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 Une tuile ne tombe jamais seule.

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Bobby Smith
Messiah
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Sam 16 Avr 2016 - 1:21

Alors que l’incertitude comprimait le cœur couvert de cicatrices de l’homme, l’ange aux yeux de saphir fit un acte de foi qui fit naitre un sourire sur les lèvres minces du géant difforme. L’être divin au sourire merveilleux voulait rejoindre le colosse dans la quête surement stupide d’aide un animal face à des goules affamées. Si Juliane avait été là, elle aurait surement traité de stupide l’instinct de protection que le mastodonte déployait sans cesse vers des étrangers. Mais cette simple déclaration, cette envie d’aider une autre âme paraissaient normales pour le golem de chair en recherche de rédemption. Il n’avait pas été présent pour se sacrifier pour sa famille, l’homme ne vivait que pour deux choses. La première était de son envie de les rejoindre au paradis, avoir la chance de compléter lueur sourire pour une dernière fois avant que les démons des cercles infernaux agrippent son âme et le trainent avec eu dans l’éternelle souffrance. Car l’enfer était le lieu que tous les monstres séjournaient à leurs morts. Le mineur avaient une envelopper charnelle si grotesque qu’il devait faire partie de cette lie de l’humanité. La seconde était tout simplement son inutilité dans l’évolution de l’espèce humaine. Bobby devait défendre les gens qui pourraient apporter une pierre de plus pour la construction du monde. Lui n’était pas utile à rien, juste un être bon pour être sacrifié et un outil réplétif pour les tâches simples.

Quand la jeune femme au sourire si merveilleux demandant au colosse si ce dernier était prêt, l’esprit vagabond de l’homme fut ramené de force de ses pensées horribles. Souriant timidement à l’être doté d’une auréole de gentillesse, l’homme difforme ne put que hocher la tête, une boule d’émotion dans la gorge l’empêcha de parler. Sans le connaître, la divine apparition aux yeux de saphir si ensorcelant voulait suivre la folie de l’homme juste pour ne plus être seule. Une pensée pure s’infiltra dans la tête de l’homme, une promesse silencieuse qui eut l’importance d’un pacte envers Dieu et ses légions d’anges. Il fera tout en son pouvoir que l’être au sourire si merveilleux ne pleure plus, qu’elle soit en sécurité et surtout qu’elle n’affronte plus ce monde chaotique seule. Il sera là pour l’écouter, pour la protéger et faire un rempart de son corps ignoble pour lui éviter la moindre blessure. Elle devait avoir assez souffert et lui n’était né que pour subir le courroux de la vie. Un échange équitable au regard bleuté du géant quand il ouvrit la voie vers les jappements frénétiques et le chœur de gémissements de faim.

Rendu près de la balustrade donnant sur le hall d’entrée, le regard bleuté de l’homme découvrit un véritable carnage. Une cohue d’aberrations venait de fouler le sol sacré de ce temple du savoir contemporain. Deux bandes distinctes d’êtres arrachées à leurs sépultures s’étaient formées d’un côté comme de l’autre de la grande salle. Un attroupement d’êtres aux muscles ankylosés et au teint blanchâtres comme la neige à l’extérieur étaient agenouillés autour d’un corps d’un homme. Un peu comme des suppliants d’un culte étrange en train de vénérer une idole impie gorgée de sang. Comme une offrande ignoble, les boyaux de l’être vivant agonisant étaient arrachés par des mains avides et a des mandibules voraces. Un air d’intense satisfaction s’afficha sur le visage barbouillé de sang frais, les morts-vivants continuèrent leurs séances de cannibalismes avec une vigueur renouvelée. Dans le coin opposé au carnage, un chien ressemblant à un loup était couché derrière une barricade de tablettes tombée au sol. Ayant la vigueur sans fin de la non-vie, les goules avaient en contrepartie une agilité et une dextérité inexistante. Il devait avoir une vingtaine de formes grouillantes, à moitié décomposées et surtout dangereuses dans l’antichambre de l’enfer sous les pieds des deux survivants.

Relevant les yeux sur l’ange à la chevelure cuivré et au sourire débordant de bonté, Bobby hocha la tête devant chacune des paroles de l’être de lumière. Le ton rauque, rocailleux et un peu intimidant du géant de granite s’éleva dans un murmure. Mais chaque mot, chaque syllabe étaient teintés par une douceur et une compassion des plus avenantes.

Robert- Euh… Pas un loup. C’est un chien j’en suis sur… Euh… Son maître se fait manger là-bas.

Pointant le lieu de l’égorgement et du bousillage d’un être humain, Bobby hocha la tête avec singularité. Une douce inquiétude reluisait dans son regard océanique si pur.

Robert- Faites attention madame… Euh… après avoir fait tomber le truc, je vous suis pour vous couvrir d’accord?

Quand la silhouette magnifique et gracile se plaça en position dans le long escalier, le corps affreux et dégoutant de l’homme fit quelques pas. Il s’arcbouta les deux mains sur la paroi métallique de l’étagère pleine de livres. Grognant sous l’effort qu’il devait déployer, Robert lançant toutes ses forces dans la bataille qu’il livrait contre l’inertie du rayonnage rempli de bouquins détenant un savoir inestimable. Les veines de son cou de taureau se gonflèrent sous l’effort. Les muscles de ses bras et de ses jambes se transformèrent en pistons vivants. Le cœur immense, transformé en une sorte de moteur, pompait le fluide vital pour augmenter la puissance déjà phénoménale de l’homme. Dans un grincement métallique, la section de la bibliothèque se plaignit de ce traitement et commença à être attirée par le vide. Un pas après l’autre, un petit miracle d’obstination et de résilience humain, Robert accomplit alors l’exploit de faire basculer l’étagère pensante dans le hall. Quand la tâche fut accomplie, le monstre de foire laissa ses mains sur la rampe pour regarder la confusion qu’il venait de produire. Essayant de reprendre son reprendre son souffle, Robert vit l’ange ressembler à du vif argent courir vers l’abri du chien. Le regard bleuté si pur passa de la sublime dame au groupement de créatures festives pleines de sang. Les zombies près du chien furent attirés comme un aimant par le bruit de la chute du rayonnage, mais le second groupe avait remarqué l’être divin. Haletant, sa voix remplie de sollicitude et d’inquiétude s’échappa dans un cri malgré sa gorge asséchée par cet immense effort.

Robert- PLUS VITE MADAME, ILS ARRIVENT !

Mais au milieu de du chœur de gémissements affamés des goules un cri à faire glacer le sang se rajouta. Un hurlement en partie humain, mais indéniablement maléfique et sanguinaire percuta les zones d’échos de l’immense salle. L’homme qui était le plat de résistance de la meute de cannibales venait de se relever. Les yeux blanchâtres, le visage tordu par une haine inassouvie, il commença à repousser les parodies de vie pour se dégager une voie d’accès vers la divine apparition. Commençant à prendre son élan, la goule de fraiche date sprinta comme si sa vie en dépendait. Sur le coup, le colosse à l’esprit lent songea que l’individu était vivant. Voyant la fusée courir dans la direction de l’ange au regard si pétillant de vie, Robert crut dans un premier temps que l’homme n’était que blessé et il se sauvait de la petite meute de cannibales d’outre-tombe. Mais remarquant la blessure béante dans l’estomac de l’être immonde et les tripes qui flottaient derrière lui comme une parodie morbide de cape.

