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 Are we all we could be ?

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Christina Karlson
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MessageSujet: Are we all we could be ?   Dim 24 Jan 2016 - 16:58

Si le monde avait basculé trois mois plus tôt dans l’horreur, ce n’était que la veille que celui des réfugiés de la première heure s’était renversé. Certes ils avaient à l’époque du quitter leurs foyers pour rejoindre des zones sécuritaires, comme le grand stade Centurylink Field. Certes ils y avaient alors vécu des mois difficiles, parmi la foule, dans l’inconfort et le froid. Pourtant ils avaient été préservés. De cette maladie. De la mort surtout.
 
Alors qu’ils avaient fui leur abri, ils avaient enfin réalisé l’ampleur de la catastrophe humanitaire. Et s’ils avaient pensé qu’ils pourraient un jour rentrer chez eux et reprendre le cours d’une vie normale, cette idée ne leur traversait plus l’esprit aujourd’hui. L’idée même d’un lendemain leur paraissait pour la plupart saugrenue. Le regard perdu dans le feu qu'ils avaient fait au cœur de la forêt, Christina essayait de se le représenter. Ce jour suivant qui se lèverait peut-être d'ici quelques heures par delà la montagne qui se dressait tout près d'eux. Mais il demeurait aussi obscur que la nuit qui recouvrait présentement les arbres environnants.

Elle déglutit, ses yeux allant se poser sur Sven, qui discutait un peu plus loin avec Buzz et Nara. Ils allaient devoir se préparer à dormir. A essayer du moins. Contrairement à la nuit précédente, aucune structure ne les protégerait du vent et d'éventuelles chutes de neige. La femme tendit ses mains rougies par le froid en direction des flammes. Elle laissa un moment leur douce chaleur recouvrir ses doigts, puis elle serra les poings. Elle se tourna alors légèrement pour voir Alan essayer de leur préparer un coin pour s'allonger.

Il ressemblait de nouveau à celui qu'elle connaissait. L'homme attentionné, calme et réfléchi. Son mari. Pourtant, depuis la veille, Christina savait qu'un autre sommeillait tout près. Un autre, beaucoup plus irrationnel et violent, prêt à tout pour leur survie. Elle pinça les lèvres, desserra les poings et se dirigea vers lui.

- Tu n'as pas trop froid ? Lui demanda-t-elle alors qu'elle sentait déjà les bienfaits du feu distant diminuer. Quand est-ce que vous devez monter la garde au final ?

Le scandinave s'était naturellement proposé pour veiller sur les autres, au cours de la nuit. Sven avait affirmé qu'il resterait éveillé avec lui. Comme au cours de ces deux derniers jours, la conversation entre les époux était banale, factuelle. Un peu creuse. La femme posa son regard sur Lilou et Edwin, qui s'apprêtaient à se coucher tout près d'eux. Ils n'étaient jamais vraiment seuls non plus, il fallait dire...

- Je vais au petit coin, dit simplement Christina en se dirigeant vers une extrémité du bivouac qu'ils s'étaient installés. Alan l'accompagna, pour ne pas la laisser seule dans la nuit noire. Ils ne s'éloignèrent pas beaucoup, devinant encore entre les arbres la lueur du feu de camp. L'homme resta légèrement en retrait.

Quand sa femme réapparut près de lui, il posa une main sur son bras pour la stopper.




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Lun 25 Jan 2016 - 11:03



❝Are we all we could be ?❞
Christina & Alan

    J'avais le sentiment de n'avoir pas dormi depuis des jours, et que même les quelques instants où mon corps était au repos, la tempête qui se déroulait dans mon esprit était loin de m'apaiser. Qui aurait cru il y a deux jours que nous en serions là ? Qui aurait ne serait-ce qu'imaginer l'ampleur du fléau qui s'étendait dehors. Bien sûr, j'étais sorti une journée lors d'une mission à l'aéroport, mais encadré par un convoi de militaires ça avait forcément des aspect plus sécurisants, moins dramatiques. Là nous étions seuls, complètement dans l'inconnu pour la plupart, et nous n'avons eut d'autre choix que fuir tout ce que nous connaissions ; quitter notre domicile il y a quelques mois n'avait déjà pas été simple, perdre à nouveau tous ses repères ne serait simple pour personne. L'ambiance était encore relativement tendue par rapport aux événements de la veille ; ce qu'il s'était passé le matin, la mort de June, la nuit agitée, et une nouvelle journée passée sur la route.

