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 He who brings the Night

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Kaidan E. Hunter
WALKING WITH THE DEADS
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MessageSujet: He who brings the Night   Mar 2 Fév - 15:44

Kaidan contemplait la rue d'un air absent, le regard perdu dans le vague. S'il tendait la main qui retenait un rideau écarté, il aurait pu sentir le froid glacial qui montait à l'assaut de la vitre. Au dehors, une myriade de flocons immaculés tombaient du ciel d'un gris plombé, comme autant de plumes blanches et duveteuses. Leur chute était toutefois perturbée par un vent violent qui durait depuis plusieurs jours déjà. Le blizzard ne semblait pas décidé à faiblir, et les rues se retrouvaient encombrés par une couche de poudreuse qui avait déjà facilement atteint un mètre. Il devenait difficile de distinguer quoi que ce soit, les véhicules abandonnés se confondant de plus en plus avec les congères formées par les rafales, route et trottoir depuis longtemps pareillement recouvertes.
Avec un temps pareil, il n'était pas question de sortir. Une telle couche de neige n'aurait pu que l'enliser, le rendant vulnérable à tous les dangers qui pourraient surgir. La fatigue se faisait vite sentir, lorsqu'on pataugeait dans une telle couche de neige, comme si on cherchait à se tirer de sables mouvants. Non, l'archéologue ne pouvait que rester là à attendre. Il avait des réserves de nourriture, mais elles étaient bien maigres. Suffisantes, du moins l'espérait-il. Avec un soupir, il s'écarta de la fenêtre, et resserra autour de lui une couverture prise dans une des chambres. Sans moyen de se chauffer, sans possibilité d'allumer le moindre feu à l'intérieur de l'hôtel... le froid devenait mordant. Au-moins se trouvait-il à l'abri de l'humidité.

Alors qu'il quittait la chambre abandonnée d'où il avait pris son poste d'observation sur la rue, ses pas le menèrent jusqu'à celle dans laquelle il avait cloîtré Claire. Le bruit de ses pas fut étouffé par la moquette épaisse et moelleuse qui recouvrait le sol du couloir, mais qui prenait déjà des teintes ternes et poussiéreuses, par manque d'entretien. Arrivé devant la bonne porte, il s'arrêta. Pas le moindre bruit, tout était calme. Cela ne durerait pas, et il le savait. Résigné, il posa la main sur la poignée de la porte, et l'ouvrit d'une seule poussée. Immédiatement, une bouffée de puanteur lui agressa les narines. Son estomac se contracta, comme en guise de protestation, mais sans rien de plus. Cela faisait un moment qu'il avait commencé à s'habituer à cette odeur de charogne, bien malgré lui. Ce ne fut par ailleurs pas la seule chose qui accueillit son arrivée. Des grognements inhumains, ainsi que les grincements d'une literie mise à mal s'élevèrent de concert.
Le jeune homme leva la tête après avoir refermé la porte derrière lui. Son regard bleu se posa sur l'être qui occupait le lit, et qui se débattait furieusement. Le visage autrefois si tendre, avenant et rieur de Claire offrait désormais à ses yeux un rictus de rage pure, assorti d'une expression affamée qui lui donnait presque la nausée. Sa peau avait perdu toute couleur au profit d'une teinte pâle, tirant de plus en plus vers le gris-vert. Ses yeux n'étaient plus que des globes laiteux et blanchâtres, comme ceux des poissons des abysses. Ses cheveux, autrefois de belles boucles brunes, tombaient de façon désordonnée et emmêlée sur ses épaules et son visage. Plus que tout, on pouvait voir ses muscles se tendre sous l'effort désespéré pour tenter de s'arracher à ses liens, de solides attaches de cuir qui tenaient bon jour après jour, et la maintenaient solidement rivée au sommier. Dans un premier temps, l'archéologue avait pris soin d'elle, nettoyant les plaies que les liens lui occasionnaient. Ses poignets étaient régulièrement lacérés dans ses efforts vains pour se libérer. Il avait fini par arrêter, en constatant qu'elle ne saignait plus. Dieu seul savait comment c'était possible... Elle ne saignait plus ! Et pourtant, elle continuait à se mouvoir !

Il n'y avait pas eu que cela. Au fil du temps qui passait, des signes de nécrose et de pourrissement avaient fait leur apparition sur le corps frêle. C'était pour cette raison que l'odeur abominable emplissait la chambre, allant s'imprégner dans le moindre centimètre carré de la pièce. Kaidan n'avait trouvé aucune explication valable à ce phénomène. Il n'y avait aucune blessure à l'origine de cette soudaine décomposition. Encore lente, elle progressait cependant. On aurait presque dit l'action des bactéries sur un corps mort... mais Claire n'était pourtant pas morte !
Le jeune homme s'approcha, déclenchant des mouvement encore plus violents de la part de sa petite amie malade. Il était habitué à tout cela, maintenant, et ce bien malgré lui. Avec un geste prévenant, il la couvrit convenablement des draps et de la couette pour qu'elle ne prenne pas froid. C'était une sorte d'automatisme, un geste répété même s'il n'avait plus vraiment de sens. Une petite parcelle au fond de son esprit avait sans doute compris la réalité des choses. Le reste s'évertuait à tout refuser en bloc. Il s'accrochait à tout cela comme un naufragé à un débris flottant en plein milieu d'une tempête. Ignorant les râles de Claire et ses mâchoires qui claquaient vainement mais avidement dans sa direction, il lui parla d'une voix douce.


« La tempête fait toujours rage dehors. Je vais pas pouvoir sortir tout de suite. Mais promis, dès que ce sera possible, j'irai trouver quelqu'un pour t'aider.

Seule une expression furieuse lui répondit. Aucune réaction. C'était comme s'adresser à quelqu'un qui n'était pas là... ce qui était d'ailleurs le cas, il en avait conscience. Même si, dans son déni, il pensait que la maladie faisait délirer celle qu'il aimait, il savait toutefois qu'il n'obtiendrait pas la moindre réponse. Il resta encore auprès d'elle quelques instants, assis tout au bord du lit en l'observant gesticuler vainement pour se jeter sur lui. Puis, il se leva d'un mouvement lent, resserrant autour de lui le plaid qu'il portait.