Alourdie par le poids du chien, la dame leva des yeux paniqués et terrifiés vers le géant qui commençait à descendre le long escalier. Le cœur du colosse se déchira et pendant que l’angoisse nouait ses tripes, le géant accéléra le pas. Au risque de se casser mille fois le cou à cause des marches glissantes, Bobby n’en avait cure. Une âme bonne, gentille et surtout remplie d’une bonté peu commune allait trépasser sous l’assaut des horreurs de ce monde. Voyant très bien qu’il ne pourrait pas utiliser sa hache en passant près de la perfection de la dame sans risquer de la toucher, Bobby essaya une autre tactique. Baissant son épaule, le mastodonte lancé en pleine vitesse percuta l’infecté revenu à la vie. Celui-ci décolla littéralement du sol et chuta lourdement sur le dos à quelques pas de distance. S’arrêtant tout près d’une étagère, Robert coinça sa hache entre le mur et la charpente de métal. Poussant un rugissement à la fois de défi et d’effort, Robert lança sa force phénoménale dans la lutte. Le simulacre de vie essaya de relever, mais le lourd meuble tomba sur lui, l’écrasant de sa masse. Loin d’avoir donné son dernier souffle, le zombie bougeait ses bras pour essayer d’agripper ses proies. Proies qui étaient maintenant hors de portées. Saisissant sa hache Robert souffla et inspira. Une haine de ces créatures cauchemardesques coulait maintenant dans ses veines et son instinct bestial ne demanda qu’à cet instant d’aller satisfaire sa rage. Mais son regard tomba alors sur l’ange qui commençait à gravir les marches. Elle avait été si gentille avec lui et le monstre de Frankenstein devait l’aider. Voyant la meute de trépasser s’approcher, Robert fit un pas vers l'être céleste et se plaça dans le sillage de l’être si pur. Il allait abattre toutes les menaces qui allaient oser s'approcher de l'auréole lumineuse de l'ange aux à la chevelure brillante comme le cuivre. Robert allait faire un rempart de son corps innombrable et si il devait payer le prix fort, il le ferait avec le sourire.

Partit l’être gêné, parti l’humain en quelque sorte. Le protecteur était aux commandes de cette machine phénoménale et il l’utiliserait au maximum de sa capacité. Tout ceci pour ne protéger qu’une personne projetée dans cet enfer. D’un puissant coup de talon, le géant frappa une goule qui s’était trop approchée de l’être à l’aura si pur. La créature semi-vivante fut alors projetée, comme un fétu de paille emporté par une tornade, sur le mur et glissa pathétiquement au sol. Le regard bleuté inquiet de la bête se posa sur les êtres vils et dénués de vie qui s’approchait. La haute silhouette et imposante du colosse continua de reculer à grands pas au milieu des tourbillons presque opaques de poussières soulever par la lutte pour la survie qui se livrait. Le manteau de cuir de l’homme difforme flottant comme une cape autour de ses larges épaules. Ses yeux luisants se rétrécirent, son visage monstrueux se fit encore plus intransigeant. Au sol une goule essaya de se relever pour se jeter goulûment sur le corps gracile de l’être qui avait donné une chance à la bête. Balançant un coup de pied dans les côtes de la parodie d’humanité, Robert la fit virevolter face premières dans les étagères métalliques. Projetant un autre corps sans vie avec la facilité d’un enfant furieux qui malmène ses jouets, Robert tendit une main secourable vers la jeune femme au regard hypnotique. La rage et la fureur de son inquiétude pour elle disparurent quand leurs yeux bleutés se rencontrèrent de nouveau. Le ton rassurant, doux et rauque de la bête fut murmuré d’une façon claire et distincte.

Robert- Suivez-moi madame… Euh… On monte en haut et on sera en sécurité OK? Je ne vais pas partir sans vous…

L’homme difforme Robert commença sa course vers les marches salvatrices, cette issue ou le mal ne pourra plus faire jouer son emprise sur l’ange aux yeux de saphir. Dans un premier temps, le pas de la bête était peu sûr et gauche. Mais dès que la vitesse fut acquise, les gens pouvaient presque croire à la lancée d’une locomotive. Rien ne pouvait détourner la marche de cet immense gaillard. Le faisceau de lumière blanchâtre de la lampe pointa, au gré des balancements frénétiques de ses pas, des fois la lie de l’humanité transformée en goules d’autres fois les rayonnages. Des mendiants, des femmes vendant leurs corps fatigués pour des doses de rêves, des membres de gangs. D’autres fois, c’étaient les puissants de ce monde qui apparaissaient la bouche couverte de sang, leurs costumes dispendieux déchirés et ruinés. Le premier spectre d’un autre monde qui essaya d’empêcher l’express Bobby de se rendre à destination fut un jeune messager en vélo. La goule boita horriblement de la jambe gauche et le coup de hache porté avec fureur par le mastodonte n’arrangea en rien son état. Il fit un tour complet sur lui-même avant de choir su le sol à quelque pas du groupe. Le second mort-vivant ressemblait à Cruella dans les 101 dalmatiens. Son vison blanc était souillé par des taches brunâtres et Robert descendit son épaule pour l’accueillir au niveau de son plexus solaire. Telle une poupée de chiffon, la méchante de Disney trépassée valdingua dans une pile de livres. Rendu près de l’escalier, Bobby se plaça dans le dos de la jeune femme pour couvrir ses arrières avec sa hache couverte d’hémoglobine.

Dès que l’ange eut gravi des marches, Bobby fit de même en coupant deux têtes comme un moissonneur dément. Rendu en sécurité en haut des marches salvatrices, Robert suivit le mouvement d’automate de l’ange et la conduisit dans la pièce qu’ils venaient de quitter. Refermant la porte, il sortit sa gourde d’eau pour la tendre en tremblant à l’être céleste près de lui. La respiration du colosse était sifflante et il était totalement en nage. Laissant tomber sa hache couverte de sang noirâtre au sol.

Robert- Vous avez réussi, madame… Euh… J’ai eu peur, vous savez. Je ne voulais pas que les méchants qui mordent vous fassent mal… Euh… Moi c’est Bobby ou Robert ou bien souvent on m’appelle par d’autres noms assez méchants… On prend une petite pause et ensuite on sort les trois d’ici OK?


Le regard tendresse, un océan de gentillesse et de bonté en fait, se souda au saphir inestimable de l’ange près de l’homme. Une aura apaisante et de compassion recouvrait les larges épaules du mineur et calmait les êtres effrayer…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Dim 17 Avr 2016 - 19:33

Je sentis de grosses gouttes de sueur couler le long de mon front et de mon échine alors que j'essayais en vain d'accélérer le mouvement. Il n'est pas dit que je mourrai dévorée vivante par des choses mortes et cannibales en voulant sauver un chien ! C'est trop bête, j'aimerais quelque chose d'un peu plus héroïque sur ma pierre tombale hypothétique. « Morte en sautant au devant d'un coéquipier pour prendre la balle... », « Morte en sauvant un orphelinat en flammes... »... Quelque chose digne d'être publié dans un journal ! Pour une journaliste, ce serait tout de même le minimum. Je savais que j'aurais dû être policière ou pompier en fait. En plus du prestige de l'uniforme, j'aurais été préparée pour affronter ce genre de situations avec calme et sang-froid ! Et à la place, me voilà en train d'hyperventiler. Ce n'est absolument pas le moment ! L'avertissement du géant acheva de me paniquer, mes muscles se tétanisèrent. Et alors que je perdais tout courage, un hurlement terrifiant déchira l'air.

Une chose venait de naître sous mes yeux.

Je la vis foncer vers moi à une vitesse que j'ignorais être possible pour un de ces monstres, les organes sensés se trouver à l'intérieur de l'estomac traînant derrière elle. Un sanglot m'étouffa, je pris sur moi pour monter de nouvelles marches en voyant déjà ma vie défiler devant mes yeux. Survivre si longtemps seule pour se faire dévorer vivante... Quelle vie de merde ! Je lançais un regard désespéré vers l'homme qui m'accompagnait, prête à lui dire de sauver sa peau tant qu'il le pouvait encore, souhaitant qu'au moins l'un de nous d'eux s'en tire. Et qu'il puisse parler de moi à ceux qu'il rencontrerait. J'aime bien l'idée d'immortalité qu'avaient les Romains... On ne peut pas mourir si au moins une personne se souvient de notre nom. Mais je ne lui ai même pas dit mon nom... Je serai juste l'inconnue de la bibliothèque.

