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 Ce n'est qu'un au-revoir

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Christina Karlson
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MessageSujet: Ce n'est qu'un au-revoir   Mar 29 Mar 2016 - 20:30

Vendredi 15 avril 2016

Voilà, ils partaient.

Christina regarda les quelques affaires qu’elles n’avaient pas encore glissées dans le sac à dos qu’elle s’apprêtait à emporter avec elle. Est-ce que tout ceci suffirait ? Elle pinça les lèvres et leva son regard pour croiser celui d’Alan, qui se tenait près du lit dans leur chambre du chalet. Ils n’avaient pas besoin de parler pour exprimer ce qu’ils ressentaient. La femme hocha doucement la tête.

Cela faisait maintenant trois mois que le couple envisageait ce départ. Ils avaient pris cette décision avant même de rejoindre les montagnes d’Evergreen Ridge, sur la route, alors qu’il fuyait le stade. Ils étaient des parents, avant tout le reste. Ils formaient une famille. Seulement depuis le début de l’épidémie, un de leurs enfants manquait à l’appel et ce n’était pas acceptable. Pas un jour ne s’écoulait sans que Christy ne pense à son Jimmy et le mystère qui enveloppait son sort la rendait malade. Elle devait agir, faire quelque chose.

- C’était une bonne soirée, dit-elle en s’asseyant sur le lit.

C’était leur dernière ici, ils avaient marqué le coup. La date était approximative, mais s’ils ne se trompaient pas, Christina avait 50 ans ce jour-là. Ils s’étaient ainsi tous regroupés dans la salle principale du chalet et avait ouvert deux bouteilles pour trinquer à sa santé. L’atmosphère avait été légère, presque joviale. Le retour de Rose, Daryl et Elyse, un mois plus tôt, leur avaient vraiment fait le plus grand bien ! D’autant qu’ils n’avaient pas accusé de perte humaine depuis quelques temps. Mais ils avaient plombé l’ambiance, quand Alan avait rappelé à tout le monde qu’ils quitteraient la station de ski le lendemain. Tous les trois. Lui, Sven et Christina.

Cette dernière regarda son époux boucler son sac, à la lumière vacillante d’une bougie. Ils préservaient les batteries de leurs lampes de poche depuis plusieurs semaines, maintenant. Sven avait rejoint sa chambre, à moins qu’il ne soit allé discuter avec ses amis. L’hôtesse de l’air s’était demandé un moment si elle était bien raisonnable d’embarquer son bébé dans cette aventure. La vie ici, au chalet, était sûre. Pourquoi donc vouloir l’exposer au danger ? Parce qu'il n'y avait pas de sens à partir chercher un fils pour en laisser un autre derrière. Puis parce que pour Sven, la question ne se posait même pas...

- On va le retrouver, hein ? Souffla-t-elle, en plongeant ses yeux noisette dans ceux d'Alan. Ce voyage ne pouvait être vain, elle ne le supporterait pas...




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Mer 30 Mar 2016 - 13:13



❝Ce n'est qu'un au revoir❞
Christy & Alan

    Après en avoir longuement discuté, nous avions fixé notre départ au lendemain de l'anniversaire à Christina ; ou du moins de l'anniversaire présumé, parce-qu'il y avait toujours dans un groupe cette personne qui faisait des croix sur un calendrier pour ne pas perdre le fil du temps. Nous venions donc de fêter ses 50 ans ; la soirée avait été superbe et légère, chacun partageant des souvenirs et les rires avaient fusé, comme si au dehors rien n'avait changé. Ma femme et mon fils avaient eut ces regards pleins de joie qui avaient été relativement absents depuis tout ce temps. Je crois que c'est à ce moment là que j'avais réellement prit conscience de ce que je m'apprêtais à quitter et d'à quel point tout ce que nous avions construit ici comptait pour moi. Mais nous ne pouvions rester ici et mener une telle vie sans savoir si James était lui aussi en sécurité, sans l'avoir auprès de nous, alors j'avais rappelé que nous partions le lendemain ; ils étaient tous au courant puisque nous avions déjà fait l'annonce un peu plus d'une semaine plus tôt, mais tous semblaient nous regarder comme s'ils apprenaient la nouvelle.

