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 After the Fall

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Thalia M. Caldwell
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MessageSujet: After the Fall   Jeu 31 Mar 2016 - 19:30

Cela faisait quelques jours que la vie se reconstruisait au lycée de Garfield. Les bâtiments portaient encore les stigmates des combats féroces qui avaient eu lieu. Les survivants devaient gérer leurs blessures, la reconstruction... et le deuil. Ils avaient perdu tellement de gens... Ceux qui n'avaient aucune perte à déplorer étaient si rares ! Pourtant, aller de l'avant était la seule chose à faire. L'unique viable. Certains y arrivaient mieux que d'autres, et Thalia devait être au nombre de ceux qui avaient le plus de mal à le faire. Dans l'affaire, elle avait perdu son mari, Morgan. Pire encore, elle était rongée par une culpabilité qui la tuait à petit feu, et qui l'avait enfermée dans une dépression terrible. Isolée de tout et de tous, elle ne faisait plus rien à part rester prostrée dans un coin, couchée, mangeant et buvant à peine. Le problème, c'était qu'elle laissait son bébé sans sa présence maternelle...
La petite Evelynn avait vu le jour le lendemain de la mort de son père, tragique ironie s'il en était. Certains dans le camp y voyaient un message d'espoir puissant. La zoologiste n'y avait quant à elle que vu le poing implacable du destin. Il lui avait été impossible de regarder sa fille ou de la prendre dans ses bras. Dès les premiers instants, elle s'était refusée à lui accorder le moindre geste, osant à peine un regard. Alors, autant ne pas parler de s'en occuper ou de l'allaiter... Cela lui était tout bonnement impossible. Elle avait l'impression de contempler l'étendue de ses crimes, et d'être mise au pied du mur. Le bébé grandirait sans son père... et c'était de sa faute. Fort heureusement, bien des survivants avaient pris le relais, et se chargeaient de combler ses carences. Le lait maternisé donné au biberon convenait parfaitement, et il y avait toujours auprès de la petite une ou plusieurs personnes pour subvenir à ses besoins et veiller sur elle. Parmi eux, on pouvait citer Lysbeth, Maxine, Ian ou Emerson qui se chargeaient de vérifier son état de santé... et bien entendu, Jessie.

La jeune fille s'était avérée capable de faire face à l'urgence, bien que n'ayant aucune expérience dans ce domaine. Avec courage, elle s'occupait d'Evelynn à toute heure du jour et de la nuit, ce qui était à saluer. D'ailleurs, c'est avec le nourrisson dans les bras qu'elle entra dans la pièce où Thalia s'était retranchée depuis le drame. Fortement éprouvée par l'accouchement, elle récupérait... lentement. La dépression ne l'aidait pas vraiment à se remettre. Elle avait le visage de ceux qui avaient tant pleuré que les larmes n'arrivaient plus à couler. Détruite, voilà ce qui pouvait la décrire le plus fidèlement. La jeune femme était installée dos au monde, tournée vers le mur, recroquevillée presque en position fœtale. Aux pieds de son lit de fortune, ses deux chiens-loups étaient roulés en boule, le museau enfoui dans la queue. En espérant que leur présence réconforterait la jeune mère, on les avait laissés sortir du chenil, mais sans que cela soit un succès pour le moment. Sentant le désespoir qui habitait leur maîtresse, les jeunes chiens avaient rapidement compris le message, et se tenaient tranquilles, vigilants et à son chevet. Parfois, ils se montraient protecteurs en poussant de petits grondements d'avertissements à ceux qui entraient, mais sans jamais aller plus loin. De temps à autres, l'un d'eux gémissait doucement, plaintivement, comme pour susciter une réaction qui ne venait pas. À l'arrivée de la rouquine, tous deux levèrent la tête et remuèrent doucement la queue, sans faire preuve d'une quelconque forme d'hostilité.


« Thalia... Je vais emmener Evelynn à l'infirmerie, pour vérifier que tout va bien pour elle. Tu veux venir avec nous ?