J'allais me résigner mon sort lorsque la colline percuta subitement la chose qui courrait vers moi, l'envoyant proprement valdinguer quelques mètres plus loin. Aouch. J'espère qu'il n'a jamais fait de football américain, ses adversaires devaient déclarer forfait avant même le début du jeu. Ebahie par cette démonstration de force, je restais un moment immobile avant que mon cerveau n'accepte de reprendre les commandes. Une marche après l'autre, il faut prendre les choses une par une... Pendant ce temps, un véritable carnage avait lieu en bas. Je suis tombée sur mon ange gardien en fait ! Je remerciais la Providence que ce fût une sorte de guerrier et pas un poète contemplatif. Quoique, il fait peut-être les deux. J'ai touché le gros lot.

Presque arrivée en haut, je fus rejointe par mon sauveur, surprise par sa voix soudainement assurée, et acceptais son coup de main avec le poids du chien avec reconnaissance. Celui-là, il a intérêt à me vouer une admiration sans bornes et éternelle ! S'ensuivit une fuite éperdue vers le refuge que nous venions de quitter, affrontant cette foule de monstres auparavant humains pour pouvoir y accèder. Moi qui pensais avoir eu ma dose de grands frissons... Je notais dans un coin de ma tête de ne jamais énerver à ce point mon gigantesque sauveur lorsqu'il décapita plusieurs têtes d'un seul geste de sa hache. Je tiens beaucoup à la mienne, j'en prends vraiment soin quotidiennement, j'aimerais la garder le plus longtemps possible.

Aussitôt à l'abri dans la salle, je posais le chien au sol plus ou moins délicatement et me laissais tomber à côté de lui, les jambes coupées, le souffle court. Je n'ai jamais été autant motivée pour courir qu'aujourd'hui. J'acceptais avec joie la gourde qu'il me tendit, en buvant trois longues gorgées avant de la lui rendre. Le géant se laissa aller également, posant sa hache près de lui. Je grimaçais à la vue du sang qui en coulait. Quelle horreur... Ce n'est même plus du sang rouge, il est noir et coagulé. Mon homme aussi avait l'air ébranlé par ce que nous venions de vivre. Nous restâmes un instant silencieux, récupérant nos souffles tant bien que mal, puis il commença à parler. Il pouvait bien être simplet et avoir un physique d'homme de main peu scrupuleux, franchement, pour moi, il dépassait tous les autres hommes. Et pas seulement en taille, petits malins ! Je lui répondis en souriant, malgré la fatigue qui se faisait déjà sentir : « Robert, tu es un miracle ambulant. J'ai cru que j'allais y passer ! Merci d'être revenu pour moi, je ne l'oublierai jamais ! Entre nous, c'est à la vie, à la mort maintenant. » Je lui tendis mon poing, attendant qu'il me rende mon salut, avant de reprendre « Tu sais quoi ? On ne pourra jamais ressortir par là où on est entrés, ce serait nous jeter dans la gueule du loup. On va casser les fenêtres, tant pis. Tu penses que la tempête s'est un peu calmée ? » Je jetais un coup d'oeil dehors, mais avec l'obscurité, je ne pus rien voir. De l'autre côté, les ombres des monstres se dessinaient. « Ou alors on attend un peu, voir de quel côté les choses s'apaisent le plus vite ? »

De toute manière, nous étions coincés ici pour le moment, autant prendre notre mal en patience. Je commençais machinalement à caresser les poils du chien encore évanoui, y trouvant du réconfort. Je constatais qu'il portait un collier. Intriguée, je le tournais jusqu'à toucher la médaille et y lut son nom : Nakoma. Quelque chose d'un peu Indien... En y repensant, son maître avait le physique pour nommer son chien comme ça. Paix à son âme. Je prendrais soin de son animal pour lui, me promis-je en fermant les yeux, exténuée. Je me rendis ensuite compte que j'avais totalement oublié de me présenter : « Oh ! Au fait, moi c'est Breann. Breann Yates. Extatique d'être tombée sur toi. Je t'aime déjà. » J'eus un sourire amusé, les yeux toujours fermés, la tête posée contre le mur. Bon, nous n'étions pas encore sortis de là, mais pour le moment, j'avais gagné un protecteur et un chien, tout en étant toujours vivante. Pas trop mal, comme bilan.

Quelques temps plus tard, une drôle d'odeur me parvint aux narines. Je me redressais difficilement, m'apercevant que je m'étais endormie sur le chien, et papillonais des yeux, les sens en alerte. Je questionnais aussitôt Robert : « Tu sens ce que je sens ? » Du... brûlé ? Qu'est-ce que se passe encore... Je me relevais, inquiète et sursautais violemment lorsque la poignée de la porte s'agita frénétiquement, quelqu'un tapant contre la vitre. « Robert, Robert, il y a quelqu'un d'autre ! Qu'est-ce qu'on fait ?! Robert ! » Je secouais sans douceur son bras, comme une enfant demandeuse, paniquée. Brusquement, un bruit sourd me fit de nouveau sauter de peur. « Il a un pistolet, Robert ! C'est pas un ami ! »




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Lun 18 Avr 2016 - 14:19

Le colosse rougit à la seconde que la voix chantée, mais essoufflée de l’être de lumière le remercia. Un sourire de gratitude, de reconnaissance même déforma sa laideur brièvement. Quand elle parla d’être unis à la vie à la mort, des paroles semblables avaient été dites il y a quelques mois par une amie chère du géant. Quand il était au plus mal, Juliane l’avait abandonné. La photographe croyait à tort que les autres personnes allaient s’occuper du mineur presque mourant. À son réveil il s’était retrouvé de nouveau seul. De nouveau son amie avait réapparu, mais la bougeotte avait été trop grande et un pénible au revoir fut de nouveau dit. Ce souvenir assombrit quelque peu les traits atypiques de l’homme, mais la joie manifeste de l’ange regard de saphir rendit la beauté de Robert. Des yeux rieurs et envouteurs qui avaient capturé sans le savoir l’âme et le cœur du golem sans qu’aucun des deux êtres n’eussent connaissances. Quand celle qui aurait pu être aisément une muse pour n’importe quel artiste des arts tendit son poing, l’homme difforme avança son boulet de canon organique. Le poing fermé du golem de chair devait faire presque trois fois celui de l’ange. Mais le coup fut donné avec une douceur insoupçonnée dans ce corps ingrat. Le malabar était toujours tout sucre tout crème avec les rares personnes qu’il affectionnait.


Regardant vers la fenêtre que la douce apparition pointait, le colosse haussa les épaules. Que ce soit par la fenêtre ou bien en creusant une tranchée sanglante au travers de la meute gémissante, le géant s’était promis qu’il ferait tout en pouvoir pour sauvegarder une âme pure et qui méritait d’apporter sa pierre au Nouveau Monde qui devra être reconstruit. Robert pourrait mourir alors avec le sourire, persuadé qu’il a agi selon les versets de son cœur et de ses convictions. Les gens avaient besoin de la lumière divine d’un ange et non de la noirceur qu’apportait un monstre tel que lui. Voyant la main gracile flatter l’encolure du chien, Robert songea un instant que le clébard avait une chance inouïe. Il se surprit alors à changer de place avec le quadrupède et recevoir cette douceur satinée sur le cuir tanné de son avant-bras. Les yeux clos, la dame au charisme époustouflant se présentèrent. Le tout accompagné par un sourire qui aurait fait traverser terre et mer à n’importe quel homme pour n’apercevoir cette esquisse sublime. La voix rocailleuse, presque intimidante s’éleva dans les airs. Mais chaque mot était bercé par une tendresse et une affection certaine.


