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 Snow globe P.V. Flann

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Bobby Smith
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MessageSujet: Snow globe P.V. Flann   Lun 15 Fév 2016 - 13:59


Wagon Wheel:
 
Ah! Comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! Comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j'ai, que j'ai!
Émille Nellian


Dimanche 14 février 2016, 14:15 Seattle Nord

Température de -4 avec soleil et une accumulation de 50 centimètres de neige

Les pas chancelants du colosse creusaient dans la poudreuse des tranchés plus ou moins parallèles. Plissant ses yeux océanique, ayant la bonté et l’innocence d’une humanité si frappante, le géant à la silhouette déformée  laissa planer son regard sur les étendus à la blancheur immaculé. Le reflet vicieux du soleil sur la neige éblouissait quelque peu l’erreur de la nature. Le manteau de pureté blanchâtre semblait recouvrir la déchéance que la civilisation venait de subir il y a quelques mois de ça. Tant de colère, de peur et de drame était maintenant camouflé par la froideur de la neige. Portant tout doucement ses mains qui pouvaient se transformer en boulet de canon mortel en cas de grandes nécessités à sa bouche, l’ancien mineur du Kentucky laissant s’échapper un souffle chaud de la fine barrière de ses lèvres émincées et exsangues. Un mince nuage de vapeur réchauffa brièvement des doigts ayant la circonférence de saucisses et les paumes des grandes paluches de Robert se frictionnèrent pour permettre au sang de circuler de nouveau dans les extrémités, engourdis par la forte chute de température. Levant son regard bleuté et si pur, qui ressemble à s’y méprendre aux vaguelettes d’une mer bercée sous la douceur bienfaitrice d’un soleil de midi, vers le ciel grisâtre de ce mois de février et Bobby sourit. Même si le malheur semblait prendre un malin plaisir à tourmenter les mortels qui semblaient résister au destin funeste qui rodait de manière chancelante et vorace, le mineur venait de voir surgir trois anges dans sa vie.

Une petite voix dans le crâne difforme du colosse se moquait de cette comparaison, Juliane et Abigail ne voulaient aucunement détenir ce titre. Mais aux yeux innocents de l’homme massif, elles ne devaient être que des êtres célestes venus sur terre. C’était une des seules certitudes que la bête de foire avait conclue après avoir côtoyé leurs aura de pureté et de gentillesse. Car comme il songeait toujours, pourquoi des jeunes femmes qui pouvaient faire chavirer le cœur de n’importe quel mortel perdraient leur temps avec le monstre repoussant qu’il était. Elles semblaient heureuses de partager le quotidien de Robert. Elles lui souriaient, lui parlait et même des fois leurs touchers graciles flottaient sur une de ses mains couvertes de cicatrices. Son corps imposant et immonde était l’une des multiples raisons que le mastodonte était si replié sur lui-même. Tellement de stigmates parcouraient sa silhouette effroyable. Des accidents pour la plupart, mais aussi les sévices des supposés alpha qui ne voulaient prouver à leur meute sans cervelle qu’ils pouvaient terrasser le sosie de Frankenstein. Souvent quand leurs attaques pitoyables n’ébranlaient aucunement la masse de granit qu’était Robert, les hommes sortaient des couteaux et autres armes pour restaurer leurs orgueils touchés au vif. Donc des lézardes de lames slalomaient les entrecroisements d’une autre époque du cuir tanné de la bête. Même une blessure par arme à feu, ressemblant à une médaille morbide, ornait son poitrail imposant. C’est pour ça que Robert savait qu’il ne pouvait espérer que l’amitié de Juliane, Sélène et Abigail. Surtout de Juliane, car le lien entre le monstre et la Texane semblait presque surnaturel et que c’était une autre sorte d’amour qui l’entretenait. Un lien que même la mort ne pourrait briser. Sélène semblait apprécier la bête inhumaine qu'était Bobby et l'ange d'ivoire habitait avec lui depuis peu. Il pourrait tout faire pour qu'elle laisser transparaître un sourire sur son visage aux traits délicats et c'était pour cet raison qu'il arpentait la ville fantôme. Robert adorait Abigail, mais il se doutait que son opinion sur lui changerait si un jour elle le voyait sans chemise. Elle martelait qu’il n’était pas un monstre, mais quel homme pourrait se vanter de posséder une armure de chaire scarifiée de cicatrices horribles et possédant des muscles disproportionnés de la sorte. Revoir le regard si semblable au sien, les traits célestes du visage de l’Irlandaise et le sourire qui pouvait alléger les tourments du monstre propulsait à chaque fois l’esprit de l’homme vers des souvenirs agréables et presque surnaturels. Des moments de sourires complices, de discussions où la voix angélique effleurait les sens de la bête, des moments calmes à regarder les flammes dans le foyer. Des moments qu’il savait qu’il ne pourrait plus partager avec la merveilleuse femme si elle apercevait l’étendue de la laideur de son corps repoussant. Il savait que Juliane serait en mesure de passer outre, mais elle était faite dans un autre bois. Il ne voulait perdre ni l’une ni l’autre, et le monstre de foire savait qu’un de ces jours il allait probablement mourir pour elles. Mais que valait réellement sa vie, sans importance et pathétique, en comparaison de celles des trois êtres divins? Elles pouvaient faire changer l’étoile aux gens qu’elles rencontraient, procurer un semblant de réconfort à ce monde à l’agonie. Robert connaissait sa place dans l’évolution et il se devait que rêver d’avoir un jour un moment qu’il allait lui faire découvrir la beauté de l’amour. Mais ce n’était qu’une illusion et le mineur ne pouvait que protéger au mieux de si méprisables compétences la vie de ces trois êtres d’exceptions.

