Partagez | .
 

 Sequim ~ A la recherche du bonheur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
Auteur
Message
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1278
Age IRL : 26

MessageSujet: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Dim 10 Avr 2016 - 21:06

Sequim. Enfin. Les contours de la petite ville se dessinaient à la lueur cristalline de ce matin de printemps. Des voitures cabossées et inertes gisaient ici et là. Sur le bas côté, au milieu de la route, de travers, renversées… vestiges d’une véritable cohue. Des déchets et des débris jonchaient le sol poussiéreux, des traces de sang séché marquaient l’asphalte. Deux rôdeurs déambulaient vainement à cette heure, comme s’ils montaient la garde ; la musicienne eut tôt fait de s’en occuper avec son couteau. Elle ne grimaçait plus désormais. Ça l’écœurait toujours, mais le cauchemar s’imprimait en silence.

Elle avait enfin abandonné son manteau d’hiver pour retrouver son boléro. Un des seuls fringues qui lui restaient qui venait de « chez elle » ; le « chez elle » d’avant tout ça. En dessous, un chemisier écru passablement taché volé sur un cadavre. Pour le confort, elle avait choisi son veux pantalon en motif militaire, parfaitement accordé avec ses rangers. Dans son dos, glissé dans sa ceinture, son glock 17. Son plus fidèle compagnon jusqu’à maintenant, bien qu’elle n’ai apporté qu’un chargeur.  

- Bon… bah on y va, dit-elle en essuyant la sueur qui coulait sur son front.

Elle jeta furtivement un regard à Bobby pour lui glisser un sourire. La jeune femme était confiante. Leur refuge valait le coup, les personnes qui s’y trouvaient aussi. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait une maison, quelque chose pour quoi se battre, quelque chose à faire. Ce n’était plus une errance sans but pour trouver une boîte de conserve ou une barre de céréale, c’était de l’organisation, la vie qui remplaçait la survie.

Elle s’avança prudemment, contournant chaque voiture avec précaution. Les cadavres, elle les voyait venir. C’étaient les vivants qui étaient inquiétants. Ceux qui pouvaient surgir de n’importe où pour les dépouiller, voir pire. La pianiste n’avait aucune idée de comment s’en était tiré ce village depuis l’épidémie. Visiblement pas très bien, les rues semblaient encore plus désincarnées que celles de Seattle, mais on ne sait jamais. C’est justement des endroits abandonnés que peuvent surgir les pires surprises. Elle pouvait en dire quelque chose…

- Tu te souviens, demanda-t-elle gentiment quand il passait le panneau tordu sur lequel était écrit « Sequim », on essaye de trouver tout ce qui peut nous servir. La nourriture c’est le principal, mais aussi des armes, des médoc’s, des outils… ouai des outils, une pelle, ce serait génial. Elle avait plein d’idées de chantiers qui demandaient d’avoir une pelle. Et si on trouve une voiture… c’est génial !

Ils étaient dans les lieux désormais. Des petites maisons de part et d’autres de la rue, typiquement campagnarde, avec de grands jardins. Des habitations aux allures de fermes américaines, en bois, avec des arbres, des palissades blanches et, pour certains, un drapeau fièrement accroché sur le toit. La route se brisait très vite pour serpentait entre les propriétés et s’étirer vers un centre ville. Avant de s’aventurer aussi loin, Selene désigna la maison sur la droite, haute de deux étages, planches de bois vert pâle, la porte d’entrée battait régulièrement sous la brise matinale.

- On commence par là ?

Ses orbes glaciers s’immobilisèrent sur le visage du géant. Si longtemps qu’ils n’avaient pas fait la route ensemble. Dans ses souvenirs, il avait deux oreilles. Qu’importe, ça n’avait pas été pour son apparence qu’elle s’était attachée à lui, ni pour sa force herculéenne d’ailleurs. Alors que l’étudiante s’aventurait sur la première propriété, non sans grimacer à cause de ses cuisses éprouvées par 1h30 de marche, elle demanda d’un air nonchalant :

- Tu ne m’as pas encore raconté… comment tu t’es fait ça. A ton oreille.

Elle baissa pudiquement les yeux, craignant de l’intimider. Désormais, elle connaissait son ami et savait qu’il n’était pas à l’aise avec son corps. Mieux fallait ne pas l’inconforter d’avantage. De toute façon, tout en lui prêtant son attention, elle devait épier les environs et les fenêtres visibles pour s’assurer que rien – vivant ou mort – ne s’approchait de leur duo hétéroclite.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Lost Angels
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1586
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Lun 11 Avr 2016 - 17:13

Musique du jour...:
 

Voilà presque un mois, sinon plus, que Juliane était partie en certifiant qu’elle allait à Seattle revoir des amis. Tous ces jours de tortures psychologiques pour le géant au cœur couvert de cicatrices. Toutes ces nuits à se réveiller dans la nuit, cauchemardant aux pires châtiments que ce monde pervers et chaotique pouvait infliger à sa chère amie.  Mais grâce soit rendue au Seigneur qui semblait avoir oublié l’existence de sa création, Selene avait retrouvé le chemin du refuge de la bête. Une lueur d’espoir dans le quotidien de la chose qui essayait d’être humaine. Juste pouvoir  parler à une personne, la faire sourire avec sa bêtise légendaire était un baume pour l’âme du mastodonte. Et comme un messie, l’ange à la peau d’albâtre avait ramené dans son sillage des êtres humains dotés d’une bonne volonté. Ne voulant pas déranger les gens, Robert s’était volontairement mis à part dans une petite chambre. Il ne voulait aucunement que sa présence atroce mette mal à l’aise les survivants. Tous les jours, la montagne de muscle travaillait autour du chalet ou bien essaya de chasser avec un vieil arc trouvé dans la remise du chalet. Une fois il avait ramené un petit cerf et juste voir le sourire de la musicienne valait tous les efforts titanesques qu’il avait dû déployer.

Ce matin, l’ange à la chevelure noir de jais avait réveillé le mineur à la brunante. Elle lui avait murmuré de sa voix céleste qu’ils devaient aller à la petite ville voisine pour essayer de trouver les éléments essentiels à leurs survies. Sans ronchonner, Bobby attendit que la jeune femme sorte pour s’habiller en vitesse. Ensuite il avait pris sa hache qui avait tranché le fil de la vie à tant d’aberrations et coupé tant de bois pour réchauffer l’abri isolé. Saisissant son sac à dos, le colosse avait déployé le maximum de précaution pour éviter de faire du bruit. Mais ayant la discrétion d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Rouge de honte d’avoir réveillé les dormeurs, le mastodonte était sorti à l’extérieur et la marche débuta.

