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 Just Survive Somehow

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Mer 13 Avr 2016 - 21:51

Surprise par la répartie de Baby, Selene n’avait pas pu se retenir d’éclater de rire. Un rire pur et naturel, le genre qu’elle n’avait plus vraiment l’occasion de produire ces derniers temps. Elle aimait sa désinvolture perpétuelle, sa conversation facile et ses mimiques de prédateur jovial. Il donnait l’impression qu’en fin de compte, même aux heures les plus sombres de l’humanité, la vie n’était pas si compliquée. De l’huile de coude, de la bonne volonté et des sourires. C’était peut-être une illusion candide mais en cet instant, ça lui redonnait une bonne bouffée d’espoir. Elle riait encore en récupérant le jerrycan et le tuyau, une expression qui humanisait un peu son allure pâle et fatiguée.

- Ça veut dire que tu vas devoir me laisser conduire la moitié du chemin, taquina-t-elle, tu sauras vivre avec ?!

Elle s’agenouillait déjà pour se mettre à la tâche. Ça faisait des années qu’elle n’avait pas fait ça, en fait elle n’avait jamais siphonné de voiture à proprement parler, mais elle avait vu Peter et Barnabe s'en charger plusieurs fois. Ce n’était pas compliqué du tout, il se suffisait de… bon, la technique était à revoir un peu. Elle avait trop aspiré et avant manqué d’avaler une gorgée de diesel. Occupée à crachoter pitoyablement, la jeune femme écouta son aîné qui se lançait dans une présentation fière de sa vie. Enfin… fière mais dramatique. Une fois que le liquide coulait paisiblement dans le jerrycan, Selene tourna les yeux vers Baby, instantanément branchée à ses émotions.

Véritable éponge, la solitude de son compagnon du jour la gifla en pleine figure. Le schéma était classique en un sens : la tristesse et les regrets cachés derrière les blagues et la légèreté. Aux yeux de la musicienne, ça rendait l’acteur plus attachant encore. Elle aurait voulu le soulager de ce fardeau bien humain, le poids des manques et des inachevés. Un sourire triste et pudique naquit sur ses lèvres décolorées quand elle répondit :

- J’en dis que c’est dommage. La sensation de ne pas avoir accompli quelque chose mais… au final, on en est tous au même point aujourd’hui, pas vrai ? Ceux qui avaient des amis, ceux qui n’en avaient pas… les morts sont morts, et nous on a que ce qu’il reste.

Elle n’était pas certaine que Baby comprenne ce qu’elle voulait dire mais n’avait pas le courage de disséquer ses propres mots. D’ailleurs, dans un sens, elle se sentait proche de lui. Avait-elle eu des amis ? Oh bien sûr, il y avait les camarades de fac, les potes, ceux avec lesquels elle passaient des soirées inoubliables, ceux avec lesquels elle travaillait, ceux qu’elle voyait occasionnellement, ceux qu’elle voyait souvent, … mais avait-elle eu de vrais « amis » avant l’épidémie ? Des gens qui comptaient comme une partie de son âme, des gens à qui elle confiait tout, des gens pour lesquels elle se damnerait ?

- Tu sais, je crois que je n’ai pas eu beaucoup d’amis non plus. J’étais une ado’ stupide et une étudiante plutôt discrète. Le genre réservée qui ne parle presque jamais d’elle. Du coup… j’avais des potes, même de très bons, mais pas « d’amis » à proprement parler.

Nuance évidente et difficile à saisir. Le réservoir crachait les dernières gouttes de sa sève à contrecœur. Le bidon était rempli, c’était toujours ça de gagné, ils pourraient déjà faire un demi-plein dans la Range Rover. Finalement, la liberté n’était peut-être qu’à une poignée d’heures. Les rêves revenaient, Selene voyait déjà la rase campagne et les horizons montagneux vaincre les zones urbaines.    

