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 /!\ The road we take

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Adam Shepherd
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MessageSujet: Re: /!\ The road we take   Sam 4 Juin 2016 - 9:30


Comme une braise éternelle, le désir d'Adam pour Michaela ne s'était jamais éteint. Immuable, la braise avait toujours été là, brillant d'une lueur tamisée au milieu des cendres de leur relation passée, prête à être ravivée à la moindre petite brise lorsque le moment serait venu. Le moment était venu. Un simple souffle avait suffi pour que la braise ne redevienne flamme. Celui de Michaela contre ses lèvres alors qu'ils échangeaient un premier baiser après des années de privation. La force du souffle s'était intensifiée et ce n'était plus une unique flamme qui le consumait de l'intérieur mais un véritable feu de joie. Son corps était brûlant. À tel point que le magnat de la finance avait presque l'impression d'être un volcan resté trop longtemps en sommeil, prêt se réveiller d'une seconde à l'autre. Il sentait les ongles de son amante écorcher ses omoplates, ses reins, son échine, tracer des sillons dans sa peau, la marquer au fer rouge. Comme si sa brune allumait une traînée d'essence, des flammes incandescentes suivaient chacun de ses gestes. À chaque passage de ses doigts, son dos était tel la terre se déchirant pour laisser s'échapper la lave qui bouillonnait dans ses entrailles. Et comme le volcan, Adam aurait pu exploser là maintenant tout de suite si Michaela ne l'avait pas incité à prolonger davantage le plaisir.

Il ne fallut pas longtemps à l'ancien magnat pour comprendre les intentions de sa partenaire. Un simple mouvement, une simple supplique de ses hanches. Quelques années plus tôt, sans doute aurait-il résisté afin d'affirmer son emprise sur elle et sur son corps, plus par défi que par réelle volonté, avant de finalement capituler à ses exigences. Le sexe avait toujours été matière au jeu entre eux deux mais pas cette fois. Ils avaient déjà trop perdu de temps et, pris dans l'ivresse de l'instant, il céda à sa demande sans lutter une seule seconde. Et puis, après tant de temps à espérer silencieusement qu'un tel moment se présente à nouveau, pourquoi l'en priver ? De toute façon, Lewis le connaissait suffisamment bien pour savoir que, même s'il ne l'avouait pas, il prenait autant de plaisir qu'elle à cette nouvelle disposition des pièces. C'était en partie ce qui lui avait directement plus chez elle. Entreprenante, déterminée, que ce soit dans la vie ou les plaisirs charnels, l'analyste avait toujours su ce qu'elle voulait, où elle allait. Et comme tout capitaine qui savait vers où voguer, Michaela venait de prendre la barre.

Son monde ne se limitait qu'à elle, oui. Elle était tant celle qui contrôle le navire, lui, que la mer sur laquelle il évoluait. Chaque ondulation décrite par son bassin était une vague de plus au gré de laquelle l'embarcation était emportée toujours un peu plus loin. Ses seins si fièrement dressés, d'autant plus mis en valeur par la cambrure qu'avait pris son dos, indiquait le cap à suivre. Naturellement, les mains de l'homme avaient attrapé fermement le bassin de la femme, ses doigts s'étirant pour aller rejoindre la courbure de ses fesses.  Le bateau semblait vouloir faire corps avec l'eau, accompagner le moindre remous, la moindre ondulation, la moindre houle pour mieux filer vers leur but. Leur but, car, sans navire, le capitaine n'irait pas bien loin et sans capitaine, le navire dériverait sans fin. C'était ensemble qu'ils faisaient route cette terre et cette félicité promises. Michaela avait eu raison de vouloir reprendre l'ascendant. Shepherd pouvait pleinement se délecter de cette perfection qui s'offrait à lui. Il ne perdait pas une miette du spectacle devant ses yeux. À chaque fois qu'elle gémissait, à chaque fois qu'elle fronçait les sourcils, à chaque fois qu'elle mordillait ses lèvres ou que celles-ci tremblaient de plaisir, il gravait ce moment dans sa mémoire comme les premiers souvenirs d'une nouvelle vie. De leur nouvelle vie.