Il ne pouvait s’empêcher de sourire. Être dans la nature avait toujours plu au colosse et voir le réveil de la flore par ce jour de printemps était juste magnifique. Et voir le visage serein de sa compagne, une conviction nouvelle sur son visage fin ciselé, était un réconfort pour la bête. Robert calquait son pas sur celui de son amie, ne voulait aucunement la distancer avec ses enjambées de géant. L'homme à la carrure impressionnante marchait lourdement dans la direction indiquée par l’ange, traînant un peu les pieds comme un ours traîne les pattes. Ses bras eux, sans osciller, pendaient ballants à ses côtés comme ceux d'un gorille.  Robert exagéra même ses mouvements, pour arracher un mince sourire de la part de la musicienne. L’homme difforme était friand de  ses rares sourires. Une intuition, son empathie naturelle aidant, soufflait cependant que la musicienne  se sentait bien avec l’amas de muscles à proximité. Robert ne parvint pas à mettre les doigts sur ce bien-être. C’était à cause de la présence rassurante et projective du colosse ou bien de quelques choses de plus profond. Bientôt des ombres mouvantes, maladroites et saccadées se découpèrent dans le soleil matinal. Le visage de la jeune femme se transforma en un masque de résolution pure et au géant de se cacher et elle s’accroupit pour avancer vers les goules.

Le colosse se cacha derrière une carcasse de voiture à demi carbonisée. À cet instant, le golem de chair pensa que lui et l’être céleste formaient une bonne équipe. Puissance et grâce combinée.  À la limite de la ville fantôme, tout semblait trop calme. À part bien sûr les deux « gardiens » putréfiés.  L’ange à la peau de porcelaine démontra sa grande agilité en se faufilant avec la discrétion d’une souris. Les deux goules, ressemblant à une réplique sordide d’une garde funéraire pleurant sur l’âme désertée de leur ancien patelin, n’attendirent pas les pas feutrés de la musicienne.  Deux coups de poignard d’une finesse incroyable et d’une précision presque chirurgicale mirent fin au calvaire sans fin des parodies de vie. Selene avait démontré l’aptitude que tous survivants devaient développer au fil du temps passée dans cette horreur perpétuelle. À savoir le déplacement silencieux et la mise à mort par la destruction totale du cerveau des morts-vivants. Ceux qui n’avaient pas appris  ces bases étaient maintenant les nouvelles recrues de  l’armée sans cesse grandissante des damnés. Pour le colosse, qui n’avait aucunement de la discrétion, il le compensait largement avec sa fureur et sa force herculéenne.

L’ange à la peau d’albâtre fit un geste de la main, un bienvenue presque sordide, à Robert pour qu’il la rejoigne près du panneau de délimitation de la bourgade. Docilement comme un gros toutou  rejoignant sa maitresse, Bobby se plaça à ses côtés. Devant le regard bleuté débordant de pureté du mastodonte s’étendaient les restes de la folie de  l’humanité. Des déchets et des carcasses de voitures venaient de se révéler de la blancheur immaculée de leur manteau d’hiver. Dans un jardin on pouvait deviner les restes d’un cadavre que les goules et les charognards divers ont presque nettoyé totalement les os de la chair. La beauté majestueuse du soleil printanier était assombrie par le décor d’une souffrance surnaturelle des lieux. La douce voix, presque musicale à l’oreille du mastodonte, tira Robert de sa sordide contemplation. Souriant tendrement et aussi d’une manière tout à fait rassurant, le gaillard hocha la tête.

Robert- Bien sûr Selene… Euh… On trouve ce qu’on a besoin et ensuite on revint à la maison. Je dois faire le tour des pièges et faire le souper.


L’homme massif était volontaire pour n’importe quelle tâche. Un véritable ouvrier qui n’avait aucunement peur de se salir les mains pour aider les gens qu’il appréciait. Pour lui la marche de près de deux heures était une promenade de santé, sa formidable constitution l’aidant à accomplir des tâches colossales.  Marchant côte à côte, l’improbable duo était sur leurs gardes. Bobby du faire des efforts pour rester concentrer et empêcher son esprit lent de divaguer sur d’autres sujets de moindres importances comme sa propre survie. Il songea à Juliane et ce qu’elle avait dit sur Abigail, Selene et Ziggy. Qu’ils ne voulaient rien savoir du colosse et ne voulaient que le manipuler. Alors pourquoi l’ange à la chevelure noir de jais était revenu peu de temps après que la photographe qui avait semblé soucieuse de quitter le monstre de foire pour d’autres cieux? Une question brulait la langue du géant, à savoir pourquoi personne n’avait attendu son réveil. Juste un visage amical et un sourire auraient fait un bien fou à l’être qui avait échappé à la faucheuse de si peu. Il n’aurait pas vécu 5 jours d’angoisses avant de voir une personne qui ne voulait pas le dévorer cogner à la porte du chalet. Tellement de pensées négatives avaient passé dans le subconscient de Robert. Des remords et des reproches envers lui-même. Car c’était surement de sa faute que les gens avaient dû partir. Un claquement de dents fit revenir le colosse au présent et à sa première priorité. Il ne voulait que rien n’arrive à lui ni à Selene. Il avait promis à son amie Juliane qu’il ferait attention à lui. Une aberration, encore attachée dans sa défunte voiture, avait grogné sa déception de voir deux repas sur pieds passés près de lui.

Tout en surveillant les alentours, l’ange à la peau d’opale énuméra gentiment la liste des choses qu’ils devaient prendre en priorité. Il n’y avait aucune condescendance dans le ton enthousiasme de la jeune femme. Elle souhaitait aider la mémoire lente de l’homme en lui accordant une aide supplémentaire. La réponse du colosse fut assurée et franche.

Robert- Aucun problème Selene… Euh… Tout ce que tu veux on va l’avoir quitte à fouiller sous chaque… Euh… Tu sais l’expression…Euh…  à oui cailloux.

Arrivée devant une maison de style coloniale à deux étages, la dame à l’aura d’indulgence et de bonté demanda au géant son avis pour la fouille. Soulevant ses épaules immenses, l’honnêteté de Robert fut sans équivoque. Il fallait bien commencer quelque part. Un petit sourire s’étira sur ses lèvres exiguës et le mastodonte alla répondre. Mais une seconde question fit hésiter le mineur. Portant intuitivement sa main pour recouvrir la nouvelle laideur qui ornait le côté gauche de sa tête, les yeux de l’homme troublèrent dans leurs orbites. La surprise et ensuite une gêne sans nom apparurent sur ses traits à peine taillés de son visage de granit. En voyant le regard baissé de Selene et le trouble sur son visage divin, les lèvres du colosse tremblèrent. Le cœur immense du mastodonte de chair était sous le choc que cette dame si gentille le comprenne si facilement. Qu’il avait honte de son apparence et que Selene avait dû puiser dans son courage pour poser cette question anodine.

