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 Sequim ~ A la recherche du bonheur

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Jeu 14 Avr 2016 - 6:23

Robert écouta silencieusement les paroles de l’ange déchu. Elle avait parfaitement raison pour le camion, l’équipement dans la boite du camion et aussi avoir une petite armurerie au refuge. Le colosse ne pouvait utiliser les armes  à feu, à part celles dont le pontet étaient trafiquer pour lui permettre d’atteindre la gâchette avec son index démesuré.  Mais les deux êtres divins qui avaient accepté de partager sa répugnance existence pouvaient certainement. Quand la lueur artificielle de la lampe de la musicienne cessa, le géant fouilla dans la poche de son pantalon et en sorti sa propre lampe portative. La tendant à la douce dame, Bobby se dirigea vers la dépouille de l’homme décapiter. Saisissant la puissante arme de chasse par la crosse, il tira dessus. Les articulations raidis par le rigidité cadavérique protestèrent, refusant de laisser aller l’outil qui avait servis au terrible pacte de suicide. Comme un enfant qui relevait un à un les doigts pour compter juste à cinq, le mineur déplia de force les extrémités de la main du mort. Des craquement d’os cassé firent crisser les dents de l’homme à l’armure de chair lézarder de cicatrices épouvantable. Un dernier fortement d’os et le fusil fut libérer. Emmenant l’arme vers la boite du camion, il fit un petit sourire désolé à l’attention de son amie.

Robert- Voilà l’arme Selene… Euh… Il y a l’étui de transport dans le camion. Je la range et je regarde  pour la porte de garage ok?

Le mastodonte fit un nouveau sourire désarment, chose qu’il n’avait jamais fait avec personne à part sa famille disparu. Juste par cette petite attention, le colosse difforme venait de franchir un nouveau pas dans le lien spéciale qu’il partageait avec l’ange à la peau d’ivoirien et qui semblait si soyeuse au toucher.

Robert- Tu peux regarder si les clefs sont bien sur le tableau de bord du camion? Euh… Je crois les avoir vu là. Ensuite on sort du sauna si tu veux… Euh… Il fait assez chaud que j’enlèverai bien ma chemise, mais je ne veux pas te dégouter tu sais.

En se rendant compte de la portée de ses paroles, le mineur piqua un fard d’une telle rougeur qu’il aurait pu faire concurrence aux panneaux d’arrêt obligatoire. Baissant le regard de honte, Robert laissa passer quelques secondes avant de se ressaisir et d’aller inspecter la porte. Dans sa hâte il accrocha une pile de cartons à moitié remplis de détritus divers. Un peu plus et il aurait pu s’étaler de tout son long. Tournoyant à toutes vitesses ses bras long comme ceux d’un gorille, la montagne humaine évita de subir la disgrâce de tomber à quatre pattes au sol. Dans son dos, il imaginait bien la pianiste aux regard si pénétrant s’esclaffer en silence, retenant un rire à grand peine. Levant une main pour signaler à l’ange à la chevelure de jais que tout allait bien, la voix rocailleuse du monstre de foire se fit un brin espiègle.

Robert- Je vais bien… Euh… J’ai fait exprès pour te faire rire tu sais…

Levant son regard océanique sur la porte de garage et son mécanique de sécurité, le gaillard hocha la tête d’un air satisfait. Revenant vers la jeune femme de sa démarche d’ours, le pas pesant et nullement discret, Bobby pointa l’ouvre-porte électrique et expliqua avec les mots simple qu’il connaissait.

Robert- On a juste à tirer sur le câble avec la poignée rouge… Euh… Comme ça.

Tirant d’une main sur et ferme sur la poignée en « t », un claquement métallique sec se fit entendre.

Robert- Voilà on est capable de d’ouvrir à main maintenant… Euh… Je vais verrouiller la porte comme ça…


Invitant l’ange déchu près de lui, le colosse montra la poignée en acier de la porte. Tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, un son sec et métallique informa le duo que la porte de garage était de nouveau verrouiller. Souriant tendrement, le colosse expliqua dans le même souffle comment déverrouiller l’accès principale au garage.

Robert- Voilà Selene tu sais comment ouvrir ou bloquer la porte toute seule… Euh… Des fois que je suis pas là pour le faire.

Dans les yeux océanique de l’homme, une lueur de compréhension et de sollicitude chavira le cœur de l’ange. Le colosse se savait pas invincible et que tôt ou tard il allait surement trépassé en essayant de protéger ce qui lui était cher. Un petit sourire naquit sur les lèvres de l’homme au cœur torturer mais d’un tel bonté. L’empathique créature avait deviner la soudaine angoisse qui devait être né dans le cœur de la musicienne. Donc au milieu de la chaleur, de la puanteur et de la mort, un acte de gentillesse et de foi se produisit.

Robert- Je serais toujours là Selene… Euh… Je ne veux pas t’abandonner ni Breann. Je serais là aussi longtemps que vous aurez besoin de moi… Euh…


Prenant la main gracile et si douce de l’ange dans la sienne, meurtrie et immense, Bobby la déposa sur sa poitrine aussi large qu’une barrique. Au travers du tissus de son armure de tissus qui préservait la pureté du regard de la musicienne de sa peau grotesque, le cœur de l’homme tambourinait avec douceur. La voix du mineur, rocailleuse à souhait, s’éleva dans les airs. Une tendresse certaine et une bonté pur transcendait le ton rauque et intimidant du gaillard.

Robert- Mon cœur bat pour ma nouvelle famille tu sais… Euh… Tu disais que tu avais besoin de moi tout à l’heure… Euh… Moi aussi j’ai besoin de toi et de Breann. Vous m’avez sorti de ma solitude… Euh… Merci encore…

Laissant quelques instants à l’ange à la peau d’opale pour laisser transmettre la dose massive de confiance que Bobby venait de lui avouer, Robert fit son éternel sourire béat et stupide. Une façon pour lui d'empêcher quelques larmes de couler. Sortant un mouchoir de tissus de sa poche, l’homme le tendit à la pianiste.

Robert- Tiens tu as chaud… Euh… On sort et on boit une gorgée d’eau?

L’étrange duo sorti donc de la sépulture du couple et ils se retrouvèrent dans la salle à dîner poussiéreuse. Produisant sa gourde de la poche de son sac à dos, l’homme difforme la donna à l’être divin et il vit quelques brochures publicitaires sur la table. Curieux il les saisit et les lut en grande peine. Les lèvres exsangues de l’homme minait les mots trop compliquer pour essayer de les déchiffré. Une feuille d’information était la première du lot. Le papier officielle expliquait les démarches à suivre pour rejoindre le lycée local, refuge défendu par la garde nationale.  Le second pamphlet était une réclame pour le concessionnaire Yamaha et Toyota. Une grande liquidation de vêtements de motards et sur les camions pour la fin de saison estivale. Le troisième feuillet était la réclame d’une pharmacie. La dernière brochure était les spéciaux de l’épicerie locale. Des lettres et d'autres réclames étaient éparpiller sur le bois poli de la table. Sans le savoir, le colosse avait en main des informations cruciale sur les boutiques des environs. Des mots s’échappèrent de l’être concentrer…

Robert- Toyota… Euh… Épicerie…Euh… Pharmacie…

Un gémissement mit fin à la lecture ardu de l’homme. Relevant son regard vers le hall d’entrée, le colosse vit la dépouille mouvante d’une ancienne représentante de l’ordre. L’âme en peine avait dû entendre le rire du mastodonte un peu plus tôt et avait péniblement avancer juste à la maison. Une petit bout de femme de la taille de l’ange déchu près de lui. La policière avait lune fracture ouverte du fémur droit qui sortait d’une déchire de son pantalon. Boitant dans la direction de son prochain repas, elle tendit des mains avides et presque mises à nue de leur chair vers le géant. Celui-ci releva simplement ses épaule en signe d'impuissance et alla endosser son rôle sanguinaire. Levant haut sa hache, il l’abattit avec force dans le crâne de l’abomination. La goule chuta lamentablement au sol. Détaillant les restes de sa victime, Bobby remarqua que le ceinturon de cuir de la femme était encore autour de ses reins. Se penchant, il enleva la ceinture de la zombie. L’arme de poing et les chargeurs manquaient à l’appel. Mais la matraque, les menottes, la lampe de poche et le vaporisateur de poivre de Cayenne était encore bien ranger dans la ceinture multifonction. Se relevant avec un sourire des plus imbéciles, Robert emmena sa trouvaille à son amie.

