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 Do it like a dude

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Rose A. Warren
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MessageSujet: Do it like a dude   Lun 21 Mar 2016 - 10:19


Deux jours, déjà.

Deux jours qu'elle avait l'impression d'être une extraterrestre en sentant les regard l'observer. Elle avait bien vu une once de remord parmi certains visages, et n'avait pas pu s'empêcher de les foudroyer malgré elle. Comme si ils commençaient à peine à se rappeler de son existence tiens. Pour son plus grand bonheur, elle avait fini par croiser Lara qui avait sorti les grandes eaux et les effusions de joie, sans parvenir à trouver les mots pour faire exploser sa colère alors que Joey l'avait regardé en coin d'un drôle d'air. Sans doute que Norman étant présent, elle avait préféré éviter une scène, et s'était rapidement éclipsée dans son coin.
L'avantage d'avoir eu une chambre personnelle, fût au moins qu'elle put dormir une journée entière, du début d'après midi au lendemain matin, tard. Son corps épuisé avait évidemment réclamé un repos mérité, et ce fût presque de bonne humeur qu'elle sortit de son lit, et s'habilla rapidement d'un jean et d'un pull après avoir fait une toilette digne de ce nom. La plupart des habitants étaient depuis longtemps occupés à leur occupation, et ce ne fût qu'en demandant ou était Norman qu'elle apprit que Gary lui avait réquisitionné pour la journée, quelque part aux alentours du chalet. Au moins, elle savait qu'il serait plus en sécurité avec son père que n'importe qui d'autre, ne put-elle s'empêcher de penser après s'être servi un café soluble sans demander la permission à qui que ce soit. Non, à la place, elle préféra s'esquiver de cette belle petite bande qui étaient devenu les meilleurs amis du monde après la chute du stade, allant s'exiler sur les hauteurs. Les balcons feraient parfaitement l'affaire, et lui permettrait de décompresser un peu.

Elle devait bien laisser leur chance à ces types après tout. En d'autres circonstances, peut-être qu'elle aurait pu s'en tirer au même degré qu'eux, et ne jamais les regarder de travers.
A peine arrivée sur le balcon, qu'elle vit une personne de dos, sans doute occupée à regarder les environs. Tam lui avait vaguement parlé des tours de garde qui se déroulaient ici, et il ne lui fallut pas longtemps pour reconnaître la stature de son ancien voisin de tente. Un léger sourire aux lèvres, elle s'approcha en silence de lui avant de le bousculer légèrement pour lui signaler sa présence, venant s'accouder sur le bois, tasse de café en main.

T'es là pour le paysage, ou tu bosse ?

C'était étrange de revoir Alan ici. Et étrangement, c'était bien une des seules personnes ici qui n'avait pas eu à souffrir d'un regard rancunier. Car il avait su être là pour elle quand elle pensait n'avoir plus personne, dans une époque qui lui paraissait bien loin désormais.

Ca fait un bail, hein ?

Elle n'avait pas pu s'empêcher de sourire amèrement en y repensant, avant de sortir le dernier paquet de cigarette qu'elle n'avait pas fumé, lui en tendant une alors qu'elle coinçait la sienne entre ses lèvres, l'allumant de sa main libre.

Cigarette ? Comme au bon vieux temps ?


Peut-être valait-il mieux faire comme si de rien n'était, et que la colère s'en irait d'elle même... C'était peut-être une bonne solution aussi en y repensant. Tirant une bouffée de tabac qu'elle rejeta devant elle en observant le sol enneigé, elle but une nouvelle gorgée de café, la vue immaculée apaisant un peu la rancoeur qui continuait par instants de la ronger.