    Nous étions là, dehors, prêts à passer une seconde nuit dans des conditions relativement précaires, à frissonner au moindre craquement de branche et souffle dans les feuilles. Je savais que nous allions à nouveau nous relayer pour surveiller le camp de fortune que nous avions installé mais il fallait bien ça ; de toute façon je n'avais pas réellement retrouvé le sommeil depuis que nous avions quitté le stade, alors autant me rendre utile. En réalité, je n'avais pas vraiment parlé à grand monde depuis hier, en tous cas pas de ce qui était arrivé ni de ce que je ressentais ; je n'en étais pas bien certain moi-même alors comment aurais-je pus faire ? Alors que je m'occupais de mettre en place notre duvet pour cette nouvelle nuit, je jetais un œil à Christy entrain de se réchauffer près d'un des feux que nous avions allumés. Je mourrais d'envie de lui parler, de mettre des mots sur ce que nous avions vécu, de laisser sortir tout ce que je gardais en moi depuis la veille ; je voulais pouvoir effacer aussi cette crainte qui animait ses yeux quand elle les posait sur moi, lui dire que l'homme qu'elle aimait était toujours là quelque part. Mais je savais pertinemment que pour cela, je devais passer par la case de l'honnêteté et mettre à plat tout ce que j'avais sur le cœur.

    Quand elle vint vers moi, je tentais de donner une certaine contenance à mon visage, souriant légèrement pour que mes traits paraissent moins dur et que la fatigue accumulée s'estompe un peu mais il me semblait que ce masque était de plus en plus dur à tenir. Je n'avais jamais rien pu cacher à Christy, même la fois où j'avais décidé de lui faire la surprise d'un week-end dans un hôtel renommé, j'avais grandement peiné à garder le secret ; je me demande même si elle n'était pas au final au courant, mais qu'elle n'avait rien dit pour ne pas me froisser. Repensant à ce souvenir, mes yeux se firent un peu moins durs, me confortant dans l'idée que nous ne pourrions continuer plus longtemps sans en parler. Elle me questionna rapidement concernant les tours de garde de cette nuit et je me contentais de lui répondre que j'avais encore le temps, la suivant alors qu'elle s'éloignait ''au petit coin''. Je profitais de cette minute pour mettre quelques idées en place, respirer calmement pour ne pas paniquer ; j'avais besoin de parler, il le fallait. Quand elle repassa devant moi, je lui agrippais le bras avec douceur puis, m'éclaircissant la voix, je dis faiblement :

« Christy... on pourrait se prendre le temps de parler ? »

    J'avais relevé mon visage, plantant mes yeux dans les siens. Tellement de sentiments devaient y passer ; la peur, la colère, la peine, mais surtout l'angoisse de perdre complètement pied. Je ne savais pas vraiment pas où commencer, il y avait tellement de choses à dire ; tellement à gagner et tellement à perdre. Tenant encore son bras un instant, je finis par le lâcher, cherchant mes mots en regardant au loin. Ravalant cette boule qui s'était formée dans ma gorge, je lui dis les premières choses qui me venaient à l'esprit.

« Je sais pas vraiment par où commencer, ni si c'est une bonne chose d'en parler... mais je sens bien que.. tu as peur de ce que tu vois au fond de mes yeux. »

    Je mourais d'envie de reporter mon regard sur elle, voir si mon impression était véridique ou si c'était simplement mon imagination. Mais j'avais peur moi aussi, peur de cette angoisse qu'elle ressentait et qui était toute légitime ; je la ressentais moi aussi.


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Lun 25 Jan 2016 - 13:47

Christina regarda Alan avec une pointe de surprise quand il l’arrêta. Elle haussa un sourcil puis inspira fortement quand il lui demanda s’ils pouvaient discuter. Elle acquiesça, évidemment. Elle savait aussi que crever l’abcès ne pourrait leur être que bénéfique. Leur couple avait toujours été basé sur une bonne communication, une réelle transparence. C’était ce qui l’avait toujours rendu si solide. Elle plongea ses yeux dans ceux de son homme. Il y avait peu de lumière, mais elle devinait une part de sa détresse. Depuis deux jours déjà, elle la voyait, mais elle n’avait pas trouvé le courage de l’apaiser jusque-là.

