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Samson Armstrong
WALKING WITH THE DEADS
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MessageSujet: Public Utility   Mar 9 Fév 2016 - 17:22









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Le chalet avait beau être grand et agréable, la population pouvait bien être sympathique – pour ce qu'il avait pu le constater – Samson n'en commençait pas moins à tourner en rond. Dans la rue, tromper l'ennui était facile, au fond. Dormir, se lever, faire quelques kilomètres, trouver de quoi boire, boire, cuver, dormir… C'était une routine redoutable contre la morosité.
Mais ici, c'était différent. Dormir, c'était le milieu de l'après-midi, alors non. Sortir faire quelques kilomètres… dans la neige, et pour aller où ? Non. Boire, ça pour boire il y avait de quoi faire. Mais il n'avait pas vaincu le manque, les douleurs, la fièvre, les tremblements et les hallucinations pour faiblir maintenant que tout allait mieux. Ça non. Alors quoi ?

Appuyé sur le bord d'une fenêtre, il rongeait son frein. On avait de quoi survivre un peu. Pour combien de temps ? Toute la question était là. Avec toute la neige qui était tombée, il n'était pas envisageable de quitter les environs avant le printemps et le retour de la douceur. C'était une question de semaines, et ça pouvait être plus long que ça. Le réchauffement climatique et toutes ces conneries écolo dont on nous rebattait les oreilles depuis des années. Finalement, on en voyait les conséquences, sans vraiment s'avouer le pourquoi du comment. Tout ça pouvait repousser la fonte des neiges de beaucoup. Peut-être pas avant le mois d'avril. Ce qui voulait dire qu'ils seraient condamnés à rester ici pendant encore deux mois, en vase clos. Non, il fallait faire quelque chose. Les réserves ne tiendraient pas jusque là.

Avec toute cette neige, pas question de prendre la route pour aller au patelin voisin. Et puis quoi, une fois sur place. Les Geignards, il fallait y penser aussi. Combien pourraient-ils en trouver, en partant au hasard ? Ici, Samson n'en avait encore vu aucun. Ni pendant ses tours de garde, ni pendant la journée. Si la neige et le gel empêchaient les survivants de quitter leur refuge, ils les y gardaient en sécurité. Pourtant...


    « BORDEL ! Samson avait frappé du poing sur le montant de la fenêtre. Nom de nom, on peut pas rester cloîtrés à regarder le temps passer… Faut bien faire quelque chose… »


Il avait pensé à haute voix, ce qui n'était pas vraiment gênant en soi. Mais parfois, cela lui arrivait alors qu'il n'était pas seul. C'était le cas, cette fois. Des craquements du plancher derrière lui trahissaient quelqu'un qui venait par ici. Samson se retourna brièvement pour voir qui arrivait, avant de retourner à sa contemplation du paysage au travers du verre de la fenêtre.

    « Salut, fils. Ce n'était évidemment pas son fils. James, son fils, était mort voilà près de 16 ans. Il aurait eu presque l'âge de ce garçon. Ouais, Samson avait l'âge d'être le père de ce petit gars. D'où ce "fils" amical, sorti comme un réflexe, sans plus de réflexion. Tu n'es pas à t'amuser avec les autres ? Je parie qu'il y a plein de choses marrantes à faire, dans le coin... »


S'amuser. Voilà une chose qui ne ferait bientôt plus partie du quotidien. Il fallait juste que tout le monde en prenne conscience.
















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MessageSujet: Re: Public Utility   Mer 10 Fév 2016 - 12:02

Le temps était long au chalet et les journées semblaient interminables. La neige au sol nous interdisait tout mouvement et il fallait attendre que tout cela fonde afin de pouvoir de nouveau se balader dehors. De plus, il faisait sacrément froid et je commençais vraiment en avoir ras le bol de l’hiver. Cependant, on était tranquille. Depuis que j’étais arrivé ici, je n’avais pas encore abattu un seul infecté. J’avais toutefois envie d’explorer les environs. Qui sait, je pourrais y trouver quelques trucs intéressants. De plus, Giulia n’était pas forcément sympathique avec moi ces derniers temps et passait son temps à me gronder ou à me faire des reproches. Je me sentais vraiment seul et je n’avais personne à qui me confier.