Robert- Bre-Anne… Euh… C’est un nom magnifique…


Mais à voir la respiration paisible, le mouvement régulier de la poitrine de la silhouette gracile et superbe de la jeune femme, Robert se tue. Un grand sourire illumina son faciès monstrueux. Une lueur incandescente d’humanité, de bonheur, de bonté et de joie s’était propagée dans la mer de ses yeux. En regardant le chien se reposer, écouter la respiration régulière et paisible fut comme un rêve réalisé pour l’armoire à classe disproportionnée. En secret, il avait toujours eu comme illusion de dormir dans la même pièce qu’un ange qui voyait au-delà de son armure de chair rapiécée. Qu’un chien sera présent, un fidèle compagnon pour les deux êtres. Et voilà qu’au plein milieu de la fin du monde une scène impossible à ses yeux se déroulait comme si c’était une bulle hors du temps. Laissant ses paupières lourdes de fatigues l’emporter au pays des songes, l’homme laissa sa tête tomber vers l’avant.


Pendant que le duo des plus improbables avait rejoint les bras de Morphée, une nouvelle vie prenait naissance dans le hall de la bibliothèque. Le mégot de la dernière victime des charognards avait joyeusement roulé lorsque les goules avaient agrippé l’homme hurlant de terreur. Le filtre rond au bout incandescent avait percuté une pile de livres cute au sol. Tout doucement le feu avait grandi et grâce aux mouvements erratiques des abominations insensibles à la peur et la douleur, le brasier ganga des rayonnages de combustibles pour l’alimenter.


Une secousse sur son bras fit brusquement sortir le colosse hors de sa discussion avec sa nièce Sandra. Souvent le fantôme de la raison de vivre du géant venait parler avec Robert. Elle avait expliqué à l’homme émerveillé que durant le sommeil le voile entre l’âme du dormeur et le paradis était presque inexistant. Ouvrant ses yeux groggy et se redressant la tête, la voix paniquée de l’être divin fit frissonner l’échine du mineur. En se relevant au son d’une glissière métallique de pistolet qu’on arme, l’homme se plaça d’instinct devant la frêle beauté. La porte fut enfoncée et deux costauds entrèrent en déplaçant beaucoup d’air. Les yeux des survivants, habitués à la nyctalopie de la pièce sombre, furent éblouis quelques instants par les faisceaux de lumières des lampes de poche. Des grosses voix bourrues, teintés de méchanceté et déguillant de perfidie résonnèrent dans la salle de lecture. Un Beretta se braqua sous le nez du géant pendant que le second homme, armé d’une batte, se plaça hors de la ligne de mire dans une position d’attaque de flanc.


Militaire- Putain Tom, regarde-moi ce type !


Tom- Bordel. Le sosie de Frankenstein.


Sachant pertinemment de qui les hommes discutaient, le cœur du monstre de serra d’effroi. Il ne voulait pas se battre encore. Encore plus important, le mineur ne voulait pas que la rage le submerge devant l’ange au regard de saphir. Bobby pouvait sentir la détresse et la peur prendre d’assaut le magnifique visage de Breann. De la frayeur à l’état pur corrompait la pureté du regard de la divine apparition. À ce moment la rage commença à se former dans les tripes de la créature monstrueuse. Un calme olympien se déposa alors sur les épaules du mineur. Une petite part de son subconscient hurlait de s’enfuir, mais l’être primale emprisonner au tréfonds de l’âme du colosse ricana. En désespoir de cause, la main massive du géant se referma sur la ganse de la bretelle de son sac à dos. Les deux hommes dévisagèrent le duo. Voulant dire à celle qui avait été si gentille avec lui de s’enfuir, le phénomène de foire eut la surprise de sa vie. Celui au pistolet rengaina son arme à feu et sortit un long poignard. Il avait encore sur le dos des anciens vêtements de l’armée. Son comparse ressemblait à un camion avec sa veste de jeans et son chandail d’un groupe heavy métal. Les deux empestaient comme si la douche n'était qu'un mythe pour eux.Sur de leurs emprises et d’avoir la supériorité avec leurs armes, les voyous rigolèrent dans leurs barbes.


Militaire- On est bien lotis depuis que ça est parti en couille au stade. On plume les pigeons de passages et on est nos propres chefs. Et vous deux vous venez ici, attirez les charognards et mettez le feu! On va vous faire la peau et nous tirer avant que l’incendie se propage.


L’être cauchemardesque était en plein bataille intérieure, revivant les tourments qu’il avait subis tout au long de sa vie. La rage continua de consumer la volonté de Robert, tel un incendie de forêt. La seule raison que le mastodonte n’avait pas encore laissé le dominion de son corps à l’esprit de vengeance qui coexistait dans son âme, ce fut de préserver la jeune femme. Breann avait tellement fait pour Robert en quelques minutes qu’il sut qu’il lui serait éternellement reconnaissant. L’ange avait dépassé le stade de l’apparence pour plonger son regard et mettre à nu l’âme de la bête. La divine apparition lui avait souri comme si Robert était un homme. Il ferma les yeux pour essayer de refouler la colère au plus profond de lui.


Robert n’entendait plus les conversations, essayant tant bien que mal de se calmer. Le mineur n'avait jamais vu une telle dévotion envers l'être pitoyable qu'il était. La seule personne qui surpassa la ferveur de l'ange fut Juliane. Repenser À son amie disparue et surement en danger n'aidait pas à calmer la fureur grandissante en son sein. L'homme au sourire de chacal cracha alors vers la divine apparition une poignée de mots.


Militaire- Et toi tu vas nous amuser un peu pendant qu’on va tuer ton grand con de petit copain


Les yeux du paisible mineur s'écarquillèrent de stupeur et de rage. Le fier-à-bras avait osé s’approcher et toucher la gracile brunette. Corrompre l’aura de pureté et de gentillesse de l’ange. Celle qui avait été aussi indulgente avec le géant. Celle qui avait sauvé un chien d’une horde de créatures voraces. Cette dernière semblait pétrifiée par la peur, telle une souris devant le regard hypnotiseur d’un cobra. Sans ménagement la brute enleva la tuque de la magnifique dame. Le point de non-retour de la rage de l’homme déformé était près d’être atteint. Le regard bleuté, autrefois si pur et sans malice, brillaient maintenant d’un sombre avertissement. Les malabars, trop occupés à regarder leur butin charnel, ne prirent guère garde à la paisible créature. Un de ces soi-disant prédateurs menaça avec son bâton de baseball.


Tom- Bon, toi la chose, à genoux, et demande pitié!


Arrachant l’espoir de l’être à la carapace immonde, les voyons firent la première erreur de la rencontre. La seconde fut lorsque le chef du duo s’approcha tel un loup de l’ange pétrifié. Une voix pleine de sous-entendus visqueux roula sur la langue fourche du déchet d’humanité.


Militaire- Quant à toi, la greluche... Je pense qu'on peut encore avoir besoin de toi pour un temps.



