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 The man may be worse than the monsters

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The man may be worse than the monsters   Ven 22 Avr 2016 - 9:05

Le sourire d’Axel lui redonna confiance. C’était assez idiot, mais elle ne se souvenait pas l’avoir vu sourire la dernière fois qu’ils s’étaient croisés. Selene baissa timidement les yeux en repoussant l’une de ses mèches derrière son oreille gauche. Il avait quelque chose d’assez impressionnant mine de rien. Un peu comme s’il avait une longueur d’avance sur tout le monde ; la fin du monde ne lui faisait pas peur. Il l’avait acceptée et s’était adapté. S’il passait vraiment par là par hasard, alors elle avait été sacrément chanceuse…

Au moment de soulever les pieds du premier cadavre, son corps lui envoya une décharge de protestation. Des taches noires dansaient devant les yeux de la musicienne, elle faillit perdre connaissance, mais refusait à laisser tomber. C’était le premier pas de son expiation, son chemin de croix, pour avoir souillé Flann ; pour ne pas l’avoir sauvée. Blafarde, elle suivit la voie de son aîné pour abandonner le violeur dans une pièce abandonnée, hors de vue. Avant de passer au deuxième, la pianiste s’étira douloureusement, pris une grande inspiration, mais ça ne changea pas grand-chose.

Elle était livide quand Axel s’inquiéta de son état, une main posée sur son dos. Selene voulut mentir, elle ouvrait déjà les lèvres pour prétendre que tout était nickel, mais se ravisa. Inutile de jouer la femme invincible, son malaise était placardé sur son visage de toute façon. Elle s’appuya sur l’épaule de son sauveur, autant par peur de tomber que pour manifester sa confiance.

- J’ai besoin de récupérer un peu je crois et… faut que je m’occupe de Flann. Tu peux nous laisser là si tu veux, ajouta-t-elle en le regardant dans les yeux, ne te sens pas obligée de rester.

Un maigre sourire s’étira sur ses lèvres blessées. Même ça, ça faisait mal. A contrecœur, l’étudiante s’éloigna d’Axel pour faire quelques pas. Les pleurs s’étaient tus dans la chambre d’à côté, elle venait seulement de le réaliser. Désormais, ils étaient enveloppés d’un silence hivernal brisé par l’acharnement des rôdeurs sur les fenêtres. Il fallait espérer qu’ils trouveraient une autre occupation avant que les planches de bois ne cèdent, elle n’avait vraiment pas la force de tenter une percée pour l’instant.

- Je vais voir comment elle va, dit Selene en faisant un signe de tête vers la pièce où se trouvait son amie, tu libre mais… pars pas sans me le dire, ok ?

Cette fois, elle réussit à faire un sourire qui n’était pas qu’une ébauche. Il illumina brièvement son visage marqué avant qu’elle ne disparaisse dans la chambre où se trouvait Flan. Ou plutôt… où « devait » se trouver Flann, car la musicienne se heurta de plein fouet à son absence. La panique la frappa dans le ventre alors qu’elle regardait dans tous les coins. En voyant la porte dérobée ouverte, son sang ne fit qu’un tour : et s’ils avaient oublié un mec ? Si pendant qu’elle discutait avec Axel, un type était rentré et avait pu enlever sa protégée ?

Ignorant ses propres maux, la pianiste récupéra nerveusement son glock dans son sac entreposé au sol, et emprunta le couloir à son tour. Son cœur battait lourdement, ses yeux papillonnaient de plus en plus, mais son ouïe était en alerte. Il guettait le moindre son suspect ; des voix, des râles, des coups… mais rien. Une porte était ouverte. Après s’être plaquée une ou deux secondes contre le mur pour se préparer et reprendre son souffle, Selene fit une entrée digne d’un film policier. Enfin… elle essaya parce qu’en vérité, le monde autour d’elle fit un 360 et elle dut se rattraper à l’encablure pour ne pas tomber.

