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 Animal I have Become.

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Rose A. Warren
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MessageSujet: Animal I have Become.   Mar 15 Mar 2016 - 21:04


Le trajet lui avait semblé être un véritable rêve éveillé, alors qu'elle luttait contre l'épuisement sur le chemin du retour, discutant avec Alan et les autres de l'endroit ou enfin, elle allait pouvoir souffler un peu. Norman, épuisé, avait fini par s'endormir dans ses bras, et l'accueil au chalet fût pour le moins silencieux, la plupart des habitants étant couché depuis un bon moment déjà. Tant mieux. Elle ne se sentait pas de devoir expliquer aux autres comment elle avait atterri ici, ou les horreurs qu'elle avait pu rencontrer au cours des derniers mois. Non, elle n'aspirait qu'à une seule chose; Poser ses sacs, changer ses vêtements abîmés par le trajet, et poser sa tête pour fermer les yeux sans prendre le risque de voir un Mort râler dans son sillage.

Elle n'avait pas osé regarder Gary de tout le chemin, après s'être effondrée dans ses bras, préférant parler à tous les autres, présenter Daryl, ou apprécier les retrouvailles des McLeod. Mais plus le temps passait, plus l'étrange sensation d'avoir été abandonnée sur place s'insinuait dans ses veines comme un poison, alors qu'une boule de nerf grandissait dans son ventre...
Le chalet, était presque comme dans ses souvenirs. Sans doute que la déco n'avait pas été refaite depuis la dernière fois, mais qu'importait. Enfin, elle sentit son âme en paix, et après avoir délicatement porté Norman, elle laissa Daryl prendre le relais, ce dernier lui assurant qu'il s'en occuperait sans problèmes.

J'pense que toi et Gary, vous avez des choses à vous dire...

Le regard du brun ne trompait pas sur le dit sujet, alors que la chirurgienne s'était contenté d'hocher la tête, avant de serrer dans ses bras une dernière fois les membres de la patrouille de secours, les remerciant de les avoir sorti d'un bien mauvais pas.
Suivant Gary à l'étage, elle avait enfin pu jeter sa veste doublée dans un coin alors que ses vêtements détrempés par la neige lui collaient désagréablement à la peau, ne gardant que son nécessaire de chirurgie en demandant à Gary d'un air presque mécanique de retirer son haut pour qu'elle puisse se charger de la blessure. La mécanique. Après des mois sur la route, les gestes lui revenaient naturellement, et en fermant les yeux, elle se revoyait presque en salle d'opération à Seattle, gantée et avec son éternelle blouse à donner des instructions à ses internes. Rapidement, la plaie fût désinfectée et suturée, alors qu'elle commençait un pansement de fortune.

Je ne sais pas tirer, c'est officiel. La balle n'a fait qu'effleurer, tu ne devrais même pas conserver de cicatrices...

A nouveau, elle avait esquivé son regard, mal à l'aise. Elle avait cette désagréable sensation de parler à un fantôme, ses sentiments entremêlés par le soulagement et une colère froide, à nouveau.
Un petit silence naquit dans l'habitacle, alors qu'elle achevait de désinfecter son aiguille et de la ranger avec soin dans son étui, se tournant enfin vers l'homme qui avait partagé sa vie durant des années.

Gary... Vous m'avez laissé pour morte, pas vrai ?

La question était plutôt rhétorique, et le simple fait de le faire remarquer à voix haute lui retira un poids de l'estomac, alors qu'elle encaissait la vérité. Elle avait vu les camions partir, les civils se faire dévorer vivants. Sally se faire déchiquetée par des visages déformés, pour leur permettre de gagner de précieuses minutes. Il n'avait pas une seule idée de ce qu'elle avait pu vivre, quand bien même son regard noir pouvait lui donner un indice de l'enfer encouru au cours des derniers mois. Sa machoire se crispa une seconde, s'en voulant de chercher à crever l'abcès tout de suite. Mais une partie d'elle même avait ce besoin de relâcher toute cette rancoeur refoulée.