Un dernier cliché et il ferma les yeux avant de basculer sa tête en arrière. Il sentait le grondement du volcan en éveil dont les râles qui s'échappaient de sa gorge se faisaient l'écho. Dans un dernier effort, il se redressa, rejoignant les lèvres de son amante. Et en un claquement de doigts, le navire se fit happer, sombrant dans un maelström de délice et de plaisir.
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Michaela Lewis
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MessageSujet: Re: /!\ The road we take   Sam 2 Juil 2016 - 18:43




Elle aurait voulu que l'instant ne s'arrête jamais. Sentir les mains d'Adam posées sur ses hanches lui procura une étrange sensation d'appartenance. Elle était sienne, définitivement et officiellement. En réalité, Michaela l'avait su dès les premiers instants de leur relation. Elle ne pourrait appartenir qu'à un seul homme. Et cet homme, c'était lui. Que la vie fasse en sorte qu'ils ne puissent pas être ensemble ne changeait rien à cela. Si Michaela avait fréquenté d'autres hommes depuis qu'ils avaient décidé d'arrêter de coucher ensemble, en aucun cas elle n'avait appartenu à l'un d'eux. Le cas n'était même pas envisageable. Sans doute parce qu'elle attendait simplement le moment où Adam flancherait en revenant vers elle. Sauf que tous les deux étaient bien trop têtus et soucieux de leur business pour oser le faire.

Cette possessivité qu'elle ressenti à travers l'étreinte de son amant lui fit tourner la tête. Au début et comme à chaque fois, Michaela s'était concentrée pour faire passer son plaisir avant le sien, de toute mettre en œuvre pour le rendre fou sauf que désormais ce n'était plus vraiment le cas. A chaque nouvelle ondulation, le plaisir se faisait plus fort. Elle ne savait pas combien de temps il lui restait avant d'exploser mais son corps, avide d'être tétanisé par l'orgasme, lui dicta des mouvements plus rapides, plus amples, sans prendre en compte Adam. Ses reins s'étaient creusés, ses gémissement devinrent incontrôlables et ses yeux, impossible à garder ouverts. Avec force, elle enroula les bras autour du cou d'Adam qui s'était redressé, laissant ses ongles s'enfoncer dans la chair de son dos. Ses lèvres eurent du mal à rester contre celles de son compagnon et finalement, elle glissa vers l'orgasme en même temps que lui. Son visage s'étira en une grimace de plaisir, ses lèvres légèrement ouvertes et collées contre la tempe d'Adam laissèrent échapper ses derniers gémissements.

Leurs mouvements auparavant fluides devinrent brusques et saccadés, incontrôlables, jusqu'à ce que leurs deux corps soient totalement immobiles. Essoufflée, les poumons et les muscles en feu, elle plaqua à nouveau ses lèvres contre celles d'Adam pour l'embrasser avec un désir tout aussi ardent qu'au moment de leurs retrouvailles. On aurait presque pu croire qu'elle était déjà prête à remettre le couvert sauf que, son corps lui, avait besoin d'un peu de repos avant ça. Ils remettraient le couverts, elle le savait. Cette nuit et toutes les autres nuits. Mais même si l'orgasme lui avait embrumé l'esprit, Michaela brûlait encore d'envie. En se détachant quelque peu, elle prit quelques secondes pour fixer Adam, un sourire aux lèvres. Tout comme elle, il était en sueur. Et tout elle, quelque chose avait changé sur son visage. Elle n'aurait pas su dire quoi exactement mais la façon avec laquelle l'ancien milliardaire la dévorait des yeux et ce, malgré la fatigue, lui donna l'envie de rester là, ainsi, pour le reste de sa vie.

Compatissante quant aux effets de l'endorphine, elle laissa Adam basculer sur le dos sans pour autant bouger de sa place. Tant qu'elle n'y était pas obligée, elle resterait là, installée à califourchon pour le sentir encore un peu en elle. Plus joueuse que réellement tendre, elle bascula elle aussi vers l'avant pour venir faire glisser ses lèvres contre le torse de son amant et arrivée à sa hauteur, elle releva les yeux dans les siens. « Ravie de vous retrouver, Monsieur Shepherd. ».Dit elle dans un chuchotement suave et sexuel. Mais la réalité du monde qui les entourait refit surface. A contre cœur, elle quitta Adam pour traverser la pièce, encore entièrement nue et sans prendre la peine de récupérer ses vêtements au passage, pour aller se positionner devant la fenêtre. Rien. Sur la pointe des pieds elle revint vers le canapé laissant à Adam tout le loisir de la regarder se balader nue, puis elle récupéra ses affaires qui traînaient au sol. A genoux à côté de lui pendant qu'elle formait une boule de vêtement destinée à la suivre jusqu'à la douche, elle tourna lentement la tête dans sa direction. « Reposez-vous Adam Shepherd. » Elle pinça les lèvres, laissant glisser son regard sur le corps d'Adam. « J'en ai pas terminé avec vous. » Elle marqua une pause avant de se mettre à rire. Avec un peu de chance, le ballon d'eau qu'elle avait vu, caché dans un placard, renfermait encore assez d'eau pour qu'elle puisse prendre une douche. Froide, certes, mais depuis son expérience au CenturyField, Michaela avait appris à revoir ses exigences à la baisse.

