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 Are we all we could be ?

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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Mar 26 Jan 2016 - 10:11



❝Are we all we could be ?❞
Christina & Alan

    Malgré les bienfaits de cette discussion, ce besoin de partager nos sentiments pour essayer de comprendre et de s'en sortir plus fort, je ne pouvais m'empêcher d'être désarçonné par mon attitude ; je ne m'étais que rarement laissé aller ainsi, voire même jamais en y repensant. Toute ma vie j'avais su trouver la force de prendre sur moi, mais il fallait bien comprendre que cette situation n'était en rien semblable à tout ce que nous avions déjà vécu ; l'horreur était telle que même décupler tous nos malheurs passés n'arriverait pas à la cheville d'un tel fléau. Alors malgré mes efforts pour paraître impassible et réfléchis, je ne pouvais à ce moment précis faire autrement que laisser sortir toutes ces angoisses, comme un enfant qui pleurait dans les bras rassurants et protecteurs de sa mère après un gros bobo. Sauf que ce bobo là était incurable.

    La voix de Christy se fit plus douce, comme si mes justifications l'avaient un peu apaisé, ou du moins qu'elle comprenait un peu ce qui m'avait poussé à faire tout cela. Il n'y avait très probablement pas d'autre moyen de s'en sortir non, ça semblait évident, mais outre le fait de se marteler cette idée, il était bien plus compliqué d'y croire sincèrement. Quand ma femme éloigna un peu son visage pour fixer ses yeux dans les miens, je fus partagé entre l'émotion d'une affection inébranlable, et la honte de me montrer ainsi sous ce jour pitoyable ; j'eus cependant la certitude que nous pouvions tout surmonter, que tant que nous resterions ensemble rien ne pourrait arriver. Il fallait y croire, tout en étant prêts, comme elle disait. M'éclaircissant légèrement la voix, je posais mon front contre le sien et parlais toujours aussi calmement.

« On fera notre possible pour s'y préparer. Quand on sera assez reposés à la station, on s'y mettra. »

    Je n'avais vraiment aucune envie d'être à nouveau confronté à un quelconque Coyote, et encore moins de mettre en place un face à face risqué où ma famille serait en première ligne. Mais il fallait se rendre à l'évidence : le fait qu'ils puissent eux-même se défendre ne sera qu'une chance de plus de se sortir de tout ça. Et comme je l'avais dis plus tôt, j'étais prêt à tout pour qu'on s'en sorte, tous ensemble. Seulement, il fallait encore qu'on arrive à bon port à cette station et plus nous nous en approchions, plus elle semblait s'éloigner ; le seul point positif actuel de cette avancée était la réduction non négligeable du nombre de macchabées. La question de Christy remit à peine mon esprit en marche, c'est sans avoir besoin de réfléchir que je répondis tant la chose me semblait évidente.

« On aura plus de chance en restant en groupe, et je pense que chacun a prouvé qu'il était digne de confiance. »

    Personne n'avait baissé les bras ou laissé tombé quelqu'un, même si nous nous connaissions au final si peu après tous ces mois passés ensemble, c'est tout naturellement que nous sommes tous devenus des frères d'armes ; de simples regards avaient suffit. De plus, le station était probablement notre meilleure chance ; si nous devions continuer ainsi seuls pendant je ne sais combien de temps, nous finiront par mourir d'épuisement ou de froid. Mon esprit se remit cependant en marche rapide dès l'instant où Christina aborda le sujet June. Une nouvelle brèche venait de s'ouvrir, emportant avec elle toute ma contenance ; et si cette faille s’immisçait définitivement entre nous ? Je lui devais la vérité, c'était indéniable, mais quel en serait le prix ? Prenant une grande inspiration, je me remis à parler, essayant tant bien que mal de choisir mes mots.

« C'était la meilleure amie de Kassandra. Elle a été mordue au poignet et... il y avait une condition. Soit on la laissait là bas, soit elle venait, sans son bras ; on pensait que l'infection n'avait pas encore pris tout son corps, on avait tord. »

    Le plus gros avait été dit, la réalité des choses. Mais je m'étais contenté de survolé le fond de la chose et il restait un dernier point à éclaircir, un dernier acte à avouer. C'est en un seul souffle que je répondit, refixant mes yeux dans ceux de ma femme, affrontant ainsi sa réaction.

