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 Just Survive Somehow

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Just Survive Somehow   Dim 10 Avr 2016 - 8:55

La lumière du jour se reflétait paresseusement sur les eaux mortes du lac. Ça faisait déjà presque une heure qu’elle était assise là, hantée par les pensées et les cauchemars. Réminiscences de ce qu’on lui avait fait, et ce qu’elle avait fait. Selene avait la sensation de n’être plus que l’ombre d’un être humain. Une ombre solitaire, égarée, qui mourrait à petit feu. Elle ne pouvait plus faire reculer l’évidence désormais : il fallait qu’elle quitte Seattle, coûte que coûte. Bobby lui avait parlé d’un chalet au nord ouest de la ville, à une journée de marche. Ce n’était pas la porte à côté, mais si elle voulait survivre, c’était sa seule chance. Et si son ami étant encore en vie, c’est là-bas qu’elle le trouverait…

L’étudiante se redressa. Elle avait faim mais ses vivres étaient épuisés. Tout ça à cause de son stupide détour à Georgetown. Au final, elle ne savait plus trop si c’étaient ses pas ou le destin qui l’avait guidée vers Madrona, mais le fait est que la revoilà. 5 mois plus tard, et les lieux n’ont pas bougé. Enfin… si, un nettoyage devait avoir été fait car il y avait moins de morts que dans ses souvenirs. Ou bien avaient-ils tous migré vers… ailleurs.

Couteau en main, la musicienne s’aventura au milieu des maisons abandonnées. Sa silhouette mince se faufilait de voiture en haie, de haie en poubelle, de poubelle en porche. Une odeur de décomposition saturait l’air frais de cet hiver qui refusait de laisser la place au printemps. Une saison prémonitoire, la sensation qu’elle ne s’éteindrait jamais. Plusieurs cadavres jonchaient le sol, le crâne explosé, colonisés par des nuées d’insectes nécrophages.

En retrouvant le pavillon où elle avait, il y a des mois de cela, rencontré Axel et Justin, Selene se sentit presque nostalgique. Presque. Sans hésiter, elle grimpa par la même gouttière que jadis et entra par la même fenêtre. C’était devenu une habitude : se faufiler partout, comme un rat. C’était avant tout à ça qu’elle devait sa survis. Dans la chambre qui devait avoir appartenu à un enfant, les jouets étaient toujours au même endroit. Soupir mélancolique. Inexplicable lien apocalyptique.

La pianiste fit d’abord le tour de l’étage, couteau en avant, mais rien. Il y avait des traces de sang pourtant, des rôdeurs devaient être entrés, mais ils n’étaient plus là. Lentement, elle descendit, retenant sa respiration. Trois cadavres dans le salon en phase de décomposition avancée, une odeur de mort suffocante, c’était tout. Bien évidemment, les placards étaient vides. En tournant le robinet de l’évier, seul un filet chétif et irrégulier s’écoula. C’était suffisant pour remplir sa bouteille. Qu’importe les débats sur l’eau du robinet désormais… mieux valait une bonne tourista que mourir déshydratée.

L’éclat d’une vitrine lui renvoya son image. Le teint laiteux, fatigué, des cheveux hirsutes qui n’avaient pas vu de peigne depuis longtemps et ses yeux d’un bleu glacier qui n’exprimaient rien. Insondables, imperméables. Elle se faisait peur. Un sourire sans joie étira ses lèvres décolorées puis elle rangea sa bouteille dans son sac de camping. Ensuite, elle entama une autre étape de sa recherche : une carte et/ou une boussole. Si seulement elle avait pu prendre le temps de conserver une de ces boussoles en plastique quand elle était au Whole Food Market… Selene les revoyait, à la lumière de sa torche, elle n’avait qu’à tendre les doigts…

Toute la baraque fut donc passée au peigne fin. Que faire d’autre de toute façon ? Ce n’était pas comme si elle était attenue ; et s’aventurer dans la nature sans boussole c’était comme partir à la guerre sans fusil. C’était idiot et ça la condamnait à mort. La cuisine, le salon, la salle à manger, les sanitaires, la chambre d’enfant, la salle de bain… la jeune femme allait se décourager quand elle découvrit, dans un tiroir de la chambre parentale, une grosse boussole simplette, au milieu d’un tas de camelotes inutiles. Pas de carte, mais c’était déjà un demi-succès !

