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 Une tuile ne tombe jamais seule.

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Breann Yates
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MessageSujet: Une tuile ne tombe jamais seule.   Sam 19 Mar 2016 - 22:29

« Saleté d'hiver et ses températures de merde... Depuis quand est-ce qu'il est aussi insupportable ? » ralais-je entre mes dents, les bras solidement accrochés à mes épaules pour essayer de garder le plus de chaleur possible. « Il fait au moins... moins quinze mille... C'est pas possible, on a été maudits cette année ! La crise... Les morts-vivants... Les tueurs révélés à eux-mêmes... Les voleurs... Et ce putain de temps affreux ! » Jurer me faisait du bien, à défaut de pouvoir jeter quelque chose pour passer mes nerfs. J'avais besoin de m'exprimer, c'était mon moyen de faire face à ce qui se passait en ce moment.

Jamais je n'aurais imaginé que ce soit si dur de survivre dans la neige. J'avais perdu le compte des jours depuis que je m'étais retrouvée seule à nouveau, mais nous étions de toute évidence en plein dans la période glaciale de Seattle. Pourquoi avait-il fallut que tout se déclenche juste avant cette période ? C'était déjà suffisamment difficile comme ça de survivre sans le confort et la facilité auxquels j'étais habituée depuis toujours, il n'y avait pas besoin d'augmenter le niveau en mode cauchemar ! Malgré mes trois couches de vêtements et mon manteau, je grelottais, transie de froid.

J'allais devoir m'avouer vaincue et renoncer à continuer à avancer pour sortir de ce quartier. Joli, mais un peu trop fréquenté par des voisins trop peu aimables à mon goût. Je ne suis pas sûre d'aimer leur mode d'alimentation. Le temps n'allait pas en s'améliorant, la neige tombait en flocons de plus en plus gros et sans pourtant m'y connaître en météo, je pouvais sentir la tempête approcher. Mieux valait que je me trouve un abri et que j'y reste, protégée des intempéries. Je ne comptais pas me laisser surprendre par le froid et terminer congelée. En revanche, j'espèrais que ces saletés de morts-vivants allaient, eux, se faire avoir. Ils ne peuvent pas être immunisés à tout quand même ! Sinon l'humanité est vraiment dans de sales draps...

Je me glissais à l'intérieur de ce qui semblait être une bibliothèque. Le lieu était absolument désert, et silencieux comme un tombeau. Mes frissons ne furent pas uniquement dûs au froid ambiant. Mes pas résonnèrent dans la salle, et je bénis le Ciel qu'il fasse encore suffisamment jour pour l'éclairer. En bonne froussarde, je ne me voyais absolument pas partir à la découverte des lieux dans le noir, et tout le monde savait désormais qu'allumer des lumières dans la nuit équivalait à une tentative de suicide lorsqu'on était entouré de choses. Il fallait que je m'installe vite et bien, dans un endroit facile à défendre qu'à quitter. Les choses ne grimpaient pas, les escaliers leur posaient de gros soucis, c'était bien ma chance.

Je décidais de m'intstaller dans ce qui servait avant de salle insonorisée. Je pouvais me glisser dans l'ouverture des fenêtres au cas où, la porte fermait à clé et le radiateur marchait heureusement toujours. Je pouvais également surveiller mes alentours grâce à la vitre teintée sur la porte. Si des choses venaient à essayer d'entrer, je les verrai et je pourrai m'enfuir sans demander mon reste. Soulagée de pouvoir me reposer, je posais mon sac et commençais à retirer mon manteau et mon premier pull, m'installant près du radiateur. Il fallait que je me force à bouger si je voulais me réchauffer efficacement. Je me mis à sautiller sur place, fredonnant à voix basse une chanson qui me trottait dans la tête depuis des heures pour m'encourager. « It's gone, Daddy, gone... Love is gone... Yes gone, Daddy, gone » Et c'était parti pour le reste de la nuit.

Une heure ou deux plus tard, correctement réchauffée, je faisais l'inventaire de ce qui me restais. J'avais allumé une lampe qui trônait sur une table et l'avait mise par terre, cachant sa luminosité à l'aide de mon premier pull. Je pouvais ainsi m'assurer que tout dans mes affaires était encore utilisable ou consommable. Un étrange sensation m'envahit soudain et depuis le temps, j'avais appris à m'y fier. Je couvris un peu plus l'éclat de la lampe et m'approchais de la porte, y collant mon oreille avant de me souvenir du principe de l'insonorisation. Je n'avais pas le choix, il fallait que je regarde par la vitre... Je pris mon courage à deux mains et me mis sur la pointe des pieds, priant pour ne pas tomber sur une tête décomposée au nez collé de l'autre côté. J'avais donné niveau visions de cauchemar.

Heureusement, ce ne fut pas le cas. En revanche, il y avait bel et bien une ombre de l'autre côté de la porte, massive et gigantesque. J'eus du mal à déglutir. Si c'est une chose... Je ferai mieux de m'enfuir tout de suite. Si elle veut défoncer la porte, elle n'aura sûrement aucun mal. Je n'osais pas me montrer davantage, mais je voulais savoir à quoi m'en tenir. Je partis farfouiller dans mon sac et tombais sur un crayon rescapé et mon carnet de notes. Je déchirais un petit bout d'une page et écrivis dessus avant d'aller le passer sous la porte.