Sans y penser, Bobby fléchit ses genoux pour se placer au niveau l’être qui prenait tout doucement une place importante dans le cœur et l’esprit du colosse de par sa gentillesse envers l’erreur de la nature. Avançant tout doucement sa paume si grande et rugueuse, qui pourrait presque englober la tête de l’ange, il posa délicatement un doigt sous le menton fin son amie. Son geste ne tremblait aucunement, signe qu’il se sentait de plus en plus à l’aise avec la beauté divine.  Relevant avec délicatesse le visage magnifique de l’ange de d’albâtre, il plongea son regard bleuté débordant d’humanité dans ses  yeux océaniques si purs. Une lueur d’amusement bon enfant et aussi une tendresse sans borne se propagea dans le regard bleuté du mineur.

Robert- Ben je me suis rasé avec ma hache et j’ai passé tout droit… Euh… J’aimais bien cette oreille c’était la partie la moins moche de moi.

Un petit rire s’échappa alors de sa gorge et ses épaules massives tressautèrent. Après quelques secondes, Bobby comprit que Selene voulait la vérité. Il espérait juste que la petite blague avait réussi à enlever le sérieux de ce qu’il allait dire. L’homme se rappelait trop bien de l’éclair de rage et la fureur éclatés dans les yeux magnifiques de la jeune beauté lorsque le tireur fou avait atteint le colosse. Robert avait eu peur qu’elle fasse un acte irréfléchi et se fasse tuer. Il avait alors saisi la main gracile de l’artiste et il l’avait trainé de force hors du champ de tir. Prenant une grande respiration, il raconta ce qui s’était passé.

Robert- Euh… Un peu après le départ de Juliane, je me suis perdu dans la grosse tempête de neige. Je suis tombé sur une madame qui a eu peur de moi… Euh… C’est normal. Elle avait un fusil comme toi… Euh… Un méchant qui mord a essayé de lui faire mal et j’ai aidé…

Imitant un bruit de détonation un peu loufoque en gonflant ses joues, Robert finit son récit.

Robert- Euh… Elle a tiré à cause qu’elle a sauté… non sursauter… Euh… Coup parti tout seul… Euh… Au moins, elle n’a pas été mordue et c’est ça l’important.

Encore une fois, le mastodonte s’inquiétait plus des autres que de lui-même. Se redressant de toute sa hauteur, Robert fit un de ses rares sourires francs, direct et d’une assurance à toute épreuve. Voyant la sueur couler sur le visage aux traits qui semblait avoir été ciselé par des mains divines, Bobby fouilla dans la poche de son sac à dos. Sortant une gourde, il l’offrit à la jeune musicienne.

Robert- Je suis content que tu sois là Selene… Euh… J’ai eu peur pour toi tu sais… Euh… Tu peux me demander ce que tu veux, je vais essayer de répondre le mieux possible avec le cerveau que j’ai…

Après avoir bu lui-même une gorgée, le mineur replaça le contenant dans son emplacement. La petite montagne humaine monta ensuite les quelques marches du balcon et arriva à la porte entrebâillée. Comme si le monde était encore un endroit calme et civilisé, le colosse cogna à la porte. Voyant le regard de saphir de son amie se poser sur lui, Robert souleva ses épaules en signe de confusion.

Robert- Euh… Je veux savoir si des méchants qui mordent ne sont pas proches… Tu entends?

Penchant un peu sa tête, le mineur pointa son oreille droite vers l’avant pour percevoir les gémissements caractéristiques des goules. Le silence lui répondit.

Robert- Euh… Il y a pas de méchants je crois.

Entrant dans la maison, un miroir envoya un reflet de la grotesque silhouette à son propriétaire. Des lourdes bottes de constructions, des pantalons de noir, une chemise autrefois blanc aux manches roulés au coude et des bretelles. Mais les cicatrices, l’horrible faciès et les muscles disproportionnés étaient ce qui sautait aux yeux si purs de l’homme. Détournant la tête de dégoût, Robert se rendit à l’immense escalier. Ayant sa lourde hache sur son épaule, l’homme du Kentucky demanda alors à l’ange au regard implacable et pur comme des glaciers flottant dans de vastes étendues d’eau bleutées.

Robert- Euh… Je prends en haut et toi ici? Sinon on reste ensemble… Euh… Je couvre tes arrières mon amie.

La maison était à aire ouverte au rez-de-chaussée et les chances qu’une goule se cache étaient très minces. À l’étage toutefois les chambres fermées et les petits débarras pourraient poser problème…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1278
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Lun 11 Avr 2016 - 18:51

Bobby s’était arrêté. Mince. Elle devait l’avoir vexé, ou intimidé, ou n’importe quoi d’autre. La jeune femme s’apprêtait à relever les yeux vers lui pour excuser sa curiosité, mais le géant la devança en se mettant à genoux. Il souleva son menton d’un index et plongea ses yeux bleus dans les siens. Un regard si pur, si gentil, que Selene se sentit mal à l’aise de le soutenir. Elle ne supportait toujours pas d’être l’une des icônes bibliques du colosse… moins que jamais en réalité. Il ne voyait d’elle que ce qu’il voulait voir et ne discernait pas le sang sur ses mains.

Quand son ami eu débité sa plaisanterie, la musicienne resta figée un instant. Était-il simplet à ce point ? Lorsque le concerné parti dans un éclat de rire à faire déguerpir tous les oiseaux du quartier, l’étudiante rosit de sa bêtise. Elle rit aussi, embarquée par l’humeur du géant, en lui soufflant un « t’es bête ; dis-moi pour de vrai ». La suite eu tôt fait de dissiper son hilarité. Même le bruit loufoque de Bobby, destiné à imiter le son de l’arme qui l’avait mutilé, ne la dérida pas. Elle se pinça les lèvres, ses orbes bleus perdus dans un néant oscillant vers le gouffre de ses pensées démentes. Puisque le mineur l’y invitait, Selene répondit en prenant la gourde :

- Tu me dirais qui c’est, si on recroisait la personne qui t’a fait ça ?

Pas besoin de dire pourquoi. Elle-même n’était pas encore décidée sur le sort qu’elle réservait à la greluche qui avait blessé son ami. Lui arracher aussi l’oreille gauche ? Ou les deux ? Brusquement, une bouffée de remord étrangla la pianiste. Où était-elle ? Quand le colosse secourait bravement des inconnus au péril de sa vie, où était-elle ? Elle lui devait la vie. Il l’avait guidée hors du Whole Food Market, il l’avait consolée quand elle pleurait, il l’avait portée quand elle s’était assommée dans la rue, il avait même pris une balle pour elle ! En échange, elle l’avait abandonnée. Seul avec ces gens qu’elle s’était découvert détester.

Son aînée lui avait confié qu’il était heureux de la voir de retour, l’étudiante sourit mais aucun mot ne franchit sa gorge. C’était magnifique d’avoir un ami aussi dévoué, aussi clément, aussi tolérant. Elle ne le méritait pas et encore une fois, leur proximité la dérangeait. Pas parce qu’il était disgracieux, mais parce qu’elle était indigne. Un monstre sous les traits d’une jeune femme.