    La soirée touchait à sa fin et nous avions tous les trois rejoint nos chambres respectives pour terminer les préparatifs. Croisant les yeux de Christina, je pouvais aisément ressentir derrière la joie de ces nouveaux souvenirs tous ensemble, la peine et la crainte ; comment pourrais-je passer à côté alors que j'avais moi-même les mêmes inquiétudes ? J'avais hoché la tête à son paroles, souriant légèrement en me disant qu'au moins, nous partirons du chalet sur une note positive. Glissant dans mon sac une gourde d'eau, j'allais faire l'inventaire de ce qu'il nous manquait quand la voix de Christy me stoppa net. Cachant difficilement le stress qui inondait mon regard à chaque fois que nous abordions le sujet, je me dirigeais vers elle pour finalement m'asseoir à ses côtés et prendre ses mains dans les miennes.

« On va tout faire pour, je te le promet. »

    J'avais ponctué ma phrase en déposant un baiser sur son front, comme une promesse, et l'avait gardée un peu contre moi. J'espérais tellement retrouver James, sain et sauf, mais cela faisait déjà près de six mois que tout avait commencé alors comment pouvions-nous en être certains ? Peut-être qu'il était déjà à l'autre bout du pays ou que nous ne ferons que nous croiser sans jamais nous voir... Sentant la boule dans ma gorge s'intensifier, je fermais les yeux pour ne pas me laisser submerger par tous ces sentiments incontrôlables que je ressentais. Je reculant un peu, je pris son visage entre mes mains pour la regarder dans les yeux ; que se passerait-il si nous faisions une erreur ? Si nous venions à être séparés ? A perdre Sven ? Il ne valait mieux pas penser à cela, et pourtant...

« Quand on l'aura retrouvé, on reviendra et on pourra tout recommencer, avec lui. »

    Oui. C'était à ça qu'il fallait penser, à ce moment où notre famille sera à nouveau au complet, alors même si les risques étaient grands, voire même si nous étions des fous, nous devions faire notre possible.


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 9:37

Alan lui attrapa le visage entre ses mains et Christina pinça les lèvres en hochant la tête. Ils s’accrochaient au fait qu’ils reviendraient, comme une promesse pour eux-mêmes. Pourtant rien n’était moins sûr. Ils ignoraient où les conduiraient leur virée, oseraient-ils s’engager pour la Californie, si leurs recherches dans la région ne donnaient rien ? Arriveraient-ils même jusqu’à cette décision ? La femme posa sa main droite sur celle de son époux.

- On devrait essayer de dormir…

Un autre challenge. Christy savait qu’elle ne fermerait pas l’œil cette nuit. Quand bien même elle était la dernière dans un relatif confort ! Ça ne marchait pas comme ça… Le couple termina de se préparer et se glissa sous les draps. Ainsi calée, la femme retourna se blottir contre son mari. Elle planta alors ses yeux dans les siens, et le dévisagea. Elle n’avait pas oublié sa transformation lors de l’assaut du stade. Elle repensait parfois à son visage dur alors qu’il brandissait sa hache, avant de fendre des crânes ennemis. Cet homme-là allait-il resurgir dès demain ?

- Je t’aime, lui glissa-t-elle naturellement. Elle n’avait jamais été avare de ces mots, il les connaissait par cœur, mais ce soir-là, ils lui semblaient importants. Tant qu’il était encore temps…

Elle ferma les yeux lorsque le scandinave la serra contre lui, et pressa ses lèvres aux siennes avec tendresse.

***
Le lendemain

Christy offrit un sourire à Brooke, quand elle la prit dans ses bras.

- Prenez bien soin de vos petits, lui dit-elle, avant de serrer à son tour Ethan, qui tenait leur plus jeune enfant dans les bras. Puis elle baisa le front pâle de l’enfant.