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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Do it like a dude   Mer 23 Mar 2016 - 11:37



❝Do it like a dude❞
Rose & Alan

    L'ambiance du chalet était relativement étrange depuis que nous étions rentrés avec des survivants en plus. La vérité étant que ces personnes ne sont pas qui puisqu'il s'agit de Rose, Norman, Daryl et Elyse. Les réaction et changements d'attitudes ont été relativement variées. Le soulagement et la joie, surtout dans les yeux de Gary et Arthur, mais aussi une culpabilité profonde au fond de ces regards ; je donnerais moi-même beaucoup pour pouvoir remonter le temps et ne pas les laisser ainsi derrière nous. Mais il y avait de ces choses qui ne pouvaient être changées et avec lesquelles il fallait vivre. Le chalet pouvait presque s'apparenter à un petit village où tout le monde se connaissait et tout le monde parlait sur tout le monde ; pas forcément en mal, mais depuis le retour du petit groupe qui avait été cru mort depuis notre départ du stade, beaucoup de chuchotements se faisaient entendre. Les gens se demandaient comment Rose et son fils avaient fait pour survivre dehors, ce qu'ils avaient dû faire pour arriver jusqu'ici en vie, mais peu étaient ceux qui osaient demander directement à l'un des concernés. Alors les gens s’interrogeaient, et les regards mauvais fusaient.

    C'est en regardant au loin, appuyé sur l'un des balcons qui surplombaient le chalet, que je pensais à tout cela. J'étais soulagé moi aussi de les avoir retrouvé vivants, rassuré que Rose et Normal aillent bien ; physiquement du moins, parce-que je ne savais pas quel était leur état psychologique et il ne fallait pas être devin pour comprendre que survivre là dehors ne devait absolument pas être une partie de plaisir. Quand quelqu'un me bouscula et que je vis le visage de l'espagnole je me senti une nouvelle fois pris par la culpabilité et le remords ; qu'est-ce qui m'avait prit de monter dans ce camion et de la laisser là-bas ? Qu'est-ce qui nous avait tous pris ? Malgré son léger sourire et ses yeux qui ne semblaient pas tenter de me tuer sur place, ses traits étaient encore bien tirés et elle semblait se remettre difficilement de ces deux derniers mois. Deux mois, c'était énorme quand on y pensait. Deux mois également où Gary avait essayé d'accepter la disparition de sa femme et son fils, nous guidant mieux que personne en s'oubliant complètement. Christy et moi avions fait notre possible pour le soutenir mais ça n'était pas suffisant. J'avais eut ce sentiment que la situation était inversée ; quand j'avais rencontré la jeune femme c'était elle qui pensait Gary mort et devait s'efforcer de se reconstruire, là ç'avait été lui. Tournant la tête vers elle, je lui répondis en tentant un petit sourire sincère malgré la culpabilité qu'on pouvait certainement lire dans mes yeux.

« Je bosse qu'à moitié, avec toute cette neige c'est assez calme mais je fais semblant, pour m'occuper. »

    J'avais ponctué ma phrase d'un petit clin d’œil, comme si ce nouvel élément pouvait s'avérer être un nouveau secret entre nous ; la réalité était que je prêtais tout de même attention aux alentours, mais en sachant que d'autres montaient la garde en bas et que les Coyotes peinaient encore à arriver jusqu'ici, je n'avais pas un poids énorme sur mes épaules. Je m'apprêtais à répondre à son affirmation avant qu'elle me tende une cigarette que je pris sans une grande hésitation ; je m'étais mis à fumer plus à notre arrivée au stade, mais depuis que nous avions perdu beaucoup là-bas, c'était encore plus régulier. Christina avait finit par s'y faire, même si je ne fumais pas en leur présence.

« Merci. Nouveau sourire, presque amusé cette fois. Je fais de mon mieux pour me réguler mais c'est pas vraiment simple, je pense que es dans le même cas. »

    Je ne savais pas si elle essayait également de résister à l'envie de nicotine ou pas, mais les raisons qui nous poussaient à fumer, ce stress constant, était devenu ''commun''. Je me demandais s'il n'y avait pas d'autres paquets de cigarettes dans le coin, il y avait un village pas loin et avec l'hiver rude qu'il y a eut ici, peu de gens s'y étaient sûrement aventurés depuis le début de l'épidémie alors pourquoi pas ? Il faudra que je pense à regarder lors de nos prochaines expéditions, pour pouvoir également rendre la pareille à Rose. Tirant une longue bouffée, je gardais un instant la fumée avant de poser une question qui pouvait paraître sans grand intérêt au vu de la situation mais qui avait une réelle importance à mes yeux.