Cherchant à fuir les sentiments qui s’acharnaient à l’empêcher de respirer, Selene reporta son attention sur la situation : faire attention à ne pas se faire manger. Même en tendant ses deux oreilles, aucun son singulier ne lui parvint ; et franchement, vu le bruit causé par le rire du colosse, si un cadavre se trouvait si proche, il serait venu. Sur les pas de son aîné, la musicienne pénétra à son tour dans la maison coloniale, son couteau toujours en main, prêt à bondir si le besoin s’en faisait sentir. Après Bobby, ce fut son image que renvoya le grand miroir : bien plus propre que lors de son errance à Seatte, elle était quand même d’une pâleur ivoirine, les joues rougies par l’effort récent et des mèches de cheveux collées à son front par la sueur.

- Reste avec moi, répondit-elle simplement à la demande de son acolyte.

Le tour du rez-de-chaussée fut rapide. Tout était encore à sa place, seules les couches de poussières trahissaient l’absence prolongée des propriétaires. Les meubles semblaient accordés avec la bâtisse : rustique et pourtant élégant, avec des allures de fait main. Un tapis en peau de bête trônait au milieu du salon ; un ours. L’étudiante s’aventura dans la cuisine, séparée du reste simplement par une table à manger, faisant entièrement confiance à son complice pour couvrir ses arrières. Posant son arme sur le plan de travail, ses mains s’affairaient déjà à ouvrir les placards, mais sa tête était ailleurs. Elle tourbillonnait sous un flux de pensées, entraînée par le rythme de ses émotions chaotiques.

- Tu sais, dit-elle en refermant le premier rangement sans rien y avoir trouvé, pour revenir à ton oreille… je pense que tu es trop gentil. Vraiment.

Sa main tremblait quand elle ouvrit le tiroir suivant. Peut-être n’aurait-elle dût jamais poser cette question ; la réponse avait ouvert la porte à tant d’émotions refoulées. Une discussion qu’ils n’avaient encore jamais eu, et que Selene aurait aimé ne pas avoir.

- Même avec moi, tu es trop gentil… tu t’inquiètes pour moi, tu me sauves la vie, et en échange… je t’ai abandonné, je suis partie sans rien dire.

Vide. Elle se mordit la lèvre inférieure. Les larmes lui venaient, mais elle s’obstinait à tourner le dos à son ami, se jetant corps et âme dans sa quête matériel, histoire de transformer ces aveux difficiles en conversation banale. Tiroir suivant ; ça devenait compliqué de fouiller discrètement parmi les cuillères en bois avec des mains aussi fébriles.

- Je ne t’ai pas dit pourquoi je suis partie… ce n’est pas une excuse mais… en fait, je ne pouvais pas rester avec Juliane et Ziggy. Pas après ce qu’ils avaient fait.

L’espace d’un instant, elle voulut cracher son venin. Arracher, piétiner, brûler l’image christique que Bobby avait de sa chère aventurière. Lui en peindre un tableau tellement noir qu’il la rejetterait, la calomnierait, l’oublierait. Mais la compassion retint le poison au bord des lèvres de la pianiste : il adorait cette femme, ce n’était pas à elle de la désacraliser. Pour rattraper ce qu’elle avait laissé filer, priant pour qu’il ne pose pas plu de question, elle expliqua :

- On ne s’entend pas vraiment eux et moi. Je suis partie sur un coup de tête, je suis vraiment désolée. Vraiment.

C’était sincère. Plus sincère qu’elle ne l’avait jamais été ; mais que valait la sincérité d’une personne comme elle ? Seule la vertu valait d’être crue sur parole. Elle, elle n’était pas vertueuse. Troisième tiroir et rien de bien. Elle revint finalement aux placards et découvrit quelques conserves que ses yeux embués de larmes ne pouvaient identifier.

- Tu veux bien faire quelque chose pour moi ? Sa voix tremblait aussi désormais, mais son monologue touchait à sa fin, elle s’en fichait, ne te mets plus en danger pour les gens que tu ne connais pas… s’il te plait. Tu as une famille maintenant, on a tous besoin de toi ! J’ai besoin de toi…


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Lost Angels
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1586
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Mar 12 Avr 2016 - 2:18

Le colosse fit un hochement de tête affirmative à la simple demande de la jeune femme. Il aurait suivi les gens qu’il appréciait juste au fond des enfers sans brocher. C’était une qualité et un défaut dans le cas de l’erreur de la nature. Le géant était la fidélité incarnée, un peu comme un gros chien affectueux. C’est une qualité exemplaire qui perdait de sa superbe entre les multiples trahisons que le genre humain prodiguait à leur semblable depuis la nuit des temps. Et depuis le début de l’enfer sur terre, les hommes de bonnes volontés n’étaient plus légion. Quand Selene lui avait demandé un peu plus tôt qui avait tiré sur Bobby, ce dernier s’était tu. Ses lèvres exsangues s’étaient soudées pour ne former qu’une petite cicatrice de plus sur ce corps repoussant. Même si l’esprit e l’homme était lent, son côté empathique était des plus développés. Il avait senti le tsunami d’émotions envahir les prunelles glacées de l’ange, dont la dominance était contrôlée par la colère et la rage. Une vague dévastatrice qui pourrait tout emmener avec elle vers les gouffres de la souffrance. Il ne voulait pas que la musicienne ne venge un acte qu’il avait pardonné à la fautive. Toute l’âme de la chose n’était qu’un océan sans fin de bonté et de gentillesse. Une des dernières lueurs d’humanité intacte dans cette folie ambiante dont soufflait le vent de la démence.

L’inspection du rez-de-chaussée se fit rapidement. L’ange à la peau d’opale fit le tour de chaque pièce, regardant dans chaque zone de pénombre. La musicienne semblait posséder à cet instant une ombre monstrueuse qui suivait chacun de ses pas. La protégeant contre vent et marée comme un golem de chair défendrait son créateur avec une obstination sans borne. Le salon était comme les images des livres d’histoire que le géant avait vus. Même une peau d’ours ornait le sol poussiéreux. Alors que jeune femme à la chevelure d’aile de corbeaux se campait devant les armoires de cuisine, l’esprit du colosse essaya d’analyser les photos. Des hommes fiers posant près de leurs trophées macabres. Des gens croyant à leur supériorité à cause de leurs armes contre des animaux n’ayant aucune chance. Mais maintenant dans ce monde sans foi ni loi, les prédateurs d’autrefois sont maintenant les proies des abominations errantes. Des âmes en peine ne connaissant pas la peur instinctive d’être menacés par une arme. Les claquements des portes d’armoires s’ouvrant et se refermant ramenèrent l’esprit vagabond du monstre de foire dans son corps immonde. La voix de l’ange déchu fit redresser l’oreille valide du mastodonte. Autant par son contenu que les sentiments qui perçaient le voile de stupidité de l’homme difforment.