Elle ne quitta Adam du regard qu'une fois qu'il fut hors de son champ de vision. Elle lui laissait un peu de temps pour reprendre des forces parce qu'elle savait qu'elle reviendrait de la douche en pleine forme.



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Adam Shepherd
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MessageSujet: Re: /!\ The road we take   Lun 12 Sep 2016 - 14:02


Comme une vague emportant tout sur son passage, la décharge de plaisir qu'il avait ressenti s'était répandue dans la moindre cellule de son corps. Puis, presque aussi soudainement qu'elle était apparue, elle s'était dissipée, ne laissant derrière elle qu'une douce sensation de béatitude. L'instant avait été bref. Il l'était toujours trop de toute façon. Les yeux clos, Adam poussa un léger soupir avant de se laisser lentement basculer en arrière. Glissant une main sous sa nuque, l'ancien homme d'affaires les rouvrit rapidement pour contempler la sublime créature encore à califourchon sur son bassin. Il faudrait encore à son cœur plusieurs longues secondes pour qu'il arrête de tempêter dans sa poitrine, autant les mettre à profit d'une manière agréable. La tête encore grisée par leur ébat, le regard perdu sur ce corps perlant de sueur, sa main libre caressait encore distraitement la chute de reins de son amante lorsque Michaela vint se poser contre son torse. Avide d'elle, un sourire carnassier étira ses lèvres à la remarque libidineuse de la brune. Le financier ne lui offrit pour seule réponse qu'un dernier coup de rein, lent et profond, afin de jouer avec ses sens une dernière fois, comme pour lui signifier que ce moment de luxure n'était que le premier d'une longue liste. Son sourire s'effaça alors que leurs corps se séparait. Le visage tourné vers l'analyste, le milliardaire suivit des yeux sa partenaire, se délectant de sa démarche toujours chaloupée malgré l'absence de talons à ses pieds, jusqu'à ce que ces fesses qu'il aimait tant disparaissent derrière l'angle d'un couloir. Shepherd passa une main sur son visage et poussa un autre de ses soupirs. Que ce soit à cause du contrecoup des événements survenus au stade ou simplement la réaction chimique qui s'était opéré dans son cerveau, la fatigue se faisait ressentir. Il avait besoin de dormir. Mais pas encore. Pas tout de suite.

Son regard se posa un instant sur le tas épars de vêtements. Il fut tenté un instant de rejoindre Michaela, interrompre cette douche qu'elle prenait, mais Adam n'était pas encore un surhomme capable de remettre le couvert aussi rapidement. Encore nu comme un ver, il se releva et alla ramasser son sac avant de le poser sur ce qui devait autrefois servir de table à manger. Il ne fallut que peu de temps au trentenaire pour y trouver l'objet de son intérêt. Sa boîte à cigares, celle sur laquelle il avait veillé consciencieusement même pendant leur fuite du CenturyLink. Avec une certaine lenteur, Shepherd passa les feuilles de tabac séchées à quelques millimètres sous son nez, humant l'odeur qui se dégageait de l'objet. Son dernier. Ces douces retrouvailles avec Michaela bien ça. Dans un mouvement expert, il coupa la tête fermée du cigare de quelques millimètres, juste ce qu'il fallait pour qu'ils l'apprécient pleinement. Franchissant les quelques pas qui le séparait de la fenêtre, il en profita pour en faire la dégustation à cru. Du bout de l'index, le financier écarta légèrement le rideau et observa la rue en contrebas. Il l'ouvrit avec précaution avant de se décider à allumer son cigare avec un briquet à butane qu'il réservait uniquement à cette utilisation. La première bouffée ne tarda finalement pas à emplir sa bouche d'une multitude d'arômes. Il relâcha la fumée, un air de contentement sur le visage.