Le suédois sembla réfléchir, ou chercher par quoi commencer, et il opta pour la voie directe. S’assurer du ressenti de son épouse sur quelque chose qui le mettait lui-même mal à l’aise, probablement. Christy se tut un instant. Ils se connaissaient définitivement par cœur…

- C’est toujours une bonne chose d’en parler, dit-elle finalement, se sentant un peu coupable de ne pas avoir pris cette initiative avant. Elle était consciente qu’elle devait faire un effort. Ils en avaient besoin, tous les deux. Je… j’ai encore tellement de mal à réaliser que tout ça est bien réel. Que ce qui s’est passé hier matin a vraiment eu lieu.

Pourtant, ce n’était pas comme s’ils avaient retrouvé leur quotidien habituel depuis. Chaque minute de chaque heure plongeait les derniers évènements dans la réalité.

- J’ai peur tout court, ajouta-t-elle pour répondre à la question de son époux. J’ai peur qu’on n’arrive pas jusqu’à cette station de ski, peur de ce qu’on va y découvrir. J’ai peur pour toi, pour Sven, pour Jimmy… Sa voix se cassa légèrement à l’évocation de son ainé. Elle enchaina : j’ai peur de ce froid permanent, de cette vie misérable. Est-ce qu’on peut encore espérer autre chose maintenant ? Puis j’ai peur surtout de la violence qui parait naturelle pour tout le monde.

Elle se tut un instant. Ils y venaient. Elle déglutit. Chacun de ses mots s’accompagnait d’un peu de vapeur. Il faisait clairement sous 0 degré. Elle avait baissé le regard vers le sol, et elle remonta ses yeux pour les poser sur son mari.

- Je ne sais pas ce qui s’est passé hier dans ta tête, reprit-elle enfin. Quand tu t’es mis à tuer ces gensElle ne trouvait pas d’autres mots pour parler des infectés. Elle ne pouvait pas faire abstraction de ce qu’ils avaient été, refusant d’admettre qu’ils étaient complètement condamnés. Ils ressemblaient trop à tout le monde, tout cela n’avait tellement pas de sens. Aucune explication qu’ils étaient en mesure de comprendre. Je sais qu'ils étaient probablement déjà morts, et on te doit certainement la vie, d’autres aussi, je sais mais…

Elle n’acheva pas sa phrase.




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Lun 25 Jan 2016 - 14:40



❝Are we all we could be ?❞
Christina & Alan

    Nous y étions, ce moment fatidique où il n'y avait plus de retour en arrière possible. Nous avions l'un comme l'autre fait inconsciemment notre possible pour repousser l'échéance, faire presque comme si de rien n'était, mais je ne pouvais pour ma part plus continuer à tout garder ainsi. Il fallait mettre des mots sur tout ça, c'était le seul moyen de surmonter toute cette horreur et retrouver un semblant d'esprit censé. C'est après un petit temps de réflexion que Christy se mit à parler ; ses premiers mots avaient été plus une constatation distante de la situation plutôt qu'un réel engouement quant au fait d'en discuter. Comment pouvait-il en être autrement ? Nous avions tout perdu, il ne nous restait plus rien à part la présence des uns et des autres, alors qui pouvait reprocher ce besoin de rester encore dans le déni ? Elle aborda néanmoins rapidement le sujet de ses craintes, sans détour ni faux-semblants. Je ne pouvais que comprendre les peurs qu'elle éprouvait, ressentant les mêmes ; depuis que nous étions au stade nos avenir était devenu relativement incertain, mais depuis la veille... rien qu'un nouveau lendemain semblait être une idée totalement absurde.

    Je l'avais écouté sans rien dire, encaissant les paroles de celle pour qui je n'hésiterais pas une seule seconde à donner ma vie. J'avais fait le maximum jusque là pour nier l'évidence, mettre de côté le fait que je m'étais pendant un instant transformé en monstre ; j'avais fait mon possible pour les protéger oui, mais à quel prix ? Tout ceci était-il vraiment nécessaire ? N'y avait-il pas eut d'autres options ? Ces questions se répercutaient sans cesse dans mon esprit, m'éloignant à chaque fois un peu plus de la contenance que je tentais de garder. Je me haïssais pour avoir fait cela, ce n'était pas rien de prendre des vies, même celles de monstres, j'en étais parfaitement conscient et le fait que Christina mette le doigt sur ce point précisément ébranla tout du masque de déni que j'avais depuis la veille.