« Ami ou ennemi ? »

Bien sûr, il fallait que l'autre ait de quoi écrire... Bah, nous étions dans une bibliothèque, il y avait forcément des stylos qui traînaient. Et si le papier ne revenait pas, je saurai à quelle catégorie appartenait l'ombre derrière.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Dim 20 Mar 2016 - 23:17

Chanson de circonstance?:
 

Les pas chancelants du colosse creusaient dans la poudreuse des tranchées plus ou moins parallèles. Plissant ses yeux océaniques, ayant la bonté et l’innocence d’une humanité si frappante, le géant à la silhouette déformée laissa planer son regard sur les étendues à la blancheur immaculée. Le reflet vicieux du soleil sur la neige éblouissait quelque peu l’erreur de la nature. Le manteau de pureté blanchâtre semblait recouvrir la déchéance que la civilisation venait de subir il y a quelques mois de ça. Tant de colère, de peur et de drame étaient maintenant camouflés par la froideur de la neige. Portant tout doucement ses mains qui pouvaient se transformer en boulet de canon mortel en cas de grandes nécessités à sa bouche, l’ancien mineur du Kentucky laissant s’échapper un souffle chaud de la fine barrière de ses lèvres émincées et exsangues. Un mince nuage de vapeur réchauffa brièvement des doigts ayant la circonférence de saucisses et les paumes des grandes paluches de Robert se frictionnèrent pour permettre au sang de circuler de nouveau dans les extrémités, engourdies par la forte chute de température. Levant son regard bleuté et si pur, qui ressemble à s’y méprendre aux vaguelettes d’une mer bercée sous la douceur bienfaitrice d’un soleil de midi, vers le ciel grisâtre de ce mois d’hiver et Bobby sourit. Même si le malheur semblait prendre un malin plaisir à tourmenter les mortels qui semblaient résister au destin funeste qui rodait de manière chancelante et vorace, l’homme était heureux comme un enfant.

Lunatique comme à son habitude lorsqu’il songeait aux apparitions divines qui venaient de surgir dans son existence, les gestes de l’homme étaient un peu comme ceux d’un robot, L’automatisme de son être avait pris le pas et il a marché avec une régularité d’un métronome. Les muscles disproportionnés de la créature de Frankenstein emmitouflé dans un vieux parka militaire le propulsaient dans la houle poudreuse déposée ici et là. Mais une joie presque enfantine illumina le regard sérieux du colosse et les traits atypiques se transmuèrent en un masque de pur bonheur. Dame Nature avait décidé que la neige tomberait sur la lie de l’humanité et les flocons chutèrent paresseusement du ciel. S’arrêtant subitement, le mineur pencha la tête vers l’arrière et ferma les yeux. Il laissa la poussière glaciale fondre au contact de son horrible faciès et Robert ouvrit en grand la bouche pour espérer attraper avec la langue quelques flocons. Il ne se doutait aucunement qu’un regard affamé espionnait chacun de ses mouvements. Mais bienheureux étaient les simples d’esprits comme lui disait souvent.  Après quelques instants d’un pur ravissement, un gémissement lointain fit reprendre le dur contact à la réalité à la créature difforme. Une silhouette chancelante essayait vainement de progresser dans la neige vers la position du monstre de foire. Celui-ci décrocha sa hache de bucheron de son paquetage et après avoir remarqué le lent cheminement de la goule, l’esprit lent de Robert compris qu’il aurait toute la lassitude voulue pour entrer à l’abri et ressortir après la poudreuse de plus en plus opaque qui tombait. Bien avant que l’aberration arrive à la portée du fil de sa hache. Comme si le froid ambiant ralentissait encore plus les zombies, rendant leurs muscles encore plus faibles et atrophiés.

D’un côté de la rue se trouvait une multitude de maisons unifamiliales en plus ou moins bons états, vu les services que des émeutiers des premières heures du chaos  ambiant avaient propagés. Dans l’esprit si lent de l’homme, avec l’effet de la neige et les effets d’ombres, les habitations ressemblaient à s’y méprendre aux maisons hanté qui faisaient frissonner sa nièce adorée. Dans l’imagination fertile de l’homme difforme, il vit des scènes d’anciens occupants décharnées qui frappaient pathétiquement à la porte barricadée de leur tombe familiale. En bordure de la route enneigée, quelques magasins représentaient l’économie d’un passé révolu. Certaines avaient la vitrine défoncée et surement leurs contenus pillés, mais quelques rares élues semblaient défier les parodies de vie putréfiée et les survivants déterminés de s’en prendre à elles. Un immense bâtiment, trônant comme un roi au milieu de ses sujets minuscules, attirant le regard bleuté si pur de l’homme difforme. Déchiffrant les quelques mots qui commençaient à disparaitre sous l’assaut de la neige, Robert comprit que c’était une bibliothèque.

Levant les yeux de nouveau vers le ciel, Robert nota le nouveau changement. Les flocons semblaient maintenant se souder les uns avec les autres pour donner un mur à la blancheur immaculée et opaque.  Se dirigeant vers la porte d’un abri qui lui semblait sur, où il se doutait qu’il trouverait ce qui rendrait un semblant de sourire à son horrible faciès, le mastodonte n’avait aucune idée dans quel pétrin il allait encore se fourrer comme à son habitude. Juste le furtif espoir d’un souvenir, d’une sensation spectrale d’effleurement d’une main douce et satinée sur sa poigne massive et rugueuse donna le courage au colosse de saisir la barre transversale. Sa nièce adorée aimait par-dessus tout lire et venir dans ces endroits de cultures. Robert l’accompagnait parfois, se sentant étranger dans ce monde d’intellectuel, lui qui avait des difficultés des fois à écrire son nom.  Il se forçait à lire, plus pour faire plaisirs à l’ange de son passé que par une réellement envie d’apprendre.  L’adolescente aimait un type du nom de Jules Vernes. L’esprit lent du monstre de foire venait de comprendre qu’ils devraient surement abriter dans ce lieu de culte du savoir un bouquin ou deux de cet écrivain. Pour renouer avec l’esprit de la défunte, pour essayer de lire les mots compliqués avec le fantôme souriant de l’être qui importait le plus dans sa vie.