- J’étais assez proche de mon père par contre. Je vivais avec lui. Ma mère est…, elle prit une grande inspiration et poursuivit en soupirant, morte quand j’étais petite. Je m’en souviens pas vraiment j’avoue.

Et pourtant, elle avait ressassé cette épisode fut un temps. La survivante, celle qui avait prit une balle. Gloire sinistre et stupide de lycéenne. Aujourd’hui, elle ne voulait plus en parler. Que ce fait divers de feuille de chou reste là où il était et que la mémoire de sa mère ne serve pas à solliciter de fausses larmes.

- Tout ce que je sais c’est qu’il a été mordu et puis… il est jamais rentré. C’est triste quand t’y pense, non ? Le seul membre de ma famille, on n’était pas vraiment en contact avec mes oncles et tantes, et il a juste disparu du jour au lendemain…

L’étudiante haussa les épaules pour dédramatiser mais un reflet de douleur venait de se loger dans ses prunelles. Elle sentait que sa poitrine était gonflée par les émotions refoulées, comme pleine d’eau, et elle dut faire de vrais efforts pour ne pas se laisser aller. Pour se ressaisir, elle bondit sur ses pieds et se frotta les mains l’une contre l’autre. Elle ne voulait pas plomber l’ambiance bon enfant que Baby s’appliquait à maintenir, alors elle lui tendit le jerrycan avec un sourire.

- A toi l’honneur, donne à boire à notre bébé, après quelques pas vers le 4x4 qui les attendait sagement, elle ajouta : sinon moi j’étais étudiante en musicologie et… je faisais du piano depuis une dizaine d’année. Je rêvais d’être pianiste soliste pro’. Du coup on a presque un point commun, plaisanta-t-elle en passant une main dans ses cheveux sales pour les discipliner, toi tu étais une star, moi je voulais en devenir une, elle renchérit en riant, ceci dit après des années à être adulé par des groupies, ça doit être vraiment décevant de traîner avec moi. Tu jouais dans quel type de film d’ailleurs ? J'avoue que je ne t'ai jamais vu, mais je ne suis pas très cinéphile.


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Jeu 14 Avr 2016 - 13:31

Baby la regarda faire à son tour, puis une fois le jerrycan plein, alla continuer le travail. A eux deux, ils formaient comme un duo de fourmis. Il faisait une tâche, déposait son fardeau qui était immédiatement repris par Selene, puis repris par lui. C'était une technique de travail efficace. Avec une petite armée et cette méthode ils pourraient surement accomplir des miracles, voir nettoyer toute la ville... C'est que... Il en avait parfois des bonnes idées, le Baby... Il aurait fait un malheur comme président... Quoi que... Qu'est-ce qui l'empêchait de tenter l'investiture désormais? C'est pas comme si Barack Obama était encore dans la course... Pour ce qu'il en savait Washington était dévasté... comme tout le pays d'ailleurs...

Il perdit quelques secondes à rêvasser, le regard dans le vide puis secoua la tête à l'évocation du passé de Selene qui, d'abord réservée, s'était peut-être sentie obligée de s'ouvrir un peu plus à lui suite à la narration de ses regrets.

Prenant le bidon en main, il le souleva à bout de bras pour tranquillement, commencer à le déverser à l'intérieur du réservoir du 4x4 tout en faisant bien attention à ne pas en perdre une goutte. En ces temps de crise, où l'on ne produisait plus rien... chaque vestige ou ressource de l'ancien monde était à conserver et utiliser avec soin.

Il n'en doutait pas... Il existait encore à travers la ville et davantage encore dans toute la région, des lieux qui n'avaient pas encore été pillés, des entrepôts demeurés clos depuis le début de l'infection, des richesses qui n'attendaient plus qu'à être collectées. Ceci dit, elles ne resteraient pas là 107 ans...

"Ah... Une musicos" lança Baby avec malice.

