c’était un talent : sa capacité à sublimer la simplicité. Même après des mois d’apocalypse, elle lui prouvait qu'il ne suffisait que d’une amie et d’un massage pour se sentir bien…

Quand son aînée reprit la parole, l’étudiante éclata de rire. C’était vrai que d’une certaine façon, elle imaginait parfaitement la journaliste en militante vegan qui mitraillait facebook de publications trash pour défendre la cause des animaux. Le genre de personnes qu’elle trouvait passablement excessives. De son côté, Selene n’avait jamais eu de conflit existentiels pendant qu’elle dégustait un steak, même si elle s’extasiait l'instant suivant devant des photos trognones de bêbêtes. Le paradoxe de l’humain à l’état pur. Elle s’autorisa quelques secondes pour que son hilarité ne s’évanouisse puis répondit sans ouvrir ses yeux froids :

- Au contraire, je crois qu’imaginer d’autres « horreurs » me permettrait de relativiser, elle avait mimé les guillemets avec ses doigts, me dis pas que ta famille était du genre à manifester à poil et défoncés pour la légalisation de la marijuana ? La musicienne sentait déjà le fou rire venir à cette idée, j’ai lu que des gens faisaient ça en France dans les années 70… et après les européens disent qu’on est cinglés.

C’était une de ses professeurs du Cornish college qui lui avait découvrir ça. Un cours sur les expressions du spectacle contemporain à la fin du XXè siècle. Entre les drogués nudistes, les pièces de théâtre glauques et cette artiste masochiste qui exposait son corps et invitait les gens à choisir un outil pour la faire souffrir… finalement, Woodstock, c’était le jardin d’enfant. Non sans sourire en se remémorant ces heures de TD loufoques, Selene tenta de reprendre sérieusement le fil de la discussion.

- Pour la méditation, je t’avoue que je n’y connais rien… je suis le genre de personne incapable de ne penser à rien. Je suis trop émotionnelle, tu vois ? Un petit truc et PAF, si je m’y penche 5 min, j’en fais une montagne, ses mains qui lui avaient servi à imager une petite explosion retombèrent sur ses cuisses, après… si tu as des petites astuces pour se détendre et mieux dormir, je dis pas non. Faudra s’assoir en tailleur et tout ça ?

C’était une boutade, elle supposait bien que la vraie méditation tenait à autre chose que de caricaturer des « ahummm », mais laissait tout le soin à Breann de la corriger. D’ailleurs, entre ses massages, les coiffures et ses bonnes paroles, peut-être la journaliste aurait-elle dû être esthéticienne ? La musicienne n’y avait jamais mis les pieds, mais elle l’imaginait bien dans un salon un peu chic, à prendre soin de clientes fidèles qui racontaient leurs vies à longueur de temps. Mine de rien, il en faut de la ressource pour entretenir le dialogue avec ce genre de personnes ! Et son ainée les avait, c’était sûr.


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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Les femmes à la cuisine   Dim 22 Mai 2016 - 15:44

La sérénade terminée, je repensais avec nostalgie à mon Ipod, abandonné dans un coin d'un chalet désert de toute vie. Quel dommage que la musique n'ait plus lieu d'être pour le moment... Ce serait trop dangereux, attirer des choses juste pour trois minutes hors du temps était trop cher payé, mais cela ne m'empêchait pas de regretter. Enfin, heureusement, maintenant, j'avais ma chanteuse personnelle, alors je me consolais. En parlant d'elle... Et hop, encore une petite victoire pour moi ! Je souris de toutes mes dents en entendant l'éclat de rire de ma cadette lorsque je laissais planer le doute sur les frasques de ma grande famille. Je n'avais pas eu droit aux frères ni aux sœurs, mais question cousins, cousines, oncles, tantes, neveux et nièces, j'étais bien servie. Ma mère était la rebelle de la famille quant à la question des enfants, elle n'avait pas tellement aimé l'étape accouchement, ni l'étape grossesse tout court, une fois lui avait suffit. Ses quatre sœurs en revanche... Les réunions de famille étaient une sorte de petit rassemblement de village maintenant.