J'ai vu les camions partir, alors qu'on arrivait enfin à voir une issue. Si Daryl n'avait pas été là, j'aurais été massacrée en essayant de protéger notre fils. Ce qu'il s'est passé quand vous vous êtes tous enfuis... Elle ferma les yeux un instant, se refusant à revoir ce cauchemar qui la hantait encore parfois. Je t'ai cru mort. Parce que pour moi, ce n'était pas possible, que tu ai pu partir sans ton fils. Au moins lui...

Elle n'avait pas haussé la voix, se contentant d'exposer les faits en tout simplicité. Mais inconsciemment, elle avait senti ses poings se refermer lentement, s'enfonçant ses ongles abîmés à l'intérieur des paumes.


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Animal I have Become.   Mar 15 Mar 2016 - 21:27

Tout avait été si bizarre. Alors qu'il tenait Norman contre lui, d'un bras, qu'ils étaient tous serrés dans cette voiture minuscule pour ces grands gabarits, qu'ils avaient pressés l'allure pour rentrer au chalet, en y mettant tout de même plusieurs heures au final, Gary avait trouvé l'ambiance étrangement bizarre. Il n'avait pas relâché sa vigilance, loin de là, impossible pour lui après ce qu'ils venaient tous de vivre. Mais il s'était senti progressivement comme engourdi, si bien que, lorsqu'il fut téléporté dans sa piaule, Rose terminant de le recoudre, il n'était pas bien sûr de savoir quand et comment tout ça était arrivé. Tout ce qu'il faisait, là, c'était la regarder, c'était ressentir l'aiguille rentrer et sortir de sa chair, pour être sûr et certain qu'il n'était pas en train de rêver.

Pourtant, tout ça y ressemblait étrangement. Les bonds dans le temps, la présence de Rose à ses côtés, le fait que Clint avait rejoint le lit où Norman dormait, que Alan avait couché au passage d'ailleurs. Bref, tout ça, là. C'était forcément un rêve. Mais tout semblait trop réel, et au fond, Gary aurait pu devenir fou si ça avait dû disparaître. Ses yeux le piquaient, mais pas autant que la douleur ou que la fatigue, ou que le soulagement qu'il ressentait à la savoir en vie et à côté de lui. Si bien qu'il en avait oublié bien des choses, bien des détails qui n'en étaient pas, et que, lorsqu'un silence qu'il savait pesant pour Rose mais pas pour lui s'installa dans la pièce, il se rendit compte qu'ils avaient des choses à se dire. Beaucoup de choses. Et la chirurgienne prit la parole.

Les avait-il abandonné, au stade ? demanda-t-elle sous la forme d'une question sans que ça n'en soit une.

N-Non, on t'a- Mais l'homme s'interrompit de plus belle. Rose avait besoin de parler, et lui n'avait pas grand chose à dire de tout ça.

La parole de la chirurgienne se délia, tombant sur le sol de la chambre comme de l'eau perlant sur une vitre, dégoulinant le long d'elle. Les mots s'entrechoquèrent, tombèrent dans l'oreille de l'homme et furent comme des épines à s'enfoncer dans les yeux. Il détourna le regard, incapable de le soutenir quand à l'habitude, avec un regain de mauvaise foi, il affrontait la pire de ses oeillades. Sur l'instant, la douleur de sa bosse le reprit. Celle que Edwin lui avait infligé pour le calmer. Celle qui lui avait valu son départ du stade, un réveil bien trop tardif pour pouvoir changer quoique ce soit à la donne. Il n'avait pas assez lutté pour eux. Mais Lara, elle...

Lara.
En pensant à la meilleure amie de sa femme, Gary serra les poings. Sa posture se crispa. Ce n'était pas le moment d'aller la réveiller. Non, elle aurait la belle surprise de voir Rose en émergeant demain matin. De la voir, elle, soit disant dévorée par les rôdeurs, Norman, même chose, comme elle l'avait soutenu sans ciller devant lui. Sans en démordre.