Lui, n'avait jamais été vraiment versé dans la musique. En fait, il appréciait certains styles, comme tout le monde, mais pas suffisamment pour chercher à apprendre à jouer lui même. Il était d'ailleurs plutôt rock et pas vraiment musique classique...

"J'étais acteur... disons... comment te dire ça... Acteur d'une certaine catégorie de films... Disons que... sans tourner autour du pot..."

Il cherchait non seulement à la protéger mais à se protéger lui-même. Pour des tas de gens, le porno était quelque chose de mal, de dangereux, qu'il fallait à tout prix bannir. Si Baby avait toujours été à l'aise avec ça, comment une jeune femme fragile et sensible... armée d'un pistolet allait pouvoir réagir... Il tenta une approche plus zen pour finir sa phrase :

"... Disons que j'ai fait un certain nombre de... performances artistiques..."

PERFORMANCES ARTISTIQUES... Oui, on pouvait sensiblement utiliser ce synonyme...

Après tout, chaque scène plus ou moins hardcore lui avait demandé une certaines "performance" pour la pousser jusqu'à la fin... Quand il avait tourné avec ces deux femmes, extrêmement obèses, lors d'une scène qui avait durée... durée... et durée encore... Il avait du être performant... Quand un réalisateur lui a demandé de prendre non pas une, ni cinq, mais dix filles différentes lors d'une scène d'orgie romaine lors du tournage de "Bigus Dickus III", cela avait été une performance... Alors... Pourquoi pas?

Arrivé à moitié du bidon, Baby jeta un œil au coffre du véhicule. Il savait que ce dernier avait une bonne contenance... C'est pour ça qu'il recherchait un tel modèle, à la base. Ils pourraient amener avec eux tout un stock, des provisions pour le voyage et pour la suite. Il devait cependant convaincre Selene de retarder leur voyage pour se réapprovisionner...

"Dis-moi... Tu connais la chaîne Walmart?"

Sans lui laisser le temps de répondre, il continua son raisonnement :

"Il y en a un pas très loin d'ici... En fait... C'est la première chose qui a été pillé lors des premières infections... Mais tous les Walmart de la ville doivent être réapprovisionnés par une centrale, un entrepôt général... Généralement, ils ressemblent à rien et se trouvent dans les zones industrielles... J'suis sur qu'on pourrait faire une razzia dans l'un de ces entrepôts avant de partir voir ton ami... J'veux dire... Trouver de la bouffe va vite devenir une priorité... chalet perdu ou pas... Et avec une telle bagnole, on peut en charger de la bouffe alors..."

Il la regarda avec un petit sourire. Le plan était simple mais pas tant que ça. Non seulement il ignorait où se trouvait l'entrepôt de stockage le plus proche mais surtout il ignorait si d'autres avaient eu la même idée avant lui. Cela faisait tout de même un petit nombre de "si" et une prise de risques certaine... Mais Baby avait un certain apétit... Il ne partirait pas à l'aventure dans la pampa sans être certain de pouvoir y vivre un certain temps à l'abri du besoin.

"Qu'est-ce que t'en dis ?"
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Jeu 14 Avr 2016 - 17:15

La jeune femme sourit. Elle avait envie de lui glisser un « te fatigue pas, j’ai compris » mais préféra regarder Baby se dépatouiller avec ses explications. Voyons, soyons honnête, ce n’était pas dur de dire « je faisais des films d’action / d'horreur / fantastique / romantique » (rayer les mentions inutiles). Donc s’il bafouillait, c’est qu’il versait probablement dans le pornographique ou l’indépendant tordu. Pas de chance, ce dernier ne payait généralement pas suffisamment pour se payer des vestes en croco – et nul besoin d’être cinéphile pour le savoir.