Flann était là. Allongée sur le lit, enveloppée dans une robe de chambre qui ne lui appartenait pas. Après quelques coups d’œil dans les recoins, non sans vérifier aussi la salle de bain, l’étudiante remit la sécurité de son arme et la coinça dans sa ceinture. Elle s’approcha souplement de son amie qui semblait embarquée dans un profond sommeil. Ici, les fenêtres n’étaient pas barricadées et déversaient allègrement la lumière du jour purifiée par le ciel neigeux. La pianiste pouvait enfin contemplée celle qui était son alliée depuis à peine quelques heures. Elle était pâle, le teint malade et triste. Malgré les privations qu’elle avait dû s’imposer, elle restait jolie, comme une fleur qui se refusait à faner. Elle avait l’air innocente, paisible, le genre de fille qui aimait la vie avant que tout commence. Selene se pinça les lèvres ; Flann ne méritait pas ce qui lui était arrivée. Encore moins que les autres en tout cas.

Poussée par un élan sororal, la musicienne s’assura que son aînée était décemment couverte par la robe de chambre. Avant de la quitter, elle fit délicatement glisser une main sur sa joue. Elle aperçut également son poignet brisé, enflé et violet, et songea qu’il faudrait au moins lui faire une atèle. Dans la salle de bain annexe, la pianiste osa affronter son reflet. Bilan des courses, avec son hématome sur la joue et sa lèvre inférieure fendue qui s’était mise à gonfler, elle avait une tête de boxeuse. Osant soulever son T-shirt, elle constata que sa peau laiteuse était parsemée de bleus, certains plus impressionnant que d’autres. Grimaçant, elle revint dans la chambre et trouva l’irlandaise étrangement agitée. Comme en proie à des cauchemars, elle tremblait et murmurait des choses inintelligibles. Fronçant les sourcils, Selene s’assit à nouveau à son chevet et prit le temps de poser une main sur son front. Elle était anormalement chaude.

- Merde…

Douleur et choc psychologique ne faisaient pas bon ménage. Elle n’avait rien pris pour son poignet et n’avait pas été ménagée depuis, ça devait faire un mal de chien. La panique revenait. Il était hors de question que l’étudiante laisse la jeune femme sombrer dans la maladie sans rien faire. A contrecœur, elle se leva et courut presque jusqu’à l’endroit où elle avait abandonné Axel. Pourvu qu’il soit encore là, pourvu qu’il soit encore là, pourvu que…

- Axel ! Elle faillit tomber et dut se rattraper au mur le plus proche, elle ne va pas bien, l’inquiétude la faisait presque suffoquer, elle… son poignet est cassée, elle a rien pris pour et le choc de… ce qui lui est arrivé ne doit pas aider. Elle s’est endormie mais elle a de la fièvre et je crois qu’elle fait des cauchemars. Il faudrait… au moins lui trouver de quoi calmer la douleur. Tu connais personne qui s’y connait en fracture par hasard ?


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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: The man may be worse than the monsters   Ven 22 Avr 2016 - 15:01


    Quand la brune m'agrippa l'épaule pour ne pas flancher, je fronçais un légèrement sourcils, me disant qu'il aurait peut-être mieux valu que je m'occupe de bouger ces deux déchets seuls plutôt que de la fatiguer encore plus, mais elle avait tenu bon jusqu'ici et avait fait preuve d'un réel sang froid et d'une volonté de fer. Je me rappelais un instant cette jeune femme que j'avais rencontré des mois plus tôt, alors que l'apocalypse ne venait que de commencer, elle était si peu sûre d'elle et apeurée par le monde... Et voilà qu'aujourd'hui, malgré ses blessures, elle semblé être apte à porter tout ce poids sur ses épaules. Hochant la tête quand elle s'éloigna, je répondis à sa demande d'un ton calme.

« Je ne partirais pas comme un voleur, t'en fais pas. »