Robert- Voilà Selene… Euh… Je crois que ton fusil entre dans l’étui non? Ce sera plus prudent de l’emmener avec la ceinture je crois… Euh… Là on va à la maison d’en face pour essayer de trouver les pièces du camion?

HRP:
 



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Jeu 14 Avr 2016 - 18:29

Elle avait beau ne pas regarder, les bruits que faisaient Bobby en séparant le défunt de son arme lui retournaient l’estomac. Pour essayer de penser à autre chose, Selene accrocha à sa ceinture l’étui en cuir du couteau de chasse qu’elle venait de trouver, mais ce n’était pas une diversion très efficace. La bile au bord des lèvres, elle ne put que hocher la tête quand le colosse proposa de ranger le fusil et sa main effleura son bras en signe de remerciement. Geste qui se transforma immédiatement en double coup de poing amical sur l’épaule quand, encore, le géant dénigra sa propre apparence. Chaque fois, elle avait l’impression de cogner sur quelque chose qui ressemblait à un mur de béton.

- Arrête de dire ça et retire ta chemise si tu as envie.

Visiblement gêné, Bobby accrocha une pile de carton et faillit s’étaler sur le sol poussiéreux du garage. Sa maladresse était attendrissante et comme un enfant qui ne voulait pas être moqué, il affirma que tout était fait exprès. A d’autre. Ne pouvant retenir un rire, la musicienne fit une moue signifiant qu’elle n’était pas née de la dernière pluie et grimpa souplement dans la cabine du camion. Elle éclaira le tableau de bord pour repérer les fameuses clefs et redescendit au moment où son ami revenait pour lui expliquer le mécanisme d’ouverture de la porte.

En vérité, Selene n’avait pas compris que quand le colosse avançait qu’il pourrait un jour ne pas être là, il supposait en fait qu’il serait mort. Les sourcils de la pianiste se froncèrent, ses lèvres se pincèrent, et elle dévisagea son complice comme pour le réprimander. Elle n’avait pas l’intention de le voir mourir, jamais. Bien sûr, le réalisme voulait que par les temps qui couraient, les êtres humains avaient une espérance de vie en chute libre. L’absence d’Abigail n’en était pas une preuve ? Bobby ne se serait jamais séparé de la blonde sans raison. Pourtant… à ses yeux, il était éternel, invincible, immortel. Un véritable pilier, sans qui elle ne serait rien.

La jeune femme laissa le mineur guider sa main gracile jusqu’à son cœur, incapable de parler. Ses mots la touchaient sincèrement : elle sentait que désormais, leur complicité était réelle - intime. Elle oserait lui parler de tout ; même de ses plus grandes peurs, même de ses espoirs, même de la folie qui rongeait son crâne. Mais en même temps, elle refusait qu’il se sacrifie. Pour personne. Quand les morts ne marcheront plus, il faudra que les Hommes qui repeupleront la Terre soient des gens bien… et Bobby était le premier d’entre ceux-là.

Selene accepta de lui rendre son sourire avec douceur, vaincue par l’intense confidence, et lui murmura un « tu n’as pas à nous remercier ». Acceptant le mouchoir, elle accompagna son aîné hors de la pièce, poursuivit par la chaleur et l’odeur de décomposition. Tandis que le géant s’intéressait aux magazines, la pianiste s’épongeait le visage et finit finalement par enlever son boléro pour le bazarder dans son sac. Sans penser un instant aux yeux de son acolyte, elle déboutonna le haut de sa chemise, dévoilant sa chair ivoirine et la liaison de son sous-vêtement.

Elle se pencha alors sur la machette qu’elle avait conservée dans son étui en bandoulière. Une meilleure allonge, une meilleure lame, mais aussi la possibilité qu’elle reste plantée dans un crâne. Plus facilement qu’un couteau en tout cas. Ce n’était pas gênant en duel, mais ça pouvait être pénalisant – voire mortel – si elle était encerclée par une horde. Parlant de zombie, l’un d’eux venait de pénétrer dans la maison dont la porte était restée ouverte. Bobby fut le plus rapide : un coup de hache et l’ex-représentante des forces de l’ordre s’effondra. Les yeux de Selene s’illuminèrent alors quand son ami lui tendit la ceinture multifonction, c’était presque comme un jour de Noël.

- Génial…, murmura-t-elle.

Elle analysa les menottes, les clefs, la torche, la matraque télescopique, le spray de self-défense, le holster… parfait ! Immédiatement, elle rangea son arme, celle qu’elle avait l’habitude d’utiliser, dans l’étui et plaça autant de chargeurs qu’elle pouvait dans la pochette prévue à cet effet. Clair que c’était plus pratique ; elle se sentait un peu cow-girl des temps modernes. Même son couteau de survie et sa nouvelle lame de chasse trouvèrent place sur cette trouvaille.

- On y va, oui, acquiesça la pianiste, faut qu’on emporte le moins encombrant et le plus important. Le reste, on reviendra le chercher ici avec le camion… en espérant que personne d’autre ne passe entre temps.

Aucune possibilité n’est à écarter. Une fois prêts, Selene sortit la première, prudemment. Les alentours s’étaient peuplés – si on pouvait dire. Quatre rôdeurs traînaient les pieds dans la rue, passifs. L’un d’eux s’aventura sur le gazon de la propriété dans laquelle se trouvaient les deux amis, ce fut lui qui repéra le déjeuner potentiel et sonna la charge. L’occasion de tester son nouveau jouet. La musicienne sortit la machette et avança à la rencontre de la créature.

Elle asséna un geste transversale avant que les mains ensanglantées du rôdeur ne puissent la toucher. Une gerbe de chairs mortes s’envola, une partie du visage se détacha, révélant muscles nécrosés et insectes parasites. Un second coup fut nécessaire, sec, dans la tempe, fendant la boîte crânienne fragilisée par quelques semaines de trépas. La jeune femme savait que le géant assurerait ses arrières ; elle lui vouait une confiance absolue. Elle eut alors tout son temps pour libérer sa lame souillée de sang coagulé et l’enfoncer dans l’orbite vide d’un homme en tenue de jogging.

Après le bref éclat de l’acier sur les os, le calme revint. Selene réalisa qu’elle tremblait légèrement. Si son mental était à bloc, son corps frêle était éprouvé par la longue marche et les récentes émotions. Il allait falloir qu’elle se ménage ou Bobby allait devoir finir la journée en la portant sur son dos. Cette fois, elle ne rangea pas sa machette mais la garda en main, prête à l’emploi. Tout en traversant la rue, l’étudiante décida de rompre le silence lugubre par une conversation banale :

- Et sinon… qu’est-ce que tu penses de Breann ? Je veux dire… en tant que femme. Rougis pas ! Tu sais que tu peux tout me dire, je garde le secret. Elle est jolie non ? Est-ce que… elle te plait bien ?