Alors que son complice était occupé à remplir le réservoir de leur 4x4, Selene s’offrit une évasion un peu différente cette fois. Après tout, ça faisait bien longtemps que son corps n’avait pas connu autre chose que la faim, le froid et la douleur. L’idée qu’elle se faisait désormais de Baby – qu’elle soit fondée ou pas – ravivait une chaleur qu’elle pensait ne jamais ressentir à nouveau. Une voiture de luxe, un homme, une femme… avait-il besoin de plus pour exprimer ses talents ?

L’étudiante sursauta et rougit violemment quand l’acteur reprit la parole ; l’impression d’être prise en flagrant délit. Ses rangers lui apparurent soudain d’un intérêt sans pareil et, heureusement, ses cheveux tombèrent masquer une partie de son visage. Très rapidement pourtant, le fantasme s’envola, balayé par une bourrasque glacée trimbalant de mauvais souvenirs. Du coin de l’œil, elle s’aperçut que son aîné lui souriait, alors elle s’efforça de lui rendre la pareille avant de se focaliser à nouveau sur le bout de ses pieds.

- C’est… une bonne idée oui… je suppose qu’il doit avoir de quoi faire à l’Industrial District…

Elle se mit à marcher en rond, pensive. Les images étaient clairs comme si elles s’étaient passées hier : le magasin plongé dans le noir, les retrouvailles, le flic mordu, l’invasion, les flammes, la course… Selene avait encore l’impression que c’était là que tout avait basculé. Quand elle s’était crue mourir encerclée par les putréfiés, quand elle s’était battue à en perdre la tête, quand elle avait achevé cet inconnu qui agonisait…

- Désolée, dit-elle en réalisant qu’elle était partie, c’est juste que… j’ai déjà fait une tentative de ce genre il y a 5-6 mois. On s’est retrouvé à 5 pour piller ce qui restait d’un supermarché abandonné. On est tombé d’accord pour faire équipe mais… c’est parti en vrille. Les morts sont arrivés, on a été débordés, on a dû s’enfuir séparément.

Bien sûr, elle avait revu Ziggy après coup ; mais Justin ? Dwight ? Etaient-ils toujours vivants ? Ou s’étaient-ils faits dévorés ce jour là ? Elle n’appréciait pas vraiment Justin, qui l’avait prise pour une idiote la première fois qu’ils s’étaient rencontrés, mais il ne méritait quand même pas de se faire manger. Selene fit encore plusieurs tours, réfléchissant à la sagesse du projet. Les zones industrielles n’étaient pas extrêmement peuplées dans l’absolu, le problème ne serait pas nécessairement les rôdeurs. Par contre, les vivants qui devaient avoir eu la même idée que Baby, il devait en avoir eu plusieurs. Et si certains devaient s’être contentés de faire le plein avant de partir, d’autres pourraient avoir pris la décision de contrôler le secteur. Les plus dangereux ; ceux qui aimaient le pouvoir et flairaient toutes les opportunités. L’étudiante inspira profondément, soulevant ses épaules, et les relâcha en expirant.

- Je t’avoue que ça me parait vachement risqué. Ça ne m’étonnerait pas que des gangs se soient approprié les entrepôts pour contrôler la zone. Si c’est le cas… on est deux, on a une statuette, un couteau et un flingue, ça fait léger pour un passage en force. On n’a rien à échanger non plus.

Pourtant… si jamais elle pouvait arriver au refuge avec un homme de plus, une voiture et des vivres, ça marquerait un grand coup. Baby avait raison : la bouffe était la priorité et même si Seattle restait un nid à morts-vivants, elle était aussi potentiellement le plus gros garde-manger des environs. Il faudrait savoir profiter des ressources potentielles avant qu’elles ne soient véritablement volées par quelqu’un de plus audacieux.

- Mais je veux bien qu’on aille jeter un œil. Si jamais on voit que c’est trop dangereux, on fait demi-tour, ok ? Le coffre plein nous servira à rien si on crève.

