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 Ce n'est qu'un au-revoir

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Nara S. Turner
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 18:13



   
   
   


Ce n'est qu'un au-revoir. | Pv. Karlson's family & Cie
 
Nara était restée enfermé dans la salle de bain à se regarder dans le miroir. Elle était en sous-vêtement et se retenait de ne pas casser quelque chose. Alors elle prit une grande inspiration, ferma les yeux et expira très lentement, la main sur le ventre. « Okay. » Murmura-t-elle pour elle-même avant que quelqu’un ne toc à la porte. « J’arrive ! » S’exclama-t-elle en élevant la voix. Celle-ci s’enroua alors elle se racla la gorge avant de prendre son jean et son pull à manches longues. Elle les enfila en hâte, tripota son piercing à l’oreille distraitement en se regardant une nouvelle fois dans le miroir avant de laisser tomber ses bras. Il était presque sûr que cela arrive un jour, mais Nara n’avait pas prévu que ce soit eux.

Les Karlson allaient partir d’ici. Un peu par choix, mais surtout parce qu’ils ne supportaient pas de savoir quelqu’un d’autre de leur famille là bas dehors. En danger. Ils voulaient essayer. Ils avaient leurs raisons, mais Nara ne pouvait pas les juger. Elle ne le ferait pas, mais cela ne l’empêchait pas de se sentir coupable. Est-ce que c’était ce qu’il fallait faire ? Est-ce que c’était ce qui était moral ? Nara se sentait coupable d’être partie de Seattle, d’avoir trouvé du réconfort et de la sécurité dans ce chalet, de ne pas avoir essayé de retrouver Jeff Turner.

La jeune femme sorti de la salle de bain mais entendit un gémissement enthousiaste derrière elle. Toumaï, nouveau compagnon à quatre pattes, la suivait partout. Elle l’avait oublié, puisqu’il était resté bien calme allongé sur le tapis au pied de la baignoire. Elle tapota sa cuisse pour qu’il la suive et descendit les escaliers jusqu’au rez-de-chaussée. C’est là qu’elle vit l’attroupement autour des Karlson. Nara cherchait des yeux Buzz parce qu’elle avait peur de se noyer. Parce qu’elle détestait se la jouer mélodrame, parce qu’elle s’efforçait de passer pour une dure à cuire depuis le début. Parce qu’elle voulait être capable d’assumer ce qui leur tombait dessus.

Mais elle appréciait les Karlson. Ils avaient été les premiers à qui Nara avait discuté, et Alan représentait une image du père parfait qu’elle avait plus d’une fois fantasmé. C’est lui qui l’avait encouragé à accroché un portrait de son père dans le stade, sur le mur des disparus, et qui lui avait remonté le moral. Sa femme avait été quelqu’un de très doux, avec qui Nara avait moins discuté mais envers qui elle avait toujours eu un regard bienveillant. Quant à Sven, c’était quelque chose de spécial. Ce garçon couvé par ses parents avait un regard si doux que Nara aurait put très bien l’aimer dans une autre vie. Mais il lui paraissait si fragile que l’envie de le protéger était plus forte que tout le reste. En bref, elle avait énormément d’affection pour les Karlson et leur décision de partir d’ici lui fendait le cœur.

Littéralement. Elle avait mal au ventre et fronçait les sourcils. Pourtant d’ordinaire, Nara était toujours celle qui souriait aux autres, ou qui les regardait pour les encourager à venir lui parler. Ou juste pour communiquer une quelconque sympathie à leur égard. Mais là, c’était différent. Alors elle prit de nouveau une grande inspiration, mais cette fois-ci, elle garda l’air dans ses poumons et se plongea dans la foule. Dans la poche de son jean, un petit quelque chose. C’était l’une des figurines en bois qu’elle avait sculpté à l’époque du stade. L’une de celles qu’elle avait gardé pour elle ; les autres, elle les avait mise au pied du mur du disparu, à Noël dernier. Une petite figurine en bois qui figurait un cervidé. Elle raclait son doigt contre l’une des pointes des bois, regrettant de ne pas lui avoir accordé plus de temps.