Les paroles glissèrent sur la zoologiste comme le vent à la surface de l'eau. Il n'y eut aucune réaction. Elle était tellement enfoncée en elle-même, léthargique, que plus rien ne semblait l'atteindre. Et pourtant, Jessie essayait, inlassablement. Même si elle imaginait ce que pouvait traverser Thalia, elle n'arrivait pas à comprendre l'ampleur de sa dépression. Et parfois, cela la décourageait horriblement. Comme si le fait de devoir tout prendre en main lui ôtait son droit d'éprouver du chagrin et d'être elle aussi en deuil. La rouquine attendit une réponse quelques instants, sans bouger. Dans ses bras, le bébé s'agita et commença à pleurnicher un peu. Ayant pris l'habitude de cela, en quelques jours, la jeune fille se mit à la bercer doucement, pour la calmer. Ne voyant aucune nouvelle réaction, elle renonça. S'éloignant en direction de la porte, elle marqua un temps d'arrêt avant de sortir.

- Maxine est là. Elle aimerait te voir, et te parler un peu. À plus tard. »

Sur ces mots, Jessie sortit, croisant Maxine au passage. Thalia crut vaguement l'entendre lui souhaiter bonne chance, mais elle garda l'immobilité d'une statue. Ce n'était pas la première fois qu'on venait à son chevet... mais rien ne semblait encore pouvoir l'atteindre.


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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: After the Fall   Sam 9 Avr 2016 - 21:16



Il fallait tout reconstruire. En commençant par se reconstruire soit même. Depuis le drame du gymnase, Maxine était perdue. Tout ce dont elle croyait, tout ce qu'elle pensait être s'était envolé. Elle avait tué un homme aussi rapidement et facilement qu'elle enfilait ses chaussettes. Et même le fait de se dire que c'était simplement pour se défendre ne la consolait absolument pas. Quelque chose en elle avait changé et ce, à tout jamais. L'institutrice s'était muré dans le silence jusqu'à ce qu'Evelynn vienne au monde et que Thalia sombre dans une dépression intense. Elle avait espéré que cela ne dure que les premiers jours. Jessie aussi d'ailleurs. Mais plus les jours avançaient et plus la jeune mère s'enfonçait peu à peu dans sa tristesse. Perdre son mari était déjà une épreuve, Maxine s'en doutait puisqu'elle imaginait souvent , lorsqu'elle fixait distraitement Jaden qui s'affairait avec les autres, ce qu'elle serait devenu s'il n'était pas revenu ce jour là. Et à chaque fois, le simple fait d'imaginer cette scène lui fendait le cœur. Mais Thalia devait ajouter à ça tout ce qu'un accouchement apportait de néfaste. Et depuis sa naissance, elle refusait catégoriquement de s'occuper de ce petit être qu'elle avait mis au monde.


Les discussions avec Jessie, Emerson, Lysbeth ne tarissaient pas à ce sujet. Toutes étaient bien décidées à remédier à cette situation, mais comment pouvaient elles faire ? Maxine n'avait jamais eu d'enfant et elle était persuadée qu'elle n'en aurait jamais, elle n'avait donc jamais vécu ce qu'était en train de vivre Thalia. Cependant, elle avait croisé bien assez de maman dans sa vie pour savoir que la dépression post partum ne se réglait pas en un jour. Et comme il était difficile de trouver un psychologue pour s'occuper d'elle, alors à tour de rôles, les filles se relayaient pour s'occuper d'Evelynn et tenter une approche vers Thalia.
Lorsqu'elle posait les yeux sur cette petite fille, Maxine ne pouvait s'empêcher de se sentir triste. Elle devait ressentir le manque de sa mère et parfois les pleurs n'indiquait rien d'autre que cela. Elle avait besoin de Thalia. Et Thalia devait tout faire pour elle. « Je vais retourner lui parler. » Murmura Maxine à l'intention de Jessie, le matin même, en la croisant dans le couloir les bras chargés d'un bébé paisiblement endormis. « Tu devrais la laisser un peu à Emerson, le temps de dormir un peu. » Ses conseils sonnaient un peu faux mais Maxine essayait tant bien que mal à rester crédible. Elle menait une véritable bataille avec elle même, incapable de savoir si elle prenait réellement soin des autres ou si c'était simplement une impression. Le regard un peu fuyant, elle s'éclipsa, laissant Jessie prendre la direction qu'elle voulait, sans vérifier si oui ou non elle écoutait ses conseils.

