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 Am I Not Human ?

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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Am I Not Human ?   Dim 13 Mar 2016 - 12:21

Cela faisait des semaines que Kaidan était livré à lui-même. La première constatation qui s'imposait, c'est qu'il était toujours en vie. À peu près, du moins... Tout ce temps, il l'avait passé à ramasser les morceaux de sa vie brisée. Depuis que ce type l'avait abandonné à son sort, blessé, dans la chambre où il avait abattu Claire. Sans doute s'était-il dit qu'il ne survivrait pas. Ou peut-être qu'il n'en avait juste rien eu à foutre, ce qui était bien probable... Les jours s'étaient écoulés lentement, interminables, alors que le jeune homme était resté roulé en boule sur la moquette moelleuse imbibée de son sang. Le sien et celui de ce mec aussi, sans doute. Peu importait. Avec sa blessure, il n'avait rien pu envisager. Avant tout, il lui avait fallu guérir. Le temps avait passé de manière inégale, entrecoupé de phases de réveil plongé dans les souffrances physiques et morales, puis de sommeil agité et pas vraiment réparateur. Il avait été fiévreux, pendant un certain temps. Il avait claqué des dents sur le sol, sans trouver la force de se tirer de là, d'agir. Jusqu'au moment où il avait pu se traîner jusqu'à la table de nuit où il avait rangé tous ces médicaments inefficaces à sauver celle qu'il aimait. Il avait pris de quoi calmer la douleur... et faire baisser la fièvre. Cela avait fonctionné, mais le manque de nourriture et d'eau avaient mis son corps à rude épreuve. À mesure qu'il revenait parmi les vivants, presque malgré lui, il avait pris conscience de la puanteur atroce de cette chambre. Le froid avait ralenti le processus... mais le corps sans vie de sa petite amie était désormais attaqué par la putréfaction. Plus que jamais, en tout cas. Il n'y avait toutefois pas que ça. L'odeur venait également... de lui. Merde, dans son état de quasi délire et de faiblesse, il s'était fait dessus, et la puanteur imprégnait son être tout entier.
Une des premières étapes de son retour à la vie fut de se défaire de tous ses vêtements, qu'il abandonna dans la chambre transformée en mausolée. Il ferma la porte derrière lui. Parvenu dans le couloir, il vomit, rendant la bile acide contenue dans son estomac. Il n'avait rien d'autre à rendre de toute façon. Il devait avoir une sacrée allure, à se promener nu dans l'hôtel. Mais il n'en avait strictement rien à faire. Ce genre de pensée ne l'effleurait même pas. Il frissonnait, mais il se sentait déjà presque un peu mieux. Physiquement. Pour se laver, il alla récolter de la neige qu'il fit chauffer dans un récipient à l'aide d'un briquet. Ce fut long, interminable même, et il dut s'y prendre à plusieurs fois. Cela lui permit toutefois de ne pas trop penser. Il se lava ensuite méticuleusement, faisant disparaître la crasse et les odeurs qui le souillaient. Ce ne fut qu'une fois propre qu'il enfila à nouveau des vêtements. Certains n'étaient pas les siens, et n'était pas exactement à sa taille. Tant pis. L'étape suivante fut de manger. Il avait déjà bu jusqu'à plus soif. Mais la faim qui labourait son ventre le fit littéralement dévorer ce qu'il avait en réserve, froid. Il mangea si vite que son estomac se rebella, se tordit... et il vomit à nouveau. Les spasmes passés, il considéra le rejet comme une possible source de nourriture. Tant pis pour le goût... il avait si faim... Au bout du compte, il renonça. Sans doute n'était-il pas encore suffisamment endurci. Il mangea le reste de ses réserves avec circonspection, se forçant à la patience et à la lenteur. Il se sentait comme un animal. Forcé de se concentrer sur ses besoins primaires pour ne pas penser à tout le reste. À ce désespoir qui l'écrasait, comme le poids du monde sur les épaules du géant Atlas. Mais la vie avait quelque chose d'ironique. Cette façon de s'accrocher envers et contre tout, même dans les pires situations. Même lorsqu'on avait le sentiment que plus rien n'en valait la peine...

Un jour, l'archéologue avait fini par quitter l'hôtel. Il ne pouvait plus y rester. C'était devenu insupportable, comme de vivre dans une tombe. Il avait voulu adresser un dernier au revoir à Claire... mais était resté figé devant la porte de la chambre, la main sur la poignée. Et il avait renoncé. Affaibli mais l'ensemble de ses affaires, armes comprises, sanglé sur lui, il s'était mis à errer dans la ville. Étrangement, il n'était pas trop mauvais pour survivre. Ces mois d'impuissance à tenter de trouver de l'aide pour sa petite amie l'avaient déjà formé à affronter les rues désertes. Dans un premier temps, il avait voulu enfin rejoindre le camp militaire du lycée de Garfield. Avec de la chance, sa famille s'y trouvait peut-être, comme cela devait être le cas depuis le début... mais il déchanta. On était en février, et il trouva énormément d'infectés autour du camp. Même à distance, il semblait qu'il s'était passé quelque chose. Il n'y avait plus de présence militaire visible, et des fumerolles noires s'élevaient parfois depuis l'intérieur du complexe... comme si des affrontements avaient eu lieu. Le cœur serré, la gorge étouffée par une sensation indescriptible, il ne poussa pas plus loin et rebroussa chemin, seul. La mort dans l'âme, il l'avait déjà depuis longtemps. Comment était-ce encore possible de faire pire ?