Lunatique comme à son habitude lorsqu’il songeait aux apparitions divines qui venaient de surgir dans son existence, les gestes de l’homme étaient un peu comme ceux d’un robot, L’automatisme de son être avait pris le pas et il continuait à couper du bois avec une régularité d’un métronome. Les muscles disproportionner de la créature de Frankenstein emmitouflé dans un vieux parka militaire le propulsait dans la houle poudreuse  déposé ici et là. Mais une joie presque enfantine illumina le regard sérieux du colosse et les traits atypiques se transmuèrent en un masque de pur bonheur. Comme si une main capricieuse avait tout bonnement décider de secouer le globe où évoluait la lie de l’humanité et les flocons chutèrent paresseusement du ciel. S’arrêtant subitement, le mineur pencha la tête vers l’arrière et ferma les yeux. Il laissa la poussière glaciale fondre au contact de son horrible faciès et Robert ouvrit en grand la bouche pour espérer attraper avec la langue quelques flocons. Il ne se doutait aucunement qu’un regard inquisiteur espionnait chacun de ses mouvements. Mais bienheureux étaient les simples d’esprits comme lui disait souvent sa mère.  Après quelques instants d’un pur ravissement, un gémissement lointain fit reprendre le dur contact à la réalité à la créature difforme. Une silhouette chancelante essayait vainement de progresser dans la neige vers la position du monstre de foire. Celui-ci décrocha sa hache de bucheron de son paquetage et après avoir remarqué le lent cheminement de la goule, l’esprit lent de Robert compris qu’il aurait toute la lassitude voulue pour entrer dans la série de magasin en face de lui et ressortir après la fouille avant que l’aberration arrive à la portée du fil de sa hache. Comme si le froid ambiant ralentissait encore plus les zombies, rendant leurs muscles encore plus faibles et atrophier.

D’un côté de la rue se trouvait une multitude de maisons unifamiliales en plus ou moins bonnes états, vu les services que des émeutiers des premières heures du chaos  ambiants avaient propagé. Dans l’esprit si lent de l’homme, avec l’Effet de la neige et les effets d’ombres, les habitations ressemblaient à s’y méprendre aux maisons hanté qui faisaient frissonner sa nièce adorée. L’imagination fertile de l’homme difforme, mettant en scène d’anciens occupants décharnées qui frappaient pathétiquement à la porte barricadés de leur tombe familiale. En bordure de la route enneiger, quelques magasins représentaient l’économie d’un passé révolu. Certaines avaient la vitrine défoncés et surement leurs contenus pillés, mais quelques rares élues semblaient défier les parodies de vie putréfiée et les survivants déterminer de s’en prendre à elles. Se dirigeant vers la porte d’un magasin où il se doutait qu’il trouverait ce qui rendrait son sourire à l’ange à la peau de porcelaine, le mastodonte n’avait aucune idée dans quel pétrin il allait encore se fourrer comme à son habitude. Juste le furtif espoir d’un sourire merveilleux, d’un effleurement d’une main douce et satinée sur sa poigne massive et rugueuse donna le courage au colosse de saisir la poignée de la porte…



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MessageSujet: Re: Snow globe P.V. Flann   Mer 17 Fév 2016 - 14:45

La vue que j'avais depuis la chambre de l'appartement que j'avais squatter durant la nuit était splendide. Le sol de la rue était recouvert d'une couche de neige immaculée. Le soleil faisait briller les flocons supérieurs comme si ces derniers s'avéraient être de petits diamants brutes. Le ciel avait une teinte grisonnante qui était assez déprimant et cachait la boule de feu de temps en temps. Je me doutais bien que la température extérieur n'allait pas être supérieure à celle de la veille, mais je devais sortir malgré tout. Je devais changer d'endroit et mettre la main sur des vêtements appropriés pour la saison. La seule chose qui pouvait être positif dans cet enfer glacé était le fait que les malades qui voulait sans cesse faire de moi leurs repas étaient beaucoup plus lent et j'avais plus de temps pour me trouver un abris. Bien entendu, je savais comment les tuer, mais je préférais éviter de me mettre en danger sans avoir de bonne raison. Je ne voyais pas du tout l'intérêt de me jeter tout droit dans la gueule du loup sanguinaire. La vue que j'avais devant les yeux aurait été aux goûts de Aori, j'en étais certaine.

La jeune femme me manquait de plus en plus et j'espérais vraiment que nos retrouvailles étaient proche. Je n'étais pas en ville depuis longtemps alors je n'avais pas fouiller beaucoup et j'étais ralenti par mon manque de connaissance de la ville. Je ne savais même pas où je me trouvais actuellement. Je serais les poings lorsque je vis des Malades avancer dans la rue, ruinant ainsi la pellicule de neige, en trainant les pieds avec lenteur. Je ne pouvais pas prétendre qu'ils avaient la vitesse d'un mollusque à coquille, mais cela était passablement ridicule. Je secouais la tête avant de tourner les talons vers mon sac de couchage. Je devais le plier avant de l'attacher avec de la ficelle. Je n'avais pas le sac de toile qui devais le contenir alors je faisais avec les moyens du bord. Une fois plier et attacher, je le fixais de la même manière sur mon sac à dos avant de le mettre sur mon épaule.

Je ne voulais pas le mettre sur les deux, car je voulais être capable de le lâcher rapidement si jamais un Malade venait à s'en saisir. Je pensais que cela pouvais me sauver la vie, car je ne voulais pas me transformer à mon tour comme mon père l'avais fait au tout début de l'épidémie. Je voulais voir le monde redevenir comme il l'était dans le passé et je devais me montrer patiente et prudente. Avant de sortir de l'immeuble dans lequel se trouvait l'appartement, je collais mon oreille contre la porte pour tenter de voir si la voix était libre ou non. Je restais ainsi deux minutes avant d'ouvrir la porte. J'avais soif et mes bouteilles étaient vide alors je les sorties de mon sac avant de les remplir au trois quart avec de la neige que j'allais laisser fondre. Cela allait prendre un peu de temps, mais j'allais attendre sans trop de difficulté. Une fois que mon sac fut refermé, je me mis en route. Le craquement léger causé par mes pas était agréable à mon oreille, mais cela me faisais peur également, car je craignais que les Malades me remarque.