Bien plus tard, l'institutrice se présenta devant la porte de Thalia, où Jessie était encore. Lorsque la rouquine sortit en lui lançant un « Bonne chance. » Maxine ne put que hocher la tête, les mains enfoncées dans les poches de son manteau kaki. Elle essayerait mais il y avait de grande chance que cette discussion se termine comme toutes les autres, c'est à dire par le silence total. Sans surprise, Thalia était allongée dans son lit, face au mur, tournant le dos aux gens qui lui rendait visite. « Hey.. » lança doucement Maxine alors que Jessie venait de fermer la porte. Aucune réponse, pas même l'ombre d'un mouvement de la part de Thalia. Rien ne changeait. Il fallait trouver les bons mots, la bonne stratégie d'approche. « Thalia.. ? » Seconde tentative pour la faire réagir, en vain. Alors l'institutrice alla s'installer sur le rebord du lit, posant délicatement sa main sur le bras de la jeune femme qui refusait toujours de se tourner vers elle. Dans un premier temps, Maxine se contenta de lui caresser le bras, cherchant à être la plus réconfortante possible, les yeux levés vers le plafond en cherchant quoi lui dire. Inutile de lui sortir l'habituel « Je sais que tu souffres beaucoup. » C'était très certainement impossible d'imaginer combien Thalia souffrait à cet instant. « Je sais que tu t'en veux, pour.. Morgan. » Sur la fin Maxine hésita à prononcer le prénom du défunt époux. « Est ce que tu veux bien te tourner ? Je ne te forcerai pas à me parler si tu n'en as pas envie Thalia, mais tu peux simplement écouter ce que j'ai à te dire, d'accord ? »

Il fallait tout tenter.




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Thalia M. Caldwell
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MessageSujet: Re: After the Fall   Mer 13 Avr 2016 - 11:56

Thalia entendit le bruit de pas qui se rapprochaient, alors qu'elle continuait à regarder fixement le mur, comme si ce simple morceau de crépi criard avait quelques pouvoirs hypnotiques. C'était comme se perdre dans le néant, se sentir aspirée, pour mieux oublier la douleur qui la ravageait. Mentalement, physiquement, elle n'avait pas un instant de répit. Le sommeil lui apportait des cauchemars dans lesquels elle revivait en boucle ces scènes d'horreur, et dont elle se réveillait en sursaut, trempée, tremblante et souvent en larmes. L'état d'éveil ne lui servait qu'à ruminer encore et encore sa culpabilité, à rejouer les scènes en changeant ses décisions pour essayer d'obtenir une fin différente. Elle savait que cela ne lui rendrait pas son mari, et pourtant elle ne parvenait pas à se défaire de cette obsession un brin masochiste. Mais comment laisser couler ? Passer à autre chose alors qu'une semaine plus tôt Morgan était toujours avec elle ? Elle ressentait son absence comme une plaie vive qui s'infectait et refusait de guérir. Chaque matin, se réveiller sans son odeur et sa présence était un véritable crève-coeur.
La jeune femme sentit quelqu'un s'asseoir sur le bord de son lit. C'était Maxine, comme le lui avait dit Jessie en sortant. Elle avait entendu, même si elle était restée sans réaction. Elle avait reconnu sa voix, dans le brouillard de souffrance dans lequel elle restait plongée. Elle ne broncha pas en sentant la main de son amie se poser sur son bras. Dans son esprit, personne ne pouvait l'aider, alors il était inutile de s'acharner. Elle n'était certes pas la première femme au monde à affronter le deuil, et nul doute qu'elle aurait réussi à surmonter ça malgré la culpabilité qui la rongeait... mais la dépression post partum s'en était mêlée, profitant de ce moment de douleur et de faiblesse pour charger avec la délicatesse d'un rhinocéros enragé.