Dans un premier temps, elle parla avec une gentillesse renversante et une sincérité qui fit sourire tendrement Robert. Un sourire qui disparut un peu lorsque la musicienne s’avança sur le terrain de sa disparation. Comme Robert aurait fait à sa place, les remords et la honte semblaient guider les émotions de la douce dame. Bobby fit un pas vers elle, oubliant les chasseurs dans leurs poses figées dans le temps. Un ouragan d’émotions semblait tempêter dans la cuisine, projetant des rafales dans l’âme du mineur. L’empathique créature comprenait parfaitement ce que vivait l’ange au regard bleuté comme le ciel après une pluie bienfaitrice.

Quand Selene arrêta de parler, de bouger pour sa fouille et finit de faire part de sa rédemption, Robert déposa doucement une main sur son épaule fragile. Faisant pivoter la svelte et gracile femme comme une ballerine dans un coffret musicale, Robert s’approcha de son corps magnifique. Ouvrant en grand ses bras ayant la circonférence de petit tronc d’arbre, la créature de Frankenstein étreignit la silhouette parfaite de l’ange. Serrant doucement, l’aura protectrice et réconfortante de l’homme engloba la jeune femme secouée. Avec tendresse, il caressa le dos de Selene pour apaiser le cœur torturé de l’ange si gentil avec lui. De sa position avantageuse, bien au chaud dans ce cocon protecteur, la jeune femme pouvait entendre tambouriner le cœur pur de la bête de foire. Un son réconfortant, sécurisant et adoucissant qui calma les deux êtres prit dans ce trop-plein d’émotion. Murmurant avec une quiétude qui semblait déplacée dans ce corps ignoble, le géant parla avec la voix de son âme. Des paroles touchantes de sincérité et surtout de compassion caressèrent l’ouïe et l’âme de son amie. Une telle beauté que le ton rocailleux de la voix de l’homme se fit oublier.

Bobby- Tu n’as pas à être désolé tu sais… Euh… Le passé est fini et maintenant on est ensemble dans le présent. C’est ce qui compte non ?

Avalant sa salive, recherchant des mots qui s’enfuyaient de tout bord tous côté, le colosse laissa la chaleur de son être réconforter quelques instants la musicienne qui venait de frapper à la porte de son âme.

Bobby- Tu as raison. J’ai une nouvelle famille et je suis content que tu sois là… Euh… Je ne ferais plus de conneries promis juré… Euh… Tu sais que je pourrais tout faire pour toi et mes amis Selene.

Ouvrant ses bras pour laisser la divine apparition s’extirper de la répugnance de son aura, Bobby rajouta avec un petit sourire en coin.

Bobby- Je serais là aussi longtemps que tu pourras supporter ma stupidité tu sais… Euh… Disons trois mois ?

Se dégageant avec un pas arrière monstrueux, l’homme avait une aura de joie scintillante qui semblait émaner de lui. Aux yeux des gens sensible à ce phénomène, la clarté de ce sourire et de son visage épanoui pouvait se comparer à la douceur même d’un enfant riant.

Bobby- Euh... On continue? J’ai pensé…

Prenant un air faussement offusqué, le mastodonte ne put s’empêcher de manquer son bluff avec un petit sourire en coin qui déformait ses lèvres exsangues.

Bobby- Oui ça m’arrive des fois tu sais… Euh… Pas souvent c’est vrai.


Laissant tomber un petit rire d’autodérisions pour essayer d’arracher un sourire à l’ange déchu, il continua sur sa lancée.

Bobby- Euh… On est dans la maison d’un chasseur… Euh… Il a plein de photos. On pourra peut-être trouver ses armes de chasse ? Ou son équipement pour aller dans les bois… Euh… T’as fouillé là ?

Le géant désigna deux petites portes en haut du frigo et grâce à l’allonge supérieure de ses bras semblables à ceux d’un gorille, il put atteindre son but. Ouvrant les petites armoires, Robert en sortit deux bouteilles d’alcool et quelques contenants assez lourds. Il déposa le tout devant l’ange à la chevelure de jais et sourit bêtement.

Robert- L’alcool rentre dans les produits qui sont importants?

Dans les petites boites, le colosse trouva des sachets avec des herbes vertes à l’intérieur, des papiers à rouler, un Glock avec trois chargeurs et des liasses de billets verts. Soulevant ses épaules, le colosse demanda alors simplement, démontrant son ignorance dans la matière en drogue douce.

Robert- C’est des épices ? Euh… Ensuite on fait en haut et le garage ? On va peut-être trouver la pelle dans le garage tu sais…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1278
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Mar 12 Avr 2016 - 17:29

Dans les bras de Bobby, Selene pleurait silencieusement. Une nouvelle de ses crises de larmes secrètes dont son ami était le seul témoin. Il ne changeait pas : il lui pardonnait tout en bloc. Stupide. Rassurant. Réconfortant. La musicienne se sentait plus légères mais aussi plus sale, plus indigne. Elle ne méritait pas cet amour inconditionnel. Pas du tout, mais elle se sentait paradoxalement extrêmement reconnaissante d’avoir eu la chance de rencontrer le colosse. Le Whole Food Market n’avait pas été qu’un fiasco… dans un sens, il avait sauvé sa vie et son âme.

Hochant simplement la tête à la question rhétorique de son acolyte, la pianiste se fit une promesse muette, bercée par le rythme lourd de ses battements de cœur. Elle le protégerait, coûte que coûte. Parce que c’était son rôle d’amie, parce que le groupe avait besoin de lui, parce que Bobby lui-même ne saurait pas où s’arrêter. Ce sera elle qui surveillera ses arrières et s’assurera que personne ne lui nuise ou ne le manipule. Personne. Pas même cette Juliane…

Quand elle sentit l’étreinte se desserrer, Selene s’éloigna en lui adressant un sourire plein de gratitude. Pour aujourd’hui, elle était graciée. Seul un de ses péchés était lavé, mais elle avait l’impression d’inverser la balance. Une fois n’était pas coutume, le géant fit une blague d’autodérision. La jeune femme administra un coup taquin sur sa poitrine dure comme le fer et rétorqua avec malice :

- Arrête… je suis sûre de tenir 4 mois.

Elle s’autorisa un rire, s’essuyant les joues et posa un regard intéressé sur son ami qui lui faisait part de ses pensées sur la maison – non sans le frapper encore une fois quand il dénigra ses facultés mentales. Ce qu’il avançait n’était pas idiot, et ça apparut encore moins bête quand il s’intéressa à ce qui se trouvait au-dessus du réfrigérateur, à une hauteur inatteignable pour l’étudiante. A l’intérieur, de l’alcool artisanal, un glock 17, des munitions, de l’argent et de la beuh.