Quand le fier-à-bras s’approcha pour embrasser la jeune femme lapidifiée, Robert regarda le visage de celle-ci. Des larmes de frayeurs coulaient tout doucement sur les joues de l’ange. La frayeur des yeux si merveilleux de la divine apparition plongea un couteau glacé dans le cœur de Robert et tournait follement dans la plaie. À cet instant précis Rober bascula vers le monstre qui sommeille en chaque individu. Mugissant tel un Minotaure fonça directement sur un matador, la bête lança sa main ouverte vers le cou de Tom. Les doigts de sa main immense et rugueuse se transformèrent en serre. Agrippant le cou de l’être qui martyrisa l’ange et serra brusquement tel un étau en acier. Une des seules personnes qui avait donné un peu de compassion à l’erreur de nature. Tirant violemment vers l’arrière, comme si l’agresseur de Breann n’était qu’un enfant, le monstre de foire libéra la jeune femme de l’emprise de l’homme. Le déserteur en fut estomaqué et il voulut user de son poignard sur le faciès monstrueux de Robert. Sans laisser le temps de finir le mouvement de la brute, le mineur ferma son poing à s’en faire blanchir les jointures. Tel un boulet de canon organique, le poing vengeur percuta l’estomac de Tom. Celui-ci essaya de se plier en deux, mais le colosse tenait toujours l’homme par la peau du cou. Remontant subitement son coude, Robert fragilisa la mâchoire du malabar. Celui-ci roula des yeux et essaya de faire un jam de panique de sa main non armée. Encaissant sans broncher le coup mal placé, le géant lâcha le pathétique agresseur. Celui-ci tomba alors à genoux et leva la tête vers le mastodonte. D’une dernière détente pour essayer de blesser le colosse, l’ancien militaire ouvrit une tranchée sanglante sur son avant-bras gauche. Totalement porté par l’adrénaline et la haine, Robert ne sentit qu’une piquée ardente. Sans arrêter de déchainer sa fureur, Bobby descendit un direct dévastateur sur la mâchoire patibulaire de l’homme, la cassa. Une gerbe de sang, de dents et de morve fit un arc à la sortie des lèvres de l’être vaincu. La brute tomba face contre terre, sonnée pour le compte.


Se redressant, un coup de batte accueillit le colosse dans la base de son dos. Le coup fut amoindri par le sac à dos de l’erreur de la nature. Et le reste du coup encore dissipé par la rage et l’adrénaline qui courait dans les veines de l’être déformer. Bobby porta son attention vers le deuxième lascar. Heureusement que l’être divin ne put voir le visage du mastodonte à cet instant. Les traits atypiques du faciès monstrueux étaient décomposés par la fureur. Une rage scintillait dans les yeux de l’homme à la musculation impressionnante. Un maelstrom de férocité et d’hydrophobie d’une telle intensité cuvait dans l’âme du géant. Tellement puissantes que les effroyables tsunamis paraissant pour une simple tempête tropicale en comparaison. L’homme à la batte arma son coup, mais Bobby lança une main et stoppa net l’élan du costaud. L’agresseur avait la posture typique d’un cogneur de balle molle. Les jambes bien écartées. Il n’en valut pas plus pour que le genou du mineur soit tracté vers le haut. La largeur du genou, comparable au couvercle d’une marmite, ne laissa aucune chance à la zone sensible de l’homme. Celui-ci hurla d’une voix haut perchée, vomit un peu et tomba à genoux. Tenant son précieux engin endolori dans ses mains, le malabar n’offrit aucune défense au coup de pied sur le côté de la tête. Le camionneur, le dernier des agresseurs de l’ange et du monstre gémis pathétiquement. Les êtres à la réputation douteuse venaient d’apprendre une dure leçon. Il ne faut jamais troubler l’eau qui dort. Car on ne sait jamais quel monstre dort au fond.


Se tournant vers l’ange de la compassion, Robert vit qu’elle n’avait pas bougé d’un iota. Sans le savoir, l’être monstrueux se couvert d’un manteau d’assurance et de calme. Le protecteur dit alors tout bas, presque en chuchotant.


Robert- Je suis désolé Bre-Anne… Euh… Je ne voulais pas qu’ils te font du mal… On doit bouger… Euh… Surement en haut il y a des escaliers de secours tu crois ?


Le regard porté vers la jeune femme, yeux luisants d’une inquiétude et d’une compassion hors pair, Robert avait oublié sa blessure. Le sang slalomait le long de son avant-bras. Attirées par la gravité, des petites gouttes écarlates éclaboussèrent le sol de la pièce. Encore une fois, le mineur se souciait plus d’une étrangère que de lui-même. Mais dans le dos du géant, le camionneur rampait péniblement pour essayer de saisir le pistolet à la hanche du soldat inconscient.





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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Mer 20 Avr 2016 - 17:32

Si j'avais été un chat, j'aurais eu les griffes solidement  enfoncées dans l'avant-bras énorme de Robert. Heureusement pour lui, je n'étais qu'une femme aux ongles encore et toujous soigneusement limés. Mais cela n'empêchait pas le fait que je sois accrochée à lui comme si ma vie en dépendait. Ce qui était vrai, en l'occurence. Si j'avais été seule, il n'y aurait eu quasiment aucune chance que je puisse échapper au sort qui semblait m'être promis. C'est drôle comme les hommes semblent dépourvus de toute imagination dès lors qu'une femme rentre en jeu. Devrais-je m'en plaindre ? Je ne vais pas non plus les arrêter pour leur donner des idées originales, je ne suis pas aussi généreuse ! Et bon, je ne suis de toute façon pas certaine qu'ils prennent le temps de les prendre en notes.

Lorsque la porte fut défoncée, j'en escaladais presque mon nouveau compagnon, la panique s'emparant à nouveau de moi. Il n'y a rien de pire que de se retrouver incapable du moindre mouvement alors que la situation exige une réaction rapide et immédiate. Le cerveau s'arrête, ne reste plus que les fonctions de base, les pensées s'effacent, seulement remplacées par du brouillard. Je vois les gens, je les entends, je comprends le sort qu'ils nous réservent. Mais je ne peux rien faire. Je suis présente sans l'être. C'est ça, l'effet de la panique sur moi.

Je vois les deux hommes qui s'approchent, qui nous hurlent que tout est de notre faute et que nous devons payer. Je sais parfaitement qu'ils ne comptent pas nous épargner : ils veulent du sang frais, des cris de la terreur. Ils veulent des réactions humaines. Ce que les monstres en bas ne peuvent leur donner. Ils n'ont peur de rien, ne reculent devant rien, ne cillent même pas lorsqu'on leur fracasse le crâne et qu'ils cessent enfin de bouger. Ils nous sont si ressemblants et pourtant, on ne peut rien faire de plus opposé. Ils sont l'incarnation même de l'inhumanité. Alors que faisons-nous pour supporter ça ? On se retourne contre les humains, parce que eux, sont vivants.

Comme d'habitude, les larmes se mettent à couler d'elles-mêmes. Je n'aurais jamais pensé en avoir autant à verser sans cette fin du monde. Leur existence-même m'enrage, j'aimerais au moins pouvoir être forte et faire face stoïquement à ce qui m'arrive, mais non, il faut que je sanglote, que mon souffle soit erratique et que mes mains tremblent. Même face à deux abrutis sales et violents comme ceux que j'ai en face de moi. Je me tétanise complètement lorsque l'un d'entre eux pose les mains sur moi. Tous mes cours de self-défense me reviennent en mémoire, je suis capable de citer mon instructeur au mot près, mais agir ? Alors là, c'est trop me demander. Pourtant je sais bien de quel enchaînement je devrais me servir pour lui faire lâcher prise ! Mais la panique, cette bonne vieille ennemie intime, m'empêche de faire mes preuves. C'est fou comme même formuler plusieurs pensées cohérentes à la suite m'est difficile dans cet état, sans parler de simplement ordonner à mes muscles de m'obéir.

Je vois sa bouche approcher de la mienne, me tirant une mine dégoutée. Il faut que je me distance de ce qui m'arrive. Je n'ai plus l'impression d'être celle que ça concerne directement. Analysons la situation : est-ce seulement le moment de s'accorder une distraction lorsqu'on a une foule de monstres se promenant dans le bâtiment, lequel est justement en train de prendre lentement mais sûrement feu au sentir de l'odeur ? Est-ce réellement une bonne idée d'annoncer de but en blanc à un géant de deux mètres qu'on souhaite le tuer ? Est-ce que rester dans une pièce dont on vient de défoncer la porte alors que les monstres réagissent au moindre bruit est une bonne stratégie de survie ? Réfléchissez deux secondes avec ce qui vous sert de cerveau au lieu de céder à vos hormones ! Ah, tout ce que je pourrai dire si la peur panique ne me clouait pas ensemble les lèvres...