Le silence se prolongea quelques instants. Peu importait à la zoologiste. Elle s'y était faite, y compris aux visites qu'on lui rendait dans l'espoir de la sortir de là, de l'aider... Et pourtant, son esprit lui martelait en boucle « à quoi bon ? ». Ces efforts étaient vains, et elle se demandait même pourquoi elle continuait à respirer. Depuis un ou deux jours, des pensées suicidaires commençaient à se mêler à sa détresse habituelle. Le seul moyen de mettre fin à tout cela, à cette douleur, c'était probablement la mort. Et puis, ne reverrait-elle pas son mari, une fois ce pas franchi ? La plupart des religions s'accordaient à le dire... même si le suicide était généralement mal vu. Dans ses tourments, elle ne prenait même pas son bébé en considération. Après tout, d'autres étaient là pour s'occuper de sa fille, alors cela n'entrait pas vraiment en ligne de compte pour son esprit torturé.
Puis vinrent les mots. Thalia aurait aimé les ignorer, mais par un effet pervers de son esprit, elle imprima parfaitement tout ce que Maxine lui disait. L'évocation du nom de son époux lui planta un pieu incandescent dans le cœur. Son amie savait qu'elle s'en voulait ? Elle n'avait même pas idée ! Son entêtement à vouloir participer, faire quelque chose et pas seulement être un poids à traîner pour les autres avait causé la mort de l'homme qu'elle aimait. Il n'y avait aucune excuse possible, aucune circonstance atténuante. Elle était responsable, et cet état de fait la torturait.

La dernière demande de Maxine resta en suspens entre elles pendant un instant. Depuis qu'elle était plongée dans sa dépression, la jeune femme n'avait pas esquissé le moindre mouvement en direction de celles qui se relayaient à son chevet. Et elle n'en avait pas plus envie à l'heure actuelle. Pourtant, peut-être pour qu'on la laisse enfin tranquille, elle se retourna lentement cette fois. Se couchant sur l'autre flanc, elle fit face à son amie, lui offrant un bel aperçu de son visage ravagé par les larmes, aux traits tirés, à l'expression torturée. Son regard était vide, hanté, et on pouvait y lire ses souffrances. Elle refusait pratiquement toute nourriture depuis la naissance de sa fille, et tout cela avait marqué son visage d'une manière assez effrayante. L'expression fermée qu'elle arborait n'était pas engageante, mais au moins elle avait fait un effort conséquent pour faire face à sa visiteuse. Et ça, c'était une première.


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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: After the Fall   Sam 16 Avr 2016 - 15:40




Même elle n'y croyait pas vraiment. Cette tentative ne serait pas différentes des autres. Thalia resterait, comme d'habitude, complètement fermée à la discussion en restant le dos tourné et le regard fixé sur le mur. A chaque fois, à chaque nouvelle tentative, Maxine ressentait cette drôle d'impression. Lorsqu'elle en discutait avec les filles, l'institutrice faisait le plein d'espoir, de courage et de détermination. Elle était décidée à vouloir sortir Thalia de cette mauvaise passe mais une fois à l'intérieur de cette pièce où l'air était saturé par la tristesse, elle perdait tous ses moyens. Elle se retrouvait bête et totalement démunie, perdant tous les arguments qu'elle avait préparé, sensés faire réagir la jeune mère.

Sans trop savoir pourquoi, Maxine lui avait proposé de simplement l'écouter. Peut-être y aurait il plus de chance que Thalia l'écoute. Mais elle ne voulait pas la recouvrir de paroles. Et pour cela il fallait qu'elle choisisse ses mots avec soin. Un flottement et un silence pesant s'installèrent sans aucune réaction de Thalia. Maxine inspira lentement en scrutant la pièce de son regard vert. Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour commencer son monologue lorsque, lentement, son amie glissa sur le côté opposé pour lui faire face. Surprise, Maxine leva simplement le bras pour le laisser faire, baissant les yeux sur elle, le regard rempli de tristesse. La voir bouger, réagir, lui procura un léger sourire et la regonfla d'espoir même si le visage de Thalia faisait peur à voir.