- On va garder l’alcool oui, acquiesça-t-elle, au pire, ça peut servir à désinfecter.

Elle se doutait bien que le mineur songeait à le boire mais elle était déjà occupée à inspecter l’arme à feu pour vérifier si elle était en état de marche. Avec l’habitude, Selene avait appris les bases. Rien de mieux que l’urgence pour tirer le meilleur des autodidactes ! Visiblement, le flingue n’avait pas servi depuis plusieurs mois, mais rien ne sautait aux yeux bleus de l’étudiante. Elle coinça le second glock dans sa ceinture, à l’avant, et embarqua le reste dans son sac.

- Je ne pense pas que ce soit des épices, non, répondit-elle en souriant, je te montrerai ce que c’est plus tard, quand on sera rentrés. Ça nous détendra.

Un joint. Elle n’en avait pas fumé depuis le lycée et ses années de « bad girl ». Elle se trouvait vachement conne quand elle y pensait, mais à ce jour, rien ne justifierait mieux qu’elle s’allège l’esprit pour quelques heures. Peut-être même que pour une fois, elle ne ferait pas de cauchemars. Rattrapant son couteau qui l’attendait toujours sur le plan de travail, elle prit la direction des escaliers enveloppés de pénombre et de poussière.

- On fait le haut d’abord et on terminera par le garage. Ensuite on passe à la maison d’en face.

Elle posa précautionneusement son pied sur la première marche qui ne put s’empêcher se gémir après tant de mois de solitude. Selene tendit l’oreille mais rien ne bougea, rien ne frémit. Le calme plat. Avant d’entamer son ascension, elle prit sa lampe torche dans son sac et éclaira devant elle. Aucune trace de pas dans les saletés amoncelées, personne ne devait être pénétré ici depuis que les propriétaires étaient partis. Malgré tout, elle restait sur ses gardes et grimpait lentement, lame dressée, prête à décocher si un monstre jaillissait dans son champ de vision. Arrivée sur le pallier, tout semblait mort. Certaines pièces avaient leurs portes ouvertes et laissaient filtrer des rayons de lumière.

Après plusieurs minutes de recherche prudentes, la musicienne dut admettre qu’il n’y avait pas grand chose d’intéressant dans les étages. Des vêtements qui n’étaient pas à leur taille, des photos, des jouets, une guitare avec deux cordes cassées, un téléviseur cathodique, des livres, un ordinateur, des CDs de country, une bible, un téléphone fixe démodé, … dans la salle de bain seulement, en faisant les tiroirs, la jeune femme découvrit un tube de dentifrice, 3 brosses à dents, des compresses, du ruban, et un petit paquet de serviettes hygiéniques entamé.

- J’espère que les siennes ne sont pas trop violentes…, murmura-t-elle pour elle-même en songeant à Breann.

Se tournant finalement vers Bobby, Selene lui montra ce qu’elle avait trouvé avant de le ranger dans son sac de camping. Ce n’était pas beaucoup mais en voyant les choses positivement, ce n’était pas trop mal ce qu’ils venaient de dénicher.

- On va voir si on a plus de chances au garage ? Je redis qu’une pelle, ce serait bien ! Tu as déjà une hache, donc on aurait de quoi faire des fosses à pieux, estimant ne pas être suffisamment clair, elle expliqua tout en descendant l’escalier, tu sais : à des endroits éloignés de la maison, on creuse un grand trou, un y plante des pieux, et on y fout régulièrement des bouts de viande fraîche qu’on ne mange pas. Si un rôdeur passe dans le coin, l’odeur l’attire, il tombe dans le trou et paf, elle mime le geste avec sa main gauche sur son couteau, il s’empale…. Bon sinon, ça servira aussi pour le jardinage, admit-elle en tempérant son enthousiasme défensif.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Lost Angels
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1586
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Mer 13 Avr 2016 - 14:57

Robert fronça les sourcils est son regard bleuté devint inquisiteur. Il était persuadé que c’était des épices dans les petits sacs. Sinon ça ferait quoi dans une cuisine. Pour l’arme à feu, c’était presque normal que la pluspart des familles dispose des armes à feu chez elle. Mais au moment que son amie parla de se détendre grâce au coffre qu’elle glissa dans son sac à dos avec les deux bouteilles d’alcool, le sourire béat éclaira le visage à peine taillé de l’homme qui pouvait représenter le chainon manquant dans l’évolution humaine. L’esprit lent de l’homme difforme compris qu’elle parlait surement d’un verre de délice alcoolisé et peut-être d’une tisane avec l’herbe. Ça devait être du thé comme Juliane faisait avec les herbes qu’elle recueillait dans les bois. Suivant l’ange à la chevelure de jais vers l’escalier du second étage de la maison coloniale, les pensées du mastodonte galopèrent comme des cheveux sauvages vers la Texane. Le doux sourire de son amie et ses éclats de rire manquaient cruellement au géant. Il espérait de tout cœur que la photographe n’avait rien, mais au bout d’un mois sans aucune nouvelle dans ce monde apocalyptique le pire était à prévoir. Souvent la nuit il voyait des fins sanglantes, humiliantes ou horribles de sa sœur de cœur. Tour à tour des aberrations, quelques fois des goules d’autres fois des hommes ayant des visages porcins, ravageaient le corps svelte et athlétique de la jeune femme. Les cauchemars étaient monnaie courante pour le commun des survivants de ce monde ravagé et l’esprit simple de Robert n’était pas épargné.

Réussissant à rapatrier ses pensées égarées aux quatre vents, la montagne de muscles sourit sincèrement et franchement devant les petites marques d’affection qu’il reçut de la part de la pianiste. Avec le colosse simplet, la jeune musicienne semblait se permettre de laisser ses sentiments reprendre le dessus. Comme si l’âme pure et lumineuse de Robert était le phare dans la noirceur de l’existence de l’ange déchu. Un point d’ancrage solide au milieu de la tourmente chaotique qui s’abattait sur sa nouvelle existence. Avec sa vision simple de la vie, le mastodonte ne voyait aucunement l’importance qu’il prenait dans plusieurs vies qu’il touchait de sa manière gauche, mais authentique. Suivant la jeune femme dans l’escalier somptueux qui rappelait un peu celui du film Autant en apporte le vent, le regard océanique du mineur détailla la silhouette gracile de la jeune femme. Ne connaissant aucunement le désir charnel, Robert trouvait simplement que le pantalon militaire de Selene lui allait bien. Le géant adorait les vêtements de camouflage. Il ne pensait aucunement aux courbes harmonieuses du corps svelte ni au balancement de ses hanches de la jeune beauté. Nombre d’hommes auraient bien apprécié la vue privilégiée du mastodonte quand il suivit l’ange dans l’escalier. Le bois protesta bruyamment sous le poids de l’homme et la poussière s’éleva un peu sous les pas lourds de la chose.