Si Adam appréciait pleinement l'instant, il ne put toutefois empêcher ses pensées de dériver. Il repensait à Michaela, à cette eau en train de ruisseler sur son corps nu et à tout ce temps qu'ils avaient perdu. Auraient-ils dû faire les choses différemment ? Peut-être. Il était déjà à la tête d'une imposante fortune lorsque leur liaison avait commencé et Miss Lewis n'était pas à plaindre. Ils avaient de quoi vivre confortablement toute une vie sans être inquiétés. Il aurait pu arrêter. Tout plaquer. Nommer quelqu'un à la tête de sa société, quitter son épouse, kidnapper Michaela sur son yacht et s'enfuir avec elle vers l'une de ces îles paradisiaques où il faisait bon vivre. Même la fin du monde leur aurait paru agréable aux Maldives. Ils auraient eu une belle vie, avec pour seul soucis que celui de savoir quel autre cocktail ils allaient bien pouvoir déguster en parfaisant leur bronzage. Il aurait pu. Et il l'aurait certainement fait si tout deux ne partageaient pas un goût prononcé pour l'argent et le pouvoir. Ils n'auraient pas été sur Seattle lorsque l'épidémie s'était déclenché. Ils n'auraient pas été coincé dans un stade pendant de longs mois.

Le stade... Ce qu'il s'y était produit à l'aurore remettait en question tout ce qu'on leur avait dit sur le virus. Les infectés qui déambulaient entre les tentes, ce n'était pas des personnes qui avaient été mordues mais bien des gens qu'il avait fréquenté – parfois à son grand dam – des mois durant, qui n'avaient eu aucun contact avec les infectés et en relative bonne santé jusqu'à ce que la maladie du légionnaire ne sévisse dans leur rang. En additionnant A+B... La logique voulait que cela ne signifie qu'une seule chose : ce qu'on leur avait dit était faux et les morsures n'étaient en aucun cas un vecteur de l'épidémie. Non à croire que pour entamer la transformation en l'une de ces choses, il suffisait de mourir, tout simplement. La mort... Michaela et lui l'avaient semée dans leur fuite. Et maintenant qu'il y repensait... Cela avait été diablement facile. Shepherd ne se sentait pas particulièrement différent. Il n'avait ni l'impression d'être un peu moins humain, ni l'impression qu'une partie de son âme avait été arrachée. Il était... Exactement le même qu'avant à un détail près : maintenant Adam savait qu'il pouvait tuer quelqu'un sans états d'âme. Et il le referait. Si la vie de Michaela ou la sienne était en danger... Il le ferait sans aucune once d'hésitation. Il repensa aux Karlson, sans trop savoir pourquoi. Ces emmerdeurs lui soutiendrait certainement que ce n'était toujours pas la solution. Ils avaient tort. Elle l'avait toujours été. Que disait les Loups déjà ?

"Ceci est la Loi de la Jungle, aussi vieille, aussi vraie que le ciel.
Le loup qui la respecte peut prospérer. Mais le loup qui l'enfreint doit mourir."


Kipling avait raison. La loi de la jungle était aussi vieille et aussi vraie que le monde. Elle avait toujours été là même si, d'une certaine manière, elle avait changé d'aspect au cours des âges. Aujourd'hui plus que jamais, il s'en rendait compte. La prédation des forts sur les faibles était devenue la prédation des riches sur les pauvres. Maintenant... Il semblait juste être tous retourné des siècles en arrière. Et une chose était certaine pour Shepherd : ils feraient partis des forts.

Le bruit des pas Michaela dans son dos le tira de ses pensées. Adam regarda par-dessus son épaule et invita son amante à le rejoindre d'un léger signe de la tête. Laissant la brune s'installer à la fenêtre, il lui tendit le cigare et se plaça dans son dos, l'enlaçant dans un geste presque protecteur.