« Je... »

    Les mots ne sortaient pas, tout se matérialisait dans mon esprit mais il semblait que j'étais incapable de formuler mes pensées. Je me revoyais mettre fin à ces misérables vies, je revoyais Christy et Sven perdus au milieu de toute cette horreur. Je fus à nouveau envahi par cette nouvelle vague d'angoisse qui me broyait le cœur, cette peur de les perdre sans rien pouvoir faire. J'étais prêt à tout pour eux, quitte à donner mon âme au diable pour qu'il ne leur arrive rien ; et il semblerait que ce soit exactement ce que j'avais fait. Me passant une main sur le visage, je ne pu retenir un soupir, celui qui est inévitable quand la pression menace d'exploser et de laisser sortir avec elle tout ce qu'elle a engendré. Desserrant légèrement la mâchoire, j'articulais tant bien que mal, plantant cette fois-ci mon regard dans le sien ; je faisais mon possible pour ne pas lâcher, ne pas laisser sortir toutes ces larmes de regrets et de peur qui menaçaient de couler, au prix de paraître insensible.

« Je n'ai pensé qu'à vous Christy, à Sven et toi. C'était tout ce qui importait. Si c'était à refaire je le referais, sans hésiter. »

    J'étais prêt à tout pour qu'ils vivent, même à en perdre la raison ; c'était triste à dire mais ce n'était que la pure vérité. Qui sait ce qui serait arrivé si je n'avais pas agis ainsi ? Je n'aurais pu supporter une telle perte, l'angoisse de l'absence de James était déjà suffisamment grande pour que je ne prenne pas le risque de perdre ceux que j'avais encore auprès de moi. Glissant nerveusement les mains dans mes poches, je baissais la tête et eut cette fois-ci une voix bien plus abattue.

« Si j'avais les moyens de nous promettre un avenir meilleur je le ferais, si seulement je pouvais en avoir la certitude. »

    Cette impuissance quant à la situation me rongeait littéralement de l'intérieur. Il m'était insupportable de ne pouvoir épargner les miens de cette tragédie ; insupportable de ne pouvoir dire à ma femme que James allait bien, que nous allions nous en sortir, que tout redeviendrait comme avant.


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Lun 25 Jan 2016 - 18:24

En parlant, les images de la veille avaient de nouveau déferlé dans son esprit. Mais au fil des heures, elles étaient de moins en moins nettes. Le cerveau brouillait ce qui lui semblait trop choquant, et si elle devait se montrer honnête, Christy ne se souvenait précisément que de quelques bribes. Elle voyait certains visages de ces malades, du sang écarlate qui giclait aussi, puis elle se souvenait des cris. Des innombrables cris de terreur et d’agonie. Son corps fut parcouru d’un frisson, qui n’avait rien à voir avec la température glaciale autour d’eux.

Elle sentit aussi que ses paroles avaient ébranlé son mari, et elle regretta une seconde de l’accuser de la sorte. Son comportement l’avait perturbé parce qu’elle le connaissait bien, mais il n’était pas si différent des autres. Rebecca aussi avait achevé ces infectés sans vraiment broncher. Même la jolie Nara s’était défendue comme une chef. La plupart d’entre eux s’était transformée en des machines, en à peine quelques minutes, bien plus conscients que les autres du sérieux de la menace.

Alan paraissait avoir du mal à exprimer ce qu’il pensait. Il était visiblement tendu comme un arc, essayant de contrôler ses émotions comme il le pouvait. Ce n’était pas bon ça, il devait relâcher la pression, au risque que ça leur explose tous à la figure. Quand il planta ses yeux dans les siens, Christina sentit sa cadence cardiaque s’accélérer. Elle posa à son tour une main sur le bras de son époux.

Je le sais, souffla-t-elle. Je le sais. Tu ne dois pas porter tout ce poids sur tes seules épaules.