    J'aurai peut-être dû, et une partie de moi se demandait si je n'en avais pas fait suffisamment pour elles, mais une autre partie m'intimait de rester, parce-qu'on ne pouvait pas être certains que l'endroit était sécurisé, que d'autres hommes n'allaient pas revenir ; sans oublier les potentiels macchabées qui traînaient à présent dans l'hôtel. L'éclairage du couloir était médiocre et mes yeux s'étaient habitués à cette semi obscurité bien que je commençais à ressentir le besoin de sortir d'ici, prendre l'air. Le moment n'était cependant pas encore venu, et ce fut ''l'extérieur'' qui s'amena jusqu'à moi. Des râles de plus en plus persistants se firent entendre dans l'escalier spacieux que nous avions emprunté pour arriver jusqu'ici, et il ne fallut pas trop longtemps pour qu'un mort franchisse d'un pas chancelant l'avant dernière marche. C'est à ce moment là qu'il me vit, ratant ainsi la dernière marche comme s'il était étonné de voir quelqu'un ici ; il s'étala de tout son long sur la moquette poussiéreuse en un bruit sourd. Soupirant, je sortais ma machette pour lui assener ce coup fatal qui mettrait définitivement fin à sa misérable vie ; ce n'était aucun des hommes du groupe, uniquement un cadavre inconnu qui avait été attiré de l'extérieur par le bruit, peut-être s'était-il nourrit de Mr Costard et de son acolyte l'Homme Fluo ?

    Poussant le corps sans vie un peu plus loin pour qu'il ne gène par notre descente future, je le regardais d'un air blasé, me disant que je n'avais jamais tué autant en une journée qu'aujourd'hui ; parce-que c'est bien plus simple de les laisser ''vivre'', de les laisser coincés dans ces corps décharnés, mais quand il s'agissait de sécurité, il fallait bien en libérer quelques uns. Pris dans ma réflexion, je sursautais en entendant Selene crier de l'autre pièce avant qu'elle n'apparaisse dans mon champ de vision d'un air affolé. Les mots fusaient et je comprenais peu à peu que Flann n'était pas dans un état très engageant. Quelqu'un pour soigner son poignet ? Je me mit à réfléchir aux aptitudes de chacun à la maison, et ne pu m'empêcher de penser à Ana ; l'infirmière aurait été capable de s'en charger, si seulement elle était encore là... Serrant les dents pour reprendre mes esprits, je lui répondis rapidement en me dirigeant vers elle.

« Il n'y a personne non. On va devoir fouiller cet endroit, voir si on trouve des anti-douleurs. Si c'est juste fracturé on va trouver une solution pour immobilisé son poignet. »

    Je n'étais pas certain de ce que j'avançais ; cela serait-il suffisant ? Nous n'avions pas d'autres choix, ce n'est pas comme si nous avions la possibilité de faire des plâtres ici. Mais ces hommes, ils avaient forcément des réserves, alors pourquoi pas une réserve de médicaments ? Même s'ils étaient périmés, ce serait toujours mieux que rien. Suivant Selene jusqu'à l'endroit où se trouvait Flann, je pris soin de fermer la porte du couloir derrière nous pour éviter que l'on se fasse surprendre par un mort. Il y avait plusieurs autres portes dans le couloir, toutes des chambres apparemment, serait-il possible qu'ils y aient entassé leurs réserves ? Me tournant vers les deux femmes, je lançais d'un air qui se voulait rassurant bien qu'un peu nerveux par l'agitation de cette journée.

« On va trouver quelque chose t'inquiète pas. »

    Sur ces mots je pénétrais dans la première chambre, celle qui faisait face à celle où se trouvait Flann, et m'attelais à la recherche de vivres ; tout était bon à prendre, certes il nous fallait principalement trouver des médicaments, mais si nous trouvions également d'autres choses, ce serait un plus. Et maintenant que ces gars étaient morts, ce qui restait ici ne manquerait à personne.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
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MessageSujet: Re: The man may be worse than the monsters   Dim 24 Avr 2016 - 1:54

Quelque chose clochait, j'en avais la certitude absolu. J'étais en train de voir des choses que je voyais souvent lorsque je m'endormais, mais je sentais aussi le monde qui m'entourais bien que lointain. Quelque chose m'effleurais la peau. Un frison parcouru l'ensemble de mon corps qui semblait en feu. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait, mais j'avais la sensation d'être enfermer dans une cage ténébreuse et ne possédant pas la moindre clef pour en sortir.

Aori fini par disparaitre pour laisser place au noir absolu. J'entendais clairement des râles puissants poussés par les Malades comme s'ils étaient tout autour de moi. Je me mis à trembler de peur, car je savais que maintenant qu'ils avaient pris la vie de Aori, c'était la mienne qui allait être en jeu. Mes pieds finir par retrouver leur liberté de mouvement, mais sans savoir où aller, je me retrouvais tout aussi coincé.