« Tu te sens comment ici ? »

    Je craignais les représailles, me doutant bien qu'elle ne pouvait se sentir bien au vu de tout ce qui était arrivé et des regards persistants des gens, mais son avis sur l'endroit comptait, et même si c'était encore délicat pour l'instant, j'espère que sur le long terme elle puisse considérer cet endroit comme le meilleur qui soit. J'hésitais un instant à lui demander comment elle avait vécu toutes ces semaines, comment elle avait tenu, questions qui me taraudaient l'esprit depuis notre retour, mais je ne souhaitais pas enfoncer le couteau dans une plaie encore grande ouverte ; si elle souhaitait en parler elle le ferait déjà.


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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Do it like a dude   Mer 23 Mar 2016 - 12:35


De tous les survivants qu'elle avait pu fréquenter au stade, Alan était de ceux qui lui avaient tout de même, relativement manqué. Son petit air calme et serein, cette facilité à l'apaiser rien que par les mots... C'était agréable, de retrouver ça, même si deux mois passés en extérieur n'effaçait pas tout.
Il avait accepté la cigarette avec joie, de ce qu'elle crut comprendre, alors qu'il expliquait tenter de diminuer. Etait-ce son cas ? Elle ne put s'empêcher d'afficher un sourire moqueur sur ses lèvres, avant de secouer la tête négativement, tirant une bouffée de nicotine.

Non, pas vraiment. Et le fait que Gary me fasse la morale comme quoi je devrais m'habituer à ne plus fumer me donne envie de siffler un paquet par jour, au moins.


Elle avait observé les alentours avec intérêt, se sentant presque apaisée face au calme des montagnes ou ils vivaient tous désormais, bien à l'opposé des villes dévastées qu'elle avait pu traversée lors de son périple. Pour un peu, on aurait presque pu croire que l'épidémie n'avait touché qu'une partie de Seattle, en oubliant complètement ce petit coin de la carte.
La question d'Alan la fit légèrement grimacer, alors qu'elle restait une petite seconde silencieuse, tirant à nouveau une bouffée de sa cigarette, recrachant cette dernière avec lenteur avant de finalement répondre.

Pas à ma place. Avoua t-elle franchement, avant de poursuivre. C'est toujours très compliqué d'arriver dans un groupe, ou ta meilleure amie à assuré à tout le monde t'avoir vu te faire dévorée vivante, alors qu'il s'agissait juste de sauver sa peau.

L'info était tombée comme un couperet, alors qu'elle ne lâchait plus l'horizon des yeux, avant de ramener son regard vers Alan.

J'ai peut-être... Un peu mal pris, que Gary n'ait pas cherché à me retrouver, en acceptant juste l'idée que j'y étais restée. Mais... Je suis toujours là. Et c'est stupide, mais voir les regards presque coupable de certains des gens ici me donne envie de hurler.

Elle lâcha un rire nerveux, avant de faire tomber la cendre par dessus le balcon, rajoutant encore en haussant les épaules d'un air las.

On m'a crû morte, j'ai survécu, je suis revenue. C'est bizarre d'être observée comme un fantôme, on va dire ça comme ça. Mais bon. J'suppose que je devrais m'y habituer...

Elle passa sous silence sa dispute monumentale avec Gary, tout en se doutant que leur coup de colère avait dû être entendu par quelques personnes encore éveillée, ou encore le fait qu'elle ait sérieusement songé à se tirer de ce chalet à peine quelques heures après être arrivée.

Asi es la vida, comme dirait ma mère. Je finirais par m'habituer...

On s'habituait à tout, au final. Il suffisait de voir à quel point le monde avait pu basculer dans le chaos, et le nombre de personne qui avaient réussi à survivre, et s'y adapter... Même elle, qui pourtant n'avait jamais été taillée pour la survie.

Et toi alors ? Raconte moi un peu tout ce que j'ai raté depuis... Le stade.

Rien que de l'énoncer lui faisait parfois voir des cauchemars éveillé. Mais au delà du morbide, la curiosité prenait le dessus, et comprendre comment Alan avait réussi à rejoindre Gary et monter tout ce petit coin de survie, lui donnait envie d'en savoir plus.