Elle se planta au milieu des autres, et à défaut de trouver Buzz, planta son regard sur Tamara pour tenter de conserver son calme. Pas de larmes. Pas tout de suite. Pas devant tout le monde. Elle avait presque la nausée, mais toussota pour chasser cette idée de son esprit. Une larme tenta de s’échapper mais elle se frotta le coin de l’œil d’un geste enfantin, vexée de ne pas être plus forte que cela. « Alan… » Nara avait essayé d’élever la voix mais elle n’arrivait pas, contrairement à d’ordinaire, à s’imposer dans ce groupe de personne. Elle n’arrivait pas à se faire entendre et à leur dire qu’ils comptaient pour elle, qu’elle ne voulait pas qu’ils partent. Elle ne pouvait pas dire ça parce que c’était injuste. Parce qu’elle savait pourquoi ils partaient.

Sven remarqua Nara lorsque Tam s’éloigna de lui. Nara  tenta d’esquisser un sourire, au moins pour lui. Elle ne voulait pas avoir l’air d’une gamine en face de lui et elle voulait lui donner son amulette avec enthousiasme. « Tiens. Je l’avais fabriqué pour Noël, mais je l’avais gardé pour moi parce que j’étais vraiment fière de celle-ci. » Elle lui fit un petit signe de tête pour qu’il se penche, parce que plus grand qu’elle, pour qu’elle puisse lui enfiler le collier, la petite tête de cerf pendant sur son torse. Nara ne savait même pas si elle aurait la chance de les revoir. Alors elle acquiesça d’un signe de tête et se mit sur la pointe des pieds avant de l’embrasser sur la joue. Ca n’était pas grand-chose, mais elle n’arriverait pas à le dire avec des mots.

Quand elle aperçut enfin le visage d’Alan, elle laissa quelques larmes s’échapper de nouveau, ce qui lui valut de pester en les chassant d’un geste agacé. Elle fit une petite moue à Sven, qui l’aiderait peut-être à oser aller vers son père, alors que Toumaï grattait le mollet de sa nouvelle maîtresse avec sa petite patte rousse.


"Si la pierre coupée coupe la main,
elle doit pouvoir aussi couper autre chose."


   
   
   
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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 19:16



❝Ce n'est qu'un au revoir❞
Christy & Alan

    Tenant fermement par une sangle le sac plein de provisions que Tam m'avait tendu, j'avais finit par la prendre dans mes bras en guise d'au revoir, en lui promettant que nous serions prudents. Elle était finalement partie vers Sven alors que je poursuivais moi-même ma route. Il y avait tellement de chose à dire, tous les remercier de ce qu'ils avaient fait pour nous, même simplement d'être là, mais les mots me manquaient et cette pression dans ma poitrine qui ne semblait pas vouloir s'atténuer. La situation était insoutenable et je craignais de ne pas être capable de parler au début de notre route.

    Planté devant Rose, je la regardais maintenant baisser la tête, tenter de refluer ses émotions, avant qu'elle ne n'ôte la chaîne à laquelle pendait une croix en or et me prenne la main libre pour l'y poser. J'avais regardé le bijou d'un air un peu interdit, me rendant peu à peu compte de l'importance qu'il avait ; serrant l'objet dans ma main, je passais la sangle du sac sur mon épaule pour avoir les deux mains libres afin de m'accrocher le collier autour du coup. Je n'essayais pas cette fois-ci de retenir les quelques larmes qui avaient passé la barrière que je m'étais efforcé de garder jusque là, me contentant de regarder Rose en cherchant mes mots. Ce fut finalement elle qui reprit la parole et, même si je ne compris qu'à moitié ses dires, le sens était évident bien que je lui étais toutefois reconnaissant de sa traduction. Elle s'était approchée un peu plus pour m'accorder une étreinte que je lui rendis, la serrant peut-être un peu trop fort. Ma voix se faisait tremblotante mais je n'y prêtai pas plus d'attention que cela, quel homme pourrait être fort dans toutes les situation ?