- Les règles du jeu ont changé, commenta l'homme comme pour expliquer à sa partenaire vers quoi étaient tournées ses pensées. Ce qu'on a fait ce matin... continua-t-il, sérieux. C'est comme ça qu'on survit.
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Michaela Lewis
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MessageSujet: Re: /!\ The road we take   Sam 24 Sep 2016 - 17:32



Ce coup de rein, lent et profond, arracha le sourire joueur que Michaela avait sur les lèvres. Il laissa place à une mine plus sérieuse comprenant des sourcils froncés et une bouche entrouverte qui laissa échapper un gémissement presque plaintif. Elle était prête à recommencer immédiatement et aussi longtemps qu'Adam le souhaitait. Mais elle savait que la journée n'avait pas été de tout repos et que, malgré toute la bonne volonté de son amant, remettre le couvert ne serait pas possible aussi rapidement. A contre cœur, elle se décolla de lui, pour aller rejoindre la salle de bain où une douche glaciale l'attendait.

Une fois les serviettes trouvées, des vêtements propres volés dans les armoires et le shampoing récupéré, la brune se força, d'un coup net et rapide, à plonger la tête sous l'eau froide. La désagréable sensation lui arracha un cri de douleur. Pendant de longues minutes, elle batailla avec elle même, se persuadant que la douleur se trouvait dans la tête et qu'elle pouvait être plus forte que ça. L'eau sale qui dégoulinait le long de ses jambes la fit grimacer de dégoût et ce ne fut qu'une fois la peau rougie par le frottement intensif qu'elle s'autorisa à sortir, désormais complètement propre. Une serviette trop courte autour du corps, l'analyste s'essuya les cheveux tout en regagnant le salon, la pile de vêtements coincée sous son bras. Adam était debout et l'odeur qui avait envahi la pièce ne signifiait qu'une chose : L'homme avait allumé un cigare. Sans doute l'un des derniers.

Sans dire quoi que ce soit, elle alla le rejoindre devant la fenêtre et attrapa le cigare tendu. Si la plupart du temps, Michaela réussissait à lire dans les pensées de son ancien patron, ce n'était pas le cas désormais. Pourtant, elle était capable de deviner que quelque chose lui trottait dans la tête. Sa posture, l'endroit où il se tenait, ce cigare. Elle l'avait vu bien des fois en pleine réflexion, sans doute même plus que n'importe qui d'autre sur terre. Lorsqu'il vint se coller contre son dos et que son souffle lui caressa l'épaule, Michaela était persuadée qu'il viendrait à lui parler de leurs retrouvailles. Mais au lieu de ça, Adam avait analysé ce qu'ils avaient du faire le matin même. Ce qu'ils avaient du faire pour survivre. Ce qu'ils avaient fait sans la moindre hésitation, comme si cela était inscrit dans leur ADN. Sans lui répondre tout de suite, l'analyste porta le cigare à ses lèvres pour en tirer une bouffée qu'elle conserva en bouche quelques secondes pour en savourer l'arôme. Son père lui avait appris. Non pas pour que sa fille devienne une fumeuse de cigare – ce qui, de toute façon, ne serait jamais arrivé puisque Michaela n'aurait jamais pris le risque de voir son sourire être tâché par autre chose que le café – mais plutôt pour qu'elle sache faire en société ou durant ses diverses rencontres professionnelles. Elle savait donc en apprécier le goût mais n'éprouvait pas le plaisir qu'Adam devait ressentir en le fumant.

Mais ce qu'ils avaient fait le matin même inquiétait bien moins Michaela. Sa serviette trop courte lui permettait de sentir le corps de son amant, encore nu, contre ses fesses. Et très franchement, elle préférait s'intéresser à ça plutôt qu'aux imbéciles qui n'avait eu que le sort qu'ils méritaient. Pour lui répondre, elle bascula la tête en arrière, la calant dans le creux du cou d'Adam, puis elle releva les yeux pour lui prouver que le sujet ne la perturbait absolument pas. « On a toujours fonctionné ainsi. » Et c'était vrai. Des entreprises, des collaborateurs, des concurrents, le couple en avait fait tombé bien avant. Et même si l'aboutissement n'était pas le même, à l'époque, que des gens se retrouvent sans rien par leur faute ne leur posait pas de réel problèmes. Alors ça ne serait pas le cas maintenant. Sérieuse, elle continua. « Ces gens, les autres, ceux de ce matin. » Elle secoua la tête, les lèvres pincées, comme si leur cas était désespéré. « Ils sont aveuglés par les conventions sociales. C'est ce qui causera leur perte. » Doucement, elle se décolla de lui pour finalement se tourner, afin de lui faire face. Lentement, elle recula d'un pas pour venir s'asseoir sur le rebord de la fenêtre. Du bout du pied, elle tira l'arrière du genou de son amant pour que celui-ci se rapproche et s'installe entre ses cuisses et, puisque encore debout l'homme la surplombait, Michaela leva le menton. « Ils sont obnubilés par l'idée de s'entraider. Que l'union fait la force...» Elle eut un rire amusé. « Ils ne sont pas assez forts pour faire ce qui doit être fait. Pour survivre. Pour que les personnes importantes à qui ils tiennent, restent en vie. »