Je ne savais pas quoi faire. Je voulais appeler à l'aide, mais maintenant que Aori n'était plus, je ne voyais pas qui pouvait me donner un coup de main. Je fermer les yeux avec puissance avant de prendre la parole afin de me donner du courage ou quelque chose qui y ressemblait plus ou moins :


- Concentre toi. Il faut que tu reviennes maintenant alors ouvres tes putains d'yeux.

J'étais un peu vulgaire, mais je devais trouver une solution, car j'étais convaincu que j'étais toute seule dans ce gros problème. Pourtant, j'avais une tout autre sensation au fond de moi comme si une personne se faisait réellement du soucis pour moi. Mes yeux me faisaient mal alors je les ouvris de nouveau pour tomber de nouveau dans l'obscurité. Cette fois les larmes coulèrent dans mon cauchemar tout en se montrant sur mon corps inerte sur le lit de la chambre d'hôtel qui frissonnait à cause de la fièvre qui était en train de me faire transpirer à grosses gouttes.

Je ne savais pas trop se que je pouvais faire pour me sortir de là alors je me contentais de poser mes fesses sur le sol qui semblait composé de sable, mais sans lumière, je ne pouvais pas en être certaine. Ma respiration devint vraiment très rapide et la panique refusait tout net de s'enfuir.

Brutalement, une lumière très vive apparu, mais je ne voyais pas plus que dans le noir. Pourtant, je sentis mon corps se calmer tout doucement comme si ce dernier tentait de trouver une solution afin que je me détende. Je crois que cela marchait un peu. Pourtant Aori fini par se montrer de nouveau.

Je voyais du sang glisser le long de ses bras alors qu'elle me tournais le dos. Ses doigts faisaient de petits mouvements comme si elle venait de se réveiller. Pourtant, il y avait quelque chose de différent. Elle respirait plus bruyamment que ce dont elle avait l'habitude. Tout doucement, elle fit demi tour et lorsque je vis son regard je me mit à hurler. Il était blanc sans la moindre couleur et son nez fin avait complétement disparu pour laisser place à un large trou.

Le cris que j'avais lancé s'était entendu aussi bien dans mon rêve que dans la chambre que j'occupais et les pleurs devenait vraiment bruyant. Je ne pouvais pas me contrôler et j'espérais réellement un coup de main au point que je tentais d'attraper quelque chose sur le lit. Je ne sais pas trop ce dont j'avais besoin, mais je ne le trouvait pas. Je paniquais de plus belle sans comprendre.

Je finis par entrevoir une porte de l'autre côté d'Aori. Je ne savais pas trop si je devais la franchir ou non alors pour le moment je me contentais de regarder ma bien aimée pour essayer de lui rendre son beau visage.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The man may be worse than the monsters   Dim 24 Avr 2016 - 11:06

Trouver des antidouleurs. Immobiliser le poignet. Ça paraissait tellement simple dit comme ça mais la jeune femme était incapable de chasser l’inquiétude qui la faisait trembler. Elle revint dans l’autre couloir sur les talons d’Axel. Celui-ci lui assura qu’ils trouveraient quelque chose, elle hocha vivement la tête ; pour y croire. Pour se rapprocher à un espoir. De son côté aussi, elle s’attela à fouiller une autre chambre. Cette section devait effectivement être les quartiers de résidence du groupe, car les lieux étaient encombrés d’effets personnels. Des tas de vêtements sales et informes, des bouteilles de bières vides, des magazines cornés, des paquets de clopes écrasés… sur une table de chevet, Selene vit même une seringue et un garrot. Ça empestait la sueur, la saleté, la cigarette froide et le vomi. Qui qu’aient été ces types, leur survie était d’une bassesse misérable.

Dans la pièce suivante, tout était un peu moins sale mais une odeur de mort semblait incrustée jusque dans les murs au papier peint décrépi. Sur le sol, encore des détritus, des fringues tachées de sang et des boîtes de médicaments vides. A la tête de lit était encore fixée une paire de menottes dont l’anneau ouvert était figé par une substance séchée d’un rouge sombre. La musicienne fouilla rapidement, pressée de quitter cette chambre sinistre, et sortit bredouille.