« Hey.. » S'exclama doucement l'institutrice comme pour la saluer tout en glissant ses doigts jusqu'au visage de Thalia pour repousser quelques mèches brunes qui lui tombaient sur le visage. Avec une infinie douceur, elle lui caressa les cheveux tout en réfléchissant à ce qu'elle pouvait bien lui dire. Inutile de lui répéter encore une fois qu'elle ne devait pas s'en vouloir pour Morgan, qu'elle n'y était pour rien et qu'il n'aimerait pas la voir dans un tel état. Ces choses là avaient été dites et redites, ça ne servait plus à rien. Ca ne l'avait pas fait réagir les premières fois et peut-être même que c'était cela qui l'avait complètement braqué. Pour mettre toutes les chances de son côté, Maxine tourna légèrement sur elle même pour faire signe à Nakoma de venir près d'elle et ainsi, de sa maîtresse. De sa main libre, elle caressa le pelage noir de la bête qui venait de poser son museau sur le bord du lit, près du visage de Thalia. « Thalia.. » Commença t'elle pour capter son attention mais sans succès. Du coup, elle enchaîna rapidement. « Il va falloir que tu m'écoutes. Il faut que tu te battes Thalia. » Son ton était devenu plus direct, comme si elle cherchait à la secouer. « Fait en sorte que Morgan ne soit pas mort en vain. Il t'a protégé. Mais pas seulement toi. Il a protégé sa fille aussi. » Maxine crispa la mâchoire, sans doute allait elle trop vite. « Tu as mis au monde une petite fille merveilleusement belle et sage mais elle a besoin de toi. » Maxine secoua la tête, comme si Thalia pouvait entendre ses pensées. «  Je sais que ça n'ira pas mieux du jour au lendemain. Je sais que c'est douloureux mais si tu ne le fais pas pour toi, fait le pour elle. » Elle inspira lentement avant de reprendre. « Elle n'y est pour rien. Tu es sa maman et ce n'est qu'un bébé. »

Il fallait mieux s'arrêter là et de toute façon, nul doute qu'elle était allée trop loin.





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Thalia M. Caldwell
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MessageSujet: Re: After the Fall   Sam 7 Mai 2016 - 12:49

Thalia ne broncha pas sous la main de Maxine qui venait repousser des mèches de cheveux de son visage. Comme si la caresse, somme toute affectueuse, ne l'atteignait pas vraiment. Elle s'était retournée, elle contemplait son amie. Mais son regard n'exprimait que la souffrance, et un désespoir sans nom dans lequel elle se laissait aller. Elle s'abandonnait, vaincue, avec l'impression d'être un soldat terré dans un cratère d'obus sur un champ de bataille. Peut-être abandonnait-elle trop tôt. Elle avait toujours été quelqu'un de fort. Mais là, elle avait trop encaissé d'un coup, et se savoir responsable de la perte de son mari pour avoir fait preuve de trop d'entêtement était bien trop dur pour elle.
Elle écouta son amie tenter de trouver un nouvel angle pour lui parler. Même si depuis tous ces jours, cela devenait difficile. La zoologiste pensait avoir déjà tout entendu, ou presque. Mais elle écouta tout de même en silence, sans avoir l'air d'avoir la moindre réaction. Impassible, elle le resta même face à l'argument disant que Morgan avait donné sa vie pour elle et pour Evelynn, et que son sacrifice ne devait pas rester vain. Et bien entendu, que le bébé avait besoin d'elle, et qu'elle n'était qu'une innocente victime dans l'affaire. La jeune femme ferma lentement les yeux quelques instants. Elle savait que sa fille n'avait rien demandé à personne, et qu'elle devrait souffrir de cette situation. Et c'était sans doute un des facteurs qui contribuaient à la rendre aussi mal. Elle rouvrit les yeux avant de se mettre à parler, sans doute pour la première fois depuis longtemps.