Lara vous a vu vous faire dévorer. C'est ce qu'elle m'a dit. L'annonce tomba après un court silence, dans la pièce. Comme une lame sur la nuque d'un condamné. Et Gary eut toutes les peines du monde à cacher son énervement en lui annonçant ça. Elle m'a empêché de vous retrouver, et les autres sont venus me ramener au camion pour qu'on s'en aille du camp. J'ai été assommé, et à mon réveil, j'étais trop loin pour... Enfin... Il n'osa pas dire la suite. Parce que ça n'avait pas de sens à priori. Parce que ça ne justifiait pas ce qu'il avait fait. Il avait honte. Il se redressa, comme pour saisir le regard de sa femme et la regarder droit dans les pupilles : Rose, tu dois me croire. Vraiment. Si j'avais su, si j'avais pu, je serais resté, je serais venu vous chercher, je vous aurais jamais abandonné. Jamais... C'était... Il baissa à nouveau les yeux, se passant la main sur le visage. Désolé, j'ai... J'ai pas réussi.

A venir à bout de tous ses bras qui le ramenaient en arrière. A se battre un peu plus contre la commotion, ou contre cette armée de rôdeurs, ou contre...

Contre l'enfer. On l'en avait empêché. Parce qu'il était misérable et humain.




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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Animal I have Become.   Mer 16 Mar 2016 - 0:18


Pourquoi ressentait-elle de la satisfaction à le voir se décomposer de la sorte ? Elle aurait dû s'adoucir, ou même, le laisser parler ? Mais non, elle s'était contentée de dire sans s'énerver ce qui avait besoin d'être, apaisant un minimum son esprit meurtri par la vie qu'elle avait vécu sur la route. En nomade, à dormir dans une voiture, fouiller des habitations vides et ne trouver qu'en guise de preuve humaines des restes d'habitations parfois brûlées, ou taguées de messages annonciateurs d'apocalypse.
Rose resta coite un instant en entendant Gary lui lancer sa version des faits. Lara aurait assuré qu'ils avaient été dévorés sous ses yeux Norman et elle. Gary se serait fait assommé, et réveillé trop tard pour revenir sur ses pas. Dans un sens, elle aurait dû comprendre, bien évidemment. C'était humain. Et pourtant, rien n'apaisait sa colère. Peut-être que ce long voyage en solitaire avait noirci sa vision du monde ? Après l'horreur du stade, la rage de vivre pour son fils, la fouille des appartements, la mort de Mrs Arlington ?

Sans doute que oui.

Qué ? Norman à été attrapé par un de ces malades, j'ai stoppé ma course pour le récupérer et en me retournant, Lara avait disparu, alors qu'elle m'a vue faire demi-tour. On à essayé de se réfugier du côté des vestiaires, jusqu'à ce que Hope me retrouve. Quand Daryl à exigé de fuir, j'ai refusé. J'ai cherché à te retrouver, je me suis battue avec lui pour comprendre ou tu étais passé, jusqu'à ce que je vois les véhicules nous abandonner à notre sort. Hope à hurlé, elle vous à supplié de vous arrêter. Comme tous ceux qui n'étaient pas monté dans les voitures, et qui à l'heure actuelle doivent toujours déambuler dans le stade.

Ses paroles résonnaient désagréablement à ses oreilles, alors qu'elle avait senti une pointe de colère froide grimper le long de sa voix.

Tu es en train de me dire que Lara et toi étiez en parfaite santé... Et qu'aucun de vous deux n'a tenté de revenir sur ses pas, au cas ou des survivants auraient tenté de prendre la route ? Vous avez fait quoi, vous vous êtes consolés mutuellement de ma perte et de celle de Norman, et basta ?

Lara en aurait été bien capable, ne put-elle s'empêcher de penser amèrement. Pendant qu'ils se la coulaient douce dans ce chalet, et qu'elle ne dormait plus, hantée par ses souvenirs. Elle n'avait pas besoin de fermer les yeux pour entendre les cris d'agonie, les pleurs, ou de se rappeler l'odeur métallique du sang frais qui avait hydraté le sol.
Elle devait le croire, lui assurait-il. Il était désolé pour tout ça. Elle ne put s'empêcher de rire légèrement, passant une main dans ses cheveux emmêlés en observant les lieux qui l'entouraient. Soupirant longuement en tournant le dos à Gary, hésitant entre le pardon et la rancoeur.