Il ne pouvait pas maitriser les éléments. Il n’était ni dieu, ni devin. Rien de tout ça n’était de sa responsabilité. Pas même la survie de ses proches. Elle glissa son bras droit sous celui de son mari, jusqu’à son dos, le gauche par-dessus son épaule, posant sa main sur sa nuque, et l’attira ainsi contre elle, avant de le serrer. Sa joue s’en alla ainsi coller la sienne. Elle était piquante, mais chaude. Elle le serra plus fort, pas prête de le lâcher.

- Tu ne peux pas garder tout ça pour toi, Alan. Parle-moi aussi. Parle-moi de tout ce que tu as ressenti hier matin. La peur oui, mais aussi peut-être de la colère, de l’espoir. Ou du plaisir ? Elle était prête à tout entendre. Elle murmurait. Ici personne ne pouvait les entendre ou même les voir. Je suis là pour toi aussi, tu le sais. Elle posa un baiser dans son cou, juste sous son oreille, avant de reprendre position. On doit absolument extérioriser tout ça si on ne veut pas devenir fous.




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Lun 25 Jan 2016 - 19:08



❝Are we all we could be ?❞
Christina & Alan

    Je commençais presque à ressentir de la culpabilité ; Christy allait mal, c'était évident que nous allions tous mal, mais il était de mon rôle d'être là, de la rassurer, et au lieu de cela je perdais mes mots, me contentant de survoler les choses. J'avais l'impression de me montrer comme une victime dans cette histoire, une victime qui n'avait eut d'autre choix que de devenir un monstre l'espace d'un instant pour protéger les siens. Mais la réalité c'est que nous étions tous des victimes, je n'étais pas plus à plaindre que quelqu'un d'autre. Il me fallait maintenant me convaincre que je n'étais pas non plus à blâmer, mais cela était encore hors de mes capacités. Je savais pertinemment que tant que je garderais toutes ces choses pour moi, rien n'allait s'arranger ; voire même pire, que je risquais de m'isoler inconsciemment de cette femme qui me faisait face, celle qui m'avait toujours porté jusque là. Nous avions toujours avancé ensemble, main dans la main, même dans les moments difficiles, alors ce n'était pas maintenant qu'il fallait encaisser chacun de notre côté ; au contraire.

    Quand elle posa sa main sur mon bras, elle tremblait légèrement ; peut-être à cause du froid, ou de toute cette peur contenue. Puis elle reprit la parole, faisant petit à petit tomber mes barrières. Sa voix était calme, compréhensive, et surtout pleine de ce besoin de se battre pour ne pas perdre tout ce qui nous restait ; nous. Je ne pouvais tout garder sur mes épaules, c'était évident, au risque de flancher pour de bon, mais par où commencer ? Comment en parler sans passer pour un fou ? Son étreinte acheva toute ma résistance et je ne pu m'empêcher de la serrer un peu plus fort, apaisé malgré tout ce qu'il s'était passé, l'avoir ainsi près de moi et me battre pour ne pas perdre tout ce que nous avions construit ; rien d'autre ne comptait.

    Lorsqu'elle parla à nouveau sa voix était presque suppliante, marquée par une inquiétude certaine, mais toutefois empreinte de ce ton rassurant qu'elle savait si bien avoir quand il fallait calmer le jeu. Enfouissant mon visage dans son cou froid, des larmes rejoignirent rapidement mon souffle chaud et saccadé par tous ces maux qui avaient tant besoin de sortir. J'avais tellement de choses à dire, tellement de choses qui n'auraient jamais dû arriver, et pourtant si peu de mots pour tout exprimer. Mes bras toujours autour d'elle, je parlais presque en chuchotant, la voix étranglée par ces sanglots qui me bloquaient la gorge.

« Je suis désolé, je suis tellement désolé Christy, pour tout. Tout s'est passé si vite, et j'avais si peur... Plus rien d'autre n'avait d'importance que vous deux, il fallait que je vous mette à l'abri et que j'éloigne ces choses... »

    Il me fallu un temps pour reprendre mon souffle, je voulais réfléchir à la suite mais il semblait que mon esprit ait décidé de lâcher prise, me laissant ainsi perdu dans toutes ces visions d'horreurs, me mettant nez à nez avec l'homme que j'étais devenu. Je me sentais à la fois ridicule à me laisser aller ainsi, et à la fois coupable de faire endurer ça à Christina ; mais me fermer comme une tombe aurait certainement été le meilleur moyen de la perdre. Respirant une nouvelle fois, je poursuivis toujours à voix basse.