Robert entra dans le hall de la bibliothèque et d’une main immense et rugueuse, il épousseta les petits amas de neige dispersés sur sa personne. Avec son visage aux traits sculpté  grossièrement dans le granit et son corps repoussant, l’homme ressemblait à cet instant à une gargouille qui venait d’essuyer une tempête de neige. S’avançant timidement dans la pénombre de ce lieu qui lui était si étranger, les pas pesants du géant annonçaient son arrivée. Dans un premier temps, ce fut le crissement mouillé que les bottines produisaient sur le parquet.  Ensuite ce fut le cognement sourd amplifié par le silence et les échos de cet endroit si grand. Allumant sa lampe de poche frontale, le mineur découvrit par hasard la section littérature. Robert pensait que le livre tant recherché devait se trouver dans cette aile. Tout près de celle des enfants pensa le colosse en voyant des tables de couleurs et des crayons cire déposée sur des dessins inachevés. Des petites mains qui ne voulaient que s’exprimer et que maintenant qui ne devaient que servir d’appendices monstrueux pour satisfaire un apéritif ignoble. Des petits ergots décharnés qui labouraient la chaire des vivants. Se plongeant dans un état lunatique, un peu pour s’échapper à ces pensées arrache-cœur, le mastodonte au corps labourer de cicatrices s’approcha d’une porte vitrée. Une mince lueur artificielle aurait averti n’importe qui de la présence d’une personne, ou d’une goule emprisonnée. Mais Robert s’arrêta à quelques pas de cette cachette pour commencer à fouiller une étagère. Plein de tranches de livres lui envoyer une multitude de mots plus complexes les uns des autres. Baissant les yeux de dépit, l’erreur de la nature soupira en voyant la pointe de ses bottes à caps d’aciers. Fléchissant ses genoux pour essayer de déchiffrer une nouvelle rangée de couvertures, la surprise faillit faire tomber cul par-dessus tête l’imposante silhouette. Un papier venait d’apparaître devant ses yeux ébahis, poussé par un souffle presque surnaturel de sous la fente de la porte de la salle de lecture. Une lueur inquisitrice et totalement surprise valsa dans le regard bleuté de Bobby. Lissant les trois mots avec une lenteur absolue, formant les syllabes avec ses lèvres exsangues, Robert comprit plus ou moins la question. La voix rauque, semblable à deux pierres qui s'entrechoquent , mais ayant une douceur ancrée au plus profond d’elle-même s’éleva dans le silence sacro-saint des lieux.

Robert- Ami ou ennemi ? Euh… je comprend pas trop.


Une ébauche de sourire traversa subitement le visage aux traits si durs de l’homme. Il venait de comprend la signification du mystérieux message.

Robert- Ok vous voulez que j’écrive ma réponse.  Un instant…


Se relevant pour s’approcher d’une table de coloriage, l’homme au cœur si souvent mis en charpie prit un crayon de cire. Un bleu de la même couleur que l’iris de ses yeux. Écrivant la réponse sur le papier qui semblait être un messager neutre. La masse musculaire de l’homme aurait pu aisément défoncer la mince protection de l’antre de la personne, mais la pensée n’avait aucunement traversé le subconscient du géant. Pour une fois que la personne ne sera pas terrifiée par l’allure grotesque de son physique ingrat. Écrivant sa réponse d’une main malhabile et peu sûre, Robert fait faire le voyage inverse au papier.  Une gêne sans nom, doublé d’une gentillesse des plus inappropriées dans un corps si immense, lui fit dire tout bas.

Robert- Je m’excuse… Euh… J’écris pas bien…


Même si le survivant ne pouvait le remarquer, une rougeur venait de gagner les joues mal rasé de l’homme.
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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Jeu 24 Mar 2016 - 21:46

Je jouais nerveusement avec mes doigts, attendant la réponse avec anxiété. Je commençais à regretter ma décision. Cette absence de réaction de l'autre côté ne pouvait signifier que deux choses : ou c'était bel et bien une chose derrière cette porte et dans ce cas-là, je pouvais m'estimer heureuse d'avoir une sortie de secours, ou c'était un être vivant et je venais possiblement de révéler ma présence à quelqu'un de mal intentionné. Est-ce que cette porte pouvait être forcée ? Pas sans que ça fasse beaucoup de bruit, non ? Donc logiquement, ça devrait en dissuader l'autre... Ah moins qu'il ait tué les possibles choses continuant à rôder dans la bibliothèque. Oh, et s'il brisait la fenêtre de la porte ?! Je suis mal, tellement mal...

Je sentis mon cœur s'affoler, j'eus du mal à respirer. Je gérais toujours aussi mal le stress qu'engendrait obligatoirement ce genre de situations. Je suis juste journaliste enfin, je n'ai jamais été préparée pour faire face à ce genre d'événements ! Je travaillais sur des petits articles, de quoi finir de payer mon appartement et m'acheter mes produits de beauté ! Et voilà, d'un seul coup, le monde a sauté et j'ai tout perdu. Je sentis les larmes poindrent. J'en avais assez. J'étais toute seule, au beau milieu de choses horribles voulant me dévorer vivante et de personnes rendues mauvaises par toute cette affaire. Je me blottis contre le mur, entourant mes genoux de mes bras, brutalement découragée et écrasée par cette situation intenable.

Comment faisaient les autres survivants ? Tous ceux que j'avais croisé avaient l'air de parfaitement tirer leur épingle du jeu, alors pourquoi pas moi ? Eux, ils savaient tout de la survie, ils avaient cette assurance impressionnante, ils avaient des buts ! Qu'est-ce que j'ai moi ? Mon but est parfaitement risible. Trouver une maison pour en faire une place forte et attendre un retour improbable. Toute seule ? Ah, mais bien sûr... Je ricanais de ma candeur, puis poussais un soupir défaitiste. Alors quoi, je n'avais plus rien auquel me raccrocher finalement ? C'était ça désormais ma vie ? Vivre au jour le jour, se réveiller malgré tout tous les matins et avancer ? Pour quoi faire ? Ce n'était plus mon monde de toute façon.