Le temps passa encore. Le mois de mars arriva. Kaidan survivait en bougeant continuellement, sans jamais sortir de Seattle. Il ne savait pas où aller ni que faire, mais en réalité il ne se posait pas la question. Il évitait tout le monde, humains sains comme infectés, vivant telle une ombre, ne dormant jamais deux fois au même endroit, se consacrant à des pillages qui lui permettaient de subsister. Sa force lui était revenue, et même si les privations continuaient à marquer son corps, sa musculature avait repris du poil de la bête. C'était nécessaire, et sa forme physique était mise à contribution au quotidien. Le printemps serait bientôt là, et avait marqué quelques changements. Même si le froid était toujours maître des lieux, et que la neige n'était pas encore partie, les rayons du soleil semblaient plus chauds, et faisaient des apparitions plus fréquente. Ils caressaient la peau du jeune homme, comme une main aimante et compatissante voulant effacer ses peines. S'il ne s'était pas enfermé à l'intérieur de lui-même, pour s'isoler au maximum de la douleur et de ses pensées, il aurait peut-être pu y voir de l'espoir. Le renouveau était dans la Nature, et il finissait toujours par arriver. Mais depuis des semaines, il s'était presque détaché de son humanité. Subsister était plus facile. On ne se posait pas de questions.
Toutefois, le retour à la pensée consciente se fit de façon brutale. L'archéologue rôdait près d'une rue commerçante, dans l'espoir d'y dénicher sa pitance du jour. La neige craquait sous ses semelles, mais il tâchait de se faire discret. Rasant les murs, presque ramassé sur lui-même pour ne pas attirer l'attention, il épiait le moindre mouvement dans la rue déserte. L'irruption d'un humain bien en vie le stoppa net, et il s'abrita derrière une benne à ordures renversée pour ne pas être vu. Le type n'était pas seul. Plusieurs infectés s'intéressaient à lui, et le suivaient de près. L'homme se rapprochait de la position qu'il avait choisie, les entraînant dans son sillage. Quand il ne fut plus qu'à quelques pas, il poussa un juron et se retourna, dégainant une arme à feu. Le cœur de Kaidan se glaça. L'inconnu n'hésita pas un instant. Il fit feu. Le crâne du premier infecté vola en éclats comme une pastèque trop mûre qui éclate en tombant au sol. Les autres n'eurent pas plus de chance. Alors que les corps de ces choses gisait au sol, sans vie, le type cracha sur le cadavre le plus proche en lâchant une bordée de jurons et d'insultes. C'était un homme quelconque, banal. Et pourtant, l'archéologue vit en lui quelque chose de tout à fait différent. Il revit l'assassin de Claire. La violence de ces assassinats, et ces propos à l'encontre des infectés l'avaient révulsé. Pire que ça. Ils avaient déclenché la folie. Alors que l'inconnu ramassait ses affaires et nettoyait son arme, le jeune homme surgit soudain de derrière la benne à ordure. Machinalement, sa main avait saisi la hache qui lui pendait au côté. En le voyant apparaître, l'autre eut un sursaut, son visage marqué par la stupeur.

Kaidan eut pour lui l'effet de surprise et la fureur. Sa victime n'eut même pas le temps de riposter. Ce fut une boucherie. Comme un forcené, il frappa, un bon coup puissant au visage. Mais il ne s'arrêta pas là. Il frappa, encore, encore et encore, partout, déchiquetant, tranchant, broyant, réduisant l'homme à l'état de tas de viande sanguinolente. Les cris cessèrent vite. La violence de l'assaut ne lui avait laissé aucune chance. Le visage déformé par la rage, recouvert de sang, d'éclats d'os et de chair, l'archéologue avait tout l'air d'un démon. Sans doute était-il possédé, en quelque sorte. Il ne ressentit rien, sur le moment. Rien d'autre qu'une rage aveugle se déversant hors de lui, hors de contrôle. Puis, il s'arrêta une fois que son corps commença à lui faire mal. Haletant, il laissa son bras retomber le long de son corps. Il était couvert de sang, et de toutes sortes de choses répugnantes. Le corps devant lui ne ressemblait plus à rien. Et soudain, la vérité le frappa comme un coup de poing dans l'estomac. Ce n'était pas l'assassin de Claire qu'il venait de massacrer. C'était un inconnu qui ne lui avait rien fait. Peut-être un innocent. Certes, il avait tué des infectés, mais il n'était pas le seul à le faire... Il ne serait ni le premier, ni le dernier.
Le jeune homme sentit une terreur sourde prendre possession de lui. Glacé, il fit quelques pas en arrière. Il aurait pu vomir, mais il n'en eut pas le temps. Son cerveau était en ébullition. Il était assailli par des centaines de pensées qui se bousculaient dans sa tête. Une litanie revenait en arrière plan. Monstre. Meurtrier. Assassin. Il fit la seule chose qui lui sembla possible à ce moment-là. Il s'enfuit en courant, loin des lieux du massacre, sans même prendre le temps de fouiller sa victime pour savoir s'il détenait quelque chose d'utile. Il ne s'arrêta de courir qu'une fois les poumons en feu, au bord de l'épuisement. Il ne savait même pas par où il était parti. Il avait détalé, c'était tout, s'enfuyant au hasard. Tout son corps tremblait. Perdu, à bout, il sentit des larmes se mettre à couler sur ses joues. Il tomba à genoux dans un tas de neige, et entreprit de nettoyer le sang qui le maculait en se frottant avec de pleines poignées de poudreuse. Il le fit dans l'urgence, de façon frénétique. Cette pensée l'obsédait. Il devait se laver de ce sang.


Alea jacta est
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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Re: Am I Not Human ?   Lun 14 Mar 2016 - 13:52


Seattle.