Elle aurait voulu lui dire « comme Abigail ? » pour cibler le sentiment sur lequel elle voulait forcer le géant à réfléchir, mais elle n’osait pas. La blonde était comme tabou, ils n’en avaient pas parlé depuis qu’ils s’étaient revus. Pourtant, Selene aussi aurait aimé la retrouver…


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Ven 15 Avr 2016 - 13:53

En tendant le ceinturon de la policière défunte par deux fois, une nouvelle rougeur gagna subitement les joues mal rasées du géant au cœur d’or. Baissant les yeux de honte, il ne put qu’apercevoir encore mieux la cause de sa gêne. Pendant que l’ange déchu enfilait prestement la ceinture multifonction autour de sa taille fine, Robert avait une vue plongeante sur la naissance des seins et le tissu satiné de la brassière de l’être céleste. Un des rêves inavoués de la chose serait de pouvoir caresser les formes exquises d’une femme, de pouvoir admirer la peau satinée d’un ange et de pouvoir par ce geste même toucher une parcelle du paradis. Mais l’ignoble créature savait parfaitement que ce n’était qu’une vision qu’il ne pourrait entretenir, une illusion d’oasis dans le désert de sa passion. Plongeant son regard océanique si pur et troublé à la fois vers la pile de publicité, il trouva des plus intéressant de savoir que les chaussures pour dames étaient en solde chez Yellow au centre-ville. N’importe quoi pour chasser son malaise du moment.

Quand la musicienne donna le signal du départ, le géant releva la tête et sourit doucement. Sélène était long de la jeune femme qui tremblait dans les bras du colosse quand il l’avait emmené en sécurité dans ce stationnement. Devant le géant se dressait maintenant une jeune femme forte, décidée et qui semblait aspirer aux mêmes idéaux que le golem de chai. À savoir être unis, une famille et de s’aider. Ne plus laisser une personne en arrière pour gambader joyeusement dans ce monde totalement déjanté que les survivants avaient l’audace d’appeler réalité. Comme si c’était maintenant une habitude pour le duo des plus étranges, la jeune femme se téléporta gracieusement vers l’avant. Un peu comme un guide qui ouvrait la voie à une créature de légende si monstrueuse que le commun des mortels aurait pris peur en la voyant. Chacun des pas de l’ange à la peau d’ivoire semblait être aérien, si léger qu’un bruit n’était perceptible pour l’homme difforme. Robert était tout le contraire. L'homme à la carrure impressionnante se mit à marcher lourdement dans le sillage de la musicienne, traînant un peu les pieds comme un ours traîne les pattes. Ses bras eux, sans osciller, pendaient ballants à ses côtés comme ceux d'un gorille. Quatre formes chancelantes venaient de prendre positon au milieu de la route, un peu comme une parodie de barrage policier. Une créature impie, la cataracte complément blanche par le virus maudit qui circulait dans son être, gémit pour attirer l’attention morbide des autres sur le duo de vivant. L’ange jeta un regard en biais et leur regard si semblable et différent à la fois se percuta. Une leur de confiance fit un arc électrique entre les deux être, stimulant l’un et l’autre à vouloir protéger son équipier d’expédition. La voix rauque du mastodonte couvrit sans peine les lamentations pathétiques des simulacres de vie.

Robert- Pas de soucis je couvre tes arrières mon amie.

Chaque mot était adressé à l’encontre du cœur débordant de bonté qui semblait se soucier de la parodie d’humanité. Une résolution de pierre s’était apposé le faciès de cauchemar de l’homme déformé. Des gémissements de faim firent déplacer à la droite de l’ange qui testait sa nouvelle lame sur une aberration. Le second mort-vivant, un homme portant un habit de jogging élimé et couvert de taches dégelasses, trainait joyeusement de la patte pour tenter de rejoindre l’ange. Les deux autres goules espéraient prendre de flanc le duo. Les traits figés dans une fureur cannibale les zombies s’élancèrent à l’assaut. Alors, le gentil monstre se transforma soudainement en un être de colère et de peur. Les traits atypiques du faciès monstrueux de l’homme difforme se consumèrent pour former un masque de rage à peine contenu. Il intercepta sans peine la charge maladroite des deux marionnettes du virus profanateur de cadavres. Une goule apparut enfin à portée de l’allonge de l’homme musculeux. Un visage strié de veines bleutées dont le sourire ensanglanté ne laissait présager rien de bon. La colère noua alors les tripes de Bobby. Il ne pouvait s’empêcher alors de penser à cet instant que c’était l’hémoglobine fraiche d’une victime innocente. Que la bête était arrivée trop tard pour aider un être humain. C’était son destin de souffrir et non celui des gens. Grognant sombrement, le mastodonte se prépara à frapper. Mais son coup manquant totalement sa cible, la créature d’outre-tombe esquiva l’arc métallique en trébuchant un peu sur une pierre. Cette maladresse apporta la goule dangereusement près de l’amie de Robert.


De l’adrénaline pure avait remplacé le sang dans l’organisme prodigieux de l’être torturé. Partit l’être gêné, parti l’humain en quelque sorte. Le protecteur était aux commandes de cette machine phénoménale et il l’utiliserait au maximum de sa capacité. Tout ceci pour ne protéger qu’une personne projetée dans cet enfer et qui le considérait comme un humain. Tendant une main immense et rugueuse, Robert saisit le collet du manteau en lambeaux la créature avant que celle-ci n’ai le temps de souiller l’aura de perfection de l’ange au regard renversant. Décollant les pieds de la chose morte-vivant du sol, Robert fit un contre poids de son corps. Véritable masse de muscle tendu à l’extrême, le mineur lança le corps gigotant et froid comme une tombe du zombie sur sa congère maudite. Un peu comme un quart-arrière faisant envoler le ballon ovale dans la mêlée en espérant que sa tactique osée fonctionne. La créature semi-vivante fut projetée, comme un fétu de paille emporté par une tornade, sur le décervelé et les deux glissèrent pathétiquement au sol. Une masse de bras et de jambes griffant l’air pour essayer de se relever fut un effet dramatico-comique pour le mineur.

Rejoignant cette partie de twister lugubre, Robert leva sa hache. Il l’abattit par deux fois avec une force phénoménale. Les têtes des goules explosèrent comme des pastèques trop mures. Leurs sangs gluants et noirâtres s’étalant sur la pelouse trempée. La terre nourricière s’en abreuva goulûment et Robert put assister à la fin du duel de Selene. L’ange déchu se battait avec passion et ses mouvements étaient marqués par le sceau de la grâce et du vif-argent. Quand l’escarmouche de lame sifflante et de gémissement de frustration prit fin, l’improbable duo se dirigea vers la seconde maison de la rue. Une maison toute simple de plain-pied aux fenêtres et portes placardées de solides planches. Au beau milieu de la route de nouveau désertique et aux reliefs crevassés, Selene posa une question. Le genre de question qu’une amie demanderait pour passer le temps lors d’une discussion banale. Mais aucune interrogation n’était banale pour le monstre de foire. Il ralentit quelque peu son pas et une main immense vint se frotter l’arrière de son crâne. De son autre main Robert tenait sa hache en équilibre sur son épaule comme un bucheron qui partirait faire son œuvre dans les bois. La voix hésitante et rauque de l’homme s’éleva tout doucement dans l’air chaud de cette journée de printemps. Et comme de raison une douce teinte rosée envahit le visage à peine sculpté du golem de chaire.

Robert- On peut en parler un peu plus tard Selene… Euh… Le temps que j’y pense ben… Euh… On devrait essayer en arrière et éviter de démolir les planches… Euh… Une bonne cachette pour prendre une pause et manger un peu tu trouves pas ?

