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 Public Utility

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Public Utility   Mer 17 Fév 2016 - 22:27

Samsun m’avoua qu’il n’était pas un expert en armes à feu. Il savait tirer mais sans plus. Personnellement, je préférai largement les armes blanches. De toute façon, les armes lourdes semblaient inefficaces contre les infectés vu qu’il fallait viser la tête. De plus, il fallait se munir de munitions et il était clair que ce n’était pas ici qu’on en trouvera. Je lançai a l’afro-américain en souriant : « Moi, j’adore les armes blanches surtout tout ce qui est sabre ou épée. Je fais un peu d’arts martiaux également ». Par la suite, à l’intérieur de la boutique, Samsun m’indiqua de prendre des briquets et des bougies. Je fouinai autour derrière le comptoir quelques instants. Il y avait des sacs en carton assez résistants bien superposés les uns sur les autres. J’en pris un et le remplit de bougies et de briquets.
Je reviens ensuite vers mon nouvel ami et lui rétorqua en souriant : « Voilà. J’ai tout pris. Il faudra faire attention à ne pas les gaspiller car il n’y en a pas énormément. Mais au moins, on pourra mieux éclairer la salle principale et faire du feu pour faire cuire des aliments ».

Mon collègue se chargea de remplir un sac à dos de bonnets, écharpes et gants. Certaines personnes au chalet n’avaient pas beaucoup de vêtements chauds et seraient ravis de pouvoir se vêtir de tout cela. L’afro-américain me conseilla ensuite de rechercher de la nourriture. J’acquiesçai d’un signe de tête. Je n’en avais pas vu dans les rayons. Je regardai près du comptoir. Quelques boites de caramels et de dragées étaient présentes. Je les mis dans mon sac sans hésitation. Après tout, cela pouvait toujours servir. J’étais ravi de trouver autant de trucs utiles au groupe. Et de surcroît, l’absence de fondus me mettait vraiment de bonne humeur.

Samsun m’indiqua ensuite qu’il n’avait pas de famille non plus. Tout comme moi, la majorité d’entre eux étaient morts bien avant l’apocalypse. Il avait, de plus, connu la rue. Le pauvre, il avait dû vivre une existence particulièrement pénible. Me concernant, j’avais mes grands-parents qui m’avaient aidés et je n’avais jamais manqué de rien. Je restai un petit moment à le regarder, un peu gêné puis finit par répondre doucement : « Moi, mes parents sont morts dans un accident de voiture. J’ai survécu à l’accident et j’ai été élevé par mes grands-parents. Ils avaient pas mal d’argent, j’étais très gâté. Ca me révolte toute cette pauvreté et cette exclusion sociale en Amérique. Tout le monde devrait pouvoir vivre dignement et avoir un logement et un travail. Enfin bon, tu me diras maintenant l’avantage, c’est qu’on est tous dans le même pétrin ».

Mon compagnon d’infortune prit ensuite des journaux. Visiblement, ils étaient assez anciens. Certains évoquaient les premiers cas d’infection dans le pays. Je savais déjà que tout le pays était touché et probablement, la Terre entière. Il retourna ensuite vers moi et me demanda si j’avais fini. Je répondis calmement : « Oui, j’ai terminé. On a trouvé quelques trucs, ce n’est pas si terrible. De toute façon, il faudra tôt ou tard redescendre en plaine pour retrouver de la nourriture. On ne pourra pas se contenter de manger du lapin ou de la biche pour tout le reste de l’hiver».

Et qui dit absence de froid et de neige dit fondus en pleine forme et en grand nombre. En examinant le comptoir, mon nouvel ami trouva un fusil à pompe qu’il me lança. Je l’attrapai avec difficulté. Je n’aimais pas ce genre de truc et fit une petite grimace. J’avais peur de tuer quelqu’un avec ça mais bon, je pris sur moi pour ne pas froisser mon collègue. Je lançai ensuite : « Je te laisse passer devant du coup ».
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Samson Armstrong
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MessageSujet: Re: Public Utility   Lun 22 Fév 2016 - 14:58









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Samson ouvrait maintenant la marche. Le vent s'était calmé pour un temps, faisant le froid moins mordant. La station se massait le long de la route qui serpentait sur le versant. De chaque côté, des résidences, des hôtels, des boutiques de vêtements, de souvenirs, des bureaux de tabac, des bars, des restaurants… Tout ce qui permettait aux touristes de mener leurs vacances dans de bonnes conditions. Si avec tout ça ils n'arrivaient pas à ramener quelque chose au chalet… Il suffisait de se laisser porter par ses envies et ses besoins, à choisir un endroit et à faire ses emplettes.

