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 Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]

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Kassandra Fletcher
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MessageSujet: Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]   Ven 11 Mar 2016 - 21:21

Dans son lit, elle était en train de s'imaginer dormir. Avoir des nuits paisibles comme avant. Elle s'imaginait étendue dans son lit trois places, les yeux fermés, le corps détendu et reposé. Kassandra avait envie de dormir. Mais elle s'était réveillée toutes les heures. Par moment, elle sentait son corps s'alourdir, elle s'assoupissait, puis le visage de June revenait là hanter. Tu n'as pas essayé...

Une voix pâle. Glaciale. Qui s'introduisait dans son esprit et l'empêcher de penser à autre chose qu'à ce jour-là. Où beaucoup avait perdu, et surtout elle. Parce qu'elle ne voyait que son malheur, lorsqu'elle était étendue dans son lit.

Machinalement elle clignait des yeux, quand elle croyait apercevoir une ombre à coté d'elle. Le jour éclaircissait légèrement la pièce, s'immisçant entre les rideaux. Une personne était étendue à coté d'elle, et elle savait que ce n'était qu'elle, sa meilleure amie, celle qui avait rendu son dernier souffle dans ses bras. D'un coup de pied, elle repoussa violemment la couverture et descendit les marches quatre à quatre. Faire attention au bruit qu'elle faisait avait été le dernier de ses problèmes, elle avait envie de descendre. D'ouvrir cette porte et de respirer. Vraiment.

Certaines nuits, il lui arrivait de dormir quelques heures tout au plus. Elle avait cru qu'avec le temps, les images du stade s'effaceraient petit à petit. Comme lorsqu'on fait un blocage psychologique face à un très mauvais événement... L'esprit effaçait ces mauvais souvenirs, trop douloureux pour la mémoire, trop horrible pour avoir une place à l'intérieur d'une personne... Mais non. Son esprit continuait à lui rabâcher ces images sanglantes, elle subissait. Et chaque fois, il lui rappelait la mort de June...

À peine en bas des escaliers, sa course fut freiner par la présence d'une personne. Dos à elle, elle n'eut aucun mal à reconnaître la silhouette longiligne de Gary. Comme prise par surprise, ou sur le fait, elle resta momentanément figée. Qu'est-ce qu'elle fichait-là, à courir jusqu'en bas comme une folle, les cheveux en pétard, des cernes jusqu'en bas des joues ? Elle aurait pu penser... à mettre un peu de poudre pour cacher la misère, comme chaque fois qu'elle faisait avant de descendre.

« Ah Gary... Désolé... »

Gagné, une chose idiote de dites. Sa mâchoire se crispa alors qu'elle s'efforçait tout à coup de garder partout ailleurs sauf dans la direction de l'homme qui avait l'air plutôt figé.

« Toi aussi... De mauvais rêves ? »


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]   Ven 11 Mar 2016 - 22:02

Pourquoi faisait-il semblant ? Pourquoi gagnait-il sa chambre pour faire comme les autres, dormir ? Alors qu'il savait pertinemment qu'il n'y arriverait pas, jamais, pas dans ces circonstances et encore moins maintenant que le monde autour se pétait tellement la gueule que dormir, c'était risquer de mourir... Gary fixait le plafond de sa piaule depuis bien cinq heures, sans jamais s'en défaire. Y'avait rien à y voir, mais il avait rien d'autre à faire non plus pour compenser alors très franchement... Très franchement, il en savait foutre rien.

Grognant un coup, il se redressa sur son matelas, posa les pieds à terre et regarda le sol sans rien faire d'autre. Il poussa un long soupir avant d'enfiler un pull puis ses chaussures. Clint releva le nez en le voyant faire, puis, sans plus bouger, Gary lui demanda de rester là, calmement. Posé sur sa couverture, la bête écouta, reposant sa tête sur ses pattes, en le laissant s'en aller. Gary ouvrit la porte, laissant échapper un petit grincement, avant de s'éclipser. Par question de refermer. Son chien pourrait vouloir sortir, alors...