L’heure des adieux était venue. Leur bardage préparé, la famille Karlson n’avait plus qu’à dire au revoir à chaque membre du groupe. Il y avait quelque chose de définitivement triste dans cet instant. Comme si personne ne croyait vraiment à leur retour. La femme salua alors Samson, puis Lara et Kurtis. Elle se retrouva alors face à Rebecca. La jeune suédoise avait été près d’eux depuis les premiers jours de ce malheur, et la petite famille l’avait en quelque sorte prise sous son aile. Non pas que la jeune femme ait vraiment eu besoin de leur protection. Mais de leur chaleur, oui, certainement.

- On se reverra, souffla Christy en lui offrant un hug puissant, qui déstabilisa peut-être la blonde. Malgré leur attachement envers cette dernière, Alan et sa femme avait décidé de la laisser en dehors de leur quête. Peut-être regretteraient-ils leur choix, mais ils voulaient la préserver.

Elle se recula alors pour planter ses yeux dans ceux de la nordique. Tout irait bien pour toi, semblait exprimer son regard. Puis elle posa ce dernier sur la personne d’à côté, qui l’attrapa violemment, retenant ses larmes. Giulia ne parvint pas à dire quoi que ce soit, mais ce n’était pas toujours nécessaire. Christina lui rendit son étreinte, en serrant les dents. Elle ne voulait pas pleurer maintenant. Ce départ était sa décision, son choix.

- Tout ira bien, murmura-t-elle à son amie, avant de dire au revoir à son compagnon. Veille sur elle, Justin, dit-elle au garçon en le serrant contre elle à son tour.

Au même moment, Alan et Sven parcouraient aussi l’assemblée de la même manière. Le jeune homme eut un mouvement d’hésitation en se positionnant face à Nara. Il pinça les lèvres dans un sourire gêné. Peut-être qu’il aurait pu rester pour elle, dans d’autres circonstances. Mais sa relation amoureuse avec Bruce avait tout changé.

- Salut, dit-il, avant de lui offrir un hug un peu coincé. Fais attention à toi. Il maintint ses yeux dans ceux de la jeune femme un instant, comme s’il aurait voulu lui en dire bien davantage. Mais il n’ajouta rien, et échangea alors un regard avec son rival victorieux. Ciao Buzz, lui dit-il simplement en lui serrant la main.

Christina arrivait alors au niveau de Joey, Gary et Rose, à qui son mari faisait ses au-revoir. Elle passa une main dans le dos de celui-ci, attendant son tour. Ils avaient parlé longuement avec le leader du camp. Celui qu’ils avaient tous suivi dans le brouillard de l’apocalypse. Ils lui devaient tant.

- Merci pour tout encore, Gary. Tu es formidable. C’était con à dire, peut-être un peu nunuche aussi, mais ce type avait besoin d’entendre ce genre de choses. De se le faire répéter même, tout convaincu qu’il était de ne pas valoir grand-chose. Son rôle ici n’était pourtant pas un hasard.

Christina avait posé une main sur son épaule. Elle la pressa, avant de faire un sourire, puis força le bonhomme à recevoir son accolade aussi. Pas de jaloux, tout le monde y passerait !




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 10:51



❝Ce n'est qu'un au revoir❞
Christy & Alan

« Je t'aime moi aussi. »

    C'était les derniers mots que j'avais adressé à Christina avant d'essayer de trouver le sommeil. Je savais pertinemment qu'il me fallait dormir au maximum, la journée du lendemain allait probablement être l'une des longues et des plus éprouvantes jusqu'à présent. Elles allaient toutes êtres difficiles, et il y en avait déjà eut beaucoup, mais là tout serait différent. Quand nous avions dû quitter le stade nous l'avions fait tous ensemble, et même si nous avions tout perdu, nous n'étions pas seuls, là... nous partions de notre plein gré, certes, mais nous allions devoir laisser derrière nous tous ces gens qui étaient devenus comme une nouvelle famille.