Samson pensait surtout à la nourriture. Elle ferait vite défaut, au chalet, et il faudrait rapidement trouver de quoi faire. Évidemment, ce n'était pas à seulement deux hommes qu'ils pourraient ramener de quoi nourrir tout le monde. Mais en menant des expéditions régulières, ils pourraient pallier à la baisse des stocks. Et une fois la neige disparue, ils pourraient venir ici avec des voitures, et piller tout ce qu'ils pourraient.
Mais l'absence de Geignards aujourd'hui ne garantissait pas que ce soit le cas plus tard. Au contraire. La neige devait les empêcher d'arriver jusqu'ici. Le jour où ils pourraient marcher bien tranquillement, ce serait une autre histoire.
Pour le moment, les vents dominants avaient soufflé la neige d'un seul côté de la rue, de sorte qu'un trottoir était assez dégagé tandis que l'autre était envahi par une congère de taille conséquente. Ça restreignait les possibilités.

Samson s'arrêta et fit signe à Justin d'en faire de même. Ils étaient devant un petit restaurant. Il devait y avoir à manger, ici. Des conserves, des pommes de terre, de quoi améliorer l'ordinaire.


    « Allons voir. Après ça, on rentrera. On ne pourra pas se charger beaucoup, de toute façon. »


Mais comment entrer ? La porte était verrouillée, et elle ne cédait pas aux assauts de l'épaule de Samson. Plusieurs options se présentaient à eux. Ils pouvaient utiliser leurs armes pour faire sauter le verrou. Ou chercher une autre porte. Ou encore briser la vitre de la façade. Les munitions étaient limitées, aussi valait-il peut-être mieux les conserver pour un autre usage.

Et puis merde, ils n'allaient pas rester ici à faire le planton ! Samson cherchait de quoi casser cette foutue fenêtre. Du double vitrage, ça ne serait pas une mince affaire. Ils devraient peut-être faire le tour, au cas où un autre accès existerait.


    « J'aimerais éviter d'utiliser nos armes sur cette serrure. Cherchons un moyen d'entrer, où de casser cette vitre. »


















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MessageSujet: Re: Public Utility   Lun 22 Fév 2016 - 23:14

J’étais assez surpris de voir que la station de ski était plutôt grande et presque personne n’avait encore rien ramassé. On avait déjà trouvé pas mal de trucs dans le chalet comme des ustensiles de cuisine, des vêtements ou encore de draps propres.  La nourriture restait encore un problème épineux mais on mangeait à peu près à notre faim. Je pensais à la neige. On s’en plaignait mais elle nous protégeait clairement des fondus. Le peu qu’on avait croisé pour le moment étaient présents à l’intérieur  des bâtiments. Personnellement, ça faisait un moment que mon wakizashi n’avait pas servi. Quand le printemps arriverait, on pourrait sans doute faire davantage d’expéditions mais il y a fort à parier que les fondus viendraient roder par ici. Seattle n’était qu’à quelques dizaines de kilomètres et certaines créatures finiraient par se déplacer, attirés par le gibier qui était très abondant dans le coin.

Pour le moment, on était donc en quelque sorte en vacances. Après ce qu’on avait vécu, tout le monde avait besoin d’un break mais cette situation n’allait pas durer, il ne fallait pas se faire d’illusions. De plus, nous n’étions pas à l’abri de personnes nuisibles qui pouvaient nous attaquer à tout moment. Après tout, il n’y avait aucune barricade ou dispositif de sécurité. Et même si c’était le cas, un groupe de pillards pouvait rentrer dans le chalet comme dans un moulin. Enfin bref, j’étais de trop penser à cela. Cela ne servait à rien de se torturer l’esprit de la sorte. Samsun me fit alors signe de m’arrêter devant un petit restaurant. Je lui répondis en souriant : « Oui allons y. S’il y a vraiment beaucoup de trucs intéressants, d’autres personnes du groupe viendront ramasser ce qui reste. "