« Je m'en suis chargé. »

    C'était dit, il n'y avait plus de retour en arrière possible et c'était désormais quitte ou double. Me prendrait-elle à présent pour un fou, un monstre ? Ou pour un homme qui a simplement voulu éviter le pire et tenter la seule option imaginable pour que deux personnes ne soient pas séparées ?


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Mar 26 Jan 2016 - 18:58

Christina sentit que le sujet qu’elle venait d’entamer était sensible. Son mari commença à lui expliquer. Sa femme connaissait vaguement Kassandra. Elle avait rencontré rapidement Tamara et Dante, lorsqu’ils étaient partis en expédition ensemble, avec Alan et Rebecca, plus d’un mois auparavant. La blondinette était une de leurs proches aussi, à ce qu’elle avait compris. C’était fâcheux, mais que pouvaient-ils y faire ? Elle se raidit un peu quand l’homme enchaina, mentionnant la morsure puis l’idée de l’amputation. Elle fronça les sourcils, puis eut un mouvement de recul plus franc. Elle fit un pas en arrière, abandonnant son étreinte.

- Tu lui as coupé le bras ? Demanda-t-elle incrédule. Persuadée d’avoir mal saisi quelque chose. Elle avait porté sa main droite sur son cœur.

Quand elle obtint la confirmation, ses yeux s’écarquillèrent davantage. Elle fit un pas sur le côté, détourna le visage et posa une main sur le tronc d’un arbre, comme pour se soutenir. Sa position pouvait donner l’impression qu’elle allait vomir. Elle se représentait Alan en boucher, en train de sectionner le membre d’une jeune fille. Elle tressaillit. Elle se redressa pourtant après quelques secondes, chassant ces pensées.

- Où est-ce que vous aviez la tête ? Dit-elle avec une soudaine colère, mais toujours à voix basse. On parle d’une maladie qui réveillerait les morts ! C’est bien ce que tout le monde prétend, non ? D’où est-ce que vous arrivez encore à croire que quand on est mordu, on a encore une seule minuscule chance ?!

C’était elle qui disait ça ! Elle qui refusait de croire – même après ce dont elle avait été témoin – qu’il n’y avait pas d’autres options que l’exécution des malades ! Elle se rendait compte de son incohérence. Elle secoua la tête et soupira, se forçant à reprendre un peu ses esprits. Sa main vint rejoindre sa bouche, qu’elle frotta nerveusement, ses doigts écrasant ses lèvres. Elle releva les yeux vers son époux.

- Pardon. Au moins vous avez essayé quelque chose. Elle se mordilla un ongle. Mais c’est vraiment toi qui lui as coupé le bras ? Non décidemment, elle ne parvenait pas à y croire. C… Comment ? Avec quoi ? Quand ? Elle avait manqué tout ça !




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Mar 26 Jan 2016 - 20:22



❝Are we all we could be ?❞
Christina & Alan

    Il y eut un moment de flottement quand Christy s'éloigna de moi, rompant ainsi cette étreinte dont j'avais affreusement eut besoin et qui m'avait permis de faire sortir une partie de l'angoisse que je ressentais depuis la veille. Je me demandais une seconde pour quelle raison j'en étais venu à lui avouer cela ainsi, il aurait probablement été mieux pour tout le monde qu'elle n'apprenne pas ce que j'avais fait... Seulement il était évident qu'elle l'aurait su à un moment ou à un autre, et de mon côté il était clair que je n'aurais pas pu supporter plus longtemps ce poids sur mes épaules. Il me fallait maintenant encaisser le regard horrifié de ma femme, sans ciller. Ce n'était pas le moment de me laisser submerger un peu plus par mes émotions.

« Oui, je l'ai fait. »

    Je n'en dis pas plus pour le moment, il fallait lui laisser le temps d'encaisser la nouvelle. Il y avait trois options : soit elle se laissait couler avec moi, soit elle m'assommerait d'une colère et d'une crainte sans nom, soit elle me tirerait vers le haut. Je voulu m'approcher d'elle alors qu'elle prenait appuie sur l'arbre en face, la soutenir, mais ce n'était pas le moment ; c'était moi qui avait provoqué cela, elle avait simplement besoin de se faire à l'idée que j'avais fait ce que j'avais dit. La première étape fut la colère, malgré ses mots prononcés à voix basse on sentait aisément la rage mêlée également à cette angoisse qui semblait s'être décuplée ; sa réaction était toutefois des plus compréhensible et c'est d'un air résigné que je répondis.