Alors il descendit les marches, chassant les pensées qu'il avait dans son esprit. A peine arriva-t-il vers la salle principale qu'il se figea en entendant une petite voix claire l’interpeller. L'avait-il vu ? Non. Mais Kassandra était là. Toute emmitouflée sur elle-même, le visage a peine éclairé, mais clairement marqué par la fatigue et peut-être un peu le chagrin. Peut-être. Qu'est-ce qu'il en avait à faire ?

Non.

Sa voix avait été froide, sombre, lourde. Un peu enroué, comme pas mal de matin. Gary avait envie d'une cigarette, mais ici, c'était pas trop la peine d'y penser. Alors son envie, il la rangea dans un coin de sa tête, l'enterrant, loin, très loin, pour pas qu'elle lui revienne trop vite en pleine poire.

Pas de rêves, fit-il ensuite. Je dors pas.

Depuis des années, il dormait plus. Notamment parce que les drogues lui avaient grillé le système nerveux et qu'il en était plus capable. Que la paranoïa avait donné les insomnies, que la drogue avait donné la paranoïa, que le gang avait pas aidé. Mais c'était le passé, et il y changerait rien dans tout ça.

Et c'était à se demander ce qu'il faisait tout ce temps où il ne rêvait pas. Gary se réfugiait dans sa boite vide. Il y restait, des heures durant, pour éviter de se perdre dans ses boites pleines de souvenirs. De souvenirs de Rose, ou de Norman. De souvenirs avec eux deux, et lui au milieu. Sa boite vide, c'était l'endroit où il préférait être depuis quelques temps. Depuis la fin du stade, la chute du stade, et la mort de sa famille.

Non, fallait pas y penser. Boite vide. Changer de sujet. Passer à autre chose.

Qu'est-ce que tu fais là ? C'est pas encore l'heure de se lever.




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Kassandra Fletcher
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MessageSujet: Re: Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]   Mar 15 Mar 2016 - 23:25

Elle ne savait pas pourquoi elle ne le fuyait pas. Lorsque Gary était aussi glacial, comme souvent d'ailleurs, elle avait toujours l'impression de percevoir un panneau de danger juste au dessus de ça tête... Gary n'était pas très drôle comme homme. Mais il avait le charisme. Et... Il avait souffert. Comme elle. Ces deux éléments réunit étaient sans doute la raison pour laquelle elle se sentait obligée de rester. Comme aimanté par sa présence.

Elle n'avait aucune idée de pourquoi elle ne partait pas tout simplement, pour éviter de le gêner, d'occuper son espace, de l'envahir. Tout dans le corps de l'homme était clair : il voulait rester seul avec lui-même.

Kassandra déglutit un instant, alors que son regard s'était figé sur la silhouette de l'homme puis son visage. Il ne dormait pas. Il ne savait plus dormir. Et elle était persuadée que cela avait forcément un rapport avec la perte récente de ses deux proches. La fin du monde avait tellement arraché à tellement de personne. Mais là, il n'y avait que lui et elle, dans cette pièce à peine éclairé, avec leurs souvenirs... ou ce qu'il en restait.

Lorsqu'il lui s'interrogea sur sa présence ici, elle ne put s'empêcher de détourner le regard une nouvelle fois. Pourquoi ne réagissait-elle jamais normalement en sa présence ? Elle pourrait tout aussi bien être moins dans la retenue, laisser exploser ce qu'elle avait au fond d'elle plutôt que de la contenir. Elle n'hésitait pas à s'exprimer avec ses plus proches amis, pourquoi avec Gary, avait-elle besoin de réfléchir à tout ce qui franchirait la barrière de ses lèvres. C'était comme si elle essayait d'y aller doucement, comme on le ferait avec un verre fendu, pour ne pas le fêler davantage.