« J'ai tellement peur que ça recommence, si tu savais à quel point j'aimerai pouvoir revenir en arrière, arrêter le temps et échapper à tout ça différemment. Je suis même plus sûr de me connaître moi-même... »

    Là. J'avais mis le doigt sur ce qui m'angoissait presque plus que ces morts qui marchent, parce-que si Christy n'avait pas été rassuré de voir la rage dans mes yeux, de m'entendre hurler sur Sven, je me faisais tout autant peur. L'espace d'un instant, je repensais à leurs sourire, toutes ces promesses qu'on s'était faite quant au départ du stade, notre avenir ; tout cela semblait ne plus avoir de sens désormais. Il me fallait cependant encore lui avouer une chose qui pesait lourd en moi, ce que j'avais dû faire à June ; il fallait cependant que je me prépare au pire, comment pourrait-elle accepter cela sans ciller ?


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Mar 26 Jan 2016 - 9:05

Qu’il était bon de sentir son souffle chaud au creux de son cou. Pourtant quand Alan lâcha prise et commença à sangloter, naturellement, Christina sentit à son tour les larmes monter. Elle n’était pas toujours empathique avec les gens. On la disait aussi parfois autoritaire. Mais voir la tristesse d’un de ses hommes la plongeait toujours dans la plus profonde peine également. D’autant plus aujourd’hui, qu’elle la partageait pleinement. Sa gorge se serra. Le suédois pleurait si rarement de surcroit ! Elle n’aurait même pas pu dire la dernière fois qu’elle l’avait vu comme ça.

Ses paroles la rassurèrent pourtant. Et son désarroi aussi. Il se posait mille questions, il était lui-même effrayé et surpris de ce qu’il avait pu faire sous le coup de l’adrénaline. Et d’après ses dires – et son comportement – seul le désir de les protéger l’avait motivé dans ses actions. Pas de plaisir quelconque, rien de vraiment trop malsain… Christy ne l’interrompit pas, collant davantage sa joue, son nez, ses lèvres, contre sa peau.

- Je ne crois pas qu’il avait une autre façon de s’en sortir, reconnut l’hôtesse de l’air après un court silence. Elle s’en rendait compte maintenant. Elle-même ne s’était pas sali les mains. Ils étaient peu dans son cas, et pour tout dire, c’était uniquement parce que d’autres l’avaient fait qu’elle avait pu s’épargner ça. Et par autres, il fallait comprendre Alan, seul.

Elle se décolla légèrement de lui pour lui faire face, déposant un baiser sur sa joue au passage. Sa main gauche caressait toujours sa nuque, à la racine de ses cheveux.

- Je crois aussi que ça recommencera, affirma-t-elle d’une voix un peu distante. Ils devaient se préparer à ça. On se doutait de ce qui se passait dehors, on a voulu croire que ça ne passerait jamais les portes du stade, on était bête. Ils en avaient parlé de nombreuses fois pourtant, quand les coups de feu résonnaient dans la nuit. Quand ils résonnaient en plein jour aussi. Si on veut se persuader qu’on pourra y réchapper encore, on le sera encore plus. Peut-être qu’il faudra faire en sorte de s’y préparer davantage la prochaine fois.

Surtout elle. L’idée était bien belle sur le papier, mais dans les faits ce serait une autre histoire. Comment, ô grand dieu, comment pouvait-on se préparer à ça ? La question se poserait véritablement d’ici quelques jours ou semaines peut-être, s’ils avaient la chance de pouvoir réellement se poser pour y méditer…

- Tu crois que c’est une bonne idée de suivre tous ces gens ? Demanda-t-elle alors, sans véritable transition. Ils savaient où ils allaient sans le savoir vraiment… Et si elle pensait faire relativement confiance à la plupart d'entre eux, elle repensait toujours à cette jeune fille qui était morte sur le trajet. Elle avait visiblement été contaminée, mais ils l’avaient quand même embarquée. Quand ils en avaient abandonné tant d’autres… La fille hier, dans le camion. Celle qu’Arthur a achevé. Si on savait qu’elle était malade, pourquoi ils l’ont laissée monter ?

La question la taraudait, elle devait comprendre pourquoi.




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MessageSujet: Re: Are we all we could be ?   Aujourd'hui à 4:53

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