Robert, heureusement, ne semblait pas être en proie au même problème que moi. Au contraire. La panique le met dans un état de rage assez terrifiant à observer. Encore une fois, je me réjouis de ne pas en être la cible. Les coups sont impressionnants et dévastateurs. Je le vois mettre les deux hommes à terre, l'un d'eux ne s'en relèverant sûrement pas assez vite pour pouvoir échapper aux monstres qui seront attirés par les bruits de l'altercation. Quant à l'autre... Robert lui aura passé l'envie de jamais se resservir de ce qui le case dans la catégorie « homme ». J'en ressentis une satisfaction parfaitement déplacée. Mais tout de même. Je suis certaine qu'il ne pensait pas être capable d'atteindre une note si haute.

Je mets du temps avant de reprendre pied avec la réalité. Robert s'adresse à moi, mais c'est à peine si je me sens concernée par ce qu'il dit. Breann... C'est moi, et ce n'est pas moi. C'est celle qui vient d'échapper à un viol et à un meurtre. C'est moi ? Alors pourquoi suis-je si calme ? C'est un instant hors du temps. Mon regard erre dans la pièce, se posant sur la blessure de mon deux fois sauveur, sur le chien qui commence à montrer des signes d'agitation, sur l'homme assommé, sur celui qui se traîne au sol vers l'arme de son compagnon... C'est cette prise de conscience qui me tire hors de mon apathie. Je sens mes yeux s'agrandir, ma bouche s'ouvre enfin, tout mon corps me répond. Je me jette sur le pistolet et le brandit vers notre attaquant, qui se fige et crache, méprisant « Qu'est-ce que tu comptes faire avec ça, la miss ? Donne, c'est pas pour les filles ces machins-là, tu vas te faire mal. ». Je pourrais appuyer sur la détente. Ce serait si facile. Un seul doigt fait tout le travail, et c'est terminé. Une seule seconde, un souffle...

Je baisse l'arme. Il ricane. Je la tourne et lui décoche un coup de crosse d'une violence qui me surprit la première, brisant l'autre côté de sa mâchoire. Il essaye d'articuler une insulte, mais je doute que personne ici présent ait pu la comprendre. « Je crois que je me suis déboité l'épaule effectivement... » Un élancement douloureux me fait souffrir, mais la sensation finit de me ramener à la situation présente. Robert saigne, les hommes ont fait un raffut du diable, les monstres arrivent. On n'a pas le temps de rester prendre le thé. Je me sens étrangement calme. Je fouille les hommes, prends ce qui peut servir, vole la ceinture de celui à qui appartenait le pistolet et l'attache autour de ma taille avec la réserve de munitions. Ouh les vilains... Il y a du matos. Je vérifie le chargeur du pistolet et note avec satisfaction qu'il est chargé.

Je ne reconnais pas ma voix quand je l'entends. C'est dur, c'est froid, c'est autoritaire. Ce n'est pas moi. « On tente la sortie de secours, Robert. Fais attention à ne pas laisser les monstres toucher ta blessure, on ne sait toujours pas comment ils réussissent à infecter les gens. »

Je soulève le chien et l'installe en travers de mes épaules, le poids du pistolet dans ma main me rassurant étrangement.

Je n'ai jamais aimé les armes à feu avant.

On quitte la pièce, les montres sont déjà là. Je me sens gelée. Sans émotion, je tire la première balle dans la tête d'un de ceux trop près de moi à mon goût. Une deuxième. Troisième. Le bruit des déflagrations me confère un calme jamais atteint auparavant. On se fraie un chemin dans la masse, je manque de me faire arracher le chien plusieurs fois, de me faire mordre, et je sais que mon compagnon doit affronter les mêmes difficultés que moi. L'incendie se propage rapidement, l'air est quasiment irrespirable. Je me brûle sévèremment la main en la posant contre une étagère en flammes pour récupérer mon équilibre. Mon chargeur est presque vide lorsqu'on arrive vers la porte de secours, que je réussis à bloquer après que Robert soit passé. Nous sommes dehors.

Je prends une grande inspiration, remplissant mes poumons de l'air glacial, appréciant son effet sur mes bronches encore chargées des cendres. Je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie.

« On est dehors, Robert. On est dehors... »  Maintenant que j'ai envie de pleurer, je n'ai plus de larmes.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Jeu 21 Avr 2016 - 19:42

Concentré sur le visage harmonieux noyé de larmes de détresse de l’ange, Robert ne remarqua aucunement la pitoyable tentative de l’homme dans son dos. Mais sous le regard océanique de l’homme, une transformation drastique se produisit. La coquille de vulnérabilité de l’être divin, qui semblait si fragile dans un premier temps, se fissura pour laisser place à un courage indéniable. Une jeune femme forte dont le regard de saphir pulsait d’une lueur de résolution nouvelle. Après avoir plongé pour saisir le pistolet au nez de la brute, elle l’assomma d’un puissant revers de la crosse de l’arme. Et comme promis, Breann trouva une solution pour permettre au trio de sortir du temple du savoir en flammes. Bobby ne put s’empêcher de faire un sourire satisfait et un peu niais.


Comme une valkyrie des temps moderne, un ceinturon d’arme autour de sa taille de guêpe, l’ange à la chevelure de cuivre en fusion plaça le chien au travers de ses frêles épaules et sorti de la salle. Souriant bêtement, sentant son cœur s’accélérer étrangement en présence de la guerrière, Robert agrippa la batte de baseball de l’homme qui allait surement finir comme casse-croûte à charognard.


Robert- Je vais te suivre juste au bout du monde… Euh… Juste à la sortie.


Les goules, certaines enflammées et d’autres pour le moment encore « intact » envahissaient l’étage petit à petit. Suivant la divine apparition, comme son ombre monstrueuse, le mineur couvrit ses arrières sans penser à sa propre sécurité. Maniant le bâton de balle molle comme une matraque démesuré, les coups féroces de l’homme permirent à la jeune femme de se frayer un chemin dans l’étau putride que leurs assaillants essayaient d’instaurer. Des coups de pieds et des saisissements à la gorge durent être faits à l’occasion par le mastodonte pour faire place nette et permettre au duo de faire de nouveaux pas vers leur salut. Une fois ou deux, un tir providentiel mit fin à une menace que le géant n’avait pas vue, le sauvant de la damnation. La mêlée n’était que confusion et accès de rage pour la bête. Il ne voulait qu’aucune de ces parodies de vie ne souille de leur toucher glacial l’aura étincelante de la belle. Que personne au monde ne fera du mal à l’être céleste qui semblait être chuté sur terre et qui propageait des sourires aux âmes égarées comme lui. Et ce juste à son dernier souffle. Le golem de chai ressemblait à cet instant à un berseker, un de ces guerriers nordiques sans reproche et sans peur. Pour Robert, Breann était l’œil de la tempête et lui l’ouragan qui repoussait les menaces potentielles comme sous la tempête de ses coups. La porte de leur liberté s’ouvrit à volée quand le Minotaure affreux la poussa d’un coup d’épaule et les deux rescapés du brasier purent enfin sortir de cet enfer.