« J'ai plus sommeil... Je... J'ai l'impression... qu'elle est là, à coté de moi, allongé. J'en ai des sueurs froides... Et... Je me réveille régulièrement. Je l'entends... Même après... On ne peut plus dormir comme avant... Alors, je viens ici parfois... Comme toi sans doute, pour bouger, au lieu de regarder le plafond et de trembler. Gary, tu... Tu ne connais pas une technique pour tout oublier ? »

Elle incluait beaucoup de monde dans ce on. Sa mâchoire trembla un moment avant qu'elle se détourne de l'homme et s'avance dans la pièce principale. Elle savait exactement ce qu'il y avait dans les réserves, elle ne pourrait pas y toucher rien que pour respecter les autres, mais elle avait bien envie d'un café. Il suffirait de chauffer l'eau, et d'y mettre la poudre... Elle en avait vraiment besoin... Dans quelques heures, tout serait pratiquement oublier de toute façon. Elle savait qu'elle retrouverait ce sourire presque mécanique en croisant le regard de ses deux plus proches amis. Il lui fallait toujours un peu de temps, avant de remettre de l'ordre et dépasser ses nuits de cauchemar. Mais avant tout, tant qu'il y en avait encore, elle voulait de ce café. Pour se réveiller et surtout pour sentir la chaleur sur sa langue. Les boissons chaudes avaient toujours ce quelque chose de réconfortant.

« Tu veux peut être que je t'en prépare un... » Lentement, elle avait tourné la tête vers Gary en lui montrant la boîte métallique. « De café. » Vu qu'ils ne dormaient pas, tous les deux.


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]   Mer 16 Mar 2016 - 8:50

Ouaip.

Le café, il en voulait. En fait, il en voulait un bien serré, à lui en déchaussé les dents alors qu'il tombait sur l'un des bancs face à une table dans l'idée de se poser là et de jamais s'en relever. Ses yeux le piquaient, il avait envie de crever, de s'ouvrir les veines, de se plonger la tête dans de la lave pour arrêter de penser. Après tout ce que Kassandra lui avait dit, là, sur le ton de la confession, sur le pouce, derrière son sourire qui cachait son angoisse, il avait envie de se tirer une balle.

Et c'était bien tout ce qu'il s'abstenait de faire depuis qu'ils étaient arrivés dans le camp, au chalet. Parce que c'était pas possible, il pouvait juste pas abandonner... Clint. Bordel. A chaque fois qu'il faisait le compte de ce qu'il lui restait, ses pensées revenaient toujours vers ce sale cabot un peu trop envahissant pour les câlins. Quand il était petit, ce qu'il avait pu le maudire, parfois. Vu les conneries qu'il enchaînait, les unes après les autres, c'était le minimum...

Mais c'était pas la question, il se concentra sur Kassandra, en train de préparer du café. Fallait pas en faire un monde d'en vouloir, ça arrivait même au meilleur d'entre eux. Et au pire, Christina allait lui tirer les oreilles, à lui, pas a elle, quand il lui dirait qu'il s'était servi sans une once de honte dans la voix et qu'il s'était fait une si grosse tasse qu'il avait eu besoin de deux cuillères pour son café. Ouais. Comme ça, Kassandra aurait aucun problème avec la doyenne-maman des lieux, et c'était bien le mieux qu'il pouvait faire pour l'instant.

Et il devait lui répondre, pas vrai ? Sur le reste.

Elle voulait savoir comment faire, comment dormir. Il avait qu'une réponse. Dur, et froide.

Tu fais avec, tu l'assimiles, ou sinon ça t'ronge et t'en crève.

Sa voix avait été glaçante, plus que d'habitude. Il le voulait pas. C'était mêlé au fait qu'il était fatigué, plus que de raisons, qu'il était mal avisé de lui poser des questions philosophiques, qu'il avait pas de miracle sous la main à lui donner, à elle. Il haussa les épaules, soutenant tout de même le regard vers la petite blonde qui allait vers les tasses pour venir en poser devant lui :

Y'a pas d'solutions. Les rêves partiront pas. Mais tu t'y habitueras. Tu verras, qu'on s'fait à tout. Et juste, trouve toi un truc à faire.

Il secoua la tête, comme ça, comme si de rien était. Un truc quoi. De la couture, une passion déneigage, un truc à la con pour vu que ça reste un truc à faire. Il aurait pas su lui dire quoi, mais fallait bien essayer de chercher, et p't'être même qu'il aurait pu se prêter au jeu pour passer le temps avec elle.

J'ai la chasse. C'pas toujours l'idéal, c'est dangereux, mais j'ai ça. Si j'y passe autant d'temps, c'est parce que quand j'traque, j'ai pas b'soin d'penser à autre chose qu'au monde autour de moi et à la piste que j'cherche. Et j'rentre juste assez épuisé pour dormir une heure ou deux, grand max. C'est pas beaucoup, mais c'mieux que rien. Au début, faut s'contenter juste d'ça, et ensuite... Ensuite, ça passe.