J'entendis des râlements caractéristiques des Malades en grande quantité. Je ne savais pas combien il y en avait, mais cela ne laissait rien présager de bon alors je n'avais pas du tout l'intention de rester là pour compter et mettre ma vie en danger. Je regardais rapidement autour de moi pour voir si je pouvais trouver un endroit sûr. Je n'avais pas l'impression que les bâtiments que j'avais sous les yeux pouvaient être qualifiés de la sorte, mais je devais faire preuve de logique alors je m'avançais vers celui qui semblait le moins détruit et sombre. Il s'agissait d'une boutique qui à première vue vendait un peu de tout. Je ne savais pas ce que j'allais trouver dedans et cela me faisais peur.

Je sentais mon coeur cogner fortement contre ma poitrine et ma respiration était un peu court, mais je ne reculais pas et de toute manière, je ne pouvais pas me le permettre. Je devais continuer à avancer dans la ville pour retrouver Aori et non pas revenir sur mes pas. L'intérieur manquait cruellement de lumière et un râlement se faisait entendre de manière lointaine et je ne savais pas vraiment comment prendre la chose. Je sortie mon couteau de chasse pour l'avoir en main en cas de besoin. Je finis par trouver le Malade, il était enfermé dans ce qui semblait être la réserve. Je devais le déloger, mais pour le moment j'allais me contenter de voir ce qui se passait dans la boutique. Je venais de me stopper devant un rayon sur lequel se trouvait plusieurs livre. Cela faisait longtemps que je n'en avais pas eut un entre les mains et cela m'avais manquée. Je lisais le résumé se trouvant au dos d'un livre lorsque j'entendis la porte de la boutique s'ouvrir de nouveau. Je ne savais pas ce que cela était alors j'allais me cacher dans l'ombre en attendant de savoir à quoi j'avais à faire.

Soudainement, je me sentis totalement ridicule, car je venais de me rendre compte que j'avais laissé mon sac à dos dans le rayon librairie. Pourtant, je ne bougeais pas de ma cachette. J'aviserais en temps et en heure si cela s'avérait utile.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Snow globe P.V. Flann   Jeu 18 Fév 2016 - 12:18

Le monstre de foire avait jeté son dévolu sur une boutique à moitié barricadée. Les fenêtres étaient bigarrées par des planches de bois solides et la porte encore intacte, comme si le propriétaire n’avait pu parachever son œuvre.  Comme si l’urgence et la précarité de la situation avaient obligé ce dernier à tout laisser tomber et s’enfuir loin de son établissement. Robert souleva alors ses immenses épaules couvertes d’une fine pellicule de neige. Le colosse avait quelques carences intellectuelles, mais à cet instant précis il ne songeait qu’à deux choses. Trouver de la nourriture et aussi une pensée pour l’ange d’ivoire qui avait accepté de rester avec la bête immonde que le mineur représentait pour tous. Bobby se doutait que c’était surement à cause de sa force et son dévouement que Sélène avait accepté de le suivre à l’extérieur de la ville. Aucunement pour d’autres raisons. À moins que… un sourire béat et stupide à souhait se déposât sur l’horrible faciès de la chose. Une pensée d’amour venait de percuter le subconscient de l’homme difforme, mais celui-ci la rejeta au loin. Comment un ange, une dame, pourrait tomber amoureuse de la lie de l’humanité? Une tristesse profonde submergea les profondeurs des lacs bleutés qui servaient d’yeux au géant et avec un soupir résigné il ouvrit la porte grinçante du commerce. Comme pour saluer gaiment la venue du sosie de Frankenstein, une clochette de cuivre produisit un son à la fois mélodieux et des plus incongrus.

Pénétrant dans le magasin qui ressemblait à la fin d’un vendredi noir, à savoir sens dessous dessus et les tablettes majoritairement vidés de leurs marchandises, Robert fit quelque pas timides dans la pièce principale. La pénombre sortait amplement victorieuse de sa bataille contre la luminosité qui filtrait à peine par les lattes de la barricade de fortune apposée rapidement sur les fenêtres.  Enlevant ses gants pour retrouver une certaine sensation tactile, Bobby pêcha dans la poche de son parka sa lampe de poche qu’il attacha sur le devant de son manteau. Manteau dont la neige fondait doucement pour laisser entrevoir des zones d’humidité. Allumant l’interrupteur, un faisceau blanchâtre combattit bravement la noirceur pour dévoiler une chose surprenante au colosse estomaqué. Même les victuailles qui semblaient attendre son bon vouloir près de la caisse enregistreuse passèrent au second plan pour l’esprit lent de u golem de chair. Un sac à dos trônait au milieu d’une rangée. Serra sa hache de bucheron dans ses mains immenses et rugueuses, Bobby s’avança vers l’objet inédit. Il ne remarqua aucunement la silhouette fine et gracile cachée dans l’ombre qui l’espionnait. Il ne sut aucunement quelle lueur passa dans le regard cuivré, si semblable au bronze en fusion. De la peur, de l’angoisse, de la surprise ou bien de la haine? L’être si empathique ne pouvait le savoir, car son attention était portée par cet objet qui pourrait bien être la perte de ce mastodonte au grand cœur. Rendu près du sac, le monstre de foire fléchit ses genoux et déposa une main sur le tissu du réceptacle transportable. De l’eau froide fit sursauter la chose à l’enveloppe corporelle répugnante.  Il vit alors des traces de pas humides sur le plancher de bois et l’homme si souvent brisé se releva. Il passa alors dans une des rares zones éclairer par le soleil timide. Sans le savoir, il se dirigeait directement sur la cachette de la jeune femme. Mais une série de coups redoublés sur une porte fit stopper net la progression de l’être abject.