Alors que je me morfondais sur le sens de l'existence, mon papier me revint finalement. J'avais déjà abandonné tout espoir de le voir réapparaître de ce côté. N'y croyant pas, je restais un instant immobile avant de me précipiter dessus brusquement. On m'avait répondu ! Il y avait quelqu'un de vivant derrière cette porte ! Je m'en emparais fébrilement, déchiffrant à toute vitesse la réponse. Je fus étonnée par l'écriture, incertaine, qui ne correspondait pas à ce que j'attendais venant d'une ombre aussi massive. Ou alors il y avait un enfant avec ? Je sentis mes yeux s'écarquiller à cette possibilité. Depuis combien de temps n'avais-je pas vu d'enfant ? Oh mon Dieu, est-ce qu'on avait seulement réussi à en sauver ? Les écoles... les collèges... La réalité des choses m'atteignit en plein cœur. Tous les enfants... Et les animaux aussi, je n'en avais pas vu depuis une éternité ! Tout ce qui nécessitait la protection des adultes... Les larmes se mirent à couler toutes seules, c'était trop dur comme réalité.

Sans réfléchir davantage, je me levais et ouvris la porte, me moquant de ce qui pourrait arriver ensuite. D'un seul coup, plus rien n'avait d'importance, surtout pas ma survie.

Je me retrouvais face à... une montagne. Il n'y avait pas d'autre mot pouvant qualifier l'impression de gigantisme que me fit l'homme de l'autre côté. J'étais déjà petite pour une personne normale, je devais être l'équivalent d'une naine pour celle-ci. Lentement, je levais la tête vers son visage, me tordant presque le cou pour le voir. La bouche grande ouverte, je restais muette, ma stupéfaction me clouant le bec.

J'étais en face d'un géant, tout simplement. Tu m'étonnes qu'il ait survécu celui-ci. Ses mains sont plus grandes que ma tête. Toujours muette de stupeur, je dus m'accrocher à la poignée de la porte pour ne pas tomber, sous le choc. Finalement, au bout d'une éternité, je parvins à balbutier misérablement :

« Il... Il n'y a... Vous... Vous avez un enfant avec vous ?»

J'étais incapable de formuler autre chose, alors que mon crâne fourmillait de questions. Qui êtes-vous, vous avez un groupe, vous êtes un pillard, vous avez vu ce temps, vous avez vu des animaux ? A la place, je me contentais de le fixer bêtement, incapable de fermer la bouche. Jamais je n'aurai cru rencontrer un véritable Hercules grâce à cette fin du monde.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Ven 25 Mar 2016 - 18:22

La porte de la salle s’ouvrit brusquement. Un petit grincement de charnière avertit l’ancien mineur que le survivant avait bien reçu la note qu’il avait griffonnée d’une main malhabile. Pivotant la tête, un saisissement et une gêne pas possible confina son esprit lent à souhait, laissant la motricité de son corps à poursuivre le mouvement. Une jeune femme, une beauté digne des anges au paradis, regardait le dos de la chose. La dame semblait affectée et dans son for intérieur, le géant savait que son apparence n’allait surement pas la rassurer.

Se retournant lentement, les pieds bien ancrés sur le sol gelé de ce mois de janvier, le spectacle pitoyable de la laideur du colosse se dévoila à la femme en larmes. Des pantalons noirs à bretelle, une chemise ayant connu des jours meilleurs et les manches roulés au niveau de ses coudes. Un gilet de laine noué à la taille, le mastodonte ressentant à peine le froid à cause de sa formidable constitution. L’ange estomaqué pouvait deviner aisément une puissante et solide ossature, des muscles volumineux et même disproportionnés cachés à grand-peine dans l’armure de tissus. Des mains géantes et grosses comme des boulets de canon. Une d’entre elles tenait serrée contre son épaule une hache au fil horriblement aiguisé. Robert le tenait avec l’aisance de l’habitude et la facilité que pouvaient procurer ses muscles immenses. L’autre main, ayant des doigts de la circonférence de saucisses, tenant un mince crayon de cire bleuté. Les pieds, extraordinairement pointés vers l'extérieur et des plus stables, se dandinaient sous l’effet de l’interrogation toute légitime de ce moment stressant. La cage thoracique bien développée et un cou aussi large que son crâne. Des trapèzes laissant présager une force conséquente dans le haut de ce corps impressionnant. Robert devait dépasser la majorité des hommes d’une bonne trentaine de centimètres et devait peser presque le double. Devant le regard troublé de la brunette, le géant devait être plus associé au monstre des films d’horreur qu’au genre humain.

Ce mastodonte semblait être sorti droit des rêves fous d'un savant ayant perdu le contact avec la réalité. Une tête en forme d'œuf, une dentition irrégulière, une mâchoire carrée et virile, des lèvres minces et presque exsangues, une fossette entre ses deux sourcils, des oreilles décollées, une barbe et des cheveux châtains rasés d'une main malhabile et des orbites enfoncées. Tout pour qualifier ce visage aux traits atypiques de faciès monstrueux et repoussant. De son angle de vu, la jeune femme pouvait dénombrer la multitude de cicatrices qui lézardaient sur les mains et les avant-bras de la chose difforme en face de lui.

Sans le savoir, le regard de la chose croisa celui de la beauté en larmes. Paniqué par cet instant poignant, Robert essaya de camoufler sa silhouette cauchemardesque. Il y eut un petit flottement, un battement d’ailes de paillon en quelque sorte. Un temps très court, mais excessivement long pour long pour permettre à jeune femme de lire comme un livre ouvert l’amalgame d’émotions qui luisaient du regard bleuté de la chose. Elle pouvait plonger au travers des yeux de Bobby et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme de cet imposant individu. Un mélange saisissant de mélancolie, d’angoisse, de prudence se reflétait dans les iris de l’homme déformé. Mais aux fins fonds des yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion. Un mystérieux mélange d’humanité grandiose et de bienveillance des plus déplacés dans ce corps d’être digne de figurer dans le bas échelon de la société humaine.

Une petite voix flotta doucement juste à l’ouïe amoindrie du colosse. Un murmure déchirant qui laboura le cœur si souvent mis en charpie de l’homme. Une telle détresse et de désespoir qui fit l’effet d’un coup de poing dans le ventre de la chose.

Dame- Il... Il n'y a... Vous... Vous avez un enfant avec vous ?