Les conditions de vie étaient rudes ici. Sans électricité, on était obligé de se coucher comme les poules et je passais de nombreuses heures dans mon lit à essayer de trouver le sommeil. Ce qui agaçait beaucoup Giulia qui m’ordonnait de faire moins de bruit. En plus, j’en avais assez de me nourrir de rations militaires insipides. J’avais envie d’engloutir un énorme plat de sushis ou un menu Mac Do XXL. Tous ces petits plaisirs de la vie me manquaient tellement.

J’entendis alors quelqu’un grogner dans son coin. Visiblement, je n’étais pas le seul individu à s’ennuyer ici. Hélas, mes pas trahirent ma présence, ce qui fait que l’homme se retourna et me salua. Je connaissais de vue cet afro-américain. Il était souvent en train de surveiller le chalet afin de s’assurer qu’aucun danger n’était présent. Je lui adressai un sourire timide et répondit calmement :
-Euh salut. Moi, c’est Justin !

Il me demanda ensuite pourquoi je ne m’amusais pas avec les autres. Il y avait bien peu d’activités amusantes à faire dans le coin. Et faire le ménage ou de la cuisine n’occupait pas toute la journée. L’idéal, ce serait de trouver des livres. Il devait surement y en avoir dans les environs. Je lui répondis donc doucement :
-Ben écoutez, je participe un peu aux tâches quotidiennes du coin mais c’est vrai que j’étouffe un peu ici. Les journées sont longues et j’aimerai bien faire un petit tour dehors pour me changer les idées ! De surcroit, je ne connais presque personne dans ce chalet. Et vous ?

Je préférais vouvoyer ce monsieur par politesse. Peut-être qu’il pouvait m’apprendre quelques techniques de survie. Après tout, à son âge, il devait avoir de l’expérience.
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Samson Armstrong
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MessageSujet: Re: Public Utility   Sam 13 Fév 2016 - 13:14









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Faire un tour dehors, se changer les idées. Exactement ce qu'il lui fallait. Il y avait des endroits à voir, là-dehors, alors pourquoi rester ici à regarder passer le temps ? D'autant qu'il venait de trouver quelqu'un de motivé pour l'accompagner.
    « Pas vraiment. Je n'étais au stade que depuis quelques jours avant qu'on ne doive partir. Je n'ai eu le temps que de croiser quelques personnes, rien de plus…

    Je suis un peu comme toi, en fin de compte : un peu seul, et sans véritable occupation. On devrait pouvoir se débrouiller. Que dirais-tu si on liait l'utile à l'agréable ? Une sortie, histoire de se dégourdir les jambes et prendre l'air. On en profiterait pour fouiner un peu, voir si on trouve quelque chose d'intéressant.
    »


Samson ne disait pas cela complètement innocemment. Il avait assez parcouru le chalet pour savoir de ce dont ils pouvaient disposer. Et ce ne serait donc pas la neige qui les perturberait. Ce serait presque une ballade de santé. À condition de ne croiser aucun promeneur déjà mort.

    « Écoute… J'ai repéré des raquettes à la réserve. On pourrait aller faire un tour dehors, sans se soucier de la quantité de neige. Je pensais y aller, de toute façon, histoire de jeter un œil sur les boutiques, un peu plus loin. J'imagine qu'on pourrait y trouver des choses utiles.

    Tu en dis quoi ? Tu veux venir avec le vieux Samson ?
    »


Si le jeune voulait le suivre, ce serait moins ennuyeux. Et aussi moins dangereux. Ils veilleraient l'un sur l'autre. Il leur suffirait de ne prendre aucun risque. Ils seraient rentrés dans deux heures, maximum. Le temps de s'équiper, et ils seraient dehors d'ici peu. Si Justin ne venait pas, Samson devrait trouver un autre équipier.

