Elle n'était plus retournée à l'intérieur de la ville depuis un bon moment déjà. Mais, vivre en groupe dans la maison de Jack, devenait parfois compliqué à gérer pour elle, et se sautes d'humeur. Ana savait la calmer, ou l'empêcher de s'énerver pour rien. Mais Jack... C'était plutôt l'inverse. Si il savait parfaitement la maîtriser en pleine crise de nerf en la plaquant contre un mur jusqu'à ce qu'elle ne s'épuise à se débattre pour rien, il ne savait pas calmer le feu qui brûlait dans ses veines. Le feu qui y avait pris place depuis la mort injuste de sa petite soeur, alors qu'elle aurait dû vivre à sa place. Le remord la rongeait, et malgré ses efforts, parfois le besoin de se retrouver seule se faisait sentir. Sauf que pour le coup, Jack en avait décidé autrement et malgré ses protestations, elle n'avait récolté qu'un "ta gueule, je viens avec toi". Jack avait le don d'être un gros con, mais elle devait lui reconnaître une chose; en matière de survie, il savait nettement mieux gérer les situations qu'elle. Ce fût donc accompagnée d'Alsea et monsieur ronchon qu'elle prit la route.

Le trajet en voiture resta silencieux, alors qu'elle jetait un regard à Jack, puis à l'animal assis sagement à l'arrière de la voiture. Un berger allemand immense, qu'elle avait retrouvé sur le bord de la route, chouinant devant le cadavre d'un homme en uniforme de flic. Et étrangement, le chien semblait s'être attaché à elle. Sans doute avaient-ils perdus au même moment un être cher, ce qui avait pu les rapprocher.
Leur groupe manquait constamment de vivre. Même si le nombre leur permettait une meilleure défense, les vivres disparaissaient plus vite. Le chien perdu qui était devenu un membre de leur groupe en la suivant partout.
Les rues enneigées lui avaient tout de même permis de garer la voiture dans une ruelle vide à quelques centaines de mètres de là ou elle marchait en évitant de faire craquer la neige, gardant sa main fermement serrée contre le manche du couteau de chasse. Jack lui avait indiqué une petite épicerie, qui par miracle n'avait pas encore été vidée semblait-il. Avec un peu de chance, ils auraient de quoi se nourrir pour les prochains jours...

Je te laisse faire le tour, j'attends devant.

Avec toute cette neige, mieux valait se méfier. Il ne manquerait plus qu'un wendigo approche sans qu'elle ne l'entende, et qu'ils se retrouvent coincés à l'intérieur...

Tout semblait désert. Pour un peu, elle aurait presque cru que Seattle avait été débarrassée de tout wendigo. Sauf que rapidement, Alsea se mit à grogner, oreilles couchées vers l'arrière, prête à bondir. Observant l'animal avec prudence, elle vint effleurer son échine du bout des doigts pour tenter de la calmer, sans succès, jusqu'à ce qu'elle ne comprenne d'ou venait le problème. Devant eux, une silhouette stagnait au même endroit, à genoux, semblant à deux doigts de se rouler dans la neige. Carmen ne put s'empêcher de froncer les sourcils en voyant ça. Sans doute que l'apocalypse en avait rendu plus d'un fou, mais à ce stade... Elle n'aurait pas pensé. Avançant doucement, intimant l'animal à rester calme, elle put d'avantage détailler l'individu alors qu'elle restait cachée derrière une voiture abandonnée, en comprenant mieux cette frénésie à vouloir se nettoyer. Les tâches écarlates maculant son corps étaient un bon argument oui. Des wendigos ? Le sang ne semblait pourtant pas noirci. Passant la tête par l'embrasure de la porte ou Jack continuait de fouiller, elle souffla.

Onva passer par une autre ruelle pour continuer les fouilles. Y'a une espèce de dingue qui se roule dans la neige juste devant nous... Rien à faire que ce mec ait complètement perdu l'esprit à se rouler dans la neige par moins quarante degrés, c'était pas ses affaires tout ça. Sans doute qu'Ana lui aurait hurlé dessus en la voyant réagir de la sorte. Sauf qu'elle n'était plus là pour la conseiller sur quoi que ce soit.
A la place, ce fût Alsea qui prit la décision pour elle, aboyant en direction de l'inconnu en filant vers lui. A croire que ce clebs avait la même manie qu'Ana à vouloir sauver la planète entière bordel...

Reviens ici ! Alsea !

Sortant de sa cachette en trombe, et forcée de suivre un animal envers qui elle avait finit par s'attacher, elle fût forcée de se retrouver face à l'inconnu. Sans doute que Jack avait entendu son cri, et qu'il ne tarderait pas à la rejoindre... Elle fût suffisamment proche de l'inconnu pour voir un regard torturé et des vêtements bon à jeter au vu du sang qui en cachait les couleurs d'origines. Le berger allemand à moins d'un mètre du type, et si il était un brin malsain, il serait largement à portée pour lui faire du mal. Sortant son poignard d'un geste vif, le gardant fermement en main, elle finit néanmoins par daigner accorder un regard glacé à l'inconnu, sifflant l'animal pour lui ordonner de revenir à ses côtés.

T'approche pas. Siffla t-elle en restant à bonne distance, maudissant l'animal de l'avoir traîné jusque là.

Sauf qu'Alsea, bien qu'obéissante et capable de suivre des ordres, avait cette fâcheuse tendance à agir comme bon lui semblait quand ça lui prenait. Pour sa plus grande joie. Jack allait avoir une attaque en voyant la scène, ne put-elle s'empêcher de penser. Mais au moins avec lui, elle savait qu'ils auraient la même idée au vu de la situation.

C'pas la neige qui va retirer tout ce que tu as sur toi. Fit-elle remarquer avec son regard froid, aimable comme à son habitude. Tu ferais mieux de te mettre à l'abri, tu vas attirer les wendigo à rester planté là sans bouger.