Rendu près de la porte de la clôture, Bobby regarda la cour de la propriété. Un module de jeux, un cabanon et même un ensemble de patios sur la terrasse arrière de la maison. Passant sans peine son bras immense par-dessus le haut obstacle, le mastodonte ouvrit la porte et comme un maitre d’hôtel étrangement ressemblant à la famille Adams, l’homme invita l’ange aux regards bleuté si merveilleux à entrer. Montant les quelques marches pour rejoindre la porte patio vitrée, Robert testa l’ouverture pour vérifier si la barrure était bien enclenchée. L’ouverture en verre coulissa et après fait le tour de la propriété, le duo de l’ange et du monstre ne trouvèrent aucune âme qui vive. Aucune odeur pestilentielle et aucune parodie de vie camouflée dans l’attente d’un gueuleton à l’improvise. Tout bien essentiel semblait s’être envolé. Toutes les armoires de la cuisine étaient ouvertes et des détritus divers joncheraient le sol. Désignant un sofa qui avait atrocement confortable, le sosie de Frankenstein s’assit près de son amie qui semblait avoir soudé la machette à sa main. Ouvrant son sac à dos, l’homme difforme sortit une boite métallique et deux petits contenants de jus. Montrant ces derniers, il demande simplement.

Robert- Orange ou mélange de fruits ?


Donnant la boisson désirée à l’ange assis près lui, un nouvel acte de foi de l’homme s’était produit dans le salon de la maison barricadé. Habituellement il aurait été s’assoir loin d’une dame, mais maintenant il accepter la proximité d’une beauté. Ne craignant aucunement une possible souillure de l’aura de l’être divin de sa part. Ouvrant la boite, les yeux gourmands découvrirent des biscottes, deux boites de conserves venant d’un traiteur de luxe et une tablette de chocolat. Les viandes prises au hasard par le mastodonte étaient du foie gras et une sorte de terrine. Laissant l’honneur à la belle de se servir en premier, la bête prit la parole d’un ton bas et d’une douceur exquise malgré le ton rocailleux de son timbre de voix.

Robert- Euh… Pour ta question Selene, je trouve tout le monde plus joli que moi.

Un petit sourire flotta sur ses lèvres exsangues et un soupir profond fit bouger un peu ses joues mal rasées.

Robert- Tu es très belle et gentille comme Breann l’est, aussi tu sais. Je ne comprends pas trop ce que… EUH…

Une leur de compréhension passa dans le regard bleuté si pur de l’homme. Ne nouvelle rougeur gagna ses joues, véritable feu ardent de gêne. Baissant le regard vers le sol, le monstre de foire essaya de trouver les mots justes.

Robert- Euh… On m’a dit que l’amour existe pas tu sais… Euh… Que c’était juste de se faire mal. Breann est formidable comme toi et je suis sur que vous allez trouver des hommes bien meilleurs que moi… Euh… Des hommes ayant une belle apparence et un cerveau complet et qui sert à penser réellement… Euh… Dès que vous serez heureuses, je le serais aussi tu sais.


Soulevant ses épaules massives, Robert regarda un point loin de lui. Des images blessantes et humiliantes de son passé.

Robert- Ma sœur Rosalie a déjà essayé d’arranger des sorties avec ses copines pour moi tu sais… Euh… En me voyant, elles ont toutes trouvé un truc à faire et elles se sont sauvées. C’est comme l’école. Euh… Les garçons méchants avaient toujours le choix d’avoir les copines qu’ils voulaient. Moi elles m’évitaient comme la puste… peste. Pour ça que j’ai travaillé dans les mines et les bois. Pour éviter de faire peur et honte aux gens.

Avalant une boule d’émotion qui menaçait de faire chavirer son cœur immense et torturé, l’homme difforme déposa ses mains immenses sur ses genoux. La voix du mineur était blanche et vibrante d'un chagrin refoulé par les déception passé.

Robert- Je crois que Breann m’aime bien comme ami. Elle est drôle, jolie et gentille. Comme toi tu es jolie quand tu souris et gentille quand tu me parles doucement… Euh… Mais je ne crois pas qu’elle serait intéressée par ça.


Pointant sa silhouette disgracieuse et ensuite sa tête, le monstre de foire rajouta doucement.

Robert- Je sais ma place… Déjà avoir des amies ça me rend vraiment heureux. J,e en plus là que durant toute ma vie. Avoir une femme qui me serre dans ses bras et qui me dit qu’elle m’aime, pouvoir danser une seule fois avec une dame c’est juste un rêve, tu sais… Euh… J’ai pas grand-chose à offrir et je ne veux pas avoir de nouveau les papillons dans le ventre qui meurent d’un coup. Ça fait plus mal que tout ça.

Pointant ses multiples cicatrices sur ses avant-bras, Robert se rendit compte qu’il avait trop parlé. Regardant avec honte son amie, la bête de foire rajouta alors.

Robert- Euh… Je ne suis pas habituer de parler beaucoup tu sais désolé… Euh… Mais Sandra disait que c’était seulement quand j’avais confiance en une personne que je parlais des choses enfouies en dedans. Euh… Tu as rencontré des gens sympa avant d’arriver au chalet ?



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Ven 15 Avr 2016 - 17:51

Bobby demanda à différer sa réponse et elle accepta en silence. Elle ne cherchait pas à le brusquer, simplement à le faire sortir de sa coquille. Après tout, le monde ne s’arrêtait pas parce que les morts se relevaient, pas vrai ? Ils étaient là tout les deux, bien vivant, capable de ressentir des émotions ; ils avaient une maison, des proches, des objectifs. Ça paraissait dérisoire mais d’une certaine façon, l’apocalypse forçait l’Homme à se reconcentrer sur l’essentiel. Survivre en poursuivant le fantôme d’une ère déchue ne suffisait plus, car c’était certain désormais : rien ne serait plus jamais pareil, même si le virus était éradiqué.

Le géant ouvrait la marche, ouvrant clôture et porte, libérant la voie à la jeune femme. Celle-ci n’était pas forcément à l’aise avec ce comportement domestique, mais c’était à la fois tellement adorable… son ami semblait ravi de s’assurer que chacun de ses pas serait sûr, elle n’avait pas le cœur à rembarrer ses efforts. Coordonnés, ils pénétrèrent dans une nouvelle maison endormie, froide, désincarnée. La machette à la main, Selene suivit son aîné pour faire le tour du propriétaire, mais il n’y avait rien. Ni cadavre, ni vivant, ni ressources. D’autres avaient pensé à se ravitailler, ou bien les propriétaires s’étaient enfuis avec tout le nécessaire.

La musicienne allait proposer d’aller ailleurs mais Bobby suggéra de rompre la croûte dans le salon. Elle n’était pas encore habituée, ressentait toujours cette angoisse latente quand elle était dehors, mais accepta de s’asseoir en haussant les épaules. Pour être honnête : elle avait besoin d’une pause. Ses pieds lui faisaient mal maintenant qu’elle y faisait attention, ses jambes étaient en coton, même ses bras frémissaient de fatigue. En desserrant son emprise sur le manche de son arme, elle ouvrit et ferma plusieurs fois le poing pour s’étirer. Son corps apprenait encore à se familiariser aux efforts rigoureux et ne se privait pas pour protester.

- Multifruit, merci, répondit-elle à la proposition de son ami. Quand celui-ci dévoila le repas, elle éclata de rire, du foie gras carrément ! Je mange mieux qu’avant l’épidémie avec toi.

L’abreuvant d’un sourire amical, elle se leva pour revenir de la cuisine avec 2 couteaux à beurre. Les propriétaires n’avaient pas été jusqu’à emporter toute leur vaisselle, fort heureusement. Tout en coupant la première un bout dans le foie gras, la pianiste écoutait Bobby. Si elle avait d’abord rougit, charmée par son compliment, elle fut rapidement rattrapée par une compassion triste qui l’empêcherait d’avaler son déjeuner si elle n’avait pas si faim.