« C'était ça ou on la laissait définitivement à la merci de ces... monstres. »

    Le mot me parut plus familier que d'habitude, peut-être parce-qu'à cet instant précis, me remémorant tout cela, je me sentais comme tel. Peut-être aussi parce que c'était simplement le mot que je voyais se former dans les yeux de Christina. Sentant que ma tête commençait à tourner sous le coup des souvenirs et de la prise de conscience qu'ils engendraient, je m'accroupis un instant me passant une main las sur le visage. Mes yeux croisèrent ceux de ma femme et je compris que la seconde étape allait arriver ; allions nous plonger ou remonter ? Sa voix s'était fait plus calme malgré la peur qui s'en dégageait toujours, l'inquiétude. C'était probablement meilleur signe que la colère... à moins qu'elle ne garde tout à l'intérieur. Prenant une inspiration je me remis à parler d'une voix basse mais légèrement vacillante, bien décidé à ne rien lui cacher.

« C'est vraiment moi oui. Je venais de m'en prendre à Sven, j'étais encore en panique et... Nara est venue me voir me disant qu'elle viendra pas si June gardait son bras. Kassandra aurait jamais pu l'abandonner ici alors je... »

    Je marquais une pause, le temps de réfléchir à la manière dont je pouvais dire cela. J'avais fait mon possible pour lui cacher, pour me cacher, et alors que pratiquement tout le monde savait ce que j'avais fait, j'avais volontairement mis Christina à l'écart.

« Je les ai emmené plus loin, derrière le camion pour que ni toi ni Sven puissiez me voir. J'avais ma hache... »

    Je n'en dis pas plus, il était inutile de rajouter à quel point ç'avait été horrible mais rapide, parce qu'il ne fallait pas traîner, que ç'avait été fait presque machinalement. Inutile de dire que cet acte n'avait même pas donné l'occasion à Kassandra de passer un peu plus de temps avec son amie puisqu'elle s'était dès lors évanouie pour ne plus se réveiller.


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Mer 27 Jan 2016 - 13:28

Monstre. Alan avait utilisé ce mot pour parler des infectés. Ces gens qui avaient perdu toute conscience et ne se satisfaisaient plus que d’une chose : la chaire et la souffrance qui l’accompagnait. Ce qualificatif pouvait pourtant être étendu bien au-delà. Etait-ce d’ailleurs ce qui les attendaient tous, au bout du chemin ? Qu’ils succombent ou qu’ils survivent, étaient-ils destinés à tous devenir des monstres et rien d’autre ?

Christina suivit des yeux son mari qui s’abaissa. Elle aussi aurait eu bien besoin de s’assoir, mais seul le sol s’offrait à elle, et il était recouvert d’un peu de glace. Elle ne tenait pas vraiment à se refroidir davantage. Et l’homme lui expliqua. Il raconta plus en détails le cours des évènements, revint sur son éclat de violence envers son fils, et lui apprit qu’il avait voulu se cacher. Christy déglutit. C’était qu’il avait pris le temps d’y réfléchir…

Pendant un moment, ensuite, la femme ne dit rien. Elle avait détourné le regard, cherché dans l’obscurité de la forêt qui les entourait des réponses. Sur ce qu’elle devait faire. Ou pouvait faire tout bêtement. Parce que quelles étaient ses options ? Elle ne pouvait clairement pas condamner Alan. Il était l’une de ses raisons de vivre, une de ses priorités absolues. Si elle ne devait montrer de la clémence qu’à une seule personne sur cette terre, c’était lui. Elle ne pourrait probablement pas effacer ces images de sa tête - son cher et tendre brandir une hache pour amputer le bras d’une gamine – mais elle voulait essayer. Elle allait essayer.

Elle remit les mains dans ses poches, un peu plus au chaud qu’à l’extérieur. Puis elle se mordit la lèvre, avant de parler.