Hé, au moins, elle avait donné un conseil.

On s'en va. Fit-elle sèchement à l'adresse du chien qui finit par abandonner la partie, revenant sur ses pas alors qu'elle la récompensait d'une caresse sur le flanc.


HELP, I'M ALIVE
My heart keeps beating like a hammer,
Hard to be soft, Tough to be tender. If we're still alive, My regrets are few If my life is mine, What shouldn't I do? Come take my pulse the pace is on a runaway train (⚡) june.
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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Re: Am I Not Human ?   Dim 20 Mar 2016 - 20:15

Kaidan avait longuement frotté son corps avec la neige. Ses mains, ses vêtements. Son visage aussi, sentant la barbe épaisse qui s'était mise à lui manger la mâchoire depuis quelques temps crisser sous ses doigts. Puis, son regard était tombé sur la hache qu'il avait lâchée en se jetant à genoux. Elle était couverte de sang, de débris d'os et d'autres substances répugnantes. Saisissant une pleine poignée de neige, il s'était mise à la frotter de toutes ses forces, avec une énergie désespérée. Contrairement à ses vêtements, il était parvenu à la nettoyer convenablement, la neige fondant et rougissait à mesure que l'arme était nettoyée. Lorsqu'elle fut parfaitement propre, il prit conscience du sang qui continuait à maculer ses vêtements, et il reprit de plus belle ses efforts de nettoyage, dans une sorte de panique grandissante, doublée d'une irritation certaine. Il se sentait comme fou, et souillé. Bien plus que physiquement, c'était ce qu'il avait découvert en lui qui le terrifiait.
Il en était encore à persévérer dans ses tentatives lorsqu'une présence se manifesta. Une voix le fit se retourner, sursautant même de ce brusque éclat. Se croyant – bêtement – seul, il entra dans un état de fébrilité, cherchant à savoir ce qui serait le plus approprié entre fuir et se battre. Il se retourna toutefois dans la direction de l'appel, pour voir un chien débouler vers lui. Et un gros. Il n'avait pas peur des chiens, mais il en avait vu certains devenir dangereux, une fois livrés à eux-mêmes. Et à la façon dont celui-ci déboulait... Le jeune homme se tendit, et sans plus bouger, avança une main vers sa hache désormais immaculée et posée sur le sol près de son genou. Il se figea dans son geste en voyant l'animal s'arrêter à un mètre de lui, et un humain s'approcher en arrière-plan.

Le chien – un berger allemand, devina-t-il – tendit le museau vers lui, narines dilatées pour le sentir sans approcher davantage. Son attitude n'était pas menaçante, juste curieuse. Peut-être l'appel avait-il eu pour effet de le dissuader d'avancer plus qu'il ne l'avait déjà fait. Il battait doucement du bout de la queue, un peu hésitant. Le sang que l'archéologue n'avait pas réussi à effacer l'intriguait peut-être. Lentement, celui-ci tendit une main vers l'animal... juste avant qu'une femme se place dans son champ de vision, poignard en main, rappelant le chien avant de lui intimer de ne pas bouger. Kaidan jugea préférable d'obéir, dans un pur instinct de conservation de base. Il posa donc ses paumes sur ses genoux, se demandant ce qui allait advenir. Dans l'état dans lequel il était, il était loin d'inspirer confiance. Il n'avait pas d'idée exacte de ce à quoi il ressemblait, mais il pouvait à peu près se représenter son allure. Il devait avoir l'air de ce qu'il était... un mec paumé. Comme un marin ayant perdu le nord en plein brouillard, sans plus de boussole pour l'aider. Sans plus de but à atteindre, de direction à suivre.
Le jeune homme sentit le regard de l'inconnue le jauger. Il subit l'inspection sans broncher, même lorsqu'elle lui lança que la neige ne parviendrait pas à effacer ce qui le recouvrait. Il s'en était rendu compte, mais essayer sans relâche lui avait paru plus important. Vital même. Sans oublier que l'odeur allécherait sans doute les infectés qui traînaient dans les parages. En entendant la femme lui dire de se mettre à l'abri des « wendigos », il cilla. Wendigos ? Il la dévisagea sans comprendre. Comme un idiot, ou quelqu'un qui ne comprenait pas sa langue. Une étincelle se fit dans son esprit. Les wendigos, oui, des esprits maléfiques et cannibales qui hantait le folklore amérindien. Un rapport avec ceux touchés par la maladie ? Sans doute. Et puis, à part eux et les pillards... il n'y avait pas grand monde qui peuplait les rues.

Sans plus rien ajouter, elle signala au chien que le moment de partir était venu. Cela fit sursauter l'archéologue, comme s'il sortait d'une brusque torpeur. L'animal finit par obéir, se détournant de lui. Il ne fit aucun geste brusque, se contentant de les regarder prendre de la distance. Kaidan eut soudainement l'impression que la rue allait l'engloutir. Comme si les façades des bâtiments se penchaient sur lui pour le dévorer, leurs fenêtres sombres comme autant d'yeux vides qui cherchaient à le transpercer jusqu'au plus profond de son âme... Il se sentit comme pris à la gorge, suffocant, la tête lui tournant. Il se noyait, il perdait pied. La panique, la peur, l'horreur. L'idée de rester seul à jamais, nouveau fantôme hantant Seattle en attendant le jour où un infecté finirait par l'avoir et le contaminer. Une sensation de brûlure lui troua le ventre. Comme une subite envie de vivre. Juste encore un peu. Plus rien n'avait de sens, mais tout son être s'était résolu à l'évidence alors qu'il était encore convalescent et en mauvais état dans l'hôtel : il ne voulait pas mourir.