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MessageSujet: Re: Public Utility   Dim 14 Fév 2016 - 14:34

L’afro-américain me proposa une sortie à l’extérieur. Bon, il faisait froid et il y avait de la neige partout mais j’avais vraiment besoin de prendre un bon bol d’air frais. D’autant plus que ce type avait l’air plutôt sympa. De plus, il était dans la même situation que moi. Il était arrivé quelques jours avant l’invasion du stade par les fondus. On avait déjà un point commun, c’était bon signe. L’idée de sortie me fit afficher un large sourire et je lui répondis d’une voix enjouée :
-Oh oui avec joie. Allons y. En ce qui me concerne, je n’ai qu’une amie ici. La majorité des gens m’ignorent mais il y a peu, deux filles voulaient faire du ski avec moi. J’espère que je vais être accepté petit à petit. Et je pense également qu’on pourra y trouver des choses intéressantes. Cette station de ski est assez grande et en fouinant bien, on pourra quelques trucs utiles pour améliorer nos conditions de vie !

Il me parla ensuite de raquettes qui étaient présentes dans la réserve. Cela permettrait de mieux avancer dans la neige. De plus, les boutiques du coin n’avaient pas encore été visitées ou brièvement. Le danger était très faible dans la mesure où depuis mon arrivée dans le coin, je n’avais croisé aucun fondu. Je réfléchis un moment puis répondis en souriant :
-Oui, je viens avec toi avec plaisir. Allons chercher ces fameuses raquettes !

Je me dirigeai alors vers la réserve, puis repéra les fameuses raquettes ainsi que des manteaux bien chauds. Au passage, je parti chercher mon couteau de chasse. Inutile de prendre mon sabre qui était bien trop encombrant. J’enfilai tout cet attirail et sorti dehors. Le froid était vif mais sec et le soleil brillait, ce qui était tellement rare à cette époque de l’année. Autour de nous, de la neige en grande quantité et impeccablement blanche. D’ici un mois ou deux, cette dernière allait commencer à fondre et le terrain allait devenir boueux.
Il y a fort à parier que d’ici-là, les premiers fondus coincés sous la neige allaient refaire leur apparition. Bref, vivement le printemps moi je dis afin qu’on puisse refaire des expéditions intéressantes. Je me tournai alors vers le vieil homme et lui lança calmement :
-Je te laisse ouvrir la voie si tu veux. J’espère qu’on va pouvoir ramener quelques trucs sympas. Au moins, j’aurai l’impression d’avoir fait quelque chose de ma journée !
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Samson Armstrong
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MessageSujet: Re: Public Utility   Mar 16 Fév 2016 - 15:59









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Le jeunot voulait bien venir. Une bonne nouvelle. Il ne manquait plus qu'à s'équiper, et ils pourraient y aller. Ils se rendirent à la réserve où Samson avait repéré les raquettes. Effectivement, il y en avait plusieurs paires, et ce n'étaient pas des vieilles raquettes pourries envoyées par des Inuits, du genre qu'on accroche au mur pour la déco, à côté d'un kayak en peau de phoque. Non, de vraies raquettes modernes, bien adaptées à la marche, avec des fixations solides et tout. Samson choisit sa paire et la confia à Justin.

    « Si tu dois prendre autre chose, vas-y. Moi je passe chercher quelque chose pour la sécurité, dit-il en mimant un tir au pistolet. C'est qu'il faudrait pas qu'un drame arrive... »


Laissant là le jeune gars, Samson se dépêcha d'aller à ce qui servait d'armurerie. Une chambre, où on avait monté des étagères – trouvées dans un local technique – et où on avait déposé toutes les armes possédées par le groupe. On avait même pensé à un coin réservé aux armes personnelles, où les armes de chacun étaient entreposées, avec un genre d'écriteau portant le nom de leur propriétaire. C'était plutôt bien géré, et au moins on éviterait les accidents.
L'armurerie était ouverte, le responsable s'occupait d'établir un inventaire de ce qui restait. Il valait mieux savoir en effet. Ils n'auraient sans doute pas l'occasion de trouver armes et munitions avant un bon moment, alors autant savoir de combien ils disposaient. Ça éviterait de distribuer à tort et à travers.