Personne ne le vit, mais la musicienne ne put s’empêcher de sourire. Un vrai sourire cette fois, qui illumina son visage fatigué. Après s’être assurée que l’ustensile fonctionnait, elle le rangea dans une poche de son manteau et choisi de poursuivre ses investigations ailleurs. Pour s’en aller, elle opta pour le garage, laissé grand ouvert depuis que Justin y était entré.

A peine l’étudiante eut-elle mis un pied dehors qu’elle se figea. Face à elle, à moins de deux mètres, se tenait un homme arrivant en sens inverse. Bien vivant. Un bel homme même, bien qu’il ait été éprouvé par les derniers événements – comme tout le monde. La raison murmurait à Selene qu’il pouvait être dangereux, qu’elle devait fuir – ou le tuer – mais ça faisait si longtemps qu’elle était seule… Flann, Axel, Bobby, Ziggy, Abigail… tant de gens qu’elle avait rencontré mais qu’elle avait pourtant abandonnés au profit de la solitude. Une solitude qui l’étouffait désormais. Qui l’effrayait, aussi forte fusse-t-elle.

- Salut, lâcha-t-elle sans réfléchir.


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 10 Avr 2016 - 11:03

La faim.
La faim peut-être une bien cruelle maîtresse. Elle vous tiraille quelques jours affreusement, puis finalement vous ne la sentez plus. Pourtant, elle est toujours là à suçoter vos forces pour vous transformer, peu à peu en mort vivant… Il avait vu des gens mourir pour ça mais en avait été jusque-là plutôt préservé.

En fait, à l’inverse des autres survivants, Baby avait gardé un semblant de vie normale jusqu’à maintenant. Le matin, il se rasait, prenait un petit déjeuner frugal avant de se mettre à faire son petit footing… pour rester en forme, dans les escaliers de son bâtiment, principalement. Parfois, s’il se sentait en forme, il faisait le tour de son block sans pour autant aller plus loin. C’est en rentrant de sa promenade matinale qu’il eut comme une révélation… une idée de génie. Madrona.

Il avait failli aller vivre dans ce coin-là… Le quartier était un écrin privilégié à l’est de la ville. Il était certain de pouvoir y trouver… pas nécessairement de la bouffe mais… peut-être une bonne bagnole familiale pour quitter la ville quand le moment serait venu.

Il se rhabilla à la hâte, enfilant sa veste croco la plus chic, une chemise blanche et un pantalon classe avant d’enfiler une fourrure légère par-dessus. Il empoigna son plus gros sac Vuitton avant de se mettre en route. Sa statuette à la ceinture… au cas où… Harold vivait dans un peu dans un monde à part depuis le début des hostilités… Dans SON monde, en fait.

Il n’avait pas eu à se salir les mains jusque-là. Il n’avait pas croisé grand monde et s’était fait oublier. Bien sûr, il s’était occupé de quelques infectés mais sans jamais vraiment prendre de risques. Lui qui avait connu la rue dans sa jeunesse ne craignait pas particulièrement ce nouveau monde. Comme d’habitude, il avait fait abstraction de l’horreur et s’y était adapté, tout simplement.

Le quartier de Madrona n’était qu’à une dizaine de minutes de son repaire. Eviter les attroupements de zombies zonant çà et là avait été plutôt facile. C’était devenu un jeu pour lui. Il n’avait nul besoin de tous les affronter s’il pouvait les contourner.  Il arriva près du Lac Washington et jeta un œil sur l’île Mercer au Sud Est. La vie y était-elle aussi belle là-bas ?

Il rajusta son sac avant de se diriger vers la rue principale, son regard parcourant l’une et l’autre des maisons pittoresques en quête de potentiel. Il en visita une mais elle avait déjà été visitée. Il visita la suivante, pareil.