« Attends... ! »

Et c'était tout. Il ne savait pas quoi dire de plus. C'était les premières paroles qu'il prononçait depuis longtemps, et sa propre voix avait sonné rauque et rocailleuse à ses oreilles. Comme si elle avait rouillé. Il avait tendu un bras dans la direction de la femme et du chien, son appel sonnant comme presque désespéré, suppliant. Il ne se faisait pas beaucoup d'illusions. Elle ne le connaissait pas, alors que ferait-elle pour lui ? Surtout louche comme il était, dans son état ? Il n'osa pas broncher, mais son bras resta tendu, sa main ouverte dans un appel muet.


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Jack Matheson
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MessageSujet: Re: Am I Not Human ?   Mer 23 Mar 2016 - 14:37


- Ta gueule, je viens avec toi, avait grommelé Jack lorsque Carmen avait objecté une première fois au fait qu'il l'accompagne.

Et si la latine n'avait pas compris ses propos, le ton, lui, ne laissait aucune place au doute. Ce n'était pas négociable. Il viendrait avec elle ou elle n'irait nulle part. Si la brune portait la culotte pour les deux autres types qu'elle se trimbalait depuis leur rencontre, le scotto-américain aimait à lui rappeler, de temps à autres, que c'était pas elle la patronne. Que si il avait envie de faire quelque chose, il le faisait. Et que donc lorsqu'il disait "Je viens avec toi", ça voulait dire "Je viens avec toi".

Parfois, quand il sirotait un whisky assis dans le fauteuil à côté de la cheminée en regardant tout ce petit monde s'activer autour de lui, Jack se demandait ce qui avait bien pu lui passer par la tête lorsqu'il avait proposé à ces gens de les héberger. Des fois, la réponse lui apparaissait comme évidente : il aurait fini zinzin à rester seul tout le temps. D'autres par contre, c'était beaucoup plus flou. Surtout lorsque Mendoza piquait ses petites crises de nerf et qu'il était obligé de la calmer de force pour qu'elle ne casse pas tout dans son chez lui. Oui parce que ça restait sa baraque, d'un certain point de vue en tout cas, donc fallait pas déconner. Cette nana, des fois, comme aujourd'hui d'après lui, c'était un vrai danger pour elle-même. Oh bien sûr, par moment, l'envie de lui enfoncer la tête entre ses épaules lui démangeait le poing, mais à dire vrai, le quarantenaire l'aimait bien. Elle lui cassait les noix, d'accord. Elle lui brisait les tympans quand elle criait, d'accord. Mais elle avait des couilles. Enfin autant qu'une bonne femme puisse en avoir. Pour le reste de la bande, il n'était pas encore vraiment décidé. Le Axel avait l'air d'être un bon gars. Pas comme l'autre là, Jasper. Lui, Jack n'arrivait pas à mettre le doigt dessus mais quelque chose lui plaisait pas trop chez ce mec. La Shawna par contre, elle, elle lui plaisait bien. Même que si Matheson avait eu une dizaine d'années en moins, il aurait bien pris un peu de chocolat pour son quatre heure. Maintenant... Il n'était plus trop sûr. Bon après, c'était pas la plus vaillante du lot, une vrai nénette, mais c'était pas bien grave. Le joyeux et la gamine, il réservait encore son jugement. D'ailleurs, entre eux et le clébard installé à l'arrière de la voiture, il devrait peut-être rappeler à Carmen que c'était pas un hôtel chez lui. M'enfin. Quant à l'autre tapette, lui, Jack préférait ne pas trop s'étendre sur son cas.

- Mmmh, approuva le brun.

Jack s'engouffra rapidement dans la ruelle menant à l'arrière de la boutique. Après avoir toqué contre la porte pour s'assurer qu'aucune chose, vivante ou morte, ne se trouvait à l'intérieur, il donna plusieurs coups d'épaule pour enfoncer la porte et... Non. Pas moyen. Si la force brute était l'un de ses atouts, elle ne lui serait d'aucun utilité ici. Il maugréa dans sa barbe, trouvant ça somme toute assez logique. Si il avait été si facile d'y pénétrer, avant l'apocalypse, le pauvre proprio se serait fait cambrioler trois fois par semaine. Après, et bien... Le petit magasin ne les aurait sans doute pas intéressé vu qu'il aurait été vidé depuis un bon moment. Ce fut donc à l'aide du marteau qu'il avait toujours à la ceinture qu'il dût se résoudre à ouvrir la porte. Quelques coups plus tard, la poignée tombait au sol et de là, ne restait plus qu'à traficoter le système de fermeture. Si l'intérieur n'était pas vide, c'était tout de même une petite déception. À croire que l'ancien gérant avait quasiment vidé les lieux avant de mettre les voiles. Enfin... Il restait encore suffisamment de conserves pour les nourrir pendant un temps. Matheson alla déverrouiller la porte de devant sans se donner la peine d'ouvrir la porte. Carmen était assez grande pour savoir utiliser une poignée.

- Oui oui, répondit l'homme à la latina, entre deux cliquetis de boîtes métalliques.