Dans la suivante enfin, elle déboucha sur ce qui devait servir d’infirmerie, faute de mieux. Les tables de chevets croulaient sous les boîtes de calmants, compresses, bandages, alcool et autre matériel à suture. Fébrile, l’étudiante renversa les stocks, explorant grossièrement, lisant à toute vitesse les étiquettes délavées. Quelques boîtes de paracétamol, une boîte d’aspirine, et même un antidouleur générique au nom imprononçable : tous vides. Le stress monta d’un nouveau cran, elle scruta partout, même dans les recoins les plus improbables, et finit par tomber sur des restes de morphine.

Le sourire de soulagement qui voulu illuminer son visage tuméfié mourut instantanément : elle n’avait aucune notion de médecine. Tous les éléments étaient là, y compris la seringue et l’alcool pour la désinfecter, mais Selene serait incapable de savoir où et comment piquer. Sans les connaissances nécessaires, elle risquait simplement de déchirer en vain la chair de son amie qui n’avait pas besoin de ça. Elle resta plusieurs secondes hypnotisée par ce qu’elle avait en main, par cette solution si proche et inatteignable à la fois. Et Axel ? Il n’était pas docteur apparemment, mais peut-être qu’il saurait…

Un cri perçant interrompit ses pensées. Puissant, désespéré, intensifié par des pleurs horrifiés. La pianiste perdit le peu de couleur qui restait encore sur son visage ; ils avaient besoin de tout sauf de ça. Paniquée, elle courut jusqu’à la chambre où son aînée était encore en état de choc, prisonnière d’un cauchemar. Ses tremblements ressemblaient à des spasmes maintenant, ses larmes ruisselaient sur ses joues blêmes, mais ses paupières demeuraient closes.

- Non, non, non… tais-toi, s’il te plait…

L’étudiante s’approcha et chercha à maintenir son amie. Elle l’appelait doucement, espérant la faire revenir à elle, mais ça semblait peine perdue. En une fraction de seconde, Selene réalisait quelle était leur unique solution. Quittant la pièce en trombe, manquant de renverser Axel au passage, elle traversa le couloir en sens inverse pour retrouver la chambre maudite où Flann avait été violée. Son corps était épuisé, il lui envoyait des signaux de douleur qu’elle faisait tout pour ignorer, piquée par un dernier éclat d’énergie. La musicienne savait qu’elle craquerait bientôt, mais pas tout de suite. Aucun d’eux ne mourrait aujourd’hui. Elle récupéra son sac, celui de son amie, son manteau, et fila avant que les râles qu’elle entendait déjà dans les escaliers ne l’aient trouvée. A l’instar de leur sauveur, elle ferma la porte dérobée pour bloquer l’accès, mais les quelques rôdeurs à l’intérieur de l’hôtel n’étaient pas le seul problème. Dehors, au rez-de-chaussée dans la rue enneigée, la horde frappait de nouveau avec frénésie. Les charognes avaient compris qu’il restait quelque chose à dévorer…

La musicienne tomba littéralement dans les bras d’Axel en le retrouvant, ses jambes ayant momentanément refusé de la porter. Dieu qu’elle avait mal… sa tête lui paraissait enflée, le sang battait lourdement dans ses tempes, sa peau lui donnait l’impression d’être percée de toute part. Pourtant, elle demanda avec détermination, une lumière invaincue dans ses yeux bleus :

- On ne peut plus rester… ils ne vont pas partir maintenant, ils vont juste en faire venir d’autres. Il faut… l’escalier de service, il doit forcément en avoir un et je ne pense pas qu’il soit déjà envahi. Je m’occupe de Flann, je vais l’aider à marcher, d’accord ? Si tu pouvais juste… nous ouvrir le passage, si jamais on en rencontrait…

Et ensuite ? Où fuiraient-ils ? Selene n’en avait aucune idée. Sa seule certitude était que les lieux étaient condamnés et que ce serait leur mausolée s’ils n’exploitaient pas une brèche. Sans attendre, elle retourna auprès de son amie et, après avoir pris son inspiration, la gifla aussi fort que possible. Suffisamment pour lui faire ouvrir les yeux, elle l’espérait…

- Flann ! Il faut y aller, maintenant ! Viens, appuie-toi sur moi, on se tire.