Hélas, la porte était verrouillée et il était quasi impossible de l’enfoncer. Quand a la fenêtre, c’était du double vitrage. Peut-être que des gens s’étaient cachés ici ? Si c’était le cas, ils devraient s’attendre à affronter des fondus. Faire du bruit n’était pas un souci ici. En revanche, les munitions étaient rares et il serait dommage de les gaspiller pour ce genre d’usage. J’essaye de frapper la vitre avec des coups de pied bien placés mais rien à faire. Il devait surement y avoir une autre entrée ou au pire, par le toit, on pourrait trouver un point d’entrée. Je répondis à mon collègue : « Je vais faire le tour du bâtiment pour voir s’il y a une entrée. Si ce n’est pas le cas, il faudra trouver une grosse pierre ou quelque chose du genre afin de casser la vitre. »

Je tournai autour du bâtiment. Il y avait, en effet, une autre porte. Cette dernière n’était pas verrouillée mais tout simplement fermée avec plusieurs planches en bois. Je retournai vers mon nouvel ami et lui lança calmement : « Il y a autre porte à l’arrière. Elle est fermée avec des planches en bois. On peut les enlever en forçant un peu. Sans doute que des gens se sont barricadés à l’intérieur, ce qui veut dire qu’il peut y avoir quelques infectés à l’intérieur. »
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Samson Armstrong
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MessageSujet: Re: Public Utility   Mar 23 Fév 2016 - 17:11









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Samson approuva la proposition de Justin, qui contourna le petit bâtiment. La neige s'était bien accumulée de ce côté, mais le léger surplomb du toit avait permis à un mince espace le long du mur d'être presque épargné. Seuls quelques centimètres d'un manteau blanc couvrait le sol, formant une pente aiguë pour atteindre un bon gros mètre de haut sous un bosquet d'arbres nus.

Samson, lui, resta de son côté. Il cherchait de quoi briser la fenêtre, s'il y avait besoin. Rien de concluant, il fallait bien le reconnaître. Trouver un caillou, avec cette neige, c'était pénible. Même s'il y avait bien moins épais de ce côté de la rue que de l'autre.
Il y avait un banc, tout près. Le genre de truc fait en rondins, pour faire rustique, montagnard, et coller à l'ambiance. C'était amusant comme on s'obstinait à donner un tel aspect à tout, alors qu'on équipait ces mêmes stations de tout ce qui était dernier cri. Isolation thermique aux dernières normes, éclairages à économie d'énergie, systèmes de recyclage de l'eau, objets connectés dans tous les coins, remontées mécaniques de plus en plus efficaces. La rusticité et l'authenticité, oui, mais pas sans tout le confort high-tech. Et des fenêtres à double vitrage.

En tous cas, ce banc pouvait faire office de bélier, en derniers recours. S'ils pouvaient le soulever à deux.
Justin était déjà de retour.[/i]



    « Il y a autre porte à l’arrière. Elle est fermée avec des planches en bois. On peut les enlever en forçant un peu. Sans doute que des gens se sont barricadés à l’intérieur, ce qui veut dire qu’il peut y avoir quelques infectés à l’intérieur.– Allons-y. Il suffira d'être prudents. Je suis pas chaud à l'idée qu'on se fasse blesser, alors je te préviens : on a intérêt à faire gaffe. »



Bien sûr, le conseil était facultatif. Justin ne voulait pas plus que lui se faire mordre, ou dépecer, ou les deux.

La porte était des plus simples. Un seul battant, sans judas ni lucarne, sans carreau, et sans verrou solide. Faite de bois, elle était encadrée d'un montant également en bois. Samson l'examina rapidement. Elle s'ouvrait, depuis l'extérieur, en tirant. Autrement dit, une fois dégagée des planches qui la barraient, elle pourrait être poussée par quiconque se trouverait à l'intérieur. Geignards compris.




    « Okay. Essayons de faire ça vite. »



Les deux équipiers se mirent au travail. Il retirèrent sans trop de mal la première planche, qui avait été posée en dernier et chevauchait deux autres comme elle, ses clous tenaient donc moins bien. Retirer les autres fut moins aisé. Les planches offraient peu de prise, comme elles étaient plaquées étroitement à la porte. Mais en forçant méthodiquement, ils arrivèrent à écarter un peu la suivante, juste assez pour glisser les doigts derrière et pouvoir tirer sérieusement dessus.

Il en restait encore quatre. Justin et Samson continuèrent leur travail de sape. Il leur fallut un petit quart d'heure tout de même avant d'arriver à la dernière planche.