Venir à Madrona n’était peut-être pas une si bonne idée en fin de compte.

Baby évita plusieurs infectés en passant par les jardins de plusieurs maisons pour finalement déboucher dans un petit coin où une bagnole attira son regard. C’était une range rover... Vous savez, le modèle 4x4 / Trek. Pile le genre de caisse dont il allait avoir besoin.

Pourtant, alors qu’il s’y précipitait, il s’arrêta lui aussi, net. Devant lui, un corps faisait abstraction. Il s’agissait d’une jeune femme.

Déglutissant, Baby se redressa, mi-songeur, mi-curieux pour la contempler quelques instants. Livide, la jeune femme ressemblait presque à l’un des mort-vivants qu’il avait croisé plus tôt. Peu importe d’où elle venait et ce qu’elle avait vécu… elle avait surement connu des jours meilleurs.

« Salut » lui répondit Baby en prenant un grand sourire chaleureux.

« Tu… Tu as une triste mine, ma jolie… Est-ce que tu veux parler de ce qui te chagrine ? »

C’est que Baby avait toujours su comment briser la glace…
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 10 Avr 2016 - 12:37

Selene souleva un sourcil. Répartie inattendue pour un homme inattendu. Instinctivement, elle se détendit. Pas parce qu’elle baissait sa garde, plutôt parce qu’elle était lasse de la garder levée. L’inconnu ne paraissait pas dangereux, pas pour l’instant en tout cas, et elle ne put s’empêcher de sourire. Un sourire qui lui avait échappé, impossible à rattraper, signe de faiblesse. Ses yeux bleus restaient impénétrable pourtant, détaillant son comparse avec une impression silencieuse. Veste chic, pantalon chic, fourrure chic, sac chic… même des mois après le début de l’apocalypse, ce mec sentait l’aisance à plein nez. Un riche qui préfèrait vivre parmi les morts que renoncer à son esthétique de vie… c’était une philosophie qui se défendait.

Que devait-il penser d’elle ? Un manteau volé dans un prêt-à-porter au rabais, un slim plus qu’usé, des rangers qui avaient souffert, et surtout son air de sauvageonne qui vivait dans les rues. En fait… elle vivait effectivement dans la rue, si on peut dire. Un type de la haute qui rencontre une clocharde – la princesse et le crapaud, mais en inversant les rôles.

- Ce qui me chagrine…, répéta lentement l’étudiante en réajustant son sac sur ses épaules, c’est la merde, trancha-t-elle sans sourire, en résumé.

Elle soupira. Et ensuite ? Devait-elle passer son chemin ? Ça faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas fréquenté d’humain sociable qu’elle en deviendrait folle. Enfin… elle devenait folle de toute façon, mais c’était une autre histoire. Un silence fila. Quelques secondes seulement, mais dans l’esprit de la musicienne, c’était une éternité ; un temps infini face à cet homme qui semblait diffuser une vague de chaleur. A croire que son aura avait les mêmes vertus qu’un bon radiateur éléctrique. Dans son dos, l’après-midi prétendait être ensoleillée. Une lumière éclatante mais fraîche, presque froide. Un leurre.

- Y’a rien là-dedans, dit-elle en faisant un signe de tête vers la maison, complètement vide. Enfin… c’était pour ça que vous veniez ?

Le doute. Après tout, vu l’apparence de l’individu, ça pourrait bien être sa baraque. Il n’y avait qu’à l’observer 5 minutes pour savoir que le volant de la Range Rover juste à côté lui irait comme un gant. Une voiture… Selene réalisa qu’elle n’y avait pas pensé ! Tellement habituée à arpenter Seattle à pieds, jamais elle n’avait eu l’idée de temps de fuir au volant d’un véhicule. Direction nord-ouest,là où Bobby l’attendait, là où la vie l’attendait… son ventre gargouilla, l’arrachant à ses fantasmes d’évasion, la rappelant cruellement à la réalité.