J'ai survécu, je devais au moins faire en sorte que Norman s'en tire mieux que moi. Fit-elle remarquer à nouveau. On à couru, avec Hope et Daryl jusqu'à ne plus entendre les hurlements de ceux restés sur place. Je les ai emmené à l'appartement le temps de reprendre nos esprits, et on à reprit la route dès le lendemain matin.

D'un geste lent, elle effleura le bois du bureau ou elle avait déposé ses affaires, observant ses doigts meurtris par le froid sans broncher. Chacun des membres de son corps réclamait un peu de repos, sans qu'elle ne parvienne à trouver l'envie de dormir.

J'ai envie de te croire. Mais... C'est difficile. Ca voudrait dire que ma meilleure amie m'a trahie, que tu n'as pas eu la force de revenir sur tes pas et que tu l'as cru sans preuve, en acceptant juste l'idée qu'on ne soient plus là. Je sais pas si je suis prête à ça. Murmura t-elle après un instant de silence, finissant enfin par lui faire de nouveau face après avoir fouillé dans son sac pour en sortir un ultime paquet de cigarette intact, coinçant une tige entre ses lèvres en allumant le bout d'une main tremblante.

Tu te moquais de moi quand je parlais des montagnes... Mais à défaut de nous avoir laissé au stade, je vois que mon conseil était pas si mauvais contrairement à ce que tu pensais.

Un infime sourire apparu sur ses lèvres l'espace d'une seconde en y repensant. Le fameux jour ou ils avaient décidé de retenter leur histoire, juste avant que le campement ne tombe aux mains des Morts. Pourquoi avait-elle l'impression d'avoir vécu des siècles en se rappelant de ça ?


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Animal I have Become.   Mer 16 Mar 2016 - 8:39

Elle m'a dit ! Elle m'a dit qu'elle vous avait vu vous faire dévorer ! Elle me l'a promis, que ça servait à rien, elle a tout fait pour-

Il était écœuré. Plus il se défendait et plus il sentait la bile lui monter aux lèvres. Parce qu'il était en train de se défendre d'être un sacré enculé, parce qu'il avait sincèrement cru qu'ils étaient morts, elle et Norman, mais vraiment. Parce qu'il avait cru aux larmes de Lara, qui noyaient son visage à chaque fois qu'elle parlait de cette scène comme si elle la revivait. Parce qu'il s'était dit que s'il y avait vu un témoin, qui lui parlait de cadavre, alors ça ne pouvait qu'être vrai et qu'il avait laissé place à son imagination pour cauchemarder à chaque fois qu'il fermait les yeux ces conneries débitées à la pelle. Gary s'était levé brièvement pour lui faire face avant de se rasseoir aussi vite. Il avait une de ses envies de gerber, là, tout de suite, maintenant. Il avait des envies de meurtre, là. De tuer pour tuer, pour assouvir une pulsion. Il en crevait d'envie de passer ses mains autour du cou de sa blondasse de meilleure amie pour lui briser la nuque...

Et l'homme ne savait pas si c'était ça, lui, Lara ou son ex-femme qui lui donnait un peu plus envie de vomir. Car plus elle racontait son histoire, plus Gary savait au fond qu'elle ne serait jamais satisfaite et qu'elle lui pardonnerait pas ce faux pas. Faire demi-tour dans son état et avec ces gens qui refusaient à le laisser redevenir en arrière ? Il aurait jamais pu. Il y avait pensé cent fois pourtant, dix milles même peut être, mais Joey arrêtait pas de lui répéter « qu'est-ce que ça changera, hein ? Qu'est-ce que tu feras là-bas qui bousculera tout et les ramènera à la vie ? ». Bordel, ce que les mots de son meilleur ami avait pu le bousculer. Intimement. Violemment. Mais elle était là aujourd'hui, elle. Vraiment, là. Et son fils dormait dans l'une des pièces à côté et le regard qu'il avait croisé de Max, interrogateur, profondément hagard, c'était pas du pipeau.