« Tu comprends pas. À chaque fois que je la vois, je vois Morgan. Ca a l'air stupide... mais elle lui ressemble déjà. C'est comme me rappeler en permanence qu'il est parti.

Sa voix était un peu rauque, éraillée, comme rouillée de ne pas avoir parlé depuis plusieurs jours. Thalia dut s'éclaircir la gorge une ou deux fois avant de retrouver un timbre plus normal. Un frisson la parcourut à l'évocation de son défunt mari. Elle ne savait même pas ce que le corps était devenu. Depuis son accouchement, elle était restée là sans rien faire. Elle supposait qu'il avait été incinéré ou enterré, probablement... Pour des raisons sanitaires, il était impossible de garder des cadavres aussi longtemps. Penser de cette manière à l'homme qu'elle aimait lui broyait le cœur et lui donnait envie de vomir. On aurait pu croire qu'il ne s'agissait plus que d'un tas de viande froide... La jeune mère ne savait même pas pourquoi son esprit lui infligeait de telles tortures. Une boule se forma dans sa gorge, prélude aux larmes. Pourtant, elle poursuivit.

- Quand je l'entends pleurer... j'ai l'impression qu'elle appelle son père. Qu'elle est triste qu'il ne soit pas là. C'est insoutenable.

Le fait est que la zoologiste n'avait vu sa fille qu'une fois, mais que cela lui avait suffi pour noter des ressemblances avec son défunt père. En revanche, elle l'entendait souvent pleurer avant que quelqu'un vienne s'occuper d'elle, et ce pour de multiples raisons. Et dans ces pleurs, elle ressentait du reproche. Un écho à sa propre douleur, à ses propres larmes. Elle ne parvenait pas à le supporter, et parfois se bouchait les oreilles pour ne plus rien entendre. Elle n'en voulait pas à Evelynn pour tout cela... bien entendu, elle n'était qu'une innocente petite victime, propulsée dans un monde d'horreurs. Il ne fallait même pas penser à ce que pourrait être son futur... Pour toutes ces raisons, Thalia ne se sentait pas capable de s'occuper de sa fille... ni même de lui faire face.

- Comment est-ce que je pourrais m'occuper d'elle toute seule ? C'est ma faute si elle est privée de son père. Je pourrais jamais la protéger et l'aimer pour deux. Il vaut mieux qu'elle soit entre de bonnes mains. »

Les larmes s'étaient remises à couler, hors de contrôle, naturelles. La jeune femme se sentait impuissante, inutile, et surtout coupable. Ce grand moment qu'elle avait tant attendu avec son mari s'était transformé en cauchemar. Elle se sentait perdue devant l'énormité de la tâche, indigne d'élever sa fille, et somme toute incapable de le faire... Nakoma poussa un petit gémissement plaintif, et approcha encore plus son museau de sa maîtresse. Celle-ci étouffa à demi un sanglot avant de tendre une main tremblante pour effleurer du bout des doigts le pelage de la chienne.


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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: After the Fall   Jeu 19 Mai 2016 - 19:14




En parlant à Thalia, Maxine réalisait combien les professionnels en médecine allaient manquer. Et si au niveau physique ils pouvaient encore se débrouiller avec toutes les infirmières et les sages femmes, sur le plan psychologique ça deviendrait rapidement la catastrophe. Elle avait déjà fait ce constat, le lendemain des affrontements, en voyant toutes ces personnes complètement effondrées d'avoir assister à une telle violence. Pour beaucoup, quelque chose s'était brisé et, si avant ce genre de traumatismes pouvaient être soignés, ils n'avaient désormais plus personne pour les aider à surmonter des tels événements.