- Vous… j’suis désolé, vous n’auriez pas quelque chose à manger par hasard ? Je peux vous donner quelque chose en échange ! J’ai, euh…

Rien. C’était exactement ce qu’elle avait. Rien dont elle n’accepterait de se séparer en tout cas. Son couteau, son flingue, même sa boussole valaient toujours mieux qu’une conserve si on pensait au long terme. Il lui restait quelques fringues de rechange, mais ça n’irait évidemment pas à l’inconnu ; et quand bien même, ce n’était pas son style. Elle n’avait rien qui avait été découpé dans la chair d’un animal.

- Laissez-tomber…, dit-elle finalement, c’est pas grave.


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Harold Switak
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 10 Avr 2016 - 13:46

Baby avait conservé son sourire bienveillant. Il avait toujours été comme ça. Protecteur, il émanait quelque chose de lui. Quelque chose de différent. D’unique. Devant la situation de détresse de la jeune femme, Baby leva doucement les mains en l’air comme pour lui montrer qu’il n’est pas armé et glissa lentement la main sous son manteau de fourrure en sortit… non un flingue comme on aurait pu le penser de prime abord mais une pomme.

Le fruit, d’un rouge vif brillait sous le soleil radieux réveillant ses propres papilles à la contemplation de ce dernier… De loin, on aurait presque pu penser qu’il s’agissait d’un rubis, d’une pierre précieuse étant donné la faim qui pouvait miner les uns et les autres.

A quelques mètres d’elle seulement, il lui lança la pomme, d’un lancer simple qu’elle n’aurait pas de mal à rattraper avant de lui lancer :

- Tu as l’air d’en avoir plus besoin que moi…

Il glissa les mains de part et d’autre de ses hanches pour lui lancer, fièrement :

- A dire vrai, j’ai pas beaucoup d’intérêt pour toutes ces maisons… J’ai déjà un chez moi et j’y suis attaché figure toi… En revanche…

Son regard suivit le sien vers la voiture garée derrière elle. Recouverte d’une fine couche de poussière, le véhicule n’avait semble-t-il pas été bougé depuis des mois. Si le moteur démarrait, s’il y avait encore de l’essence et qu’il pouvait en trouver les clés, il bénéficierait d’une bonne bagnole… presque un tank en fait pour quitter la ville en toute sécurité.

Il ne savait pas encore très bien où il irait. A dire vrai, il se doutait bien que la même
merde, pour reprendre les mots de la jeune femme, devait avoir remplacé le monde… le monde entier. Il l’avait bien vu aux infos avant que le courant ne soit coupé.

Peut être qu’il roulerait au Sud Est jusqu’à Seward Park. L’accès y était étroit et… avec l’aide de quelques personnes peut être, il pourrait certainement survivre en attendant que les choses se tassent.

Puis Baby haussa les épaules pour lui glisser :

- T’en fais pas pour la pomme… A dire vrai, y’a un pommier par là bas… à environ 300 mètres…  lui lança-t-il en désignant le chemin qu’il venait d’emprunter.

Il aurait bien sûr pu garder l’information pour lui mais à quoi bon… Il se débrouillerait toujours pour trouver de quoi manger. Il était seul et n’avait qu’un seul estomac à nourrir… Le sien…

- Au fait, lui lança-t-elle enfin, moi c’est Baby… et toi ? Comment est-ce qu’on t’appelle ?
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 10 Avr 2016 - 15:01

La pianiste tressaillit quand l’inconnu plongea la main sous son manteau, mais ce qui en sortit la fit saliver immédiatement. Une pomme, d’un rouge éclatant, presque trop belle pour exister. Référence involontaire à Blance-Neige qui aurait été comique dans un autre monde, mais actuellement, tant pis. Elle avait trop faim, suffisamment pour prendre le risque. Le type lui jeta le fruit et Selene l’attrapa au vol, murmurant un « merci » hurlant de reconnaissance. Elle ne se fit pas prier pour croquer dedans et manqua de s’évanouir tant c’était bon. La chair tendre, le jus sucré, à croire que l’épidémie n’avait jamais eu lieu.