- Je vais te laisser te reposer. On se voit tout à l'heure. »

Kaidan se dirigea vers la porte et quitta la pièce, tout en sachant que son excuse était sans fondement. Il avait observé Claire de nombreuses fois, à toute heure du jour ou de la nuit, depuis qu'elle était tombée malade. Pas une seule fois il ne l'avait vue dormir, ou ne serait-ce que somnoler. En sa présence, elle était toujours agitée. Parfois, il avait pu la surprendre en arrivant silencieusement, juste le temps de voir son expression hagarde et absente, le regard dans le vague. Mais jamais elle n'avait dormi, sans qu'il ne s'explique la raison de tout cela. Il y avait bien trop de choses qui lui semblaient totalement impossibles, et il avait renoncé à se poser des questions. Surtout les bonnes.
Il marcha quelques pas plus loin dans le couloir, se rendant dans la chambre qu'il occupait. Elle était suffisamment éloignée pour qu'il n'entende pas les râles et gémissements de la malade, et que sa présence ne vienne pas la perturber. Par ailleurs, cela le mettait à l'abri de l'atroce odeur de mort, même s'il s'en voulait de penser ainsi. Son estomac se contracta à nouveau, de faim cette fois. On avait déjà passé midi, et il n'avait encore rien avalé. Résolu, il alla fouiller dans les réserves qu'il avait soigneusement cachées dans le placard de la chambre. Son dévolu se porta sur de la viande séchée et une boîte de haricots à la sauce tomate. Il prit également une bouteille de soda, préférant conserver l'eau précieusement pour toutes les utilités qu'elle pouvait avoir. Par ailleurs, un peu de sucre ne lui ferait pas de mal. Il s'installa au bureau de la chambre pour manger, froid, évidemment. Une soupe bien chaude lui aurait plu, mais il n'avait pas de moyen satisfaisant pour la réchauffer. Il tâcha de ne pas manger trop vite, se forçant à mâcher longuement pour ne pas tout dévorer. Avec le temps qu'il faisait, il voulait économiser au mieux les rations, et se jeter dessus comme un animal affamé n'aurait fait que lui garantir une prochaine fringale plus grande encore. Une chance pour lui, il n'avait à se préoccuper que de sa propre nourriture... L'archéologue s'en voulut de penser ainsi, mais il avait constaté que Claire refusait toute nourriture qui lui était proposée. La seule qui l'intéressait, c'était la chair fraîche. Vivante. Il avait beau être dans le déni, il avait toutefois vu les agissements des infectés au-dehors, et comment sa petite amie se comportait en sa présence. Cette maladie les rendait cannibales et assoiffés de sang... en plus du reste.

Son maigre repas avalé, Kaidan alla mettre les emballages dans une poubelle qu'il ne devrait pas tarder à vider à nouveau. En se détournant, il croisa du regard son reflet dans le miroir, et il se figea pour s'observer. Il n'avait vraiment pas bonne mine. Les traits tirés, des cernes soulignant ses yeux, un air indéfinissable... Et il aurait indéniablement gagné à manger un peu plus. Il s'approcha du miroir en étudiant son reflet. Une fois planté devant, la réalité des choses le frappa de plein fouet. Le mois de janvier touchait à sa fin. Cela faisait des mois qu'il cherchait en vain quelqu'un qui pourrait aider Claire à guérir de cette maladie mystérieuse qu'il s'acharnait à ne pas vouloir totalement comprendre. Il survivait là, mais les choses allaient de mal en pis, et il était impuissant. Il avait beau se contraindre à l'action, vouloir aller de l'avant, il avait purement et simplement échoué.
Une bouffée de rage explosa dans sa poitrine comme une fleur s'ouvrant subitement. Un rictus de colère vint étirer ses traits, et il serra les dents presque à les en faire grincer. D'un seul geste, il donna un violent coup de poing dans le miroir. Si violent que le verre se fissura sous l'impact, avant de céder. Une pluie d'éclats coupants comme des lames de rasoir dévala depuis le cadre rendu inutile, et s'écrasa en cascade à ses pieds. Une douleur cuisante et lancinante se fit sentir depuis ses phalanges meurtries, qui avaient essuyé de sales coupures. La douce tiédeur du sang s'épanouit sur sa peau, alors que le liquide ruisselait lentement sur son poing avant de goutter sur la moquette, doucement, s'écrasant entre les débris du miroir. L'archéologue avait la tête basse, comme un animal battu. Ses épaules s'affaissèrent, et un sanglot subit les secoua. Des larmes silencieuses se mirent à rouler sur ses joues, reflet d'un sentiment auquel il n'avait pas voulu s'abandonner, depuis le début de tout ce chaos...


Alea jacta est
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MessageSujet: Re: He who brings the Night   Mer 3 Fév - 4:48

Les pirates, ils ont toujours un tas d'histoires à raconter. Les histoires de dingues, ça les connaît. C'comme si on les attirait. Comme si nous, braves gens malhonnêtes, nous étions de gros aimants à situations de merde. mais honnêtement, j'ai rarement vu un truc aussi flippant et dégueulasse que ça.. Une putain d'histoire de malade. A glacer l'sang d'une pucelle. Au moins !
Comme ce temps de merde. Encore. En même temps, Seattle, on y va pas pour son climat méditerranéen. Ici, pas de donzelles en tenues aussi légère que leur vertu. J'savais à quoi m'en tenir quand j'ai jeté l'ancre dans cette foutue ville. Bref.. j'suis en train de me les geler façon grand mère, mais j'suis quand même fièrement en train de chercher un endroit à piller. A défaut d'avoir trouvé autre chose qu'une meuf dans ce foutu magasin l'autre jour, j'suis en quête de vêtements classes.. et accessoirement chauds. En fait, j'cherche surtout un endroit pour me planquer, parce qu'à jouer les cons, j'me suis retrouvé bloqué par cette putain de neige. Pas croyable ça..
J'avance dans les rues, avec de la merde blanche jusqu'à la taille. J'vois que dalle à plus de dix mètres, du coup, j'ai la lame en main, fermement tenue. Et une clope au bec.