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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Do it like a dude   Dim 27 Mar 2016 - 16:53



❝Do it like a dude❞
Rose & Alan

    Je m'étais contenté de secouer un peu la tête quand Rose m'avait parlé du fait que Gary essayait de la faire arrêter de fumer. J'avais énormément de respect pour lui et pour tout ce qu'il avait fait, mais il ne fallait pas se leurrer, après ce qu'elle avait vécu et avec toute l'adaptation qui l'attendait encore ici, le moment était vraiment mal choisi pour essayer de lui faire prendre de bonnes résolutions. Je n'étais pas sûr que nous puissions un jour retrouver un semblant de sérénité que nous avions avant tout ça ; pourrons-nous à nouveau nous endormir sans craindre que la mort vienne jusqu'à nous ou à nos proches ? Sortir sans jeter des coups d’œil en arrière à chacun de nos pas ? Je doutais fortement de cela. Alors comment pourrions-nous seulement envisager de stopper ce geste machinal qui apaisait un instant notre stress ? Tirant sur ma cigarette, j'attendais en regardant au loin la réponse de la brune, profitant simplement de ce moment avec elle, ce moment que je n'aurais jamais pensé avoir à nouveau un jour mais qui me faisait un bien fou.

    Quand elle reprit la parole je reportais mon attention sur elle, cherchant sur son visage et au fond de ses yeux une once de vérité qu'elle cacherait peut-être, pour ne pas m'inquiéter ou peut-être simplement par fierté, mais elle me sembla relativement sincère ; je me senti légèrement mal à l'aise, moi aussi je faisais parti de ceux qui avaient tourné le dos au stade, qui avait soutenu à Gary qu'il devait avancer et ne pas se sentir coupable. La réaction de la jeune femme était toute légitime et je ne pouvais même pas imaginer la rage dans laquelle j'aurai été si je m'étais retrouvé à sa place... mais d'un autre côté je pouvais aisément comprendre ce qui nous avait tous poussé à sauver notre peau et celles de nos proches.

« Gary n'est pas le seul fautif dans tout ça, si aucun de nous ne l'avait retenu il n'aurait pas hésité à se jeter dans la gueule de ces cadavres pour toi et votre fils, quitte à y laisser sa vie. »

    Je ne faisais que lui dire ce qu'elle savait certainement déjà mais il y avait de ces choses qui faisaient du bien à entendre, même si au fond de soi on en était conscient et qu'on l'avait déjà entendu à maintes reprises. Quittant la chirurgienne des yeux je pris une nouvelle bouffée de cigarette qui se consumait un peu moins vite à cause de l'air plus réduit qu'en plaine, et me mit à fixer la balustrade sur laquelle je m'appuyais avant de fermer les yeux de regret.

« J'aurai dû mettre Christy et Sven dans ce camion et l'accompagner, venir te chercher... Mais ça ne sert à rien maintenant de ressasser tout ce qui aurait pu être fait, plus rien ne peut être changé. Alors je vais juste dire que je suis réellement heureux de partager cette cigarette avec toi. »

    J'avais tenté un petit sourire en la gratifiant d'un petit coup d'épaule affectif, essayant de chasser cette vague de culpabilité difficilement gérable. Mais tout était vrai, je ne disais pas cela pour faire bonne figure ou me faire pardonner quoi que ce soit, je devais porter cette responsabilité sur mes épaules sans m'apitoyer sur la lourdeur de la chose ; simplement apprécier sa présence parmi nous. Elle se qualifie de fantôme en ajoutant les paroles de sa mère et je poursuis d'un air presque songeur.

« Je crois qu'on devrai tous les deux être morts à l'heure qu'il est, c'est juste une question de chance. Quand nous étions là-bas, un sifflement m'a sauvé la vie alors qu'un Coyote arrivait dans mon dos alors qui sait, peut-être que nous ne faisons que retarder l'échéance. »

    Pour moi qui était déjà relativement fataliste auparavant, je peinais parfois à voir le bon côté des choses et imaginer des jours meilleurs, alors même si ma remarque pouvait sembler amère, elle n'en n'était pas moins vraie ; qu'est-ce qui nous affirmait que nous nous battions réellement pour quelque chose ? Où allions nous réellement ? Il n'y avait sûrement plus aucun endroit en ce moment qui nous rendrait ce que nous avions perdu.