L’inconnu assura ne pas en avoir besoin et, pour être honnête, la musicienne ne songea même pas à partager. Ses yeux bleus suivirent le regard de son interlocuteur qui bifurquait vers la voiture. Bien sûr, elle avait vu juste. Oui, ce serait une super opportunité. Un véhicule robuste en état de marche, capable d’avaler les kilomètres et de broyer les marcheurs sur son pare-choc. Un fantasme, un rêve…

Le dénommé Baby, car c’était ainsi qu’il s’était présenté, lui avait révélé l’emplacement du pommier. Selene aurait pu courir faire le plein. Pourtant… elle ne voulait pas partir. Pas tout de suite en tout cas. L’humain était ce qu’il était, lui et ses réflexes pavloviens. La compagnie primait sur l’estomac maintenant qu’elle avait avalé quelque chose.

- Selene, répondit-elle sans respirer en l’observant, je m’appelle Selene.

Comme la lune. A jamais dans l’ombre, à jamais un reflet, son propre reflet. Affamée comme elle était, l’étudiante avait engloutit le fruit, trognon compris, en quelques bouchées. Un peu honteuse d’avoir agi de la sorte, elle se détourna vaguement pour essuyer ses lèvres et feignit de s’intéresser aux crochets vides sur lesquels devaient, autrefois, pendre des outils.

- Baby… c’est un surnom, non ? Ce serait bizarre d’appeler quelqu’un comme ça.

Elle pensait à voix haute. Au fond, elle s’en fichait. Mettre un nom sur un visage, c’est tout ce qui importait. Une nouvelle fois, elle tourna la tête pour l’observer. Rasé, frais, propre. Evidemment, il devait avoir une belle maison pas loin, suffisamment bien située pour qu’il y coule des jours tranquilles. Sa situation était-elle meilleure ? Non… donc inutile de juger.

Enfouissant ses mains dans les poches de son manteau, Selene s’avança, réduisant enfin à néant la distance qui la séparait de l’acteur, et le dépassa même, pour s’assurer que rien ni personne n’arrivait. Traîner longtemps au même endroit, ce n’était plus conseillé à Seattle désormais, même dans les beaux quartiers. Revenant vers Baby, l’air réveillée par le sucre de la pomme, elle rejeta en arrière ses cheveux auburn avant de lui proposer en désignant la voiture d’un signe de tête.

- Si tu veux, je t’aide à chercher les clefs. Je t’avoue que je n’y crois pas trop mais… je te dois bien ça, pour la pomme.

Un geste qui signifiait tout et rien. Il avait parfaitement le choix. Ne pas lui donner, ne pas dévoiler l’existence de son pommier providentiel, et même lui voler le peu qu’elle avait. C’était trop tôt pour dire s’il s’agissait d’un type « bien », mais la pianiste pouvait affirmer que c’était un humain décent. Bien plus que ceux croisés avec Flann au sud de la ville…

- Sinon pas moyen de la faire démarrer en bricolant les fils du démarreur ? ajouta-t-elle en sortant les mains de ses poches pour se mettre au travail, ça ne marche que dans les films je parie ?!


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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Dim 10 Avr 2016 - 23:56

Baby lui glissa un clin d’œil amusé, presque jovial tout en la regardant non pas déguster mais avaler le fruit offert comme une lionne sur un morceau de barbaque. Peut-être que lui aussi en arriverait là un jour. Il repensait souvent à sa vie de jeune homme où, jeté dans la rue, il avait connu les privations, les dangers et échappé de justesse à l’ombre de la drogue. Il avait survécu en passant entre les gouttes. Il s’était adapté puis avait su s’adapter à sa nouvelle vie, cette vie qui l’avait sorti du ruisseau pour le hisser jusqu’aux plus hautes sphères de la notoriété et lui permettre, encore aujourd’hui, d’être reconnu dans la rue.