J'en ai vite marre de cette expédition, et j'me dis que si j'continue comme ça, j'vais devoir m'couper les bijoux. Ca tient pas bien le frais. J'presse le pas, quitte à m'faire repérer par des saloperies. Bouaaaah.. Pas plus de cinq ou six au total, sur ma route, j'les ai tous passé au fil de l'épée. Sans même m'arrêter pour leur dire adieu. Finalement, j'tombe devant un hôtel. C'est bien ma veine ça ! J'sens le sourire me revenir, sur mon visage gelé.


" Ah ouais.. Voilà exactement ce que je cherchais ! "

Là dedans, j'vais sûrement trouver de quoi bouffer, boire, me changer, et un coin pour attendre que le temps se dégage. Et puis, dans un hôtel pareil, j'aurai pas le temps d'me faire chier. J'imagine même pas le nombre de chambres encore vierges de tout pillage, ces butins qui m'attendent les bras ouverts, dans des valises abandonnées, dans des armoires oubliées, dans les poches de la veste d'un connard laissé pour compte. J'suis pas con, j'm'attends aussi à tomber sur quelques survivants. J'suis sûrement pas le premier à avoir la brillante idée d'investir un hôtel pour me planquer, et ça me casse ma putain de joie. Je sais comment ça risque de tourner. Oh ! Fichtre ! Et qu'on m'épargne ces enfoirés de rapiats trop susceptibles pour abandonner l'butin dans des mains bien plus fermes, celles d'un Irlandais comme moi ! J'passe par c'que j'trouve. Pas par la grande porte non. Un voleur dans mon genre, ça sait parfaitement se faufiler. Et ça n'aime pas les questions sur ses méthodes.

J'me retrouve dans endroit qui garde la classe, malgré les traces d'abandon. Si jamais j'trouve l'idiote de femme de ménage, je jure sur les tentacules du kraken que j'lui fous un seau et une serpillère dans les mains. J'fais gaffe à mon cul, essayant tant bien que mal de rester furtif, avec ces conneries de traces de pas mouillées que j'laisse partout. Même pas la peine de retirer mes pompes, j'ai d'l'eau jusque dans les chaussettes. Il est grand temps que j'me trouve des fringues classes, sinon, j'risque de crever de froid, ici, comme une merde. J'peux pas faire ça.. J'suis sûr que ça ferait rire l'autre con.. Haha
Luttant contre le froid qui me pénètre jusque dans les os, j'me rend dans la première chambre que j'trouve. J'ai pas d'chance. Y a des vêtements, mais version XXXXL². J'imagine même pas l'immensité du gros cul qui devait pendouiller là dedans. Assez d'espace pour écrire un putain de roman d'amour sur la peau d'ses fesses. Grognant mon ras le bol, j'me calme en m'imaginant tenir aisément dans une seule des jambes de c'putain de pantalon. Avant de sortir, j'trouve quand même des pompes, plus ou moins à ma pointure. Pareil pour les chaussettes. Je grimace un peu à l'idée d'abandonner mes bottes pour des pompes de soirée.. Mais j'ai pas le choix.

Le premier butin dans les mains, j'entre dans la deuxième chambre. Là j'y trouve mon compte. Jeans, plusieurs t shirts, une petite laine.. Ah, j'suis tombé sur un frileux ! Alors ça, c'est le bonheur. J'prend le temps d'me déshabiller, et d'me changer. J'suis sorti de la merde, c'est déjà pas mal. J'pique toutes les couvertures possibles, je m'enroule dedans, et j'me cale dans le coin d'la chambre, porte fermée, le flingue à la main.. Juste au cas où. J'sais pas combien de temps je reste comme ça. J'ai chaud, j'suis bien. J'me sens mieux. Mais j'commence à avoir un peu la dalle maintenant. Et avant d'passer voir c'qui reste aux cuisines, j'ai bien envie de faire le tour du proprio, histoire de voir si oui ou non j'suis seul ici. La grimace aux lèvres, j'me relève, et j'continue mes fouilles. J'ai laissé mes fringues là, sauf évidemment.. ma veste. Même en flamme, j'la garde sur moi.

Pour l'instant, j'pille que du regard. J'essaye de repérer ce qui a été abandonné il y a longtemps, de deviner les traces de pillages ou de survie. Rien d'alarmant pour l'instant. J'suis pas le premier à venir ici, mais j'trouve rien de très suspect. Inutile de raconter tout ça en détail.. Mais je sais qu'il y a de quoi faire. J'me pose cinq minutes dans l'une de ces chambres abandonnées. J'me mange une barre chocolatée que j'avais piqué un peu plus tôt dans la journée. Et j'bois de l'eau. J'regarde autours de moi, essayant de deviner l'histoire de ces gens, qui étaient les derniers à avoir pénétré dans cette chambre, avant de s casser la queue entre les jambes. Un jeune couple ? Des vieux ? Un putain de connard seul ? Une paumée en quête d'amour ? Un écrivain ? Un musicien ? Je soupire légèrement. Moi, Alistair, le pirate, je me préoccupe de l'histoire des gens ? C'est nouveau ça. Mouais, p'tête pas. J'suis pas vraiment ce salopard que tout le monde pense. J'suis pas un mec bien, c'est clair, mais.. j'suis pas si mauvais. Y a pire que moi. J'ai vu pire que moi. Ces américains si parfaits, qui deviennent des tueurs, sans raison, même pas pour piquer quoi que ce soit.. Juste pour gagner un peu de temps. Ouais, j'ai vu ça.. Et comme j'le disais avant, j'vais voir pire.