Comme si sa témérité n’avait pas déjà failli la perdre de toute façon ? Elle serait sûrement morte il y a deux ou trois mois de cela sans l’intervention héroïque d’Axel. La chance. Jusqu’à maintenant, elle en avait beaucoup trop eu mais un jour, la musicienne devrait être capable d’assurer sans compter sur elle. Taquine, elle ajouta en croisant les bras :

- Et dans tout ça oublie pas : l’entrée au chalet c’est seulement si j’y arrive saine et sauve.


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 17 Avr 2016 - 11:01

Pour le coup… Baby pensait avoir eu une bonne idée mais les explications de Selene vinrent lui filer des sueurs dans le dos. Evidemment… Les gens n’étaient pas si cons… Evidemment qu’ils y avaient déjà pensé… Tous les endroits probables avaient sans doute déjà été pillés, ou étaient gardés sous contrôle pour de petits groupes armés et dangereux…

Il vint se donner une grande tape sur le front comme pour se punir de sa propre stupidité passagère avant de lentement se mettre à cogner sa tête sur le volant devant lui, en signe d’exaspération.

« Mais je l’oublie pas… Je l’oublie pas… Et crois-moi bien, ma jolie, je ferais tout pour nous garder tous les deux en vie… »

Il se retourna vers elle pour lui glisser un petit clin d’œil rassurant. Puis, se redressant, il activa les clés de l’engin qui démarra non sans difficultés… Le moteur était resté inactif depuis des mois… Ils devraient le décrasser un peu… Mais pour aller où au juste ?

Il avait un peu de bouffe chez lui mais pas de quoi survivre à lui seul plus de deux ou trois jours alors à deux ?

Il devait réfléchir… Etre plus malin que ça… Etre plus malins que ceux qui contrôlaient les dernières ressources manufacturées de la ville. Il scruta la rue par la vitre du véhicule aux allures de blindé. Il jeta un œil par là d’où il était arrivé. Au loin, on pouvait à peine distinguer le haut du pommier sur lequel il avait fait une razzia un peu plus tôt.

L’avenir n’appartiendrait pas à celui qui réquisitionne un entrepôt de conserves. La conserve est une denrée périssable. Vous l’ouvrez, vous consommez, vous jetez… Que feront ces gangs une fois que leur stock de nourriture sera arrivé à 0 ? Ils seraient aussi dans la dèche qu’eux à cet instant…

« Tu sais… Plus j’y pense et plus j’me dis que t’as raison… C’est complètement con d’aller à la conquête d’un entrepôt surprotégé pour récupérer trois conserves… »

Il attacha sa ceinture de sécurité (sécurité avant tout) et s’engagea dans la rue principale pour quitter le quartier tout en lui exposant ses plans.

« Y’a un endroit auxquels ces connards ont pas pensé, j’suis sur… »

Sans lui demander son avis, il prit le lead des opérations pour quitter le quartier Est et filer vers les abords de la ville. Son plan : trouver le magasin de jardinage le plus proche et récupérer les graines dont ils auraient besoin pour faire pousser leur bouffe de demain…
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 17 Avr 2016 - 13:50

A la suite de Baby, Selene était remontée dans la voiture. L’odeur de l’essence la suivit jusque dans l’habitacle, collée à ses vêtements, ses cheveux et son palais. Elle récupéra sa bouteille d’eau dans son sac et en avala de longues rasades, espérant faire disparaître l’arrière goût de diesel, mais c’était peine perdue. Impossible de savoir si son aîné avait renoncé à son plan quand il se tapa la tête sur le front, mais lorsqu’il lui assura veiller à ce qu’ils restent en vie, la musicienne le crut. A son clin d’œil, elle répondit d’un sourire gênée et s’enfonça confortablement dans le fauteuil en cuir.