    La discussion s'orienta sur ma personne et je me mit à réfléchir aux choses principales qui s'étaient passés depuis, me tournant pour m'adosser contre la balustrade plutôt que de m'y accouder. Je me demandais au final pourquoi je pensais autant, sachant pertinemment que Rose ne jugerait aucunement ce que j'allais lui dire, ou en tous cas que si elle avait une remarque à faire, elle la ferait sans tourner autour du pot. Prenant une inspiration, je pris la parole.

« Ç’a été un peu compliqué au début. Christina et Sven m'ont craint un petit moment à cause... de ce que j'avais fait au stade. J'ai moi-même eut du mal à reprendre les esprit, à ne plus avoir peur de ce que je pourrais devenir. Mais cet endroit me semble avoir ce qu'il faut pour que l'on puisse tous se reconstruire, et je suis certain qu'avec du temps tu trouveras également ta place ici. »

    Un nouveau sourire à son égard. Je n'osais rentrer dans les détails pour le moment, lui dire que je n'avais ressenti aucun remord à tuer ces Coyotes, que j'avais coupé le bras d'une pauvre jeune fille pour essayer de stopper l'infection, que nous allions partir.


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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Do it like a dude   Mer 30 Mar 2016 - 15:46


Hm....

Songeuse, elle avait expiré une nouvelle bouffée de nicotine alors qu'Alan prenait la défense de Gary, expliquant la situation un peu plus calmement que n'avait pu le faire son ex mari lors de leur première discussion.
Non, ressasser le passé n'aurait servi à rien, effectivement. Mais avaient-ils seulement conscience de cette angoisse du lendemain qu'elle avait pu avoir à chaque fin de journée, alors qu'elle assurait à son fils qu'ils s'en sortiraient, sans être réellement sûre de ce qu'elle avançait ? A être parquée dans des voitures avec le minimum pour survivre, déambulant entre les carcasses de voitures abandonnées, observant les ruines d'un monde qui jusqu'à récemment, leur avait permis de profiter d'une vie saine, paisible ? Non, peut-être pas. Tout du moins, pas de la façon dont elle avait pu le vivre en compagnie de Hope, Josh et Kate. Certainement pas.

Alors qu'Alan parlait du sifflement qui lui avait sauvé la vie, elle ne put s'empêcher de rire légèrement, fixant l'horizon.

Ouais, je m'en rappelle bien de ce moment. C'est la seule manière que j'ai trouvé pour empêcher ce type de te remarquer. Siffler.

Finalement, sa tentative pour lui sauver la mise avait parfaitement fonctionné, remarqua t-elle alors qu'Alan fumait une clope en sa compagnie, bien vivant et en bonne santé.
Trouver sa place ici, disait-il. Peu convaincue, elle haussa les épaules, tirant à nouveau sur sa cigarette.

Je sais pas trop... C'est étrange.

Elle avait cette sensation d'avoir été propulsée dans un monde inconnu, ou les gens la regardaient comme une extraterrestre alors qu'à une époque, elle avait partagé leurs repas, leur endroit de survie, et leur routine dictée par les militaires. Alors pourquoi avait-elle la désagréable sensation de ne pas être à sa place.

J'ai jamais vraiment été taillée pour la survie. J'suis passée de... de chef d'interne en chirurgie et mère célibataire, à survivante de seconde zone. A fouiller des maisons abandonnées, des cadavres, pour espérer trouver de quoi survivre. J'ai planté un couteau dans le torse d'un type qui m'étranglait, j'ai dû courir pour éviter des gens infectés par un virus sorti d'on ne sait ou... Tout ça pendant deux mois, alors qu'ici, tout semble paisible. No lo sé...

Elle ne put s'empêcher de soupirer, baissant le regard sur l'entrée du chalet en faisant tomber la cendre de sa cigarette.

La chute du stade à été un vrai cauchemar. J'en rêve encore la nuit, quand j'arrive à dormir. J'ai vu des choses atroces, entendu des cris qui ne partiront jamais de ma tête. J'pense que ça à joué sur le fait que j'ai jeté toute ma colère sur Gary à peine passé le pas de la porte ici. Je m'en suis prise à la mauvaise personne, je sais. Mais je m'en suis rendue compte un peu trop tard finalement...