Bordel. Il venait ce café ? Parce qu'il avait tellement fait claquer la baveuse qu'il se sentait épuisé :

T'oublieras pas. Jamais. Mais heureusement, hein. C'est pas plus mal de s'souvenir. Les bons souvenirs rattraperont les mauvais un jour.




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Kassandra Fletcher
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MessageSujet: Re: Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]   Ven 25 Mar 2016 - 14:00

Elle n'était pas sûr que ça irait pour le mieux avec les conseils de Gary. Dans sa tête, tout semblait être tellement compliquée. Elle n'avait pas cette même force. Mais en l'entendant parler, elle remarquait la part sensible du personnage. Il n'était pas aussi infaillible qu'elle avait voulu le croire. Il cachait beaucoup de choses sous ce regard polaire. Son attention resta fixé un long moment sur le personnage avant de détourner le regard une nouvelle fois. Le café. Elle devait se concentrer sur ça. Ils en avaient cruellement besoin tous les deux. Et les mots de Gary ne faisait que les replonger tous les deux dans ce tourbillon cauchemardesque.

Le café avait mis longtemps à chauffer. Et dans ce silence pesant qui s'était installé pendant qu'elle s'imprégnait de chacun de ces mots, elle tenta de ranger ces souvenirs. Mettre les bons d'un coté, et les mauvais de l'autre.

Se rappeler, vivre avec, avancer en gardant tous ces moments en tête. Elle ne voulait que garder le meilleur.

« J'ai pas envie de crever. Alors je vais faire de mon mieux pour que ce cauchemar continue de faire partie de moi, mais ne m'empêche pas de respirer... Je vais boire ce café déjà, et notre palais va nous brûler à tel point qu'on ne pensera qu'à ça pour l'heure qui suit. »

Le pire c'est qu'elle était tellement fatiguée qu'elle était capable d'engloutir ce café qu'elle venait de verser dans deux tasses. Quitte à se brûler la langue, le palet et la gorge, et de souffrir le martyre pendant les heures à venir. Mais elle savait pertinemment qu'elle recracherait aussitôt le liquide brûlant. Son corps réagirait automatiquement. D'un geste plus ou moins sûr d'elle, elle indiqua la tasse de café à Gary. Mais pas la peine de le lui rappeler, il avait bien vu.

Lentement, elle avait souffler sur son propre café avant de poursuivre la voix lointaine.  

« Le problème c'est que je m'occupe. Je fais plusieurs choses en même temps. Je sors dès que possible, j'offre mon aide pour n'importe quelle activité. Mais il y a toujours un moment dans la journée où je n'ai rien... Où je suis obligée de penser et de réfléchir à ce que j'aurai pu faire pour éviter qu'elle ne souffre... » Ses yeux s'étaient légèrement humidifiés à cette pensée, mais elle parvint à contrôler ce flux de larmes qui lui venaient tout à coup... Tout était dans le contrôle. Ses yeux étaient suffisamment rouge, et elle n'avait aucune envie de pleurer... encore devant des gens. Elle passait déjà suffisamment pour une faible.

« La chasse, tu peux y passer beaucoup de temps. Mais il arrive un moment où tu commences à geler non ?
Tout le monde se répartit des tâches. La neige ne laisse pas tellement de possibilités pour des activités... Et je suis pas certaine qu'on accepte de me partir toute seule skier sur les montagnes. Je serai pas sûr d'avoir envie de remonter en raquettes après. Puis... le matos c'est principalement réserver pour le ravitaillement et la chasse... Tu penses que tu pourrais demander des exceptions pour moi ?
»


Quitte à pouvoir avoir un avantage, elle préférait autant essayer de le demander... Quitte à se faire remballer sec. Dans la vie, surtout celle ci, des priorités, il y en avait de nouvelles. En trempant ses lèvres dans l'eau encore brûlante, elle capta le regard de l'homme. D'accord ou pas d'accord ?