En l'occurrence, il faudrait donner un peu à Samson. Il ne demandait pas beaucoup, d'autant qu'il ne comptait pas s'éterniser dehors. Il s'agissait juste de sortir, et rentrer d'ici deux heures grand maximum, voire avant s'ils rencontraient des difficultés – ou ne trouvaient rien du tout.


    « Il me faut de quoi assurer pour une petite sortie… Pas grand-chose, c'est plus une précaution. Je suis habitué au M4, alors celui-là fera l'affaire. Avec deux chargeurs, ça suffira. »


Le responsable grommela. Il devait déjà enlever des items de son inventaire, alors qu'il ne l'avait pas encore terminé. C'était compréhensible. Mais ça ne réglerait rien au problème, il fallait bien que les deux courageux aient de quoi se protéger.
Le fusil et les munitions furent délivrées à Samson, qui s'assura que l'arme avait été entretenue et que les chargeurs étaient pleins. Samson remercia l'armurier et se dépêcha de rejoindre Justin. Sur la route, il prit le temps de récupérer son manteau, son foulard, son bonnet et ses mitaines.

Il trouva son équipier à la porte du chalet, prêt à décoller.


    « Je te laisse ouvrir la voie si tu veux. J’espère qu’on va pouvoir ramener quelques trucs sympas. Au moins, j’aurai l’impression d’avoir fait quelque chose de ma journée !
    Samson remarqua le couteau à sa ceinture. Il regrettait le sien. Un bon Bowie knife n'aurait pas été de trop. Il fit signe à Justin d'envoyer ses raquettes.
    Mettons-les tout de suite. Ça sera beaucoup plus compliqué quand on aura de la neige jusqu'à la taille… »


Ils firent donc ainsi et fixèrent tous deux leurs raquettes à leurs chaussures. Ils étaient prêts à partir.
Samson enclencha un chargeur dans son arme et tira le levier d'armement. La première cartouche était dans la chambre, prête au tir. Ne restait qu'à enlever le cran de sûreté. Il ferait ça plus tard, au besoin.


    « Allons-y. »


Et il commencèrent leur marche, leurs pas crissant faiblement sur la neige fraîche.

















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MessageSujet: Re: Public Utility   Mar 16 Fév 2016 - 23:43

Avec mon couteau, je ne risquais pas grand-chose. Dans le pire des cas, on tomberait sur un ou deux fondus, ce qui ne représentait pas un danger énorme. Je fus surpris de voir Samsun se ramener avec une arme à feu. Bon la, les fondus n’avaient aucune chance. Vraiment aucune. Enfin bon, vous me direz, on n’est jamais à l’ abri d’un accident. Je souris et lui lança : « Ah oui tout de même. Tu sais tirer toi ? Moi, ce n’est pas trop mon truc les armes à feu ». Je mis ensuite mes raquettes. L’épaisseur de neige était impressionnante et formait un véritable mur à certains endroits.

Je marchai avec difficulté par moment et j’avais peur de me faire mal. Le trajet était court mais il paraissait bien plus long qu’il ne l’état en réalité. Je m’agrippais à des sapins par moment et je fus soulagé quand j’aperçus enfin les premières boutiques. Arrivé à la première d’entre elles, j’ouvris la porte doucement. Il s’agissait d’une boutique de souvenirs. Il y avait beaucoup de gadgets débiles mais aussi des objets intéressants comme des assiettes ou des bols. Quelques briquets étaient aussi présents ainsi que des bougies. Peut-être que le reste du groupe était déjà passé ici et avait pris quelques trucs, je n’en savais trop rien.