J'avance dans ce couloir, silencieusement. Taurus dans une main, lame dans l'autre. Comme un vrai bandit, armé jusqu'aux dents et prêt à intimider le premier con que j'croise. Mais c'est pas un con.. Pas cette fois. J'entends ces putains de râles. Je les reconnais. Y a un putain de taré dans cette chambre, juste là. Ca pue la mort. Ca pue l'enfer. J'ouvre la porte.. et je la vois, cette fille, morte et relevée, attachée au lit. Elle s'agite à ma vue, et moi, je reste figé. Y a quelqu'un d'assez dingue pour attacher une de ces choses à un lit ! L'idée qu'elle ait été abandonnée là me traverse aussi l'esprit, mais voir les draps remontés sur elle me font bien douter.. Non, j'en suis sûr. Quelqu'un a attaché cette goule. Quelqu'un s'en occupe.

" Putain.. Alors ça.. c'est vraiment.. dégueulasse ! Putain mais sur quel taré t'es tombée toi ?! .. Non mais.. Argh putain mais tu pues en plus ! "

Je me passe la manche sur le nez, d'un revers du bras. Cette vision, cette odeur, la situation est vraiment.. insoutenable. Si j'étais pas un putain d'Irlandais habitué aux pires merdiers, je serai sûrement en train de vomir tripes et boyaux !
Mais au diable mes hauts le coeur. Je regarde cette momie, tentant de se libérer de ses liens, pour venir goûter à ma chaire. Dans tes rêves, saloperie. Je lève mon canon chromé vers sa tête. Ma main est ferme, elle ne tremble pas. Clic.. Plus de sécurité. Je relève le chien de mon revolver, le barillet tourne, dans un second clic. J'ajuste ma cible.


" Fais de beaux rêves, chérie.. "

Le coup de feu retentit, assourdissant, surtout dans une chambre d'hôtel. Le recul me fait mal au bras.. mais j'encaisse le coup. La balle de .44 se loge dans la tête de la fille, la délivrant de son triste sort, laissant la non-mort s'échapper par les deux trous percés.
Pas besoin d'être Sherlock - Ni Watson - Pour comprendre que d'ici peu, une ou plusieurs personnes vont débarquer. J'me planque alors illico dans l'autre pièce.
Je retire immédiatement la douille vide et la remplace par une balle neuve, prête à tuer..
L'odeur de la poudre se mêle à celle de la nécrose. Le souffre et la mort.. Indissociables maintenant, après tout.


" J'vais m'occuper de ton bourreau maintenant.. "

J'attends maintenant.. Qu'il vienne, ce salopard.
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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Re: He who brings the Night   Mer 10 Fév - 21:52

Un bruit soudain déchira le silence. Un claquement sec, retentissant, qui fit redresser la tête à Kaidan à une telle vitesse que les muscles de sa nuque protestèrent en se contractant douloureusement. Il croisa son regard bleu soudain paniqué, sous la forme de près d'une dizaine de paire d'yeux. Une myriade causée par les différents éclats du miroir brisé. Sept ans de malheur, disait-on... Peut-être que cela commençait maintenant. Car le bruit avait été parfaitement identifiable. Un coup de feu. Et qui avait retenti terriblement près d'ici. Tellement près qu'il semblait nettement provenir de l'intérieur...
Le jeune homme eut soudain l'impression d'avoir avalé une pinte entière d'azote liquide. Une sorte de poigne glacée se referma sur ses viscères pour mieux les comprimer et les tordre dans tous les sens. Il lui semblait que son cœur venait de faire une chute brutale dans sa poitrine, sans qu'il sache exactement où il allait s'arrêter. La peur le tenaillait, avec une angoisse telle qu'il n'en avait pas ressentie depuis longtemps. C'était pire que de vivre l'arrivée de l'épidémie et sa propagation fulgurante. Pire que d'avoir perdu sa famille de vue. Pire encore que ses multiples échecs à trouver quelqu'un capable d'aider Claire et de la sortir de la maladie.


« Pas ça... Pitié, pas ça !

Sortant brutalement de la torpeur qui l'avait saisi au moment où le coup de feu avait retenti, l'archéologue bondit sur ses pieds et se précipita jusqu'à la porte de sa chambre qu'il ouvrit à la volée. Son cœur battait la chamade, cognant douloureusement contre ses côtes, et il sentait comme une désagréable pression lui serrer la gorge. Une petite voix lui soufflait à l'oreille qu'il était déjà trop tard, mais il se refusait à l'entendre. Encore. Son regard s'accrocha toutefois à l'échelle qui avait été tirée en travers de l'escalier de l'étage qu'il avait consciencieusement démoli. Malgré ses précautions, quelqu'un était bel et bien entré ! Il n'avait même pas entendu les alertes sonores... sans doute bien trop profondément enfoncé dans sa subite crise de désespoir.
Lorsqu'il franchit finalement la porte de la chambre dans laquelle se trouvait Claire depuis des mois déjà, il se figea subitement. Il resta interdit, avec l'impression qu'on venait pour de bon de lui broyer le cœur. Le sol semblait se dérober sous ses pieds, comme si un gouffre menaçait de l'aspirer pour de bon. Sa petite amie gisait là, morte. Réduite au silence à jamais, immobile. Une partie de son crâne avait volé en éclats sous l'impact d'une balle. Une tache rouge sombre, presque noire, fleurissait sur le mur et la tête de lit juste derrière elle, comme une fleur funèbre s'épanouissant dans la mort. Le corps qui s'était si souvent agité furieusement en le voyant approcher était désormais immobile, les poignets retombant mollement dans leurs entraves. Le jeune homme n'y tenait plus. Même si ses jambes lui donnaient l'impression d'être en coton et de ne plus pouvoir le soutenir, il se rua en avant, se précipitant jusqu'au lit. Il se sentait perdu, désorienté. Comme si une tempête s'était abattue sous son crâne. L'odeur de putréfaction était toujours intense et insoutenable, mais il ne s'en rendait même plus compte. Il saisit la main inerte, qui avait jadis été tant aimée. Il tremblait. De sa gorge serrée s'éleva difficilement une phrase.