« Ce n'est pas un adieu non, je te promet qu'on va revenir, et je suis certain qu'avec ta croix jamais on ne se perdra. »

    Oui, ce n'était peut-être qu'un ''objet'', peut-être qu'il n'y avait pas de dieu au dessus, ni le sien ni les miens, mais elle avait mit tellement d'espoir et de promesses d'avenir dans son bijou que j'étais certain des dires que j'avançais. Jamais nous ne perdrions notre but, revenir ici avec James, parce-que jamais nous n’oublierons que nous sommes attendus ici. M'éloignant un peu d'elle, je lui adressais un sourire qui se voulait rassurant, parce-que j'avais vraiment envie de croire que tout cela était possible. J'avais encore des personnes à saluer, à remercier, et l'homme qui se tenait à côté méritait sûrement plus de remerciements que n'importe qui ; je l'avais vu du coin de l’œil donner une clé à Christina mais je ne m'en était pas vraiment formalisé, nous aurions tout le temps d'en discuter plus tard. Posant une main sur l'épaule de Gary, je lui tendis la deuxième ; la peine pouvait se lire au fond de mes yeux, mais je me devais de me tenir droit, ce n'était pas le moment de me laisser happer par la peur que je ressentais à l'idée de ce qui nous attendait là dehors.

« Gardes les épaules droite, ce groupe a besoin de toi. Prends soin de vous et merci pour tout. »

    Il y avait tant de choses à dire et pourtant... Je me promis au même moment de tout écrire un jour, ou d'aller tous les voir à notre retour et de dire à chacun ce qu'il mérite d'entendre. Commençant à m'éloigner d'eux, je posais une main sur la tête à Norman en lui adressant un petit sourire ; lui aussi était en sécurité maintenant. Passant devant Rebecca je la pris par le bras et l'attira légèrement contre moi, j'avais du mal à la laisser derrière nous, d'autant plus qu'elle avait proposé de nous accompagner, mais je n'avais pu me résigner à l'impliquer dans tout ça.

« Fais attention à toi, et n'oublies pas que tu n'es plus seule. »

    C'était peut-être des paroles sans fond, mais c'était la stricte vérité. La blonde avait trouvé ici une nouvelle famille et j'espérais que tout se passerait bien pour elle en notre absence. Lui glissant un « merci » à voix basse, je m'éloignais et croisais à ce moment le regard de Nara un peu plus loin. Je ne pu m'empêcher de voir son visage déconfit, et de nouveau la boule dans ma gorge se fit plus intense ; je m'étais rapidement rapproché d'elle au stade, elle qui aurait pu être cette fille que je n'avais jamais eut, la laisser derrière moi était une peine en plus à supporter. Les laisser tous. M'avançant vers elle d'un pas traînant, je ne m'encombrais pas immédiatement de mots et la pris simplement dans mes bras. Ce ne fut qu'après quelques secondes et une grande inspiration que je me décidais à parler bien que ma voix était à peine audible pour ceux qui nous entouraient.

« Ne t'en fais pas Nara, tout va bien se passer d'accord ? Le principal c'est que vous restiez là, qu'on retrouve notre route. »

    Je n'osais imaginer ce qu'il se passerait si nous revenions et que plus personne n'était là, que tout était saccagé... Que ferions-nous alors ? Pensant au long périple qui nous attendait, je me promis également de porter attention à chaque être, vivant ou mort, que nous croiserions ; peut-être croiserions-nous la route du père à la brune, sain et sauf ? M'éloignant de la jeune femme, je jetais un œil à Buzz qui s'était approché et lui adressais un sourire ; comment ne pas l'apprécier elle sans le prendre avec ? Nous avions appris à nous connaître et malgré les réticences qu'il avait pu y avoir au départ, il semblait que le temps avait bien arrangé les choses. Je lui offris une poignée de main accompagné d'un regard qui voulait tout dire. Fais attention à toi, à elle. Les mots étaient sensiblement les mêmes pour tous, mais que pouvions-nous espérer d'autre ?