- Fais-moi une promesse Alan. Son ton était un peu plus sec qu’elle ne l’aurait voulu. Elle avait du mal à masquer qu’elle était toujours un peu contrariée. Mais elle prenait sur elle. Promets-moi que tout ça ne nous changera pas. Elle marqua une pause et inspira. Qu’on restera intègre, qu’on ne tombera pas dans la violence gratuite. Que rien de tout ça ne deviendra normal, même si ça doit continuer des années.

Normal. Elle avait insisté sur ce mot. L’avenir, ils ignoraient tous à quoi il ressemblerait. Peut-être ne le sauraient-ils même jamais. Peut-être allaient-ils mourir demain, tomber malade à leur tour. Mais elle voulait croire que si rien ne serait jamais plus comme avant, elle pouvait se reposer sur certaines choses, immuables, comme eux deux. Leur relation, leur amour. Elle ne voulait pas oublier les années précédentes. Rien chasser.

- Promets-moi aussi - sa voix n’était plus qu’un souffle à peine audible - qu’on ira vraiment chercher James, quoi qu’il arrive. Il en avait parlé, la veille. Cela paraissait presque impossible à réaliser, sans espoir aussi sûrement, mais il devait s’y engager.




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Mer 27 Jan 2016 - 19:03



❝Are we all we could be ?❞
Christina & Alan

    Plus les secondes passaient, plus j'en disais, et plus j'avais vu les yeux de Christina se remplir de pleins de sentiments différents ; passant de la peur à la colère, de l'incompréhension à un air résigné. Je savais que le coup serait dur à encaisser, mais il n'y avait d'autre option, et je n'avais aucunement l'intention de mettre notre couple en péril à cause d'un simple mensonge alors que c'était tout ce qu'il me restait. Elle et Sven ; nous n'avions plus rien d'autre que nous, mais c'était la seule chose dont nous avions besoin pour nous en sortir. Alors qu'elle détourna son regard pour le laisser se perdre dans l'obscurité, réfléchissant certainement à la manière de digérer ce qu'elle venait d'entendre.

    Je me remémorais moi-même une nouvelle fois tout cela, repensant à tout ceux que nous avions dû laisser derrière nous, tous ces gens qui ne demandaient qu'une chose : survivre, s'échapper de toute cette horreur. Et nous faisons partie de ceux qui y sont arrivés, ensemble nous avons réussit à nous en sortir ; le seul problème c'est que nous ne savions pas jusqu'à quand, c'est comme si l'épée de Damoclès était sans arrêt au dessus de nos crânes. Je ne pu m'empêcher de penser à Rose et à Norman, eux aussi on les avait laissés derrière... Mon esprit s'assombrit un instant à cette idée, ne réalisant pas encore totalement que je ne la reverrais plus. Puis Christy me tira de mes songes, balayant d'une voix un peu trop sèche cette brume qui s'était à nouveau immiscée dans le fil de mes pensées. J'écoutais ses mots d'un air absent, saisissant toutefois parfaitement leur sens ; je répondis d'une petite voix, me relevant pour me retrouver à sa hauteur.

« Tout ça ne deviendra jamais ''normal'' Christy, et si tu veux mon avis ça ne s'arrangera peut-être pas, on aura pas d'autre choix que de s'y faire. Mais ça ne sera jamais normal. »

    Mon cœur était lourd, à la fois de tout ce qu'il devait accepter sans forcément comprendre, mais aussi à l'idée de tout ce que nous allions devoir vivre. D'autres en avaient discuté, il était à présent bien plus question de ''survie'' que de vie à proprement parler ; était-ce vraiment une vie convenable ? Il était évident que non, mais il était hors de question de baisser les bras, pas tant que nous serions ensemble. Malgré le fait que nous soyons tous les trois, nous n'étions pas complets, quelqu'un manquait à l'appel, et cette absente devenait de plus en plus lourde à porter. C'est Christy qui aborda le sujet de James, me demandant de promettre une chose qui n'était pas anodine, une promesse que je ne pouvais pas faire en l'air ; mais elle me semblait tellement évidente que je ne pris même pas le temps d'y tergiverser. M'étant approché de Christina, je posais mes mains froides sur ses joues et déposa mon front contre le sien en soufflant quelques mots, la voix un peu plus basse.