- Claire... Non... Putain non, pas toi ! Non... »

Kaidan avait du mal à fixer du regard la tête ravagée de celle qui avait été sa petite amie. Partie il y a longtemps déjà, mais sans qu'il ne l'accepte jamais. Il faisait face à l'unique forme de traitement possible, à la seule délivrance salutaire aux infectés... mais pour lui, il ne s'agissait que d'un meurtre odieux. Commis sur une personne malade, qu'il fallait aider et non pas condamner. Au fin fond de son esprit, une petite part de lui-même savait que les choses étaient à présent pour le mieux, aussi douloureuses soient-elles. Mais c'était une part qu'il ne pouvait écouter. Il n'était pas encore prêt. Il n'avait pas suffisamment voulu comprendre ce qu'était devenu le monde. L'affect avait pris le pas sur la raison.
L'archéologue eut l'impression d'étouffer tant sa gorge se serra. Sa vision se brouilla, alors que ses yeux étaient envahis de larmes. De douleur cette fois, non pas de rage et d'impuissance. Peu lui importait le monde, désormais. Il avait perdu la seule personne qui lui avait permis de se maintenir en vie au milieu des débris de civilisation. Et maintenant, qu'allait-il devenir ? Il s'en fichait. Baissant la tête, il laissa libre cours à son chagrin. Pour l'heure, c'était la seule émotion qui prédominait. Une petite voix en lui lui soufflait que l'auteur de ce crime ne devait pas être loin. Que s'il s'était aventuré là, c'était dans l'espoir d'obtenir quelque chose. Qu'il était armé. Et donc, qu'il représentait un danger. Mais le jeune homme s'en fichait. Il était tout à sa douleur. Le reste viendrait ensuite.


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MessageSujet: Re: He who brings the Night   Lun 29 Fév - 16:42

La scène se déroule juste là, de l'autre côté de la porte. Ce sale enfoiré.. celui que j'attendais.. vient tout juste de se pointer. Je serre fermement la crosse noire de mon revolver. Si fort que je pourrai m'imaginer le broyer sous ma poigne. Ignoble.. Voilà tout ce que ça m'inspire. Et ses douloureuses paroles, teintées de tristesse, d'attachement déchiré, me donnent envie de gerber avec l'abondance d'un putain de fleuve. Sa détresse me répugne, car j'y sens de l'amour.. Comment peut on aimer une momie ? Que lui a t il fait, à cette pauvre fille, avant qu'elle ne se retrouve morte ? La haine s'empare de moi, aveuglant totalement ma raison.. Je ne vois qu'une seule explication, la mienne. Je ne vois que l'horreur de ce qui a pu se passer, sans même prendre le temps de me poser les bonnes questions. Je commence à respirer lourdement. Je regarde dans le miroir, juste devant moi.. Et je vois mes yeux, symbole d'une rage sans nom, s'appuyant sur le rictus vengeur qui étire mes lèvres. Par la fente de la porte, pas tout à fait close, je devine quelques lignes et couleurs, le corps de celui à qui je vais loger une balle dans chaque couilles d'ici quelques instants.. quelques secondes.

Soufflant un bon coup, je me redresse, sortant de ma planque de fortune. Par de grands pas, je me pose devant la porte, et l'envoie au diable d'un gigantesque coup de pied. Puissant et soudain, comme le vacarme qui se crée à l'instant où la porte cogne contre le mur. Ce qui évidemment alerte l'amoureux que je vais maintenant corriger par la poudre. Qu'il prépare ses excuses au diable, je vais l'envoyer le rejoindre par le chemin le plus rapide.

Je le regarde en crachant de la lave hors de mes iris. Mon épaule droite lui fait face. Quelle présence légendaire je dois imposer, là ainsi devant lui, exprimant la haine dans sa forme la plus pure. Ma longue veste noire me donnant ces allures hallucinatoires. Un putain de pirate qui joue les juge, en sortant de nulle part. Mais j'suis bien réel, pauvre merde. Et j'te jure mon gars, que celui là, j'vais pas le rater. Je lève lentement mon arme, lui présentant le canon chromé de la justice. Les cloches du jugement pourraient sonner six fois pour lui..


" Putain de dégénéré.. Tu me répugnes ! T'es vraiment.. à gerber mec.. J'vais t'buter ! TU ENTENDS CA ?! J'VAIS TE BUTER PUTAIN DE MERDE ! TARÉ !

Je relève le marteau de mon calibre 44. Son heure est venue. Pourtant, alignant son oeil gauche dans mon viseur, je prend la peine de regarder son visage. Étrangement.. il est bien loin de ce que j'imaginais. Il n'a pas la tête de l'enfoiré auquel je pensais. Et en l'espace d'une seconde, tout bascule. Suis je réellement certain de ce qui s'est passé ici ? Et si, finalement, j'avais tort ? Voilà, je commence à l'admettre. Je commence à songer à faire son procès au grand auditoire des damnés, avant de lui imposer la sanction qu'on réserve aux déviants. Ainsi donc, le canon se baisse légèrement. Mes sourcils se détendent, et mon regard présente l'interrogation qui fige mon exécution.. Un instant simplement, durant lequel je suis vulnérable.