Lui non plus comprenait pas ce miracle. Lara ne le comprendrait pas, Joey non plus. Edwin avait eu l'air perdu, tout le long du trajet, Alan également. Mais Gary était soudainement en train de saisir qu'il ne s'agissait pas d'un miracle pour sa part, mais surtout de la concrétisation d'un faux pas monumental, qui allait lui revenir en pleine poire. Il avait perdu Rose sur la route, en la laissant au stade, en la pensant morte. Elle ne lui reviendrait pas. Il avait commencé un deuil qu'il devait arrêter en route et c'était déjà assez difficile comme ça. On lui avait ressuscité une morte qui voulait, lui, le voir crever au fond.

Il n'allait pas lui parler des discussions interminablement silencieuses ou Lara lui tannait d'accepter. Qu'il avait eu beau essayer de lutter, ça n'avait rien changé. Il n'allait pas lui parler de ces nuits sans dormir plus d'une heure depuis le départ du Centurylinks Field. Ni de son comportement avec Ethan lorsqu'il avait prononcé le mot « famille ». Ni de son isolement bienheureux à chaque fois qu'il partait à la chasse. Ni du fait que jusqu'à aujourd'hui, il avait considéré Clint, un chien docile, comme sa seule dernière famille. Il allait juste lui dire ce qu'elle avait besoin de savoir pour s'intégrer, alors qu'elle allumait une cigarette :

Tu d'vrais arrêter de fumer. Dès que tu l'peux. Il se racla la gorge, essayant de paraître censé, droit, pas atteint par tout ça : Christina t'aidera à t'faire à l'endroit, elle t'expliquera comment ça fonctionne demain quand tu voudras, juste pour t'dire qu'on aurait besoin de quelqu'un pour gérer l'infirmerie, s'tu le souhaites. Tu serais la mieux placée ici pour t'en charger, vu ton métier. J'sais bien qu'on t'y avait obligé au stade mais ici on est moins nombreux et c'est pas un job à plein temps.

C'était mécanique, presque robotique. Mais il pouvait pas lui dire autre chose. Il avait abandonné.

Tu trouveras une chambre facilement, et des affaires pour te changer s'tu veux. Les douches marchent pas, mais tu pourras te faire une toilette. Et si tu veux manger un morceau, Edwin, il... Il pourrait p't'être te faire un truc, j'sais pas.




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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Animal I have Become.   Mer 16 Mar 2016 - 9:35


Elle avait avoir une petite discussion avec Lara. Avec tous les membres de ce groupe en fait, qui visiblement semblaient traumatisés à l'idée qu'elle ait pu réellement survivre. Gary avait beau lui assurer que ce n'était pas de sa faute, et quand bien même elle notait les accents de sincérité dans sa voix, elle ne pouvait s'empêcher de rester froide, distante.
Elle devait arrêter de fumer, qu'il disait. Lui jetant un regard noir, elle tira un peu plus fort sur le tube de nicotine, sentant l'adrénaline la soulager alors qu'elle rejetait doucement la fumée.

J'vais pas en mourir t'inquiète pas. Ne put-elle s'empêcher de faire remarquer avec un sourire moqueur.

Elle avait ressenti tellement de soulagement pourtant, en les voyant les aider contre les pillards. Elle s'était sentie en sécurité, chez elle. Alors pourquoi maintenant ressentait-elle l'envie de partir loin, et de ne plus revoir le visage de son mari avant au moins un bon siècle, après tout ce qu'elle avait fait pour atterrir ici ?
Sans doute que le fait qu'il fasse comme si de rien n'était lui serrait le coeur, ne faisant que confirmer ce qu'elle avait pensé. Il avait fait son deuil depuis un moment, et désormais il agissait avec elle comme si de rien n'était, comme si rien n'avait changé au cours des derniers mois. Elle resta silencieuse tout le long de sa tirade et lui lancer de bosser à l'infirmerie, alors qu'elle lui faisait les gros yeux. Il se foutait de sa gueule, c'était pas possible...

J'en ai rien à foutre de Christina. Lança t-elle sèchement, en écrasant finalement sa cigarette terminée de moitié. T'apprends que ton ex femme et ton gosse ont vécu l'enfer, et tout ce que tu trouve à dire c'est "Ah bah désolé, si j'avais su, mais tiens vu qu't'es la on aurait bien besoin d'une chirurgienne dans cet endroit que j'ai critiqué comme pas permis jusqu'à ce que je pense que tu te sois faite bouffée !"