La fouille des chambres se releva des plus décevantes. L’homme de la maison, bien la norme générale de la corpulence et taille de l’américain moyen, n’avait aucun vêtement qui aurait pu vêtir une armoire à glace de la constitution de Robert. Laissant la musicienne fouiller la salle de bain, Robert fouilla un placard. Des serviettes douces et soyeuses trouvèrent une place de choix dans le sac à dos de l’homme. Il imaginait bien le sourire de Breann et de Selene en train de s’envelopper de cette douceur après une douche au refuge. Quant à lui, le monstre de foire utiliserait les vieilles serviettes rêches trouvées durant ses explorations en solitaires. Encore une fois, il ne pensait qu’aux anges qui semblaient avoir accepté une erreur de la nature parmi elles.

Alors que Selene heureuse de montrer les produits essentiels d’hygiènes qu’elle avait dégotées, Bobby lui fit un sourire à la dentition mal aligné plein de positivité. Écoutant le plan de défense de l’ange à la peau d’albâtre, Robert hocha la tête. Il comprenait un peu le principe et il rajouta de sa voix rocailleuse quelques points de plus.

Robert- Très bonne idée. Euh… Tu sais quand je faisais du Moonshine, je construisais des murs de branches. Très solides en me servants des arbres… Euh… Juste à empiler les morceaux c’est facile, tu sais.

Portant sa main immense à son menton viril et volontaire, des rides se creusèrent dans le front de l’homme à l’intellect un peu limité.

Robert- Euh… Un peu au sud du chalet il y a une cruvasse… non crevusse… un ravin ben profond. Dans le temps dans le jardin de papi on mettait un truc qui fait peur aux oiseaux… Euh… C’est quoi le nom?

Hochant avec enthousiasme lorsque la jeune femme souffla la réponse, Bobby continua sur sa lancée.

Robert- C’est ça. Ben il y a beaucoup de vent là… Euh… Je pourrais construire un épouvantable qui bouge tout près du ravin… Euh… On ajoute des boites de conserve pour le bruit et les méchants qui mordent vont l’entendre. Et hop ils vont tomber dans le trou qui doit faire 4 fois ma hauteur… Euh… Je crois que c’est une connerie… Laisse faire Selene d’accord.

Rougissant sous l’imbécilité de cette idée grotesque, l’homme essaya de se racheter en parlant du plan de la pianiste aux doigts de fée. L’étrange duo disparate, la force brute et la grâce incarnée se rendirent près de la porte intérieure qui mena au garage.

Robert- Tu as un bon plan… Euh… Il faut aussi un pic pour les rochers, dans la terre tu sais… Euh… Juste à me dire où creuser et je vais le faire. J’adore faire ça, tu sais. J’ai travaillé dans des mines au Kentucky.


Bombant son torse déjà imposant, l’homme était fier d’avoir travaillé dans les pires conditions et dont peu de gens auraient pu endurer. Toute sa vie, le mastodonte avait travaillé seul et de manière soutenue. Le colosse déposa sa main sur la poignée en laiton de la porte quand son regard se posa sur un signe alarmant. Sur le mur blanc ressortait l’empreinte d’une main sanglante. Comme si une personne blessée s’était appuyée quelque instant pour ouvrir la porte frénétiquement. Le sang avait séché depuis longtemps, le rouge vif était devenu brunâtre. Jetant un coup d’œil à la jeune femme, celle-ci se plaça dans le dos de la bête. Sans un mot, juste un regard pour se comprendre. L’alchimie des deux êtres se complétait à merveille. Tournant la poignée, la porte s’entrouvrit légèrement. Un bruit mat se fit entendre et le battant resta coincé. Robert tendit l’oreille et aucun gémissement annonciateur d’une goule ne vient perturber le silence pesant de la maison. Hochant la tête, confirmant sa première impression à l’être divin qui l’accompagnait, le golem de chaire commença à pousser.

Centimètre par centimètre, l’obstacle derrière la porte fut poussé. L’effort visible sur l’horrible faciès était facilement discernable par Selene. Une teinte rougeâtre se forma sur les joues mal rasées de l’homme. Les pieds bien à plat, les muscles formidables de l’homme se gonflèrent sous l’afflux sanguin transmis par les battements de cœur plus en plus. Mugissant comme un taureau voyant une cape rouge, le colosse poussa encore plus fortement avec ses bras ayant la circonférence de troncs d’arbres. De la sueur brulante coula dans les yeux du géant qui semblait en nage. Un peu plus et la force de la nature aurait déclaré forfait. Mais un regard en biais vers l’ange à la chevelure de corbeau fut l’encouragement nécessaire pour un dernier effort de volonté. Se tournant dos à la porte, il continuer a forcé, mais avec la puissance combinée des jambes et de son haut musculeux. Un grincement métallique se fit entendre et le bois de la porte craqua.

Enfin, la porte s’ouvrit assez pour permettre à l’homme d’entrer. Soufflant comme un buffle, il regarda le garage. Dans la lumière prodiguée par des fenêtres dotées de barreaux d’acier, aucun mouvement suspect. Un énorme coffre de mécanicien en acier et diverses caisses avait servi à bloquer la porte. Tendant la main pour guider la pianiste à l’intérieur, Robert se prépara à recevoir la charge vicieuse d’une goule. Mais rien à part la respiration sifflante de l’homme difforme qui se remettait de l’effort qu’il venait de produire. Dans un coin, près de l’établi, le duo put voir enfin le propriétaire des lieux. Un cadavre, en tenue de chasse ayant la tête volatilisée par la déflagration puissante d’un fusil de chasse, était encore assis sur le tabouret. Des fragments de chaires, de sang séché et d’os formaient un genre d’auréole sur le mur. À ses pieds le corps d’une femme en robe d’intérieur avait subi le même châtiment. L’odeur de la mort avait été dissipée par le temps et la froideur de l’hiver. Sur le bras du chasseur, celui dont les doigts étaient crispés sur la crosse de l’arme fatale, on pouvait discerner une horrible plaie au contour dentelé. La femme avait un bandage au mollet gauche. Les épaules du géant s’affaissèrent brièvement, triste pour le couple. Ses lèvres minces récitèrent en silence une petite prière pour l’homme et la femme qui étaient restés unis juste dans la mort. Mais un petit sourire éclaira quelque peu ses lèvres exsangues. La voix caverneuse de Robert résonna dans le refuge de tous les hommes au travers du monde.

Robert- Euh… Personne n’a pu entrer avec ce qu’ils ont mis devant la porte. Je regarde le camion si tu veux Selene… Euh… Toi tu peux regarder dans la boite du camion, il y a deux gros sacs militaires… Euh… fais chaud tu trouves pas?