    C'est donc l'esprit morose et un peu rembruni que j'avais déposé mes affaires au pied du chalet ce matin là. Quelques rayons du soleil perçaient à travers les nuages comme pour nous accompagner dans notre périple, mais l'ambiance était loin d'être joyeuse. Beaucoup étaient déjà là dehors à nous attendre, je fit un rapide tour du regard ; certains d'entre eux avaient essayé de nous retenir, nous faire changer d'avis, d'autres s'étaient contentés d'accepter notre décision en espérant notre retour. Qui sait ce qui allait nous arriver là-dehors ? Et que se passerait-il si je ne parvenais pas à protéger les miens et que nous ne revenions pas tous ensemble ? Fermant les yeux un instant pour chasser ces mauvaises pensées, je me tenais contre la poutre du perron pour ne pas flancher. La main de Sven sur mon bras m'intimait qu'il était temps de dire au revoir ; je le suivit une seconde des yeux alors qu'il était derrière sa mère. Commençant du côté inverse au leur, je me dirigeais vers Arthur et sa famille. Offrant une poigne ferme à l'homme qui était peut-être celui qui me comprenait le mieux ici, je lui accordait un sourire pas très assuré.

« Prends soin de toi et des tiens. »

    Une légère étreinte à Isabel et Elyse que nous avions retrouvé quelques semaines plus tôt, je ravalais la boule qui s'était formée dans ma gorge. Nous allions revenir, nous l'avions promis, mais comment rester de marbre face aux visages inquiets et peinés de chacun ? Je n'avais jamais aimé les au revoir, mais là c'était encore pire, parce que malgré nos promesse, rien ne nous garantissait que nous pourrions revenir, notre avenir ne tendait qu'à un fil désormais ; j'avais cependant besoin de cela, leur adresser un sourire une dernière fois. Arrivé à hauteur d'Aaron je lui assenait un léger coup sur l'épaule en lui serrant l'autre main, repensant à notre entraînement.

« Essaies de ne blesser personne en mon absence d'accord ? »

    Lui adressant un petit clin d’œil complice, je poursuivis mon avancée pour arriver auprès de Tamara, Dante et Kassandra. J'avais passé beaucoup de temps avec les deux premiers, et avait bien discuté avec la blonde ; c'était drôle dans ces moments là comme le moindre détail revenait en mémoire, comme si ç'avait été le moment le plus important d'une vie, c'est ça qui arrive aussi quand on dit que notre vie défile devant nos yeux au moment de mourir ? Non. Nous n'allions pas mourir, nous allions retrouver James et revenir ici, tous les quatre, il le fallait. Accordant une accolade aux trois, je leur adressais un regard à la fois grave et peiné.

« Faites attention à vous. »

    Un petit sourire presque effacé et je poursuivis mon avancé. Si je m'attardais trop j'allais finir complètement défait ; c'était presque drôle cette contradiction, j'étais partagé entre l'espoir de retrouver notre plus grand, la joie d'imaginer ce moment, et d'un autre côté la crainte et la peine d'avoir à quitter cet endroit et tout ce que nous y avions construit pesait beaucoup trop pour que j'y reste insensible. M'avançant vers Edwin et Lilou, je croisais un instant le regard de Rose et ma mâchoire se crispa encore plus ; nous en avions déjà longuement discuté elle et moi, mais d'un coup tout devenait plus concret. Prenant une grande inspiration je reportais mon attention sur le fauconnier et lui tendit une main ferme bien qu'un peu chancelante.

« A bientôt. »

    Un regard à Lilou, un sourire et une accolade. Tout s'intensifiait, j'avais essayé d'omettre ce moment dans mon esprit, de faire comme s'il n'allait pas arriver, comme si nous allions partir en pleine nuit alors que tout le monde dormait encore ; ç'aurait été plus simple bien sûr, mais jamais je n'aurais pu l'accepter. Il fallait continuer, pour nous ; pour James. M'avançant encore un peu, j'arrivais à la hauteur de Rose ; là, nous y étions. Et ce fut le trop plein. Une larme perla au coin de mon œil alors que je croisais son regard.