Enfin ça ne devait pas être le cas pour Selene puisqu’elle était restée bloquée sur son pseudo. Ironisant de la situation, Baby lui glissa tout en tâchant de paraître sérieux :

« Oh non… Mon père avait juste un méchant sens de l’humour… Il m’a appelé Baby avant de disparaître en laissant juste une vieille guitare et une bouteille de bière vide comme toute pension… »

Bien sûr, l’histoire de la guitare et de la bouteille de bière, il les avait piqués à Johnny Cash mais qui irait le blâmer aujourd’hui ?

« Tu as un très joli prénom… Tu ne devrais pas être aussi triste avec un si joli prénom ! »

Il lui glissa un nouveau sourire tout en rajustant son sac, dans son dos.

Quand leurs regards glissèrent de nouveau sur le bolide, il lui répondit tout naturellement :

« Ma foi pourquoi pas… C’est de la bonne bagnole ça et j’ai toujours rêvé d’en conduire une… Ca passe partout ce genre de trucs… C’est pas facile à conduire mais c’est idéal pour prendre le maquis ! »

Il s’approcha du véhicule, jetant de petits regards tout autour de lui comme il en avait l’habitude et ce, pour éviter de se faire surprendre. C’était son code, ses règles. Il les suivait scrupuleusement. C’est en grande partie grâce à ces enseignements qu’il n’avait pas été infecté jusque-là.

Arrivé devant le 4x4, il voulu ouvrir la portier, sans succès. Il voulut briser la vitre mais se ravisa in-extremis. L’alarme se déclencherait surement attirant à eux tous les infectés du coin… Non… Il leur fallait les clés.

Baby désigna la maison devant laquelle la voiture était garée pour lancer à voix basse à Selene :

« Les clés doivent être là-dedans… A deux on ira plus vite… Ce genre de voitures ne se démarre pas en croisant deux fils… et quand bien même on pourrait… j’ai aucune idée des fils sur lesquels il faudrait tirer… C’est que… J’suis pas trop manuel comme garçon… enfin si on peut dire… »

Baby ne savait pas utiliser un tournevis… mais savait pourtant prendre les choses « en main » lorsqu’elles tournaient en dessous de la ceinture… Pour ça, il n’y avait pas de problèmes…

Il lui indiqua le porche de la maison et tirant sa statuette, son fameux « hot d’or » dont il s’était déjà servi a de bien nombreuses reprises, il lui chuchota :

« Est-ce que… t’es armée ? » désignant sa statuette avec facétie.

Baby n’avait pas d’armes à feux. Il ne s’en était jamais servi et n’aurait été probablement capable que de se tirer dans le pied avec ce genre d’armes… Non, il préférait aller au contact et défoncer quelques crânes « à la main » même si cela supposait de se rapprocher au plus près des infectés… C’est d’ailleurs pour ça que s’il pouvait éviter de s’en approcher… C’était aussi bien.

Arrivé près de la porte, il posa la main sur la poignée et donnant un petit coup dessus, il constata que cette dernière n’était pas verrouillée… La porte bascula sur ses gonds et s’ouvrit en silence. Un regard jeté vers Selene, il lui demanda avec un sourire gorgé d’adrénaline :

« T’es prête, ma jolie ? »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Just Survive Somehow   Lun 11 Avr 2016 - 17:17

Il la faisait sourire quand il la complimentait, sans aucune vraie raison. D’ordinaire, la jeune femme n’était pas vraiment fan des mecs trop familier qui servaient du « ma jolie » d’entrée de jeu. Pourtant, dans l’instant, ça ne la dérangeait pas. Ça faisait partie de ce drôle de personnage emmitouflé dans ses fringues de luxe. Avec son surnom, ses clins d’œil joviaux et sa nonchalance apparente, Baby était différent de tous les survivants qu’elle avait croisés. Ce fut en l’observant étudier scrupuleusement les environs de la Range Rover que Selene comprit : il était vivant ; pour de vrai.