Alors c'était aux amis, aux proches, aux plus résistants de prendre le relais. De tenter, avec les moyens dont ils disposaient, d'aider leurs amis qui même au fond du trou, continuaient de creuser. Ce qui était le cas de Thalia. Pour elle, Maxine s'était remué les méninges, réfléchissant à la meilleure tactique psychologique. Mais elle n'avaient aucune connaissance sur la psychologie des adultes. Les enfants oui, son métier l'avait obligé à suivre tout un tas de stage sur la psychologie de l'enfant, mais les adultes elle n'y connaissait rien. Elle ne pouvait même pas se baser sur son expérience personnelle puisqu'elle n'était pas mère.

Mais finalement, l'idée de remettre une nouvelle fois Thalia devant les faits n'était pas si mauvaise. C'était en tout cas ce que s'était dit Maxine lorsqu'elle l'entendit prononcer quelques mots. Malheureusement il n'y eut aucun changement. La jeune mère avait beau faire un effort en parlant, ses paroles restaient inchangées. Elle gardait le même discours biaisé par le chagrin. Pour ne pas la brusquer, Maxine la laissa terminer, enregistrant ses moindres paroles. « Tu ne seras jamais seule. Il y a Jessie, Emerson, Lysbeth, il y a moi. » Dit elle avec douceur. « Nous serons là pour t'aider, pour l'aider elle aussi ! » En levant le bras, Maxine désigna la porte comme pour montrer Evelynn qui en était sortie quelques minutes plus tôt.  « Je ne te demande pas de te lever et d'être la mère parfaite Thalia. Ce n'est pas possible après tout ça. Mais il faudrait juste y aller doucement. Que tu sortes de ce lit et de cette pièce sombre. Que tu t'occupes l'esprit pour ne plus avoir à ressasser tout ce qui s'est passé. Ce n'est pas ta faute. C'est la faute des hommes de Moore. Ils n'ont pas hésité à tirer sur des civils Thalia... » Un peu plus et Maxine aurait secoué son amie pour qu'elle comprenne. «  La vie l'a déjà privée de son père. Ne fait pas en sorte qu'elle soit privée de sa mère non plus. »

Maxine pinça les lèvres. Devait elle continuer ? Ou au contraire, s'arrêter pour ne pas la braquer complètement. Mais son envie de la secouer prit le dessus et lourdement, Maxine posa les genoux au sol pour se retrouver bien en face de Thalia.  « Elle sera aimée et protégée ici. Tu m'entends ? Aimée et protégée. On fera tout ce qu'il faut pour qu'elle ne manque de rien et qu'elle puisse grandir du mieux possible. Mais sans ton aide c'est impossible. Au lieu de voir seulement en elle le reflet de ton mari mort, vois plutôt cette personne que tu aimais tant, celle avec qui tu as décidé d'avoir un enfant, celle avec qui tu as décidé de fonder une famille. Vois l'amour qu'il te portait. Et tu verras que d'ici peu de temps, voir le visage de ta fille sera la plus belle des choses qui t'arrivera dans la journée. »

Maintenant, elle était à bout d'argument. Si Thalia ne rebondissait pas, Maxine irait chercher du renfort pour la sortir de force. Pour lui faire prendre le soleil, pour parler aux gens, pour prendre sa gamine dans les bras. Bref, pour la faire revenir à la vie.



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Thalia M. Caldwell
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MessageSujet: Re: After the Fall   Ven 10 Juin 2016 - 12:06