Bobby prit une grande respiration et regarda autour de lui. Une zone d’ombre, loin de la fenêtre de l’aile abandonnée tendant ses bras réconfortants vers le mineur. Celui-ci s’y engouffra avec une vitesse démontrant toute son inquiétude et sa gêne d’être si près d’une femme. Robert prit une seconde respiration, son ton rauque s’éleva alors dans l’air froid de ce jour d’hiver. Des mots furent mâchés, mastiqués même avec des roulements de pierres furent éjecter de sa bouche.

Robert- Euh… Non j’ai pas d’enfants… Eh… Je suis tout seul…

Fouillant dans sa poche de pantalon, le géant sortit une petite enveloppe de mouchoir. En tremblant quelque peu, de gêne et de désarroi, le goliath tendit les papiers absorbants et doux à l’ange en détresse. Même si le ton était rocailleux, les mots semblaient être bercés par la douceur et la sollicitude.

Robert- Je m’excuse de vous avoir fait peur, madame… Euh… J’ai l’air d’un monstre, mais j’en suis pas un… Euh… Vous allez bien? Je veux juste aider…Euh… Mais si vous voulez, je vais partir…

Un frottement sec et dur commença à se faire, entendre dans une aile proche se fit, entendre. Une sorte de crissement sur le parquet poli. Mais Robert était trop occupé à s’excuser pour s’en rendre compte…



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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Lun 4 Avr 2016 - 21:43

La montagne se retourna vers moi, lentement, me laissant amplement le temps de mesurer toute la différence de taille qui nous opposait. Pendant un bref moment, mon cerveau me hurla de refermer aussitôt cette porte entre nous et de refaire mon sac pour sortir de là immédiatement, tempête de neige ou non, pour peu qu'il décide d'enfoncer la porte pour me suivre malgré tout. Il en était tout à fait capable. Et il ne devait pas avoir peur de se battre, vu ses cicatrices. Mais quand mon regard croisa le sien, je restais immobile, bien que les larmes continuent de couler librement. Je sais bien qu'étant adulte, ce devrait être facile pour moi de les faire cesser, mais je n'ai jamais réussi à me débarasser de cette habitude enfantine qu'est de pleurer à grosses larmes.

Ça ne devait pas être le cas de mon vis-à-vis. N'importe quel autre homme de sa corpulence aurait pu avoir l'air d'un loubard ou d'un repris de justice, du genre qui régalaient mes collègues grâce à toutes leurs infractions qui donnaient des articles vendeurs, mais lui... Lui était différent. Malgré la faible lumière, je pus voir dans ses yeux bleus d'une innocence parfaitement incongrue chez un homme tel que lui, qui aurait mieux appartenu à un poète gringalet et adolescent, un doux rêveur qui n'aurait jamais pu faire de mal à qui que ce soit, une douceur surprenante. La scène avait un côté irréel et hors du temps, à cause de la faible lueur et du silence seulement entrecoupé de mes reniflements pitoyables.

Brusquement, comme si cet échange était devenu trop intime, il s'enfuit se réfugier dans la pénombre, hors du maigre éclairage qu'apportait la lampe. Interloquée par cet échange, je ne réalisais pas tout de suite que le soudain grave murmure qui se faisait entendre venait en vérité de la bouche de cette petite colline mouvante. Tirée de ce moment étrange, je revins me mettre à l'abri derrière la porte, prête à la refermer au moindre signe d'agressivité. C'était bien mon unique défense après tout. A force d'être seule, j'étais devenue farouche et craintive. Le moindre bruit ou le moindre geste brusque me faisait désormais sursauter. Tu parles d'une Lara Croft...

Je l'écoutais attentivement, cherchant à le percer à jour, horriblement méfiante malgré l'impression pacifique qu'il m'avait laissée. Seul donc... La déception fut terrible, même si je savais que je devais m'y attendre. Où sont passés tous les enfants... Il faudrait que des groupes de survivants s'unissent pour retrouver les rescapés avant qu'il ne soit trop tard pour les sauver. Aussi bien physiquement que... psychologiquement. Il n'y a qu'à voir l'effet de la fin du monde chez les adultes, je ne pense pas que des enfants soient capables d'en sortir sans plus de séquelles que ça. Mais ce n'était pas le moment de refaire le monde.

Je le vis chercher quelque chose dans sa poche. Un pistolet ? Apeurée, je refermais un peu plus la porte, craignant qu'il ne me menace avec ce qu'il sortirait de là. Mais l'objet de mes craintes ne s'avéra être que des mouchoirs en papier. Soulagée et étrangement touchée par le geste et les paroles qui l'accompagnèrent, j'en perdis un peu plus mes moyens. Doucement, je rouvris la porte, en sortant de nouveau et pris d'une main tremblante ce qu'il m'offrait gentiment, effleurant la sienne au passage. C'est bête mais... Voir ces mouchoirs tout blanc me fit chaud au cœur. C'était une petite marque du monde d'avant. Des petits mouchoirs en papier...

J'en pris un presque religieusement et m'essuyais les yeux, notant au passage qu'au moins, désormais, je n'avais plus à m'inquièter de la possibilité d'abimer mon maquillage. Qu'est-ce que ça peut me manquer, ça aussi... Je me mouchais ensuite, et un peu remise de cette brusque montée d'émotion, pu enfin articuler correctement :« Merci beaucoup... Vous êtes un amour. Et s'il vous plait, ne partez pas ! J'ai été prise par surprise, je dois bien l'avouer, mais ça doit bien faire huit jours que je n'ai vu aucun autre personne vivante, alors vous voir là comme ça... Je suis surtout soulagée !»

Je lui souris, incapable de voir son expression à cause de la pénombre dans laquelle il s'était caché. Malgré son apparence, il m'avait donné l'impression d'être quelqu'un de timide et prévenant, ça me rassurait énormément. Alors que je me mouchais une nouvelle fois, j'entendis en même temps un bruit qui me fit frissonner. Je ne savais que trop bien ce qu'il signifiait. Le cœur battant à tout rompre, je revins à l'intérieur de ma place forte lentement tout en faisant signe à l'homme de me suivre à l'intérieur. Doucement, doucement... Il ne faut surtout pas faire de geste brusque, ni glisser au mauvais moment. Les conséquences seraient... catastrophiques.