Ce qui lui faisait le plus mal, c’était que les phrases du colosse étaient aussi réalistes qu’elles reflétaient une société matérialiste morte depuis des mois. Oh oui, c’était vrai que s’ils s’étaient rencontrés dans la rue avant que les rôdeurs n’apparaissent, elle ne lui aurait pas adressé la parole. Parce que ce qui est inhabituel suscite la peur –ou la méfiance. Pourtant, au final, Robert n’était-il pas l’homme le plus gentil et le plus dévoué au monde ? N’était-ce pas l’essentiel ? La beauté fane, l’intelligence peut faire d’horribles choses mais les qualités du géant étaient immuables.

Alors pourquoi aucune de ses amies n’était amoureuse ? Juliane ? Abigail ? Breann ? Elle-même ? Cette réalité oppressait la poitrine frêle de Selene. Elle eut soudait un peu plus froid et reboutonna sa chemise, manière comme une autre de dissimuler son embarras. Peut-être qu’elle était différente ? Que de toutes les émotions qui avaient survécu, l’amour s’était consumé dans la terreur ; ne lui restait que sa grande sœur, l’affection.

La conclusion de Bobby lui donna une ouverture pourtant. La musicienne releva ses yeux bleus et tristes, rongés par une empathie douloureux. Elle venait de finir sa biscotte et frottait ses mains l’une contre l’autre pour en débarrasser des miettes qui s’y étaient accrochées. Sans faire attention à la honte qui perlait dans les prunelles de son aîné, elle se mit debout et lui tendit une main décidée :

- J’ai rencontré des gens, mais ce n’est pas la question pour l’instant. Viens avec moi. J’suis toujours artiste au fond, et j’ai toujours pensé que ça servait à réaliser des rêves ; alors viens. On va danser toi et moi.

L’expression de Selene était sans appel, elle resta plantée là jusqu’à ce que le géant accepte son invitation. Elle patienterait aussi longtemps qu’il le faudrait : au fond, ils avaient la journée, et même plus. Quand Bobby se fut enfin décidé, la jeune femme l’entraîna à l’écart du canapé pour avoir plus de place. Leur différence de taille rendait la situation un peu absurde. Une main gracile dans la paluche démesurée du colosse, l’autre reposait sur son avant-bras, faute de mieux. Doucement, elle se mit à les faire tourner tout en chantonnant l’air de Bachelorette.

C’était difficile à expliquer, mais la première personne à être enchantée par cette danse fut elle-même. Sans doute parce qu’il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas ressenti ce degré de complicité avec quelqu’un… l’eut-elle jamais ressenti. Elle rosit même, sensible à ce moment hors du temps, et adressa un grand sourire à son ami :

- Alors ? Je ne suis pas en train de briser un de tes rêves ? Après un tour de plus et passé le refrain, elle ajouta : tu sais, tu devrais arrêter de te rabaisser sans cesse et de dire que les femmes ne cherchent que des hommes plus beau et plus intelligent. Sincèrement, elle feint un air de reproche, c’est comme si tu nous accusais toutes, moi y compris, de n’être qu’un groupe de petites idiotes superficielles que seul un Ken peut rendre heureuse.

Elle ne put conserver son air faussement fâchée plus de quelques secondes et éclata de rire. Ils tournaient encore mais cette fois, la musique n’était plus inspirée par Björk, c’était leur conversation.

- Vraiment… je ne dis pas que tout va changer du tout au tout mais… tu es adorable, gentil, dévoué, et tu sais chanter ! Ouvre-toi un peu, pense positivement, reste comme tu es et… qui sait ? Certaines d’entre nous ne sont pas que bêtes.

Selene lui adressa un clin d’œil et se sépara lentement de lui. La mélodie reprit néanmoins, elle avait recommencé à chanter le refrain de Bachelorette. Après tout ce temps, elle n’avait pas oublié les paroles : le cerveau était quand même une drôle de machine. Revigorée par la danse et le déjeuner, il ne lui restait plus que son jus de fruit !


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Sam 16 Avr 2016 - 14:38

Les épaules du colosse s’affaissèrent un peu plus. Devant la fatalité de ses paroles, de son auto apitoiement, devant la triste réalité de sa vie et de son destin grotesque. Qu’un tour du destin, une terrible apocalypse menée par les quatre cavaliers allait balayer tout ce qu’il avait de plus cher au monde. Sa nièce et sa sœur, ces anges qui l’avaient accepté quand les autres l’avaient rejeté à cause de son apparence lui avaient été arrachés brutalement sans avoir eu le temps de leur dire qu’il les aimait. De les serrer une dernière fois contre son cœur, son âme et de les embrasser sur le front avec un amour inconditionnel. Maintenant il évoluait avec d’autres anges, des personnes d’exceptions qui avaient pris le temps de transpercer l’aura monstrueuse, le corps ingrat et de sonder le cœur couvert de tissus cicatriciels. Ces rares personnes dont l'humanité et l'empathie ont su rester intactes, ils ont pu plonger au travers du regard et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme lumineuse du géant. Lorsque son humeur initiale change, de la mélancolie ou la prudence vers la sympathie ou la joie, Robert a un de ces sourires frappé du sceau de la sincérité qui pend sur ses lèvres et ses yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion s'illumine pour repousser la piètre apparence physique et laisse cours à un changement nouveau. Un changement si merveilleux que Selene put en témoigner quand elle se leva pour demander au mastodonte de la rejoindre pour une danse.

Dans un premier temps, il regarda au sol sans savoir quoi faire. Bobby voyait l’immobilité de l’ange en avant de lui, la main tendue vers l’erreur de la nature. Son esprit lent paniquait, terrible angoisse du moment présent. Un frisson glacé traversa sa son échine et la chair de poule envahie ses avant-bras disproportionnés. Un petit tremblement ponctua cette transition vers une nouvelle étape dans le lien avec l’être qui prenait de plus en plus de place dans le cœur débordante de bonté de l’homme. Une partie de lui voulait refuser la charmante proposition, argumentant qu’il n’y avait pas de musique, qu’il pourrait lui marcher sur les pieds et lui faire mal. Mais l’autre facette, celle de son âme si pure, voulait accomplir ce geste avec une personne en qui il avait une confiance aveugle. Juliane lui avait déjà dit qu’elle danserait un jour avec lui, mais la photographe devait avoir oublié ses paroles. Et maintenant elle était partie Dieu sait où. Repenser à son amie fit trembler ses lèvres exsangues, un poignard glacé labourant une nouvelle tranchée sanguinolente dans son cœur qui avait déjà trop souffert. Sans avoir le contrôle sur son corps immense, déposant les restes du repas sur le divan, l’homme se redressa avec douceur et lenteur. Comme si Bobby avait peur que ce rêve, cette illusion se dissipent si ses mouvements augmenterai de vitesse. Que l’indulgence et la témérité de Selene envers la créature de foire s’effritent et que l’ange à la peau d’ivoire revienne sur sa décision.