Je me tournai vers l’afro-américain et lui demanda : « Certains trucs peuvent être intéressants comme les briquets et les bougies. On pourrait s’en servir pour faire du feu ou éclairer, je ne sais pas trop ». Le silence était conséquent dans la petite boutique. S’il y avait un fondu, il se serait déjà manifester depuis un moment. Il y avait plusieurs autres boutiques dans la station. Je savais qu’il y en avait une qui contenait des manteaux et des écharpes. On y était allé avec Tam et Colleen. Je pense qu’il devait surement en avoir une autre qui contenait de la nourriture. Des gâteaux, vins et friandises seraient les bienvenus en ces temps difficiles. Mais je doutais sincèrement en trouver.

Je parcouru les quelques rayons de la boutique. Je remarquai que tout était en ordre. Il n’y avait aucun objet de cassé, aucune tache de sang ou de truc inhabituel. Un peu de poussière recouvrait les étagères. Je retournai voir mon nouvel ami et lui demanda : « Tu faisais quoi toi avant tout ça ? Moi, j’étais étudiant et j’avais presque fini mes études. Ma vie était plutôt cool, même si je n’avais pas vraiment de famille ».
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Samson Armstrong
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MessageSujet: Re: Public Utility   Mer 17 Fév 2016 - 16:01









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Une fois dehors, ils devaient affronter le froid. Encore heureux qu'il ne neige pas, ce jour là. Le ciel était bien bleu, mais le vent soufflait assez pour rendre l'air glacial encore plus redoutable. Progresser sur la neige était difficile, mais bien moins que sans les raquettes. Vu que les chutes de neige étaient récentes, il était à parier que des Geignards aient été pris au piège dessous. Mieux valait être vigilant, et ne pas traîner trop longtemps au même endroit.

Justin semblait vouloir engager la conversation. Pourquoi pas ? Après tout, ils allaient passer du temps ensemble, et ils allaient devoir compter l'un sur l'autre. Autant faire un peu connaissance.


    « Ah oui tout de même. Tu sais tirer toi ? Moi, ce n’est pas trop mon truc les armes à feu.
    Samson jeta un regard dédaigneux à son fusil. Un M4A1, de ce qu'on lui avait dit. 30 balles par chargeur. Trois modes de tir. Il n'aimait pas les armes, ça, ça ne changeait pas. Mais il devait bien leur accorder une utilité, ces derniers temps. Après, il ne savait toujours pas s'il aurait le courage de faire feu, le moment venu. C'était une autre question, qu'il réglerait en temps voulu. Il préférait ne pas s'encombrer de ce genre de choses pour le moment.
    Ben… On m'a expliqué comment m'en servir. Retirer la sécurité, changer de mode de tir, retirer et mettre un chargeur… Je sais qu'il faut la tenir par ce bout là, pointer ça – il désigna le canon de l'arme – vers la cible et presser la détente. C'est déjà bien. Pour ce qui est de viser… je suis novice en la matière, je dois l'avouer. Mais j'ai pu porter ce truc pendant mes rondes, alors je commence à avoir l'habitude de le tenir. »


Justin se galérait un peu, entre ses raquettes et la neige. Samson s'en sortait mieux que lui. L'habitude d'avoir des chaussures mal en point, ou de marcher complètement bourré en pleine journée, sept jours sur sept, depuis quinze ans. Au choix.
Ils avançaient bien, finalement, et arrivèrent rapidement à la première boutique. "Souvenirs" indiquait la devanture. Ils pourraient peut-être y trouver quelque chose. Justin poussa la porte. C'était plein de choses destinées aux touristes, effectivement. Des marmottes en peluche, des décorations faites de plastique et de paillettes, le genre de trucs qu'on accroche à sa porte tout l'hiver et qu'on ramasse au grenier dès le printemps revenu. Il faudrait fouiller un peu pour éliminer le superflu. Justin traînait près des caisses.