Le froid de l’air transperça les poumons de la bête et il ne put s’empêcher de sourire à la lune qui était accroché au ciel. Se retournant vers la porte, la batte ensanglantée réquisitionnée plus tôt fut un cadenas improvisé sur la poignée pour garantir au couple quelques instants de paix. Retrouvant un odorat qu’il avait perdu à cause de la puanteur dégager par les morts et la combustion des manuscrits d’une autre ère. Maintenant chaque petite respiration apportait ses petits moments de joie. La senteur du poil de chien qui reprenait son esprit les pattes tremblantes au sol, la pureté de l’air ambiant dont la fraicheur était tout simplement vivifiante, même une odeur de cannelle qui fit rêver le colosse. Il oublia la douleur de ses muscles, sa respiration sifflante. Il était dans un autre monde, une autre galaxie. Sans comprendre le pourquoi ni le comment, surement une impulsion de soulagement qui sait, la créature saisit au bras le corps l’ange aux regards de saphir. Tournoyant follement avec la superbe femme comme un amoureux l’aurait fait avec sa promise retrouver. Souriant grandement, des petits éclats de rire firent soulager Robert de toute sa haine, de toute sa peur de voir la douce femme se faire blessé ou tuer par sa faute. De la joie et surtout du soulagement jaillissaient des yeux océaniques si purs de l’être à l’apparence de cauchemar. À sa stupéfaction, la douce senteur de cannelle semblait suivre les mouvements de la gracile silhouette. L’homme aurait aimé, continué de porter la magnifique apparition dans ses bras justes à la fin des temps. De sentir ses courbes parfaites épouser son corps ingrat. De ressentir cette sensation d’être presque au stade d’être un humain. Mais la dure réalité rattrapa le colosse amèrement. Le monstre de foire se rendit compte de sa bévue monumentale. Il avait osé étreinte une femme au corps superbe et à la pureté presque surnaturelle. Il l’avait surement souillé par son aura atroce. Il n’avait même pas demandé l’autorisation de l’approcher. Rougissant à un point tel que le feu ardent de la bibliothèque aurait pu passer pour des braises mourantes, le monstre de foire déposa délicatement la divine apparition au sol. Se grattant la nuque de confusion, le ton rauque de l’homme s’éleva dans un murmure.


Robert- Excuse-moi Breann de t’avoir touché… Euh… Les gens n’aiment pas trop que je les touche et je les comprends. Tu avais raison… Euh... Tu nous as sortis d’ici tous les trois! T’es pas une héroaine… Non héroïne du cinéma ou un truc comme ça?


Un sourire de gratitude et rempli d’une honnête sincérité se déposa sur les lèvres. Voyant la terrible brulure de l’ange portait à sa main gracile et si soyeuse, les traits atypiques du Goliath se transformèrent. De la gêne et le malaise qui était gravé dans le granit de son visage, Bobby laissa transparaitre sa compassion et son inquiétude. Sa plaie coulait encore un peu, mais il ne s’en soucia aucunement. L’urgence pour le cœur débordant de bonté était le bien-être de l’ange et rien d’autre. Le monde pouvait s’effondrer dont Robert n’en aura cure. Du moment que la douce femme aux yeux de saphir et au sourire si débordant de gentillesse peut être en sureté. Le chien jappa une fois en regardant au bout de l’allée. Quelques silhouettes chancelantes et ayant de la difficulté manifeste à se promener. Le regard océanique bifurqua vers le danger potentiel et il dit dans un murmure.


Robert- Euh… On doit partir… Euh… J’ai une jeep pas loin. J’ai dans mon truc de la Croix-Rouge de la pommade pour les brulares… euh… brulure… Ça te dérange pas de venir avec moi? Le pitou peut venir aussi hein… Ça me ferait de t’écouter parler tu sais… Et je ne veux pas te savoir seule…


Au son rauque de la voix de l’homme se mêlait une sorte de supplique, une résignation. Car la bête croyait que l’ange au regard si merveilleux allait maintenant laisser le monstre là. Elle était de nouveau libre de prendre son envol, alors pourquoi rester près de la lie de l’humanité? Pourquoi côtoyer un être si misérable que lui quand n’importe qui voudrait être près d’elle?




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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Lun 25 Avr 2016 - 14:49

Je me sentais étrangement hors du temps. Même la douleur lancinante de ma main ne parvenait pas à me rattacher au monde réel. Le froid, la douleur, la peur... Plus rien n'avait d'importance. J'étais vidée de toute énergie. La foule des monstres m'avait ramenée à des souvenirs désagréables, me donnant l'impression de voir des fantômes trop bien connus. Eux aussi avaient rejoint l'armée des inhumains maintenant... Et moi, j'étais toujours là. Toute seule, alors qu'on avait été jusqu'à dix personnes. Il n'y avait plus que moi du groupe d'origine. Alors que n'importe quelle personne douée de raison n'aurait pris le risque de parier sur moi en tant que championne. J'eus brusquement un haut-le-coeur. Décidémment, ça ne m'allait pas, le rôle de guerrière sans peur et sans reproches. Je n'allais pas bien, ça au moins, j'en étais sûre. Un état de choc sûrement.

Brusquement, je me sentis soulevée et comprimée contre un poitrail imposant par deux énormes bras, et nous commençâmes à tourner sur nous-mêmes. Je me raidis, la panique dans mes veines ne s'étant toujours pas arrêtée de couler, mais la raison finit par me revenir : je ne risquais plus rien. La personne qui me faisait tournoyer n'était pas mal-intentionnée. Elle exprimait sa joie de s'en être tirée également. Je sentis mon corps se détendre finalement, se laisser aller dans l'étreinte, bienvenue après tout ce temps passé à désespérer pour des contacts humains. J'étais tactile, trop peut-être, en plus d'être bavarde, la présence de mes semblables m'était indispensable pour maintenir mon équilibre. J'avais besoin des autres. Je retournais l'étreinte du colosse,passant mes bras autour de son cou alors qu'il me faisait tourner une dernière fois avant de me reposer attentivement et de s'éloigner de moi, le visage en feu, des excuses s'échappant de ses lèvres épaisses. Je l'écoutais, l'esprit encore un peu embrumé. « Ne t'excuses pas... C'est rassurant, de te toucher, comme ça je sais que tu existes et que je ne commence pas à voir des fantômes... Et c'est toi qui nous as sorti de là, en plus. Tu étais pompier avant ? » demandais-je en vacillant sur mes jambes, mon corps me signifiant bien qu'il n'avait pas du tout apprécié l'expérience de la bibliothèque.

A côté de moi, par terre, le chien se réveillait finalement. Ses couinements m'inquiétèrent : s'il cherchait à nous attaquer maintenant ? Avec les crocs qu'il a, on risque de sentir autrement bien sa morsure... Et si elle s'infecte après ? Ah, je vais déjà mieux, je recommence à me défiler des scénarios catastrophes en à peine quelques secondes. Oh, et la blessure de mon compagnon ! Il fallait que je reprenne mes esprits, je ne pouvais pas me contenter de suivre la suite des choses de façon si vaseuse. Je secouais la tête, pris une grande inspiration pour clarifier mes pensées, puis répondis au murmure inquiet de Robert. « Si tu as besoin de quelqu'un de plus petit pour se faufiler là où tu ne peux pas, je veux bien me porter volontaire. Et de toute manière, il te faudra quelqu'un pour te recoudre ça – fis-je en indiquant l'entaille qui saignait toujours – et je touche ma bille en couture. Si faire un bout de chemin ensemble ne t'embête pas, je ne dis pas non. »

Je lui souris avant de me charger à nouveau du chien et de le suivre vers sa voiture. Heureusement que c'est une Jeep et pas un petit tacot minuscule... Enfin, ç'aurait été drôle de voir Robert se mettre derrière le volant à la façon d'un cube dans le jeu Tetris. Je mis le chien à l'arrière, l'attachant en passant la ceinture de sécurité dans son collier, puis attrapais la trousse de premiers soins et m'installais à la place passager. D'une main, je farfouillais à l'intérieur pendant que la voiture démarrait et s'éloignait rapidement de l'énorme incendie dont nous venions de nous échapper. On peut dire... qu'on a eu chaud ? Merci, merci, c'est tout pour moi aujourd'hui ! Je trouvais rapidement des bandages et de l'alcool et prévins Robert de ce que je comptais faire. « On a pas franchement le temps de s'arrêter, mais tu es en train de mettre du sang partout dans ta voiture et je ne sais pas si tu le sais, mais c'est vraiment difficile à faire partir une fois que la tache est vieille. Tu te concentres sur la route, je t'enrubanne tout ça, d'acc' ? » Aussitôt dit, aussitôt fait. L'alcool dût piquer, mais il fallait bien ça pour éviter toute infection. Après m'être assurée de la solidité du bandage, j'allais m'occuper de ma brulûre lorsque quelque chose sur la route attira mon attention. « Freine, Robert, freine! » m'écriais-je immédiatement d'une voix suraigüe.