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]   Ven 25 Mar 2016 - 16:26

Il se le disait souvent, ça. Les bons souvenirs finiront par rattraper les mauvais un jour. A propos de Rose. A propos de cette image qu'il avait, de toute l'imagination dont il faisait preuve à chaque fois qu'il songeait à comment ils étaient morts. Lara lui avait passé les détails, et Gary était loin de se douter que c'était seulement parce qu'elle n'en avait pas. Il n'empêchait qu'il avait plutôt tendance à s'imaginer le pire, et rien que le pire, dans cette situation. Il y voyait du sang, des visages déformés par la douleur, par la peur, les visages de sa femme et de son fils, et tout ça le rendait dingue à un point qu'il ne pouvait même pas décrire à Kassandra.

Alors, il avait l'air fin avec ses bonnes paroles du « tu arriveras à passer au-dessus de ça mais t'oublieras pas ». Lui même n'était même pas persuadé d'un jour réussir à se relever de cette épreuve. Là, il était en marche forcé depuis des semaines, à ne plus vivre convenablement, à ne plus croire en rien, à exister parce qu'on lui demandait et rien d'autre. Il vivait, parce qu'il y avait Clint, et sinon, il y avait rien. Dire tous ces mots à la petite blonde qui attendait une solution, c'était à peine lui faire croire à un mensonge. Lui même y croyait pas, il voyait pas comment un autre pourrait trouver du sens à ses paroles, et p't'être qu'au fond, Kass l'avait saisi sans le lui dire.

Elle avait pas envie de crever, elle avait envie d'essayer, et ma foi, Gary en avait un peu rien à taper. Elle faisait bien ce qu'elle voulait et lui était personne pour lui dire si c'était bien ou pas. Vouloir vivre, c'était sans doute une très bonne chose. En tout cas, il était persuadé que Alan et Christina seraient d'accord avec ça, envers et contre tout. La vie humaine était précieuse désormais, un bien inestimable, au-delà du coût que pouvait avoir un diamant ou de l'or. Mais ça se perdait si facilement, pour des bêtises, qu'il savait plus trop quoi en foutre.

Ça sert à que dal, répliqua-t-il. Non mais j'suis sûr que j't'apprends rien, mais avec tes « et si j'avais fait ça », tu guériras le monde et tu mettrais Seattle en bouteille. Ça sert à que dal et tu perds ton temps et l'mien au passage.

Une pointe d'énervement dans sa voix ? Ou simplement sa mauvaise humeur matinale très commune qui durait jusqu'à tard dans la nuit ? Un peu des deux. N'empêchait que la voir se complaire dans le malheur, ça avait un côté crispant. Il avait envie de l'attraper par les bras et de la secouer en lui hurlant « mais fais un truc princesse, sors toi les doigts et arrête de penser à la grognasse qu'a pas réussi à survivre ». ç'aurait été mal vu, sachant que sa propre grognasse était pas plus doué pour continuer à persister dans ce monde... Mais bon. Parfois, fallait p't'être enlever le pansement de manière brutale pour que ça passe :

Ta copine, elle est morte, lança-t-il sèchement avant de tremper ses lèvres dans le café brûlant. La première gorgée lui arracha la langue mais putain, il en avait rien à cogner. Et au moins, elle en a pas eu vraiment conscience. Entre vous deux, c'est p't'être même elle la plus chanceuse aujourd'hui, alors p't'être que tu devrais te dire qu'elle est mieux là où elle se trouve, et qu'faudrait qu't'apprennes à vivre avec les gens qui sont encore comme toi. Et merde, quand j'vois tous les gens qui tournent autour d'toi pour t'remettre la moindre mèche de travers, ça m'rend fou d'voir que tu t'attardes sur une nana qu'a pas réussi à prendre la bonne direction quand on l'indiquait.

Il haussa les épaules.

Tu d'vrais aller te chercher ta propre paire de ski et de rackette et en faire c'que tu veux. C'qui est pour toi, c'est pour toi, personne pourra y toucher. Tu devrais faire ça et aller camper j'sais pas où, visiter les bleds du coin si ça t'chante, t'isoler autant qu'tu veux, tant que tu survis et qu'tu ramènes quelque chose d'utile à tout le monde. J'sais pas. Monte des expéditions, va y avec tout l'monde, prend des responsabilités à plus savoir quoi en foutre, et tu verras qu'à d'voir penser à tout le monde, t'auras plus l'temps penser à toi.