Se retournant lentement, les pieds bien ancrés sur le plancher de bois qui protesta sous l’effet de ce poids lourd, le spectacle pitoyable de la laideur du colosse se dévoila à l’être camouflé dans les ténèbres. Des pantalons noirs à bretelle, une chemise ayant connu des jours meilleurs et les manches roulés au niveau de ses coudes étaient dissimulés partiellement sous une vieux parka vert. Une ceinture à outils et un sac à dos volumineux complétaient la dégaine du golem de chair. L’espionne pouvait deviner aisément une puissante et solide ossature, des muscles volumineux et même disproportionnés cachés à grand-peine dans l’armure de tissus. Des mains géantes et grosses comme des boulets de canon. Une d’entre elles tenait serré la manche d’une vieille hache de bucheron des plus imposantes. Robert le tenait avec l’aisance de l’habitude et la facilité que c’était aussi lourd qu’un duvet de plume. L’autre main, dont l’index ayant la circonférence d’une saucisse pointa vers la source des tambourinements, semblait pouvoir englober la tête d’un homme presque entièrement. Les pieds, extraordinairement pointés vers l'extérieur et des plus stables, se dandinaient sous l’effet de la gêne et surtout de l’angoisse de ce moment stressant. La cage thoracique bien développée et un cou aussi large que son crâne. Des trapèzes laissant présager une force conséquente dans le haut de ce corps impressionnant. Robert devait dépasser la majorité des gens d’une bonne trentaine de centimètres et devait peser presque le double. Devant le regard cuivré de l’individu, le géant devait être plus associé au monstre des films d’horreur qu’au genre humain. Ce mastodonte semblait être sorti droit des rêves fous d'un savant ayant perdu le contact avec la réalité. Une tête en forme d'œuf, une dentition irrégulière, une mâchoire carrée et virile, des lèvres minces et presque exsangues, une fossette entre ses deux sourcils, des oreilles décollées, une barbe et des cheveux châtains rasés d'une main malhabile et des orbites enfoncées. Tout pour qualifier ce visage aux traits atypiques de faciès monstrueux et repoussant. De son angle de vu, la jeune dame camouflée pouvait dénombrer la multitude de cicatrices qui lézardaient sur les mains et les avant-bras de la chose difforme en face de lui.

Et alors sans la voir, Bobby passa son regard sur la cachette de la dame. Il ne se demandait que faire, les yeux dans la vague, et il retrouvant la tête vers la source de plus en plus insistante des poings fatigués qui cognaient sur la porte.  Mais celle-ci eut tout le loisir de lire comme un livre ouvert l’amalgame d’émotions qui pulsait du regard bleuté de la chose. Elle pouvait plonger au travers des yeux de Bobby et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme de cet imposant individu. Un mélange saisissant de mélancolie, d’angoisse, de prudence se reflétait dans les iris de l’homme déformé. Mais aux fins fond des yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion. Un mystérieux mélange d’humanité grandiose et de bienveillance des plus déplacés dans ce corps d’être digne de figurer dans le bas échelon de la société humaine. Robert prit une seconde respiration, son ton rauque s’éleva alors dans l’air froid de ce jour d’hiver. Les mots furent mâchés, mastiqués même avec des roulements de pierres dans la bouche.

Robert- Euh… Ça va ? J’arrive…


Ayant pu voir enfin la porte encombrer par quelques objets lourds que le destin semblait avoir jeté au sol, Bobby s’arrêter après avoir quelques pas gigantismes et aussi des plus gauches. Le bruit de ses pas ressemblait à des coups de tonnerre et quand il s’arrêta devant le lieu de perdition de la goule emprisonné, le mastodonte demanda simplement.

Robert- Vous êtes pris ? C’est à vous le sac ? Euh...

Un grognement  affirmatif et étouffé émergea de la réserve hantée. L’ouïe amoindrie de la chose pathétique ne capta pas sur le coup les gémissements caractéristiques des aberrations qui parcouraient maintenant ce monde chaotique. Dans l’esprit lent du monstre de foire, il comprit que l’homme enfermé derrière la porte avait dû se cacher là et des objets étaient tombés ensuite pour lui couper sa voie de sortie. Ne voulant d’aider les hommes qui l’avaient si souvent rejeté, tel un chien maltraité par son maître qui revient fidèlement à son appel, Robert déposa son arme près de la porte. Se penchant alors, les mains immenses du colosse commencèrent à dégager l’accès des lourdes entraves qui la bloquaient. Tels des fœtus de pailles transportés au loin par un ouragan destructeur, les diverses marchandises furent écartées aisément par la force phénoménale du sosie de Frankenstein. Il ne resterait qu’un tapis enroulé et la porte, qui s’était entrebâillée, pourrait s’ouvrir en grand comme une bouche qui allait vomir les répugnances prisonnières. Car il n’avait pas juste une goule, mais trois anciens employés s’étaient réfugiés à l’intérieur avec un client mordu. Donc maintenant quatre engeances cannibalisme décomposées commençaient à se presser pour sortir et assouvir leur faim impie sur leur bon samaritain déformé...