Je me mordis les lèvres pour ne pas éclater de rire en l'entendant me soumettre sa théorie. Non, non, malheureusement, j'aurais payé pour voir ça, mais la maison laissait ça aux gens vraiment... motivés, dirais-je. « Ils sont complètement dingues ces Français ! Enfin, je m'en doutais déjà, il faut l'être pour s'être dit un jour qu'un plat avec des escargots était une bonne idée... » - remarquez, maintenant, je me dis qu'en cas de dernier recours, manger des escargots ne doit pas être si terrible que ça. Entre ça et la mort... Enfin, je n'en étais pas encore là. Je fis la grimace, dégoutée, et revins sur ma famille - « On ne manifestait pas dans ma famille, mais on soutenait de loin. Et bien sûr, nous avions ces vacances... Toute la famille au camp de nudistes. Je ne te raconte pas comme ça a été difficile pour moi quand j'étais adolescente. Et quand je dis toute la famille, c'est toute la famille. Grand-maman, grand-papa, les oncles et tantes de tout âge, les enfants... On peut dire qu'on se connait tous très bien ? Et il valait mieux ne pas rentrer dans une cabane sans prévenir... »

Je piquais du nez, les joues me brûlant soudainement. Mon Dieu, comme j'avait été heureuse lorsque j'avais finalement eu le droit de rester chez moi plutôt que d'aller en vacances avec cette famille de tarés ! Maintenant, dès que j'entendais parler de nudisme, je devais me retenir pour ne pas laisser la honte me submerger. Ma famille était timbrée... Adorable, mais timbrée. Si je refusais de leur présenter mes partenaires, c'était bien parce que j'avais peur de les voir prendre leurs jambes à leur cou. A côté d'eux, je faisais presque tristement banale, mais jamais la banalité ne m'avait paru aussi souhaitable. C'est une chose d'être excentrique, mais il faut être capable d'en supporter toutes les conséquences sur la vie sociale...

Heureusement Selene revint ensuite sur la méditation, domaine qui me plaisait bien plus. Elle y semblait assez ouverte, ce qui était un bon point. Terminant d'une main habile sa coiffure, une tresse à la française se terminant en fishtail toujours bien trop sophistiquée pour cet endroit, je donnais quelques explications d'une voix enjouée : « Tu sais, ça marche encore mieux si tu es justement de ce genre-là, ça t'oblige à relativiser et faire le point. Tu peux te mettre en tailleur, l'important c'est que la position ne soit pas non plus trop confortable, pour ne pas que tu t'endormes en plein exercice, ce n'est pas vraiment le but. » - je me décalais pour me placer devant elle et seconder mes explications par des gestes - « une fois installée, il faut que tu te focalises sur quelque chose en particulier, comme les battements de ton cœur ou ta respiration. La deuxième est plus facile, je trouve. Il faut que gonfles ton ventre et ta poitrine à chaque inspiration, puis que tu expires lentement et profondément. Tu restes bien concentrée dessus pendant environ dix minutes et si tu t'y prends bien, tu peux entendre et sentir tout ce qui se passe autour de toi. Et si malgré ça, tu n'arrives pas à maîtriser tes pensées, tu peux t'aider avec les fameux « om », seulement en pensée ou en les prononçant à voix haute. Et hop, après juste dix minutes, tu es détendue et prête à attaquer les problèmes calmement ! Fastoche, non ? » Ma mère serait tellement fière de me voir y convertir d'autres personnes... « Tu veux essayer maintenant peut-être ? »




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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les femmes à la cuisine   Dim 22 Mai 2016 - 20:37

Pendant que Breann lui expliquait les bases de la méditation, Selene lui avait discrètement subtilisé sa chevelure tressée à la française pour la découvrir du bout des doigts – à défaut de mieux. Ça avait l’air super ! Mine de rien, ce simple détail la faisait se sentir plus « féminine », plus « humaine ». La guerrière était mise de côté pour quelques instants, l’étudiante faisait son retour triomphal. Qui a dit que la coquetterie était futile ? En vérité, c’était un excellent repère. Une façon de se changer les idées, de se rappeler que malgré le combat de tous les jours qu’ils menaient, l’oisiveté avait sa place. Leur vie en noir et blanc prenait un peu de couleurs.