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 12:00

Il avait été mis au courant quelques jours plus tôt par le couple d'amis qu'il venait de se faire. Les Karlson voulaient aller faire un tour du côté de San Francisco pour retrouver leur fils aîné. Et bordel, ce que ça pouvait le faire chier. Bien sûr, il l'avait admis devant Alan. Il comprenait parfaitement pourquoi ils voulaient y aller, pourquoi c'était important, pourquoi ils DEVAIENT le faire surtout. Mais est-ce que ça l'empêchait de s'inquiéter pour eux pour autant? Non.

En fait, il l'aurait sans doute jamais admis, mais Gary appréciait Christina et Alan beaucoup plus qu'il ne l'avait espéré. Les deux là avaient été un véritable soutien pour lui au moment où il en avait vraiment besoin. Il avait pu compter sur eux pour gérer une partie du chalet, pour faire ce qu'il fallait quand il le fallait. Et devoir admettre qu'ils devaient partir, c'était un truc qui l'empêcha de dormir pendant plusieurs dormir. Il en parla à Rose bien évidemment, mais il se sentait carrément impuissant à l'idée de les laisser filer et de peut-être pas les voir revenir.

Et s'ils trouvaient un endroit sauf en route ? Et s'ils y restaient ? Et si plus jamais ils n'avaient de nouvelles d'eux ? C'était des trucs qui lui revenaient en tête sans arrêt, alors que jour après jour, le couple préparait assidûment son départ, et que même le fils Karlson commençait à plier bagage. Ça lui pesait sur l'estomac, comme un parpaing posé sur son ventre.

Il n'avait pour autant pas osé proposer à Alan de lui envoyer une équipe avec lui. Il était à peu près sûr qu'Edwin, ou Arthur, ou d'autres, seraient partis avec eux pour les aider dans cette tâche et récupérer leur fils à San Francisco. Qu'à plusieurs, ils auraient eu peut-être plus de chance de s'en sortir, ou moins. Mais il l'avait pas fait, parce qu'Alan était assez grand pour prendre ses décisions, bien plus que lui, et surtout, c'était sa famille. C'était sa responsabilité, et jamais il aurait pu lui enlever ça des mains. Si les rôles avaient été inversé, Gary était sûr qu'Alan l'aurait laissé faire.

Alors quand le jour J sonna, Gary fut évidemment au rendez-vous. Un peu prostré dans son coin, pas content pour deux sous d'être là, quand bien même le couple termina par venir vers eux. Il fit un signe de la tête à Alan, de toute façon, il allait les accompagner au moins jusqu'à dehors. Puis bien sûr, manquait que Christina, qui tarda pas à lui souffler qu'il était formidable et tout ça, avant de lui retomber dans les bras comme à leur arrivée au chalet. Par réflexe, le grand brun referma l'étreinte sur la petite femme contre lui, lui soufflant à l'oreille :

Faites vraiment attention, ok ? Vraiment. Et revenez. C'était un ordre ouais. Un ordre que les Karlson avaient tout intérêt à écouter parce que sinon il allait se foutre sacrément en rogne contre eux, et ça, valait mieux pas.

La lâchant, il lui adressa un regard lourd. Perdre des gens c'était une chose. Les laisser partir sans promesse sur l'avenir, c'en était une autre. Vraiment pesante. Il s'écarta d'un pas. Il colla ensuite ses mains dans ses poches, sans savoir trop quoi en faire en fin de compte. Joey a côté salua Alan puis Christina, avant de sortir un trousseau d'clef de sa poche. Gary reconnut le porte clef de sa petite sœur, qu'il gardait toujours sur lui, et qu'il plaça pourtant dans la main de la brune avec un sourire un peu niais :

C'est p't'être con mais si vous devez vous arrêter à Phoenix par hasard, c'est les clefs d'mon appart'. L'endroit a été fermé en partant, y'aura sûrement d'quoi s'arrêter un ou deux jours et d'se reposer. C'pas le grand luxe, hein, mais bon. Et puis désolé pour l'bordel dedans aussi. Il retourna le porte clef et ajouta : C'est l'adresse là, ma sœur l'avait mis pour qu'j'arrête de me paumer quand j'étais bourré, il eut un rire un peu stupide.