Brusquement, un bruit me fit sursauter. Je sentis mes yeux quasiment sortir de leurs orbites lorsque je me rendis compte de ce qu'il impliquait. Le sort s'acharne. D'une voix blanche, je demandais à l'homme de me confirmer ce que je redoutais : « Ne me dis pas que je viens d'entendre des livres tomber alors que nous sommes tous les deux ici ? » Il faut qu'on se cache. Tout de suite ! Je lui attrapais le poignet et le tirais avec moi dans ma place forte improvisée, fermant fébrilement la porte à clé derrière nous. Super, bravo Breann, tu viens de t'enfermer avec un géant de deux mètres dont tu ne sais rien, mais qui t'as donné des mouchoirs. Eh. J'ai envie de dire que j'ai au moins gagné des mouchoirs. Mais attendez... Si on se retrouve bloqués ici, moi je peux facilement partir, mais lui... Je viens de l'enfermer ici contre son gré ! Effarée par ma bêtise, je m'excusais immédiatement : « Je suis désolée, vraiment désolée, je ne me suis pas rendue compte de ce que je faisais... Tu ne passeras jamais par ces fenêtres ! Oh la la... Attends, pas de panique, on va trouver une solution, tu ne vas pas rester coincé à vie ici, c'est promis ! Je... Je vais trouver. Je ne vais pas te laisser comme ça. » Réfléchis, cervelle de moineau, il faut réparer ta bourde.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Mar 5 Avr 2016 - 15:25

Le regard bleuté du colosse se porta vers la porte et le reste de ses pathétiques paroles furent oubliées. Dans la douce caresse des rayons du phénix qu’on appelait soleil se profilait un être à la beauté absolue. Une apparence divine comme les artistes des temps passés aurait tué père et mère pour n’avoir que la chance de porter le regard sur cette muse inspirante. La plupart des hommes auraient savouré les sublimes courbes de la jeune femme comme des requins attirés par une proie agonisante. Ils auraient ricané entre de manière grivoise en pointant les lèvres pleines et porteuses d’une promesse de douceur satinée. Les traits angéliques finement ciselés dans le marbre albâtre de ce visage sublime n’équivalaient qu’Aphrodite dans l’esprit de l’homme. La chevelure, à peine cachée sous un bonnet de laine, ressemblait à une veine de cuivre chatoyant dans la lumière à la fois artificielle de la lampe et naturelle du soleil. La créature de cauchemar ne pouvait que décrire les yeux de l’apparition comme deux saphirs si purs et dotés d’une telle luminosité qu’ils pouvaient ensorceler n’importe quelle âme. La bizarre sensation du goliath fut qu’il regardait ses yeux dans le miroir. Mais avant que le géant ait pu faire son mouvement de recul d’une telle lâcheté, ce fut son empathie des plus aiguisés qui résonna dans son crâne déformé telle une alarme d’incendie. Robert ressentait une sorte d’aura dorée émanant de l’être céleste, une vague de gentillesse et de bonté. Une fragilité que confirmèrent les ruisseaux salés qui coulait sans retenue sur ses joues de pêches qui firent mal au cœur torturé de l’homme.

Le mastodonte n’esquiva aucun geste, tenant le paquet de mouchoirs en papier dans une main tremblante. Robert avait même arrêté de respirer durant l’agonie de la terrible attente dans sa cachette d’ombre. Le géant déformé savait pertinemment ce qui allait se produire dans les prochaines secondes. La jeune femme, cet être qui semblait si fragile, allait se transformer sous l’effet de la frayeur la plus pure. Son visage, d’une délicatesse digne d’une porcelaine inestimable, portera les stigmates de la terreur en détaillant l’apparence horrible de la bête de cirque. Le regard doux et angélique de la brunette s’agrandirait sous l’impulsion d’un dégoût sans nom. Après avoir réussi à dire une phrase des plus boiteuses, le regard bleuté de Bobby plongea vers le sol. L’homme était honteux de la parodie d’humanité qu’il était. Avant que les mots suivants puisent franchir le barrage de ses dents mal alignées, un bruit se fit entendre. Un crissement d’une botte signala au colosse désillusionné que l’ange tombé du paradis venait certainement de faire un pas vers la sécurité de la pièce. Bientôt le son sec et sans équivoque de la porte qui se referme brutalement fendra l’air. Bruit qui va sonner le glas du début d’une autre relation plus qu’incertaine. Le claquement sera semblable à celui de la hache du bourreau qui se ficherait dans la buche après avoir accompli son sanglant office. Un supplice de plus pour le phénomène de foire. Quelques mots jaillissants de peine et de misère d’une gorge serrée par ce maelstrom d’émotions alimentés par des visons d’un passé si commun pour Robert. Pathétique défense contre l’inévitable conséquence de la laideur de l’homme. Robert s’excusa d’avoir rajouté une autre vision de cauchemar qui allait hanter surement la jeune femme.

Alors, un miracle se produit. Une action si rare dans l’existence du colosse qu’il allait s’en souvenirs justes à son dernier souffle. Une douce main, d’une chaleur incroyable et d’une grâce presque surnaturelle effleura la poigne rugueuse et scarifier de Robert. Un courant électrique parcourut chaque nerf du corps du géant. Un frisson parcourra l’échine de l’homme et s’en sans rendre compte, le paquet de mouchoirs fut échangé de main. Un souffle poussé avec lenteur de la part de la magnifique dame fit naitre un petit sourire sur le faciès monstrueux du géant à la musculation déformé. Des mots simples, mais si sublimes pour le colosse furent dit par l’ange avec une telle légèreté que chaque syllabe caressa l’ouïe de Bobby.