Levant les yeux de sa fishtail, la musicienne ne quittait alors plus la journaliste du regard. Avec ses mots, la méditation semblait si simple… comme un savoir antique à portée de main. A la proposition d’essayer tout de suite, elle acquiesça avec une mine enjouée.

- Oui, oui bien sûr !

Pour l’instant, c’était plus ou moins un jeu. Une sincère curiosité en tout cas, mais qui sait ? Peut-être était-ce la clef pour retrouver le sommeil. La force qu’il lui manquait pour chasser les cauchemars horribles qui la brisaient régulièrement. Eux et les souvenirs. Aussi étrange que cela puisse paraître, malgré toutes les atrocités qu’elle avait vues et endurées jusqu’à ce jour, l’image la plus nette restait la première. Encore et toujours : son voisin. Poignardé dans la gorge, ouvrant la porte des ténèbres.

- Par contre, aucune chance que tu me convertisses au nudisme, plaisanta Selene en se redressant sur sa chaise.

La tresse sur son épaule, elle choisir de poser ses mains à plat sur ses cuisses et de fermer ses yeux bleus. Elle espérait sincèrement que ni Bobby, ni Harold n’allait faire irruption à cet instant. C’était déjà assez difficile d’essayer de s’initier sur un coup de tête pour qu’en plus, les hommes viennent la regarder faire. L'acteur serait bien capable de la charrier en plus. Suivant les conseils de son aînée, la pianiste se focalisa sur sa respiration. Son ventre mince se gonfla, sa poitrine menue se souleva, et elle expira lentement. Ça, ça allait. Elle recommença, s’immergeant totalement dans son exercice. Au Cinquième tour, effectivement, la jeune femme sentit une différence. Son corps s’engourdissait, sa tête lui semblait flotter, comme si son esprit était en train de s’extraire de son enveloppe charnelle.

Les pensées arrivèrent alors. Véritable cascade qui n’attendait que la possibilité d’assaillir l’étudiante. L’arc et l’arbalète, il fallait que Bobby lui apprenne à s’en sortir. Au moins pour chasser, et puis Abigail… elle ne la connaissait pour ainsi dire pas, mais l’irlandaise lui manquait. C’était cool d’avoir planté les graines aussi, mais il fallait qu’elle continue à éplucher les livres de jardinage trouvé dans la serre. Les radis devraient être les premiers à sortir de terre, et les défenses, il fallait qu’elle y travaille avec Breann. C’était une boucle sans fin. Sans logique, sans coordination, sans priorité. Quand ce n’étaient pas de simples réflexions, c’était des films, des flashs, des étincelles sanglantes. Finalement, Selene s’était tellement focalisée sur ses songes qu’elle en oubliait de suivre le rythme de sa respiration. Elle la redécouvrit saccadée et irrégulière. Dépitée, elle soupira et ouvrit les paupières avec une moue désolée.

- Je suis nulle… j’y étais presque hein, j’ai ressenti un truc ! Mais après…, ses mains écartées de chaque côtés de son crâne mimèrent l’étau qui oppressait son cerveau alors que ses joues se gonflèrent pendant son expiration, je peux pas, y’a trop de trucs…

La musicienne eut un petit sourire gênée, jouant machinalement avec sa tresse. A peine était-elle apaisée que déjà, le stresse menaçait de revenir. La protection du camp, la perspective de l’hiver qui allait revenir tôt ou tard, la peur d’être pillée, leurs besoins quotidiens… oui, il allait vraiment falloir qu’elle apprenne à méditer, sans quoi elle risquait de faire de craquer. Ou de faire du surmenage et malheureusement, elle ne pouvait plus s’offrir le luxe d’un psychologue.

- Aller, je recommence ! décida la pianiste avec détermination, tu crois que tu arriverais à me… guider ? Ou c’est vraiment un truc qui se fait seule ?


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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Les femmes à la cuisine   Mer 1 Juin 2016 - 17:30

Je constatais du coin de l'oeil que sa coiffure avait l'air de lui plaire, ce qui me contenta grandement. J'adore avoir la sensation d'accomplissement que prodigue le travail bien fait. A d'autres occasions, je lui en ferai d'autres, elle a de très bons cheveux qui se prêtent parfaitement à ce type de coiffures, c'est une joie de s'en occuper. Et quelque part, ça impacte aussi positivement sur mon humeur : lorsque mes mains sont occupées, je me sens toujours bien mieux. Être oisive, oui, mais certainement pas inactive.