Les larmes coulaient toujours. Thalia s'était presque habituée à cette douleur psychologique sourde et lancinante qui ne lui laissait aucun répit. Mais les paroles de Maxine ravivaient tout ça. Une boule grossissait dans sa gorge, menaçant de l'étouffer ou de lui donner la nausée. Quelque part, elle savait qu'elle devait agir, faire quelque chose. Toutefois, elle se sentait impuissante devant l'immensité de la tâche. Son regard resta ancré sur son amie malgré le brouillard des larmes qui l'empêchait presque de la voir. À défaut d'autre chose, elle écouta ce qu'on lui disait. Peut-être était-elle arrivée au bout de sa résistance. Elle ne savait même plus ce qu'elle attendait. La jeune mère savait bien qu'il y avait des gens pour l'aider, l'entourer. Comment son bébé aurait-il fait sans ces personnes dévouées que Maxine citait ? Elle se sentait cependant encore paralysée par ses remords, ses angoisses et tout ce qui la tourmentait. Au fait de ne pouvoir songer à Morgan en voyant sa fille s'ajoutait le sentiment de ne pas être digne de poser les mains sur elle, puisqu'elle était responsable de la mort de son père.
Une idée commençait néanmoins à faire son chemin dans son esprit. Comme une petite lumière insufflée par ce discours, par ces témoignages d'amitié répétés. Qu'attendait-elle au juste en restant prostrée là ? Elle ne pouvait pas rester là indéfiniment. Qu'attendait-elle de la vie, du futur ? On aurait pu dire, rien. La zoologiste avait espéré mourir, mais cela lui avait été refusé, que ce soit durant son accouchement, ou après. Elle ne s'était pratiquement pas alimentée depuis le début de sa dépression. Pourtant, elle était toujours là. Affaiblie certes, mais bien en vie. Peut-être qu'on lui refusait la mort pour une bonne raison. Et, à bien y penser, Morgan serait-il ravi de la voir le rejoindre dans la mort en sachant qu'elle avait abandonné leur fille derrière elle ? Cette pensée lui tira une légère grimace. Elle connaissait la réponse.

Toujours debout près d'elle avec la tête sur le lit, Nakoma geignit à nouveau. Son instinct comprenait que sa maîtresse allait mal, mais elle ne pouvait rien faire pour elle. Alors, la chienne prit son élan pour poser ses pattes avant sur le lit, y grimpant à moitié pour aller fourrer son museau dans le cou de la jeune femme. Derrière elle, son frère s'était levé et faisait les cent pas dans la pièce, tournant toujours non loin de Maxine et du lit, avec un air agité. Thalia passa doucement des doigts tremblants dans la fourrure noire de Nakoma. Une conviction commençait à s'installer, et à sainement remplacer les idées négatives qui l'avaient accompagnée depuis un certain temps. Des gens comptaient sur elle. Sa fille, ses chiens... mais aussi ceux avec qui elle s'était liée d'amitié. Elle n'avait pas le droit de leur imposer son bébé et de tout laisser tomber. Elle ferma lentement les yeux pour prendre une inspiration hachée.


« Je vais essayer...

Cette phrase avait franchi ses lèvres de manière totalement inattendue. C'était un pas en avant énorme. Le signe qu'elle s'arrachait enfin à la fange dépressive dans laquelle elle s'était vautrée depuis la mort de son mari. Maxine avait raison. Son mari aurait voulu qu'elle aille de l'avant, qu'elle prenne soin d'elle et d'Evelynn. Le moins qu'elle puisse faire pour lui, c'était de prendre soin de leur bébé. Il fallait simplement qu'elle se convainque qu'elle en avait le droit, et qu'elle était capable de le faire comme n'importe qui. Mais si les choses devaient évoluer, elle ne voulait plus être un boulet pour personne. Plus jamais quelqu'un ne devrait mourir par sa faute. Elle en faisait le serment. Pour cela, il lui faudrait redoubler d'efforts, mais elle n'avait jamais reculé devant la difficulté. Maintenant, ce n'était pas le moment de le faire. Elle s'essuya les yeux d'un revers de la main pour tâcher de tarir ses larmes, puis elle posa son regard sur Maxine.

- Il faut que je... pour Morgan. »

Sa voix s'était un peu bloquée dans sa gorge durant sa phrase, mais le ton était relativement déterminé. Elle tâcha de se redresser, ce qu'elle ne faisait ces derniers temps que pour subvenir à ses besoins naturels les plus élémentaires. En s'asseyant au bord du lit, la tête se mit à lui tourner. Elle avait besoin de s'alimenter, ce serait une première étape. Les forces lui manquaient, et elle chancelait un peu. Au moins était-elle assise, se tenant droite, et elle tenta même de se lever, avec l'impression que c'était la première fois depuis une éternité.


Never go back
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After the Fall

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