Ange-Merci beaucoup... Vous êtes un amour. Et s'il vous plait, ne partez pas ! J'ai été prise par surprise, je dois bien l'avouer, mais ça doit bien faire huit jours que je n'ai vu aucun autre personne vivante, alors vous voir là comme ça... Je suis surtout soulagée !


Une rougeur pulser par la gêne souffla sur les joues mal rasées de l’homme. Il avait eu tellement de surnoms horribles dans sa vie, mais jamais une pure étrangère ne l’avait nommé amour. Se passant une main en arrière de son crane pour essayer de cacher un peu son malaise grandissant. Le sourire de l’être céleste réconfortait et apaisait la montagne de muscle. À part ses anges trépassés, Abigail et Juliane, personne n’avait pu accomplir ce prodige aussi vite avec Robert. Lui faire descendre sa garde et laisser une chance au hasard pour connaître une joie ou une nouvelle déception.

Mais comme un problème n’arrive jamais seul, un bruit sourd fit réagir la douce dame d’une manière qui fut stupéfiante pour Bobby. Une lueur d’inquiétude scintilla dans les yeux couleur jade de l’étrangère et tout son être se crispa comme un chevreuil ébloui par des phares sur une route isolée.

Ange- Ne me dis pas que je viens d'entendre des livres tomber alors que nous sommes tous les deux ici .


Elle saisit la main du mastodonte et tira comme l’ange le ferait avec un enfant. Robert se laissa guider docilement, trop estomaqué pour réagir autrement. Une longue triade s’en suivit, ayant comme seul auditeur un homme ahuri de voir une personne qui semblait se soucier de lui.

Ange- Je suis désolée, vraiment désolée, je ne me suis pas rendue compte de ce que je faisais... Tu ne passeras jamais par ces fenêtres ! Oh la la... Attends, pas de panique, on va trouver une solution, tu ne vas pas rester coincé à vie ici, c'est promis ! Je... Je vais trouver. Je ne vais pas te laisser comme ça.

Regardant les petites fenêtres de la salle, le mineur ne put que se ranger du côté de l’opinion de la douce brunette. Sa grande carcasse ne pourrait jamais se faufiler par une si petite ouverture. Portant sa main immense à son menton, l’homme réfléchit intensément. Des rides songeuses se creusèrent sur le front du géant et ses yeux se plissèrent. Sortant un bout de langue rosé pour l’assister dans sa concentration, Robert se souvient alors de sa nièce. De ses éclats de rire quand il prenait la pose ainsi. Regardant l’ange aux yeux de saphir, Robert pouffa légèrement. Ses épaules massives tressautèrent un peu et il dit tout bas.

Robert- Désolé madame… Euh… Ma nièce riait toujours quand je réfléchissais trop. Mon visage devint encore plus croche que d’habitude…. Euh… Je vous fais confiance…

Une aura apaisante de et sincérité s’échappa tout doucement de l’homme. Une sorte de béatitude qu’il ne pouvait que produire quand il se sentait bien avec une personne. Un peu comme quand il était avec Juliane…

Robert- On va pouvoir s’en sortir madame… Euh… Vous pouvez vous sauver et c’est ce qui est important.

Encore une fois, Bobby se préoccupait plus d'une étrangère que son propre bien-être. Si Juliane l'avait entendu, elle l'aurait surement gronder. Une sorte de grognement se fit entendre. Loin des gémissements de faim habituelle des damnés qui parcouraient maintenant cette terre. Plutôt animal. Comme un chien. Un écho sinistre répondit au grognement de mise en garde. Un son qui était maintenant la norme dans ces jours sombres de l’humanité.

Robert- Vous avez entendu? C’est un chien selon vous? Euh… Je vais aller le chercher d’accord? Personne ne devra finir dans le ventre des méchants qui mordent vous savez. Je reviens vite d’accord?

Les derniers mots étaient marqués par une résolution et une détermination à toute épreuve. Comme si le sort de l’ange importait plus au géant que sa propre survie. Mais il rajoutant tout bas, un murmure semblable à deux cailloux qui s’entrechoquent.

Robert- Sauf si vous voulez que je reste… euh… pas vous laisser seule encore 8 jours… Euh... Personne ne devrait être seul… Euh... Je sais de quoi je parle je suis pas mal toujours seul…




Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Breann Yates
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MessageSujet: Re: Une tuile ne tombe jamais seule.   Jeu 14 Avr 2016 - 19:35

En pleine crise de conscience coupable, un rire étouffé me parvint  et je cessais un instant mes récriminations contre mon impulsivité pour regarder avec de grands yeux étonnés l'homme immense, qui semblait peu affecté par la situation problématique. Manifestement, j'avais râté le côté amusant de la chose... Il faut dire que dans ma nervosité actuelle, cumulée à la fatigue des dernières nuits trop courtes, mon sens de l'humour a pris des vacances intempestives. Non, décidément, la fin du monde ne me réussit pas, je ne me suis pas découverte de face cachée avide de liberté totale ou un courage et un charisme dignes d'un empereur romain... Je suis toujours la même. Breann Yates, froussarde et véritable chat d'appartement de son état. Je pris la peine de reprendre mon souffle sur un rythme profond, appliquant ces fameux conseils de maîtres yoggi sensés aider à apaiser les gens, et écoutais la montagne m'expliquer de sa voix grave et rocailleuse la raison de son hilarité soudaine.

C'était étrangement bon enfant. Je sentis un sourire apparaître de lui-même sur mes lèvres sèches, craquant quelques croûtes à peine formées. Qu'est-ce que je ne donnerai pas pour un stick à lèvres digne de ce nom... pensais-je rapidement à cause de la désagréable sensation occasionnée avant de me recentrer sur l'homme que je venais d'enfermer avec moi. Décidément, son comportement ne correspondait pas à ce que son physique pouvait laisser penser. Il semblait être quelqu'un de doux et serein, qui semblait prendre la vie et ses épreuves comme elles venaient. Tout l'inverse de moi, qui n'avais cessé de pester et pleurer la perte de la civilisation à cause de cette horrible épidémie !