Les deux mains se rencontrent, un arc d’électricité se forma pour les souder dans ce moment d’harmonie. Comme dans un rêve, l’homme suivit la jeune femme magnifique au beau milieu du salon. Ne sachant plus quoi faire, n’ayant que rêvé de cet instant sans jamais le vivre, le sosie de Frankenstein se laissa guider. La belle prit la patte de la bête et s’approcha sa honte de l’aura répugnante de l’erreur de la nature. L’autre main, gracile et douce comme de la soie, se posa sur l’avant-bras sillonné par les crevasses d’une vie d’adversité et de souffrance. Une voix céleste, surement ce que l’homme entendrait le jour qu’il arpenterait le paradis, commença à s’élever dans les airs. Chaque parole était un délice pour l’ouïe amoindrie de Robert. Un petit mouvement, semblable à du vif-argent, fit commencer à tournoyer le couple improbable. C’est comme si chaque pas, pour l’ange des mouvements si parfait et pour le monstre lent et gauche, permettait aux âmes durement éprouvées de trouver une harmonie. Un équilibre fragile dans ce monde de fou. Que pendant ces pas légers et ces secondes, les deux êtres pouvaient faire glisser les grains du sablier du temps entre leurs doigts! Faire ralentir la rotation terrestre et mettre une seconde en mémoire ce tableau exquis pour l’éternité. Ils s’évadèrent dans un lieu où le mal, la douleur et les remords n’existaient plus. Un genre de bulle protectrice avait enveloppé le couple de danseurs, les camouflant de la bêtise humaine et de la voracité des goules. Les êtres malins et dont le cœur était corrompu par la noirceur pourraient utiliser toutes leurs malices et leur force impies, rien ne pourrait briser ce cocon de sincérité et de bienveillance que le duo venait d'ériger autour d’eux.

Les yeux mi-clos de l’homme laissèrent couler une larme de bonheur, son visage austère et monstrueux était maintenant éclairé par un sourire si doux. Une expression d’apaisement totale et aussi une joie infinie avaient chassé les traits atypiques de l’homme. Pour une des premières fois de sa vie, il était magnifique et d’une pureté aveuglante. Quand la voix de l’ange parla, les yeux du mineur s’agrandirent sous l’effet de surprise. Il ne plaçait aucunement Selene, Breann et Juliane dans ce panier ou les dames se foutaient royalement du golem de chaire. Il ouvrit la bouche pour s’excuser, mais l’air d’espièglerie dans les yeux maintenant si vivant de Selene lui fit reprendre le sourire. Cet état de grâce que les deux êtres allaient garder précieusement dans leurs pensées et leur cœur.

Quand la valse du paradis prit fin, le mastodonte se sentit tellement léger qu’il regarda bêtement la jeune femme à la peau si blanche tournoyer. Son air était un peu nais, mais les yeux bleuté brillaient d’un tel éclat qu’ils pouvaient représenter un océan de bonheur et de gentillesse pour l’ange déchu. Allant s’assoir, il attendit que la divine apparition prenne place sur le divan pour finir sa boite de jus. Sortant le délice chocolaté de sa boite métallique, le mineur le tendit alors vers Selene. Sa voix grossière, mais à la douceur infinie s’éleva alors que le chocolat s’échangeait de main.

Robert- Tiens Selene je l’avais apporté pour toi…. Euh tu adores ça je m’en souviens.


Une gratitude galopante et une joie infuse éclairaient les traits de l’homme. Une aura apaisante et si merveilleuse bienfaitrice semblait s’être déposé sur ses épaules comme une cape hors de prix.

Robert- Merci mon amie de m’avoir permis de réaliser un rêve… Euh… Je vais m’en souvenir toute ma vie, tu sais. Tu veux que je te raconte un truc
?

Attendant la réponse affirmative de la jeune femme, le colosse rougit un peu et se lança à l’eau.

Robert- Quand j’étais dans les bois comme bucheron, dans mes jours de congé ou en randonnées, je regardais les étoiles chaque soir… Euh… Mon esprit semblait s’échapper de mon corps laid pour aller danser avec elles. À part toi, personne n’a voulu danser avec moi alors je laissais mon imagigon… Euh… non imagination le faire. Une étoile se transformait en ange qui semblait ne pas voir que j’étais un mons…


Arrêtant à demi le mot qui semblait crisper la magnifique musicienne, Robert prit un air penaud et baissa le regard de honte. Prenant une respiration pour essayer de réchapper de sa faute, Bobby parla simplement pour continuer son explication complètement idiote.


Robert- Bon désolé l’habitude à la peau presque aussi dure que la mienne… Ou j’étais rendu là je suis encore perdu…

Selene parla de l’ange des étoiles. Remerciant alors la jeune femme d’un sourire merveilleux, mais un peu assombri par la vue de sa dentition mal alignée, Bobby continua.

Robert- Elle acceptait de me laisser déposer mes grosses mains sur ses épaules et elle me tenait la taille comme dans les films tu sais. C’est con, mais je n’ai pas été à aucun bal d’école… Euh… Personne ne voulait me voir là, mais je travaillais alors je m’en foutais.


C’était un pieux mensonge, car repenser à cette période noire où les moqueries et les blessures autant physiques que psychologiques faisaient trembler quelque peu les lèvres exsangues et la voix du monstre de foire connut une ratée ou deux. Reprenant le cap de son discours décousu, le colosse continua de parler.

Robert- On dansait alors juste au moment que je m’endormais. Mais avant de partir dans les rêves, je l’embrassais sur le front pour la remercier.

Ne voulant aucunement s’imposer, le monstre de foire eut la surprise de voir l’ange à la peau d’opale se rapprocher un peu de lui. Comme pour lui présenter son front. Croyant à une autre illusion de son esprit lent à souhait, Robert s’approcha tout doucement. C’était l’amitié et l’affection qui poussa le colosse a cet instant. Le golem de chair déposa ses lèvres exsangues sur la peau si douce de l’être divin. Ce moment de douceur et de tendresse, cette échappatoire dans cet univers chaotique, fut comme une oasis dans le milieu du désert aride de leur existence. Le baiser sur le front de la pianiste avait la légèreté d’un papillon sur une fleur rare et précieuse. L’âme bonne, généreuse et si humaine de la bête se propageait par ce contact privilégié. Un moment de délivrance, de compassion et de bien-être qui permit aux deux êtres de se reconstruire en quelque sorte. L’affection est le meilleur des remèdes à ce qu’il paraît. De mettre un baume sur leur cœur torturé et réparer leur âme fissurée. Laissant quelques secondes le contact ardent se prolonger, l’homme se redressa doucement et une teinte rougeâtre avait envahi ses joues. Souriant timidement, il s’excusa.

Robert- Euh… Désolé c’est la première fois que je fais ça Selene. J’ai repensé à l’ange des étoiles et je voulais te dire merci pour être là, d’être si gentille avec moi… Euh… Ce n’est pas la bonne façon n'est-ce pas?


Portant sa main à sa nuque pour essayer de cacher son malaise, sa bévue en quelque sorte, le monstre de foire essaya de changer de sujet. Il but alors le reste de son jus et demanda simplement.

Robert- Euh… J’y pense on pourrait aller au truc qui vend des motos et des camions Toyotruc ? On pourrait trouver la batterie et le truc en caoutchouc pour le camion… Euh… Aussi je crois que la pharmacie est à côté… Euh… Sinon on fait ce que tu penses, qui sera bien.

Encore une fois, le colosse démontra sans aucun doute son manque d’expérience en relation interpersonnelle. Mais un sourcil inquisiteur se releva tout de même. Dans un souffle, l’homme demanda mine de rien.

Robert- Euh… Pourquoi tu m’as demander comment je trouvais Breann ?




Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Sam 16 Avr 2016 - 17:06

Sirotant son jus de fruit, les yeux bleus de la musicienne étincelèrent quand ils aperçurent la tablette de chocolat : elle avait oublié. La surprise était d’autant plus belle qu’il s’agissait d’une intention volontaire de Bobby, parce qu’il se souvenait qu’elle adorait ça. Bien sûr. Avec un air d’enfant, elle le remercia en riant tout en s’emparant de la friandise. Ensuite, elle rapatria ses jambes sur le canapé, recroquevillée comme une adolescente prête à écouter toute sorte de confidence. Elle mangeait son chocolat du bout des dents pour le savourer, véritable or gustatif par les temps qui couraient.