Et ça continuait. Il parlait de trouver une chambre, se faire un brin de toilette et de lui faire à manger comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes, au moment pile ou elle s'était entièrement livrée sur son ressenti et qu'elle aurait eu besoin de connaître le sien. Ou même, n'importe quoi. Un geste, une parole, mais certainement pas de le voir jouer les maîtres d'hôtel post apocalyptique, merde !

Je m'en fous de tout ce qui touche à cet endroit. Quand je comprends ce qu'il s'est passé ces derniers temps, j'ai juste... Absolument pas envie, de m'intégrer à cet endroit qui à fait "comme si", on étaient morts, et basta. Ma soit disante meilleure amie est une connasse qui à sauvé sa peau, toi, tu joue les hôtes comme si on s'est quitté hier. C'est quoi ce plan là ? C'est tout ce que t'as à dire, après tout ce temps ? Et tu pense peut-être que pensée actuelle c'est savoir ce que Edwin ou n'importe lequel de pote va me faire à bouffer ?!

C'était pas possible d'être aussi con. Ou alors, le type qui l'avait assommé avait vraiment bien géré son coup et lui avait déconnecté des neurones dans la foulée, elle ne savait pas. Peut-être que c'était l'explication à son indifférence...
Elle mourrait d'envie de le secouer en lui hurlant dessus, se refusant pourtant à agir, enfonçant ses ongles dans la paume de ses mains en tentant de se calmer. Elle ne blâmait jamais les gens pour les actes qu'ils commettaient, à condition qu'ils en assument les conséquences. Et là, pour le coup... Assumer n'était pas vraiment le mot. Elle devait au moins se radoucir un minimum si elle voulait éviter une troisième guerre mondiale.

Ecoute. L'erreur est humaine, hein ? Vous avez tenté d'en sauver un maximum, et c'est tout, c'est "pas grave" je suppose, puisqu'au final je suis toujours là, et que Norman est en pleine forme. Mais ne fais pas comme si de rien n'était. Pas avec moi...

Elle avait fini par s'avancer pour le forcer à relever le visage vers elle, alors qu'elle terminait ses mots.

J'ai besoin de connaître un minimum ton histoire depuis l'stade, alors arrête de me parler de gens qui crèchent ici avec toi, j'en ai rien à foutre pour le moment. Et en toute honnêteté, je suis pas prête de dormir avant... L'aube. Ma copine l'insomnie à redébarqué depuis Century.


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MessageSujet: Re: Animal I have Become.   Mer 16 Mar 2016 - 13:47

Ouais, c’était tout ce qu’il trouvait à dire en effet. Et Rose ne l’entendait apparemment pas de cette oreille, vu comment elle enchaina de but en blanc en lui balançant ses crasses à la figure. C’était affreux de voir la vision qu’elle avait de lui. Affreux de constater qu’après toutes ces années à se connaitre pourtant sur le bout des doigts, elle l’envisageait toujours comme un lâche opportuniste qui faisait absolument tout de travers. Il y aurait-il un moment où il aurait grace à ses yeux ? Ou elle verrait autre chose que le criminel ? Peut-être que la colère l’aveuglait, et elle avait des raisons de lui en vouloir. Mais il n’y pouvait plus rien. Plus rien du tout. Et s’il avait pu changer les choses, bien sûr qu’il serait venu les chercher. En rampant s’il le fallait.

Mais voilà. Elle voulait pas être ici, ou pas vraiment. Pas encore. Elle n’avait pas envie de connaître les gens qui l’avaient laissé pour mort et qui avaient, surtout, sauvé son ex-mari. Un coup, il était superman, l’autre, le pire crétin que la terre ait pu porter. Il la méritait pas, la mériterait sans doute jamais, et à cet instant même, cette vérité le frappa comme un camion en pleine poitrine. il avait l’impression de stagner sur l’autoroute avec elle, sans arrêt. Un pas en avant, douze en arrière. ça n’aurait jamais de fin.