Curieusement, le calme que dégageait son corps imposant parvint à m'apaiser légèrement. Peut-être que je paniquais pour rien. Après tout, ce n'était pas forcément un chose qui avait fait tomber des livres... Ah, je ne sais pas ce que je préfère : un autre être vivant ou une chose ? L'un comme l'autre reste tout de même synonyme de danger... enfin, avec quelqu'un comme cet homme près de moi, si c'est un être humain, i ou elle réfléchira sûrement à deux fois avant de tenter quelque chose de désespéré.

Je fus touchée de le voir satisfait pour moi de ma propre sécurité, alors que je venais en quelques secondes à peine de compromettre la sienne. Il était trop gentil... le genre de personne qui se fait dévorer par les autres peu à peu en étant trop serviable. Je sais bien de quoi je parle... Que voulez-vous, c'est difficile de dire non lorsqu'on sait qu'on peut être utile et bien faire les choses. Je protestais immédiatement, refusant qu'il me fasse passer, moi, une parfaite inconnue, avant lui. Maintenant, on ne peut plus être ni chevaliers servants ni demoiselles au cœur d'or. Il faut penser à soi, car personne d'autre ne va le faire à notre place. Enfin, ça c'était déjà vrai avant... « Non non non, ne retourne pas la situation, on s'en fiche de moi, je suis celle qui a toute ses chances ici. Laisse-moi deux minutes pour trouver quelque chose de plus silencieux qu'exploser ces- » un bruit d'animal m'interrompit. Pour que nous l'ayons entendu alors que pièce était sensée nous couper du monde extérieur, la bête qui en était à l'origine devait être énorme. Une bataille devait avoir lieu à quelques mètres de nous... Eh, mais si ce n'est pas un signe ? Si les choses sont occupées autre part, nous avons nos chances de leur fausser compagnie discrètement ! Bon, et nous réfléchirions après à la suite dans la tempête de neige, mais au moins, nous n'aurions plus à nous inquiéter de ces monstres. Personnellement, je préfère affronter le froid. J'allais le dire à mon compagnon d'infortune lorsqu'il me prit de court, inquiet pour l'animal mais hésitant à me laisser seule. Ce fut un déclic. Je m'empressais de ramasser mes affaires tout en lui donnant ma réponse : « Alors ça ne t'embête pas que je te suive, dans ce cas ? J'en ai marre d'être toute seule et de n'avoir que moi à ennuyer en parlant tout le temps, le sort t'a choisi, je suis désolée ! » Le sac sur les épaules, je me redressais, fière et presque excitée de voir la suite. « Alors, on va le chercher, ce chien ? » Enfin, si c'est bien un chien. J'ai croisé une hyène échappée du zoo il y a quatre jours... Si c'est un lion, on est mal.

J'ouvris précautionneusement la porte, la lampe torche de mon portable rechargé allumée éclairant à peu près la pièce et mis un pied dehors. RAS. Je fis signe à Bobby de passer devant après être sortie totalement de la pièce. Alors alors, où est donc le toutou ? Qui j'espère est bien celui responsable de tout ce raffut... Pas trop loin ni inatteignable, s'il vous plaît. Je ne pense pas être prête à assister au spectacle des choses dévorant un animal vivant sous mes yeux. Traitez-moi de petite nature. Les grognements s'intensifièrent alors que nous progressions vers leur source silencieusement, moi suivant le dos imposant de mon homme géant tel un éléphanteau sa mère. Hum. Je ne suis pas sûre que cette image soit très flatteuse.

Nous tombâmes sur un spectacle improbable dans le hall de la bibliothèque, que nous pouvions voir de notre étage : un chien, peut-être mort puisqu'il ne bougeait pas, réfugié derrière des rayonnages tombés à terre, acculé par des choses se massant contre les rebords sans pouvoir les enjamber, trop bêtes pour tout simplement contourner l'obstacle, alors que d'autres se massaient autour de ce qui devait être un cadavre. Merveilleux. Elles ne sont vraiment pas malignes, mine de rien... Il n'y a vraiment aucun avantage à être ressuscité des morts finalement, pensais-je en faisant la moue. Je m'adressais ensuite à mon géant : « Comment vas-ton faire pour aider le chien ? Enfin, honnêtement, on dirait un loup. Et s'il nous attaque aussi ? » Ce serait bête, quand même. « Tu penses que si je fais tomber quelque chose de l'autre côté, elles seront intriguées et le laisseront tranquille ? Il faudra faire vite pour le récupérer... » Tout bien réfléchi, je suis sûrement plus rapide que lui, petit gabarit oblige. Et lui pourra faire tomber quelque chose de plus lourd que moi. « Je sais. Tu fais tomber un des rayonnages en bas, et moi, je file attraper la bête. En croisant les doigts pour qu'il soit évanoui ou quelque chose dans le genre, et pas... » Je me demande si les animaux peuvent aussi attraper le truc qui transforme les gens en choses...Oh, pitié, non, on a déjà assez de problèmes comme ça.

J'attendis qu'il me confirme mon plan, sentant l'adrénaline envahir mes veines en même temps que le stress. Je m'apprête à faire quelque chose de complètement timbré... J'ai intérêt à survivre !

Aussitôt validé, nous passâmes à l'action. Les jambes tremblantes, je me précipitais en bas pendant que les choses étaient occupées ailleurs, m'efforçant de ne pas jeter un regard au cadavre, et soulevais tant bien que mal le chien. On a pas idée d'être aussi grand ! C'est vraiment un chien-loup ce truc ! Je le traînais vers l'étage avec peine, grinçant des dents contre ma taille et mes petits muscles. C'est lourd... Et les choses qui vont vite se lasser... Oh ça y est, je panique. Je n'arrive plus à respirer correctement. Je cherchais en vain du regard le colosse, priant pour qu'il s'aperçoive à temps de ma détresse, la panique commençant déjà à me priver de toutes mes forces. Et bah il a bien de la chance que j'aime les chiens, ce clebs !




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