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MessageSujet: Re: Snow globe P.V. Flann   Jeu 18 Fév 2016 - 15:12

Depuis que le monde avait fait le choix de partir à la dérive, le son qui avant était doux et mélodieux était maintenant une source de crainte. Ce fut ce petit sentiment qui fit lever les fin poils qui se trouvaient le long de mes bras et qui m'électrisa la colonne vertébrale. Le tintement de la cloche se trouvant au dessus de la porte d'entrée de la boutique dans laquelle je me trouvais me semblais grinçant lorsque je l'entendis alors qu'avant la maladie cela était vraiment quelque chose de reposant et d'agréable. Je me plaquais dans l'ombre en voyant la chose immense qui venait de passer la porte d'entrée. Je ne savais pas encore si cela était un malade ou non, mais j'espérais véritablement que cela ne soit pas le cas. Je ne voyais pas comment j'allais pouvoir m'en sortir si jamais je devais lui faire face, mais est ce que cela serait autrement s'il était bel et bien vivant? Je n'en étais pas vraiment sûr.

Un géant avançait dans la boutique et à entendre le son qu'il produisait à chaque respiration, il était en vie. Je le regardais, silencieuse, avancer dans la boutique. Il semblait chercher quelque chose, mais j'étais plus concentrer sur sa tenue qui ressemblait à celle portée par des paysans ou des bucherons que de ce qu'il regardait. Il faisait grincer de manière légère alors que j'étais convaincu qu'il pesait son poids. Son regard se posa sur mon sac et je savais que j'allais devoir réagir, mais je n'osais pas faire le moindre pas. Je suivis ses mains à l'aspect aussi étrange que la mienne tout en ayant des cicatrices différentes. Je fronçais les sourcils en ayant le regard fixer dessus. Je savais que de là où il se trouvait il ne pouvait pas me voir, mais moi je le pouvais et s'était parfait pour analyser la situation actuelle.

Les secondes s'écoulèrent lentement pendant que je voyais ses mains se glisser à l'intérieur de mon sac à dos oublié dans l'allée où le sol était jonché de livre en tout genre tendis que ma main se fermais de plus en plus fortement sur celui que j'avais pris avant que la cloche de tinte. Il sorti assez brutalement sa main avant de se redresser brutalement. Il s'avança vers moi et je ressentis la crainte grandir de plus en plus. Je ne pouvais pas faire un pas de côté sans que cela me fasse sortir de l'ombre. Je devais rester là tant que possible, mais je m'emparais de mon couteau avec ma main recouverte de brûlure.

Un soupire sorti de ma bouche lorsque je vis le géant au visage que je pouvais qualifier de terrifiant sans pour autant que cela le soit véritablement le cas. Pourtant, le mien semblais doux et angélique alors que le sien était grossier et brutal. Je ne savais pas trop si cela allait de pair avec sa manière d'être, mais je n'avais pas l'intention de rester là pour le vérifier. Une fois que le géant de fer se fut suffisamment éloigner de ma position je sortie de ma cachette pour aller récupérer mon sac. Je venais tout sujet de faire quelques pas en direction de la porte lorsque je j'entendis la voix roque du géant. Il semblait croire que le Malade se trouvant dans la réserve était moi, enfin si on peut dire. Je venais de poser ma main sur la poignée de porte lorsque j'entendis des râlement s'ajouter à ceux que j'avais entendu. Il y avait plus d'une personne dans la réserve et je ne le savais pas.

L'hésitation s'emparait de mon être. Je ne voulais pas laisser cette homme faire face tout seul, car malgré sa taille et sa carrure, il y avait des chances que tout seul il ne fasse pas le poids contre les malades de la réserve surtout s'ils étaient plus que deux. Je soupirais plus fortement que la fois d'avant avant de lâcher la poignée et de revenir sur mes pas. Je faisais attention de rester dans les rayons le plus possible. Je finis par voir quatre Malade sortie en fil indienne de la réserve et s'avancer vers le géant de fer. Je lâchais le livre que j'avais toujours avec moi en faisant preuve de force, car je voulais en attirer un ou deux vers moi afin d'alléger la charge qui pesait sur l'homme qui était entrée dans la boutique après moi. L'un d'eux vint vers moi alors que je reculais pour le faire entrer davantage dans l'allée.

Au bout de cinq pas, je me stoppais et laissais le Malade venir vers moi. Mon coeur était rapide et j'avais peur, mais cela me rappelais que j'étais vivante. Je savais que lorsque je n'aurais plus peur, je serais soit morte soit sur le point de le devenir. J'avançais mon pied droit pour prendre appui dessus et d'enfonçais mon couteau de chasse dans le crâne ramolli du Malade décharné qui me faisais face. Une fois la lame ressorti, il s'écroula lourdement sur le sol. Malheureusement, je ne vis pas tout de suite la chose qui s'avançait dans mon dos alors que je retournais vers le bout du rayon pour voir où en était le géant de fer.
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MessageSujet: Re: Snow globe P.V. Flann   Ven 19 Fév 2016 - 12:07

Ne remarquant aucunement l’ombre furtive qui s’éclipsait de la nouvelle déchéance combative de la chose immonde qu’était Robert, ce dernier enleva avec empressement le dernier obstacle qui empêchait la personne coincée de retrouver une liberté si durement acquise. Mais au lieu de mots bien humains, ou encore d’insultes et de déguisements de dégouts que Bobby avait l’habitude d’entendre, un râle féroce et avide percuta les oreilles de l’homme difforme. Redevenant la tête vers la porte qui venait de souffrir avec fracas pour livrée passage à des aberrations boursouflées de veines noires et précéder par une senteur de décomposition presque étouffante, larmoyante pour les yeux du golem de chair, le géant figea pendant une seconde, juste en attendant la mélopée annonciatrice de la faucheuse. Ce minuscule laps de temps pouvait s’avérer fatal durant cette époque troublée où les survivants passaient de vie à trépas en un claquement de doigts. Et de mort à marionnette malveillante qui ne rêvait que de satisfaire leur unique instinct, à savoir ripailler dans la chair et le sang des dernières lueurs d’humanité.