Putain mec.. Dis moi c'était qui cette co.. "

Une seconde de trop..
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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Re: He who brings the Night   Mer 9 Mar - 21:58

Kaidan était tout entier plongé dans son désespoir, se refusant presque à accepter l'inéluctable. Il n'entendait même pas la minuscule part de lui qui était comme... étrangement soulagée. Sans doute cette même part que celle qui savait, tout au fond de lui, que Claire était partie depuis longtemps déjà. Que ce n'était pas une simple maladie... Pour l'heure, il serrait la main froide et inerte de sa petite amie dans la sienne, tremblant d'émotion. Il ne voyait plus rien, tant sa vision était troublée par les larmes. Il s'était raccroché à ce but impossible durant des mois, pour ne pas perdre pied : guérir la jeune femme. Maintenant qu'elle n'était plus, que lui restait-il ? Ses parents n'étaient peut-être jamais arrivés au lycée de Garfield. Il était sans nouvelles depuis ce jour de panique où l'hôtel avait été évacué bon gré mal gré. Sans doute devrait-il affronter les rues envahies de neige pour se frayer un chemin jusqu'au camp militaire, dans l'espoir de retrouver sa famille... Mais pour cela, il aurait fallu qu'il puisse surmonter la tragédie qui venait de l'accabler. Et il en était présentement bien incapable.
L'archéologue sursauta lorsque la porte de la pièce voisine s'ouvrit à la volée en produisant un claquement sonore. Il bondit sur ses pieds, mais resta interdit quelques instants en voyant un inconnu surgir devant lui. Il avait été tellement pris au dépourvu qu'il fut tout d'abord incapable de réagir. Puis, ce fut le canon d'une arme braquée sur lui qui le força à l'immobilité. Son cerveau chercha à analyser ce qui lui faisait face, avec cette tenue de... de quoi au juste ? De bandit de grand chemin tout droit sorti d'un film ? Mais bien vite, les connexions se firent. Un inconnu armé, et Claire abattue sans autre forme de procès. Il se trouvait face au meurtrier de sa petite amie. Ses tremblements s'accentuèrent, mais le désespoir n'en était plus la cause. Le type se mit à lui brailler des propos incohérents, notamment qu'il allait le tuer. Plus rien n'avait de sens, mis à part la rage aveugle qui prenait possession du corps du jeune homme tout entier.

Envahi par un désir de vengeance plus fort que tout, Kaidan avait presque l'impression d'être en train de se transformer. Comme s'il allait subitement devenir une sorte de loup-garou, ou encore un pseudo Hulk, une forme qui refléterait la tempête d'émotions qui le submergeait. Son regard bleu était toujours posé sur le canon de l'arme, allant parfois jauger son ennemi. Pourtant, la rage qui l'habitait devait être perceptible. La mâchoire contractée au point de s'en faire mal, il se tendit comme la corde d'un arc. Plus les secondes s'égrenaient, et plus ce canon ne lui semblait plus être une menace si terrible, après tout. Et puis, qu'avait-il encore à perdre ? S'il devait courir au suicide... qu'il en soit ainsi !
Ce fut un geste de l'inconnu qui précipita tout. Non pas un geste agressif, comme on aurait pu le présager, mais au contraire une infime hésitation. Le canon du flingue qui s'abaissait très légèrement. Comme une bête fauve tenue en joue longtemps, qui attendait son moment pour attaquer, l'archéologue bondit en avant, ses muscles esquissant une formidable détente.


« QU'EST-CE QUE TU LUI AS FAIT, ENFOIRE ???

Il avait hurlé à s'en faire mal à la gorge, alors qu'il sautait sur le type en l'emportant dans sa chute. Le plaquage était maladroit, totalement improvisé, mais il avait pour lui l'avantage de la surprise et de la rage décuplée par la douleur. Il voulait se venger. Tuer ce mec, même s'il devait le faire à mains nues. Il avait laissé ses armes derrière lui, comme un con, mais il ne cesserait de frapper qu'une fois que ses mains seraient réduites à l'état de bouillie sanguinolente. Bien après que ce monstre ait cessé de respirer, du moins l'escomptait-il.
Son élan les projeta tous deux en arrière, heurtant le cadre de la porte avant de s'étaler au sol, Kaidan sur son adversaire. Le dominant de sa haute taille, il se mit à le bourrer de coups de poings. Il voulait voir le sang. Voir fleurir sur la peau claire des rosaces écarlates, qui éclateraient au grand jour en aspergeant les combattants de gouttelettes vermeil. Il voulait contempler la vie qui s'évanouirait hors du regard de l'ennemi déjà tant honni. Il voulait être celui qui le réduirait à l'état de chairs inutiles et inertes. Avec des grognements de rage et des airs de bête blessée, l'archéologue laissait libre cours au mélange explosif de douleur, de deuil, de désir de vengeance, d'impulsivité et de violence. Sa vision qui n'était désormais plus autant brouillée par les larmes, qui continuaient pourtant de couler sur ses joues, mais elle était réduite par une sorte de brouillard rouge. Il avait l'impression qu'un bandeau lui ceignait le crâne et y faisait augmenter la pression. Plus rien ne comptait, mis à part trouver un exutoire à sa douleur en en infligeant le maximum au responsable.


- QU'EST-CE T'AS FAIT ? QU'EST-CE QUE T'AS FAIT ? »

De toute façon, il ne laissait pas au type le temps de répondre. Il se moquait bien d'obtenir une réponse, d'ailleurs. Il ne le savait que trop bien : ce mec avait tué Claire. Le jeune homme ne voulait entendre ni justifications, ni excuses. L'autre voulait l'abattre ? Eh bien, on verrait lequel des deux massacrerait l'autre en premier. Kaidan écrasa son poing dans la face de son adversaire. Il lui tardait d'entendre les os craquer.


Alea jacta est
On verra bientôt que d'oser vivre, ce n'est pas la fin du monde. Juste d'un monde.  by lizzou.
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MessageSujet: Re: He who brings the Night   Jeu 10 Mar - 7:19

La mort va bon train aujourd'hui, mon gars. Tu n'entends donc pas son appel ? Tends l'oreille, et écoute. Devine de bien tristes lamentations qui s'élèvent en une sombre mélodie, un requiem, au rythme de sinistres clochers résonnant pour qui sonne le glas. L'âme de cet enfoiré est déchirée devant l'appel de la tombe, jusqu'à ce qu'enfin se manifeste dans ses yeux et dans sa gorge la mère de toutes les folies meurtrières, la haine vengeresse. Ce visage tordu de douleur, de soif de sang irrépressible, évoquant alors toute l'histoire que je n'avais pas deviné, que je ne voulais pas comprendre, bien trop choqué par l'idée d'avoir à faire à un malade mental, un timbré. Oh mon gars, la réalité est bien plus sombre. Je viens de flinguer la meuf de ce connard, et d'emporter d'un coup de souffre ses derniers espoirs. Je ne le comprends que trop tard. J'suis p'tête pas un tendre, mon gars, mais si j'avais su, j'serai pas sorti comme un diable de sa boite en jurant par le sang du christ que j'allais l'envoyer ad padre. Je me serai montré courtois, diplomate, et peut être même compréhensif et avenant. Pouah, au final.. Qu'est ce que ça aurait changé ?