© Pando



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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 19:55




Ce n'est qu'un au revoir




  Ne dis jamais adieu à un ami qui part… Ce n'est pas un adieu, rien qu'un au revoir…
Leurs demander de rester ? Certains l'avait sans doute déjà fait. Alors à quoi cela pouvait-il servir que lui le dise aussi… Juste à leur faire comprendre qu'il était vraiment dégoutté de les voir partir ? Parce que c'était vraiment ce que Buzz ressentait en observant d'un peu plus loin la scène qui se déroulait devant lui. La famille Karlson quittait le chalet. Et c'était dur à encaisser. Les moments pleins de sentiments, de larmes et de boule au ventre, c'était chiant. Parce que ça faisait remonter à la surface tout ce qu'on avait parfois envie de cacher. Le regard noir, une main dans une poche de son jean rapé, l'autre tenant une clope allumée, l'épaule calé contre une des poutres de l'entrer du chalet, Buzz avait mal. Il savait que Nara souffrait aussi. Et c'était par respect pour elle, et parce qu'il la connaissait par cœur qu'il lui avait laissé le temps de venir rejoindre le groupe lorsqu'elle s'en sentirait la force.

Il avait eu du mal au début, lors de la cohabitation au stade, avec Alan. Simplement parce qu'il représentait une image paternel, chose que Buzz ne connaissait pas. Il n'avait jamais eu personne pour prendre soin de lui, alors les conseils à la con du père Karlson, merci bien. Mais avec le temps, c'était une amitié qui était né entre les deux hommes. Et putain ça faisait mal de les voir partir comme ça. Sans pouvoir être certain qu'ils reviendraient un jour.

Et puis il y avait Christina et Sven. Christina la super maman poule que Buzz avait adoré voir sourire malgré le trou immense qu'elle avait au coeur à cause de l'absence de son fils. Le tatoué avait beaucoup de respect pour cette femme. Et une grande amitié pour son garçon qu'il s'était mit à considérer un peu comme un petit frère.

Un soupire passa ses lèvres alors qu'il jetait son mégot en voyant enfin passer Nara. Ils étaient tous après leur dire des prenez soin de vous, faites attention, on vous aime… Pas sur que les Karlson aient besoin d'une dose de mélodrame en plus. Passant une main sur son visage, Buzz se décolla enfin de la poutre, pour rejoindre le groupe, traînant les pieds… Il vint posé un main dans le bas du dos de sa petite amie, avec la plus grande des douceurs, pour lui signifier qu'il était là. Là pour elle. Elle venait de dire au revoir à Sven. Lorsque ce dernier tendit la main au tatoué lui adressant seulement deux mots, Buzz secoua la tête de gauche à droite, souriant à jeunot. Il serra fermement sa main avant de l'attirer à  lui pour lui donner une franche accolade de Bro. Sa main termina dans ses cheveux, les ébouriffant comme il l'avait souvent fait et il lui dit : « -fais gaffe à tes vieux, ton père est plus tout jeune ! » Un clin d'oeil pour Alan juste à côté. Un peu de sourire et d'humour bordel ! Sinon ils allaient pouvoir commencer les séances de psychothérapie !

Sa main saisit celle d'Alan avec camaraderie et il déclara : « -rapportez nous un souvenir ! » Sa voix était chantante, son regard rieur, mais il savait qu'Alan pouvait lire ce qu'il ressentait vraiment. Laissant Alan reprendre possession de sa main, il glissa dans sa poche un paquet de clope et souffla : « -chut ! Le dis à pas à maman Karlson » Un clin d'oeil et il lui tendit une carte repliée. « -on sait tous que t'as pas le sens de l'orientation, et comme on veut que vous reveniez en vacances aux skis avec nous, j't'ai fais un petit itinéraire. Made in Buzz. »

C'était plus un souvenir qu'une vraie carte. Quelques tracés en partant de plusieurs endroits de la carte, qui se reliait tous ici, au chalet. En gros il avait griffonné le mot « maison » à l'endroit exact. Alan y trouverait également quelques dessins, des portraits que Buzz avait fais la veille lors de la soirée, bien calé dans son coin. Au moins grâce à tout ça, il aurait reprit un crayon… Il avait tenté de saisir des sourires et des regards pleins de joie de certains habitant du chalet. Ça donnerait peut-être un peu d'espoir au Karlson lorsqu'ils se retrouveraient dans des moments sombres. Un dernier regard entendu, un dernier sourire qui se voulait joyeux malgré tout ça, avant que sa main ne vienne chercher celle de Nara.