Selene se révéla très motivée par l'idée, me surprenant agréablement. Eh bien, on peut dire qu'elle les veut, ses nuits tranquilles ! En démarrant aussi enthousiaste, elle ne peut que déboucher sur de bons résultats. Ma cadette se lança d'elle-même dans l'exercice dont je venais de lui donner les grandes lignes, fermant les yeux et cherchant à se détendre. Si l'effet fut visible sur les muscles de son visage, la tension dans ses épaules resta inchangée. Je la plaignis intérieurement, consciente qu'elle devait beaucoup en souffrir. Ça ne m'étonne pas qu'elle dorme mal et qu'elle ait les idées noires, c'est une sorte de cercle vicieux. Moins elle dort bien, moins elle peut être en forme, plus elle est tendue.

Ne souhaitant pas la troubler en laissant mon regard peser sur elle, je décidais de me joindre à la séance improvisée. Cela ne pourrait pas me faire de mal, j'avais aussi besoin de faire le point sur certaines choses. Comme mon problème non-résolu d'affection non souhaitée pour un certain Dylan. La réponse m'apparaîtra d'elle-même. Je me positionnais près de Selene, m'installant par terre en tailleur, copiant la position du lotus qu'affectionnait particulièrement ma mère. Les yeux fermés, j'adoptais naturellement un rythme respiratoire plus profond et calme, gardant la colonne vertébrale droite et le port altier. On ne s'affaisse surtout pas sur soi-même, ça endort et en plus, ça tue peu à peu le dos !

Consciencieusement, j'appliquais les leçons que m'avait enseigné ma petite mère, appréciant la sensation de sereinité qui m'envahissait peu à peu. Il n'y a pas à dire, se savoir à l'abri entre plusieurs murs solides et bien entourée, ça m'aide vraiment à me détendre beaucoup plus vite. Je pris en main mes pensées, focalisant toute mon attention sur un mantra répétitif mais diablement efficace. Je commençais tout juste à ralentir mes pensées, à me représenter un cercle de couleur à agrandir dans mon esprit, lorsque Selene soupira soudainement, me tirant de ma torpeur.

Sa plainte me tira un sourire et fus agréablement surprise de la voir pourtant s'obstiner. C'est une très bonne qualité, la persévérance. « Heureusement que tu n'y arrives pas du premier coup, je t'aurais obligée à ouvrir ta propre communauté sinon ! » plaisantais-je avant de refermer mes yeux et de débuter mes explications d'une voix calme et mesurée, laissant de longues pauses s'écouler entre chacune de mes phrases.« Après avoir fermé les yeux, concentre-toi cinq secondes sur une partie de ton corps en particulier, que tu dois consciemment détendre. Commence par ton ventre. Puis les épaules. Les bras. Les mains. Les jambes. Ensuite, essaye d'imaginer un cercle, de la couleur de ton choix, qui t'engloberait toute entière, puis fais le disparaître. Maintenant, focalise toute ton attention sur un détail insignifiant, comme la couleur du mur de la cuisine, de ton pantalon... et surtout, reste uniquement concentrée sur lui. Puis laisse-le partir. Et maintenant, répéte-toi « Tu iras bien. ». Laisse cette pensée t'envahir, et détends-toi. »

Eh bien, depuis cette fin du monde, je n'ai de cesse de me trouver de nouveaux métiers pour une reconversion loin du journalisme. Cette pensée me tira de mon état méditatif en me faisant rire intérieurement et je rouvrais les yeux, me sentant malgré cela assez légère. Renouer avec les anciennes habitudes me fait beaucoup de bien. Patiemment, j'attendis le verdict de Selene, mon nouveau Padawan. Bree-Kenobi, ça sonne bien, non ?
Ps: Mon Dieu, enfin la réponse part ! Je pourrais hurler de joie si ça n'attirerait pas tous les regards des autres sur moi x)




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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les femmes à la cuisine   Jeu 2 Juin 2016 - 11:13