La plupart des autres personnes qu’elle avait croisé, elle-même inclue, étaient à leur manière rongés par l’épidémie. Ils étaient graves, maussades, désespérés, stressés… la musicienne avait cessé de compter ses crises de larmes et ses cauchemars au bout de quelques semaines. Elle n’était plus qu’une boîte vide animée par des émotions brûlantes et glacées qui perdaient de leur mordant. Mais l’acteur, lui, débarquait en souriant avec ses fringues d’antan, ne rêvant que de conduire une belle voiture et de chasser la tristesse du cœur d’une fille. Un type rayonnant. Quand il lui rétorquait qu’il n’était pas manuel en laissant planer un sous-entendu, la pianiste lui adressa un sourire emprunt de malice.

Ses yeux bleus se posèrent vers l’arme saugrenue de son acolyte. Une statuette en or, une femme avec des ailes d’anges qui portait quelque chose qu’elle n’arrivait pas à identifier. Bizarrement, ça ne la surprenait pas. Un couteau dans les mains de ce dandy en croco aurait été d’un vulgaire antinomique.

- J’ai ce qu’il faut oui, répondit-elle.

S’approchant du porche, elle ouvrit son manteau pour libérer l’accès à son revolver coincé dans sa ceinture et tira son couteau de camping de sa poche. La lame était encore tachée de sang séché et de résidus organiques non identifiables. Sous l’impulsion de Baby, la porte du pavillon s’ouvrit en silence, dévoilant un simulacre de couloir agressé par la lumière du jour. La peinture était couleur bleuet, apaisante. Un meuble à chaussure trônait dans l’entrée, de bonne qualité, surmonté de photos de famille. Selene fut frappée par le bonheur qui émanait du couple et de leurs deux enfants. A la plage, à la montagne, à un anniversaire…

Elle avait beau s’être endurcie, les larmes montèrent à ses yeux clairs. Mélancolie aiguë ; mauvais pressentiment. Sans faire de bruit, elle désigna un miroir brisé sur le sol qu’il convenait d’éviter. Après moins de trois mètres, la première ouverture se découpait sur la droite. Une pièce sans porte, sans doute la cuisine. Le cœur de l’étudiante battait à tout rompre quand elle se plaqua au mur et passa sa tête dans l’encablure pour voir ce qu’il en était. L'endroit avait été ravagé, bien sûr. Les portes des placards étaient arrachées, le réfrigérateur ouvert, les couverts renversés. Il manquait visiblement plusieurs grands couteaux : les fourreaux étaient vides. Fuyant cette vision, la jeune femme préféra se tourner vers son partenaire pour lui glisser :

- Tu veux commencer par où ?

Il ne lui avait pas répondu qu’un son attira son attention. Un râle, faible, presque hésitant. Selene regarda d’abord en arrière, pour s’assurer qu’ils n’étaient pas assaillis par la porte d’entrée, mais ce fût depuis le salon qu’elle arriva. Une gamine, celle des photos, qui devait avoir 5 ou 6 ans. Sa putréfaction était avancée, elle avait un œil crevé, la moitié des cheveux arraché et son visage bruni par la mort était couvert de sang coagulé. Comme si elle était décédée dans son lit, elle portait encore son pyjama, qui devait être rose avant d’évoluer vers un dégradé aléatoire de rouges.

La musicienne resta figée. Une enfant. Elle n’avait encore jamais eu à tuer une enfant rôdeur. Envolées toutes les belles rhétoriques, toutes les raisons qu’on se faisait en disant que ces choses n’étaient plus humaines. Cette gosse ne méritait pas moins de vivre qu’elle, et pourtant…

Elle dressa son couteau, prête à prendre les devants, à se montrer forte, à abréger les souffrances post-mortem de cette petite fille ; mais sa main resta suspendue dans les airs. Fébrile, comme bloquée par une force invisible, Selene ne pouvait que dévisager la demi-portion de cadavre qui avançait vers eux lentement en râlant. Abandonnant la partie, la jeune femme ferma brièvement les yeux en abaissant son arme.

- Je peux pas faire ça, expliqua-t-elle sans oser regarder Baby, pas encore.


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