Un "Cause toujours, tu m'intéresses" aurait probablement eu le même effet. De toute façon, c'était pas important. Si ça l'avait été, elle lui aurait – encore – cassé les oreilles. Jack continua donc joyeusement à remplir son sac à dos, sans tilter sur le fait qu'un bonhomme potentiellement dangereux se trouvait à proximité. Une fois son paquetage plein, le quarantenaire sortit du magasin plein d'entrain, prêt à retrouver sa chieuse. Il... Oh putain. Mais qu'est-ce qu'elle foutait encore s'te conne ? Pourquoi qu'elle reste devant un infecté sans réagir celle là ? Un danger pour elle-même, on vous l'avait bien dit. Ah, elle faisait demi-tour. Bon, c'était déjà ça, ça aurait mieux de le faire avant que l'autre machin remarque sa présence. Jack s'approcha, dégainant son Mateba 6 Unica, prêt à coller une cartouche de .357 Magnum dans la poire de l'autre qui tendait sa main. Matheson se retint in extremis en entendant le truc tout plein de sang parler. Un infecté ça ne parlait pas. Enfin... De sa propre expérience, un infecté ça ne parlait pas. Ce qui supposait qu'ils avaient affaire à un barge. Super. Jack pressa le pas, gardant un œil sur le type. S'il fallait la choper au col et la traîner jusqu'à la bagnole, il le ferait. Et non, il ne pensait pas au berger allemand là tout de suite. Le chien, lui, était un poil plus obéissant.

*Oh bon dieu, mais elle se retourne en plus.*

- Si tu comptais le ramener, tu peux faire une croix dessus, dit-il, bas, en arrivant à sa hauteur, le doigt toujours le long de la détente.

Monsieur le barbare avait intérêt à bien se tenir.
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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Re: Am I Not Human ?   Mer 23 Mar 2016 - 15:33


Attends. Avait-elle entendu alors que l'appel la faisait se retourner à contrecoeur. Bras tendu, l'inconnu avait enfin parlé, alors que Jack s'y mettait aussi en lui faisant remarquer qu'il ne voulait pas de ce type empestant le sang frais dans sa maison 3 étoiles avec moquette et lit douillets. En guise de réponse, l'amérindienne se contenta de faire claquer sa langue d'un air excédé, avant de répondre.

J'me rappelle pas avoir émis cette possibilité au cours des 5 dernières minutes... Etrange.

Bon, d'accord. Peut-être qu'au cours des dernières semaines, elle avait un peu confondu "sanctuaire généreusement offert par Jack" et "hôtel des cas désespérés, gratuit pour tout le monde". Peut-être qu'elle n'avait pas toujours demandé son avis à Jack -pour ne pas dire jamais- , quand elle se pointait avec des réfugiés. Et sans doute que si Ana était encore de ce monde, elle aurait eu la diplomatie d'expliquer clairement à Jack que non, laisser des âmes errantes livrée à leur sort n'était pas une noble cause. Et sans doute que si Ana avait encore été là, Carmen se serait mêlée à Jack pour râler sur les nouveaux arrivants. Sans doute. Sauf qu'elle n'était plus là, et que c'était désormais à elle qu'incombait ce rôle stupide. A son plus grand bonheur.
Attends, avait donc dit l'inconnu sans pour autant se présenter, se relever, ou même tenter de leur expliquer pourquoi diable il se roulait dans la neige par un temps que même les victimes du Titanic auraient pu qualifier de "vraiment gelé" si elles étaient encore de ce monde. Sauf que parler à des gens de ce genre, ce n'était pas vraiment le délire de Carmen, et visiblement, encore moins celui de monsieur Amabilité 2016.

Le sang va finir par attirer les wendigo si on reste là trop longtemps... Fit-elle remarquer à Jack en râlant, avant de se retourner vers l'inconnu toujours à genoux. Tu veux quoi ? Lâcha t-elle froidement, posant sa main contre le manche de son poignard pour rappeler à l'inconnu qu'ils étaient tous les deux armés, juste au cas ou. J't'ai déjà dis de pas rester là si tu voulais pas t'faire bouffer, alors active toi. Qu'est-ce que tu veux au juste ?

De base, elle n'avait jamais été patiente. Et dans un coin de sa tête, elle eut une pensée presque émue pour ce pauvre gars qui n'avait certainement pas espéré avoir comme rencontre une dépressive hargneuse et un homme handicapé de la vie sociale comme pouvait être Jack par instants.
Alsea se mit à gronder doucement, retroussant ses babines alors que l'atmosphère semblait changer un court instant. Ses doigts se refermant sur le manche du poignard en observant les alentours, avant de jeter un regard entendu à Jack. Le berger Allemand ne se mettrait pas dans un tel état sans raisons. Et lles rares fois ou c'était arrivé, c'était pour prévenir d'une arrivée surprise de monstres.

Et merde... Lâcha la Navajo en voyant arriver deux wendigo déambulant vers eux, râlant dans leur direction. J'prends celui de droite. Dit-elle à Jack en laissant la monstruosité approcher jusqu'à la dernière minute avant de finalement enfoncer la pointe de son arme dans la temps de son adversaire, ce dernier s'effondrant mollement sur le sol. D'autres allaient arriver, c'était à prévoir. Et si ils laissaient l'autre abruti continuer de se rouler dans la neige, sans doute que la moitié de la ville allait se pointer au pique nique improvisé et qu'elle et Jack se retrouveraient dans une situation relativement... Désagréable.
D'ailleurs, comme pour appuyer leur malchance, un autre malade apparût dans la petite ruelle, boitant vers eux. Lâchant un juron, l'ex gérante siffla Alsea, avisant l'épicerie que Jack avait commencé à fouiller.

J'propose qu'on y reste un temps, plutôt que d'ameuter tout le quartier.

Elle avait commencé à avancer en direction de l'épicerie ou le chien avait filé sans demander son reste, avant de se retourner vers l'inconnu qui n'avait pas bougé. Les trois quart de ses pensées personnelles lui intimaient de le laisser là mais en même temps... Si les rôdeurs lui tombaient dessus, ils risquaient d'être bloqué un bon bout de temps dans l'épicerie et ça, ça n'irait pas. Jetant un regard à Jack en levant les yeux au ciel, elle revint sur ses pas pour attraper son ménagement l'inconnu par le col.

Allez, bouge toi. J'te le dirai pas deux fois.