Mais l’instinct de survie, celui-là que même le bébé naissant possédait prit le dominion de l’homme imposant et lui fit comprendre qu’une présence néfaste rôdait dans la même pièce que lui. Se redressant de sa taille presque improbable et défiante les normes humaines, Robert regarda droit devant. Une ombre chancelante venait de surgir de la cachette ensevelie. Suivis de trois nouvelles silhouettes dont la certitude était que le virus avait depuis longtemps ravager depuis belle luette l’organisme de son hôte. Un homme au teint livide et au regard blanchâtre qui gémit de plus belle. Un peu comme si la goule semblait déçu que son gigantisme repas avait eu l’audace de remarquer son arrivée. La parodie de vie portait un jean, des bottes de constructions, un chandail de groupe de rock et des bretelles. Une immense bedaine, dans un premier temps Robert crut que c’était ça, luttait à chaque pas maladroit du zombie pour se libérer de la gaine de tissus. Mais vu la croute de sang séché, l’esprit lent du colosse comprit que les tripes de la chose sortaient allégrement de son ventre disproportionné. La hache du mastodonte étant apposée au mur près du cortège macabre, le mineur ramassa un pied de table de bois près de son pied. Arme pathétique pour le commun de mortel, mais redoutable pour un être gigantisme doté d’une force herculéenne. Robert serra le gourdin de fortune dans sa poigne remarquable et ses jointures blanchissent sous la prise soudaine. Une goule, l’enveloppe charnelle d’un ange à la chevelure presque entièrement arraché qui devait faire penser au champ de blé de l’enfance plus ou moins heureuse du mastodonte, fonça pour assouvir son envie macabre. Tel un toréador des plus surprenants, Bobby fit un pas de côté et entreprit de faire une cloche-pied. Ayant l’agilité dissipée au même moment que sa vie, l’ancienne caissière s’étala de tout son long après avoir percuté une étagère. Fessant à ses deux assaillants morts-vivants, l’esprit lent de la chose n’avait pas remarqué la disparition soudaine du dernier membre du quatuor décharné. L’adrénaline coulait à flot dans l’organisme de l’homme difforme, mais il se devait de faire un acte de miséricorde avant. Une action de bonté et de gentillesse des plus improbables dans ce monde chaotique et sans pitié. La voix rauque et les mots à peine mâchés s’élevèrent alors dans l’air, porteur d’un mince espoir en l’humanité absente de la goule.

Robert- Euh… Messieurs allez-vous-en ou bien je fais vous faire mal. Il y a des hôpitaux en ville, mais je ne peux pas vous aider d’accord ?

La créature poussa un râle affamé et fit quelques pas qui prenaient une assurance nouvelle. Comme si la chaire boursouflée de Robert représentait le Saint Graal de la gastronomie pour son appétit monstrueux. Levant les bras pourrissants pour essayer d’agripper les épaules massives de l’homme, ce dernier réagit alors avec une poussée formidable. Toute sa force colossale permit à Robert de repousser sur plusieurs pas l’aberration qui ne songeait qu’à donner une accolade meurtrière au géant.

Robert- J’ai dit de partir… Si tu recommences, je te frappe avec mon morceau de bois.

Et la parole de l’homme du Kentucky se réalisa alors. Le zombie, imperméable à ces avertissements, se rua de nouveau vers le mineur avec la sordide intention de planter ses mandibules acérées dans sa jugulaire. Jugulaire qui semblait gonfler sou la fureur latente qui gonflait dans son être. Il ne voulait pas que le mort-vivant fasse du mal à ses anges si ce dernier tombait sur elles par accident. D’un rugissement digne d’un Minotaure de la Grèce antique, Robert propulsa le solide gourdin improvisé vers la tempe de l’ombre d’humanité en face de lui. L’impact résonna fortement dans l’écho de la boutique, un peu comme un solide coup de batte lors d’un match de baseball. Ce son annonciateur d’un coup de circuit ou bien l’expulsion de la non-vie dans l’organisme trépassé en face de l’homme déformé. Un peu le chant du cygne pour la parodie de vie qui chuta lourdement au sol. Le corps ayant subis déjà depuis longtemps le rigor mortis par la mort fut alors parcourue de spasme et de nouveau le pied de table décrivit un arc pour achever les derniers soubresauts. Voyant la dernière goule, surement le manager de la boutique fut son costume trois-pièces lacéré, tacher de sang coagulé et portant encore une plaquette illisible près du trou béant qui devait contenir son cœur. Bobby fit décrire un nouvel arc dévastateur pour frapper le torse de l’être aux doigts décharnés et la créature gorgée de virus recula de plusieurs mètres sous l’impact formidable. Robert laissa tomber son arme improvisée couverte de sang noirâtre et saisit sa hache près de la porte qui semblait mener aux enfers. Tel un bourreau moyenâgeux à l’apparence repoussante, le colosse leva haut son arme au fil si tranchant et l’abattit pour sectionner le mince fil qui maintenait l’aberration dans la non-vie.