La seconde de trop ouais.. quand je baisse le canon de mon revolver. Il me saute littéralement dessus, comme si j'avais récupéré la balle pendant un putain de match de rugby. C'est ça qu'il veut ? Tâter de la pelouse avec un Irlandais ? Mordre la terre sous le poids d'une mêlée ? En tout cas, force est d'admettre que là, c'est moi qui mord la poussière. J'suis pas une tarlouze et la bagarre, c'était mon quotidien. Putain, j'en ai déclenché des bastons de pubs, à teindre de bleu le visage et les yeux de pauvres innocents avec une gueule patibulaire comme la mienne, jusqu'à finir par s'échanger des bières et des histoires de femelles dociles et délicieuses. Mais là, il me domine par l'effet de surprise. Oh putain je n'm'y attendais pas à celle là. Mon dos accuse le coup, heurtant l'obstacle de l'encadrement de la porte. Lors du choc, un tir part sans que je puisse le maîtriser. Qu'elle idée de foncer sur un mec armé.. J'ignore ce que j'ai touché. Mes yeux sont fermés sous la violence de l'impact. Quand je les ouvre, c'est pour me manger une droite sévère, venue avec ses p'tites soeurs en plus. Oh bordel, il rage comme pas possible là. Je m'interdis cependant de lui coller une bastos dans le corps. Non. J'vais pas tuer un mec pour une série de coup de poings sous l'effet de la colère. P'tête bien que j'suis la cible de sa folie, mais tu sais mon gars, j'peux limite le comprendre ce con. Ainsi donc, je lance volontairement l'arme dans le coin de la pièce. Assez loin pour qu'il ne puisse pas s'en saisir sans me libérer de son étreinte.

Les coups pleuvent sur ma gueule. Il frappe fort, mais j'ai connu pire. Il est peut être sous l'effet de l'adrénaline et en proie à des pulsions meurtrières, mais ce qu'il m'offre, c'est pas du niveau de cet enfoiré de biker de deux mètres et bien plus de cent kilos de muscles à qui j'avais piqué la donzelle pour une nuit, avant de l'abandonner. Elle était retournée chialer auprès de lui, et il lui avait foutu une baffe mémorable avant de venir me chercher querelles. C'est dingue ça, c'est toujours pour une putain d'histoire de meuf que j'm'en prends plein la gueule. Après le troisième coup, celui qui me fend la lèvre et me fait goûter à mon propre sang, je réagis. J'oppose mes deux bras à ses assauts, solidement serrés devant ma gueule. Tel un bouclier de chair et d'os bien solides. Je bloque les coups qui arrivent ensuite, me laissant ce court temps de répit nécessaire pour que je secoue la tête.

Ca y est, j'suis de nouveau bien là où j'suis. Je l'entend hurler sa question. Non mais il pense vraiment que j'vais prendre la peine d'y répondre ? Et puis quoi, on s'prend un thé et deux biscuits pendant qu'on continue l'combat avec les pieds ? Oh, pourquoi pas des plumes à s'agiter sous l'nez ?! .. Rien à battre. Il s'est frotté à l'Irlandais, il va manger du trèfle à quat'feuilles mon gars.. Fronçant les sourcils et retroussant le nez, j'me saisis de son poignet droit, de la main gauche. Il est p'tête en furie, mais la poigne d'un mécano marin, ça en impose. Quand il tente de me frapper encore, je bloque de l'autre avant bras, le repoussant fermement vers l''extérieur. Voilà ma fenêtre.. Je lui expédie donc mon poing sous le menton, sans ménagement, dans un uppercut rapide et puissant. Et ça, ça lui fait entendre le putain de clocher dont j'te parlais plus tôt, mon gars. J'en profite, lâchant son bras pour lui servir un crochet du gauche, ce qui colle parfaitement avec mon personnage, n'est ce pas ? Mon coup est aussi vif et violent que le premier, et s'il n'est pas dans les pommes immédiatement, cet enchaînement me laisse l'opportunité de l'envoyer voler en arrière, me libérant ainsi de son imposante emprise. Je le repousse des deux mains, et courbe le dos, donnant l'élan à mes deux jambes, genoux pliés, pour envoyer mes deux pieds dans son ventre. Libre.

Je me redresse donc, crachant le sang au sol, un léger rictus amusé aux lèvres. C'est ce qui arrive quand on se laisse emporter par la haine sans avoir la maîtrise de la baston. On tombe sur le cul. J'suis souvent tombé sur le cul mon gars.. Mais quand tu t'es assez retrouvé au sol, tu sais comment ça marche. Et après, tu t'fais plus emmerder. Je ne sais pas si je l'ai assez sonné pour rompre le combat. J'adopte alors ma posture de combat, face à lui, les deux poings serrés et levés, le flanc droit légèrement en avant. Je suis entre lui et le flingue. On va voir s'il tient aussi bien les coups qu'il frappe fort, ce con..

" Putain... T'as des couilles toi.

Je crache encore.

... Allez, viens... Viens connard. C'est pas fini là...

Je renifle, et ensuite je souffle, comme un taureau.

... J'vais bien t'calmer tu vas voir.. Après t'auras plus qu'à t'asseoir et m'expliquer ce que cette...

Je crache à nouveau. Je pisse le sang, merde.. Enfoiré.