Bon ok, c'était sacrément con mais c'était son moyen à lui d'participer, et ça le rendait plutôt content d'lui.




Go tell that long tongue liar. Go and tell that midnight rider. Tell the ramblr, the gambler, the back biter. Tell'em that god's gonna cut'em down. You can run on for a long time, sooner or later, God'll cut you down.
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Tamara C. Kroeger
Tam Capone
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 14:00

J’étais folle le jour où il m’avait appris ça. Je ne voulais pas y croire, la famille Karlson partait. Je ne voulais pas. J’ai bien essayé de les convaincre de me laisser m’occuper de Sven, mais ils n’étaient pas très chaud pour le laisser avec nous et il ne voulait pas non plus laisser ses parents partir seuls. Je ne pouvais donc rien faire pour les faire changer d’avis. Au moins, j’avais essayé, cependant les voir partir ne me laisserait pas la conscience tranquille pour les deux prochaines semaines. Je n’avais pas dormir beaucoup la veille de leurs départs. J’avais eu l’idée de barricader leur chambre pendant leurs sommeils pour qu’ils ne puissent partir le lendemain matin.

Je savais au fond de moi que c’était un peu con, alors j’avais préféré ne rien faire, même si je m’étais levé. Je pouvais toujours leur faire un petit panier à provisions. De quoi tenir un jour ou deux sans vraiment s’inquiétait de leurs nourritures pour les prochains jours. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était déjà ça. J’avais trouvé un petit sac où j’y avais mis la nourriture du mieux que j’ai pu. C’était une sorte de sac de voyage quand on y réfléchissait.

Alan était venu nous dire au revoir alors que j’avais Dante d’un côté et Kass de l’autre. Un petit mot, rien de plus avant de partir dire au revoir aux autres. J’étais tellement tétanisé par l’émotion que je n’avais pas réussi à faire ce que je voulais. Lorsque je me suis rendu compte qu’il venait de passer, je secouais la tête avant de le suivre. Je l’attrapais par le bras alors qu’il me tournait le dos. Oui j’aimais attraper les gens par le bras et les tirer vers moi. C’était une mauvaise habitude, mais personne n’était là pour me juger. Je regardais Alan, alors que je sentais mes yeux me piquer. Non ! Il ne fallait pas pleurer. Je tendais alors mon deuxième bras avec le sac que j’avais préparé toute la matinée.

- Ce n’est pas grand-chose, mais je suis sûre que ça vous aiderait un jour ou deux, le temps de voir venir. J’espère que ça se passera bien pour vous. Si tu ne reviens pas, je te promets que dans six mois je commencerais à vous traquer et je me vengerais pour l’inquiétude que j’aurais emmagasinée.

Le tout avait été avec un magnifique sourire. Je n’avais pas envie de leurs faires du mal, mais je devais faire comprendre à ma façon que je m’inquiétais. Faire semblant de sourire alors que j’avais envie de pleurer c’était tout un art que j’avais fini par maitriser sans trop de problèmes. Je finis rapidement par m’éclipser pour aller faire un câlin à Sven. Il allait me manquer lui aussi, j’aimais passer mon temps à l’emmerder. C’était ma façon d’aimer les gens de toute façon. C’est donc une nouvelle fois plein d’émotion que je m’approchais de lui pour lui faire un gros câlin. Je ne pouvais la laisser partir comme ça, j’avais un petit cadeau pour lui.

- Donne ta main, et ne te fait pas prier trop longtemps sinon je vais finir par changer d’avis.

C’est sous la menace qu’il m’écouta. Il tendit sa paume devant moi et j’y posais un objet rond qu’il ne vit pas tout de suite avant de la refermer. Il s’agissait d’un dé de ma collection de portes-bonheur. C’était mon dé rouge à douze faces qui m’était particulièrement utile lorsque je faisais du jeu de rôle.