« Je te le promets. Déposant un baiser sur son front, j'éloignais un peu mon visage pour la regarder. On va se reposer un peu, connaître l'endroit pour être sûr de le retrouver, et quand ça sera fait un partira le chercher. »

    J'avais l'intention de tenir ma promesse, je ne pouvais m'empêcher cependant de douter de l'aboutissement de nos recherche, malgré mon envie d'y croire corps et âme ; c'était une éventualité non négligeable. Il était toutefois inutile d'en parler, nous ne pouvions en être sûrs tant que nous n'aurions pas essayé. De plus, il serait totalement inconscient qu'on se remette sur les routes sans être un minimum préparés à tout ça. Ne sachant pas vraiment si le moment était opportun pour en parler, je le fis tout de même.

« C'est tellement calme depuis qu'on est partis du stade... Je sais que c'est la dernière chose qu'on voudrait faire mais il faudra vous entraîner, toi et Sven. »

    C'était dit calmement, presque machinalement, mais c'était une évidence à ne pas négliger.


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Jeu 28 Jan 2016 - 9:04

Le sort de James leur était inconnu. Ils avaient perdu le contact peu avant de rejoindre le stade de Centurylink Field. La dernière fois qu’ils s’étaient parlé, rien n’était particulièrement alarmant, alors que s’était-il passé ? Christy avait saturé la messagerie vocale du jeune homme, et s’il avait réussi à écouter ces messages, il savait que sa mère, son petit frère et son beau-père avaient rejoint le stade. Ensuite ? Il n’était de toute évidence pas monté dans le nord du pays pour s’y réfugier à son tour. Rien de bien surprenant là-dedans. Près de 1300km séparaient Seattle de San Francisco. Alors où était-il ? Avait-il réussi à se mettre à l’abri quelque part ? L’idée que son bébé puisse être mort depuis des mois déjà, sans qu’elle n’en sache rien, donnait des suées froides à Christina. Elle tentait tant bien que mal de chasser ces pensées obscures, mais elles revenaient systématiquement à la charge…

Elle ferma une seconde les yeux, quand Alan lui déposa un baiser sur le front. C’était idiot, parce qu’il ne savait pas davantage si cette recherche avait la moindre chance d’aboutir, mais sa détermination lui fit du bien. Oui, ils récupéreraient, se relèveraient de ces derniers évènements, attendraient peut-être le redoux du printemps - s’ils avaient l’occasion de survivre jusque-là - puis ils partiraient chercher leur enfant. Non ils partiraient le trouver, il ne pouvait pas en être autrement ! La femme acquiesça ainsi aux paroles de son époux. D’ici là, elle devait se convaincre que Jimmy avait le profil pour surmonter tout ça. Où qu’il soit.

Alan en profita pour glisser une information importante. Il était vrai que depuis qu’ils avaient quitté les abords de la métropole, le nombre d’infectés avait clairement diminué. Oh bien sûr ils en avaient vus quelques-uns, mais toujours à distance, ou ces derniers avaient été éliminés avec discrétion. Ils avaient cette fausse impression d’être presque en sécurité. Dans cette forêt par exemple, derrière ces arbres, qui savaient ce qui pouvait surgir à tout instant ?

- Tu veux dire… ? Apprendre à tirer ? Pour… tuer ces gens s’ils nous agressent ?

Son ton était hésitant. N’y avait-il vraiment pas d’autres solutions ? Elle devrait s’y résoudre très certainement. Elle n’envisageait pas encore d’éliminer ces infectés à coup de hache, de couteau ou de tout objet contondant. Cela voulait dire : aller au contact, prendre des risques oui, mais aussi sentir l’arme s’enfoncer dans la chair et détruire l’os.

- Je ne sais pas si j’en serai capable, dut-elle reconnaitre. Elle baissa un instant le regard, puis le releva vers son mari. Elle voulait aussi préserver Sven de ça. Si elle devait se salir les mains pour ça, elle ferait tout son possible. Ok on essaiera. Oui on va s’entrainer.

Comment ? Sur quelles cibles ? Elle se posait des questions mais ne voulut pas les exprimer sur le moment. Elle craignait peut-être qu’Alan n’ait déjà les réponses. De toute façon, elle n’en eut pas le temps, un craquement se fit entendre un peu plus loin dans le sous-bois. Christy sursauta et se figea en agrippant un peu trop fortement peut-être le bras d’Alan. Son cœur battait la chamade, elle le sentait tambouriner dans ses tempes.