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Nara S. Turner
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 21:33



   
   
   


Ce n'est qu'un au-revoir. | Pv. Karlson's family & Cie
 
L’atmosphère de la pièce était tellement bizarre qu’elle donnait le tournis à Nara. Il y avait du monde, des embrassades, des reniflements et des commentaires étouffés dans le bruit de foule. Tous les mêmes « ne partez pas », « bonne chance », « revenez vite »… Ces phrases donnaient mal à la tête à Nara, qui avait envie de hurler, leur hurler de ne pas partir, que c’était dangereux là bas, comme s’ils n’étaient pas déjà au courant. Sven lui fit un signe de tête en lui montrant Alan qui avait enfin vu la jeune femme.

Nara baissa les yeux automatiquement mais il se dirigea pourtant vers lui pour la prendre dans ses bras. D’abord surprise, elle ne put s’empêcher d’éclater en un sanglot silencieux, mouillant l’épaule d’Alan dans laquelle elle se cacha pour ne pas qu’on voit qu’elle pleurer. Seulement lui pourrait se rendre compte des petits soubresauts qu’elle avait à cause des sanglots. Son chuchotement ne fit qu’intensifier les pleurs de la jeune femme. Elle mit un petit moment pour se calmer mais se décida à lui rendre son étreinte. Elle ne pouvait pas vraiment lui dire qu’elle le considérait comme un père, qu’elle espérait plus que tout qu’ils reviennent en vie et que sa famille et lui comptait énormément pour elle.

« Je… » Essaya-t-elle d’articuler entre deux hoquets. Mais rien ne vint. Elle se contenta alors d’attendre un peu que ses larmes ne s’arrêtent en prenant sur elle une nouvelle fois, avant de caresser le dos d’Alan qu’elle ne voulait plus quitter. Elle avait besoin de Buzz pour la soutenir, sa bouée de sauvetage, alors, lorsqu’elle sentie une main dans son dos, elle se détendit. La culpabilité la rongeait comme un parasite, alors qu’elle avait fait semblant de ne rien ressentir depuis des mois.

L’enthousiasme d’avoir trouvé cet endroit, la bonne ambiance apparente du chalet avaient réussit à lui voiler la face. Mais avec le départ des Karlson, Nara voyait quelques vieux démons enfoncer la porte de son inconscient sans ménagement. Elle leva ses yeux humides vers Alan et réussit à esquisser un sourire, retroussant la lèvre inférieure. De toutes façons, il n’y avait rien à dire. Elle haussa alors les épaules et leva sa main pour lui caresser la joue, sa joue et sa large mâchoire mangée par des poils mal entretenus. Il lui rappelait son pauvre père qu’elle n’avait pas été capable de protéger. Elle laissa retomber sa main et regarda alors Buzz s’avancer vers Alan pour lui dire au revoir, le sourire aux lèvres et un petit cadeau destiné à la famille.

Nara fit semblant de ne pas voir quand Buzz lui fourra un paquet de cigarettes dans la poche. Elle se contenta de baisser la tête pour se frotter les yeux à l’aide de son pouce et de son index. « Putain… » Marmonna-t-elle pour elle-même. La main de Buzz vint chercher la sienne, alors elle l’agrippa avec force, parce qu’elle avait peur de craquer. Elle ne voulait pas, elle trouvait cela humiliant. Alors elle serra ses petits doigts entre les siens et vint s’appuyer contre lui, assez petite pour ne pas lui cacher la vue, le dos contre son torse. « Merci. » Chuchota-t-elle à son adresse en levant le nez vers son menton, avant de rebaisser les yeux vers la petite famille Karlson.