Le moteur du 4x4 gronda douloureusement, tiré trop brusquement de sa léthargie hivernale. Tendue, l’étudiante eut peur que la mécanique lâche, qu’un autre contretemps leur tombe dessus, mais peu à peu, la Range Rover adopta un ronflement plus paisible. Selene mit silencieusement sa ceinture quand Baby admit que l’idée de l’entrepôt était peut-être trop risquée. Craignant pourtant de l’avoir frustrée, et consciente que le fondement son raisonnement n’était pas à jeter, elle glissa :

- On pourra essayer de revenir… à plusieurs, mieux équipés, y’aura peut-être moyen de tirer quelque chose des entrepôts…

Pensive, ses yeux se perdirent dans le ciel bleu alors que la voiture s’engageait dans les allées désertées. Machinalement, sa langue passa sur sa lèvre inférieure, s’obstinant sur les vestiges d’une blessure ; souvenir de sa dernière rencontre avec un gang. La prochaine fois qu’elle croiserait ce genre de type, elle voulait être prête. Prête à leur faire payer ce qu’elle n’avait pas pu rendre à ses véritables bourreaux…à ceux qui avaient violé Flann.

Même en s’éloignant des quartiers les plus denses, il était difficile de circuler dans les rues de Seattle. Quand ce n’étaient pas les voitures échouées qui barraient le chemin, c’étaient des débris, des poubelles, même des corps. C’était une étrange impression : celle d’être seuls au monde. Selene imaginait les regards de survivants, planqués comme des rats, qui voyaient passer une voiture de luxe, insensible aux obstacles sinistres. Parfois, ils croisaient des petits groupes de rôdeurs déambulant sans but, mais ils étaient bien trop lents pour s’en prendre à leur carcasse de fer. L’un d’eux s’était dressé en travers de la route même et avait été balayé, brisé par le pare-choc du 4x4.

Une vingtaine de minutes plus tard, ils étaient aux abords de la métropole. La façade d’un grand magasin aux allures de serre géante, type « Jardiland », permit à l’étudiante de comprendre ce que l’acteur avait finalement en tête. C’était bien vu. Dépliant ses jambes à contrecœur – elle avait failli s’endormir, bercée par la souplesse du véhicule – elle descendit la première. La devanture en verre était poussiéreuse, abandonnée depuis belle lurette. Les plantes en pot qui servaient à décorer l’entrée étaient mortes, noircies et racornies.

- Les graines, c’est ça ? Demanda-t-elle quand Baby l’eut rejoint.

C’était vraiment une bonne idée. Avec ce qu’il fallait de graines, de terreaux et autres engrais, ils auraient de quoi faire pousser leurs propres ressources. Ce n’était certes pas pour tout de suite, mais pour une vision à long termes, c’était largement plus rentable que de risquer sa peau pour une caisse de conserves. Avançant avec prudence, Selene dégainait déjà son couteau de camping. Nul besoin de sa torche, la lumière du jour traversait sans peine la couche de poussière accrochée au verre, mais on était jamais à l’appris d’une mauvaise surprise…

- Tiens regarde, on n’est pas les seuls amateurs de jardinage…

Trois rôdeurs, arborant encore les tabliers verts significatifs. Bien longtemps qu’ils n’avaient pas senti de chair fraîche ; ils se précipitaient vers les deux acolytes aussi vite que leurs membres morts le permettaient. La musicienne les trouva même particulièrement frénétiques et n’osa pas riposter de front. Lorsque le premier fut à sa hauteur, un homme dont les cheveux avaient conservé leur couleur rousse, elle le poussa de toutes ses forces pour l’envoyer au sol. Juste derrière, une vieille femme aux yeux blancs injectés de sang l'agressa bras tendus. Selene l’esquiva et le cadavre, trop peu réactif, se heurta à la voiture en fin de course. La pianiste profita alors de la situation et appuya sur le dos de la charogne pour l’immobiliser et planter sa lame à la base de sa nuque.