Un autre chien se tenait au beau milieu de la route, du genre Saint-Bernard. Il était maculé de boue et d'autres tâches dont je ne voulais surtout pas connaître l'origine. Je me tournais vers mon conducteur avec de grands yeux de chaton. « On peut se reconvertir en propriètaires d'un chenil si on en trouve un troisième peut-être ? Il y a encore de la place à l'arrière... Et comme ça, on aura chacun un chien ! »




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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Mar 26 Avr 2016 - 8:34

Le mastodonte conduisit l’ange au regard de saphir à la jeep. La bête de foire ne voulait que rien arrive à celle qui avait accepter de le suivre sans se poser de question. Un peu comme si Breann avait vu du premier coup d’œil l’homme cacher derrière la monstruosité sans nom que Robert était pour bien des gens. Comme si la journaliste au talent indéniable en investigation et à l’empathie prononcé avait éplucher chaque couche de l’âme pur du colosse balafré. Chaque parcelle de son cœur torturer mais débordant de gentillesse et de bonté. Selon les premières impressions du mineur, la divine apparition était vraiment un être céleste qui avait chuter lourdement sur cette terre maudite. On ne pouvait pas être si gentille et dévoué sans renier une certaine descendance angélique.

Quand le jeep commença à rouler vers la liberté et loin des flammes purificatrices que nul pompiers iraient combattre, Breann demanda de s’occuper de l’estafilade à l’avant-bras du monstre de foire. L’ange à la chevelure de cuivre en fusion pouvait aisément voir les cicatrices de la haines des hommes lézarder sur le cuir grossier de l’homme. Mais elle n’en fit aucun cas et la rougeur fut de nouveau au rendez-vous sur l’horrible faciès de Bobby. Sans paraître le moindrement gêner du contact disgracieux et de la répugnance que les autres auraient éprouver, l’ange de la compassion apposa la main rugueuse du géant sur sa cuisse. Ensuite le toucher gracile et presque surnaturelle de douceur de Breann appliqua des premiers soins à la lie de l’humanité. Les yeux océaniques de l’homme se ferma à moitié, n’ayant pu apprécier le galbe si parfait d’une forme exquise sous sa main. Il apprécia chaque seconde de ce traitement divin, majestueux et bienveillant qu’il n’avait jamais réellement eu de sa vie. Il garda un œil distrait sur la route, mais heureusement pour le duo improbable la voie était somme toute dégager.

Bientôt l’orée des bois accueillit les phares de la voiture solitaire. La lune et les étoiles semblaient sourire de voir le colosse dans cet état second. Il souriait avec une tendresse et une affection certaine. C’était la première fois de sa vie que l’homme difforme se sentait si bien et en confiance avec une dame, un être à part du même calibre que ses anges disparus. Mais un cri, une urgence dans la voix de la jeune femme à la beauté physique si parfaite aux yeux du mastodonte que Robert écrasa d’instinct les freins. Au milieu de la route se trouvait un chien immense, une petite colline de poils sales. Des petits yeux absents et fatiguer. La langues pendante entre des mâchoires énormes. La douce voix, si semblable au son guilleret d’un clapotis d’un ruisseau dans la forêt paisible pour Bobby, caressa l’ouïe amoindri du mineur. Des yeux suppliants et débordant de bonté et de gentillesse de l’ange assise près de lui achevèrent toute réticence de Robert. Ce dernier fit un sourire sans équivoque, démontrant sa générosité innée et surtout sa compassion naturel.

Robert- Bien sûr Breann… Euh… Il a l’air gentil.

Robert ouvrit la portière et sorti à l’extérieur. La froideur de cette nuit transperça les chaires du mastodonte. Au milieu d'une rue de campagne, perdu dans l'obscurité galopante, homme et aniaml se toisèrent du regard. Les deux béligérants s'avancèrent dans la lueurs artificielles des phares. Des bruits nocturnes claquaient sous le couvert de la forêt endormis. Mais l’attention du mineur fut captivé par le chien. Robert eut alors un mouvement tout en douceur, tel un enfant émerveillé. Paume vers l’avant, l’homme et le chien penchèrent la tête presque à l’unisson. La longue langue de l’animal lécha alors la paume rugueuse et immense du monstre de foire. Un rire de pur ravissement et un sourire sincère éclairèrent alors cette scène. La laideur de l’homme s’évanouit devant cette paix qui s’affichait sur le visage aux traits atypique. Se mettant alors à genoux, Robert enlaça l’encolure poilue du chien. Ses grosses mains flattèrent délicatement la fourrure soyeuse mais sale. La voix joyeuse et sereine du mastodonte s’éleva avec une pureté des plus déplacée dans ce monde sanguinaire. Le mineur avait toujours eu plus d’affinité avec les animaux qu'avec les gens. Car dans son fort intérieur, le monstre de foire savait que les bêtes ne le jugeaient pas.

Robert- Allez Frost… Euh… Sois gentil avec l’autre pitou ok?

Il faisait froid à l'extérieur et il neigeait un peu. Frost, froid en anglais. Un nom appropier pour un chien retrouver dans de tels conditions. Robert installa le St-Bernard docile sur la paquet arrière et la suite de trajet se fit avec douceur. La voix rauque de l’homme difforme régala la curiosité de la douce dame.

Robert- Euh… Pas pompier… Euh… J’ai été mineur, bucheron et sur la construction… Euh… Pas été longtemps à l’école. Merci de bien vouloir venir avec moi Breann…

Se concentrant sur sa conduite, les minutes s’égrainèrent avant que Bobby remarqua que l’ange au regard si lumineux ronflaient paisiblement. Enfin la route d’asphalte se transforma en gravier et le chalet apparu enfin. Le refuge de la bête solitaire. Robert stationna la jeep et descendit. Avec une douceur qui devrait être étrangère pour un être de son gabarit, il prit la dormeuse dans ses bras puissants. Transportant son précieux et inestimable fardeau, le colosse entra dans la résidence. Les boules de poiles le suivirent sans un jappement, heureux d’être enfin dans une sécurité relative. Ouvrant une porte de chambre, la bête déposa la belle dans le grand lit et lui enleva les bottes. Trop gêner pour lui enlever quoi que ce soit d’autre, il la couvrit de couvertures chaudes et moelleuses. Dernière touche personnelle, pour garantir le meilleur sommeil possible à l’être divin, le toutou en peluche qui accompagnait le colosse depuis les derniers mois. Un des derniers souvenirs du passage de sa nièce Sandra sur cette terre infernale. Un gage de l’affection du monstre de foire envers son invitée céleste.

Robert- Bonne nuit Breann… Euh… Dors bien. Rien ne peut venir te faire du mal ici je te le promets.

Le géant au cœur d’or se retient au dernier moment d’embrasser le front de l’ange, ne voulant pas perturber son repos. Il alla vers le salon et alluma une flambé chaleureuse. Les deux chiens se couchèrent devant la source de chaleur et Bobby alla leur chercher de l’eau. Déposant les bols près des quadrupèdes endormies, le mineur s’assit dans son vieux fauteuil. Souriant paisiblement, un air apaiser sur ses traits atypiques et le regard doux de l’homme parlait de lui-même. Il se sentait bien pour la première fois depuis si longtemps…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Une tuile ne tombe jamais seule.

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