S’épongeant son front trempé de ses efforts colossaux de sa main immense, Robert regarda le camion. Une Toyota Four Runner avec treuil avant. Surmonter pour le hors route. Appuyant sur la carrosserie à deux mains, le mastodonte secoua le véhicule. Le bruit du liquide dans le réservoir confirma au géant que le plein avait été fait. Le sourire victorieux de l’homme disparut en voyant le capot du camion ouvert. Allant voir la mécanique, il fit une inspection visuelle. Deux composantes majeures manquaient à l’appel. La courroie de l’alternateur et la batterie. Regardant autour de lui, aucune trace des pièces disparues. Le camion serait l’idéal pour le petit groupe de survivants qui commençaient à apprendre à survivre. Surtout que le mineur vit que le camion était au diesel. Les fermes près du refuge du duo disparate devaient avoir de bonnes quantités de diesel rouge pour les tracteurs et la machinerie. Retournant voir l’ange déchu, Robert dit alors d’un ton las, mais d’une douceur sans équivoque.

Robert- Il manque le truc en caoutchouc de la poulie… Euh… Aussi la batterie. Mais si on trouve, je peux le réparer, je crois… Euh… Et toi tu as trouvé quelque chose?






Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1278
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Mer 13 Avr 2016 - 19:41

L’excitation envahit la jeune femme au fil de la discussion sur les moyens de défense. Bobby se révélait extrêmement productif à ce sujet. Que ce soit le mur de branches ou l’épouvantail sonore proche des crevasses, la carte protectrice de leur chalet se dessinait. Ça demanderait un travail monstre, à coup sûr, mais mieux leur terrain serait sécurisé, plus sûr serait leur refuge. Les idées dégringolaient dans sa tête : des barrières de pieux, des barbelés, elle songeait même à la possibilité d’installer au sol un dispositif de « râpe ».  Les rôdeurs avaient tendance à avancer en traînant les pieds, donc en recouvrant certains passages de lames acérées implantées en inclinaison, les morts-vivants s’arracheraient les membres inférieurs au bout de quelques mètres.

Son enthousiaste redescendit d’un coup. Dans tous ses plans, elle venait de se rappeler que les envahisseurs potentiels étaient des êtres humains et qu’ils ne méritaient peut-être pas d’atroces mutilations post-mortem. Leur situation était déjà assez tragique et assez… horrible.

- Tu ne dis pas de bêtise, rassura-t-elle malgré tout, tu as même de très bonnes idées. On se mettra au travail dès qu’on sera de retour.

La fierté émanant de son ami qui bombait le torse lui rendit le sourire. Selene allait passer devant quand il lui signala une empreinte ensanglantée imprimée à côté de la porte du garage. La tension remonta d’un cran, brisant la bulle de tranquillité qui s’était installée jusque là. Sans un mot, l’étudiante avait comprit que son garde du corps voulant qu’elle se place derrière lui et qu’il n’ouvrirait pas tant qu’elle serait exposée. Elle accepta de se réfugier à l’ombre de sa carrure imposante mais sortit malgré tout son couteau de camping de sa poche, prête à se battre se besoin.

La porte était à peine entrouverte qu’une odeur pestilentielle s’en échappa. Le bruit mat fit sursauter la pianiste qui se décala légèrement pour voir de quoi il retournait. Pas de rôdeur, pas de râle, mais un obstacle visiblement très lourd qui résistait même à la force titanesque de Bobby. En le voyant ainsi s’échiner, elle regretta de ne pas mettre la main à la pâte, mais en même temps : sa participation changerait-elle quelque chose ?

Ce qui bloquait le passage finit par déclarer forfait dans un grincement de metal et un craquement de bois. Nuage de poussière et odeur de mort, voilà ce qui accueillit les deux profanateurs. Acceptant la main de son aîné, Selene masque de l’autre son nez et sa bouche. Difficile de respirer dans cette atmosphère saturée. Son estomac lui hurlait de sortir, sous menace de rejeter tout ce qu’il contenait, mais elle serra les dents et avança. Bientôt, le mystère fut levé : deux cadavres, mordus et suicidé. Le couple qui vivait ici sans doute, qui avait choisi de partir en pêcheurs que de revenir errer dans le voisinage. Choix admirable. Choix triste.

La musicienne ne pria pas, elle n’était pas croyante, mais versa pour eux une larme silencieuse. Désormais, l’odeur et la poussière n’étaient plus les seules choses à l’étrangler, il y avait aussi une compassion infinie. Quand Bobby sourit pourtant, son visage éclairé par la lueur laiteuse qui filtrait à travers les barreaux, la jeune femme se força à lui rendre son enthousiasme. Il n’avait pas tort : ils n’étaient pas là pour pleurer les défunts mais pour trouver de quoi améliorer la survie de leur camp.  

- Il faut chaud, oui, acquiesça-t-elle en s’intéressant aux sacs désignés par le géant.

Rallumant sa lampe torche qui commençait à montrer des signes de faiblesse, elle en inspecta le contenu avec prudence. Les deux étaient gonflés par d’épaisses couvertures en peaux de bêtes, mais elle dénicha quand même une grande pelle, une pioche, et un maillet dans le premier sac. Dans l’autre, il y avait une machette de chasse, un couteau de chasse et plusieurs boîtes de cartouches gros calibre. Quand Bobby revint voir ce qu’elle faisait, Selene désigna son butin d’une main, l’autre épongeant la sueur sur son front :

- Tout ça. Ce sera vachement utile, mais on ne va pas pouvoir tout-tout embarquer si le camion ne démarre pas, après une courte réflexion elle ajouta, faudra aussi trouver comment ouvrir la porte du garage. S’il y a une clef, elle doit être quelque part.

Elle s’éloigna de quelques pas, s’éventant autant en raison de la chaleur qu’en raison de l’odeur suffocante. C’était une chance pour eux que, visiblement, toutes les maisons de Sequim n’aient pas déjà été visitées. Était-ce parce qu’il y avait trop peu de survivants ou bien parce qu’ils s’étaient déjà tous enfuis ? Le faisceau de la lampe de Selene éclaira involontairement le cadavre du chasseur et quelque chose lui sauta aux yeux :

- Faut qu’on emporte le fusil aussi. Une petite armurerie au chalet, ce serait pas mal… on ne sait jamais. Et…, après quelques éclats d’agonie, la lumière de sa torche mourut, merde… faudra aussi trouver des piles LR20…


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Sequim ~ A la recherche du bonheur   Aujourd'hui à 23:09

Revenir en haut Aller en bas
 

Sequim ~ A la recherche du bonheur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant

 Sujets similaires

-
» Satine #A la recherche du bonheur
» Je recherche le bonheur.
» recherche chien/chienne de petit poids (environ 2-3 kg)REGLE
» PAM GENTIL CANICHE ABRICOT 9 ANS recherche fa dans le 13
» recherche amie

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-