Tu veux pas être ici ? fit-il en se redressant d’un bond, fixant la jeune femme avec un regard noir. Tu en as rien à foutre des gens qui ont fait ce qu’ils ont pu pour se sauver, pour pas y rester là-bas, qui ont perdu autant sinon plus que toi ? Et puis… Et puis merde, mais sérieux, tu me prends pour qui ? C’est ça l’image que t’as de moi d’puis tout ce temps ? ça couve depuis des mois, des années, nan ?! Comme le gros connard qui a laissé sa famille derrière parce qu’il en avait plus besoin, ou parce que ça l’encombrait, ou j’sais pas j’arrive même pas à comprendre comment tu peux penser ça...

Gary se sentait progressivement, mais sûrement, perdre patience. Contenir tout ça, pour un volcan comme lui, c’était impossible.

Tu crois- Putain… T’en as peut-être rien à foutre, mais c’est EUX qui me maintiennent en vie depuis que j’vous ai cru mort. Tu crois que je vais te laisser parler comme ça d’eux alors qu’ils font ce qu’ils peuvent pour se sortir les mains de la merde ? Qu’ils sont tous logés à la même enseigne et en chient autant pour survivre ? Tu crois que t’es ou, bijou doré ? Dans un palace ? Tu crois que ton formidable abruti d’ex-mari, il se la coule douce débarrassé de sa connasse d’ex-femme et de son gamin et qu’il s’amuse aussi ? Il n’en revenait pas d’entendre ses mots dans ceux de Rose. Il n’en revenait pas de la voir l’accuser du pire alors que bordel, non, c’était pas juste, c’était pas comme ça que ça c’était passé, pas le moins du monde. VOUS ETIEZ MORTS, ROSE. MORTS, tu entends, ça ?! J’ai été obligé de vous enterrer dans un coin de ma tête parce qu’on comptait sur moi pour assumer cinquante personnes qui découvrent ce que c’est que cet enfer ! Et j’te rappelle entre nous que c’est TA formidable meilleure amie qui m’a forcé à faire le deuil de vous, alors encaisse ça pour voir ! Encaisse l’idée que c’est TA RADASSE DE POTE qui vous a abandonné et qui m’a forcé à en faire autant ! Tu crois que ça m’a fait plaisir ? Tu crois que j’ai fermé l’oeil ce mois-ci en emmenant tout ce monde dans cet endroit, là où j’avais des souvenirs avec vous deux ? Tu crois que j’en ai pas assez chié comme ça d’endurer l’extérieur pour te rejoindre à Seattle, puis après, les dix jours de luttes contre le froid à cinquante parqués dans deux camions pourris, à pas savoir comment nourrir tout le monde dans ce bordel ?!

Nerveusement, il avait attrapé son manteau en cuir, l’avait jeté sur ses épaules en grimaçant. Sa blessure le lançait. Il se l’était réouverte au passage, d’ailleurs. Et il avait mis la main sur la poignée de sa chambre en grognant :

T’en veux pas de tout ça ?! T’as pas envie d’être ici ?! Si tu me vois vraiment comme le gros crevard qui a tout fait pour vous laisser derrière alors qu’j’ai l’impression d’être mort avec vous dans ce stade, on se tire. TU TE TIRES. T’as aucune raison d’être là. J’te ramène là où je t’ai trouvé, là où j’ai tué POUR TOI.

Parce que ça non plus, c’était pas du détail. Comme les larmes de colère qui naissaient dans ses yeux bleus, rivés sur Rose qui ne bougeait pas d’un pouce.

BAH ALORS ? TU VEUX PAS ?




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MessageSujet: Re: Animal I have Become.   Mer 16 Mar 2016 - 14:18


Oui, elle n'en avait clairement rien à faire de tous ces gens qui avaient la dure tâche de dormir dans un lit et vivre ensemble, comme à l'époque de Century. Parce qu'elle était égoïste, et qu'elle ne s'en était jamais cachée. Non, elle n'avait jamais vu Gary de la sorte, et comme à chaque dispute, ils ne se comprenaient pas. Parce que lui ne voyait pas l'enfer qu'elle avait traversé, à devoir s'occuper seule de leur fils, quitte à ne pas manger pour que lui puisse rester en pleine forme. A voir l'horreur qu'était devenu le monde extérieur, elle qui passait plus de temps à s'occuper de ses cheveux que de regarder les informations à la télé, ou à tenter de sauver des vies quand la plupart des gens normaux s'inquiétaient de leur loyer de fin de mois. Alors non, ils ne se comprenaient plus. Parce que visiblement Gary avait pris de l'importance, et qu'elle n'avait fait que se traîner dans des endroits insalubres pour tenter de rejoindre cette foutue montagne.