Comme une enfant qui découvrait une nouvelle activité, Selene écoutait attentivement les conseils de Breann. Se concentrer sur une partie de son corps, imaginer un cercle coloré, se focaliser sur un détail du chalet… ok ! Sans attendre, elle ferma à nouveaux ses yeux bleus pour se replonger dans la méditation. Sa respiration d’abord, il fallait l’apaiser, la régulariser, l’adoucir. Ce n’était pas facile quand en même temps, des hordes de pensées cherchaient une brèche pour la faire sombrer dans l’angoisse. Quand la musicienne sentit l’air aller et venir avec la fluidité d’un cours d’eau, elle se concentra d’abord sur ses épaules. Frêles et crispées, dures comme la pierre. Peu à peu, alors que les nœuds se dénouaient, elles s’affaissaient tellement que Selene crut qu’elles se décrocheraient de son tronc.

Pas si mal. Elle poursuivit ainsi : les bras, les mains, le ventre, les cuisses… chaque fois, des fourmillements prenaient d’assaut la partie choisie. Ce n’était pas désagréable. Au bout d’un moment, elle avait même l’impression qu’une véritable boule de chaleur se déplaçait dans son corps, à ses ordres, et irradiait sa chair d’une énergie nouvelle. Vint l’heure du cercle ! Ses pas se firent plus hésitant. Devait-il être grand ? Restreint ? Est-ce que la couleur avait une importance, quoiqu’en dise Breann ? Est-ce que le rouge n’était pas trop agressif ? Est-ce qu’il pouvait varier ? Pouvait-il y avoir différents tons ? Combien de temps le chalet survivrait ?

Mince. Ses pensées s’égaraient, elles s’échappaient comme des fantômes, dans toutes les directions. Quand Selene croyait les dompter, c’était sa respiration qui se déréglait et à peine celle-ci était-elle remise sur les rails que ses muscles se retendaient. Bientôt, la plénitude fut impossible à maintenir, alors elle baissa les bras. Avec un air boudeur, faussement blasé, la pianiste regardait son aînée, toujours en tailleur sur le sol.

- C’était un peu mieux mais… je me suis perdue au moment de choisir mon cercle, plaisanta-t-elle, c’est une bonne technique ! assura l'étudiante avec empressement, je vais m'entrainer de temps en temps et ça va venir.

Elle se leva, s’étira avec la souplesse d’un chat, et regarda par la fenêtre. Bobby ne devrait plus tarder désormais ; en tout cas, il avait intérêt car son estomac commençait à manifester bruyamment son impatience. L’une des mains pâles de Selene effleura négligemment son ventre, comme pour lui intimer le silence. Malheureusement, ce n’était pas un enfant très bien élevé. Elle se tourna alors de nouveau vers la journaliste, réalisant subitement qu’une question – ou qu’un sentiment – pesait lourd sur son cœur. A qui d’autre la confier ? Certes, elle pouvait autant se fier à Bobby qu’à Harold, mais peut-être manquaient-ils d’objectivité. Breann était parfaite. Une teinte qui ressemblait à une excuse sur ses traits ivoirins, la musicienne s’ouvrit une nouvelle fois :

- Je me demande… tu sais, j’ai conscience d’être débarquée il n’y a pas si longtemps, et j’agis comme si je voulais… « diriger » le chalet. Hum… je suis pas ce genre de fille…, une ébauche de sourire triste étira ses lèvres, je veux dire, les meneuses, celles qui ont la compétition dans le sang, j’étais pas comme ça. C’est venu après…

Le fil de sa vie depuis le début de l’épidémie se déroula en une fraction de seconde. Ses souffrances, ses récompenses, les morts, les échecs, les fuites, les rencontres… des visages plus ou moins flous, plus ou moins vivants. Abigail et Flann ressortaient du lot. Toutes les deux auraient eu besoin d’elle, mais elle n’avait pu en sauver aucune. Peut-être qu’aujourd’hui, c’était de ça qu’elle voulait se racheter.

- J’ai envie de croire qu’on est à l’abri ici, que ce sera notre maison et… je veux que ça marche, tu vois ? Je voudrais tous vous protéger, faire en sorte qu’on soit là quand les morts arrêterons de se relever. Mais… je me demande, est-ce que tu crois que j’en suis capable ?