Et vu le regard assassin que lui jeta Jack, elle ne put s'empêcher de rouvrir la bouche.

Si il se fait bouffer ici, ça va en attirer d'autre, et j'ai pas envie de passer trois plombes dans cette foutue épicerie.

Voilà. Ca, c'était une bonne excuse. Et puis, rien ne les empêchait de continuer leur fouille puis de laisser le type crécher dans l'épicerie vide tandis qu'ils reprendraient leur route. Faisant rentrer le jeune homme dans la petite salle avant de fermer la porte derrière elle, Carmen ne put s'empêcher de jeter un petit sourire en coin à Jack.

Dans le fond, tu m'aimes bien, ne dis pas le contraire.

Et puis, elle saurait se faire pardonner en lui filant une bonne bouteille de whisky quand elle en trouverait une. Voilà, ça irait très bien.  


HELP, I'M ALIVE
My heart keeps beating like a hammer,
Hard to be soft, Tough to be tender. If we're still alive, My regrets are few If my life is mine, What shouldn't I do? Come take my pulse the pace is on a runaway train (⚡) june.
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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Re: Am I Not Human ?   Mar 29 Mar 2016 - 23:31

Et voilà qu'un type se pointait. Kaidan se tendit immédiatement, comme la corde d'un arc prête à tirer. Décidément, il avait du mal avec les hommes, depuis que l'assassin s'était pointé dans l'hôtel pour tirer une balle dans la tête de Claire... ou de ce qu'il en restait. Il se força à se détendre, et à calmer les battements de son cœur qui s'était soudain affolé. Le sang avait battu à ses tempes, l'espace d'un instant, et il s'était senti prêt à... attaquer. Encore. En prendre conscience lui fit peur. Il avait toujours été impulsif, mais étriper des inconnus, ça, c'était une nouveauté... Dans tous les cas, le flingue que l'inconnu tenait jouait peut-être un rôle dans son apparente passivité. Cela ne l'avait pas arrêté contre l'assassin, mais il n'allait pas remettre le couvert.
Un frisson l'agita alors qu'il observait sans bouger. Cela lui fit prendre peu à peu conscience du fait qu'il était mouillé, et gelé. Mais peu importait, il fixait plutôt la femme accompagnée du chien. Celle-ci se retourna, mais lorsqu'elle parla, l'archéologue ne sut pas quoi lui dire. Il l'avait arrêtée parce qu'il avait eu la soudaine impression qu'il ne supporterait pas de la voir partir, et de se retrouver à nouveau seul. C'était la première présence féminine saine et pas trop hostile qu'il croisait depuis qu'il déambulait dans les rues. Ce qu'il voulait ? Il aurait bien aimé le savoir lui-même. Il ouvrit la bouche pour tenter de dire quelque chose, mais se ravisa. Sincèrement, il n'en avait aucune idée. Juste ne pas se retrouver seul, sous peine de devenir fou. Avoir quelque chose ou quelqu'un vers qui se tourner, au moins temporairement. Un point d'ancrage qui l'aide à repartir du bon pied. À redevenir quelqu'un... et pas un sauvage traumatisé transformant un homme en hachis sous le coup d'une hallucination !

Un grognement du chien interrompit le cours de ses pensées. Comme de juste, des infectés arrivaient, écume aux lèvres. Le jeune homme tourna la tête vers eux, eut un vague mouvement de recul... mais ne broncha pas davantage. En revanche, voir la femme aller abattre une des créatures le laissa pantois... et tendu. La mâchoire inférieure légèrement pendante, bouche entrouverte sans qu'un son ne sorte, il sentit une étincelle de révolte poindre en lui, vite étouffée.
Il avait l'impression d'être engourdi, abruti par un trop plein d'émotions. Alors qu'un peu plus tôt, une subite envie de vivre l'avait animé, il se retrouvait soudain à hésiter. Peut-être que tout arrêter là serait une délivrance, finalement. Il n'eut cependant pas l'occasion de se questionner plus avant. On l'attrapa par le col en le forçant à se relever, ce qui le surprit. Il obtempéra toutefois docilement, trop confus pour avoir une réaction impulsive. Et voilà que quelques instants plus tard, il se retrouvait cloîtré avec les inconnus et le chien dans une épicerie. Il se secoua quelque peu pour rassembler ses esprits, puis il finit par lâcher quelques mots.


« Merci. C'est... je sais plus trop où j'en suis.

Kaidan se tut en se rendant compte que c'était la stricte vérité. Il étouffa en lui la subite flambée de colère et d'incompréhension face au meurtre des infectés. Il n'allait pas à nouveau commettre l'irréparable sur un coup de tête. Non, il aurait presque aimé comprendre... mais ce n'était sans doute pas le moment pour entamer un débat. Baissant les yeux, il prit conscience une nouvelle fois de l'état dans lequel il se trouvait. Une terreur glacée l'envahit soudain, alors qu'il songeait qu'ils pourraient découvrir ce qu'il avait fait, et le prendre pour quelqu'un de dangereux... Mais ne l'était-il pas, dans un certain sens ? Il avait découvert une part de lui qui lui était jusque-là inconnu... Histoire de détendre l'atmosphère et de se protéger, il proféra un demi-mensonge parfaitement crédible, pour expliquer le sang.

- Ma petite amie a été tuée.

Dieu merci, il avait pensé à nettoyer sa hache en premier, tant l'objet lui faisait horreur ! Il n'y avait donc plus de trace du massacre. Dans un même temps, la voix de l'archéologue avait tremblé, dans un chagrin authentique. Nul besoin de jouer la comédie. Claire lui manquait, et il lui était impossible de se le cacher.