Elle resta parfaitement silencieuse, alors qu'il enchaînait sur sa lancée, montrant enfin ce qu'elle voulait voir. Un homme brisé, qui en avait autant bavé qu'elle, et non pas une tête de con qui voulait lui faire une visite guidée d'un putain de chalet qu'elle connaissait déjà pour y être venue par le passé. Lui assurant qu'il la croyait morte, là ou Lara avait parfaitement conscience de sa condition.
J'en fais mon affaire de Lara. Répliqua t-elle sèchement en réalisant que quelque chose s'était définitivement brisée avec sa meilleure amie pour ce coup qu'elle lui avait fait.
Elle était restée bras croisés, l'observant alors que ses nerfs lâchaient, se forçant à ne pas lui couper la parole pour le laisser vider son sac une bonne fois pour toute.

Je ne suis pas MORTE. Tu peux le constater là, non ?

Elle n'avait pas pu s'empêcher de crier en se pointant du doigt, alors qu'il récupérait sa veste en cuir. Sans doute qu'il allait rouvrir sa blessure à faire des gestes brusques de la sorte, mais qu'importait. L'heure n'était pas à un cours de médecine, mais plutôt aux règlements de comptes.

Elle l'avait observé avec des yeux ronds alors qu'il la menaçait de la ramener à l'endroit ou il l'avait découverte en bien mauvais état, à la merci de toutes les créatures possibles et imaginables.
Et il semblait sérieusement prêt à le faire. Peut-être que si elle avait su contrôler ses pulsions, elle se serait calmée immédiatement, reconnaissant la vérité. Gary n'y était pour rien dans cette histoire. Il avait sans aucun doute souffert autant qu'elle de la disparition, à devoir gérer tout un camp et tenter d'avancer, à cause d'une femme qui avait préféré sa propre vie à celle de sa meilleure amie.
Est-ce qu'elle voulait vraiment retourner en extérieur, toute seule ? Non, sans doute pas une seule seconde. Mais ça ne l'empêcha pas d'éclater d'un rire sans joie en secouant la tête, alors qu'elle attrapait sa propre veste.

Si c'est c'que tu veux, je m'en vais ouais. Pas la peine de me raccompagner, je connais le chemin de la sortie. Oh, et je suppose que tu expliquera tout à Norman demain matin ?

Elle ne pouvait s'empêcher de le défier, alors que la rage torturait son ventre.

Je ne pense pas que tu sois un opportuniste ou un connard, comme tu le pense. Mais quand je t'ai cru mort pendant des mois, alors que tu était ici, excuse moi d'avoir légèrement les nerfs. Tu comprends, tant mieux. Tu comprends pas, j'ai plus rien à faire ici en effet.

Elle avait braqué ses yeux noirs dans les siens une demi seconde, avant de regarder ailleurs, serrant les machoires. Elle n'avait jamais le dernier mot avec lui de toute façon, alors à quoi bon lutter.

Je ne partirais qu'après être tombée sur Lara. Elle et moi, on à un compte à régler. Ensuite, j'me casse, et t'auras plus à culpabiliser de quoi que ce soit, tu pourras te sentir serein.

Celle là... Aucun doute que la mannequin allait passer un sale quart d'heure.
J'suis ravie d'apprendre que tu es en vie en tout cas. Lâchaa t-elle à demi mot, sans savoir si ses paroles allaient être interprétées comme moqueuse ou sincères. De toute manière à cette durée de conversation, elle n'était même pas sûre que ça vaille la peine de continuer. T'auras qu'à demander à quelqu'un de te refaire tes points, à mon avis ils ont déjà lâchés.




So cold
It's so quiet here
And I feel so cold
This house no longer
Feels like home.

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