    « Chhhh ! Écoute... Samson interrompit tout de ces mots. Il resta muet et immobile de longues secondes. J'aurai juré avoir entendu du bruit… »



Un son lui coupa la parole. Comme un grattement sur la porte, de l'autre côté. Samson colla son oreille contre le panneau de bois et s'en écarta aussitôt.



    « Il y en a un, juste derrière, fit-il à voix basse. Il a du nous entendre. Il y en a peut-être d'autres… À peine on aura fini de débloquer cette porte que ça se jettera sur nous. Tu te sens prêt ?Aide-moi à dégager un peu la dernière. Je finirai de l'enlever. Toi, tu te tiendras prêt à recevoir ce qui sortira par cette porte. »



C'était un peu directif, mais c'était inconscient. Justin lui fila un coup de main, et quand il se sentit capable d'arracher la dernière planche seul, Samson lui fit signe. Ça grattait derrière la porte, et on l'entendait maintenant très nettement, avec un râle étouffé pour accompagner le tout.



    « Prêt ? À trois !…Un !Deux !… »



Ils allaient vite savoir combien de Geignards se cachaient là-dedans. Restait plus qu'à espérer que ça ne serait pas une vingtaine.


« TROIS ! »


















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MessageSujet: Re: Public Utility   Mer 24 Fév 2016 - 12:33

Il y avait des infectés dans le bâtiment. C’était tout à fait évident. Si ce n’était pas le cas, qui ce serait amusé à bloquer les entrées de cette façon ? Il y avait surement de la nourriture à l’intérieur du restaurant et on ne pouvait pas passer à côté. Si on ramenait beaucoup de choses utiles au chalet, les personnes du groupe me verraient comme une personne utile qui n’hésitait pas à risquer sa vie pour les autres. Il fallait également voir cet aspect-là. La première planche fut facile à retirer, ce fut presque un jeu d’enfant. Ce fut nettement moins drôle pour les suivantes. Je tirai de toutes mes forces et heureusement le bois, probablement du sapin, n’était pas très solide. Si c’était du chêne, il aurait été quasi impossible de les briser sans une hache ou une tronçonneuse. En tout, il fallut tout de même une dizaine de minutes pour tout retirer.

Puis, Samsun m’affirma entendre un bruit. Il colla sa tête contre la porte, puis s’en écarta aussitôt. Il m’indiqua qu’il allait ouvrir la porte. Je n’avais qu’un petit couteau et un fusil. Comme je ne savais pas bien tirer, je préférais utiliser l’arme blanche. Si j’avais su, j’aurais pris mon sabre qui pouvait couper en deux les fondus. Avec ce que j’avais actuellement, j’avais intérêt à faire très attention à ne pas me faire mordre. Je lançai a Samsun : « Ça marche. Je vais gérer. J’espère qu’ils ne seront pas trop nombreux. J’aurai du prendre mon sabre mais bon, je vais faire sans. »

J’aidai l’afro-américain  à dégager légèrement la dernière planche. Le râle du fondu s’intensifiait. Il semblait n’y en avoir qu’un seul derrière la porte mais il devait surement y en avoir d’autres à l’intérieur du bâtiment. Samsun mit en place un compte à rebours. Je sentais mon rythme cardiaque s’accélérer très nettement et ma main se serrer sur mon couteau. Finalement, la porte s’ouvrit et un fondu en très mauvais état fonça sur moi. Je le fis tomber au sol en le frappant d’un coup de pied puis lui planta le couteau ans l’œil. La créature difforme s’immobilisa immédiatement.

Je rentrai alors à l’intérieur du restaurant prudemment. Le décor du lieu était digne  d’un film d’horreur. Il y avait du sang séché partout et un corps complètement dévoré était présent au milieu de la pièce. Les chaises et les tables étaient renversées et l’odeur de charogne était à peine supportable. Pour le moment, il n’y avait pas d’autre fondu. Je pensai alors à la nourriture. Elle devait être dans la réserve. Je m’avançai prudemment vers cette dernière. Je sentis alors une main monstrueuse m’agripper la cheville. Un fondu cul-de-jatte et au visage partiellement dévoré me fit tomber à terre. Je m’effondrai et une vive douleur m’envahit. Un morceau de verre s’était enfoncé profondément dans mon épaule. Je réussis à éliminer le fondu avec mon couteau que j’enfonçai dans son crane mou. Je me relevai et regarda Samsun en grimaçant de douleur. Je lui lançai stressé « J'ai un bout de verre dans l'épaule. Il est bien incruster dans la chair bon sang! » Le sang commença à tacher légèrement mes vêtements.
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Samson Armstrong
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MessageSujet: Re: Public Utility   Mer 24 Fév 2016 - 18:31