- Maintenant, tu as intérêt à revenir parce que tu devras me le rendre. Ce n’est pas négociable, c’est un de mes préférés celui-là. Tu voulais savoir ce qu’il y a dans ma petite pochette rouge, maintenant tu le sais.

Je lui fis un bisou sur la joue avant de repartir comme j’étais venue. J’avais dit au revoir aux hommes de la famille. C’était eux que je connaissais le mieux. Je n’ai jamais vraiment eu le temps de discuter avec Christina, mais je suis sûre au fond que c’est quelqu’un de très gentil.



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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Jeu 31 Mar 2016 - 16:18


A son plus grand regret, le grand jour était arrivé, malgré bon nombre de discussion avec Alan sur la raison de son départ, et le tableau qu'elle avait pu dépeindre de l'extérieur au cours de ses mois passés à arpenter les cimetières qui servaient désormais de villes.
Elle avait mal dormi cette nuit là, hésitant entre la peur et la tristesse de voir partir un de ses plus proches amis dans un monde inconnu qu'elle avait mis tant de temps à quitter. La nuit se perdit en discussion avec Gary qui partageait son avis sur la question, tout en comprenant la famille et leur désir de retrouver leur dernier fils. Evidemment qu'elle aurait fait de même avec Gary, ils étaient d'accord là dessus. Alors, malgré leur avis sur la question, elle ne risquait pas de pouvoir leur jeter la pierre...

Un à un, les membres du chalet s'étaient réunis pour les derniers adieux, alors qu'elle serrait Christina dans ses bras, lui intimant d'être prudente. Elle n'avait pas eu l'occasion de beaucoup discuter avec la jeune femme, mais avait toujours apprécié sa patience à l'égard de son caractère de feu. Du coin de l'oeil, elle vit Alan faire ses adieux à Tam et aux autres, tandis que Norman disait en revoir à Sven, l'air aussi sérieux que son père. Pourquoi était-elle la seule à être au bord des larmes alors ? Elle parvenait pourtant à ravaler sa tristesse sous son regard fier, jusqu'à ce qu'Alan ne se retrouve face à elle, et qu'elle ne remarque ses yeux embués. La chirurgienne ferma un instant ses paupières pour refouler l'afflux de larmes, baissant le regard pour qu'Alan ne remarque pas sa tristesse. Avec lenteur, elle retira de son cou la mince chaîne en or au bout de laquelle pendait sa petite croix en or, venant l'offrir à l'ex professeur sans mot dire.

On à jamais eu les mêmes croyances, mais... C'est ce qui m'a permis de retrouver Gary. Et j'espère qu'elle t'aidera à en faire de même avec ton fils...

Les adieux, ça n'avait jamais été son truc. Jamais. Alors avec Alan, encore moins. Ramenant une mèche de cheveux derrière son oreille alors que les larmes roulaient librement sur ses joues, elle préféra baisser le regard avant de murmurer.

Dos amigos que se van, sin decir adiós.

C'était ça finalement. Ce n'était pas un adieu. Juste un en revoir, qui durerait de manière indéterminée jusqu'à ce qu'ils ne reviennent avec leur fils.

Les amis ne se disent jamais "adieu". Ne put-elle s'empêcher de traduire avant de le serrer dans ses bras, cachant ses larmes derrière ses cheveux.

La vie était parfois réellement injuste. Et même si elle avait l'impression de perdre un membre de sa famille à peine celui-ci retrouvé, elle se devait de comprendre leur envie de retrouver leur fils, comme elle l'aurait fait.

Soyez prudents Alan. Promets-le moi.

Ils avaient tous perdus des êtres chers. En perdre à nouveau... Elle n'était pas sûre de pouvoir le supporter. Mais elle se devait d'avoir confiance envers les Karlson. Ils avaient bien réussi à survivre jusque là. Restait juste à espérer que Dieu continue d'être aussi clément avec eux.


So cold
It's so quiet here
And I feel so cold
This house no longer
Feels like home.

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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un au-revoir   Aujourd'hui à 10:35

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Ce n'est qu'un au-revoir

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