Sven, à quelques mètres, passait ses doigts sur les bois de l’amulette en forme de cerf d’un air distrait, une habitude que Nara était contente de lui avoir provoqué. Comme ça, il penserait à elle.


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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 21:38

C’était le grand jour. La famille de Sven partait en expédition pour retrouver le fils ainé de la famille. Tout le monde était conscient que c’était peut-être la dernière fois qu’ils les verraient. Giulia essayait de ne pas pleurer. Christina était sa seule véritable amie ici et elle allait de nouveau se retrouver seule. J’avais essayé de la réconforter comme je pouvais mais elle restait très affectée. J’aurais aimé venir avec eux mais ils préféraient partir seulement tous les trois. Et puis, il y avait tellement de travail à faire ici. Le chalet avait besoin de beaucoup de petites mains pour être sécuriser, nettoyer et approvisionner en permanence.

Dans la matinée, Christina était venue tous nous dire au revoir. La plupart des gens du chalet étaient présents. J’avais l’impression que Giulia n’allait jamais la laisser partir mais elle finit par la lâcher. Au passage, je répondis a la mère de famille : « Je n’y manquerai pas Christina. Je vous souhaite bon courage. J’espère qu’on se reverra ! » Qu’est-ce que pouvait dire d’autre ? Les supplier de rester ici ? A leur place, j’aurai fait la même chose. J’espérai juste qu’ils reviennent ici. Est-ce que la Californie était si dangereuse que cela ? Je n’en savais rien mais Giulia était stressée et inquiète. Il n’y avait que cette famille qui semblait réellement l’apprécier ici. A présent, elle n’avait plus que moi.

Tam passa beaucoup de temps à dire au revoir à la famille en passant un petit moment avec Sven. Elle sembla lui donner un petit cadeau mais je ne vis pas de quoi il s’agissait. Peu importe, ce n’était pas mes oignons de toute façon.  La chirurgienne espagnole était présente également. Elle donna sa croix à la famille pour leur porter chance. Enfin, Nara, très affectée elle aussi, leur donna une amulette. Je commençais à culpabiliser. Moi, je n’avais rien d’intéressant à offrir. Peut-être mon sabre mais je doute que cela leur soit très utile. J’imaginais mal Sven ou Alan utiliser ce genre d’arme. C’est décidé, je leur donnerai mon couteau favori. Il était très solide et tranchant. Parfait pour neutraliser les fondus.

Par ailleurs, on avait intérêt à rester ici et défendre cet endroit de notre côté. Je n’aimerai pas non plus que la famille retrouve un chalet saccagé et rempli de zombies. Bon, on avait beaucoup amélioré la sécurité ces derniers temps mais on n’était pas à l’abri d’un accident. Je m’approchai de Sven et lui lança amicalement, en posant ma main sur son épaule : « Fais attention mec. Et n’oublie pas les petits conseils que je t’ai donnés. Mon couteau te sera utile ! » Je lui tendis l’arme blanche et reprit : « Je t’aurai bien prêté mon sabre mais tu n’as pas encore le niveau pour le manipuler et tu risqueras de te blesser avec ! »

Quand a Giulia, elle tendit une photo d’elle enfant, faisant de la balançoire,  à Christina. C’était l’un des rares souvenirs  qu’elle avait gardé. Elle lança ensuite en souriant : « Quand tu te sentiras mal, tu regarderas cette photo. Elle t’évoquera cette fillette maladroite qui a grandi beaucoup trop vite ! »
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 23:03