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Comme il s'y était attendu, le Geignard fit sa sortie à peine la dernière barricade retirée. Justin s'en tira bien, d'une habile balayette suivie d'un coup de couteau à l'œil. Ce qui avait été un homme autrefois s'immobilisa pour de bon. Justin entra le premier, et Samson lui emboîta le pas, l'arme au poing prête à faire feu.

Il marqua quand même un temps d'arrêt, tellement l'odeur putride ici était forte. Depuis combien de temps la première personne était-elle morte ? Samson avait déjà senti cette puanteur caractéristique, ce fumet douceâtre et écœurant de la chair décomposée – dans la rue, entre les rats, les pigeons, la bouffe des poubelles et parfois le corps d'un pauvre clodo mort deux semaines plus tôt, ce n'étaient pas les occasions qui manquaient. Mais là, c'était différent. Plus intense, plus agressif aussi. Moins supportable.

Il fallait pourtant continuer à avancer. Justin contourna quelque chose, que Samson put voir une seconde après. Un corps, sérieusement mutilé, impossible à identifier comme homme ou femme. À dire vrai, il ne restait plus beaucoup de chair.
Les murs et le mobilier comportaient des traces de sang, tout comme le sol. Giclures, gouttes, taches ou flaques, traînées ou éclaboussures, toutes les formes de barbouillage à l'hémoglobine étaient représentées.
Des tables et des chaises avaient été bousculées, certaines renversées, et de la vaisselle jonchait le sol, brisée pour la plupart. Les pas des deux hommes crissaient sur la moquette constellée de morceaux de verre et de porcelaine. Justin semblait avoir repéré un objectif. En effet, droit devant, une porte exhibait fièrement un panonceau "PRIVÉ". Ce devait être une réserve, ou l'accès à la cuisine.

Mais le jeune équipier de Samson fut interrompu dans son itinéraire vers la bouffe. Un Geignard qu'ils n'avaient pas vu était sorti de sa planque, derrière une table renversée, pour agripper la cheville de Justin. Samson leva le canon de son arme et mit en joue, mais le couteau du jeune était entré en œuvre plus vite. Il se releva, grimaçant.


    « Merde, ce truc est sorti de nulle part ! Ça va, petit ?
    J'ai un bout de verre dans l'épaule. Il est bien incruster dans la chair bon sang !
    Samson s'approcha pour examiner la blessure. Ce n'était pas un morceau de verre, qui n'aurait jamais réussi à traverser autant de couches de vêtements, mais un fragment d'assiette. Ce truc était assez conséquent, en tous cas assez effilé et coupant pour avoir percé un manteau d'hiver, une chemise et un tee-shirt. Samson saisit le bras du jeune homme, l'éleva et l'abaissa, faisant grimacer encore le blessé. Ce faisant, il s'était assuré que le corps étranger n'était pas allé trop profond, ce qui aurait été mauvais.
    Ça n'a pas l'air si grave. Mais je vais devoir t'enlever ça. Ça va faire mal. Et on n'a rien pour te soigner... »


Il gagna la table la plus proche, celle qui avait servi de planque au Geignard rampant – bien moche, soit dit en passant : la moitié du visage dévorée, laissant apparente les dents et une partie de la mâchoire, un œil et une oreille manquants – et se saisit de la nappe. Se servant de ses dents, il entama le tissu pour pouvoir le déchirer, et tira sur l'étoffe pour en obtenir une large bande, qu'il replia deux ou trois fois pour gagner en épaisseur.
Revenant vers Justin, il affectait un visage plein de compassion.


    « Je vais faire au plus vite. Mais ça sera au moins aussi douloureux qu'à l'entrée. Prêt ? »


Pas tellement le choix, en même temps. Il ne pouvait pas rester avec un bout d'assiette dans l'épaule pour le restant de ses jours, qui le cas échéant serait très nettement raccourcis. Samson se servit du tissu de la nappe pour ne pas se couper lui aussi sur la porcelaine, et enleva sèchement le morceau de vaisselle, arrachant un gémissement au blessé.