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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: The man may be worse than the monsters   Lun 25 Avr 2016 - 13:27


    Cette première chambre était vide de toutes affaires, si ce n'est quelques bouts de tissus posés sur la table de chevet ainsi qu'un vieux livre sur la guerre de sécession ; rien de bien utile en soit, tout comme la salle de bain aux flacons vides. J'en sorti rapidement, poursuivant vers une autre pièce. Dans le tiroir de la commode je trouvais une boîte d'antidouleurs périmés de quatre mois, il n'y avait que deux comprimés à l'intérieur ; c'était maigre mais toujours mieux que rien, ce n'était vraiment pas le moment de faire les difficiles. Quittant l'endroit qui puait le renfermé et l'humidité, je m'apprêtais à m’engouffrer dans une autre pièce quand Selene me fonça droit dessus, ses jambes la lâchant au moment où elle arriva. Je m'étais dépêché de la tenir tant bien que mal pour qu'elle ne se retrouve pas au sol, et derrière son air inquiet, on pouvait aisément lire l'épuisement auquel son corps devait faire face. J'écoutais ses paroles débitées à une vitesse folle, et son stress devint rapidement communicatif. Nous devions partir, c'était évident au vu des râles qui ne baissaient pas et de ces coups qui avaient commencé à cogner à la porte par laquelle nous étions rentrés, mais la brune en serait-elle capable ? Je n'avais pas spécialement envie d'elle clamse en chemin, mais nous n'avions d'autre choix.

« Bien, occupes toi d'elle, je me charge du reste. »

    Prenant le sac qu'elle avait encore en main, je glissais une sangle sur mon épaule droite avant de m'abaisser pour prendre l'autre sur la gauche. Selene aurait déjà suffisamment à faire avec Flann et il serait bien trop dangereux de la charger d'affaire au vu de son état chancelant qu'il n'avait rien à envier aux macchabées dehors. Alors qu'elle alla récupérer son amie, je m'attelais à ouvrir les portes que nous n'avions pas encore poussées et la dernière fut en effet l'escalier de secours, il était pourtant trop délicat de savoir précisément où il menait ni s'il n'y avait pas toute une horde devant ; nous devions nous attendre à tout et rester ici en attendant que le bon Dieu nous vienne en aide était chose proscrite.

    Revenant vers la chambre où Flann était allongée, je vis les deux femmes en sortir lentement. Selene était de plus en plus pâle et il semblait que seule l'adrénaline permettait à son corps de ne pas envoyer foutre en l'air le monde à ce moment précis. Secouant la tête, je sortis de ma poche la plaquette où seuls restaient les deux comprimés, et la tendit à la jeune femme qui était maintenant vêtue d'une robe peut-être un peu trop légère pour les températures actuelles.

« Il faut que tu prennes ça avant qu'on parte, ça devrait agir assez vite. »

    Ce ne serait peut-être pas suffisant, mais ce serait toujours ça de prit. Elle devait vite venir à la réalité qui l'entourait sinon nous risquions de tous perdre la vie dans ce bordel et je n'avais aucunement l'intention de crever ici comme les membres de ce groupe de violeurs. Me munissant de ma machette, je repris la direction de l'escalier, recalant au passage un des sacs sur mon épaule.

« Refermez la porte derrière vous, mieux vaut rester prudents... Est-ce que l'une de vous à une lampe de poche ? »

   J'avais haussé un sourcils à la fois interrogateur et fatigué ; évidemment que je n'avais emporté aucune affaire, cette sortie était simplement censée être une petite balade avant de rentrer, avec un crochet au magasin de musique, pas une mission de sauvetage où je risquais d'y rester. Il serait vraiment compliqué de s'engager dans ces escalier sans une lumière même faiblarde, aucun rayon de l'extérieur ne filtrait et il serait suicidaire de s'y engager en tâtonnant bêtement devant soi.





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MessageSujet: Re: The man may be worse than the monsters   Lun 25 Avr 2016 - 15:34

Je n'en pouvais plus. Je voulais revenir dans l'enfer qu'était l'hôtel plutôt que de voir Aori dans cet état. Pourtant, cela me mettais en face de la réalité au point que je me demandais si je serais capable de faire ce qu'il fallait si je croisais ma bien aimée en tant que Malade. Je ne savais vraiment pas et je préférais mettre cette idée de côté afin de la ressortir seulement si cela devenait complétement indispensable.