Et à nouveau, il trempa ses lèvres dans son café, poussant ensuite un long soupir.

J'suis pas psy, s'excusa-t-il ensuite à sa manière.




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Kassandra Fletcher
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MessageSujet: Re: Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]   Sam 26 Mar 2016 - 11:08

« J'ai jamais eu d'psy. Je sais pas c'que c'est. Et t'as rien d'un psy idéal, mais tu tournes pas autour du pot et tu dis la presque vérité... »

Celle qui faisait mal, celle qui vous obligez à faire une rétrospective correcte de soi-même, celle qui pouvait pousser au suicide aussi. Charmant, joyeux, et tout ce qui collait si bien avec.

Évidemment, elle avait envie de s'étouffer là avec son café. C'était Gary qui parlait. Avec ses mots, dure et froid. Avec ses claques, qui faisaient bien plus mal que les fausses vérités qu'elle avait l'habitude d'entendre. Au fur et à mesure qu'avançait cette maudite conversation, elle avait envie de dire les choses telles qu'elle les ressentait. Mais une part d'elle-même l'obligeait à peser le pour et le contre face à Gary. Elle ne savait pas pourquoi elle se retenait à ce point en sa présence, pourquoi elle accordait autant d'importance à ce qu'il disait, faisait. Il n'était pas dieu. Et il avait beau avoir vécu beaucoup plus de chose qu'eux tous réunis, elle devait arrêter de le voir comme le guide parfait.

« Le cerveau humain c'est ça. Il perd toujours son temps à réfléchir à beaucoup trop de choses... Je peux pas m'en empêcher. Ces questions me passent toujours par la tête, j'ai besoin de me faire des scénarios différents dans ma tête... Je ne dis pas que ça me calme, bien au contraire... Mais c'est contre ma volonté, je n'arrive pas à m'arrêter de penser aux choses qui auraient pu se passer. Ça doit être une sorte de connerie de mécanisme de défense... Tu peux pas enlever à l'homme l'imagination. C'est... C'est comme quand tu penses et repenses tes plans, tu envisages plusieurs possibilités, ce qui pourraient se passer, les problèmes qui pourraient se dresser sur ta route. Tu évalues le futur... Bah, j'pense que penser à ce qui aurait pu se produire, c'est faire l'inverse. Penser au passé. Et je crois que ça s'estompera avec le temps, mais je continuerai sans doute encore à perdre mon temps à penser à ces conneries là... »

D'un mouvement bref d'épaule, elle s'excusa en grimaçant. Enfin, c'était bien beau, mais c'était pas vraiment une excuse au sens propre. Elle expliquait juste pourquoi elle pensait ne pas être capable de ne pas y réfléchir.

Par contre, trouver des activités et monter des expéditions, c'était des idées qu'elle trouvait toute neuve.

« J'ai déjà dirigé des équipes dans mon ancien métier. »

Ça lui arrachait pas bouche de parler de son ancien métier. Parce que ça lui manquait vraiment. Par contre, une part d'elle-même se doutait que cette information passerait par dessus la tête de Gary. Sauf qu'elle continua quand même...

« Mais je suis pas certaine d'avoir la même fibre que toi pour monter des expéditions. J'peux lancer des idées, mais j'pense qu'il me faut encore des expériences. Ou alors j'dois prendre le temps d'examiner ces cartes du coin pour trouver des idées... »

Après s'être longuement adosser contre la cuisine, elle commença à faire les cent pas lentement dans la maison, tout en jetant quelques regards furtifs en direction de Gary.

« Par contre, partir seule, jamais. J'en mourais. »

Mais elle garda pour elle le fait qu'elle n'arriverait pas à s'isoler, un peu comme lui. Il y avait des gens qui arrivaient à le faire. Mais elle, ce serait impossible. Elle pourrait même abandonner l'idée de vivre si elle n'avait personne autour d'elle pour la soutenir, des gens pour lui donner envie de continuer. Kassandra restait une grande sentimentale.


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MessageSujet: Re: Doucement, elles apparaissent, sur le bord de tes cils. [Gary]   Aujourd'hui à 1:25

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