Avec un sourire carnassier, Michaela alla poser ses lèvres sur la peau d'Adam. Juste en dessous du nombril, pour y déposer des baisers plus joueurs que tendres. Elle releva simplement les yeux pour conclure. « Nous, oui. ». Et elle le quitta du regard pour reprendre son petit jeu, encore trop émoustillée par le fait qu'il soit entièrement nu devant elle.


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Adam Shepherd
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MessageSujet: Re: /!\ The road we take   Dim 6 Nov 2016 - 22:38


C’était comme ça qu’ils survivraient oui. En faisant des faibles leur proies. Visiblement, son amante semblait n’avoir pas eu à réfléchir bien longtemps pour intégrer tout cela. C’était naturel. Dans l’ordre des choses. Et ils avaient toujours fonctionné ainsi. Michaela avait raison. La prédation faisait partie d’eux. C’était ainsi qu’ils s’étaient tout les deux hissés au sommet de l’échelle sociale. C’était ainsi qu’ils avaient intégré les rangs des puissants. Ainsi, qu’ils deviendraient les puissants de ce nouveau-monde. Comme sa brune le soulignait, croire que la morale, que les règles établies après des siècles de civilisation étaient encore valable était une preuve de faiblesse. Et de folie. Le monde avait changé. Rien n’était plus comme avant et ne le serait plus jamais. Il n’y avait plus de lois auxquelles obéir, plus de principes à suivre. Quand tout était autorisé, une seule question s’imposait. Jusqu’où une personne serait prête à aller pour survivre ? Michaela et Adam y avaient déjà répondu. Leurs actes étaient la réponse la plus claire, la plus limpide qu’ils puissent fournir. Cette réponse, ils l’avaient clamés à la face du monde dans la matinée et se l’étaient confirmés à l’oreille encore quelques minutes plus tôt. Jusqu’au bout. Ils seraient prêts à aller jusqu’au bout pour survivre, jusqu’au bout l’un pour l’autre. Adam le savait. Il l’avait toujours su au final.

Le corps de son amante glissa entre ses mains alors qu’elle pivotait pour se mettre face à lui. Si leurs ébats avaient fait monter sa température corporelle, maintenant que cette dernière retrouvait un niveau normal et que le contact était rompu, Shepherd ne put réfréner la sensation de froid qui s’empara de sa chair. L’air frais qui s’engouffrait par la fenêtre lui fit frissonner la peau. À moins que ça ne soit les caresses des lèvres de Michaela, frôlant son derme comme l’aurait fait une plume, qui le titillèrent. Peut-être un peu des deux. Peu importe, ils ne pouvaient pas rester là, dans la fraîcheur hivernale. Posant un index sous le menton de la femme, le financier le souleva pour l’amener à le regarder.

-Miss Lewis, auriez-vous dans l’idée de m’épuiser ? demanda l’homme, tout aussi joueur que la bouche de sa partenaire l’était. Entraînant le visage de l’analyste près du sien, il l’embrassa. Ne restons pas ici, souffla-t-il tout bas avant de glisser une main sous les fesses de son amante.

Le quarantenaire lui fit quitter le rebord de la fenêtre, collant une nouvelle fois leur corps nus. La serviette qu’elle portait tomba au sol. Le cigare aussi. Il finirait bien par s’éteindre. Il n’y avait plus matière à palabrer inutilement de choses qu’ils savaient l’un et l’autre. En si peu de mots, ils avaient pourtant tout dit. Les autres n’étaient pas forts. Eux, si. Les autres n’étaient pas prêts à tout pour protéger leur vie et survivre. Eux, si. C’est sur ce chemin-là, celui du prédateurs, qu’ils s’engageraient.

Mais peut-être pas tout de suite. Dans l’immédiat, c’était plus le chemin de la chambre à coucher qui intéressait le milliardaire...

FIN


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MessageSujet: Re: /!\ The road we take   Aujourd'hui à 17:35

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