    « Certains trucs peuvent être intéressants comme les briquets et les bougies. On pourrait s’en servir pour faire du feu ou éclairer, je ne sais pas trop.
    Va pour les briquets et les bougies. Tâche de trouver un sac, et fais le plein. Je vais voir par là-bas. On dirait qu'il y a des bonnets, des écharpes… »


Avec le froid qui régnait dehors, il allait certainement falloir ce genre de vêtements chauds. D'autant que le chalet était grand, et que les quelques feux de cheminée qu'on allumait ne suffisaient pas à réchauffer toute la bâtisse. Il fallait s'habiller chaud.
Samson empoigna un sac à dos dans le rayon, et le bourra autant qu'il le put de bonnets, gants, cagoules et écharpes. Il y avait aussi des lunettes de soleil et des masques de ski. Il en prit deux ou trois de chaque.

Samson avait beau sillonner les autres rayons, pas de nourriture l'horizon. Comme souvent dans ce genre de boutique, les confiseries devaient être près des caisses.


    « Profites-en pour voir ce qu'on peut prendre à manger, fils ! Par ce froid, toute source de calories est bonne à prendre, crois-moi !
    Tu faisais quoi toi avant tout ça ? Moi, j’étais étudiant et j’avais presque fini mes études. Ma vie était plutôt cool, même si je n’avais pas vraiment de famille.
    Je connais ça. Je n'ai plus de famille non plus. J'ai perdu autant que la plupart des gens, seulement je n'ai pas perdu tout ça ces derniers mois. Ça fait quinze ans que je me bats contre les éléments. J'ai tout connu, dans la rue. Mais ce qui se passe maintenant, ces… cette maladie… c'est ce que j'ai vu de pire, et de loin. »


Un silence suivit. Il ne savait pas si Justin n'avait simplement rien à répondre, ou parce qu'il se sentait entre la gêne et la pitié après ce qu'il venait d'entendre. C'était souvent le cas, quand on disait aux gens qu'on est sans-abri.

Dans un rayon, des magazines et des revues étaient parfaitement alignées. En tête de gondole, des piles de journaux de différentes régions du pays. Le Times, aussi bien celui de New York que celui de Los Angeles, mais aussi celui de Seattle bien entendu ; le Philadelphia Inquirer ; le Denver Post ; le Chicago Tribune ; le Washington Post… Il y en avait une quinzaine, chacun bien fourni en nombre d'exemplaires. Samson prit un autre sac, en plastique celui-là, et le remplit de ces journaux. Le papier journal, c'était miraculeux pour garder la chaleur. On le chiffonne en boules, on le glisse dans les vêtements, et c'est parti pour de longues heures sans froid.

À part ça, il ne trouva rien de plus. Samson se rapprocha de Justin.


    « Tu as fini ? Y a finalement pas grand-chose ici. On ferait bien de passer à un autre endroit. Les autres boutiques sont plus proches les unes des autres. Choisissons-en une qui vaille le coup. »


Mais avant de partir, Samson voulait inspecter les caisses. Pas pour l'argent. Qui en voudrait, maintenant que tout partait en couille ? Non, pour voir s'il n'y avait pas une dernière chose utile à grappiller.
Des rouleaux de papier, des clés, des chèques-cadeaux périmés, des bons de réduction… Rien ici. La deuxième caisse n'avait rien de bien intéressant non plus. La troisième, en revanche…
Sous le desk, retenu par une installation faite-maison. Un fusil à pompe. Un Mossberg 500, calibre 12, à en croire le marquage sur le côté. Une bonne arme, et elle était visiblement chargée à plein. C'était peu de cartouches, 5 ou 6 tout au plus, mais c'était bon à prendre. Et le calibre 12 était courant, on trouverait bien d'autres munitions, plus tard.

Samson lança le fusil au petit jeune, qui l'attrapa maladroitement. On aurait dit que ça le rendait nerveux. On le serait à moins. Mais il fallait s'y habituer, probablement.

Il était temps de continuer la razzia.


















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