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MessageSujet: Re: Do it like a dude   Mer 30 Mar 2016 - 19:08



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Rose & Alan

    Je sentais Rose à la fois peu convaincue par mes propos et encore à la limite de l'énervement, comme si tout ce qu'elle avait encaissé jusque là allait sortir et que son calme apparent ne tenait qu'à un fil. Mais comment pouvait-il en être autrement ? La plupart d'entre nous avaient dû entendre l'altercation qu'elle avait eut avec Gary mais pouvions seulement reprocher quoi que ce soit à l'un comme à l'autre ? Si on cherchait bien nous trouverions forcément quelque chose, mais ils en avaient déjà assez bavé pour qu'il ne serve à rien d'en rajouter, le plus important à présent était qu'elle prenne ses marques ici et se refasse à la vie en communauté.

    La remarque qu'elle me fit concernant le sifflement m'arracha un « ah ? » d'étonnement alors que je reposais les yeux sur elle. Ainsi donc c'était grâce à elle que j'étais encore là, bien vivant. Qui sait ce qui se serait passé si elle n'avait pas regardé dans ma direction à ce moment là ? J'aurai certainement finit comme la meilleure amie de Kassandra... Lui adressant un regard reconnaissant, je lui répondis un sourire au coin des lèvres.

« Très bonne idée ! Je savais que tu me gardais à l’œil en toutes circonstances, merci. »

    Je lui avais assené un coup de coude un peu taquin. Dis comme ça ça m'avait fait pensé à une mère poule, et par conséquent à Christina qui avait toujours eut l'habitude de materner ses enfants un peu trop ; je ne considérais évidemment pas Rose comme ma mère, ç'aurait plutôt été l'inverse, mais je pouvais bien rire un peu. La légèreté de la situation ne dura toutefois pas longtemps et la brune commença à aborder le sujet de ce qu'il s'était passé ces deux derniers mois. Tirant une dernière bouffée sur ma cigarette, je l'écrasais dans le pot de fleur où un petit cimetière de mégots était déjà présent.

    Plus elle parlait et plus je pouvais sentir la difficulté qu'elle avait à dire tout ça, cette pression invisible qui lui étouffait la poitrine ; comment pouvait-elle seulement ne pas devenir folle après tout ça ? Je faisais mon maximum pour ne pas me laisser me noyer par ses propres émotions, même si je ne pouvais empêcher de ressentir une colère sourde au fond de moi qui m'aurait fait envoyer le monde entier si je ne prenais pas sur moi pour l'étouffer. Malgré tout ce qu'elle avait traversé, malgré ces deux mois à n'avoir d'autre choix que de s'endurcir pour se protéger elle et son enfant, la femme que j'avais devant moi et celle que j'avais appris à connaître depuis le stade ; elle avait dû s'endurcir oui, mais au fond elle était toujours cette mère inquiète pour son enfant, prise au piège dans un monde qui n'était pas le sien et contre lequel elle ne pouvait rien faire. Prenant une grande inspiration pour être sûr de ne pas flancher, je pris le ton le plus calme possible en me tournant vers elle pour poser une main sur son épaule.

« Ne t'en fais pas pour Gary, je suis certain qu'il comprendra que c'est le trop plein qui t'as mise en colère. Je ne peux même pas imaginer à quel point ça a été difficile de traverser tout ça et comme ça l'est encore, mais tu es en sécurité maintenant, et Norman aussi. »

    Mes paroles pouvaient s'avérer être sans fondement, parce-que je savais pertinemment qu'aucun mot n'avait cette aptitude panser toutes les plaies ; ils pouvaient éventuellement apaiser un peu la peine, mais jamais elle n'oublierait ce qu'elle avait vécu, il lui faudrait apprendre à vivre avec et je ne serais pas là pour l'épauler. Mon regard se rembruni un peu et j'ôtais ma main, me radossant contre la balustrade en fixant le mur. Comment pouvais-je bien lui dire ? C'était trop tôt, bien trop tôt, mais je n'avais aucunement l'envie qu'elle l'apprenne de quelqu'un d'autre. Et elle s'en sortirait, avec ou sans moi, penser le contraire aurait été plus que nombriliste de ma part. Fermant un instant les yeux, je serrais une main sur le bois derrière moi, me préparant à parler d'une voix mal assurée que je ne pourrais cette fois-ci pas contenir.