- Je... moi c'est Kaidan. »

C'était du pur civisme. Le jeune homme se sentait toujours perdu, d'autant plus que ces gens qui venaient de l'embarquer n'étaient pas vraiment cordiaux à son égard. Se prenant la tête entre les mains, il s'adossa à un mur et se laissa glisser jusqu'à être assis par terre. Bordel, pourquoi est-ce qu'il n'y avait pas une fonction « reboot » dans la vie, qui lui aurait permis de repartir du bon pied et de faire le tri dans tout ce qui tournait dans sa tête ?


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Jack Matheson
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MessageSujet: Re: Am I Not Human ?   Jeu 7 Avr 2016 - 18:25


Un grognement. C'était sans doute le mot le plus approprié pour décrire le son qu'émit la gorge de Jack en réponse à Carmen. Bon bon c'est vrai. Mendosita n'avait pas parlé de ramener le bonhomme d'en face chez eux. Mais. Mais elle avait quand même cordialement invité le type joyeux et sa gamine à se joindre à sa bande de gais lurons sans vraiment lui demander son avis à lui. Du coup, maintenant, Matheson se méfiait. Sans relever davantage la remarque de la latina, le quarantenaire se contenta de garder le bougre à l'oeil, jusqu'à ce que la barmaid le gratifie d'une remarque forte intelligente (non pas "pour changer"). Elle était peut-être casse-pied mais pas parfaitement conne. Ils ne pouvaient pas rester là avec l'autre appât à infectés sur pattes à quelques mètres d'eux seulement. Ce que le scotto-américain ne comprenait pas en revanche, c'était pourquoi diable elle s'évertuait à vouloir lui causer. Le mec était clairement dérangé. Et visiblement Carmen aussi. Non parce que le choix logique et prudent – le genre de choix qui les maintiendrait en vie, c'était quand même de le laisser à son propre sort. Mais non. Madame voulait faire dans l'humanisme. Super.

Et voilà que le clebs s’agitait et donner raison à son enquiquineuse préférée. Remarque, c'était la seule pour l'instant, alors pour avoir une préférée, c'était pas bien compliqué. Jack n'aimait pas ça. Il n'aimait pas ça parce que si l'autre hurluberlu voulait leur sauter dessus, il avait là une magnifique opportunité. À contre-cœur, l'ours rengaina son revolver automatique pour attraper le marteau à sa ceinture. Quelques secondes plus tard, la tête en acier de l'outil fracassait le crâne du wendi-chose, comme l'appelaient les autres, le faisant mollement s'écrouler au sol. Un troisième infecté se pointa et après un magnifique regard assassin à la latine, l'ancien ouvrier lui emboîta le pas pour aller se réfugier dans l'épicerie avant que d'autres n'arrivent.

- Mouais, articula l'homme sans grandes convictions.

Oui bon ok. Il l'aimait bien. Si ça n'avait pas été le cas, ça aurait déjà fait un moment qu'il l'aurait dégagé de chez lui à coups de pied au cul, elle et toute sa clique. Et c'était pas Jasper et Axel qui auraient pu l'en empêcher. Ça non ma petite dame ! Il l'aimait bien peut-être mais il ne le reconnaîtrait pas. Pas pour l'instant en tout cas. Il ne fallait pas trop lui en demander non plus. Gardant encore une fois la tâche de sang ambulante dans son champ de vision, Matheson alla poser le sac qu'il avait sur le dos dans un coin de la pièce et s'installa juste à côté. Le marteau avait entre-temps retrouvé sa ceinture. Le Mateba lui était prêt à être utilisé au moindre faux-pas.

Le gars parla. NO SHIT ! Pour vrai ? Pauvre Jack, il n'avait rien dû comprendre à l'affaire. Un type qui se balade dans la rue recouvert de sang et qui ne sait plus trop où il en est ? Incroyable. Lui qui pensait que Machin avait encore toute sa raison et que c'était parfaitement normal ! Il se fourrait le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Merci capitaine Obvious, sans vous, Matheson n'aurait certainement rien compris. Et il l'ouvrit encore quelques secondes plus tard.

*Oh merde pas encore*, pensa Jack tout bas.
- Oh merde pas encore, grommela Jack tout haut. En tout cas suffisamment haut pour que les deux autres entende.

Non mais sérieusement sans déconner. Pourquoi diable fallait-il encore que ça tombe sur sa poire ? Deux fois. Ça faisait deux fois qu'il rencontrait un type qui avait perdu sa compagne. Qu'est-ce qu'ils avaient tous ? Est-ce que l'apocalypse avait privé tout les hommes de leurs couilles de manière à ce qu'ils ne soient plus capable de défendre leur nénette ? C'était quoi le problème ? Était-il le seul épargné ? Dwight d'abord. Bidule maintenant. Si le scotto-américain avait fait tout son possible pour remonter le moral du blond,il ne réitérerait pas l'expérience. Il était ouvrier dans le bâtiment. Patron de sa propre petite société, même. C'était pas un putain de psy. Bon, c'est vrai qu'au pub, il avait dû tenir ce rôle plusieurs fois. Avec l'alcool et les piliers de bar forcément, ça arrivait de temps à autre. Mais c'était vraiment pas le mieux placé sur cette planète pour tenir ce rôle. Matheson se releva sans demander son reste et jeta un regard en coin à Carmen. Après tout, elle l'avait voulu. Qu'elle se démerde avec ça.

- J'vais voir derrière ce que ça donne, fit Jack. Si Kaidan, puisque c'est comme ça qu'il s'appelait visiblement, pose un problème, t'as qu'à crier. Tu sais faire, rajouta l'homme en disparaissant dans l'arrière boutique.
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MessageSujet: Re: Am I Not Human ?   Aujourd'hui à 15:02

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