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 17 Avr 2016 - 15:48

Qu’il était jouissif de conduire un tel monstre de puissance. Les mains cramponnant le volant, Baby avait véritablement apprécié de conduire l’engin à travers les rues désolées de la ville. En fait, il ne s’était pas senti aussi en sécurité depuis le début de l’infection.

Zigzagant entre tous les obstacles possibles et inimaginables, il vint exploser l’une des créatures sur le pare-chocs avec un « oh » moqueur et sonore. En fait, il venait de trouver un nouveau jouet et aucune veste de marque, aucune rolex… pas même une boîte de caviar ne lui aurait prodigué autant de plaisir !

A peine furent-ils arrivés que Baby eut presque des regrets de couper le contact. Il rangea les clés de la voiture soigneusement pour ne pas qu’on la leur pique et s’avança à la suite de Selene qui semblait tout à fait réveillée… Elle semblait même d’accord avec son idée de génie, cette fois. C’est qu’il n’avait pas été des masses à l’école, le gars, mais il en avait quand même dans le ciboulot.

Quand sa passagère lui signala les trois infectés, Baby eut tout juste le temps d’empoigner sa statuette avant de courir à sa suite. Il redécouvrit avec satisfaction la maestria avec laquelle cette dernière se débarrassa de deux d’entre-deux, lui laissant le troisième, un autre employé qui semblait traîner la patte. En y regardant de plus près, Baby put en comprendre la raison. Enfoncé à l’arrière de la guibole, le type qui ne devait pas avoir plus d’une vingtaine d’années, traînait une fourche qui faisait tout un boucan. Le voyant s’approcher de lui et de la voiture, Baby n’eut pas un effort surhumain à faire pour agripper le type par l’avant de son tablier et d’un geste brutal le fracassa contre le pare-chocs du 4x4. Sonné, la créature retomba en arrière sur le sol.

Alors qu’elle tentait péniblement de se relever, Baby empoigna la fourche qui sectionna la jambe en partie avant de finir le boulot en enfonçant les dents de métal dans le crâne du jeune homme qui s’ouvrit en deux, rependant sa cervelle sur le sol.

Victorieux, Baby souleva l’outil qu’il positionna sur ses épaules en regardant Selene :

« Ca à moins de classe qu’un trophée mais st’assez efficace, nan ? »

Il lui désigna le corps sans vie devant lui avant finalement de poursuivre :

« Allez… Tâchons de faire ça vite... C'est... pourtant pas ce que j'ai l’habitude de faire !»

Il dépassa Selene à cette dernière reflexion vis à vis de son taff, en jouant des mécaniques comme un soldat aux commandes d’un char d’assaut.

Le magasin n’avait pas été fermé. Sans doute le gérant s’était-il fait prendre par l’ampleur de la catastrophe et avait filé ou était mort sans avoir pris le temps de baisser les grilles du magasin. L’endroit était donc resté désert, inviolé.

Personne avant eux n’avait, semble-t-il, eut l’idée de venir dérober du matériel de jardinage, préférant stations essence, épiceries et magasins.

Essentiellement éclairés par la lumière diffusée par les grandes baies-vitrées à l’avant du magasin, Baby avait en avant, prudemment. On ne pouvait voir le fond des rayons car baignées dans l’obscurité la plus totale. N’ayant pas de lampe torche, il préférait rester sur ses gardes jusqu’à parvenir au rayon recherché.

Il indiqua l’endroit à Selene pour finalement y arriver quelques instants plus tard.

Silencieux, il lui chuchota comme pour éviter d’attirer l’attention d’infectés qui pourraient toujours se trouver dans le magasin :

« Alors… Une préférence ? Carotte, salade, tomates ? Annonce la couleur… »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 17 Avr 2016 - 17:23

Avant que le rouquin ne parvienne à se relever, Selene lui envoya son talon dans la figure, brisant son nez par la même occasion. Elle se baissa alors, appuyant sur la poitrine de la charogne avec l’un de ses genoux, et enfonça sa lame jusqu’à la garde, passant sous la mâchoire inférieure. Haletante, elle contempla son œuvre de longues secondes avant de se relever. Une horreur de plus imprimée dans son subconscient. En essuyant son arme sur sa manche, elle tourna les yeux vers Baby, qui arborait désormais une fourche d’un air victorieux.