« Rose... Marquant une pause, je cherchais le meilleur moyen de lui annoncer la nouvelle, mais il n'y en avait pas. On va partir quelques temps, Christy, Sven et moi. Chercher James. »

    Je n'osais la regarder, m'attendant à être tout d'un coup la cible de son énervement mais aussi de ses craintes ; elle avait passé du temps là dehors, nous pas. Elle savait parfaitement ce que nous risquions.


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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Do it like a dude   Lun 4 Avr 2016 - 7:47


Est-ce que Gary finirait par comprendre que ses nerfs avaient craqués ? Hm. Elle n'en était pas aussi sûre qu'Alan, et son imperturbable optimisme. Haussant les épaules, elle fit remarquer.

J'en sais trop rien. Tu sais quand on se dispute, ça part souvent en vrille. Les insultes, les cris, les portes qui claquent... Donc bon vu ce qu'on s'est craché au visage je doute qu'on parvienne à se reparler normalement avant un bon bout de temps.

Oh non, ça n'avait pas été simple de s'en tirer au cours des deux derniers mois.

Tu sais, une fois sortie du stade, alors que je croyais tout le monde mort, Gary compris... J'ai sérieusement pensé à mettre fin à mes jours, une bonne minute. C'est juste Norman qui m'a convaincu de prendre sur moi, mais j'dois avouer que mon désespoir était... Balèze.

Pourquoi lui avouait-elle ça ? Sans doute parce qu'il ne la jugerait pas, et qu'elle lui avait toujours tout dit. Oui, certainement. Elle avait toujours eu cette capacité à tout garder pour elle, mais Alan agissait presque en exutoire quand elle se retrouvait seule à seule avec lui, lui permettant d'avoir ses plus sombres pensées, ses peurs ou ses espoirs.
Tout du moins, elle pensait ça juste avant qu'il ne reprenne la parole d'une voix mal assurée. Ils repartaient en extérieur, chercher leur dernier fils. James, elle en avait entendu parler. Mais est-ce qu'il avait suivi tout ce qu'elle venait de dire sur l'horreur de la ville depuis la chute du stade ? Là tout de suite, elle en avait le doute. L'observant un instant avec un regard paniqué, elle ne put s'empêcher de vouloir l'attraper par les épaules pour le secouer comme un prunier le temps de lui remettre les idées en place, mais se contenta sagement d'attraper son bras de sa main libre pour le forcer à la regarder.

Alan... Non. Tu peux pas faire ça. Est-ce que tu as écouté ce que je viens de dire sur l'extérieur ? Ici, ça à des allures de Disneyland en comparaison, et je n'exagère pas.

Ah ça non, elle n'exagérait rien. Elle n'avait pas cru Gary qui lui avait décrit Phoenix, et la réalité lui avait collé une gifle magistrale sur la joue. Les cadavres abandonnées, les rôdeurs, les batiments brûlés, les gerbes de sang le long des murs...  En même temps, il agissait en tant que parent. Elle même avait bien tout fait pour sauver son fils, jusqu'à planter un type qui avait blessé Kate à la jambe...

Por favor Alan. Ne fait pas ça. Là-bas, c'est la mort assurée, pour tout ceux qui ne sont pas prêts. Je t'en supplie, ne fais pas ça.

Brièvement, les souvenirs de l'extérieur lui revinrent, la faisant frissonner désagréablement.

Dehors, c'est l'enfer. Les morts sont partout, ils sont à l'affût. Les cadavres jonchent le sol, et chaque endroit ressemble à une scène de crime; En voiture, on à même croisé une gamine d'a peine 10 ans dévorer sa mère agonisante. On à surpris des gens se suicider d'une balle dans la tête pour ne pas avoir à y vivre un jour de plus. Et j'ai pas envie que tu te retrouve la dedans. S'il te plaît...

Pas maintenant qu'elle venait tout juste de les retrouver, tous.  


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