Le géant s’ouvrait enfin. Ensorcelé par la danse, mis en confiance par la bulle d’intimité qu’ils venaient de créer dans cette maison inconnue. Un film se dessinait juste devant elle : le fantasme de son amie, son rêve. Peut-être l’histoire centrale de sa vie, de sa quête éternelle de créatures fragiles à protéger. Sans un bruit, elle l’écoutait. Fronçant les sourcils quand il recommençait à se dévaloriser, lui soufflant ses repères quand il s’égarait, lui souriant pour l’encourager. La jeune femme perçut le frémissement des lèvres de son aîné quand il évoqua l’époque de ses bals scolaires mais ne l’interrompit pas : surtout ne pas brusquer le fil de son récit.

Arriver à la conclusion, ce fut comme avant la danse. La pianiste se laissa emportée par l’affection et, plus difficile à avouer, la charité. Dépliant ses jambes, elle s’approcha, offrant son front ivoirin à Bobby, qui finit par comprendre ce qu’elle attendait. La concrétisation de son rêve. Son ventre se tordit légèrement lorsqu’elle vit le rouge envahir le visage de son ami. Était-ce bien ? Ça lui faisait extrêmement plaisir de le rendre heureux, de lui glisser quelques instants de bonheur dans cette vie maudite. Plus que quiconque, il les méritait.

Mais, et s’il tombait amoureux ? Selene ne voulait pas le blesser ; elle ne voulait pas lui arracher la flamme qu’elle s’attachait à rallumer. Son cœur était mort – ou le faisait croire. Pas une palpitation amoureuse depuis les papillons qu’elle avait ressentis pour Ziggy. Elle avait presque honte, car l’orgueil noircissait le tableau de ses sentiments véritables. De toutes les protégées de Bobby, la musicienne voulait de plus en plus être la plus lumineuse, la favorite, la référence ; mais plus cette ambition grandissait, moins elle s’en sentait digne. Au fond elle se savait : tôt ou tard, pour le bien du géant, elle devrait partir. Elle ne serait jamais qu’un ange déchu…

- C’était très bien, assura-t-elle avec un sourire qui chassait les ombres de sa tête, un vrai gentleman.

Heureusement, le sujet changea et se recentra sur leur mission du jour. L’étudiante en profita pour finir son jus de fruit et s’autoriser un autre bout de chocolat. Que son cerveau refasse le point sur une mission concrète, ce n’était pas plus mal : le terrain était bien moins glissant que les limites de leur relation fraternelle. Fronçant légèrement les sourcils, elle acquiesça :

- On peut passer dans un garage Toyota oui… je suppose que ce serait pas mal de faire le plein de pièces de rechanges tant qu’à faire, quant à Breann, elle ajouta rapidement, oh rien ne t’en fais pas. Elle est plus âgée, vous avez passé pas mal de temps ensemble avant que j’arrive… je me disais que vous vous étiez peut-être rapprochés.

Strict vérité. Selene se releva et s’étira paresseusement, tellement que sa chemise se souleva jusqu’à dévoiler son ventre d’une blanche surnaturelle. Malheureusement, la pause devait bien cesser : ils devaient s’activer avant qu’il ne soit trop tard et le temps avait tendance à accélérer quand on était en bonne compagnie. Réflexe d’éducation, elle prit les couteaux sales qui ne leur appartenaient pas pour les balancer dans l’évier. Requinquée, elle rangea sa machette de chasse dans son étui et la passa en bandoulière, après avoir reprit son sac à dos.

Patiemment, elle attendit que Bobby termine, postée à l’entrée, guettant les environs inondée par la lumière crue de ce printemps timide. Le vent soufflait légèrement, soulevant ses cheveux auburn, plaquant son pantalon sur ses cuisses. Un rôdeur était passé, les bras ballants, claquant des dents dans le vide. Il ne l’avait pas remarquée, alors la musicienne le laissa divaguer, s’aventurant maladroitement vers la sortie de Sequim et le champ de véhicules abandonnés. Effectivement, un panneau noirci par les vapeurs d’échappement indiquait la proximité d’un garage Toyota. Ce devait être ça que son ami avait vu.

- Prêt ?! Demanda-t-elle quand il l’eut rejoint.

Question rhétorique. Trois autres propriétés les séparaient du fameux garage. Selene décida de les visiter mais rien ne les attendait à l’intérieur à part quelques conserves, des aliments secs et du nécessaire de premiers soins. Compresses, alcool à 70°, pansements, mercurochrome, biafine et aspirine. Dans la dernière maison, un cadavre était toujours là, enfermée dans une pièce, mais il eu tôt fait de trépasser définitivement sous la lame de la jeune femme.

- Bon… on y est, commenta la pianiste quand ils furent devant le garage.

L’endroit était lugubre. Des traces de sang sur le devant et sur les murs, des pièces de mécaniques éparpillées, un ou deux cadavres inertes… le plus inquiétant, ce devait être la grille complètement baissée. Il devait y avoir une autre entrée, mais un raclement régulier sur l’acier laissait présager quelque chose, comme si plusieurs rôdeurs passifs étaient enfermés. Rien que d’y penser, l’étudiante avait la chair de poule.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Dim 17 Avr 2016 - 21:19

Le géant au cœur d’or semblait rougir de nouveau en recevant ce compliment inespéré. Il avait déjà eu une panoplie de surnom, tous plus désagréable et abaissant les uns des autres. Seulement par deux fois on l’avait surnommé gentiment. C’était Bobby ou bien nounours de son ange disparu dans la tourmente de la folie humaine. Et durant ce jour d’exploration et de renforcement de ce lien naissant, l’ange à la peau d’ivoire le comparait à un gentleman. Selene avait permis au colosse de réaliser deux rêves, deux passions si fortement ancrées en lui qu’il n’avait jamais cru possible d’exaucer. Peut-être que la divine apparition qui s’étirait dans le salon pourrait l’aider avec son troisième souhait. Le désir de l’homme était qu’une femme tombe amoureuse de lui. Aucunement de ce corps repoussant et horrible, non de la parcelle de pureté qui semblait reluire dans ses yeux. La pianiste pourrait le guider dans ce monde obscur, mais si merveilleux que sont les relations interpersonnelles. Robert aurait demandé à Juliane de l’aider avec une nouvelle personne qui venait de frapper à l’existence, mais la photographe devait courir les routes avec d’autres personnes. Elle avait dû oublier la montagne de muscle laissé derrière. C’était un espoir un peu de pensée comme ça, mais la seconde alternative était trop horrible pour être appliqué. Juliane la victime de choses horribles en train d’appeler son frère d’âme, la bouche pleine de sang et que ses yeux magnifiques se focalisent sur la mort imminent qui venait la prendre.