... PUTAIN de meuf crevée foutait attachée dans ce putain de lit. Putain...

Je passe l'avant bras sur mes lèvres, d'un geste rapide.

... Si t'as pas une putain de bonne excuse, j'vais t'foutre une putain de correction digne de ce PUTAIN d'nom... PUTAIN "

Ca mon gars, j'suis déjà pas un modèle de courtoisie quand j'suis calme, alors quand j'suis énervé, je jure par toutes les putains, chères ou gratuites, que j'ai honoré sous mes draps. Bref...
Comme pour ce grand motard, je fini par prendre l'avantage, et j'me retrouve prêt à lui faire payer ce qu'il a fait à sa meuf. C'était pas un crime de venir chercher du bon temps auprès de l'Irlandais, après tout ce connard n'avait qu'à mieux se servir de sa queue pour la garder. Par contre, à mes yeux, c'est un putain de crime sans nom de se servir de sa queue sur une meuf attachée qui ne veut pas. Et ensuite la faire crever. Ou même avant... Oh bordel, c'est moi qui vais devenir dingue.. J'espère sincèrement que ce n'est pas ça, sinon, je romps le combat à la seconde, au fil de mon sabre.
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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Re: He who brings the Night   Dim 20 Mar - 11:40

Toute forme de pensée rationnelle et de réflexion avait déserté l'esprit de Kaidan. Dominant son adversaire et le bourrant de coups, il ne pensait qu'à une chose : lui faire du mal. Le massacrer, le tuer pourquoi pas. Et s'il courait au suicide, et bien... il n'en avait strictement plus rien à faire. C'était sans doute ce qui pouvait le rendre dangereux. Quand on n'avait plus rien à perdre, l'hésitation n'existait plus. Ce type avait fait ce qu'il fallait pour lui enlever sa raison de vivre, il allait en goûter les conséquences. Pour l'heure, le jeune homme dominait, et cela grisait encore sa rage. Pouvoir frapper, réussir à laisser libre court à sa hargne meurtrière. Plus rien d'autre n'avait d'importance, plus rien d'autre n'occupait son esprit. À un moment, il aurait pu jurer avoir entendu un coup de feu. Cela ne l'avait pas touché, et avait plutôt impacté un meuble dans un coin de la chambre, une chance pour lui. Il n'avait même pas tressailli. Il se contentait juste de frapper, et frapper encore. Et puis, il y eut enfin une réaction.
Son adversaire finit par se protéger de ses coups. Il avait de la force physique, mais il était inexpérimenté en matière de bagarres de ce niveau. Par ailleurs, sa rage ne l'aidait pas à réfléchir sur la bonne méthode à suivre. Il ne se montrait pas méthodique. Au contraire, il chargeait tête baissée comme un taureau, et s'acharnait comme un chien enragé qui ne voulait rien lâcher. Ce fut sans doute pour cette raison qu'il ne fut pas si difficile que ça à contrer. Un coup finit par le cueillir sous la mâchoire, et l'envoyer valser. L'archéologue fut légèrement sonné en atterrissant sur le sol, mais il se redressa presque aussitôt, non sans avoir secoué la tête comme un animal désorienté.

Face à lui, l'autre s'était relevé et se tenait debout en posture de combat, prêt à l'accueillir. Du sang dégoulinait de son visage depuis sa lèvre fendue. Visiblement, cela l'avait mis en rogne. Tant mieux, ce serait la confrontation de deux colères, et Kaidan ne craignait pas que la sienne soit dominée. Il sentait le sang battre furieusement à ses tempes, et il avait la sensation qu'une brume rouge de rage couvrait sa vision. Peut-être que perdre ce combat mettrait un terme à la douleur qui le ravageait. De manière définitive. Et pourquoi pas ? Quant à ce qui arriverait s'il parvenait à gagner... Il aurait vengé Claire, à n'importe quel prix. C'était ce qui comptait avant tout. Le reste viendrait après.
Le jeune homme se redressa complètement à son tour, les lèvres retroussées sur un rictus de pure haine. On aurait pu croire que la part animale présente en lui comme en chacun remontait soudain à la surface. Il brûlait de se jeter à nouveau contre son ennemi et de laisser libre court à la tempête qui faisait rage en lui. Toutefois, il marqua un temps d'arrêt alors que ses yeux bleus aux pupilles étrécies par la colère se posèrent sur la posture du type. Il n'avait aucune envie de réfléchir et de mettre un frein à son impulsivité. Mais il parvint tout de même à déterminer que se jeter à corps perdu sur lui ne mènerait à rien. Le meurtrier savait se battre, il n'y avait qu'à voir comment il était parvenu à se dégager et à se protéger précédemment. Tant qu'à faire, autant profiter de sa rage pour infliger un maximum de dégâts...

L'archéologue n'était pas rompu aux combats de rues et autres bagarres de bar. Il avait de l'expérience dans des domaines qui ne lui serviraient pas forcément ici. L'escrime, la joute équestre... des choses qui s'étaient avérées très enrichissantes personnellement et professionnellement, et qui ne lui étaient pas vraiment utiles dans ce que le monde était devenu. Pour le moment, au moins. Il allait sans doute faire des erreurs, commettre des erreurs de débutants. Sa hargne lui permettrait peut-être de vaincre, ou pas. Tant pis, peu importait. Légèrement plié en avant, le souffle court, il n'avait pas bougé. Et comme précédemment, il passa à l'attaque à toute vitesse, de manière relativement imprévisible. Il n'avait pas réagi à ce que l'autre lui avait dit. Parler lui semblait désormais impossible, avec sa gorge serrée. Il recherchait des réponses dans la douleur et dans le sang. Cette fois, son attaque déterminée porta sur les jambes et peut-être une zone moins honorable située sous la ceinture. Des endroits qu'il espérait moins protégés que le haut du corps, avec la posture qui lui était opposée...


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MessageSujet: Re: He who brings the Night   Aujourd'hui à 3:02

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