Ses yeux bleus se plantèrent dans ceux de son aînée. Elle ne savait pas vraiment si elle attendait une réponse toute faite, ou la vérité, ou si elle espérait que les deux soient liées. C’était viscéral désormais et quoique lui dise la journaliste, Selene n’était pas certaine de savoir lutter contre cette vocation. Certaines devenaient maîtres en méditation, d’autres des guerrières…


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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Les femmes à la cuisine   Mer 15 Juin 2016 - 12:00

« Tu t'es bien débrouillée, j'ai pu sentir que tu te détendais. » - la complimentais-je, sincère. - « Ne te décourages pas et viens me voir si tu as des difficultés ! » Trop mignonne avec son petit air boudeur, fondis-je intérieurement, amusée de la voir prendre la chose autant à cœur. Enfin, quand on tient à ses nuits, tout est bon à prendre, n'est-ce pas ? Selene se leva et s'étira, je pris le temps de faire jouer un peu mes épaules avant de suivre le mouvement. Le grognement qui émana de son estomac me fit rire. Depuis combien de temps étions-nous en train de discuter pour qu'elle ait si faim ? En grande bavarde, trop contente d'avoir quelqu'un avec qui parler, je n'avais pas vu le temps passé et j'avais l'impression qu'à peine quelques minutes venaient de s'écouler. Ah la la, moi et ma grande bouche... Voilà exactement pourquoi je ne peux pas être seule. En se parlant à soi-même on finit toujours par tourner en rond au bout d'un moment... Et on inquiète les possibles compagnons de route qu'on peut être amené à croiser.

Je finis par me remettre debout également, époussetant mes vêtements en me promettant de passer un coup de balai sur le sol de la cuisine plus tard dans la journée. Enfin, avec ce que j'ai emmené avec moi... Ce n'était peut-être pas la meilleure idée de m'assoir à même le sol. Bah, à force de devoir nettoyer du sang et d'autres substances, j'avoue être devenue un peu vaccinée quant à la saleté. Quand on croise tous les jours des cadavres en décomposition plus ou moins avancée... Le pire restera toujours pour moi l'odeur. Oh, oui, bonne idée Breann, de penser à ce genre de choses appétissantes avant de passer à table, bravo. Je secouais la tête après avoir levé les yeux au ciel, me sentant bête. C'est une règle de base pourtant, on ne pense pas aux choses qui rôdent dehors si on n'y est pas obligé !

Mon attention fut de nouveau attirée par Selene, toute rose. Intriguée, j'écoutais ses nouvelles confidences, qui m'étonnèrent. Sans l'interrompre, je la laissais développer, attentive à la moindre de ses expressions. Je restais pensive un instant, laissant mon regard courir sur elle. Me demandait-elle une sorte de bénédiction pour lui laisser endosser le rôle de chef ? C'est un statut tellement ingrat, je le vois plutôt comme une malédiction ! Quand tout va bien, ça va, mais dès lors que les choses dérapent... C'est une position extrêmement dure à tenir, qui demande de bons nerfs et une autorité à toute épreuve. Alors en était-elle capable ? Elle était toute jeune, encore fragile, elle ne dormait pas de la nuit... Et elle souhaitait encore corser davantage la partie ? Pour moi, ça prouvait qu'elle était faite du matériel qui fallait. Il faut être entièrement tournée vers les autres pour se préoccuper autant de leur survie. Je lui souris doucement. « Tu demandes mon approbation ? Selene, elle t'est toute donnée, depuis que tu es arrivée au chalet tu as pris les choses en mains et on s'en retrouve tous soulagés. Je fais confiance à tes jugements, tu es intelligente. Et surtout, tu es à l'écoute, c'est ça qui fait un bon chef. » - mais malheureusement, je ne pouvais pas seulement rester sur ça. J'avais beau être positive à outrance, la réalité de la situation ne m'échappait pas pour autant. - « Quant à tous nous sauver... Je faisais parti d'un groupe, avant. Et l'expérience m'a montré que ce n'était pas possible. Un chef ne peut malheureusement pas contrôler les esprits, tout n'est pas dépendant de sa volonté. Il y a ceux qui perdent courage, ceux qui tentent leur chance seuls, ceux qui ne sont pas assez rapides ou résistants... On ne peut pas sauver tout le monde. » Je m'approchais d'elle et posais mes mains sur ses épaules, très sérieuse. « Si on en vient à perdre quelqu'un, il ne faudra pas que tu t'en sentes seule responsable. D'accord ? Je sais que tu feras ton possible pour l'éviter, mais à la fin... » Je ne terminais pas ma phrase, prise dans mes souvenirs. Relachant doucement la jeune femme, je serrais mes bras contre moi et me laissais aller contre la table. A voix basse, je concluais : « A la fin, il ne restera que les plus chanceux. » Comme moi. Comme elle, comme Robert, Harold... Nous ne sommes pas des combattants, nous avons juste une chance de cocu. Et la chance ne reste pas longtemps avec les mêmes personnes. « Cela dit, je pense que s'il y a bien quelqu'un capable de nous aider à nous organiser, c'est toi. »