Se redressant de sa triste besogne, Robert essaya de retrouver la caissière trépassée. Il ne la fit aucunement et le fin faisceau de sa lampe farfouilla dans les ténèbres oppressantes. Deux ombres attirèrent alors le regard bleuté du monstre de foire. Au travers des rayons d’une étagère vide, Bobby vit la démarche saccadée de la parodie de vie remonter l’allée vers une autre forme. Une silhouette qui semblait gracile, féminine et presque angélique. La divine apparition à la chevelure de feu dégageait d’elle encore la souplesse et l’agilité qui ne mit aucun doute dans l’esprit lent du colosse. Elle était encore vivante. Et les minces bras de la caissière zombifiée, ressemblant à des boyaux de jardinage desséché, se tendirent dans sa direction. Sans comprendre le pourquoi de sa stupidité d’essayer tout un chacun, le géant au cœur d’or propulsa sa main au travers de l’étagère. Quelques résidus de marchandises furent projetés sous l’impact de l’appendice implacable de Robert. Un peu comme le ferait un diable en boite. Tel un anaconda à la peau parcheminé de cicatrice immonde, la main immense et rugueuse du mineur agrippa le cou de cygne de la goule qui allait passer à l’attaque. La parodie de vie était étreinte avec une telle force que ses vertèbres commencèrent à se broyer et la lie de l’humanité détourna son regard de son ouvrage macabre pour scruter l’ange si près et pourtant si loin de lui. Les yeux bleutés remplis de sollicitude, de gentillesse, d’une humanité surprenante et d’une bonté qui semblaient déplacer dans le corps de cet être qui semblait fait de pierre à peine sculpter. Voyant dans un reflet de clarté la beauté divine des traits du visage harmonieux de la dame, la créature eut honte de son faciès monstrueux et rechercha le confort de la pénombre. La goule essaya de griffer l’avant-bras scarifié, creusant des fins sillons sanglants dans le cuir du sosie de Frankenstein. La voix rocailleuse, mais disposant d’une réelle inquiétude pour l’être divin qui venait d’échapper au douloureux baiser mortel de la morte-vivant, s’éleva alors dans les airs.

Robert- Ça va madame ? Vous allez bien ? Pas de bobo des méchants qui mordent ? Euh… Vous pouvez partir si vous voulez, je vais la retenir… Euh… Mais s'il vous plait, ne m’attaquez pas OK?


Tel un enfant qui venait de comprendre la précarité de sa situation, Bobby regarda autour de lui.  L’inconnue avait le beau jeu pour venir l’attaquer en toute quiétude.  Sous les doigts du mineur, la chair boursoufflée et répugnante de la goule commençait à devenir friable. La prise de l’homme difforme commençait à devenir de moins en moins sure…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Snow globe P.V. Flann   Lun 22 Fév 2016 - 13:42

J'avais été absurde, je n'arrivais pas à savoir comment j'avais pu ne pas entendre la malade qui se trouvait maintenant devant moi. Elle avait la moitié de son crâne totalement dégarni. Des mèches ridiculement petites pendaient de l'autre côté dans une disgracieuse harmonie. Je regardais ses yeux sans parvenir à distinguer le moindre signe de vie, mais je n'arrivais toujours pas à croire que toutes ces personnes étaient dépourvus de vie, qu'ils étaient tout simplement morts. J'avais vue des personnes qui normalement auraient du mourir se relever comme si les blessures étaient de simples égratignures et pourtant, j'avais du mal à y croire.

Mon regard fini par se poser sur l'énorme main qui se trouvait tout autour du frêle coup de la femme malade. Elle était large et imposante tout en étant recouverte de cicatrices. Machinalement, je fermais et ouvrais ma main calcinée comme je le faisais à chaque fois que je voyais ce genre de blessure. Je savais que le membre appartenait au géant de fer et je me sentais nerveuse. J'aurais aimée faire les choses discrètement et pouvoir quitter la boutique comme j'avais eus l'intention de le faire avant que cet homme décide tout bêtement d'ouvrir une porte sans faire attention à ce qui se trouvait de l'autre côté. Je savais que j'aurais très bien pu en faire autant. Je fis un pas en arrière avant de me saisir de mon couteau à pleine main avant de l'enfoncer de nouveau dans une tête de malade.

Lorsque je ressortie la lame de mon couteau de chasse, je ne parvins pas à m'empêcher de penser que j'aurais peut être dû fuir et le laisser là puisqu'il semblait être en bonne posture, mais les paroles qu'il avait prononcé semblait sincère et j'avais une légère sensation comme quoi l'apparence physique du géant de fer ne correspondait pas totalement à ce qu'il était vraiment. Je levais la tête pour poser mon regard tout droit dans les yeux du géant avant de prendre la parole :


- Vous pouvez lâcher prise maintenant. Ne vous en faites pas, je vais aussi bien que possible et je n'ai aucunement l'intention de vous attaquer sauf si cela est absolument nécessaire. Je vous conseil donc de garder une distance adéquate.

Je gardais mon regard poser sur lui pendant quelques secondes avant de tourner les talons pour aller ramasser le polar dont je m'étais servi pour attirer quelques uns des malades de la réserve. Il y avait un peu de saleté à cause du corps appartenant au premier malade que j'eus tué. Je fis ce que je pu pour le nettoyer, mais certaines étaient déjà incrustés. Je posa mon sac sur le sol avant de le ranger dedans. Une fois que cela fut fait, je laissais mon sac à mes pieds avant de me tourner de nouveau vers le gant de fer et de prendre de nouveau la parole :

- En tout cas merci, mais avant d'ouvrir une porte, il faudrait que vous soyez sur de ce qui se trouve de l'autre côté. J'avais entendu le bruit caractéristique des Malades dés que je suis entrée dans la boutique. Soyez plus prudent si vous ne voulez pas devenir leur repas ou encore tuer toutes les personnes qui se trouvent autour de vous.

J'avais peut être été dur avec cet homme, mais j'avais été à deux doigts de mourir ou de me transformer en un malade simplement parce qu'il avait ouvert cette porte sans prendre le temps de réfléchir. Une lueur de colère traversa mon regard avant de disparaitre assez rapidement. Je restais devant lui en gardant le silence pour savoir ce qu'il allait me répondre. En tout cas, je ne me sentais pas vraiment à l'aise en face de lui, mais je n'avais pas vraiment envie de le lui montrer.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Snow globe P.V. Flann   Jeu 25 Fév 2016 - 11:35

Dame- Vous pouvez lâcher prise maintenant. Ne vous en faites pas, je vais aussi bien que possible et je n'ai aucunement l'intention de vous attaquer sauf si cela est absolument nécessaire. Je vous conseille donc de garder une distance adéquate.