Je finis par me décider à contourner l'image terrifiante qui me faisais face pour me diriger vers la porte. J'espérais vraiment que c'était le moyen de revenir à la réalité. Pourtant, je n'eus pas le temps de découvrir ce qui se cachait de derrière, car un coup assez fort sur mon visage me fis revenir à moi. J'avais une vision légèrement floutée, mais je savais que je me trouvais dans la chambre dans laquelle je m'étais laissée avoir par la fatigue.

En tournant la tête, je vis que Selene se trouvait à mes côtés. Je ne savais pas vraiment ce qui se passait, mais j'étais ravi de la voir là. Elle me regardais silencieuse, mais pas pour longtemps, avant de prendre la parole pour me dire que nous devions y aller. Je ne voulais pas partir dans cette tenue. J'allais protester lorsque j'entendis des râles lointains et cela me permis de comprendre que nous n'avions pas le choix.

Je me redressais avec difficulté et avec l'aide de Selene avant de quitter la pièce. Nous retrouvions l'homme de tout à l'heure devant une porte donnant sur des escaliers. J'espérais vraiment que nous ne tomberions pas sur des Malades, car je connaissais la folie brutale qui se trouvait dans la tête des hommes qui s'en était pris à nous. Je craignais fortement qu'ils étaient assez barges pour mettre des Malades dans la sortie de secours ou dans la ruelle qui se trouvait de l'autre côté.

J'étais soulagée de m'être réveillée, mais je ne me sentais vraiment pas bien et je ne savais combien de temps j'allais rester consciente. Je devais lutter pour ne pas chuter et entrainer Selene avec moi. Je la santais luter également, mais je ne pouvais pas avancer seule ou en tout cas pas pour le moment. L'homme se tourna vers nous deux avant de me donner des médicaments et bien que je n'étais pas certaine de pouvoir lui faire confiance, je les pris et les mis tout de suite dans la bouche.

De toute manière cela ne pouvait pas aggraver l'état qui était le mien en cet instant. J'eus beaucoup de mal à les avaler et lorsqu'ils furent entrés dans ma gorge, je me mis à tousser. Heureusement, ils ne sortirent pas et continuèrent leurs chemins. D'après ces dires, cela devrait faire effet rapidement, mais je me demandais quel effet exactement. Pour le savoir il fallait attendre.

Je commençais à voir un peu mieux, mais j'étais toujours en état de choc et mon poignet me faisais vraiment très mal comme si ce que j'avais subis lui avait fait encore plus de mal. Je serais les dents avec force pour ne pas hurler, mais je devais rester concentrer pour tenter d'aider, bien que cela soit pour ainsi dire impossible. J'entendis l'homme prendre la parole pour demander si l'une de nous avait une lampe torche. Je redressais la tête avant de prendre la parole avec une voix faible.


- Dans mon sac ... y en a une.

Se n'était pas grand chose comme prise de parole, mais je ne pouvais pas en dire plus. Je tentais de me redresser pour soulager Selene d'une partie de mon poids, mais je n'étais vraiment pas certaine que se soit vraiment efficace. Je tournais mon visage vers la jeune femme, mais je ne voyais pas grand chose malgré une légère amélioration avant de reprendre :

- Laisse moi là. Ne te fatigue pas pour moi.

Je ne voulais pas laisser tomber, mais je ne voulais pas que Selene se fasse avoir simplement parce qu'elle me trainais en tant que poids mort.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The man may be worse than the monsters   Lun 25 Avr 2016 - 17:32

Les espoirs de Selene fondaient comme la neige sous les pieds putréfiés des rôdeurs à l’extérieur. Son amie peinait à marcher et elle était lourde. Trop pour elle en tout cas. A chaque pas, elle craignait que ses jambes ne lâchent, les envoyant toutes les deux au sol, à la merci d’une horde ayant réussi à se frayer un passage. Car ils étaient proches, ils grattaient à la porte dérobée et le poids de leur acharnement finirait sans doute par la faire céder. Heureusement, Axel avait trouvé l’escalier de secours et un calmant pour Flann. La musicienne n’eut même pas la force de le remercier, elle s’avança dans son sillage, supportant son aînée, son visage crispé par l’effort. Sans doute avait-elle déjà déconnecté. Ses muscles ne fonctionnaient que par sa volonté, l’énergie du désespoir. L’envie de vivre.