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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les femmes à la cuisine   Mer 15 Juin 2016 - 22:47

Les paroles de Breann la laissèrent pensive. Oh oui c’était un soulagement de savoir qu’elle estimait sincèrement qu’elle était capable d’organiser leur survie, c’était le reste qui la chamboulait un peu. Les notions de ne pas pouvoir sauver tout le monde, que la survie ne sourirait qu’aux chanceux. Est-ce que c’était quelque chose qu’elle était prête à supporter ? De voir des gens mourir et aller de l’avant. Comment réagirait-elle si demain, Harold, Breann, ou Bobby se faisait mordre dans les bois ? Rationner les conserves, c’était une chose, mais comme l’avait si bien présenté la journaliste, ce n’était pas le plus simple…

Selene essayait de ne pas penser que la mort pouvait aussi frapper dans ses rangs. C’était tellement plus rassurant de voir l’apocalypse comme une dualité manichéenne. Mais pour guider correctement ce petit groupe, il allait falloir qu’elle admette que tout était nuances.

- Merci, dit-elle finalement, un sourire timide sur les lèvres, je vais faire de mon mieux.

Plusieurs images défilaient devant ses yeux désormais. C’était vrai que la musicienne avait eu de la chance de ne pas se faire mordre aux prémices de l’épidémie, comme son père ; de la chance de tomber sur Axel et Justin au début, plutôt que sur des pillards ; de la chance de pouvoir s’échapper du Whole Food Market ; de la chance qu’Axel la sauve avec Flann… Des années plus tôt, elle avait eu de la chance que les balles l’épargnent alors qu’elles avaient tué sa mère. La sélection naturelle ne triait pas seulement les forts et les faibles, mais aussi les poisseux chroniques de ceux qui avaient le cul bordé de nouilles. C’était la leçon du jour, parfaitement exposé par le professeur Yates.

- En plus, osa plaisanter la jeune femme, tu vas pouvoir faire un super tableau de moi dans tes mémoires. Je serai peut-être célèbre quand on sortira de cette merde.

Selene Sweetnam, « l’amazone des temps modernes », dieu que ça sonnait bien ; même si elle en était encore loin. Elle le sentait. Par la fenêtre, une large silhouette se glissait pesamment entre les arbres, évitant précautionneusement les différentes barrières installées pour tenir les rôdeurs à distance. C’était leur chasseur et protecteur qui revenait, et il n’avait pas chômé à en croire le chapelet de lapins qu’il portait sur son épaule. L’étudiante posa alors brièvement et amicalement la main sur l’épaule de Breann, puis se dirigea vers la cuisine pour allumer le feu sur la gazinière. Les patates allaient cuir le temps que le Géant prépare la viande.

Dos à la journaliste pendant qu’elle installait les pommes de terre dans une grande casserole un peu cabossée, un sourire plus large étira les lèvres pâles de la jeune femme. Elle leur montrerait à tous : ceux qu’elle connaissait avant et après. Ceux qui la prenait pour une idiote, comme Justin, ou ceux comme cette fille qui l’avait dévalisée pendant l’hiver. Elle leur survivrait à tous… elle et chacun de ceux qu’elle avait décidé d’accepter à ses côtés. Sans exception.


HRP:
 


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Les femmes à la cuisine

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