Le mastodonte laissa choir le pathétique simulacre de non-vie qu’il tenait par le cou. Un bruit mou, en transit entre un sac de patates moisies et un tas de viande avariée qui s’échoue de façon pathétique et odorante au sol, fut l’annonce que le corps trépassé depuis belle lurette avait atteint sa dernière sépulture.  Ramenant sa main immense et rugueuse à lui, le regard bleuté de l’homme difforme eut une lueur fugace de dégout en voyant les morceaux de chairs blanchâtres et les fluides noirâtres qui couvraient sa main. Tout en respectant la consigne de sa bienfaitrice, Robert recula de plusieurs pas vers l’ombre accueillante. La pénombre fut toujours l’alliée silencieuse et rassurante du géant en société. Cette noirceur bienvenue le protégeait des regards accusateurs et railleurs des hommes. Saisissant une serviette à la fois douce et rêche, le colosse entreprit de se nettoyer la main des résidus dégelasses que la morte lui avait laissé en héritage. Son regard accrocha tout à coup l’objet de sa convoitise, sa quête personnelle du Saint-Graal. Le présent que la chose voulait donner à Sélène pour lui redonner le sourire et le pourquoi il avait laissé la sécurité relative des monts couverts de neiges pour se plonger dans l’enfer de la ville hanté. Ce lieu où les morts avaient repris le haut de la chaine alimentaire et que les vivants devaient jouer à cache-cache avec la faucheuse et son armée d’acolyte. Avançant une main audacieuse et surtout tremblante de joie passagère, le monstre de foire prit l’objet tant convoité et le plaça dans la poche de son grand manteau. La douce voix de l’étrangère fit fier l’ombre gigantisme que représentait maintenant l’homme difforme dans l’accueillante pénombre.

Dame- En tout cas merci, mais avant d'ouvrir une porte, il faudrait que vous soyez sur de ce qui se trouve de l'autre côté. J'avais entendu le bruit caractéristique des Malades dès que je suis entrée dans la boutique. Soyez plus prudent si vous ne voulez pas devenir leur repas ou encore tuer toutes les personnes qui se trouvent autour de vous.

La tête au faciès monstrueux  se pencha vers l’avant, percuté de plein fouet par son imprudence et les mots chargés de colères de la jeune femme. Une rougeur excessive de honte et de malaise gagna les joues mal rasées du chainon manquant. Le regard bleuté, si pur et lumineux de bonté fut fuyant, regardant la pointe de ses bottes.  Un instant Robert avait entrevu, dans les minces rayons du soleil et le faisceau blanchâtre de sa lampe accroché au revers de sa veste, la beauté sublime de la dame en face de lui. De la cascade de flammèches incandescentes de bronze en fusion qui tombait librement sur ses épaules,  de son visage angélique que les artistes du temps passé devaient s’être inspiré pour faire leurs chefs œuvre, des lèvres charnues et qui promettaient un avant-gout paradisiaque à ceux qui avaient le bonheur de les effleurer, un corps… Le géant fut frappé par une nouvelle dose de gêne. Il ne comprenait aucunement le pourquoi de ses pensées à cet instant, mais il avait d’autres chats à fouetter. Les yeux cuivrés de la superbe femme lançaient des éclairs de colères et de dégouts devant le danger que Bobby lui avait courir avec son désir d’aider les gens.  Une voix rauque, où la tristesse et la honte se mélangeaient allégrement, franchit la barricade des dents mal alignées de la chose aux épaules tombantes.

Robert- Je m’excuse madame… Euh… Je ne voulais pas vous mettre en danger. Je pensais que c’était vous qui étiez prise dans le placard… Euh… Je ne voulais qu’aider.


Levant un index immense et ayant la circonférence d’une saucisse, le sosie de Frankenstein se tapota deux ou trois fois son front ridé par sa forte concentration. Comme si chaque mot prononcé par le monstre de foire devait être un effort colossal pour bien mettre dans l’ordre.

Robert- Je ne suis pas fort du cerveau…  Euh… Mes amies m’ont dit que je devrais arrêter d’aider les gens, que c’est pas toujours bien et qu’on peut se faire mal… Euh… Je le fais encore peut pas m’en empêcher. Désolé encore pour la réserve.  Moi ça me ne dérange pas trop de mourir si je peux aider… Et je n’ai pas de bonnes oreilles. Trop proche des explosions dans les mines… Euh… Les autres avaient des familles et moi je ne valais pas grand-chose selon les autres alors je faisais le boulot dangereux.

Un sourire un peu béat se profila alors sur les lèvres exsangues de la chose en armure de chaire peu ragoutante. Robert se balançait d’un pied à l’autre, la gêne et la honte ayant paralysé son corps aux muscles disproportionné. Voyant la nourriture sur le comptoir, il rajouta tout bas. Une tendresse et une bonté semblaient maintenant pulser de l’être immonde. Une sorte d’aura apaisante qui calma l’erreur de la nature.

Robert- Il y a de la nourriture derrière vous sur le comptoir. Elle est à vous si vous voulez… Euh je vais trouver autre chose à manger, mais je veux m’excuser madame. Vous chercher quoi dans la boutique je peux vous aider ?

Quelques minutes après la dernière phrase de Robert…


Au loin un chœur macabre, avec en son sein la déchéance de l’humanité tout entière, fit dresser l’oreille des survivants. L’abomination solitaire vue un peu plus tôt avait atteint la porte de la devanture et il tapait faiblement de ses phalanges dénudées. Mais les autres goules avaient entendu les supplices de l’être trépasser et elles commençaient à sortir de leur torpeur sous leur linceul de neige pour converger vers leurs futurs repas.



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