- Pas mal, admit-elle sans pour autant oser baissant son regard froid vers le crâne fendue en deux.

Sur les talons de l’acteur, elle pénétra le grand magasin laissé ouvert. A l’intérieur étaient concentrées des odeurs de fruits moisis, de plantes desséchées, de terreaux, de feuilles pourries, et de mort. Il y avait certainement d’autres infectés dans le coin. Peut-être pas nombreux, mais il suffisait qu’un seul les prenne par surprise pour que toute cette incroyable survie s’arrête. La musicienne sortit sa lampe torche et l’alluma pour révéler les fonds de rayon les plus proches.

- Il nous faut des graines faciles à faire pousser je suppose… j’ai jamais fait ça j’avoue. Pommes de terre, radis, carottes, tomates, … faut prendre ce qu’on peut, on verra ce qu’on arrive à faire avec.

Lentement, Selene avança dans la serre. Passant les caisses, le grincement du tourniquet de l’accueil se répercuta en échos dans l’espace vide et abandonné. Le rayon de la lampe torche suivait les pancartes désignant le contenu des allées : plantes de salons, plantes d’extérieur, fleurs, fleurs exotiques, arbres et arbustes, … certains pots étaient renversés, d’autres avaient explosés – brisés par le poids des racines – et la plupart contenaient simplement des êtres desséchés.

- Bon… je crois qu’on y arrive.

En effet, la pianiste venait de trouver les étagères sur lesquels étaient entassés des sacs de graines de légumes. Intacts. Comme le suggérait Baby, personne n’avait encore songé à voir sur aussi long termes. Les gens pensaient survivre à base de conserves et autres sachets de pâtes, le temps que tout rentre dans l’ordre. La vraie solution, c’était l’autonomie. L’indépendance. Poussée par la curiosité, la jeune femme poursuivi son exploration, scrutant les recoins les plus sombres à la lumière de sa lampe. En fond de magasin étaient entreposés toutes sortes d’outils neufs : binettes, houes, plantoirs, sécateurs, râteaux… ils auront sans doute besoin de ça aussi. Selene passa une main dans ses cheveux cuivrés et se tourna vers son complice, un sourire satisfait sur ses lèvres décolorées.

- Je suppose qu’on embarque le tout ? On aurait peut-être du prendre un chariot, ça ira plus v-

Elle s’interrompit. Un bruissement venait de troubler la quiétude lugubre qui les enveloppait. Quand l’étudiante s’aperçut de quoi il s’agissait, ses yeux bleus s’écarquillèrent. Venant de l’ouverture arrière, celle qui donnait sur un vaste jardin servant à présenter les familles de grands arbres, un autre groupe d’anciens employés venait de flairer la viande chaude. Ils n’étaient pas que trois cette fois, mais une dizaine, avançant en grognant vers les deux acolytes.

- Putain de merdre…

Le concert de râles devenait une litanie effrayante, leur progression lente une armée menaçante. La masse de chairs putréfiées était trop important pour s’y attaquer avec son couteau. Tenter une percer équivaudrait à y perdre le bras, puis le reste de son corps. Tout en reculant, Selene relégua sa lame dans la poche la plus accessible de son manteau et tira son glock de sa ceinture. Elle fit feu sans prévenir, les détonations se répercutant en échos sur le haut plafond de la serre, assourdissantes. Malheureusement, elle maniait beaucoup moins bien le revolver que l’arme blanche et après dix balles de tirées, seuls quatre cadavres étaient à terre…


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Just Survive Somehow

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