La douce voix de la musicienne ramena le golem de chair au présent comme un naufragé perdu dans la houle de l’océan de ses pensées. Pendant ses états lunatiques, le corps du colosse avait pour habitude d’accomplir des tâches simples et rester moindrement alerte. Il se découvrit prêt à repartir, son sac à dos bien en place et sa hache, fidèle amie depuis ces derniers mois, ancrés dans ses mains puissantes et immenses. Souriant bêtement, cette grimace qui faisait tant rire les gens convainquit de leur ascendant sur le goliath moderne, l’homme difforme hocha la tête et suivit la silhouette gracile qui semblait des plus épanouie. Robert ne pensait pas que c’était à cause de lui, de son rayonnement si pur d’humanité et de bonté que l’ancienne étudiante avait retrouvé un merveilleux sourire. Comme dans un rêve, la bête suivit la belle dans les trois demeures suivantes pour leur chasse au trésor apocalyptique. Mais un visage d’ange l’hantait. Une beauté paradisiaque aux yeux du colosse. Une dame qui aurait pu être une muse grandiose pour les plus grands artistes de toutes les époques et styles d’arts différents. Selene avait réussi à faire un déclic dans l’esprit lent de la chose. Des sentiments qu’il s’efforça d’enterrer à cause d’Abigail qui lui avait expliqué la vision de leur relation. La mort subite de tous les papillons qui avaient grandi dans son for intérieur. La souffrance encaissée quand le cœur immense, mais si torturé de l’homme se fracassa en d’innombrables morceaux. À part la perte de sa famille, le mal que l’homme avait ressenti était supérieur aux souffrances qu’il avait absorbées. Robert était resté un ami loyal, un frère protecteur pour l’ange à la chevelure doré. Allant juste à la retrouver dans une ville ayant perdu son âme et subir le courroux de sa plus chère amie. Maintenant Bobby n’avait plus aucune nouvelle de l’Irlandaise.

Trouvant quelques conserves, du sucre, du sel, des pansements improvisés (à savoir des tampons hygiéniques pour le colosse simplet) et de la nourriture pour Nakoma. Et repenser au chien-loup fut le coup de grâce pour l’esprit de Robert. Il revit les yeux si magnifiques de la jeune femme qui avait secouru le chien, qui l’avait secouru de sa solitude avant l’arrivée de Selene. Breann est une femme formidable qui a bien voulu laisser une chance à l’erreur de la nature. Tout chez cet être d’exception plaisait au géant. Son sourire, ses conversations, son esprit analytique, ses yeux comparables à deux saphirs, ses traits sublimes, sa chevelure qui ressemblait à du cuivre en fusion, ses courbes… Le mastodonte rouit en repensant au corps parfait de la jeune femme et à sa peau si douce. Il avait eu l’occasion de lui prendre la main, de rire avec elle et de se sentir humain. Que la pianiste parle de la journaliste était peut-être un signe. Robert devait approfondir le sujet. Laisser une chance à son tourbillon de sentiments qui l’avait déjà blessé si durement, un peu comme une balle de fusil déchirant ses chairs.

De nouveau la voix de Selene ramena l’esprit lunatique et vagabond de Robert au bercail. Ils étaient maintenant devant le garage et magasin de pièces de la concession Toyota/Yamaha de la petite bourgade. Tous les volets de sécurité étaient abaissés et des taches de sang noirâtres parsemaient les murs de l’établissement comme des graffitis morbides. Deux cadavres, presque entièrement nettoyés de leurs chaires, étaient étendus sur le bitume pour rajouter à la mise en scène macabre. Guidant pour cette fois la jeune femme, l’instinct de protection du colosse ayant pris place au dominion de l’homme difforme, Robert alla vers l’arrière. Quelques voitures presque autant cannibalisées que les deux corps sur le stationnement avant éraient ça et là. Même un ancien camion de livraison la boite ouverte comme le torse d’un cétacé mourant échoué sur l’asphalte fissuré de la cité. Par acquise conscience, Robert vérifia chaque capot ouvert, même la remorque. Mais aucune pièce de recharges essentielles ni aucun signe de vie et de non-vie. Souriant pauvrement, le colosse regarda sa compagne, cet être divin qui partageait son existence, le mastodonte parle de son on rocailleux et si doux.

Robert- Euh… Pas de chance on doit aller voir… Euh… Il y a des trucs dedans. On peut ouvrir la porte et les laisser sortir un par un, tu crois? Comme ça on va fouiller et trouver tout ce dont on a besoin… Euh… Ensuite on peut aller faire la pharmacie devant?


Une lueur rougeâtre venait d’envahir les joues de Bobby comme à chaque fois qu’il pensait à Breann dernièrement. Il voulait tant la faire sourire comme il avait réussi avec l’ange à la peau d’ivoire.

Robert- Il y a des peut-être des médocs, de la bouffe et aussi des trucs de dessins et de beauté… Euh… Les deux premiers sont essentiels, mais je sais que les deux autres moins. C’est seulement si j’ai de la place dans mon sac à dos que je vais les prendre, tu sais… Penses-y pendant que je regarde la porte de secours… Euh… Si je peux je l’ouvre.

Selene avait un air résolu sur le visage et elle donna son accord. Le colosse aurait ramené les produits qui auraient plaisirs à la douce dame entre ses dents s’il l’avait fallut. Se dirigeant vers la porte de sécurité, le colosse fit usage de son pied de biche et des sa force colossale. Un craquement métallique se fit entendre et un concert de cri d’épouvante fit écho au son dérangeant.

Il n’y avait pas plus qu’un jour ou deux, les six goules nouvellement ressuscitées étaient un petit groupe de survivants nomades. La providence avait joué un tour ignoble aux gens en plaçant une partie de la population de la ville sur leur chemin. Quelques individus se sont fait mordre par des mandibules chargées de virus et le groupe avait trouvé refuge dans ce lieu solide. Les aberrations avaient un siège silencieux, comblant leurs appétits féroces sur deux membres moins bien nantis que les réfugiés. Mais ce qui devait arriver arriva, les infecter s’est transformé et les autres personnes saines, dormant lors de la transformation diabolique, furent tué et réanimer a leur tour. Sentant que les gens, leurs repas providentiels, étaient maintenant de la même engeance qu’eux, les anciens résidents de Sequim avaient levé le siège pour rejoindre les autres gens près du Lycée à l’autre ôté de la ville. Quelques individus encore sains étaient terrés dans l’établissement scolaire, en train de songer à un pacte de suicide.

Voyant les ombres mouvantes dans le faisceau blanchâtre de sa lampe, quelques secondes d’angoisses pétrifièrent le colosse. Des goules rapides comme le vent arrivèrent dans sa direction, trébuchant heureusement sur des détritus ou bien des caisses de pièces. Deux formes affreuses et puantes firent enfin bouger le mastodonte et aussitôt le géant referma la porte avec fracas. Une main putride essaya de retenir le battant, mais la force du géant fracassa les os et l’appendice monstrueux disparut dans l’abime du magasin. Aussitôt le monstre de foire cala son dos immense et vigoureux sur la porte métallique. Les bras en croix, le pied de biche serrer dans son poing droit., la situation n’était guère reluisante. Robert comprit que le groupe de l’autre côté du battant d’acier allait remporter ce bras de fer fatal. Même avec sa constituions phénoménal, Robert ne pouvait réaliser avec la vigueur et l’obstination de la non-vie. D’une voix suppliante, sentant des coups redoublés de l’autre côté de l’enfer, le mastodonte demanda avec un empressement des plus légitimes.

Robert- Selene. Va dans la remorque… Euh… Ils ne pourront pas grimper. Dès que tu es là avertis-moi et je te rejoins, je te le promets, mon amie… Euh… Promis juré je vais faire attention et revenir pour toi et Breann d’accord ?

Le plan du colosse était simple. Dès que l’ange à la peau d’ivoire sera en sécurité, il allait laisser un peu de jeu et se rabattre brutalement sur la porte de sortie. Ça devrait lui donner les secondes nécessaires pour rejoindre la musicienne. Ensuite, avec sa hache faire des attaques dévastatrices dans la plèbe d’abominations, bien en abri en hauteur avec son amie si chère à son cœur. En ce moment, il pensait qu’il avait peut-être récupéré une sœur dans ce monde chaotique tout compte fait…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Aujourd'hui à 15:02

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Sequim ~ A la recherche du bonheur

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