Le saignement n'avait pas vraiment empiré. Ça saignait, mais il ne se viderait pas de son sang ici. Pour autant, il valait mieux ne pas traîner.


    « Retire ce manteau, je vais improviser un bandage avec ça, ajouta Samson en agitant la bande de tissu. »


Il ne lui fallut pas longtemps, et deux tours de nappe déchirée et un nœud bien serré plus tard, Justin était soigné faute de mieux. Ils arrangeraient ça plus proprement une fois rentrés au chalet.
D'ailleurs, le chalet, devaient-ils y retourner tout de suite ? Ils n'avaient encore rien trouvé dans ce restaurant, et c'était un peu tôt pour rentrer. Samson aurait bien poursuivi, pas longtemps, juste assez pour ramener un peu de nourriture. Mais il n'était pas le seul à décider.


    « Que veux-tu faire ? Rentrer ? Continuer ? On a déjà quelques bricoles, un peu de bouffe serait un plus, mais tu es blessé… Tu te sens de continuer ? »


La question comprenait tant sa condition physique que l'éventuelle présence d'autres Geignards. L'expérience l'avait peut-être un peu secoué, et il refuserait alors de continuer. C'était maintenant son choix.

















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MessageSujet: Re: Public Utility   Jeu 25 Fév 2016 - 0:12

Samsun était juste derrière moi et il a suffi de quelques secondes d’inattention pour qu’un fondu réussisse à m’attraper. J’avais eu de la chance que ce morceau se soit planté dans mon épaule et non dans mon œil ou autre part, ce qui m’aurait fallu une mort lente et douloureuse. J’aurai pu également me faire mordre. Dans tous les cas, Samsun aurait dû m’abattre afin d’éviter de ramener une personne mourante dans le chalet. Je grimaçai lorsque mon collègue me demanda de lever le bras. Apparemment, je n’avais rien de casser. Tant mieux car cela aurait été très délicat à soigner. D’autant plus qu’on n’avait aucun médecin au camp.

Mon collègue m’indiqua qu’il voulait enlever le morceau. Je commençais à trembler légèrement. Il fallait peut être attendre de revenir au camp mais je pourrais perdre trop de sang d’ici-là. L’afro-américain se décida à prendre une nappe qui n’était pas sale, puis me demanda si j’étais prêt. Je lui répondis : « Fais ça rapidement. On fera une désinfection approfondi arrivé au chalet ! » Il tira d’un coup sec. Je lâchai un cri de douleur. La douleur était très vive pendant quelques secondes mais redevient à peu près supportable ensuite. Je retirai ensuite mon manteau et laissa Samsun m’arranger comme il put. Il me demanda ensuite si je voulais continuer. On n’avait pas encore fouillé le restaurant et il ne devait plus y avoir de danger pour le moment. Ma chute avait fait beaucoup de bruit et les fondus n’étaient pas du genre à rester cachés bien longtemps quand ils entendaient des proies à proximité.

Je remarquai Samsun et réfléchit quelques secondes avant de lâcher : « Oui, on va fouiller ce restaurant. Il ne devrait plus y avoir de danger à présent. Il doit surement y avoir quelques boites de conserves. Ensuite, on va rentrer et tu m’aideras à me désinfecter complètement. »Je le regardai alors d’un regard bienveillant, puis reprit « Merci pour ton aide. J’ai eu beaucoup de chance. J’aurai pu me prendre ce bout d’assiette dans l’œil ou la gorge. Et l’infecté aurait pu me mordre. Et moi qui pensais être tranquille dans ce lieu isolé de tout ».

Je regardai un instant sous le comptoir et aperçut trois boites de légumes en conserve. Je les ramassai dans mon sac à dos et lança à mon nouvel ami : « Il y en a sans doute d’autres dans la réserve. Les gens qui se sont barricadés ici essayaient de trouver un refuge. L’un d’entre eux était infecté et on imagine la suite. J’espère ne pas finir comme ça ! » Je pris alors un regard très sérieux puis reprit : « Si je montre des signes inquiétants d’infection, empêches moi de revenir au chalet. Je ne veux pas infecté les autres. Généralement, on se transforme en quelques heures. Ça va vraiment très vite en général ! » Les probabilités d’être infecté étaient quasi nulles mais je préférai prévenir mon collègue de la démarche a suivre si jamais je me trompais.
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MessageSujet: Re: Public Utility   Aujourd'hui à 23:07

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