Les ténèbres de l’issue de service furent rompues par la lampe torche de l’irlandaise. Rien à cet étage. Seulement une odeur agressive d’humidité et d’urine. Selene pris une profonde inspiration et se cala sur les pas de leur sauveur. Ici, les rumeurs de charognes ne leur parvenaient plus. Ils étaient dans une bulle malodorante, coupés du monde. Ce fut la voix de Flann qui rompit le chant de leurs respirations.

- Tu dis… n’importe quoi, rétorqua la pianiste sans même la regarder, je serai morte avant de te laisser te faire choper par ces trucs.

Elle peinait pourtant. Sur le palier du deuxième étage, sa vision se brouilla dangereusement. Le faisceau de la lampe devint la seule chose identifiable ; tâche dorée sur une toile sombre. Au premier, son dos commença à hurler de douleur, pliant sous le poids de la libraire. Certes, Axel aurait pu la soutenir, il était en meilleure condition physique, mais la pianiste se sentait absolument incapable de lutter contre des macchabées dans l’état. Heureusement, il n’y en avait pas sur leur route.

Au rez-de-chaussée, Selene tendit l’oreille, ses yeux les rivés sur la porte surmontée de l’icone « issue de secours ». Pas de coups, pas de râles, mais ça ne voulait rien dire. Elle se tourna alors vers Flann mais ne pouvait pas vraiment détailler ses traits. Le seul contact était son corps fiévreux contre le sien, qu’elle n’aurait lâché pour rien au monde. Unies comme des sœurs. C’était stupide en y pensant. Cette femme, elle ne la connaissait pas le matin même. Il lui aurait suffit de la laisser en haut des marches et de partir seule…

- T’en fais pas, on y est presque.

Doux mensonge, elle n’en savait rien. La porte s’ouvrit sur le ciel gris, la lumière du jour éblouit l’étudiante. Sa main libre en visière, elle sortit sur les talons d’Axel, goûtant avec délice au froid hivernal. Ça faisait si longtemps qu’elle était enfermée dans ce bouge que le contact de l’air frais lui donna un ultime coup de fouet. Le trio se trouvait dans une ruelle, entre deux immeubles, coupée en son milieu par un grillage et une grosse poubelle. Un unique rôdeur égaré les accueillit et il eut tôt fait de goûter de la lame du mâle de l’équipe. Ses frères morts étaient dans la rue principale, s’unissant contre la façade de l’hôtel pour en faire ployer les ouvertures.

Le temps était compté. On pouvait voir d’autres cadavres arriver par petites touches, passant bêtement devant l’entrée de la ruelle sans réaliser que le casse-croûte était à l’air libre, mais pour combien de temps ? En face, il y avait une autre porte de service, celle de l’immeuble voisin, qu'ils auraient pu la forcer avec la machette. Il y avait aussi une fenêtre à hauteur d'homme, barrée de deux planches moisies, mais le risque était trop grand. Si d’autres rôdeurs les attendaient à l’intérieur, ils étaient fichus. Les yeux fatigués de Selene se tournèrent vers le grillage : ils n’avaient pas le choix.

- Là… il faut qu’on passe de l’autre côté. Ils ne pourront pas nous suivre.

Et ensuite ? Prier pour qu’il n’y ait pas une horde plus importe pour les attendre de l’autre côté. La jeune femme accompagna Flann jusqu’à la poubelle qui allait leur servir de marche. Il n’y avait pas grand-chose à grimper sur le grillage une fois dessus. Deux mètres, pas plus. La musicienne regarda alors son amie, aussi blafarde qu’elle.

- Tu vas pouvoir le faire ? On a juste à passer le grillage. Après… après on se cachera, et…

Ses yeux bleus s’écarquillèrent d’horreur. Elle venait de se rappeler du détail qui enrayait tout leur plan : dans son état, la libraire serait incapable d’escalader quoique ce soit avec une seule main.


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MessageSujet: Re: The man may be worse than the monsters   Aujourd'hui à 7:03

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The man may be worse than the monsters

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