Ils tendirent l’oreille, mais aucun bruit supplémentaire ne se fit entendre.




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Jeu 28 Jan 2016 - 10:15



❝Are we all we could be ?❞
Christina & Alan

    Même si nous ne pouvions avoir la moindre certitude de retrouver James en vie, je savais que la décision de le chercher était bonne, nous ne pourrions continuer à survivre ainsi sans savoir ce qu'il était devenu ; nous avions besoin l'un comme l'autre de savoir, pour avancer. Mais la première étape, celle qui était loin d'être négligeable, était que l'on devait tout d'abord arriver vivants à la station dont Gary nous avait parlé, et l'affaire s'avérait plus compliquée que prévu. La neige n'arrangeant rien, je ne pu m'empêcher d'espérer que lorsque nous quitterons le groupe pour aller chercher notre plus grand, ce voile blanc se sera relativement réduit ; dans le cas contraire notre avancée risquerait d'être plus compliquée.

    L'atmosphère s'était un peu détendue, malgré la peur et l'inquiétude quant à cet avenir incertain, il n'y avait plus de non-dits entre nous. Le coup avait été dur à encaisser, et il faudrait probablement du temps à l'un comme à l'autre pour accepter tout ce qui avait été dit, mais c'était déjà un premier pas, et nous en avions définitivement besoin pour ne pas nous perdre l'un l'autre mais aussi pour ne pas se perdre soi-même.

    Au vu des yeux un peu paniqués de Christina quand nous abordions le fait d'avoir à tuer ces Coyotes, je fus pris d'une légère culpabilité ; certes, savoir manier une arme serait bien plus sécurisant pour eux, mais était-ce vraiment nécessaire de les mettre face à cela ? J'avais moi-même du mal à vivre avec ce qu'il s'était passé. Mais s'il m'arrivait quelque chose ? Ou si nous nous retrouvions submergés par le nombre ? Je ne pourrais pas les protéger d'une dizaine de macchabées. C'était très probablement la meilleure chose à faire pour notre survie, même si elle était discutable sur un plan psychologique. Caressant calmement la joue de ma femme, je tentais un petit sourire.

« On va y arriver, ensemble. »

    C'était bien là la seule chose que je refusais définitivement de lâcher, il était simplement impensable pour moi d'avoir à continuer sans eux, et tant que nous restions ensemble, nous pourrions tout surmonter. C'était évident. Pris dans mes pensées, j'en fus sortis en entendant le craquement un peu plus loin dans les arbres ; Christy se crispa instantanément. Etait-il possible qu'un Coyote se soit traîné jusqu'ici ? Je n'avais aucunement l'envie de le savoir, et de plus je n'avais pas emporté d'arme avec moi. Tentant de garder mon calme, je passant mon bras autour des épaules de Christina et commençais à me diriger vers le groupe ; nous serions plus en sécurité une fois entourés, ceux qui avaient pris le premier tour de garde feraient le reste. Jetant nerveusement des regards aux alentours, je fus un peu soulagé de rejoindre l'endroit où nous avions établi le campement et annonçais d'une voix basse :

« Là-bas, on peut se mettre un peu près du feu pour se réchauffer avant d'essayer de dormir. »

    C'était une remarque sans grand intérêt, mais les banalités avaient leurs bons côtés parfois. Mes mots étaient cependant d'une grande réalité : nous venions de passer un long moment dans le froid constant de cette neige et ce vent, et rester un peu à côté du feu nous ferait le plus grand bien. J'avais récupéré au passage une des couvertures que nous avions pour dormir et la déposais au sol afin que l'on puisse s'y asseoir ; notre fils était un peu plus loin, discutant toujours avec Buzz. Posant mes yeux sur le visage de ma femme qui semblait un peu plus apaisé malgré cette fatigue qui nous tiraillait, je lui dis d'une voix basse :

« Il faudra qu'on parle de nos projets à Sven. »

    Je ne pouvais qu'imaginer à quel point il s'inquiétait lui aussi pour son frère.


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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Aujourd'hui à 5:19

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