Le jour était arrivé, elle le redoutait depuis qu'Alan lui avait confié qu'ils partaient... Cela la touchait bien plus qu'elle le pensait, les premières fois étaient toujours difficiles, et pour elle, c'était une première de devoir se séparer de personnes avec qui elle avait tissé des liens et à qui elle tenait beaucoup finalement. Elle leur avait bien proposé son aide, mais ils avaient préféré y aller seul, et même si elle n'était pas ravie de devoir s'inquiéter sans savoir ce qu'ils devenaient, elle respectait leur décision. C'était leur quête, pas la sienne.
Elle avait décidé, jusqu'au dernier moment, de ne pas assister aux adieux. C'était déjà difficile pour elle, mais si il fallait rajouter à ça le fait qu'elle ressentirait probablement la tristesse de toutes les personnes présentes, ça aurait été trop dur à supporter pour elle. Mais finalement elle décida d'y aller quand même, elle ne savait pas si ils allaient revenir après tout et il fallait fait les choses correctement... C'était comme ça que les personnes normales opéraient et pour une fois elle était d'accord pour entrer dans le moule.

Elle essaya à tout pris pour éviter le regard des autres résidents du chalet et se concentra sur Christina, Alan et Sven. La première lui fit face en la serrant fort contre elle. La suédoise n'avait pas l'habitude des contacts et était même loin d'être tactile mais c'était différent cette fois, elle profita de cette étreinte, de cette chaleur humaine, Christina était la première personne à lui avoir parlé et à l'avoir accueillie proche d'eux et elle ne pourrait jamais l'oublie, malgré le fait qu'elle avait toujours trouvé ce genre de choses un peu niaise, le fait d'y être confrontée lui fit totalement changer d'avis.

- Merci... je sais que vous y arriverez... ensemble.lui lança-telle doucement afin d'essayer de lui donner un peu de courage même si elle ne savait pas vraiment s'y prendre, mais même si elle s'inquiétait à l'idée de les voir partir, elle savait que leurs lien était fort et qu'ils arriveraient toujours à avancer ensemble.

Prenant une grande inspiration lorsque Christina s'éloigna d'elle, elle s'avança vers Sven pendant que personne ne l'accaparait, tout deux firent de même que précédemment, la suédoise commençant déjà à s'habituer à ce genre de chaleur qui la fit oublier l'espace d'un instant cette séparation.

- N'oublie pas que les plantes sont des alliées, tu te souviens des bases que je t'ai enseignées ?

Les deux s'étaient beaucoup rapprochés au stade, et le fils Karlson s'était confié de temps à autres à elle peu après leur fuite, quand Christina et Alan n'allaient pas très bien. Elle lui avait un peu montré ses connaissances sur les plantes et ses vertus, ça pourrait toujours leur servir et elle leur laisserait au moins un petit quelque chose.

Voyant beaucoup donner quelque choses, Rebecca se sentait un peu nulle de n'avoir rien à leur donner ou leur offrir pour leur départ.
Lorsque fut le tour d'Alan de l'attirer près de lui, elle dut faire un gros efforts sur elle même pour ne pas craquer, ce qu'elle réussit à faire, malgré tout. Elle s'était toujours considérée comme une femme de sang-froid et forte, mais c'était avant qu'elle ne s'attache à quelqu'un. Elle fit un sourire lorsqu'il lui dit qu'elle n'était plus seule. Il était vrai qu'elle avait tissé beaucoup de liens avec les autres et que malgré tout elle ne serait plus seule. Mais les Karlson occupait quand même une place particulière.

- Je compte sur toi pour les protéger et revenir avec James.

En disant ces mots, elle espérait que ça change quelque chose, mais ils étaient suffisamment déterminés et ils ne pèseraient probablement pas lourd dans leur conscience. Après ça, elle se mis un peu à l'écart attendant que chacun y fasse leurs adieux, mais toujours en baissant les yeux, ne voulant absolument pas croiser le regard de quiconque.


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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Dim 3 Avr 2016 - 12:46

Un au revoir. Si vous voulez mon avis... Quoi ? Vous n'en voulez pas ? Pas de chances, je le donne quand même. Non mais oh, il ne faut pas déconner non plus. Donc, mon avis... Ah oui. Un au revoir à l'heure actuelle ressemble plus à un adieu. Chose qui n'est pas fort appréciable, vous en conviendrez. Non mais c'est vrai quoi. Avec la tonne de mort-vivants qui se baladent dans la nature, la probabilité de revoir les Karlson en un seul morceau...

STOP. Le cerveau, ta gueule. Juste ferme-la. Il faut vraiment que je trouve l'interrupteur « off » dessus, ça devient insupportable. Pourtant, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer un nombre incalculable de scénarios qui terminent tous pas forcément très bien. En plus d'avoir cette fichue mauvaise impression. J'aurai été prêt à les accompagner, histoire que ce soit les autres qui meurent d'inquiétude pour savoir si je vais revenir en vie, et pas moi qui me retrouve obligé de gérer ce genre de sentiments. Egoïstes.

Mais bon, c'était leur quête. Leur fils. J'espère qu'ils arriveront à le trouver. Je croise les doigts pour en tout cas, et surtout pour qu'ils rentrent tous les trois en un seul et unique morceau et bien vivant. Sinon, il y a des chances que j'aille jusqu'en Enfer rien que pour leur botter les fesses pour nous avoir abandonné. Têtu comme je suis, j'en suis capable. Il me manque juste une carte pour savoir comment sortir de l'Enfer après, mais c'est un détail.

Comme la grande majorité des habitants du chalet, je me tiens à l'extérieur de celui-ci, attendant mon tour pour saluer, ce que je n'espère pas être une dernière fois, la famille Karlson. J'ai passé la nuit à réfléchir à des mots qui leur resteraient gravés dans leur mémoire, leur donnerait du courage malgré vents et tempêtes... A moins que ce soit contre vents et marrées... Je ne sais plus. Bref, vous avez saisi. Quelque chose de poignant et fort. Et bien, après d'intenses réflexions, je n'ai pas trouvé... En fait, j'ai surtout envie qu'ils ne nous quittent pas. Aussi bien au premier sens du terme qu'au second sens.

Finalement, mon tour arrive à... bah à mon tour. Attendez, je recommence.

Finalement, mon tour vient pour saluer Alan. Mon cerveau semble patiner alors qu'il m'a fait chier jusque-là avec des pensées horribles quant à la survie de la famille, et la probabilité que j'ai de les revoir un jour. Mais maintenant, plus rien. Néant. Le vide complet. Je sens juste ma gorge être serrée. Je saisis la main que me tend l'ancien professeur, et j'esquisse un maigre sourire à mon visage, qui s'élargit suite aux paroles du géant suédois.

- Promis prof, je te ferai honneur.

C'est tout ? Je ne vais rien ajouter d'autre ? Juste ces quelques mots ? Même pas un « bon courage », « faites bien attention à vous », « revenez en un seul morceau » et je ne sais quoi d'autre encore ? Allez Aaron, tu peux le faire. Vas-y, ajoute, quelque chose. Just do it !

- Surtout, ne vous perdez pas. San Francisco, c'est par là.

Je pointe le doigt dans une direction, avant de finalement brusquement pointer dans une autre direction.

- A moins que ce ne soit par là.


Un sourire espiègle se dessine sur mes lèvres. Au fond de moi, je sais que raconter des conneries, c'est ma manière de me défendre. Une façon de ne pas montré que je suis touché par tout ce qui m'entoure, que cela ne m'affecte pas. Et puis, c'est mieux de raconter des conneries que de se morfondre. Surtout en ce moment. Sinon, autant se tirer tout de suite une balle dans la tête, se passer la corde au cou... Hein ? Quoi ? Ah oui, bonne humeur, joie, tout ça tout ça.

- Prenez soin de vous.


Je ne peux quand même lui laisser pour derrière image celle de quelqu'un qui raconte des conneries. En espérant que ce ne soit pas la dernière fois que nous nous voyons. Je serre la mâchoire alors qu'Alan s'éloigne. J'ai la gorge serrée et un goût amer. Je garde le silence, essayant de ne pas montrer ma tristesse.

Nous nous reverrons forcément. L'espoir fait vivre.
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Ce n'est qu'un au-revoir

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